Fiston

Fiston
2014
Pascal Bourdiaux

Dans cette nouvelle année très faste pour le cinéma français, les comédies ont la part belle avec un nombre sans précédents de succès éclatants. Pas le plus tonitruant d’entre eux, Fiston a tout de même réuni presque deux millions de spectateurs, il est vrai beaucoup aidé par une fête du cinéma accordant des tarifs réduits. Sans faire preuve d’une originalité folle, le film va néanmoins se montrer plutôt efficace.

C’est un fait inévitable et souvent douloureux, tout le monde a un jour ou l’autre fantasmé sur une fille de sa classe, et peut-être même l’a t-on dévoré des yeux plusieurs classes durant sans jamais oser l’aborder, ou au contraire essuyant un refus humiliant. Pour Alex (Kev Adams) cette fille c’est Sandra (Nora Arnezeder), fantasme qui ne l’a jamais quitté de la petite section jusqu’à la fac puisque son obsession l’a poussé à suivre les mêmes études qu’elle. Seulement voilà, sa mère (Valérie Benguigui) va être mutée sous peu et s’il doit déclarer sa flamme c’est maintenant ou jamais. Mais pour être sûr de ne pas se planter, il va faire appel à Antoine (Franck Dubosc), le seul qui ait réussi à séduire la mère de Sandra il y a quelques années.

Un jeune con qui ne sait décidément pas y faire, un vieil ermite aux conseils un peu bidons, voici donc le duo improbable qui constitue ce film. Les deux acteurs qui les incarnent ne font jamais dans la dentelle, mais cette fois-ci leurs rôles sont plus nuancés, capables de surprendre par moments, et les deux styles se complètent bien. L’humour jeune et puéril du film se retrouve ainsi contrebalancé par des enjeux plus sérieux, une véritable quête spirituelle avec une évolution de la maturité croissante. L’histoire est très classique dans le fond comme sur la forme, et certains rebondissements se sentent à des kilomètres, mais le film regorge de bonnes idées qui donnent du crédit à l’ensemble, notamment la superbe idée de l’enveloppe à la fin, preuve d’un certain degré de recherche. La fin est d’ailleurs assez bonne, évitant la facilité pour plus de réalisme et de morale, donnant même une petite touche de poésie avec Alice Isaaz. Mais le film n’est pas parfait, loin s’en faut, surtout à cause de son manque de profondeur. Certaines pistes pourtant prometteuses resteront en effet à l’état d’ébauche, comme la tentative de remonter en selle pour le mentor, ou l’apprentissage en général, pas assez affirmé. Une comédie sympathique plus travaillée qu’il n’y paraît, même si on regrette le manque de profondeur de certains points.

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Tarzan

Tarzan
2014
Reinhard Klooss

Alors qu’avait été annoncé une version live de la célèbre saga littéraire de Edgar Rice Burroughs aux Etats-Unis avec la réalisateur des quatre derniers Harry Potter à la barre (film qui ne sortira finalement qu’en juillet 2016), l’Allemagne était déjà entrain de travailler sur sa revisite de l’histoire avec encore une fois un film d’animation, 15 ans après la très appréciée version de Disney. Ambitieux projet, le film eu droit à une projection massive en Europe et en Amérique du Sud, mais la claque fut systématiquement au rendez-vous : une première semaine risible suivit d’un effondrement total, surtout à domicile. Doté d’un budget estimé à 75 M$, le film n’en récolta que 26 M$. Un bide amplement mérité.

Contemporain, le film replace l’histoire du bébé élevé par des singes dans un tout autre contexte. Bien grand déjà, JoeJoe Greyton avait une petite dizaine d’années lorsque ses parents se sont aventurés dans la jungle de l’Afrique centrale à la recherche d’un météore légendaire qui y reposerait depuis des millions d’années. Mais victimes d’un crash d’hélicoptère, ses parents vont périr, et lui sera recueilli par une pauvre mère gorille au bébé récemment décédé. Pour ne pas avoir à affronter la réalité des choses (à savoir son statut d’orphelin piégé au milieu d’une forêt équatoriale inhospitalière), il va choisir de devenir un singe et vivre au milieu des gorilles, devenant ainsi Tarzan (Kellan Lutz), l’homme-singe.

On peut désormais faire des choses magnifique sur ordinateur, et le cinéma d’animation repousse continuellement les limites du réalisme et affiche des décors plus impressionnant d’année en année. Mais ça c’est à Hollywood où la technique a un prix que celui-ci n’a visiblement pas pu se permettre. La performance capture allié à des décors très travaillés permettent un bon taux de réalisme, et la jungle est un environnement beau et riche qui permet quelques belles perspectives, mais le résultat ne suit pas. Les personnages sont assez vides, les animaux carrément ratés, et on dénote une direction artistique peu probante, de même que des textures étranges. La technique est à peu près là, mais l’inspiration non, laissant le spectateur complètement froid face aux graphismes. Puis vient alors le problème de l’histoire, très proche de celle qu’on connaît avec la vie dans la jungle, la rencontre avec Jane, la mésentente avec Clayton, changeant la chasse aux gorilles par une quête d’une météore. Une histoire bonne de base, mais les choix pour se « différentier » sont laborieux voir nuisibles, notamment le traitement réaliste visant à ne pas humaniser les animaux. De plus, cette histoire météore sortie de nulle part et nullement expliquée donne un côté très bancal à une histoire déjà incohérente de par l’âge de Tarzan au début. Une pâle copie qu’on préférera oublier.

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Very Long Day

Once upon a time,
a man who « never said no ». It was an ordinary day, but it will stay a legend for him for the rest of his life. Just walking in the street, back home after a long day at york, he met a strange lady, sitting on a wheelchair. She was looking arround as if something was at the wrong place, without giving the feeling of being lost. He asked her about that, but she wasn’t able to talk. Suddenly, a man came to him, asked why he bothered his patient, so he told him his feelings about this strange vision. Then the nurse explained how busy he was, and why he chooses to let an old lady alone, and if he was not happy with that, this chick was now his problem. He accpeted.

But a few blocks from there, he was observing a dockyard. The workers were looked like Muslims, and with Ramadan combined to warm weather, he was feeling responsible, and asked if they needed help. Good try indeed, they were at the limit of burnout. And for the next three hours, he worked for them for free whilst  they monitored the woman in the wheelchair. And that continued.

Can I punch you in your face to impress my girlfriend ? He accepted. Can you make my laundry ? He accept. Can you give me some cash ? Can you drive me somewhere ? Hey, we need an other player for a bowling, are you in ? And as safe as the sun went down, he accepted. And why waste so much time and money ? Because they asked. But he felt it was his duty.

The End

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Odd Thomas

Odd Thomas
2014
Stephen Sommers

Sorti nulle part en salle, le film était pourtant, d’après ce que dit l’affiche, l’adaptation d’un best-seller de la littérature américaine. Étrange cependant de constater que malgré ça, wikipédia ne possède que de légers articles uniquement en anglais sur cette saga littéraire dont le premier livre a tout de même mit quatre ans pour obtenir une traduction chez nous, où le film n’est d’ailleurs même pas programmé, ne serait-ce pour une sortie en direct-to-DVD. Mauvais signe ?

Il n’y a pas que les petits garçons qui voient des gens qui sont morts : Odd Thomas (Anton Yelchin) possède lui aussi ce don perturbant. Confronté quotidiennement à ces vision d’horreur emplies de cadavres avec qui il ne peut ni communiquer ni toucher, il a au fil des ans développé son sens de l’observation pour pouvoir aider ces âmes en peine, démasquant la plupart du temps leurs meurtriers. Une mission non sans risques : les bodachs, sorte de spectres sortis tout droit des enfers, traquent les gens possédant son pouvoir pour les éliminer. Généralement, leur présence est annonciatrice de mort imminente, et cette fois-ci, leur nombre colossal laisse supposer une menace sans précédent…

Voilà un film non sans rappeler un certain Constantine où le héros luttait lui aussi contre des démons, bien qu’ici le genre soit un peu différent, et que les films ne boxent clairement pas dans la même catégorie : l’un étant un énorme blockbuster, l’autre un film indépendant. Pourtant, son réalisateur est un expert des gros films à l’image de ses G.I. Joe, et pour un film sorti directement en vidéo, son budget de 27 M$ est franchement énorme. On aurait pu s’imaginer que l’expérience du réalisateur et son confortable budget auraient pu permettre un résultat visuel convaincant, mais il n’en est rien. La réalisation est médiocre, saccadée et brouillonne, et les effets spéciaux sont tout simplement atroces. Sans doute le cachet des acteurs, assez connus (notamment Willem Dafoe, et accessoirement Addison Timlin), a trop tronqué le budget du film, mais après tout cela n’empêcherait pas objectivement le film d’être bon. Mais voilà, son scénario est franchement classique – l’éternel coup de la bombe à déplacer le plus loin possible n’innove en rien -, seul le twist final offre un intérêt plus subtil, même si d’aucun se sentiront trahis. Petite production bancale à l’idée sympathique, sans plus.

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Dragons 2

Dragons 2
2014
Dean DeBlois

Classé sur IMDb comme le meilleur film d’animation de cette décennie, et l’un des dix meilleurs de tous les temps, Dragons avait en effet de très solides arguments. Graphiquement époustouflant, possédant en plus une direction artistique implacable doublée d’une musique inoubliable, le film sortait des sentiers battus en proposant une épopée viking passionnante où on y découvrait avec émotion l’ouverture d’un débat sur la possible gentillesse des dragons, choisissant de faire ami-ami avec au lieu de les tuer. Une aventure poétique qui mettait en avant des personnages charismatiques et attachants, et le succès du film fut à la hauteur de sa réputation amplement méritée.

Cette suite prend place quelques cinq ans après les événements du premier film, dans un village de Beurk désormais peuplé de dragons qui cohabitent gaiement. La vie suit son cours, et Harold et son fidèle Krokmou sillonnent les océans, cartographiant un monde encore plein de mystères. En plein recensement d’une nouvelle île, il va tomber sur une bande de braconniers, chargée de capturer des dragons pour un Drago qui se constituerai une armée. La menace est grande, mais Stoïk, son père et chef de village, se refuse à toute offensive préventive, connaissant la dangerosité de ce dernier. Mais se cacher n’est pas la solution pour Harold, prêt à se lancer seul dans cette quête.

La fin du premier film était très ouverte, et avec une qualité pareille difficile de ne pas sauter de joie à l’idée d’une suite, mais un problème de taille se pose. En effet, quand on part d’aussi haut la chute est probable, donc le risque de déception était énorme, pour ne pas dire certain. Si l’accueil tiède des américains au boxe office fut un choc (mais qui devrait être largement rattrapé à l’international), son accueil critique fut en revanche plus rassurant : un record quasi absolu pour le genre. Et effectivement, sans totalement surpasser le premier – la primeur a toujours une saveur particulière -, de nombreux points forts viennent compléter une formule déjà formidable. Ainsi, on retrouve cette patte graphique incroyable, sublimée par de nouvelles idées encore plus inspirées (avec notamment les alpha, la mère et son dragon), on retrouve la BO magistrale qui nous avait enchantée, et les personnages sont toujours aussi classieux, même si le grand méchant du film manque de profondeur, sans doute pour préserver le mystère autour de lui pour mieux revenir pour le troisième film programmé pour 2016. Côté réalisation c’est toujours aussi impeccable, réussissant à nous faire ressentir toute la puissance des dragons, nous écrasant totalement face à la surpuissance des alpha. Une tension parfaitement palpable, que ce soit pour nous faire ressentir l’altitude ou la suprématie d’un personnage. Pour l’histoire, à l’exception d’une révélation majeure carrément balancée dans la bande-annonce, c’est assez sage, se contentant d’un déroulement classique mais efficace. Si légère déception il y a, c’est sans doute là qu’elle se situe, mais on navigue clairement dans les mêmes eaux que le premier, avec un petit plus niveau scènes colossales. Oubliez donc la médiocre série et les pauvres moyens-métrages (même si l’un des deux était tout de même sympathique), la meilleure saga d’animation de l’histoire se poursuit avec brio, en espérant un final en apothéose dans deux ans.

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Blackout Total

Blackout Total
2014
Steven Brill

Voilà bien un film qui n’avait d’apparence rien pour lui : sorti dans peu de salles aux Etats-Unis où il a de toute façon bidé (il faut dire que le sortir en VOD le même jour est une idée commerciale douteuse), le film est au passage réalisé par quelqu’un qui n’avait jamais dépassé les cent mille entrées en France (chose faite désormais à 2154 entrées près), peu surprenant compte tenu de la pauvresse de sa filmographie. Alors pourquoi tenter l’aventure alors même que la bande-annone laissait supposer une comédie très pauvre ? On se le demande encore…

Contrairement à ce que le titre laissait penser, il ne s’agit pas là d’une version cruchasse de Very Bad Trip, n’ayant aucune gueule de bois à déplorer : juste une gourde à la bêtise ahurissante. Petite présentatrice locale, Meghan (Elizabeth Banks) espérait obtenir un job de présentatrice plus prestigieux, surtout qu’elle était l’une des deux finalistes pour le job en question, mais voilà, elle ne fut pas retenue. Totalement désabusée, elle va se réfugier dans l’alcool, le temps d’une soirée. Reprenant pleinement ses « facultés mentales » quelque peu après, elle va alors se rappeler du barman (James Marsden) avec qui elle a fini, et prendre ainsi ses jambes à son cou. Un départ précipité qu’elle va amèrement regretter : la journée qui l’attend sera une succession de mauvais choix et de malchance.

Miam miam, elle est très jolie cette Elizabeth Banks, magnifique dans sa robe jaune. Et sinon ? Deux trois situations cocasses, un duo de flic tellement incompétent que s’en est drôle, et des copines si folles qu’on adhère partiellement. Mais globalement, cette hallucinante journée est bien trop stupide pour convaincre, il est vrai peu aidé par les acteurs, surjouant affreusement. De même, le style comique est très facile et lourd, trop rarement efficace. On se doute bien de comment les choses peuvent évoluer, et une fois entré dans la spirale de bêtise, la logique du film est rapidement démasquée et son scénario, d’une pauvreté certaine, ne surprendra jamais. Bien sûr, comparé aux plus décadentes comédies de ses dernières années, on s’en sort magnifiquement, le trash nous étant épargné, à défaut d’être accompagné d’un langage châtié. Les fans du genre seront sans doutes moins exigeants, mais objectivement c’est tout juste supportable.

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The Harm of Time

Petite expérience personnelle de jeu de rôle intégralement inventé sur le thème d’un huis clos dans une salle de conférence où la présentation n’aura jamais lieu, le scientifique devant présenter ses travaux sur l’antimatière ayant été retrouvé la gorge tranchée dans sa loge, à seulement quelques minutes du début. La fiche de François Manard sert d’introduction (donc à lire en premier lieu), les rôles sont ensuite distribués, avec James Liester en tant que maître du jeu. Pour peu que les gens suivent attentivement leurs objectifs, la situation évoluera d’elle même, sans quoi le maître du jeu se devra d’intervenir en apportant des éléments déclencheurs.
Pour ceux que ça intéresse, l’expérience peut être sympa.

François Manard

Prénom : François
Nom : Manard
Age : 36 ans
Diplôme : doctorat en physique appliquée
Profession : chercheur en physique nucléaire
Statut : décédé

Après de longues études en physique, s’intéressant aux mystères de l’espace infini, François s’est beaucoup investi dans des expériences sur la termo-dynamique et ses applications sur le nucléaire, mais sa demande d’emploi au CERN de Meyrin fut rejetée. Il tomba alors en dépression et se contenta d’un poste de professeur à l’université de Genève, mais il s’y illustra brillamment au travers d’un article sur la physique des particules en 2004 qui démontrait l’existence du Big-Bang en parvenant à la création d’un atome d’antihydrogène et son impact dans le vide. Il fut alors repéré par une agence gouvernementale américaine, qui depuis finance ces projets. Il semblerait depuis que son projet ait prit une ampleur phénoménale, à tel point qu’il serait à même d’ouvrir une porte vers le monde fantasmagorique de l’antimatière, inconnu qui laissait jusqu’alors le voyage temporel inaccessible et imaginaire.En ce 5 juillet 2017, dans la ville de Denver aux Etats-Unis où il officie, le docteur Manard est sur le point de tenir une conférence majeure sur ses recherches.

Présent dans la salle, un comité restreint où chaque personne est là pour des raisons différentes. Mais la conférence n’aura jamais lieu : à quelques minutes du début de la présentation, un certain James, responsable de la sécurité, vient annoncer l’assassinat de François. Les lieux étant particulièrement surveillés, le meurtrier est probablement encore sur place : la quarantaine est donc décrétée.

James Liester

Prénom : Antoine / James
Nom : Gapele / Liester
Age : 25 ans / 102 034 ans
Diplôme : licence en informatique
Profession : acteur / chef de sécurité
Statut : fiancé à Emily Osment / veuf

Élève médiocre qui a galéré toute sa vie, se remettant toujours en cause et subissant l’absence totale de soutien de ses proches, il a sombré d’année en année dans une profonde dépression et avait perdu tout espoir de vie supportable. Animé par son seul désir d’offrir au monde un spectacle visuel et scénaristique au travers de films prodigieux, il a bataillé pour se tailler une place dans un monde austère, et a contre toutes attentes percé grâce à un livre troublant qu’il a écrit sur une romance fusionnelle dans un univers fantastique, et dont l’adaptation cinématographique où il incarnait le personnage principal a connu un succès critique et publique tonitruant. En 2016 son aventure le propulsera à Hollywood où chacun de ses films fera sensation, faisant de lui une référence absolue en matière de héros charismatique et de scénariste. Sa nouvelle vie en Amérique lui permit de rencontrer la belle Emily Osment, qu’il épousa en mars 2018. Mais deux mois plus tard, à l’avant-première d’un film commun, cette dernière fut abattue par un tireur inconnu. La seule chose que l’on sait de lui, c’est qu’il a utilisé la même arme que celle qui a servit pour tuer le docteur Manard un an auparavant. Seulement l’affaire est classée. C’est alors que le docteur Treynor est arrivé avec une découverte stupéfiante : une machine à voyager dans le temps. Malheureusement, cette technologie balbutiente a fait une bavure : Antoine fut renvoyé 100 000 ans avant JC. Cette manipulation lui a en revanche donné un don incroyable : l’intemporalité. Les affres du temps lui sont désormais étrangers. Et après tant de siècle à attendre, évitant soigneusement de modifier le cours du temps, le voilà prêt à rendre justice !

Connaissance personnelle : toutes

Tom Treynor

Prénom : Tom
Nom : Treynor
Age : 44 ans
Diplôme : doctorat en physique relative
Profession : professeur / chercheur en relativité restreinte
Statut : célibataire (pas le temps pour ces conneries)

On peut commencer mal et finir bien. Originaire d’une bourgade du Kentucky (Campbellsville), Tom a longtemps bataillé, d’abord pour que ces agriculteurs de parents le mettent à l’école, puis ensuite pour obtenir une bourse au mérite pour intégrer une petite université de Richmond. Mais malgré son parcours modeste, son niveau était déjà très bon, puis il eu enfin l’occasion de prouver sa valeur après avoir intégré le département scientifique du MIT. Depuis sa carrière est en dent de scie entre un statut de professeur remarquable et des recherches qui n’aboutissent jamais. Son grand projet est ni plus ni moins que le voyage temporel, mais il butte dessus depuis de nombreuses années. Cette conférence autour de l’antimatière devait pouvoir donner un second souffle à sa recherche, mais le sort tragique de François Manard pourrait mettre à mal son travail.

Connaissance personnelle : ce fameux James, en plus de ressembler grandement à un célèbre acteur ayant percé il y a peu, vous rappelle ce bienfaiteur qui vous a permis d’entrer à Richmond.
Objectif cohérence : tenter d’asseoir sa suprématie en matière de physique relative
Objectif de trouble : émettre la théorie comme quoi James était à l’admission des bourses à Richmond il y a 26 ans et ne pas en démordre

Lenny Burnam

Prénom : Lenny
Nom : Burnam
Age : 27 ans
Diplôme : Médecine moléculaire, en cours d’apprentissage (année 10/12)
Profession : chercheur à mi-temps
Statut : en couple avec un infirmier du service

Élevée dans une maison chic de Cambridge en Angleterre, Lenny n’a pourtant pas eu la vie facile, ne trouvant que tardivement sa voie. Pas spécialement forte en science, elle s’est accrochée, à travaillé ardemment pour finalement intégrer l’école de médecine d’Oxford où elle trouva enfin sa place, malgré les contre-indications de ses parents, persuadés de son futur échec. Après un cursus classique difficile mais réussi, elle choisit de se spécialiser en médecine moléculaire où elle espère trouver un remède contre le vieillissement cellulaire et la destruction des brins d’ADN durant la division cellulaire. Du haut de sa petite expérience elle fait preuve de beaucoup de potentiel et avait fait un stage en Amérique en avril 2016 avec le docteur de renom, François Manard, qui du coup avait invité son ancienne apprentie à sa conférence.

Connaissance personnelle : elle reconnaît Ernest qu’elle avait aperçu lors de son stage, et il se faisait appeler Danny.
Objectif de cohérence : démasquer Ernest
Objectif de trouble : prétendre avoir une copie des travaux de recherche de François

Alexandr Miroslav

Prénom : Alexandr
Nom : Miroslav
Age : 32 ans
Diplôme : master en ingénierie civile
Profession : responsable de la gestion d’armement russe
Statut : polygame (marié à deux sœurs danseuses)

Fils d’un général russe, Alexandr a baigner toute sa vie dans l’univers militaire et a toujours trouvé ce style de vie fascinant et valorisant. Lorsqu’il a fait ses classes, il a néanmoins eu quelques difficultés avec une autre recrue, mystérieusement retrouvée noyée dans les toilettes, la plupart des os de sa mâchoire ayant en plus été lourdement fracturés. Complication qu’il lui valut un accueil triomphal à son retour chez lui, où il poursuivit des études qui lui permettrait de venir en aide à sa patrie. Bon vivant, il compte à son actif une centaine de femme et presque autant de gueules de bois. Il s’est finalement marié avec deux sœurs dont la prestation sur la scène d’une boîte de streep-tease a séduit. Grâce à ses formidable états de services, notamment lors des problèmes en Ukraine où Alexandr a vaincu à lui seul des dizaines d’éléments perturbateurs, le président lui accorda un droit exceptionnel de polygamie, ce qui ne l’empêcha pas d’aller voir ailleurs lorsque l’envie lui prenait. Il a ensuite gravit les échelons, à moitié par mérite personnel, à moitié par piston. En revanche, sa présence à la conférence de François Manard est un mystère, son cursus n’ayant aucun rapport avec le thème qui aurait dû être traité.

Connaissance personnelle : il semblerait que l’armée russe s’intéresse de près au docteur Treynor, et votre laisser-passer vous sert à l’espionner. Vous êtes au passage venu avec Zinka, une escort-girl, mais qui ne semble pas très intéressée.
Objectif cohérence : faire croire que vous êtes dans le domaine de la physique nucléaire.
Objectif de trouble : trouver quelqu’un qui n’a pas sa place ici

Zinka Kowak

Prénom : Zinka
Nom : Kowak
Age : 21 ans
Diplôme : aucun
Profession : escort-girl
Statut : indisponible

D’origine ukrainienne, Zinka a très vite était en proie avec la dure réalité de la vie et a dû forger son caractère en fonction de ça. Jetée dehors à l’âge de 14 ans, elle a évité de justesse la spirale de la drogue et des trafics de jeune fille, mais ce monde l’a en partie rattrapé. Excellente danseuse, elle fut repérée par un certain Alexandr Miroslav avec qui elle a eu une relation sentimentale malgré son jeune âge et l’écart qu’il y a entre eux, et il fait encore régulièrement appel à elle, l’embrigadant dans un service d’escort-girl. Douteux personnage, Alexandr a réussi à être invité à une conférence sur l’antimatière aux Etats-Unis, et a décidé d’y aller avec Zinka, parlant très bien l’anglais. Néanmoins, elle commence à en avoir marre d’être son joujou et aimerait bien être libérée de son joug. Subjuguée par le charme de James et avec cette histoire de meurtre, elle y voit sa porte de sortie.

Connaissance personnelle : Alexandr a un simple master d’ingénierie civile et travaille pour l’armée russe.
Objectif cohérence : faire tomber Alexandr et se réfugier dans les bras de James (en espérant qu’il veuille bien).
Objectif de trouble : faire croire à une machination entre Alexandr et Tom Treynor

Danny Williams

Prénom : Danny
Nom : Williams
Age : 24 ans
Diplôme : aucun
Profession : guitariste
Statut : célibataire (était avec la chanteuse Emily Osment)

Comme bon nombre de ses concitoyen américain, Danny avait un groupe quand il été jeune, seulement lui est allé plus loin que la plupart : son groupe avait remporté une compétition locale, et il avait alors obtenu un rôle de musicien le temps d’un épisode de Hannah Montana. Il rencontra alors l’actrice / chanteuse Emily Osment avec qui il sortait, en plus de devenir son guitariste officiel. Une relation qui dura plusieurs année, au point qu’il se voyait déjà marié avec elle, mais lorsqu’elle rencontra Antoine, véritable icone du cinéma d’aventure, elle le quitta comme un malpropre et il ne s’en est jamais remit. Alors qu’il souhaitait mettre fin à ses jours, contemplant l’horizon du haut d’un pont, un mystérieux homme masqué retint son geste, lui donnant les clefs d’un plan visant à faire payer celui par qui tout est arrivé. S’il ne peut pas avoir Emily, alors personne d’autre ne l’aura. Mais avant le la tuer, il lui reste une dernière chose à régler. Et pour ce faire, il se doit d’assister à la conférence. Nonobstant d’avoir gagné un concours, il se fera passer pour l’unique journaliste invité.

Connaissance personnelle : James aurait un lien avec Antoine
Objectif de cohérence : faire semblant de mener une enquête journalistique
Objectif de trouble : monter tout le monde contre James

George Sparks

Prénom : George
Nom : Sparks
Age : 55 ans
Diplôme : doctorat en physique générale
Profession : au chômage
Statut : divorcé (merde à ceux qui demandent)

Né à New-York, élevé à New-York, diplômé à Harvard : un parcours d’apparence très bon, c’est après que les choses se sont gâtées. Professeur d’université à Denver, ses dernières années ont été dans l’ombre d’un certain François Manard, génie infiniment plus brillant. Ses inlassables échecs n’étaient pas un problème jusqu’alors, mais quand François est arrivé, résolvant tous les problèmes de George, l’université ouvrit les yeux sur le minable chercheur qu’ils avaient. Le pire, c’est que son incompétence est passée auprès des avocats pour une faute grave autorisant un renvoie pur et dur, et sans la moindre indemnité. Et seulement quelques jours plus tard, sa femme le quitta, se refusant de rester une minute de plus avec un raté pareil. Humilié, au fond du trou, George reçu l’invitation à la conférence de Manard comme une provocation et y voyait là l’occasion de régler ses comptes.

Connaissance personnelle : vous suspectez Manard d’être cocu
Objectif cohérence : ruiner la réputation de Manard
Objectif de trouble : envoyer chier ses admirateurs en les diffamant

Ernest Williams

Prénom : Danny (se faisant passer pour un certain Ernest)
Nom : Williams
Age : 204 060 ans
Diplôme : aucun
Profession : guitariste
Statut : célibataire (était avec la chanteuse Emily Osment)

Comme bon nombre de ses concitoyen américain, Danny avait un groupe quand il été jeune, seulement lui est allé plus loin que la plupart : son groupe avait remporté une compétition locale, et il avait alors obtenu un rôle de musicien le temps d’un épisode de Hannah Montana. Il rencontra alors l’actrice / chanteuse Emily Osment avec qui il sortait, en plus de devenir son guitariste officiel. Une relation qui dura plusieurs année, au point qu’il se voyait déjà marié avec elle, mais lorsqu’elle rencontra Antoine, véritable icone du cinéma d’aventure, elle le quitta comme un malpropre et il ne s’en est jamais remit. Dans un moment de folie, en mai 2018, il tira froidement sur Emily, mais Antoine avait réussi a lui faire éviter toutes les balles. Incrédule, Danny apprit peu après la raison de son échec : Antoine avait remonté le temps pour empêcher l’incident. Il décida alors lui aussi de prendre cette machine pour remonter le temps (subissant un mauvais réglage le renvoyant 100 000 ans avant JC, mais gagnant au passage une insensibilité aux affres du temps) pour tuer Antoine, mais il n’aurait jamais voyagé dans le temps si celui qui l’a poussé à le faire n’avait jamais existé. Prit dans un paradoxe temporel, il reprit conscience peu après avoir manqué sa cible en mai 2018. Conscient de devoir repasser 100 000 ans à attendre, il élabore alors un plan infaillible : laisser le Antoine du passé vivre, mais tuer son double du futur et empêcher la création de la machine à voyager dans le temps, quitte à se retrouver lui-même englober dans une nouvelle réalité qui reprendrait sa place en mai 2018, mais dans une version où Emily serait morte. Quitte à chambouler les invités de la conférence et se dévoiler face à son double du passé, Danny va faire irruption dans la salle.

Connaissance personnelle : James est le futur de Antoine, mais il ignore l’identité du tueur de Emily
Objectif de cohérence : jouer avec l’autre Danny pour faire croire à un grand frère
Objectif de trouble : diffamer tous ceux qui se mettent du côté de James

John Elden

Prénom : John
Nom : Elden
Age : 28 ans
Diplôme : doctorat en physique moléculaire
Profession : Prof de physique / chimie dans un collège
Statut : amant de Elsa

Génie précoce, John, né au Texas à San Angelo, a très vite montré des signes de facilités dans les matières scientifiques, à tel point qu’il pu entrer à l’université à seulement 14 ans. Diplômé d’un doctorat en seulement 4 ans, tout le monde plaçait en lui des attentes exceptionnelles, espérant le voir un jour capable de nous faire voyager dans le temps, guérir du cancer et autres prodiges en rapport avec sa scolarité magistrale. Seulement à 18 ans, avide de découvrir le monde avant de s’enfermer à vie dans un labo, John fit le tour du monde, multipliant les expériences de vie, goûtant aux plus grands délices de cette Terre. Ce fut alors l’escalade entre une obsession pour son corps, jamais assez musclé, et sa pilosité, maîtrisée sur l’ensemble de son corps. Les journaux people ne parlaient plus que de lui avec ses frasques avec de sublimes mannequins et sa folie dépensière. Arrivé à l’âge de raison, à 26 ans, John souhaitait reprendre un travail dans la physique, mais il ne représentait alors plus rien aux yeux de la science, et tout juste trouva t-il un job de professeur à Denver indigne de ses capacités. Néanmoins, cet échec lui permit de rencontrer la femme de sa vie : Elsa, avec qui il partage un amour inconditionnel. Malheureusement, cette dernière est mariée à un chercheur répondant au nom de François Manard. Avec la mort de ce dernier, tout espoir renaît, mais le secret est de mise, sans quoi on risquerait de fortement soupçonner lui ou Elsa.

Connaissance personnelle : vous pensez avoir rencontré James lors d’un voyage il y a 9 ans mais il ne semble pas vouloir vous reconnaître. Il est vrai qu’à l’époque il était plus vieux que vous et qu’aujourd’hui le rapport semble inversé.
Objectif cohérence : se positionner d’emblée comme le petit ami d’Elsa pour éviter que des gens s’interrogent sur sa présence
Objectif de trouble : orienter la piste vers n’importe qui sauf vous, y comprit Elsa

Elsa McQuivrin

Prénom : Elsa
Nom : Manard
Nom de jeune fille : McQuivrin
Age : 26 ans
Diplôme : psychologie (4 années d’études)
Profession : serveuse
Statut : mariée à François, amante de John

Petite anomalie dans ce pièce remplie d’éminents scientifiques, Elsa est là pour une unique raison : elle est la femme de François Manard. Fille américaine banale qui a tenté des études de psychologie mais qui n’a rien réussi à trouver avec, elle s’est éprise il y a quelques années, alors qu’elle commençait ses études, de cet intriguant français de dix ans son aîné, mais dont l’intelligence la fascinait. Elle avait suivit pendant ce temps les frasque de l’ex génie du pays, John Elden, et quel ne fut pas son choc quand, en 2016 (soit il y a un an), elle le rencontra, simple prof de collège venu prendre un café là où elle travaille. S’en suivit un coup de foudre comme dans les films, et depuis leur amour est incomensurable, flamboyant, à un détail près : son mari. Ne pouvant se résoudre à consommer son nouvel amour tant que François serait là, elle s’imaginait comment le chasser de sa vie, à tel point qu’il lui arrivait de prier pour qu’il ne se réveille pas un matin. Mais voilà, face à ce besoin grandissant, elle était décidé à tout raconter à son mari en ce 5 juillet 2017. Et soudain le voilà mort, assassiné. Serait-ce John ?

Connaissance personnelle : d’après vos études de psychologie, vous décelez en James des signes de douleurs passées et il semble vouloir cacher quelque chose.
Objectif cohérence : jouer les veuves éplorées mais pas trop (exemple : dire qu’il la battait, comme ça personne ne sera surprit si elle se remarie quelques mois plus tard)
Objectif de trouble : orienter la piste sur n’importe qui sauf vous et John

Et bon jeu à tous !

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God Bless America

God Bless America
2012
Bobcat Goldthwait

Ah, les Etats-Unis : la plus belle et grande nation du monde ! C’est du moins ce qu’ils s’accordent à dire, et comme dit l’adage, heureux les simples d’esprit. Le futur dépeint par Idiocracy est déjà une réalité pour bon nombre de leurs concitoyens qui s’abrutissent devant des émissions de télé réalité où les candidats sont encore plus cons que les présentateurs, déjà bien atteints. Et quand une civilisation atteint son apogée de décadence, les dieux viennent purifier la terre par le feu.

Il n’avait rien demandé à personne, il se contentait de vivre sa vie de merde dans son coin, mais un beau jour tout va partir en vrille. Père privé de ses enfants depuis le divorce mais qui de toute façon le détestent, Frank subit un quotidien des plus déplaisants entre les insupportables émissions, qui mettent en avant la décrépitude humaine, et ses abrutis de collègues qui en parlent sans cesse, sans oublier ses voisins si bruyants et sans gènes. Jusqu’alors il restait sans broncher, mais en l’espace d’une journée son monde minable qui lui restait s’est écroulé : l’amitié naissante qu’il nourrissait avec une collègue a été rapporté par celle-là même comme du harcèlement sexuel, aboutissant à son renvoie pur et dur, et il apprit dans la même journée la présence d’une tumeur inopérable dans son cerveau. Ne lui restait alors plus que deux choix : se suicider ou mettre de l’ordre. Avis aux abrutis de la télévision : le sang coulera à flot !

Quand on a plus rien à perdre, autant se faire plaisir, même si cela signifie assassiner tous les gens méprisables de la télévision. Mais en réalité, le pauvre homme allait s’arrêter simplement après sa première victime, une petite conne pourrie gâtée qui méprise son entourage. Survient alors une jeune fille complètement folle qui jubile à l’idée d’accompagner cet homme brisé qui a dans l’idée de faire payer sa vie de merde à ceux qui en sont plus ou moins responsables. On assiste alors à un duo improbable en quête de justice purificatrice. Un début juste énorme qui nous monte toutes les dérives malsaines d’un système stupide avec une façon de procéder réjouissante. Malheureusement, le film met du temps à prendre son envol, esquissant le problème et n’osant en fait pas vraiment. Il faudra attendre la toute fin pour avoir enfin la boucherie dont on rêvait, mais globalement le film reste un peu trop petit joueur, peut-être pour des raisons de réalisme, mais il s’agit là du seul regret du film, passionnant en dehors de ça. Une pensée macabre qu’on a tous eu, et la voir concrètement est un grand bonheur.

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Killer Joe

Killer Joe
2012
William Friedkin

Quand on aime on ne compte pas : à 76 ans au moment du tournage, le réalisateur de L’Exorciste nous revient avec un drame humain sur une famille un peu particulière. En effet, Chris (Emile Hirsch), petit vendeur de drogue foutrement dans la merde suite à des prêts non remboursés souscrits chez le truand du coin, a eu l’idée de venir voir son père (Thomas Haden Church) pour monter un plan. Ayant rapidement besoin de beaucoup d’argent, et sa mère possédant une assurance vie importante, il envisage de faire appel à Joe (Matthew McConaughey), un tueur à gage, pour supprimer sa propre mère. Pour le payer, il lui donnera sa sœur (Juno Temple) en caution.

C’est assez hallucinent le talent qu’ont les gens dans la merde à foutre aussi leur entourage dans la merde. Et bien sûr, la remise en question n’est jamais de la partie. En cela le film ressemble à des centaines d’autres, mais il ne s’agit que d’un point de départ dans une ambiance plutôt tranquille, voir romantique entre Joe et la fameuse sœur. Un style agréable qui relativise le merdier ambiant et la raison de la présence de Joe. Une situation traître avec laquelle le film joue pour mieux déstabiliser le spectateur, le tout magnifiquement chorégraphié avec la scène du repas après l’affaire de la cuisse de poulet (séquence improbable et complètement surréaliste) dont l’aboutissement nous laissera dans une incrédulité totale. Un film très cru, sans en devenir hermétique, qui compense ses faiblesses scénaristiques par des personnages forts et dont la folie le porte.

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Un amour d’hiver

Un amour d’hiver
2014
Akiva Goldsman

La compétition était rude cette année aux Etats-Unis pour la saint-Valentin avec trois romances sortant le même jour, et c’est forcément la plus originale des trois qui fit le plus gros bide, même si le reste du monde ne prêta pas plus attention au film : seulement 30 M$ récoltés, soit la moitié de son coût de base. Quand le fantastique s’y mêle l’incertitude s’installe, et avec des histoires d’anges et de démons, il y a de quoi frémir, expliquant certains retours très négatifs, mais cette adaptation de Mark Helprin a tout de même un énorme potentiel.

L’histoire démarra en 1895, alors que les parents de Peter (Colin Farrell) se retrouvaient dans l’obligation d’abandonner leur fils, encore nourrisson. Il fut alors recueilli par Pearly (Russell Crowe), démon qui voue sa vie à Lucifer (Will Smith), mais Peter ne fut jamais sous son emprise. Malgré ses années passées à voler, en 1916 il se sauva de son joug, aidé par l’esprit d’un ange réincarné en cheval. Ce dernier mit sur son chemin la sublime Beverly (Jessica Brown Findlay, l’ex Sybil de Downton Abbey), aussi belle et éphémère qu’une étoile filante : souffrant de tuberculose, elle n’en a plus que pour quelques semaines à vivre. L’amour qui l’anime ne pourra durer que le temps d’un hiver…

Comme le dirait François Theurel, mieux vaut un film qui se plante en essayant qu’un film mieux fait mais lisse. Ici, le côté fantastique plein de promesses est en réalité très mal exploité. Les effets de lumières, la réalisation et les effets-spéciaux sont magnifiques, mais les apports scénaristiques sont nuisibles, et même la pirouette temporelle du bond centenaire n’a pas vraiment lieu d’être : les liens sont trop minimes, injustifiés ou trop peu. La dernière partie aurait pu être supprimée sans mal tant elle rallonge superficiellement l’histoire, alors que l’idylle hivernal qui se jouait était si fort, si beau. Un déluge poétique avec de brillants acteurs à la clef (pour le duo amoureux du moins, les autres, incluant Jennifer Connelly et William Hurt, étant plus discrets ou moins attachants), et le film n’est pas sans rappeler les tonalités de The Fountain et Quelque part dans le temps, que ce soit visuellement pour le premier, ou musicalement et dramatiquement pour le second. Et quand on additionne l’esthétique enchanteur, la prouesse des acteurs et une musique divine, on obtient des envolées retentissantes. Ainsi, si le film est loin d’être parfait, notamment à cause de son histoire un tantinet brouillonne, il impose un style enchanteur, et une si belle romance donne envie de soutenir cette œuvre qui sort des sentiers battus.

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