Red Turtle

Salutations amis internautes, le 15 mai dernier j’ai rejoint les Mots à la Bouche et j’ai participé à leur spectacle au café théâtre du Red Turtle. Et voici enfin la vidéo avec une petite présentation maison : https://www.youtube.com/watch?v=Uv37m3evFno

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Prisoners

Prisoners
2013
Denis Villeneuve

Attendu comme un des meilleurs thriller qui soit, le film obtint des résultats très loin du niveau des critiques avec seulement 122 M$ dans le monde, avec surtout un maintient en salles qui n’avait rien d’extraordinaire. D’après certains analystes, cette déception serait dû aux 2h33 du film, une durée peu propice aux « movigover » (ceux qui choisissent leur film une fois arrivé au ciné, une part quasi majoritaire aux US). Mais dans tous les cas, le film n’a rien d’événementiel.

En pleine célébration de Thanksgiving, une petite ville des Etats-Unis va être frappée d’effroi : deux petites filles vont disparaître. Dévastés, les parents (Hugh Jackman / Maria Bello et Terrence Howard / Viola Davis) pensent immédiatement à un enlèvement, d’autant que les petites filles s’intéressaient beaucoup à un camping car qui, après leurs disparitions, s’est volatilisé. En charge de l’enquête, l’inspecteur Loki (Jake Gyllenhaal) va rapidement retrouver le camping car, et la tentative de fuite de son conducteur les amènera directement à le suspecter. Le problème, c’est qu’Alex Jones (Paul Dano), conducteur du véhicule, est déclaré déficient mentalement, et a donc été relâché. Pour Keller (Hugh Jackman), père de l’une des deux filles, cette décision est inacceptable, et justice sera rendue.

Même dans Usual Suspect dont la fin était prévisible au possible, la suspicion nous gagne indubitablement lorsque quelqu’un se dit handicapé d’une manière ou d’une autre. Et à partir de là, lui additionner un complice, notamment dans sa famille (Melissa Leo), il n’y a qu’un pas. Qui sait, la police elle même pourrait être mêlée à l’histoire que la surprise ne serait que feinte. C’est d’ailleurs un peu là le problème du film : à force de s’attendre à tout, la fin s’en retrouve prévisible, la faute à une absence d’innovation ou d’enjeux qui dépassent l’envergure de la ville. Pire encore, sur certains points, notamment le fameux Alex Jones, le film ne va clairement pas assez loin et un potentiel y reste lattant. Mais attention, l’histoire reste néanmoins très solide et bien ficelée. Mieux encore, l’ambiance pesante marche pas mal, et les acteurs, notamment Wolverine, sont très bons. Bien sûr, raccourcir le film n’aurait pas fait de mal, et les critiques sont un peu exagérément bonnes, mais on reste tout de même dans le haut du panier.

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Pompéi

Pompéi
2014
Paul W.S. Anderson

Sans doutes l’une des plus belles découvertes du XVII° siècle, la ville oubliée de Pompéi fut redécouverte suite à des fouilles de grande envergures, qui laissèrent la place des décennies plus tard à une immense ville en parfait état, figée dans le temps par les cendres projetées par le Vésuve en l’an 79 après Jésus Christ, transformant même certains de ces habitants en statue. Une terrible catastrophe estimée à 100 000 fois plus importante qu’une bombe nucléaire (bien que étalée sur une durée de 12 heures, et non instantanée), et c’est donc tout naturellement que les américains se sont approprié l’histoire pour en faire un film catastrophe, avec bien sûr leur finesse habituelle…

Parce qu’un film entier sur le cataclysme, c’est pas très viable et qu’il faut meubler un peu, le film nous propose de découvrir l’histoire de Milo (Kit Harington), celte dont la famille fut massacrée, suite à quoi il devint esclave. Depuis, il s’est fait un nom dans le milieu des arènes, étant devenu un gladiateur accompli et invaincu. Il fut donc recruté pour un spectacle d’ampleur à Pompéi où un seigneur (Kiefer Sutherland) est attendu, faisant sa cour à la fille (Emily Browning) des régents de Pompéi (Jared Harris et Carrie-Anne Moss). Mais c’est alors que d’importants séismes se firent sentir…

Alors oui, il y a eu des secousses terribles entraînant même un tsunami, des coulées de lave dévastatrices, des projections de pierres meurtrières, et surtout un nuage toxique de cendres, pour ainsi dire unique raison de la disparition de Pompéi. Mais voilà, les américains et l’histoire, ça n’a jamais été ça. Le film semble additionner tous les malheurs de Herculanum, Oplontis, Stabies et Pompéi, qui n’est d’ailleurs – malgré la précision remarquable de la reconstitution de la ville à l’exception de l’arène démesurée – pas du tout en bord de mer, contrairement aux trois autres susnommés. Donc c’est raté : nul séisme et nul jet de pierre n’aura ravagé la ville, presque tous les dégâts étant dû au nuage de cendres. Bien essayé… Pour ce qui est du film en lui-même, le bilan est lui aussi très mauvais. On passe notre temps à attendre le déluge, bassiné par un péplum ringard qui ne décollera que tardivement avec l’entrée dans l’arène, véritable et unique grand moment du film. En effet, dans tout ce qui précède l’ennui est omniprésent entre des acteurs de télévision peu convaincant et des situations stupides, comme la tentative d’évasion non-assumée. Puis vient la destruction massive, incohérente à tous points de vue et pas si impressionnante, sans doute à cause de la réalisation trop lisse. Voir le héros courir avec le sol qui se fissure comme par hasard pile entre ses jambes et à la même vitesse que lui, ça n’est plus possible. Surtout avec des personnages inconscients qui n’essayent même pas de fuir, il y a vraiment de quoi se taper la tête contre le mur. Il y avait bien quelques pistes et intérêts passagers, mais la sauce ne prend jamais complètement et le spectacle n’est pas à la hauteur.

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Le Loup de Wall Street

Le Loup de Wall Street
2013
Martin Scorsese

Trois ans après l’excellent Shuter Island, le duo réalisateur / acteur principal est reformé pour la quatrième fois, avec donc forcément beaucoup d’attente, notamment du point de vu qualité. Mais même si le film est reparti bredouille des Oscars où il avait pourtant cinq nominations, et malgré trois longues heures d’affichées au compteur, le film a largement trouvé son public entre des critiques très bonnes et un formidable 389 M$ au box-office mondial. Un film cependant restreint dans son public visé (d’ailleurs classé R aux Etats-Unis) puisque traitant d’un véreux trader adepte de drogues en tous genres.

Le film s’inspire de l’histoire vraie de Jordan Belfort (Leonardo DiCaprio), ancien trader qui a découvert le monde de la finance dans les années 80. Fraîchement diplômé d’une école de commerce et heureux dans son mariage (avec Cristin Milioti), il se voyait batailler pour aider les entreprises, rendre le monde meilleur. Mais sa vision des choses va se retrouver bouleversée quand il rencontra Mark Hanna (Matthew McConaughey), patron à Wall Street. Selon lui, le monde de la bourse est un chaos qui n’a ni raison ni logique, une bulle virtuelle qui n’existe pas, et la seule chose qu’il faut savoir c’est vendre le produit au client pour se faire un max de fric et tout dépenser en putte, cocaïne et démonstrations d’exubérance. Un déclic brutal qui le mènera à monter sa propre boîte avec son pote Donnie (Jonah Hill) et mener cette vie qu’on lui en vendait, mais lui ira beaucoup plus loin, trop loin.

Voilà ce qu’on appelle un film ultra complet : en trois heures, il s’en passe des choses, presque toute une vie. Du petit trader débutant au grand maître de la bourse qui se fait des millions chaque mois, le film retrace toute la carrière professionnelle de l’un des, si ce n’est même le plus grand escroc de l’histoire. Mari aimant aux nobles ambitions, il deviendra un obsédé sexuel trompant à tout va, même avec sa seconde épouse top modèle (Margot Robbie), sans oublier sa consommation aberrante de substances illicites. Le cas classique de la folie des grandeurs où le héros ne sait plus quand s’arrêter, et avec l’excellent Leonardo DiCaprio dans le rôle titre, difficile de ne pas penser à Arrête-moi si tu peux, les deux films étant dans le fond et sur la forme très similaires, même si celui-ci se montrera moins convaincant. En effet, la menace pesant sur Jordan se fait moins pesante, du moins du point de vu juridique puisque l’overdose aurait pu pointer son nez à n’importe quel moment. En parlant de ça, la surenchère de vices passe assez mal par moment, étouffant un spectateur plus conquit par une histoire trop reléguée en générale. De même, la plupart des rôles secondaires sont fades (en fait tous sauf la seconde femme et le mentor du début), et ça n’est pas un cameo de Jean Dujardin qui changera la donne. Et même si la réalisation est dynamique et le rythme maîtrisé, difficile de résister à une durée aussi conséquente, surtout qu’injustifiée. Un très bon film donc, mais qui aurait mérité d’être plus canalisé : sa durée, le nombre de personnages importants et d’événement majeur nuisant par moments à la lisibilité.

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My Name Is Khan

My Name Is Khan
2010
Karan Johar

Souvent prit en exemple de ce que Bollywood a de meilleur à offrir, j’avais découvert ce film il y a deux ans, mais sans jamais en connaître la fin, la faute à un enregistrement trop court de cinquante minutes (en effet, le film fait près de 2 h 40). C’est dire l’effet que m’avait fait ses deux premiers tiers. Problème aujourd’hui résolu, et le contraire aurait été dommage tant le film s’impose à la fois comme une romance magnifique et comme une leçon de vie qui transcende la politique et les religions.

Comme sa mère lui disait, il n’existe aucune différence entre deux hommes de religions différentes, il n’y a que deux types d’hommes : les bons et les mauvais. Des paroles apaisantes dans un contexte d’opposition entre les musulmans et les hindouistes en Inde, mais une vision que peu de gens partagent. Parti vivre aux Etats-Unis après la mort de sa mère, Rizwan Khan (Shah Rukh Khan) a eu beaucoup de mal à s’intégrer à cause de sa forme d’autisme, le syndrome d’Asperger (peur de la couleur jaune, des choses nouvelles et des sons perçant). Mais une personne vit malgré tout la bonté en lui : Mandira (Kajol Mukherjee-Devgan), avec qui il découvrit l’amour. Puis vint le 11 septembre et ses attentats, puis les guerres contre des pays musulmans, accumulant dans l’esprit collectif la haine de cette religion assimilée au terrorisme. Et ce fut l’aube de nombreuses tragédies, aboutissant à une décision irrévocable pour Khan : il se doit d’aller voir le président pour lui dire qu’il est musulman mais pas terroriste.

Brillant, tout simplement brillant. Et pourtant, un film avec un autiste en héros et qui aborde des thèmes tendus souvent en proie avec un ultra patriotisme dégoulinant, c’était très loin d’être alléchant. Mais il suffit de voir le fameux Khan à l’œuvre pour que tous les doutes se dissipent. Considéré comme le meilleur acteur de tous les temps à Bollywood, on peut dire que ça réputation n’est pas surfaite : tout simplement bluffant, éclipsant totalement un certain Rain Man. Attachant et drôle, sa romance avec la sublime Mandira est juste magique, démontrant toute la force de la poésie et des couleurs de l’Inde, même dans une transposition américaine, carrément dépossédée de ses lieux. Il faut dire que l’excellence de la réalisation aide pas mal à cette immersion. Mieux encore, l’histoire est quasi miraculeuse tant le sujet était casse-gueule. Mais finalement, le virage anti-musulman se fait naturellement et avec beaucoup d’humilité, rafraîchissant dans son approche diabolisant le gouvernement américain et Israël, pointés du doigt comme les pires humanistes qui soient. Une force dans les images, mais donc aussi dans le fond, car le film a un véritable message d’espoir et d’optimisme. Une brillante leçon de vie et un film exceptionnel.

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Epic : la bataille du royaume secret


Epic : la bataille du royaume secret
2013
Chris Wedge

Loin d’avoir été le film d’animation le plus populaire l’année (il est plus proche du contraire) cette adaptation de conte de William Joyce vient faire écho à Arrietty et autre Arthur et les Minimoys, son histoire se centrant sur des créatures humanoïdes en tous points similaires à l’homme, à un détail près : leur taille microscopique. Une idée qui ne remonte d’hier mais qui a de nombreuses fois prouvé sa valeur, mais n’a jamais vraiment été traité avec la pertinence nécessaire, et ici encore plus.

Ainsi, Mary-Katherine, en plein deuil de sa mère, décide de rendre visite à son père, perdu de vu depuis un certain déjà de par son choix du travail au détriment de la famille. En effet, depuis des années la vie de son père est uniquement orientée autour de la forêt qui borde sa maison car il persuadé qu’une forme de vie particulièrement intelligente y prolifère. Pour Mary-Kate, cette histoire n’était que folie, mais sa vision des choses va se retrouver bouleversée lors de sa rencontre avec Tara, reine de la forêt. Depuis toujours hommes-feuilles, protecteurs de la forêt, et bogans, aspirant à un monde en putréfaction, s’affrontent dans une lutte infinie, mais la balance pourrait bien pencher en la faveur des bogans. Profitant de la cérémonie du bourgeon qui a lieu tous les cents ans, leur chef a réussi à assainir un coup mortel à la reine. Dans un dernier souffle de vie, elle fit de Mary-Kate la gardienne du bourgeon, graine de vie dont émanera la prochaine reine.

Le film commence très bien : une intensité dramatique, un sens de la mise en scène prononcé, et quand on voit cette femme aux portes de cette énigmatique maison, le champ des possibilités paraît infini et la confiance s’installe d’emblée. Mais très vite cette impression s’efface en constatant la direction artistique et certains choix scénaristiques. Pour quelque chose d’aussi énorme qu’une société secrète d’une taille pourtant suffisamment conséquente pour être aisément découverte, il faut ou une technique d’animation réaliste et irréprochable à la Arrietty ou l’utilisation d’éléments réels au sein de l’univers, comme dans Arthur et les Minimoys, pour donner un caractère plus concret à cet écho-système. Or ici, l’animation est plutôt quelconque et le design des personnages cartoonesque. Une erreur qui coûte cher et qui rend toute la direction artistique, en plus de ne pas être très inspirée, particulièrement hors de propos. Un sacré regret auquel vient s’ajouter un combat classique entre le bien et le mal, symbolisé par la vie et la mort de la nature. Des ficelles plutôt énormes. Pourtant, cet univers marche presque, et le film fourmille d’idées excellentes, notamment dans l’humour avec le rapport aux animaux, bien que certains gags soient assez lourds. Et même si graphiquement le film ne se tient pas, quelques jeux de lumières valent le détour, œuvrant intelligemment pour le scénario avec des passages très poétiques. Mais régulièrement des trouvailles sautent aux yeux sans que le film sache en tirer parti, comme le chien adorable ou le coup de l’oiseau dont le maître ne reviendra pas. Un pseudo effet comique du « oh zut » complètement raté de par l’intensité dramatique des enjeux, alors qu’un regard larmoyant mais noble, scrutant l’horizon, aurait rendu cette scène d’une puissance imparable. Un film qui regorge d’idées exceptionnelles et qui avait toutes les cartes en main pour en faire un beau et grand film, mais qui n’abouti qu’à un film enfantin et convenu.

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Kaboom

Kaboom
2010
Gregg Araki

Malgré des œuvres très confidentielles, le réalisateur Gregg Araki s’est constitué une belle réputation auprès de la presse spécialisée, qui n’hésite pas à le qualifié de fils prodigue de Lynch, celui qui a révolutionné la vision fantastique au cinéma il y a quelques décennies. Et pourtant, chacun de ses films divise profondément entre une presse en délire et des spectateurs mitigés. Ce dernier film en date ne fait exception, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il est loin d’être tout public.

Aux Etats-Unis, pas besoin de théorie du genre pour avoir des enfants complètement détraqué au point de ne pas savoir ce qu’ils sont. Fraîchement débarqué en fac, Smith (Thomas Dekker) est ce qu’on appelle un bisexuel : 90% homo et 10% hétéro. Les 10% accidentels, c’est London (Juno Temple), une nymphomane rencontrée lors d’une soirée très spéciale. Drogué, fatigué ou pure vérité, Smith a peut être halluciné cette soirée là un meurtre : celui d’une mystérieuse rousse présente dans un étrange rêve récurrent, tuée par un groupe d’hommes portant des masques d’animaux. Depuis, il ne sait pas si c’est son imagination qui est alimentée par la paranoïa, mais il a l’impression d’être constamment poursuivit par ces hommes masqués.

Quand la folie côtoie l’étrange… Un film pour le moins original et inspiré. Bien sûr, il sera assez difficile de rentrer dedans au début : tous les personnages sont des bisexuels en puissance et ça tourne direct à l’orgie. Choquant, gratuit et bien loin de tous les messages habituels sur la protection et la sécurité, de quoi attiser la colère des associations autour des MST. Pourtant, bien des choses retiennent notre attention dès le début. Malgré des mentalités débridées et inconscientes (voir révoltantes pour certains), les acteurs arrivent malgré tout à rendre sympathiques leurs personnages grâce à un immense charisme et un style visuel très concentré sur les personnages et leurs regards, avec un énorme travail dessus. Pour un rendu plus impactant, tous les acteurs ont une couleur de rétine très clair et saisissante, presque surnaturelle, travaillant de concert avec la réalisation sous acide qui sature l’image de couleurs, toutes plus éclatantes les unes des autres, même la nuit. Et finalement l’histoire se révèle intéressante, pas mal construite, pleine de rebondissements fous et fusant à un rythme idéal, presque sinusoïdal pour déstabiliser totalement le spectateur. Et le titre illustre parfaitement l’esprit dans lequel on en ressort. Difficile de ne pas penser au maître du genre, Donnie Darko, dont ce film s’inspire visiblement énormément, l’acteur incarnant son lapin jouant d’ailleurs ici un gourou incroyable. Pas aussi psychologique et renversant que son modèle, le film est tout de même un très bel exercice dans son genre, et il serait dommage de passer à côté pour des raisons autres qu’artistiques.

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Welcome to New York

Welcome to New York
2014
Abel Ferrara

C’était il y a trois ans, l’affaire ébranlait le monde : Dominique Stross Kahn, directeur général du FMI (Fond Monétaire Internationnal) et probable futur président de la république française, avait été arrêté aux Etats-Unis pour viol. Disculpé quelques mois plus tard, ses ambitions politique furent tout de même réduites à néant, et la suite on la connaît (Hollande président, chômage et impôts qui explosent, désespoir ambiant). Mais certaines parts d’ombre planent encore sur cette affaire, et on s’imaginait déjà le film comme celui qui oserait les dissiper. Malheureusement, le film ne sera qu’une présentation caricaturale des événements vu par un journaliste de TF1.

Que sait-on exactement de cette histoire ? Il semblerait en effet, contre tout bon sens, que DSK ai eu un rapport sexuel – consenti – avec cet énorme boudin qu’était Nafissatou Dialo, qui n’était autre q’une employée de l’hôtel, payée par une organisation pour piégé le célèbre homme d’affaires. Mais patatras, le film prend la direction opposée en montrant le personnage comme un monstre, un prédateur sexuel incapable de contrôler ses pulsions, violant à tour de bras et se tapant des prostituées le reste du temps. Tombeur avéré, ayant néanmoins probablement déjà eu recours à des escort-girl, toutes ses plaintes pour viols – étrangement muettes jusqu’alors puis se multipliant après l’incident – furent déclarées mensongères, renforçant la thèse du complot. Pire encore la relation entre lui et sa femme, Anne Sinclair, est dépeinte comme venimeuse, et leur conversation sont assassines, à l’exact opposé du modèle de solidarité auquel on a assisté. Bref, l’histoire est une ignominie indigne du début à la fin, très loin de toute notion de vérité, n’assumant d’ailleurs même pas son caractère d’inspiration d’un fait réel, modifiant les noms des personnes impliquées.

L’histoire est une chose, aussi minable soit-elle, mais elle n’est pas foncièrement liée à la qualité du film pour peu que son scénario soit bon (en l’occurrence exécrable) de même que ce qui suit. Tapons alors là où ça fait mal, dans le gras : Gérard Depardieu. Passons sur le naufrage de son corps qui a depuis longtemps dépassé le stade du maladif, et attardons nous sur son personnage. En plus de jouer les mêmes scènes, il arrive au même degré de justesse qu’un acteur porno : des grognements, des textes déclamés sans la moindre conviction, et un regard qui se perd dans l’objectif de la caméra. À peine croyable tant c’est mauvais, d’autant plus terrible qu’il reste le meilleur acteur du film. Parlons maintenant technique : historiquement mauvais. De toute l’histoire du cinéma, jamais un film, un téléfilm ou même une série n’aura osé montrer pareil amateurisme. Un doublage misérable avec des voix s’entremêlant dans une cohue sans nom, des acteurs exécrables, des dialogues presque comiques de par leur nullité, un montage bancal doté d’un rythme atroce, une réalisation hystérique avec un cadrage systématiquement incohérent, une histoire ennuyeuse, gratuite dans la nudité et qui se torche avec la véracité des événements. Mes oreilles ont saigné, mes yeux ont pleuré et mon cerveau s’est liquéfié. Un grand moment de deuil cinéphilique.

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Lone Ranger, Naissance d’un héros


Lone Ranger, Naissance d’un héros
2013
Gore Verbinski

Voilà ce qu’on appelle un échec commercial prévu de longue date. Plus d’un an avant sa sortie, le budget était déjà connu et chiffrait à 215 M$, soit sans doute plus de 300 M$ avec les frais de marketing, un challenge de taille pour se rentabiliser à cette hauteur. Or, s’il y a eu depuis Django Unchained, de toute l’histoire du cinéma un seul western avait jusqu’alors réussi pareil exploit : Danse avec les loups. Un pari fou pour le réalisateur de la trilogie originale Pirates des Caraïbes, espérant transcender le genre avec une histoire déjà très populaire à la base : celle d’un ranger et de son acolyte l’indien. Une histoire qui avait fait les belles heures de la radio des années 30 à 50, avant de connaître la gloire à la télévision de 1949 à 1957. Mais même si le film a fini sur le podium des westerns les plus prolifique avec 260 M$, l’échec fut considéré comme retentissant.

Comme le titre du film laisse supposer, on remontera aux origines du fameux justicier masqué, alors qu’il n’était que John Reid (Armie Hammer), petit avocat plein de principes moraux exacerbant et qui avait alors entièrement confiance en la justice. Mais face à la violence du criminel Butch (William Fichtner), les paroles sont veines. Incapable de l’arrêter lors de son évasion, il essayera à nouveau en compagnie des rangers du conté, mais la boucherie sera totale et son frère y perdra la vie. Sauvé par Tonto (Johnny Depp), un indien sauvage devenu un peu fou, John va accepter de faire équipe avec lui pour traquer et appréhender Butch.

Quelle terrible concurrence que la sienne ! Essayant clairement de surfer sur son propre succès, Gore Verbinski n’arrivera que partiellement à restaurer la magie et la fibre aventureuse des pirates. Bien sûr, la profusion des caraïbes, la puissance de la mer et le caractère majestueux des vagues surclasse de très loin l’ennui désertique, mais il n’y a pas que ça. Les innombrables clin d’œil semblent même être un aveu d’infériorité : on retrouve le coup du type qui essaye la robe et le parapluie, la pierre qui bouge de par le fait d’un insecte situé en dessous, et surtout Tonto, copie conforme de Jack Sparrow en chef indien dans le Coffre maudit. Pire encore, le réalisateur se retrouve écrasé par le poids de l’œuvre originale et son hommage à l’émission de radio avec le choix narratif est tout simplement désastreux, copiant là aussi des scènes entières de Pirates des Caraïbes 3. Le montage de la première partie s’en retrouve bancal et affreusement mou. Pourtant, même si l’originalité fait défaut, le réalisateur nous sert un best-of de ses meilleures idées, captivant ainsi notre attention, tenant grâce à ça jusqu’à le seconde moitié, plus riche et possédant surtout un dernier tour de force épique, l’occasion de ressortir la célèbre musique de la série télé pour un très grand moment. Un bon spectacle donc malgré quelques faiblesses scénaristiques et des personnages secondaires un peu vides (Helena Bonham Carter, Tom Wilkinson), mais l’ambition était de toute façon complètement démesurée.

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X-Men : Days of Future Past


X-Men : Days of Future Past
2014
Bryan Singer

Voilà incontestablement le film le plus attendu de la saga : cela faisait depuis 2005 que les aventures des premiers X-Men fut arrêtée, la faute à un troisième volet extrêmement cher et dont ni la rentabilité ni les retours furent satisfaisant. Pire encore, avec deux spin-off mitigés sur le pourtant génial Wolverine superbement interprété par un immense acteur, la saga aurait pu sembler au point mort, mais un préquel intitulé First Class bouscula les choses : enfin un très grand X-Men, de loin le meilleur de tous avec des acteurs exceptionnels, des effets spéciaux incroyables et un scénario pas mauvais. Et jour de gloire est arrivé. Bryan Singer, responsable des sympathiques premiers films, arrive avec un film improbable à l’idée alléchante : une suite alternative à First Class basée sur un voyage temporel depuis un futur cataclysmique, l’occasion de retrouver une bonne partie du casting original.

Annoncées depuis la fin de Wolverine Origins, les sentinelles sont là. On pensait la guerre entre mutants et humains finie, mais elle ne faisait que commencer. Depuis quelques années, l’héritage de Bolivar Trask (Peter Dinklage) a été lâché sur le monde : les sentinelles. Machines de mort programmées pour tuer tout mutant sur cette Terre, elles sont pour ainsi dire invincibles, étant capables de s’adapter aux pouvoirs de son ennemi. La fin de leur espèce est inévitable, mais un dernier espoir persiste : Kitty Pride (Ellen Page) a acquis le pouvoir d’envoyer la conscience d’une personne dans le passé. Si quelqu’un pouvait retourner en 1970 empêcher Raven / Mystique (Jennifer Lawrence) de tuer Trask et donner un motif de mettre à exécution son plan, il n’y aurait jamais eu de sentinelles. Parfait candidat au voyage, Logan (Hugh Jackman) va avoir la lourde tâche de sauver le monde alors même que ceux dont dépend la réussite de sa mission sont à une sombre période de leurs vies.

Petite pirouette scénaristique : Kitty n’est pas devenue une voyageuse du temps pour elle-même mais envoi les autres à sa place en envoyant leurs esprits dans leurs corps passés. Après tout pourquoi pas, l’idée marche plutôt pas mal. Dans un contexte de mort imminente avec la menace des sentinelles, cette idée de départ est franchement efficace, mais la suite ne sera pas très originale ni surprenante. Mais c’est au moins globalement cohérent et fidèle à l’histoire du comics (vive le clin d’œil de vif-argent (Evan Peters) sur l’ami de sa mère qui a le même pouvoir qu’une certaine personne), même si on pourra toujours émettre quelques réserves sur l’intérêt réel (autre que graphique) du déplacement de stade, la logique suicidaire du combat final dans le futur, ou encore sur les métamorphoses de Mystique qui changent aussi ses vêtements. Une histoire loin d’être parfaite, mais dans l’ensemble plutôt solide. Et puis pouvoir revoir le professeur Xavier (Patrick Stewart / James McAvoy), Magneto (Ian McKellen / Michael Fassbender), le Fauve (Nicholas Hoult), avec des cameo de Malicia (Anna Paquin), Iceberg (Shawn Ashmore), Tornade (Halle Berry), Jean Grey (Famke Janssen), Cyclope (James Marsden), ou même Omar Sy le nouveau Bishop, c’est classe. Côté effet spéciaux, le spectacle est à peu près assuré avec la dantesque prise de maison blanche avec en parallèle le combat dans le futur, même si on aurait pu espérer plus fort. La plus grosse partie du film consiste en une traque de Trask avec une remise à niveau pour Charles Xavier, donc rien d’épique. Et puis l’affrontement contre les sentinelles est largement trop déséquilibré tant la menace ne donne que l’extermination en perspective. De plus, même si leur look est parfait, il reste bien trop proche du gardien de Thor pour que la ressemblance paraisse anodine. Mais pas de souci, le film est très bon, dans la droite lignée de X-Men : Le Commencement, et la suite promet beaucoup. Apocalypse, prévu pour mai 2016, se base tout simplement sur le meilleur arc du comics, et avec des résultats au box-office sans doutes excellents permettant de maintenir un budget colossal, l’avenir de la saga semble radieux.

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