La Légende d’Hercule

La Légende d’Hercule
2014
Renny Harlin

Grand mythe de l’Olympe de l’ancien temps de la suprématie grecque, la légende sur le demi-dieu Hercule a largement inspiré le cinéma de tous temps, et beaucoup ont en mémoire le très oubliable Hercule de Disney, massacrant l’histoire originale tant au point historique qu’artistique, même si on le remerciera pour quelques grandes envolées dans la saga vidéo-ludique Kingdom Hearts. Dans une bataille de super-production hollywoodienne (l’un plus que l’autre), la légende va par deux fois renaître au cinéma cette année, et ce héros de l’antiquité va une fois de plus prendre cher…

Hercule qu’est-ce que c’est ? Un demi-dieu fils de Zeus qui accompli douze travaux pour gagner sa place à l’Olympe malgré l’acharnement de Junon pour mettre un terme à sa quête ? Pas ici non. Certes progéniture bâtarde du Dieu suprême, Alcid (Kellan Lutz) est ici le fils illégitime d’un roi régent dont le frère souhaitait le voir disparaître, convoitant sa chère et tendre pour s’asseoir à ses côtés sur le trône. Prétextant une guerre en Egypte, son père d’adoption va alors l’envoyer mourir dans un guet-apens, mais il en ressortira vivant, se faisant passé pour un soldat prêt à être vendu comme esclave. Pour retrouver son amour et reconquérir le royaume de Grèce, il tentera de gagner sa liberté en tant que Hercule, esclave mais fier combattant invaincu.

Sans être un expert du sujet, il est assez aisé de remarquer ce torchage en règle que nous livre ce film sur à peu près tous les points. Bon déjà l’histoire, qui en plus de ne rien respecter du mythe, nous assomme de par sa bêtise, son incohérence et sa mollesse. En découle alors un autre problème : les acteurs. Composé exclusivement d’acteurs ratés, le film se paye en plus le luxe d’afficher l’un des castings les plus ridicule au monde. Que les acteurs soient mauvais, c’est une chose, mais prendre un héros avec une telle tête de con, c’est juste pas possible. Et si seulement il n’y avait que ça… Pourtant doté d’un budget confortable de 70 M$ (300, dont ce film s’inspire outrageusement, avait fait très fort avec un budget légèrement inférieur), le film est tout simplement laid. Les rares effets spéciaux comme le lion sont improbables tant ils ont des décennies de retard technologique, les décors ne sont pas crédibles un seul instant, et les combats sont minables, plombés par des effets de ralenti immondes. Bah finalement la version de Disney était exceptionnelle tout compte fait.

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Avril 2014

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Paranormal Activity : The Marked Ones

Paranormal Activity : The Marked Ones
2014
Christopher Landon

Après quatre épisodes plus ou moins connectés, la saga Paranormal Activity connait son premier spin-off (même si une version japonaise a vu le jour) : une version mexicaine, bien que les responsables du film soient globalement les mêmes. Malgré le fait que le quatrième volet fut le meilleur de toute la franchise, le souffle commençait à retomber et rien de bien surprenant que de constater que ce nouvel opus des plus dispensables marque une nouvelle forte baisse au niveau recettes.

La possession sera encore et toujours au cœur de l’intrigue, reprenant la marque du cercle dans le triangle comme symbole de sorcellerie diabolique. Cette fois-ci, le mauvais œil s’abattra sur une famille américaine d’immigrés hispaniques, et plus particulièrement sur le fils. Un peu trop curieux de savoir ce qu’il se passait chez sa voisine d’en dessous, suspectée d’être une terrible sorcière sataniste, lui, sa sœur et son meilleur pote vont découvrir de sombres vérités sur un monde dont ils ne soupçonnaient même pas l’existence.

Pour une fois le concept change un peu : fini les caméras positionnées dans la maison avec de temps à autre l’un des habitants jouant avec une portative, passant ici au found-footing classique où les personnages principaux filment tout ce qu’ils voient. Bonne ou mauvaise idée ? Très très mauvaise idée : dans l’opération le film perd tout ce qui faisait l’originalité et la force de ses aînés, et on sent que le film lorgne méchamment du côté de Chronicle. On retrouve une bonne partie de l’esprit d’origine avec les longs plans dont la musique se faisant de plus en plus oppressante, pour au final tenter de nous faire une grosse frayeur, ou au contraire jouer sur nos attentes en ne faisant rien du tout. Mais le résultat n’est cette fois-ci pas très probant, pour ne pas dire ennuyeux : la peur ne se fera pas une seule fois sentir faute de surprise véritablement neuve. Le final tentera vainement de justifier l’appartenance du film à la saga, mais le niveau est bien loin du modèle et l’opportunisme est flagrant. Que de temps perdu en attendant le cinquième volet…

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Cold Blood

Cold Blood
2013
Stefan Ruzowitzky

Sorti directement en DVD de par chez nous – bien qu’il ne soit pas tellement sorti ailleurs, ne dépassant jamais la dizaine de salles pour un cumul inférieur à 2 M$ sur un ensemble de ses 17 territoires -, le film possède pourtant un casting cinq étoiles et une histoire assez intéressante. Oui mais voilà, il s’agit typiquement du genre de film qu’on est persuadé d’avoir déjà vu tant il ressemble à s’y méprendre à tant d’autres.

Au programme, du Bonnie & Clyde en mode frère et sœur : Liza (Olivia Wilde) et Addison (Eric Bana) ressortaient tout juste d’un glorieux braquage de casino, quand surgit un cerf sur la route, aboutissant à une terrible collision et à une voiture dans le fossé. Si proche de la frontière canadienne, mais malheureusement ils devront terminer le chemin à pied dans un blizzard des plus tenaces, elle par la route en stop, et lui à travers la glaciale forêt, étant recherché. Pendant ce temps là, Jay (Charlie Hunnam) ressortait tout juste de prison pour une affaire de match de boxe truqué. En route pour retrouver ses parents dans leur ville frontalière, il prendra avec lui une pauvre femme égarée transie de froid : Liza. Un choix dont il ne mesurait pas toute la dangerosité.

La structure du film est franchement prenante : on suit d’un côté le meurtrier Addison, tantôt inquiétant, tantôt amusant, tentant de survivre dans des conditions climatiques éprouvantes, d’un autre l’aventure ambiguë de sa sœur qui profite honteusement d’un bagnard en manque (mais ce dernier est assez sympathique), et enfin un point de vu logique mais bien amené, celui de la police, vu par les yeux de Kate Mara. Chacun des trois arcs évolue en parallèle possède son lot de suspense, mais surtout de tension car pour chacun la pression est forte et on sent que la situation pourrait dégénérer à tout instant. Une ambiance délicate mais très prenante, portée par des personnages fort et bien interprétés, et tirant habilement parti du terrain, et pas qu’au niveau du climat. Par contre, si la fin est un modèle d’angoisse et de stresse intense, on regrettera l’arrivée brutale du générique : on aurait aimer une dernière scène de conclusion pour au moins éclaircir le devenir de certains personnages. Vient alors le principal problème du film : son degré d’originalité. Oui, son scénario est bien ficelé et l’intérêt n’en démord pas du début à la fin, mais une impression de déjà-vu nous tiendra de bout en bout, nous faisant ainsi émettre quelques réserves. Mais après tout, cela n’enlève rien aux qualités du film.

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Zulu

Zulu
2013
Jérôme Salle

Les Zoulou (ou Zulu en anglais) désigne un peuple noir d’Afrique du Sud, celui là même qui a le plus souffert de l’apartheid à l’époque de Mandela le terroriste, mais même aujourd’hui les différences de couleurs sont souvent synonymes d’immenses disparités sociales, aboutissant à des conflits parfois très violents. Le réalisateur de la saga Largo Winch nous propose donc un petit séjour dans ces terres si dangereuses.

Chef de police à Capetown, Ali Sokhela (Forest Whitaker) a parcouru beaucoup de chemin depuis son enfance où il avait vu son père tué par les siens sous ses yeux, avant de se voir obligé de fuir ses terres. Mais ses rancœurs passées vont resurgir avec une affaire de meurtre, le mettant lui et son collègue Brian (Orlando Bloom) sur les traces d’une nouvelle drogue venant de débarquer sur le marché : le Tic. Capable à haute dose de rendre les consommateurs dangereusement agressifs, elle pourrait bien avoir des origines des plus sombres.

Compte tenu de ses précédentes productions, il n’est pas étonnant de voir le réalisateur acter à nouveau pour une crise plus ou moins politique avec en vedette des personnages plutôt tortueux. Ainsi, on suivra deux hommes démolis, l’un sentimentalement, l’autre physiquement, et qui essayent de faire face d’un point de vue professionnel. Un film policier relativement classique dans le fond, moins sur la forme. En effet, le film fait preuve d’une rare violence, n’hésitant pas à se montrer très graphique, à la limite du gore, et massacrant des personnages clefs avec une gratuité incroyable (on croirait du Breaking Bad). Malheureusement l’action ne se montre pas à la hauteur de la violence de l’histoire, et il faudra attendre la toute fin pour obtenir une réponse à sa mesure, et encore. L’enquête met beaucoup de temps à s’installer, et vu l’alcoolo blasé qui nous sert de héros, le démarrage est assez poussif. Ensuite, l’intrigue n’évoluera que trop peu et la partie investigation est plus bourrue que réfléchie, un fait entrant en contradiction avec le rythme du film, loin d’être suffisamment dynamique. Les amateurs de polars ou de films noirs seront ravis, les autres risquent de ne pas adhérer au style lugubre et de penser que cela ne dessert pas cette histoire faiblarde.

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La Vie rêvée de Walter Mitty

La Vie rêvée de Walter Mitty
2014
Ben Stiller

Souvenez-vous, c’était le 17 septembre dernier. Face au potentiel infini que représentent les rêves, et avec une bande-annonce qui laissait entendre une belle aventure onirique, mes pronostiques s’étaient un peu emballés, et le bilan fut très loin de mes espérances (188 M$ réels contre 440 M$ estimés). Et effectivement, le résultat va s’avérer très en dessous de ce qu’on pouvait attendre d’une telle idée avec autant de moyens.

Remake d’une comédie de 1947, le film nous emmène dans un voyage au cœur de l’esprit de Walter Mitty (Ben Stiller), vieux garçon qui n’a malencontreusement jamais rien fait de sa vie. Désespérément seul, il n’a guère que son imagination pour espérer échapper à son triste quotidien, d’autant que même ce dernier devient incertain : le magazine de photographie où il travaillait a été racheté et pourrait disparaître sous peu. Et cela voudrait aussi dire adieu à sa belle collègue de travaille Cheryl (Kristen Wiig) qu’il n’a jamais osé aborder. Mais sa vie va prendre un tournant avec le dernier numéro papier du magazine : leur célèbre photographe Sean O’Connell (Sean Penn) a expressément demander d’utiliser sa photo numéro 25 pour la couverture du magazine, mais cette dernière a disparue. Le problème, c’est que Sean est aussi populaire que mystérieux, et personne ne sait où le trouver. Dans une aventure qui le mènera aux quatre coins du globe, Walter va tenter de retrouver la trace de cette mystérieuse photo n°25.

Le ciel s’ouvre, laissant entrevoir dans un halo de lumière la silhouette d’une femme. La brume se disperse, les formes se précisent : il s’agit d’une proue à l’effigie d’une sirène. Stupéfiant des milliers de spectateurs incrédules, un immense voilier de l’ancien temps déchira le ciel, vide, ou presque. Se tenant à la barre, un homme fier, le regard précis, transcendé par l’esprit d’aventure. Voilà le genre de symbole fort que la technique d’aujourd’hui pourrait permettre. Au lieu de ça, le film joue encore plus les petits bras que le déjà frileux Inception, heureusement plus accompli sur certains points scénaristiques. On devra se contenter de rêves sans envergures, sauf peut-être la bataille dans les rues de New-York, mais le point de départ étant hautement débile, le spectacle s’en retrouve alourdi. Une imagination franchement décevante qui n’arrive presque jamais à nous emporter, et il faudra déjà attendre près de la moitié du film pour qu’une once d’aventure pointe le bout de son nez. On reste malgré tout happé, pas par le jeu de piste minimaliste, mais par le mystérieux photographe qui intrigue, et puis après tout certains paysages valent le détour. Les principaux tournants de l’histoire sont aussi facile que l’humour, mais par rapport à tout ce qui a précédé, la fin est plutôt bonne. Un film qui en restera aux intentions, très sympathique mais oh combien décevant compte tenu du potentiel.

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47 Ronin

47 Ronin
2014
Carl Erik Rinsch

Reprenant la légende la plus populaire et importante du Japon, le film se voulait comme celui qui la ferait découvrir au monde entier, après des dizaines d’adaptations locales. Plus ambitieux film de samouraï de toute l’histoire, le projet a néanmoins connu un développement compliqué voir chaotique. Un début de tournage en japonais puis recommencé en anglais, une 3D qui s’est rajoutée en cours de route avec une post-prod horrible pour les premières scènes, un montage décevant pour au final retourner toute la seconde moitié du film. Bilan : deux ans pour finir le film, une sortie repoussée à deux reprises et un budget initial presque triplé pour atteindre 175 M$ à l’arrivée.

Reprenant la plus célèbre histoire japonaise de tous les temps, le film nous conte une version fantastique de l’épopée des 47 Ronin. L’histoire se déroula du temps du Japon féodal en 1701 alors qu’un grand maître Shogun ordonna la mise à mort d’un seigneur qui tenta de tuer un autre seigneur. Mort selon le rituel sacrifice du suicide samouraï, son honneur aura été sauf, mais pas celui de ses sbires, condamnés au pire sort possible : devenir des Ronin (des samouraï déchus promis à l’exil). Une situation d’autant plus insupportable que tout cela n’est qu’une odieuse machination, fruit d’une sorcière. Même si cela veut dire être condamné à mort, les 47 Ronin vont choisir la voie de la vengeance.

Les japonais sont des fous… Voici une histoire qui fait l’apologie du meurtre, de la vengeance, et surtout du suicide. La fin nous laisse sur le cul tant on a du mal à y croire. Et c’est là leur légende suprême ? Le pire, c’est que ce que le film a de mieux à proposer, à savoir les créatures fantastiques et Keanu Reeves, sont des inventions propres au film. Et même en l’état l’histoire ne vaut pas mieux qu’un Mulan. Au moins, les difficultés de tournage ne se ressentent pas du tout, sauf peut-être au niveau du budget. 175 M$ pour deux créatures fantastiques et quelques effets pyrotechniques, c’est malheureux, même si la réalisation est propre et les décors réalistes. Une addition d’autant plus salée que les recettes furent médiocres : 150 M$ dans le monde, notamment à cause d’un rejet massif au Japon, sans doute peu enclin à voir son histoire fétiche dénaturée par un côté fantastique, même si l’exclusivité nationale pour les acteurs (à l’exception de Keanu) aurait dû peser dans la balance. Il est vrai que le film n’est pas à la hauteur de l’événement : les combats ne sont pas si impressionnants, le caractère fantastique pas assez exploité, et le milieu connaît une période de flottement un peu longuette, sans parler de sa fin très discutable. Bon après, on ne se plante jamais vraiment avec Néo tâtant des démons avec son épée, mais la débauche de moyens ne paye pas tellement.

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Belle et Sébastien

Belle et Sébastien
2013
Nicolas Vanier

Plus personne ne s’en rappel vraiment et beaucoup connaissent sans jamais avoir vu. Datant de 1965, la série dont s’inspire ce film est pourtant bien ancré dans l’imaginaire collectif, la preuve en est avec les quasi 3 millions de spectateurs que le film a rassemblé. À la barre du projet, Nicolas Vanier, pourtant plus habitué aux documentaires.

La Nouvelle Guerre des boutons / Belle et Sébastien, même combat : une aventure contemporaine des années 60 transposée durant la seconde Guerre Mondiale. Ainsi, dans un contexte d’extrême tension où les allemands guettent tout signe de tentative de passage des Alpes pour se réfugier en Suisse, un petit village rural tente de survivre tant bien que mal, d’autant plus que leurs troupeaux de moutons sont régulièrement décimés par une bête sauvage, supposément un chien qui s’était enfuit il y a quelques temps suite à la maltraitance de son maître (fait « amusant », il s’agit du Sébastien de la série originale). Mais pour Sébastien, petit garçon du village recueilli par César (Tchéky Karyo), le chien ne peut en être responsable, ayant constaté sa bienveillance. Persuadé de la nature profondément bonne de l’animal, il va tenter de l’apprivoiser et de s’en faire un ami.

Pas une fois, pas un seul instant l’idée de transposer une histoire au cœur de la seconde Guerre Mondiale ne fut une bonne idée. Écrasée par le « devoir historique » et des mentalités forcément fermées et stupides, l’histoire censée être principale du film s’en retrouve fortement amoindrie et d’un point de vu psychologique le film perd tout intérêt, les personnages se transformant en bon petits soldats de propagande. C’est triste… Mais de toutes façons, l’histoire en elle même est largement faiblarde, et se résume en deux points : un garçon et son chien « sauvage », et le combat de la résistance. On pouvait presque croire en un soupçon d’originalité avec le nazi repentant, mais le film n’assumera pas son idée jusqu’au bout. Qui a t-il alors à sauver de ce film ? Une belle histoire entre un garçon et son chien ? Non, Sébastien est un demeuré insupportable. Mais oui, le chien est très beau et attendrissant, bien que reflétant très fort la bêtise humaine. Pas non plus de bons acteurs, tout juste se consolera t-on avec des musiques mignonnes, bien qu’encore une fois très pauvres au niveau intellectuel. Un seul point du film est indiscutable : l’excellence de sa réalisation, nous régalant de plans aériens de paysages montagnards. Décemment trop peu pour nous happer, ou tout du moins atteindre le public adulte.

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La Reine des neiges


La Reine des neiges
2013
Chris Buck, Jennifer Lee

Considéré comme l’un des, si ce n’est le, meilleur film Disney, Raiponce avait connu un énorme succès, mais avait surtout était – et est encore aujourd’hui – le plus gros budget de l’histoire pour un film d’animation (260 M$), et la firme avait alors annoncé arrêter de faire des contes de fée. C’est donc tout naturellement que les revoilà avec une adaptation du conte éponyme de Anderson avec encore des princesses et des châteaux… Mais quand le film affiche déjà 1,13 milliard de dollars dans le monde (et il finira probablement bien plus haut encore grâce au Japon où il n’a jamais faibli depuis ses six semaines de diffusion), pulvérisant tous les records pour un film d’animation et étant même le troisième plus gros succès de l’histoire pour un film original, difficile de leur donner tord.

Depuis une dizaine d’années, le paisible royaume d’Arendelle a bien changé : la lignée royale n’est plus ce qu’elle était. Don magnifique durant ses jeunes années, le pouvoir de la princesse Elsa est vite devenu un fardeau insurmontable. Capable de déchaîner des tempêtes de glace par la simple force de son esprit, elle blessa malencontreusement sa sœur Anna quand elles étaient petites et s’était alors murée dans sa chambre. Et depuis la mort de leurs parents, le château est devenu une tombe. Puis l’inévitable arriva : l’accession au trône d’Elsa, un moment qu’elle redoutait depuis longtemps. Incapable de contenir son pouvoir, elle craqua en public et devint aux yeux de tous un monstre coupable de sorcellerie, l’amenant à fuir et se réfugier dans une forteresse de glace, mais laissant derrière elle une ville piégée dans un froid terrible. Souhaitant sauver la ville et sa sœur, Anna va alors partir à sa recherche.

Bon, on ne va pas se mentir, l’histoire est une déception, au début tout moins. Un pouvoir pas vraiment expliqué, des parents qui partent brutalement (passage bâclé ?), des fils trop gros : on accumule énormément de clichés rappelant l’époque de La Belle et la Bête et autre Pocahontas, voir Anastasia pour certaines chansons même si ça n’est pas un Disney. Finalement la dernière partie rattrapera un peu le coup avec quelques surprises et enjeux, mais globalement l’originalité n’est pas tellement au programme. Et il faut bien dire que l’histoire n’est pas vraiment aidée par les chansons, qui marquent leur grand retour ici (pour mon plus grand malheur). En effet, les textes sont franchement minimalistes et gnangnan, pour ne pas dire débiles. En revanche, certaines prestations sont plutôt bonnes, surtout en VO où la chanteuse doublant Elsa est formidable. Un bon point pour la musique donc, douce et agréable, voir mémorable pour « Let it go ». Côté graphismes, c’est beau, la technique devenant de plus en plus bluffante, mais mise à part Elsa en mode « reine des neiges », l’inspiration est en berne : le design est décevant, très loin de la poésie et des explosions de couleurs de Raiponce. Quitte à comparer jusqu’au bout, on notera aussi un humour très loin de son prédécesseur, seul le renne valant le détour, et Olaf, le bonhomme de neige, étant un quasi ratage. Un succès complètement démesuré en somme, le film étant malgré tout un bon Disney, mais qui n’arrive que trop rarement à nous faire oublier son classicisme.

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Philomena

Philomena
2014
Stephen Frears

Joli succès surprise qui vient tout juste de franchir la barre symbolique des 100 M$ dans le monde, le film a connu des critiques dithyrambiques et a vu son scénario salué de nombreuses fois lors des festivals, bien qu’étant tiré d’une histoire vraie, déméritant ainsi quelque peu. Réalisé par Stephen Frears, le film retrace la vie de Philomena (Judi Dench), une irlandaise qui a aujourd’hui près de 75 ans, et qui a payé cher une erreur de jeunesse. Adolescente, elle a commit le péché de chair et tomba enceinte, et se retrouvant reniée par sa famille, elle n’eu de choix que de se tourner vers les bonnes sœurs. Seulement voilà, après trois ans passés à s’attacher à cet enfant illégitime, il lui fut retiré, confié à une famille plus « digne ». Plus d’un demi siècle plus tard, ayant perdu tout espoir de revoir son fils, elle accepte l’aide d’un journaliste (Steve Coogan). De sordides histoires vont alors resurgir.

Une enquête journalistique à la recherche du fils disparu, voilà un thème plutôt intéressant, surtout quand on sait que ce dernier a été arraché des mains de sa mère par des bonnes sœurs machiavéliques. On est directement happé par le récit passé de cet acte horrifique et on se prend d’empathie pour cette pauvre mère, malgré quelques réactions surprenantes et décevantes sur la fin. Elle forme un duo attendrissant avec son bienfaiteur le journaliste et on assiste à une rencontre au sommet entre deux excellents acteurs. Cette aventure nous mènera sur des pistes assez énormes questionnant le sens de la vie de façon intelligente, et les dialogues font agréablement écho au ressenti du spectateur.  Bien sûr, nombre de points entourant le mystère du fils décevront et le conte de fée est très loin, mais ça reste une belle histoire attachante formidablement traitée.

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