Supercondriaque

Supercondriaque
2014
Dany Boon

Le grand record-man français du box-office est de retour pour sa quatrième réalisation, mettant fin à ses deux échecs consécutifs en tant qu’acteur,  le film devant effectivement démarrer à peu près 2,2 millions d’entrées en première semaine, soit un score similaire à son dernier en date, Rien à déclarer, qui avait fini avec plus de huit millions d’entrées. Après un achat immobilier chaotique, des postiers nordiques et des douaniers alsaciens, notre Dumbo national s’en vient nous conter à propos d’un mal terrible : l’hypocondrie, une maladie psychiatrique qui consiste en une auto-médication préventive et intensive pour la protection contre les microbes. Une phobie pathologique.

Particulièrement atteint par ce mal qui va bien au delà de la simple hygiéno-dépendance, Romain Faubert (Dany Boon) en devient carrément asocial, à tel point que son seul « ami » n’est autre que son médecin traitant, Dimitri (Kad Merad), mais sa patience a des limites. Poussé par sa femme (Judith El Zein) qui ne supporte plus de voir ce boulet collé à leurs basques, il va essayer de soigner son mal en comblant le vide affectif qui le mine, mais l’entreprise sera compliqué… C’est alors, au détour d’une visite d’un camp de turkmaniens, que Romain va faire la rencontre d’Anna (Alice Pol). Il va immédiatement tomber sous son charme, mais pour une belle réciprocité,  il va se faire passer pour quelqu’un d’autre…

Le bougre commence fort, très fort. Particulièrement épique, la scène d’intro donne le ton pour un délire sans limites, donnant presque dans le gag spectaculaire, marque de fabrique du film. On jubile immédiatement de cet hystérique en puissance aux réactions tellement disproportionnées que les rires s’enchaînent. Quelques facilités, mais globalement le thème sonne novateur et se montre d’une efficacité désopilante. Un petit Jonathan Cohen en pote impayable, un rendez-vous magique avec Valérie Bonneton surprenant et complètement surréaliste : le spectateur est comblé. Puis s’en vient l’histoire des turkmaniens, qui sonne au début comme un truc humanitaire chiant et bien pensant. Mais c’est sans compter sur la folie et le talent de Dany Boon, qui signe ici ses débuts de grand acteur, carrément bluffant par moments et d’une rare justesse, donnant ainsi ses lettres de noblesse à une histoire plutôt couillue et finalement bien pensée. Une comédie d’une puissance comique rare, drôle de bout en bout grâce à son sujet sympathique et bien développé, et formidablement portée par son acteur et réalisateur Dany Boon qui fait des prouesses qui méritent d’être saluées. De très loin son meilleur film.

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Au bonheur des ogres

Au bonheur des ogres
2013
Nicolas Bary

Ce jour était inévitable, donc voici le moment de rendre des comptes… Vous vous en souvenez peut-être, éblouit par une bande-annonce qui sentait bon la comédie intelligente et qui semblait lorgner sur un je ne sait quoi de fantastique voir SF, j’avais fièrement annoncé un score fleuve pour ce film dans mes pronostiques : pas moins de 1,6 millions d’entrées, allons-y franchement ! Loin d’avoir encensé les critiques comme prévu, le film a carrément bidé avec seulement 159 216 entrées, soit le dixième de son budget. Mais d’où vient la différence ?

Adaptation du premier tome de la saga littéraire sur la famille Malaussène de Daniel Pennac (ce qui laissait donc entendre qu’il devait y avoir plusieurs suites en cas de succès), le film se centre sur l’aîné de la famille, Benjamin Malaussène (Raphaël Personnaz). Il n’y a que lui pour prendre soin de ses cinq frères et sœurs (dont Mélanie Bernier), leur mère ayant abandonné son foyer, et c’est ainsi qu’il a accepté un job pour le moins particulier : il est bouc émissaire. En effet, son travail consiste à en prendre plein la gueule dès qu’un client mécontent se manifeste, permettant ainsi à son employeur (Guillaume de Tonquédec) de rejeter la faute sur lui. Un mal pour un bien, jusqu’au jour où une attaque à la bombe le désigna comme suspect principal. Sa seule chance de salut repose sur Julia (Bérénice Bejo), une journaliste qui enquête sur l’affaire.

Il y a tellement de mauvais films en France, comme partout ailleurs mais sans les fulgurances, qu’on cherche le chef d’œuvre là où il n’y en a pas, comme ici avec un Marius et une Artist qu’on espérait parfaits, servis par une histoire inspirée. Mais au final le film est assez bancal, n’assumant presque rien. Son ambiance surréaliste n’est pas assez décalée et manque surtout de continuité, et l’aspect futuriste revient comme un cheveux sur la soupe de manière disparate, sans jamais réussir à apporter une touche scientifique pour rendre le tout cohérent. L’histoire est elle aussi peu assumée : l’idée du bouc émissaire met du temps à pleinement se dévoiler pour pas grand chose, et l’enquête sur les bombes est allègrement superficielle. Même constat pour la famille, effacée, comme pour la romance, esquissée. La base était particulièrement solide entre de bonnes idées et un excellent casting, évitant ainsi un naufrage total, mais impossible de cacher sa déception face à ce divertissement tout juste honnête alors qu’il y avait tant à faire.

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Devine qui vient dîner…

Devine qui vient dîner…
1967
Stanley Kramer

À l’époque 35° plus gros succès de l’histoire en terme de nombre d’entrées, le film avait marqué les esprits de bien des manières. Si certains s’en souviendront comme du dernier mettant en scène Spencer Tracy, mort seulement quelques jours après le tournage, il fut surtout un film engagé sur le droit des personnes de couleurs, mettant le peuple face à une hantise pour bien des familles : le mariage mixte. Impensable à l’époque alors que le tiers des états interdisaient purement et simplement l’union des deux « espèces », le film eu l’effet d’une bombe et fut l’objet de nombreuses manifestations, suscitant la colère des intégristes et l’admiration des autres. Bien sûr, à l’heure où la mixité n’est qu’affaire de choix, de même que la préférence sexuelle, le film ne peut être jugé que sur ses qualités propres et non sur son contexte historique.

Le film se présente sous forme de huis clos théâtrale, alors que la jeune Joey ramène à ses parents (Spencer Tracy et Katharine Hepburn) son tout récent compagnon avec qui elle se voit déjà marié et pourquoi pas, le rejoindre à son travail prochain à Genève. Mais seulement voilà, elle la jolie blanche de bonne famille, son cher John (Sydney Poitier, qu’on a d’ailleurs vu aux Oscars cette année), certes médecin prestigieux, a le plus gros défaut du monde : il est noir ! Le dîné s’annonce des plus compliqués, d’autant que les parents de John seront eux aussi de la partie, et l’improbabilité de leur couple ne leur échappera pas non plus.

Oh mon dieu mais vous êtes noir ! Monsieur, je doit vous parler. Chérie, allons manger une glace. Mais, mon curé ? Quoi, ainsi tu pars toi aussi demain ? Mais alors ? Catastrophe, mes parents débarquent ! Chouette ! Nous voilà donc en direct de « Amour, gloire et beauté », du soap opéra ultra cliché et complètement parodique, ne faisant jamais dans la demie-mesure et lorgnant chaudement sur les coups de théâtre tonitruants. C’est drôle par moments, mais cela renforce surtout un décalage temporel pesant. L’histoire n’a plus la même saveur et le résultat est plus grotesque qu’autre chose. Et malgré deux nominations aux Oscars dont une victoire pour la catégorie meilleure actrice, on ne peut vraiment pas dire que le talent des acteurs rattrape un peu ce bilan, leurs rôles étant des caricatures ambulantes. Heureusement, c’est bien rythmé et cocasse, évitant ainsi l’ennui, mais l’intérêt n’est plus ce qu’il était.

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Ce que je sais d’elle… d’un simple regard

Ce que je sais d’elle… d’un simple regard
2000
Rodrigo Garcia

Certaines personnes aiment à croire que les choses n’arrivent pas par hasard, que tout est voulu et a un but dans la vie. C’est ainsi que naissent bon nombre de films se complaisant à raconter de multiplient histoires toutes liées entre elles, et où chaque action de l’une entraîne des répercutions sur l’ensemble des autres. Ici, en plus du fait que chacune des sept femmes qui composent l’histoire (incluant Glenn Close et Cameron Diaz) se connaissent par amis interposés, chacun des cinq arcs narratifs gravite autour de l’amour. Et comme tout le monde à le droit de prétendre au bonheur, on retrouvera une vieille, une femme d’affaire, un nain, des lesbiennes et même une aveugle.

Rodrigo Garcia est-il l’homme le plus laid du monde ? Le premier constat du film est le fossé qu’il y a entre prétendants et prétendantes : si la plupart des femmes sont mignonnes, les hommes du film sont tout sauf des apollons. Une grande asperge au nez à rallonge, un afro-américain libidineux à la moustache ridicule, un nain particulièrement trapu, et un vieux docteur bouboule tout dégarni. Alors déjà les faire passer pour des tombeurs nuit gravement à la cohérence du film, mais on est en droit de se demander pourquoi ? Un pari perdu ? Un message d’espoir pour les célibataires (regardez, même eux peuvent tomber de jolies femmes !) ? Mais mine de rien on tient là la principale qualité du film : les romances sont tellement improbables qu’on en rit. Sauf pour deux d’entre elles : la vieille femme et les lesbiennes, deux histoires inutiles et passablement ennuyeuses. Il y a bien quelques fulgurances (l’actrice qui joue la femme d’affaire est excellente) mais globalement le manque de rythme achève ces histoires pas bien passionnantes. Difficile de savoir quelles étaient les intentions premières, mais c’est visiblement raté, et pas qu’à moitié.

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Love & Secrets

Love & Secrets
2010
Andrew Jarecki

Des faits sordides, il y en a eu plein, mais il faut bien dire que celui-ci y occupe une belle place. Schizophrène avéré ayant été suspecté d’un triple homicide, l’histoire qui entoure le sombre personnage de Robert Durst reste aujourd’hui encore un mystère. Le film, qui s’inspire de cette histoire vraie, va tenter d’apporter sa vision de l’affaire.

Cette histoire démarra en janvier 1970, en compagnie de David Marks (cf Robert Durst, interprété par Ryan Gosling), fils d’un important et richissime entrepreneur immobilier (Frank Langella). C’est à cette période là qu’il rencontra la belle Katie (Kirsten Dunst). Pas vraiment de sa caste, il va néanmoins imposer son amour aux siens en se mariant avec elle. Pour elle, il ira même jusqu’à travailler avec son père dans le seul but de pouvoir lui offrir tout ce qu’elle peut souhaiter. Un amour idyllique ? Oh non ! Derrière cette apparente bonté se cache en réalité un fou d’une violence inouïe…

Le film démarre sous des airs de romance dramatique classique et insipide à la Blue Valentine, même si on évite le piège dépressif, aussi appelé syndrome de Krabat (j’invite d’ailleurs tout le monde à voir ou revoir ce paroxysme allemand du « j’ai trop envie de me suicider après avoir vu le film », véritable référence inégalable en matière de désespoir). Puis très lentement, après qu’une bonne moitié de film se soit écoulée, la dangerosité de l’homme commence à réellement se faire sentir, après quelques péripéties relativement ennuyeuses, heureusement relativisées par des acteurs de qualité. On rentre ensuite enfin dans la spirale de la folie, là où la fiction dépasse la réalité (dans le sens où la vérité n’a pas encore été percée). Du suspense, une montée en puissance du caractère psychédélique du film : on repart sur des rails aussi angoissants qu’intéressants. Malheureusement, rester sur un meurtre impardonnable pourtant impuni (celui du magnifique Husky) laisse un arrière goût désagréable, et le bilan est mitigé entre le développement trop lent et la conclusion en demi-tente.

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Février 2014

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Du Plomb dans la tête

Du Plomb dans la tête
2013
Walter Hill

Les temps sont durs pour les actionners des années 80 : après le terrible bide du Dernier Rempart, l’année 2013 aura aussi vu l’homme fort et tête pensante des Expendables se rétamer plus violemment encore : avec moins de 20 M$ dans le monde pour un budget de 55 M$, l’échec est retentissant. Y a t-il trop de violence ou bien est-ce un genre passé de mode ? Pourtant, les fans de la première heure se régaleront.

Quand on est une grosse frappe pour un réseau mafieux, les sales coups sont légions, mais ce jour là le bilan fut particulièrement indigeste pour Jimmy Bobo (Sylvester Stallone) : après avoir rempli son contrat et être venu au point de rendez-vous, lui et son acolyte furent tombé sur Keegan (Jason Momoa), un autre tueur à gage, venu les supprimer. Si Jimmy Bobo s’en est sorti indemne, ça ne fut pas le cas de son partenaire, et il cri vengeance. Épaulé par un flic (Sung Kan) souhaitant mettre à mal une immense organisation de fraude immobilière malgré la corruption qui règne dans son équipe, il fera couler le sang jusqu’à ce que justice soit faite. Ça va chier.

Demolition Man le retour ! Le côté science-fiction en moins bien sûr. Et un peu moins drôle. Moins réfléchit certes. Bon c’est clairement pas un grand film mais oh, Stallone quoi ! Ce coup-ci c’est carrément sa guerre et la boucherie sera totale. Des morts gratuits en pagaille, des explosions comme on aime, et surtout cette voix magique de soldat bodybuildé invincible qui va tout raser sur son passage. L’histoire n’est évidemment pas terrible et les acteurs n’ont pas tellement l’occasion de nous prouver leur valeur (encore que le Conan de 2011 est presque sobre ici), mais face à des scènes d’actions explosives et des combats bien bourrins, on jubile comme à la grande époque. On est bien sûr très loin du niveau de folie de Expendables 2, mais en attendant le troisième volet de cette saga déjà culte, cette petite piqûre d’adrénaline fait plaisir.

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Non-Stop

Non-Stop
2014
Jaume Collet-Serra

Immense figure du film d’action depuis le succès de l’exceptionnel Taken, le comédien pourtant sexagénaire Liam Neeson reprend du service avec le réalisateur du très bon Sans Identité, lui aussi un gros film d’action reposant sur une histoire pas mauvaise. Après avoir perdu sa fille, son identité puis re sa fille avec en prime sa femme, il nous revient plus protecteur que jamais avec cette fois-ci 146 vies dans la balance.

Depuis les attentas du 11 septembre aux Etats-Unis, chaque vol est effectué avec un Marshall à bord de l’appareil, chargé de s’assurer du bon déroulement de l’opération et de la sécurité des passagers. Ce jour là au départ pour le vol New-York – Londres, l’agent Bill Marks (Liam Neeson) devait superviser le voyage, une simple formalité. Mais une fois le vol stationné, Bill reçu un message sur son réseau sécurisé pour le moins inquiétant : un passager menace de tuer une personne toute les 20 minutes si 150 M$ ne sont pas transférés sur le compte indiqué. La menace est-elle réelle ? Comment sévir impunément en pareille circonstance ? Une chose est sûre, la menace n’est pas à prendre à la légère et le temps presse.

Un huis clos dans un avion, l’un des acteurs les plus charismatiques de l’histoire, un suspense haletant autour de la menace qui pèse sur le vol, un scénario poignant et particulièrement bien ficelé, des seconds rôles qui font plaisir (Julianne Moore et Michelle Dockery), des grosses scènes musclées et une fin impressionnante : c’est ça qu’on aime ! Voilà sans contestes un futur carton de ce début d’année, qui porte très très bien son titre. C’est là que Taken avait fait la différence, c’est là que les grands films se démarquent : le rythme. Point de publicité mensongère : la course contre la montre pour la survie des passagers ne souffre aucun temps mort et c’est un régal du début à la fin. Le suspense est à son comble, la suspicion nous gagne en chaque instant et on est continuellement dans une brume épaisse quant à l’origine des messages, et la conclusion ne déçoit point non plus : l’intelligence même. Et on ne le dira jamais assez, mais Liam Neeson est définitivement un acteur prodigieux et il le prouve une nouvelle fois avec une classe ahurissante. Une nouvelle purge jubilatoire dont on aurait tort de s’en priver.

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Les Amants du Texas

Les Amants du Texas
2013
David Lowery

Un titre mystérieux, qu’on s’imagine déjà shakespearien avec des amants maudits, sur le ton rétrograde de la campagne texane, nous plongeant au cœur même de cette si riche nation qu’est l’Amérique des Etats-Unis. Un magnifique couple à la Bonny & Clyde (Rooney Mara et Casey Affleck), la tension du mari emprisonné puis en cavale après son évasion, cette petite fille qui se retrouve privée d’un père, ce policier blessé par qui tout est arrivé (Ben Foster) qui tente de séduire la jeune mère désemparée : on sent frémir la fibre nostalgique de cette époque pourtant inconnue de ce territoire pourtant inexploré. Mais qu’importe, c’est là, ça nous emporte, ça… nous laisse de marbre. Eh oui.

Le soleil brille, les oiseaux chantent, on découvre deux jeunes amoureux croquant la vie à pleines dents, gazouillant et se bécotant. Ah c’est beau, mais quand même, un quart d’heure vient de s’écouler. Un braquage improvisé et brouillon, une arrestation pas très cohérente, une vie qui continue : une nouvelle demi-heure s’est écoulée et l’histoire semble déjà figée. On s’ennui ferme, et il faudra attendre la fin pour qu’il daigne enfin se passer quelque chose, mais rien de très réjouissant. L’idée de départ aurait pu marcher, mais la réalisation ne fait pas tout. Bon déjà la VF est catastrophique, et les acteurs sont inexpressifs au possible, mais le principal problème du film vient de son rythme : tout simplement insupportable jusqu’à son dernier quart d’heure, mais c’est bien trop tard. Si le film a quelques qualités à faire valoir, cela n’est clairement pas assez pour justifier une telle perte de temps.

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Dérapages incontrôlés

Dérapages incontrôlés
2002
Roger Michell

C’est pas compliqué, si on est en retard c’est soit que l’on s’y est prit trop tard, soit qu’un imprévu est venu nous foutre dans la merde. Mais dans les deux cas, si le rendez-vous était réellement capital, on ne se pointe pas avec une marge quasi nulle ! Et pourtant… Ce jour là, Gavin Banek (Ben Affleck), important avocat d’affaire, se rendait un peu à la bourre à un procès majeur, tellement en retard qu’il n’hésita pas à forcer le passage sur la quatre voix de New-York, emboutissant la voiture d’un autre sur une balise. Lui aussi pas tellement en avance, Doyle Gipson (Samuel L. Jackson) se rendait de même au tribunal, bataillant quant à lui pour la garde de ses fils. Cette collision entre eux deux ne sera pas sans conséquences : Gavin aura perdu son dossier principal de pièces à conviction, et Doyle sera arrivé trop tard pour plaider sa cause, évincé de la vie de ses fils. Une journée qui démarre très mal, mais la suite pourrait être encore bien pire…

Dans la vie, il y a des bons films qui partent d’une bonne idée, mais seulement ici ça ressemble à un bon film, l’idée de base ressemble à un scénario sympa, mais ça n’est pas le cas. Car oui, c’est pas de bol, y’a de quoi rager et s’énerver, mais à défaut d’avoir un vrai pétage de plomb de la part des acteurs, c’est le spectateur qui finira par se lasser de ce bordel qui pourrait être résolu dans la seconde et à n’importe quel moment du film si seulement l’une de ces deux boudeuses daignait écouter le point de vue de l’autre. Mais non, chacun fait sa tête de con ! On passe volontiers outre, d’autant que le principe marche plutôt bien grâce au charisme des deux acteurs et l’impact de certains passages, mais les manques de bol étant légion, on fini par dire stop. Typiquement le genre de film qui se retrouve bloqué par son sujet : il n’ose pas aller assez loin dans la folie et se borne à enchaîner les malentendus. Le résultat reste néanmoins solide, mais difficile de cacher sa déception face à ce coup manqué.

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