Gilmore Girls

Gilmore Girls
2000 – 2007
Amy Sherman-Palladino

Il y des séries qu’on a grand plaisir à regarder, d’autres nous indiffèrent, mais certaines sans même avoir besoin d’être d’une rare qualité nous procurent une joie immense et bercent notre jeunesse. Quelque soit le niveau de la série, chacune apportait une qualité qui forge la personnalité d’une personne. Les X-Files et ses enquêtes parfois terrifiantes remettaient en question les principes même de la vie et de la mort et attisaient notre curiosité sur les mystères de l’univers. Drôle de frère ou La Double vie d’Eddie McDowd (malheureusement annulé avant la fin) faisaient office de vitrine des valeurs familiales et de franche camaraderie. Lost nous apprenait la valeur de la vie, de l’entraide pour la survie et que le bonheur est affaire de choix, en plus de proposer une histoire d’une rare complexité avec des acteurs brillants. Nombre sont les séries comme Charmed à aborder tous les sujets avec une passion empathique qui des décennies plus tard touchera encore son public grâce à une magie plus forte encore que le pouvoir des trois : la nostalgie. Pilier incontournable, cette série de sept saisons, qui comme Smallville a fait les beaux jours de la WB puis la CW (se partageant la seconde et troisième place avec Charmed), mérite qu’on s’y attarde malgré ses faiblesses.

L’histoire est donc celle de Lorelai Gilmore (Lauren Graham) et de sa fille Rory (Alexis Bledel), vivant dans une petite ville routière américaine. Elles y coulent des jours heureux, Lorelai à l’auberge qu’elle dirige avec son amie cuisinière Sookie (Melissa McCarthy) et l’éternel grincheux Michel (Yanic Truesdale) à la réception, tandis que Rory fleure bon l’innocence, traînant joyeusement avec son amie Lane (Keiko Agena). Mais que seraient leurs journées sans leurs visites quotidiennes chez Luke (Scott Patterson) ? Malheureusement tout n’est pas rose : enceinte à seulement 16 ans, Lorelai avait dû quitter ses parents pour élever seule Rory, et les revoir (Richard (Edward Herrmann) et Emily (Kelly Bishop)) lui est insupportable. Seulement voilà, pour payer la scolarité de Rory à Chilton, elle n’a de choix que d’accepter ce qui restera comme une tradition : les repas chez les grands-parents le vendredi soir. Pour Rory il s’agissait d’une immense opportunité pour drastiquement augmenter ses chances d’aller à Harvard, son rêve pour ensuite devenir journaliste, mais son premier jour ne se passa pas très bien : non seulement le niveau est incroyablement ardu, mais en plus les élèves se sont lancé dans une guerre hostile à qui sera le plus vache envers les autres. Et malheureusement pour elle, elle s’attirera les foudres de la plus machiavélique et fourbe d’entre elles : Paris Geller (Liza Weil).

Du point de vu évolutif, et c’est assez normal, l’histoire se concentre un peu plus sur Rory dont les problèmes existentiels sont plus importants entre les cours très difficiles, l’ambiance détestable qui règne entre les élèves (bien qu’avec l’épisode 13 la tendance va un peu se renverser), sa romance avec Dean (Jared Padalecki) et sa toute nouvelle relation avec ses grands-parents qu’elle ne voyait que rarement. Sa mère elle se contente d’avancer au quotidien, rêvant au jour où elle aurait sa propre auberge. Une série qui repose donc principalement sur la mère et sa fille, et ils faut dire qu’elles sont très attachantes et attendrissantes. Réputée pour être la série au débit de dialogue record, il faut bien avouer que les discutions survitaminées dynamisent beaucoup les épisodes, et loin de reproduire un schéma classique, chacun fait avancer chaque bout d’histoire de Stars Hollow, cette charmante petite ville intégralement reproduite en studios. Seuls deux points saoulent un peu : Sookie la cuisinière obèse complètement débile (avec Patty et Babette, le quota d’obèses est largement atteint), et les repas chez Luke. Commandant systématique des plats énormes et appétissants, quasiment tous finiront à la poubelle sans même avoir été goûté. Un gaspillage nutritif redondant et exacerbant.

Mais même si les vieilles rancœurs ont la peau dur, que les querelles avec les grands-parents semblent inévitables, il suffit de voir à quel point le moindre événement fédère tout le village (comme l’anniversaire de Rory) pour nous emporter dans une ode de gaieté. Mais la série possède aussi son lot de mélodrame, comme la nuit accidentelle chez Patty, l’histoire avec Max le prof de lettres, l’hospitalisation du grand-père, ou encore la romance impossible avec Luke. Une relation qui tourne en rond entre les maladresses, le refoulement des sentiments ou l’arrivée de Christopher (David Sutcliffe), le père de Rory, personnage au demeurant sympathique mais qui bien souvent empêche l’histoire d’avancer en déviant Lorelai de ses objectifs, semblant de toute façon condamnés. Puis avec l’épisode 17, le trait de caractère le plus détestable des filles Gilmore va méchamment ressortir : le pouvoir aux femmes. C’est un fait avéré, le romantisme est une exclusivité masculine et la plupart des femmes sont incapables de s’attacher, mais tout de même. Si dire à une femme qu’on l’aime est une grossière erreur qui mène quasi systématiquement à la rupture, voir comment Rory réagit donne envie de vomir. Non contente de larguer Dean (bon, c’est mérité : offrir une voiture et avouer son amour, qu’elle boulette !), elle va en plus le faire passer pour un odieux goujat ayant été la cause de leur séparation, retournant contre le pauvre la ville entière. Mais à la fin la saison, tout rentrera dans l’ordre : Rory va se jeter dans les bras de Dean et Lorelai terminera avec Max Medina, au grand damne de Luke, éternel cœur brisé. Tout qui est bien qui fini bien avec une deuxième demande de mariage au compteur pour Lorelai, bien que contrairement à Christopher, Max y a vraiment mit les formes, et vu l’enthousiasme qu’elle a suscitée, le spectateur peut être confiant sur la réponse. La saison pose donc des bases solides avec des lieux chaleureux et des personnages haut en couleurs, l’histoire s’axant principalement sur les problèmes amoureux dans une vision un peu guimauve, mais le charme des actrices fait bien passer la pilule. Bien sûr, le casting est globalement moyen, certains acteurs – surtout Lauren Graham qui fait Lorelai – en faisant souvent trop, et le fil conducteur étant simplement celui de la vie, on ne peux clairement pas parler de scénario. Mais les épisodes sont dynamiques, drôles, et généralement joyeux, et on passe un moment très agréable. Reste à voir si ce principe de communauté amie saura se renouveler plus qu’un Desperate Housewives, qui n’a pas su s’arrêter à temps et dont les dérives finales ont massacré l’image de la série.

Saison 1 :

Somme nous condamné à éternellement revoir les mêmes disputes ? Le premier épisode semble nous le faire croire : n’ayant pas eu l’occasion d’annoncer son mariage à ses parents, Lorelai va encore passer pour une fille indigne quand cette cruchasse de Sookie va cafter en leur annonçant une cérémonie de fiançailles. Un mariage en lequel on a de toute façon du mal à croire, entre un pauvre Luke tout désigné pour être le véritable prince charmant et une bague à la mauvaise taille, qu’on sent qu’elle n’aura même pas le temps d’être ajustée. Bon, elle recevra bien sa bague, mais évidemment, à la veille de son mariage, elle prendra ses jambes à son cou, fuyant pour quelques jours avec Rory. Un acte des plus horrible puisque Max n’aura même pas eu l’occasion d’apprendre sa rupture par la concernée, ne la revoyant que bien plus tard. Et elle, revenant de sa visite à Harvard, va comme si de rien n’était reprendre le cours de sa vie, sans vergogne. Quelle honte ! Mais passons…

Avec le cinquième épisode, un nouveau venu très intéressant va faire son entrée : Jess (Milo Ventimiglia), le fils de Liz (mais qu’on ne verra qu’en saison 4), la sœur de Luke. Jeune perturbé lessivé par une mère quasi lobotomisée, il se posera en « dark lover », le mystérieux et ténébreux qui se la joue éternel incompris. De caractère énervant, il arrivera dès le premier épisode de sa venue à se faire pousser dans le lac par Luke, son oncle chargé de lui, sa mère ne s’en sortant plus. Une séquence choc tant c’est la première fois qu’il exprime physiquement sa colère. Puis peu à peu, il se mettra toute la ville à dos, sauf Rory pour qui il accepte de montrer sa vraie nature de romantique et partagera avec elle sa passion de la littérature et de l’aventure, éloignant un peu plus chaque jour son cœur de Dean, qui tente désespérément de s’accrocher à elle. Et au final, après une petite exclusion de la ville pour Jess, Rory se jettera dans ses bras, marquant ainsi la fin d’une longue relation avec Dean – certes mit en exergue à plusieurs reprises – même si elle semble se sentir fautive, s’expédiant elle même pour les vacances d’étés à un stage à la capitale avec Paris, ayant toute deux été élues à Chilton pour représenter les élèves.

Côté amour pour Lorelai, c’est assez vide. Après sa rupture avec Max, elle tentera de se rapprocher de Christopher, mais lui commence de son côté une nouvelle vie avec une dénommé Sherry, et il compte bien se focaliser sur elle. Il y aura bien une tentative avec Luke après ça, mais elle ne fera même pas mine de prendre, leurs rapports se glaçant quand le sujet de Jess revient sur le tapis. À la toute fin on essaye de nous faire croire à la réunification des parents, mais Lorelai se retrouvera une fois de plus lâchée par Christopher, devenu à nouveau père avec Sherry. Ses seules réussites de la saison seront son diplôme des cours du soir et sa relation désormais stable et jovial avec ses parents. Côté personnages secondaires, pas grand chose de neuf, si ce n’est que Lane s’est mise à la batterie, fait qui aura toute son importance par la suite, et surtout le mariage de Sookie et Jackson. La vie suit son cours donc, avec brio qui plus est puisque les rebondissements seront nombreux cette saison, et si la recette ne change pas, l’arrivée de Jess met de temps à autre des coups de fouet bien sympas. On regrette un peu le manque d’exploitation de l’univers écolier de Rory, qui passe carrément en second plan, d’autant qu’avec des idées comme les Bombes ou le journal de l’école, il y avait beaucoup à traiter. La fin de la saison est moins tonitruante que la première, mais le rythme de croisière est maîtrisé, l’équilibre entre comédie et drame aussi, et on jubile des péripéties de Stars Hollow.

Saison 2 :

Fuyant ses sentiments pour Jess, la saison commence donc à la fin de l’été, alors que Rory et Paris rentrent de leurs six semaines de stage à Washington. Un jeu du chat et de la souris se met alors en place entre Jess, furieux que Rory l’ai ignoré tout l’été, qui s’est du coup remit en couple avec la blonde du magasin de cosmétiques, quant à Rory elle traîne toujours avec Dean, bien que la flamme se soit éteinte. Provocations et crises de jalousie vont alors s’enchaîner, et le petit jeu s’éternisera sur sept épisodes, avant une libération avec la fête de la danse. Ça y est enfin : Jess et Rory sont ensemble ! Mais bien sûr, les choses mettront du temps à se mettre en place et elle lui reprochera très vite ce qui l’avait fait quitter Dean : son côté voyou. Une romance qui n’aura duré qu’une poignée d’épisodes, se terminant par l’échec de Jess à l’école et son second et probablement définitif renvoi de chez Luke lors du 20° épisode, le conduisant chez son père en Californie, alors qu’ils ne se sont croisé qu’une fois en 18 ans.

Les autres romances auront elles aussi une place de choix dans les intrigues de cette saison. Pour Lorelai la pêche est plutôt mauvaise entre un Luke qu’elle commence à envisager, mais qui est prit par l’avocate de Taylor, le « retour » (aperçu trois fois pour un total inférieur à cinq minutes et qui marque sa dernière apparition de la série) de Max, son ex-fiancé, et une petite histoire avec Billy Burke, le père dans Twilight. La plus grande avancée sera à mettre au profit de Lane, dont l’aventure avec Dave, le guitariste de son groupe, va arriver à un point inespéré : Madame Kim allant jusqu’à lui autoriser à accompagner sa fille au bal. Et pourtant, il n’y aura pas de suites, Dave ne revenant plus de la série pour d’obscures raisons. On notera aussi un mariage (enfin du moins son annonce, il ne sera effectif qu’en début de saison 4) pour Dean et Lindsay, la remplaçante de Rory, à tout juste 18 ans. Belle évolution pour Jackson et Sookie (qui a perdu quelques kilos depuis le début et ça commence à ressembler à quelque chose) qui, après un mariage qui clôturait la dernière saison, en sont au stade du bébé, déjà en route, tandis que celui de Christopher et Sherry offrira une sœur à Rory, Gigi, lors d’un excellent treizième épisode jouant la carte du flash-back, trouvant là une parfaite Lorelai jeune pour le casting.

Côté scolarité les choses seront elles aussi mouvementés puisque comme il s’agit de la dernière année au lycée pour Rory, il se posera le problème du choix de l’université. Heureusement pour elle, il ne lui arrivera pas les mêmes désagréments que Paris, dont la vie s’est effondrée avec son refus à Harvard (épisode 16), alors que Rory est fièrement acceptée à Harvard, Yales et Princeton. Non sans faire plaisir à ses grands-parents, elle choisira Yales, remettant ainsi en cause le choix de toute une vie. En revanche, faire plaisir à Richard et Emilie ne sera pas la spécialité de Lorelai, coupant une nouvelle fois les ponts avec la fin de la scolarité de Rory et donc la fin de leur contrat du vendredi soir. Heureusement, la situation sera rectifiée avec un nouveau prêt pour couvrir les frais de Yales, remettant ainsi les choses dans l’ordre (après un certain temps d’adaptation tout de même). On s’apprête donc à entrer dans un tournant majeur de la série avec Rory qui quitte le nid familial pour entrer à l’université, Jess qui est parti, Dean qui est marié, Lane qui s’affranchie et aussi Lorelai et Sookie, profitant de la mort de la boulangère propriétaire de la Libellule (Flygon), pour entreprendre leur rêve de fonder leur propre auberge. Une saison palpitante, pleine de rebondissants, et on trépigne d’impatience quant à découvrir la suite.

Saison 3 :

La saison 4 démarre bien tristement entre des broutilles opposant Lorelai à Emilie, Rory qui fait n’importe quoi, Jess qui a disparu, Lane qui ne semble pas intéressée par la disparition de Dave, son amour, et tout juste inquiétée par son avenir dans l’église adventice du septième jour, ou encore Luke, divorcé de Nicole (enfin du moins en procédure de divorce, qui prendra quasiment toute la saison pour s’appliquer). La morosité est un sentiment qui ne nous quitte jamais vraiment : chaque nouvelle expérience étant nuancée par un drame. Paris qui quitte son copain le jour de son anniversaire pour un vieux professeur, l’ambiance de colocation mauvaise (tout ce qui touche à l’université est d’ailleurs raté entre des cours inexistants, une absence de soirées, et un spring break mollasson), la mort de Lorelai senior, les problèmes à la Libellule, le désespoir de Dean le jeune marié, les passages éclairs et quasi finaux de Jess, l’expulsion de Lane de chez elle à cause de son mode de vie, ou encore le divorce de Damoclès des grands-parents Gilmore. Et toujours côté ambiance, on ne peux pas dire que les héroïnes aident entre Lorelai qui perd son temps avec Jason (Chris Eigeman) et Rory qui commence à énerver avec son manque de maturité et son côté complètement coincée. Heureusement, son statut de sainte-ni-touche aura enfin l’occasion d’évoluer avec le dernier épisode de la saison avec son dépucelage, merci Dean. À 19 ans, il était temps ! Même Paris l’avait fait à 17, et c’est pas faute d’avoir eu de bons modèles comme Madeline et Louise.

Durant ce même dernier épisode, ce qu’on attendait depuis quasiment le premier épisode de la première saison arrive enfin : un baiser entre Luke et Lorelai. C’est d’ailleurs l’un des innombrables moments de la saison où une bonne nouvelle est dite dans la douleur, en l’occurrence le désespoir de Luke face à Jason qui se croyait fièrement reparti pour un tour. Que nenni, il sera viré comme un malpropre. Cette saison marque aussi l’arrivée de la sœur de Luke, Liz (Kathleen Whilhoite), accompagnée par son fidèle compagnon, T. J. (Michael DeLuise), deux personnages dispensables. Donc en gros, une arrivée à Yales en demi-teinte et des romances perfectibles : la saison est un coup de mou. Pas de soucis, la formule marche toujours aussi bien, mais l’inspiration a faibli, à moins que l’équilibre entre comédie et drame soit le seul à devoir être mit en cause. À partir de là, peut-on envisager une amélioration des choses ? Il est vrai la perspective d’une belle histoire ente Lorelai et Luke est réjouissante, mais on peux déjà craindre une certaine redondance avec l’auberge, et l’idée de Dean à nouveau avec Rory sonne comme une impasse. C’est sûr, la série a encore du potentiel, mais difficile d’être certain de la tournure que cela va prendre…

Saison 4 :

La saison 5 commence un peu comme la saison 3, à savoir Rory qui fuit son prétendant. Ici, c’est Dean, celui qui s’est jeté à ses pieds et qui l’a dépucelé, rompant pour elle son mariage, alors même que cette dernière est partie à toute allure en Europe avec sa grand-mère. Pour Lorelai et Luke, les choses sont l’exact opposé : ils s’assument quasi d’emblée et partagent au grand jour leur amour. De même, Lane va tourner la page « Dave » et s’orienter vers le gros benêt du groupe : Zach (Todd Lowe). Pour Jackson et Sookie les choses se passent bien (même si Sookie repart sur la pente de l’obésité monstrueuse et que Jackson doit faire face aux responsabilités de conseiller municipal) et un second enfant est en route, au contraire de Christopher (le père de Rory), qui doit s’occuper seul de Gigi avec l’abandon de sa mère. L’auberge marche bien, la vie se déroule sans trop d’accrocs, mais du côté de Rory son coté petite fille pourrie gâtée repart de plus belle entre sa façon de traiter Dean et son racolage passif avec son ami Marty, le bon pote, et Logan Huntzburger (Matt Czuchry), un fils de riche qui aime mettre la pagaille et faire l’éloge de sa personne. En gros le gars qu’on déteste par jalousie maladive car il représente la réussite suprême.

Cette saison marquera d’ailleurs le départ de Dean, qui ne fera qu’une petite apparition en fin de saison après avoir rompu avec Rory, qui du coup se jettera tel un vautour sur Logan. La suite sera aussi dans ce ton morose avec la rupture progressive de tous les ponts. Avec l’épisode 13 et la tentative désespérée de Christopher récupérer Lorelai parce que Emilie et Richard trouvent Luke trop insignifiant pour leur fille, les choses vont déraper. Luke va déclarer que tous cela est trop pour lui et préférera se séparer de Lorelai, qui du coup rompra les liens avec ses parents, et Rory goûtera aux joies de la richesse et de l’amusement avec Logan, qui cherche pourtant à s’assagir. Mais finalement les choses rentreront dans l’ordre quelques épisodes plus tard, Emilie ayant convaincu Luke de reprendre Lorelai, qui pardonnera à sa mère ensuite. Mais patatras, après un stage dans un journal du père de Logan, Rory va se faire incendier, Mitchum Huntzburger ne la croyant pas capable d’être une vraie journaliste. Elle va alors péter les plombs, voler un yacht et finir avec une condamnation importante, quitter Yales et emménager chez ses grands parents. Voyant sa fille partir sur une pente impossible à remonter, Lorelai va alors demander Luke en mariage, espérant que cela lui apporterait le réconfort dont elle a besoin. La formule de la série est toujours la même, toujours aussi efficace et le sort des habitants de Stars Hollow nous tient autant à cœur, mais la légèreté des débuts semble bien loin. Depuis le passage à la fac pour Rory, la série n’a pas encore réussie à reprendre son envol.

Saison 5 :

Enfin, ça y est, le moment qu’on attendait depuis cinq saisons : le mariage de Luke et Lorelai ! Non ? Malheureusement non, cette pauvre demande subira coup du sort sur coup du sort. Comme Rory a pété les plombs et qu’elle et Lorelai sont en froid, impossible d’envisager de poser une date de mariage dans pareilles conditions. Durant huit épisodes, on devra supporter les caprices de miss Rory, bien décidée à passer sa vie entre ses 300 heures de travaux d’intérêts généraux et son boulot aux « filles de la révolution ». Il faudra attendre l’avant-dernier passage de Jess – le pauvre, il aura progressivement sombré dans l’oubli comme Dean avant de disparaître tel un manant lors de l’épisode 18 – pour qu’elle décide enfin à ouvrir les yeux sur son rêve de petite princesse pourrie gâtée et enfin reprendre sa vie en main, contrairement à Luke. Non content d’être enfin avec la femme de ses rêves, d’avoir réaménagé et agrandi la maison de Lorelai pour qu’ils y vivent heureux jusqu’à la fin de leurs jours, et non content de pouvoir enfin compter sur une date de mariage solide, sous prétexte qu’il veut remettre de l’ordre dans sa vie pour cause de fille cachée, il va vouloir mettre en stand-by son mariage, quitte à le faire basculer.

On sent les scénaristes en bout de course, massacrant le personnage de Paris dont l’antipathie était toujours atténuée voir annihilée par une certaine fragilité, mais qui n’est plus qu’une insupportable énervée. De même, le fouteur de merde incontournable qu’est Christopher revient continuellement avec toujours plus d’arrogance, et même Logan prend une tournure Luke à ne jamais faire ce qu’il faut quand il faut. Quant à Lane, elle se montre de plus en plus désagréable, et Zack est un boulet un peu moins sympathique d’épisodes en épisodes. La série s’enlise… Malgré tout, il reste quelques bons moments, comme l’épisode 13 avec sa réconciliation pour le moins musclée. On croit ensuite les choses rentrées dans l’ordre avec le rapprochement entre Lorelai et April (Vanessa Marano), la fille de Luke, mais finalement le 20° épisode prend une tournure désagréable avec l’aigreur de la mère d’April, mettant Lorelai au pied du mur et la poussant à poser un ultimatum à Luke : s’il refuse le mariage, leur histoire est finie. Et le bougre étant l’homme le plus lâche du monde, il fuira. Et comme si cela ne suffisait pas, l’homme qui avait brisé Rory, Mitchum le père de Logan, va expédier son fils à Londres pour faire son éducation, laissant ainsi les deux filles Gilmore seules, l’une entrant dans une relation longue distance et l’autre se réfugiant dans les bras du vil Christopher. On commence donc à enchaîner un peu trop les fautes de goût et les trahisons, tombant dans les travers faciles des rebondissements de commérage. Le charme s’essouffle, les personnages sont de moins en moins attachants et on espèrent plus qu’une chose : que la fin ne soit pas trop indigne…

Saison 6 :

La septième et dernière saison commence dans la douleur : coupant cours toutes négociations avec Luke, Lorelai lui avoue sa relation avec Christopher ; Rory est à nouveau perdu entre son poste de rédactrice dérobé et Logan loin ; et même Lane se sent désabusée avec son voyage de noces catastrophique et des jumeaux en perspective. On aura même droit à une nouvelle grossesse pour Sookie et bien d’autres péripéties redondantes. Et plutôt que de nous aiguiller sagement vers des horizons joyeux, on s’enlisera à chaque épisode dans des histoires qui compromettent sans cesse un possible happy end parfait. Entre Rory et Logan, la saison sera chaotique, les deux amants n’étant jamais en phase. Après un long moment à bosser à Londres, il va lamentablement échouer à son retour et sombrer dans une dépression. Mais tout juste en est-il sorti que Rory tombe à son tour, se retrouvant dans une terrible situation où toutes les portes de son avenir se ferment : les refus de bourses et d’emplois se multipliant. On croit enfin en voir le bout du tunnel avec une demande en mariage, mais Rory qui aura décidément traité les hommes comme des chiens de bout en bout rejettera en bloc cet avenir, mettant un terme à une relation de trois saisons. Et tout cela pour sa carrière, qui prendra la forme d’une investigation autour de la campagne d’Obama pour un site internet.

Pour Lorelai, les choses sont encore pires. Elle passera la première moitié de la saison à se raccrocher à Christopher dans une relation impossible : un couple brisé l’est à vie. On y croit un peu par moment, mais globalement le couple est inexistant et les bases superficielles de leur histoire sont flagrantes. Aidant Luke à récupérer sa fille dans un procès sur les droits de gardes, elle lui écrira une lettre qui mettra hors de lui Christopher, aboutissant à une rupture qui sonne comme le retour de Luke au poste de prétendant, mais il faudra attendre la fin du 20° épisode pour voir un acte concret abonder dans ce sens, pour finalement n’éclater que lors du dernier épisode, laissant tout de même quelques doutes quant à la solidité de cette réconciliation. Pour ce qui est des filles Gilmore donc, le bilan est mitigé : une seule de potentiellement comblée émotionnellement, et encore, et pour le reste l’avenir est incertain. On ressent même une forte morosité lors de la séance d’adieu entre la tristesse de chacun et les absents (Logan, Paris, April, Jess, Dean). Une fin trop vite expédiée, sans césure ni réel bilan. Presque une banale fin de saison…

Saison 7 :

Gilmore Girls est-elle une grande série ? Oui, du moins pendant un temps. Il y avait bien sûr quelques aléas dans les vies de Lorelai et Rory Gilmore, mais les trois premières saisons sont vraiment très bonnes, empreintes d’une naïveté rafraîchissante. On y voyait deux filles, l’une s’éveillant à l’âge adulte, et l’autre montrant l’image d’une adorable jeune mère aussi forte et indépendantes que fragile et émotionnellement vulnérable. Elles étaient frivoles, parfois un peu trop fofolles, mais toujours avec un charme fou et une maladresse attendrissante. On y découvrait une ville atypique : Stars Hollow. Pleine de vie, elle nous a fait découvrir des gens extravagants, parfois insupportables, mais souvent sympathiques. Il y avait Luke le rock, Dean le romantique tête-à-claque, les grands-parents vaillants, la famille coréenne Kim, et surtout Jess le rebelle, l’un des personnages les plus intéressants mais aussi très sous-exploité et qui pointera du doigt deux des plus gros défauts de Rory : son instabilité et sa lâcheté. Une formule où tous forment une grande famille qui marche franchement pas mal durant trois saisons, puis les idées s’amenuisent, l’ennui s’installe, puis la lassitude se fait sentir et les rebondissements sont malheureux et indésirables, aboutissant à une fin qui soulage presque.

Dire que la série a trop duré serait faux puisqu’on aurait tendance à réclamer un supplément pour remettre les choses dans l’ordre, mais il y a eu un virage que la série a mal négocié, et ça a entaché le reste, puis il y a eu des redondances et un profond manque d’inspiration. Rory ne pouvait rester éternellement une jeune fille, et son entrée dans le monde des femmes fut un désastre. À censurer le sexe ado, la série va traîner trop longtemps la virginité de Rory à un point grotesque, rendant étrange et superficielles ses relations, que ce soit avec Dean ou Jess. Comme un refus d’engagement, elle s’obstinera quatre saisons durant avec les deux mêmes, et quand enfin elle passe le cap, c’est avec Dean une fois ce dernier marié à une autre, prouvant définitivement son dédain pour le sexe opposé. Elle a ses bons côtés et reste un bon personnage, mais sa façon de traiter les hommes passe très mal. Un sale trait hérité de sa mère, qui elle aussi multipliera les romances piétinées avant celui qu’on attendait depuis toujours : Luke. On ne saura jamais pourquoi, mais sa relation avec Lorelai sera catastrophique, subissant de multiples pauses et même une rupture de quasiment toute une saison, la dernière. Donc quand une série gère aussi mal les relations amoureuses, le plaisir s’en trouve gâché. Puis il y a eu le virage de la quatrième saison avec l’entrée à l’université, faisant là aussi montre d’une inspiration néfaste.

On peut donc dire que si la série s’est progressivement essoufflée, c’est en grande partie parce qu’elle n’a pas su se renouveler. La scolarité de Rory suivait son cours à Chilton, elle sortait avec Dean, flirtait avec Jess, Lorelai travaillait à l’Auberge de L’indépendance, et Stars Hollow et ses fous d’habitants ponctuaient des récits dynamiques et accrocheurs entre deux dîners du vendredi, mais quand des changements majeurs se sont opérés et que rien a changé, les failles se sont fait sentir. Il y a bien sûr eu du bon dans les saisons d’après, notamment le début de Lorelai & Luke, ou encore l’arrivée de Logan, mais le charme s’amenuise peu à peu. Mais cela n’enlève rien aux bons moments passés, et c’est avec une douce nostalgie qu’on repense à la série qui nous rappelle que les plus fascinantes créatures sont tels des mirages : si agréables à contempler mais tellement inaccessibles. Mais tout n’est pas fini : une saison 8 a faillit voir le jour, et c’est finalement un projet de film qui semble avoir été retenu. Régulièrement relancé, ce projet semblait être en bonne voix, encore confirmé en mars 2013. Les résultats du film de Veronica Mars seront déterminants puisque cette série a connu le même sort, et voir un Gilmore Girls le film sortir à horizon 2016 est envisageable via un financement Kickstarter, comme en va en lancer un Charmed dont le film entrera en production dans les prochains mois (réunissant les quatre sœurs Halliwell !). L’espoir de voir un jour ces personnages emblématiques connaître une fin plus noble est donc encore permis, mais la patience sera de mise.

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C’est pas mon jour

C’est pas mon jour
1999
Skip Woods

Il parfois très difficile de faire fi de son passé. Il fut un temps où Casey (Thomas Jane) était un hors-la-loi, un bandit qui faisait les quatre cents coups, mais tout cela est derrière lui aujourd’hui. Il s’est marié, rembourse son prêt immobilier comme tout bon américain, et son seul problème est le fait de ne pas avoir d’enfants. Ce jour là devait résoudre ce problème, rencontrant un responsable d’adoption. Mais en ce jeudi maudit, il reçu plus d’une visite. Tout commença avec son ancien complice Nick (Aaron Eckhart), qui n’a jamais renoncé au mode de vie criminel. Braquant un responsable mafieux (Mickey Rourke) et dérobant en plus une grosse quantité de drogue à un gang rival, il va attirer tout les maux de la Terre chez Casey.

Quand ça veut pas, ça veut pas… Revoir un ami, c’est bien, mais quand il ramène ses emmerdes, il devient un sacré poids. Voyant plusieurs kilos de drogue chez lui, Casey aura l’immense idée de détruire la marchandise, et il est difficile de l’expliquer au trafiquant venu calmement reprendre son dû. Ainsi, dans une journée qui s’annonçait ordinaire, les visites « désagréables » (y’en a qu’en même une de plutôt très sympa) vont se suivre dans une ambiance fun et originale, à mi-chemin entre le Running gag et le règlement de compte qui vire à la boucherie. Du Bodhi-movie à la cool qui prend le contre pied « relaxe » de ce milieu à la gâchette facile. Un quasi huis clos qui alterne discussions détendues et coup de tatane dans la gueule. Rien de vraiment extraordinaire ou spécialement original, et le scénario est globalement facile, mais il n’empêche qu’on a plaisir à voir le sol se dérober sous ses pieds, et l’atmosphère du film est réussie. Du bon divertissement simple.

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Before Sunset

Before Sunset
2005
Richard Linklater

On passe d’un crépuscule à l’autre : après le soleil couchant, voici l’aurore. Considéré par beaucoup comme une perle de poésie romantique, Before Sunrise n’est finalement ni poétique ni romantique, se contentant d’enchaîner des dialogues insipides à un rythme comateux. Absence d’histoire, d’amour, et la fin était minable : on ne sait même pas ce qu’il advient de leur début d’histoire. Une frustration toute relative face à la faible qualité du premier film, mais bon…

Quoi de mieux que de commencer par une bonne grosse claque ? Ainsi, le film prend place neuf ans après cette nuit à Amsterdam, qui n’a eu malheureusement aucune suite : si Jesse (Ethan Hawke) fut bien au rendez-vous six mois plus tard, Céline (Julie Delpy) ne fut pas là, préférant assister à l’enterrement de sa grand-mère. Aujourd’hui, Jesse est de passage sur Paris pour la promotion de son livre, retraçant son aventure nocturne avec Céline, venue tout spécialement à sa dédicace, espérant revoir celui qui lui avait offert la plus belle soirée de sa vie. Comme si le temps n’avait pas été, ils vont se promener dans Paris, se racontant leur vie, opposant leurs point de vue, leurs opinions, renouant cet amour lattant.

C’est à peine croyable. Reprenant l’excuse d’un livre sur les aventures du premier film, cette suite va nous proposer la même chose à la virgule près : une interminable discussion entre les deux tourtereaux dans une capitale européenne, à la seule différence que le rendez-vous improvisé prendra fin non pas au levé du jour mais à la tombée de la nuit. Les années ont passé mais leurs conversations sont toujours aussi superficielles ou naïvement gauchistes, comme si la maturité et l’intelligence les avaient épargné. Un sujet revient plus que les autres : le sexe, témoignant d’un manque flagrant et d’un désir presque indécent. La morale n’y a plus sa place : l’un marié, l’autre promise, deux gênes bien vite oubliées. Et bien sûr, le scénario est décidément absent, allant même jusqu’à réussir une jolie prouesse en étant incohérent, faisant allusion à un rapport sexuel inexistant. Et une fois de plus, la fin nous laissera en plant avec fracas. Un quasi remake en somme, bien qu’encore plus mauvais de par son inspiration néfaste. Et dire que ces deux transits ont été l’objet d’un troisième film…

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Décembre 2013

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Une nuit

Une nuit
2012
Philippe Lefebvre (II)

C’est un phénomène vraiment incompréhensible, mais les cinéastes français s’acharnent à perpétrer la tradition du polar noir, aboutissant généralement à des films médiocres dont la rentabilité n’est qu’un gouffre financier absurde. Cette fois-ci, le vice sera poussé très loin. On replonge une nouvelle fois pour le trip sur la limite toute relative entre flic et truand où Simon Weiss (Roschdy Zem), haut gradé dans la brigade des stups, a une façon bien à lui de maintenir l’ordre dans le milieu parisien nocturne, imposant sa loi aux dealers, aux trans et autres prostituées, et même aux chefs du grand banditisme. Le film nous propose donc une visite festive au sein de ce milieu, mais pour quel résultat ?

Gratuité dans la violence, l’exhibition, l’obscénité et le scabreux. Dès les premiers instants l’espoir de voir quelque chose d’intéressant disparaît définitivement entre un petit pédé gérontophile et cocaïnomane et des discutions sur le fonctionnement d’une boîte de nuit. Et n’espérez pas y voir une quelconque forme de censure, on assistera au club échangiste sodo-masochiste, au théâtre de travelos et même aux salutations du bois de Boulogne. Toutes les erreurs de la nature y sont et dans leur forme la plus vicieuse. Les scénaristes sont tout simplement des fous, des psychopathes ne cherchant la prouesse que dans le glauque. On subit chaque scène avec un malaise certain, et le twist final ne change pas la donne : la morale étant de toute façon étrangère au film. Alors c’est sûr, le casting possède quelques têtes connues (Richard Bohringer, Sara Forestier), l’ambiance est travaillée, les personnages sont des grandes gueules et on ressent pleinement le caractère abjecte de tout ça, mais pourquoi ? À moins d’éprouver du plaisir dans ces travers de l’esprit humain, on passera son chemin avec force et conviction.

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Love Coach

Love Coach
2012
Gabriele Muccino

Sorti il y a un peu plus d’un an aux Etats-Unis, le film fut un bide majeur, tout juste rattrapé par des excellents résultats en Italie et Russie. On ne s’est alors pas étonné de voir les distributeurs français annuler sa date de sortie. En revanche, il est plus rare de voir un film dépourvu aussi de sortie DVD, finalement calée fin janvier 2014. Pourtant doté d’un casting assez énorme, le film se voulait être une référence en matière de comédie-romantique, un genre il est vrai habitué aux grosses daubes dégoulinantes de bons sentiments.

Le Football (appelé là bas Soccer) n’est pas un sport très apprécié aux US, très loin de rassembler autant que sa variante américaine (plus ressemblante au Rugby), le Baseball ou le Hockey. George (Gerard Butler) s’y est installé depuis sa retraite de l’équipe du Pays de Galle, mais il n’y a pas fondé la famille qu’il souhaitait avec sa femme Stacie (Jessica Biel), désormais promise à un autre et se partageant la garde de leur fils. Ses rêves se sont aujourd’hui envolés et payer son loyer représente déjà beaucoup. Il souhaiterait se reconvertir en tant que présentateur sportif, mais il n’est plus personne et s’y faire une place est difficile. Mais finalement, juste en acceptant de devenir l’entraîneur de l’équipe de foot de quartier où joue son fils, tous ses espoirs vont renaître.

C’est marrant, en écrivant ces lignes je ne sais même plus pourquoi j’ai eu envie de voir ce film. C’est vrai après tout, une love-story bidon où un type essaie de regagner sa femme en entraînant son fils au foot, c’est franchement mauvais. Et les scénaristes ont carrément fait les fainéants en reprenant des situations vues milles fois comme les quiproquos avec les trois filles qui tourne autour du père, ou encore la happy end qu’on voit arriver de très loin. Le coup de la photo et les autres rebondissements sont tous plus prévisibles les uns que les autres et on peine à imaginer une histoire aussi convenue. Et si encore le film en tirait le parti de l’efficacité, mais non. Par contre, il faut bien reconnaître au film une grande qualité, celle du casting : Dennis Quaid, Uma Thurman, Judy Greer et même Catherine Zeta-Jones. Cela donne un peu de grain à moudre, mais le film ne décollant jamais, l’ennui s’installe durablement. On a vu pire, mais on a surtout vu mieux.

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Moi, moche et méchant 2

Moi, moche et méchant 2
2013
Chris Renaud, Pierre Coffin

Pas extraordinaire mais malgré tout extrêmement rentable, Moi, moche et méchant fut un sacré carton qui forcément donna envie aux producteurs de poursuivre l’aventure, et les résultats furent bien au delà de toutes les espérances. Produit pour très peu (76 M$), le film fut le troisième plus gros succès de l’année (Smaug devrait tout de même grappiller la seconde place) dans le monde avec 918,6 M$ au dernier pointage, et occupe même pour l’instant la première place en France avec 4,5 millions d’entrées (Le Hobbit 2 et La reine des neiges pouvant tous deux le dépasser). Mais encore une fois, le film se montrera tout juste sympathique.

Pour ce second opus, Gru (Gad Elmaleh) a donc tourné la page de la méchanceté et s’affiche comme un père modèle avec Agnès, Edith et Margo. Sa maison n’est plus un repère maléfique mais une institution du jeu, amenant même les services secrets à voir en lui un nouveau sauveur. Pataugeant avec une affaire de laboratoire volé contenant un dangereux produit rendant le patient agressif et terrifiant, ils vont faire appel à lui, lui demandant d’enquêter sur les gérants des boutiques d’un centre commercial : l’un d’eux étant le vilain qu’ils recherchent. Un job d’autant plus motivant qu’il fait équipe avec Lucy, la première femme pas complètement dégoûtée par lui.

On aura rarement vu une suite se reposer autant sur ses acquis. Gru était super mignon quand il faisait le gentil père ? Eh bien il le fera tout plein ! Fans des Minions ? Ils sont de retour, plus loufoques que jamais ! Qu’est-ce qu’il manquait à Gru ? Une fiancée ? Il n’y avait qu’à demander ! Du fan service pur et dur, mais malheureusement aussi arriviste que peu inspiré. Les séquences émotives sont presque ridicules, la love-story prévisible et sans intérêt, et même les Minions ne font rire que modérément. Mais on ose à peine imaginé l’intérêt du film sans eux… Plus grotesque que la première (et ça c’est fort !), cette histoire estampillée « Mexico » passe très mal, et sans aller jusqu’à dire qu’on s’ennui, il faut bien reconnaître que le public mature sera laissé pour compte. Bien sûr, on rit quelques fois des gags faciles et éculés des petites créatures jaunes, mais l’enthousiasme déjà pas exubérant s’amenuise. Les défauts sont encore plus marqués et l’inspiration est vraiment en berne. L’idée d’un spin-off centré sur les Minions pourrait à la rigueur être amusante, mais la saga semble mort-née. il serait temps que les gens s’en rendent compte.

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Fire with fire, vengeance par le feu

Fire with fire, vengeance par le feu
2013
David Barett

Avec un nombre de film sortant au cinéma croissant, il devient de plus en plus difficile de se faufiler dans le calendrier, au point d’avoir certaines aberrations comme ce Noël aux Etats-Unis où pas moins de six sorties nationales ont eu lieu le même jour (dont trois à plus de 90 M$ de budget). Ce film, qui n’a pas eu l’honneur d’une sortie en salles, marque donc une nouvelle étape dans le déclin constant de la carrière de Bruce Willis, même si son rôle n’est que secondaire.

Pompier de Los Angeles, Jeremy Coleman (Josh Duhamel) sortait simplement acheter des ravitaillements pour une soirée ce jour là, mais il se retrouva mêlé à une sombre affaire de gang. L’un veut acquérir la boutique, mais l’autre qui la possède refuse. Bilan : le gérant et son fils, froidement assassinés, et Jeremy se retrouve témoin d’un double-meurtre où il a faillit y rester. Manque de bol, le hasard a voulu que le chef mafieux, Hagan, se soit salit les mains cette fois-ci, et le témoignage de Jeremy pourrait lui coûter cher. Ayant tissé une relation avec l’agent chargé de sa protection (Rosario Dawson), il va s’en servir pour le mettre à genou et l’obliger à se retirer du procès. Mais dans tous les cas, Jeremy est foutu et sa vie ne sera plus jamais sûre, à moins de tuer personnellement Hagan.

Loin des séries B auxquelles on assiste souvent avec les sorties-vidéos, on a là un vrai film d’action bien ficelé, reprenant un peu les codes des films bourrins des années 80-90, tout en y ajoutant une certaine décontraction. Il est vrai qu’il ne s’agit pas ici d’un ex-militaire ou d’un flic qui se retrouverait là au mauvais moment : il s’agit d’un homme seul inexpérimenté, sans trop de moyens, pas très au fait des techniques habituelles, et qui sait à peine tirer avec un flingue. Ses débuts sont donc délicats et il multiplie les erreurs grossières, mais quand il fait enfin quelque chose de fort, l’impact est d’autant plus grand. Le casting est pas mal, même si on a connu les acteurs dans des rôles plus prestigieux, et le rythme est soutenu. Pas très recherché en terme de scénario, le film se laisse malgré tout pleinement apprécier grâce à sa mise en scène très efficace qui transforme cette revanche pas très originale en semi-purge délectable.

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Amitiés sincères

Amitiés sincères
2013
Stephan Archinard, François Prévôt-Leygonie

Relatif succès de ce début d’année (863 871 entrées), le film raconte les péripéties de trois potes quinquagénaires : Jacques, Paul (Jean-Hugues Anglade) et Walter (Gérard Lanvin). Jacques est un simple petit libraire aux inspirations politiques, tandis que Paul est un écrivain dont la gloire semble définitivement passée, n’ayant plus écrit une ligne depuis cinq ans. Tous deux nouent une amitié sans bornes avec Walter, mais sa carrure d’homme imposant qui ne pardonne rien à personne les empêchent de se confier, allant jusqu’à lui cacher des choses énormes. Jacques est homosexuel mais il n’en sait rien, et Paul est tombé amoureux de la fille de Walter (Ana Girardot), mais le dire mettrait sans doute fin à sa vie. Une situation très délicate et à l’équilibre fragile…

Pas très inspiré, le film est dénué de scénario, comme bon nombre de production française. Comme toujours, on se contente de suivre la vie rocambolesque d’une poignée de personnes, au quotidien un rien caricatural à la limite du grotesque. Un film de grandes gueules où ça cause, ça s’explique avec les poings. Passablement ennuyeux sur le papier, le film n’est finalement pas si mauvais, sauvé par le charisme des acteurs et la force des dialogues. Il faut un certain temps d’adaptation pour avaler le cadre bobo parisien et le ton très solennel adopté, de même que la surenchère étouffante de qui a le plus gros bagage psychologique, mais une fois cet effort fait, on y découvre un portrait sur l’amitié franche et virile, voguant sur un air de fraîcheur non déplaisant. Un travail de forme plus que de fond donc, et on est loin d’assister à un grand film, mais le résultat est honnête.

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Un Homme parmi les loups

Un Homme parmi les loups
1983
Carroll Ballard

Ils sont moins de mille en dehors de l’Amérique du Nord, et plus de cent fois plus dans le seul territoire du Canada. Terrible prédateur à la mâchoire acérée, le loup est une créature à l’origine de bien des mythes et le cinéma s’emploi à entretenir son image d’animal suprême. Seulement voilà, emblème de son pays, le caribou risquerait de voir sa race éteinte à cause d’une sur-chasse de la part de ces canidés. Chargé par une agence gouvernementale américaine d’enquêter sur ce phénomène, un jeune chercheur va accepter de partir une année durant au cœur de leur environnement, s’imprégnant de leur quotidien, embrassant leur style de vie.

L’homme sauvage, le retour ! On a tous en nous cette petite voix qui crie « aventure ! », qui aimerait nous pousser à partir loin, abandonner cette civilisation barbare et injuste. Mais peu ont le courage ou la volonté de le faire, le mode de vie classique possédant bien des avantages et un confort que la vie au grand air ne peut offrir. Mais voilà, le film nous propose la vision d’un homme, pourtant pas le plus prédisposé à ça, partant pour une épopée sauvage, coupé du reste du monde, à deux inuits près. Un face à face entre l’homme et le loup, poussant le scientifique jusque dans ses plus lointains retranchements. Une situation forte qui nous plonge dans un désert, tantôt de glace, tantôt recouvert par de grandes étendues d’herbe, avec cet inconnu majestueux et mystérieux, généralement en meute, mais à qui il arrive de se retrouver seul, triste face à la solitude. Ce film / documentaire aux allures de carte postale a ses grands moments, mais on en ressort un brin déçu de par le manque de rythme et la conclusion quelque peu dépressive.

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