Mamá

Mamá
2013
Andres Muschietti

Le genre horrifique est souvent propice à de gros démarrages au boxe-office. De plus, le film est une collaboration de Guillermo Del Toro, immense référence artistique à qui on doit, dans le même style, l’excellent Orphelinat. Porté par Jessica Chastain, le film jouit aussi de la fraîche popularité de son héroïne, qui connu la consécration avec Zero Dark Thirty. Beaucoup de facteurs de réussites, mais le film alla plus loin, réussissant un beau maintient.

Le film commence joyeusement : après avoir assassiné deux collègues de bureau, un homme est retourné voir son ex-femme, la tua, puis s’empara de ses deux filles. Après un accident de voiture, il trouva refuge dans une vielle maison cachée dans la forêt. Conscient de ce qu’il avait fait, il prit la décision de mettre fin à ses jours et à ceux de ses filles. Mais une chose mystérieuse le prit avant qu’il effectue son macabre plan. Cinq ans plus tard, les deux filles furent retrouvées là bas, miraculeusement vivantes. Confiées à leur oncle et sa femme (Jessica Chastain), elles gardèrent malheureusement de nombreuses séquelles, toujours hantées par l’esprit qui veilla sur elles pendant ce temps là, qu’elles appellent « Mama ». Mais existe-t-elle réellement et est-elle vraiment partie ?

Un peu lent à démarrer, le film tient finalement ses promesses : le frisson nous gagne. Sur fond de vies ratées et fantômes du passé, le film nous place entre deux fillettes angoissantes et une maison habitée par un esprit terrifiant. Ses apparitions sont nombreuses et horribles, jouant sur les nerfs avec le suspense, et nous paralysant avec des visions cauchemardesques et démoniaques. Néanmoins, on émettra quelques réserves sur les facilités de mise en scène, abusant de l’obscurité nocturne pour attiser la peur, ne faisant en fait qu’amoindrir l’originalité du film et dévaloriser l’intellect des personnages, fonçant têtes baissées dans des pièges évidents. On s’interroge aussi constamment sur leur logique. Est-ce du courage ou de la folie ? Pour ceux qui ne cherchent que le grand frisson, il est clair que le film est excellent. Au delà de ça, l’histoire n’est pas très approfondie et le film use et abuse d’effets préhistoriques, sauf en matière de numérique, la direction artistique étant particulièrement soignée. Un très beau travail, mais un peu trop fidèle au genre.

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Warm Bodies

Warm Bodies
2013
Jonathan Levine

Succes story que Isaac Marion doit à internet, sa nouvelle I am a zombie filled with love y a connu un succès incroyable, aboutissant à un roman dont voici l’adaptation. L’histoire, reprenant le thème populaire des zombies, part d’un point de vu original : elle nous sera racontée par un mort-vivant.

Il (Nicholas Hoult) ne se rappelle plus comment il est devenu zombie ni son ancienne vie. Tout ce dont il se souvient est que son prénom commence par un R. Si son intellect est resté à peu près intact, de l’extérieur il ne ressemble qu’à un corps glacé en putréfaction déambulant mollement à la recherche de chair fraîche, seule nourriture qui trouve grâce à ses yeux. Vivant dans un avion réaménagé, son seul hobby consiste à échanger quelques grognements avec son copain dont le prénom commence par un M (Rob Corddry). Mais sa vie va changer le jour de sa rencontre avec Julie (Teresa Palmer), une vivante. Inexplicablement attiré par elle, il ressent plus le besoin de la protéger que de la manger. Et si l’amour pouvait lui redonner la vie ?

Le postulat de départ est une grande idée : faire état des pensées d’un zombie. « Ah j’en ai marre de me traîner aussi lentement » ; « si seulement je pouvais parler » ; « qu’est-ce qu’on se fait chier ». Franchement pas bêtes comme réflexions, elles sont aussi très drôles de par le décalage entre l’histoire de zombie absurde et son traitement réaliste (du moins à partir du moment où on accepte la logique instaurée). Mais bon, on n’échappera pas aux gros clichés du genre, comme le général borné (John Malkovich) ou les comportements suicidaires. Il faut donc savoir prendre le film pour ce qu’il est : une comédie-romantique assez spéciale et complètement surréaliste. C’est mignon, sympathique, et surtout particulièrement novateur dans sa narration, allant au bout de son idée. Pas de quoi crier au génie mais le résultat est très solide.

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Scary Movie 2

Scary Movie 2
2001
Keenen Ivory Wayans

Aussi mauvais et stupide que puisse être Scary Movie, son succès commercial eu comme répercussion immédiate la mise en chantier de suites, dont voici la première d’entre elles. Toujours placé sous le signe de la parodie facile, le film détournera honteusement L’Exorciste, La Maison de l’horreur, Poltergeist ou encore Charlie et ses drôles de dames.

Un an après les événements survenus avec le tueur au masque, Cindy (Anna Faris) et ses camarades de l’université s’apprêtent une nouvelle fois à vivre des moments terrifiants. Invités à passé un week-end dans un manoir hanté ayant été le théâtre d’événements surnaturels dans le cadre d’un cours assez spécial, ils vont être témoins de ces manifestations inquiétantes. Qui saura s’en sortir vivant ?

Cette suite commence aussi mal que le précédent : un chant vulgaire et une fille qui se vide d’une dizaine de litres de pisse sur le tapis du salon. Une tête dans l’urine, une allusion dégueulasse, une fissure anale : ça y est, l’espoir de voir un film drôle s’envole. Une bataille de vomis ? On s’en fout, sur le plan d’après le nettoyage a été fait. La plupart des personnages du premier sont morts ? Qui ça intéresse, qu’ils reviennent ! Le mauvais goût du vomitif revient lui aussi en force, Duffy ayant trouvé son alter-ego avec le personnage repoussant du majordome. S’en suit des scènes aussi affligeantes que mal faites, surtout le combat contre la chatte ou les interventions d’outre-tombe, pathétique… Plus grave encore, alors que le niveau d’humour est au plus bas, l’un des gags les plus gras refait son apparition : l’explosion de fluides. C’est dire le degré d’originalité, d’autant qu’avec le retour des principaux protagonistes, le comique de répétition qui les entouraient est de retour, aussi moisit et cliché fut-il. Et cette fois-ci, les films parodiés sont loin d’être aussi connus, surtout en France. Le style n’évolue pas tellement (ou empire), et les quelques sourires honteux esquissés ne changeront pas la donne : cette suite ferait passer le premier opus pour un chef d’œuvre. L’ennui absolu ? Qui sait, peut être que les suites feront pire. Et quand on a décidé de se faire une saga, il faut l’assumer…

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R.I.P.D. Brigade Fantôme

R.I.P.D. Brigade Fantôme
2013
Robert Schwentke

Généralement, les adaptations de comics-book sont plutôt rentables, malgré quelques flops retentissants (Green Lantern, pourtant personnage emblématique de la culture DC). Et alors que Jack le chasseur de géants et Lone Ranger étaient bien positionnés pour remporté la palme du plus gros ratage financier de l’année (le premier ayant perdu 100 M$, le deuxième probablement plus de 50), ce film pourrait battre ces contres-performance : budgété à 130 M$ (donc à peu près 200 avec les frais de marketing), le film à peu de chances d’atteindre la barre symbolique des 100 M$ de recettes. Alors soit à l’image de Jack de le film fut trop ambitieux par rapport à son pouvoir d’appel, soit le film est vraiment mauvais.

Comme son nom l’indique, le film met en avant une escouade policière assez spéciale : une élite de morts. Bon flic de Boston, Nick (Ryan Reynolds) va malencontreusement se retrouver mêlé à un conflit d’intérêt, lui et son collègue (Kevin Bacon) ayant retrouvé chez un dealer une quantité massive d’or. Lui veut le rendre alors que l’autre y voit l’opportunité de devenir riche. Profitant d’une opération de démantèlement, son collègue lui videra un chargeur en pleine poitrine. Emporté au ciel, Nick se retrouvera embarqué dans la R.I.P.D (Rest In Peace Department). Sa mission ? Amener en enfer les âmes des morts restés sur Terre.

Le principe même du film est excellent : flic à la vie à la mort, au sens propre. Au détour d’une scène de montée au ciel puissante, on découvre un organisme mystérieux où un duo de choc se formera, Jeff Bridges faisait un cow-boy parfait. Mieux encore, le film possède un ressort comique énorme avec les apparences humaines bidons de nos compères, l’un étant un vieux chinois, l’autre une bombasse aguicheuse. Bref, sur le papier un bon gros film d’action original qui flirte avec le style Men in Black. Mais le résultat est tout autre… Dès la première scène, on subit l’erreur classique du montage spoiler, première pierre démontrant le manque de discernement quand à la réalisation. Jouissant d’une direction artistique horrible (les monstres étant un ratage abominable), le film se paye en plus un cadrage bancal faussement dynamique, des effets spéciaux trop tapageurs, et surtout des plans brouillons au possible. De même, l’humour n’est qu’un éternel recyclage des mêmes vannes, le tout tournant très vite en rond. C’est dommage car il y avait un vrai potentiel, l’histoire de base étant très bonne. Mais le résultat est là : en l’état, le scénario paraît au mieux confus et maladroit, la réalisation est cabotine, et le tout ronronne mollement.

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Impardonnables

Impardonnables
2011
André Téchiné

Pays qui en fait sa spécialité, la France tombe dans l’un de ses travers les plus violent : le cinéma sans scénario. Une fois de plus, le film ne sera qu’un pan de la vie de plusieurs personnes à l’histoire insipide. Apparemment adapté d’un livre (le roman éponyme de Philippe Djian), on ose imaginer l’ennui du bouquin…

Écrivain assez modeste, Francis (André Dussollier) s’est mit en tête d’écrire son prochain roman à Venise, et étant peu imaginatif et d’une lenteur accablante, il décida d’y emménager pour un certain temps. Tombant sous le charme de la responsable de l’agence qui lui a trouvé sa maison, Judith (Carole Bouquet), il délaissera son œuvre à son profit. Puis chaque jour, une nouvelle raison viendra lui donner l’envie de ne rien faire, de laisser courir. Le jour où sa fille (Mélanie Thierry) quitta mari et enfants pour refaire a vie, il trouva l’occasion rêvée pour faire suivre Judith, faire chier le monde, tenter de faire oublier à tous qu’il n’est plus rien.

Fout toi une claque et pleure ! Près de deux heures durant, on suivra les jérémiades de personnages inodores et stupides, subissant tous leur vie de merde et s’y enfonçant un peu plus chaque jour. C’est effarant, il ne se passe pratiquement rien de tout le film, nous endormant avec des dialogues d’une rare inutilité et dont la banalité nous lobotomise méchamment. Et au détour de quelques scènes, on nous envoi violemment des inepties ou des ignominies. Les pires sont sans contestes le chien fracassé contre le mur, gratuitement, ou encore la sexe-tape envoyée volontairement à son père : vomit toi dans la bouche. Et que dire de la connerie des gens, allant jusqu’à dire un magnifique « il faudrait faire une campagne anti-procréation ». Mais suicide toi et nous fait pas chier connard ! C’est bien simple, soit les acteurs sont nullissimes – ce qui est probable – soit les personnages sont profondément antipathiques. Et quand on pense qu’au final on aurait pu résumer le film en une phrase : « il a trouvé l’amour, l’inspiration et les emmerdes ». L’ennui atteint vraiment ici des sommets, et subir pareille désolation est un scandale.

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Scary Movie

Scary Movie
2000
Keenen Ivory Wayans

Coupable d’avoir fait déferler sur nos écrans de grosses bouses parodiques (les français s’y sont même essayé avec fracas – L’île aux trésors), la saga Scary Movie a connu un grand succès en son temps : Scream en mode « Waza !!! » avait plumé 3,7 millions de spectateurs en France et extorqué 278 M$ dans le monde. Le principe était simple : faire un bon gros délire parodique en mélangeant les plus grands succès du moment (Scream, Souviens-toi l’été dernier, American Pie ou autre Usual Suspect).

Dans une petite ville des Etats-Unis, les habitant vivent dans la peur d’un serial killer, craignant de voir cet être noir encapuchonné et portant un masque de mort les assassiner froidement. Pour Cindy (Anna Faris) et ses amis (dont Shannon Elizabeth), le meurtrier est forcément au courant pour ce qu’il s’est passé l’été dernier et du cadavre qu’ils ont jeté à la mer. Mais bon, que cela ne les empêche pas de fumer, boire et s’éclater !

De base, on aurait tendance à se dire pourquoi pas. C’est un principe fort et novateur, les films choisit ont des univers proches et leur succès fut tel que les références sont comprises de tous. Mieux encore, sans crier au génie, les histoires se coordonnent pas trop mal. Et pourtant, le résultat est assez pathétique. En voulant dénoncer la bêtise des gens dans les films d’horreur, la naïveté des ados ou un twist complètement raté, le film tombe dans un travers plus bas encore : le graveleux. D’une grossièreté sans nom, le film enchaîne les gags scatophiles, les allusions sexuelles déplacées ou les déballages de fluides corporels vomitifs. Plus encore, on retrouve une forme d’humour interdite tant elle rend le film inexistant : avouer que tout ceci n’est qu’une fiction et montrer l’équipe technique. Fait exprès ou pas, le film accumule les erreurs d’amateurisme entre faux-raccords et accessoires bidons. Plus souvent indigné qu’amusé, le spectateur assiste à un spectacle franchement mauvais.

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Juillet 2013

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Le Dernier exorcisme : Part II

Le Dernier exorcisme : Part II
2013
Ed Gass-Donnelly

Forcément, quand on peut diffuser un minimum un film d’horreur d’à peine 1.8 M$ de budget, les profits sont colossaux (plus de 65 M$ ici) le genre étant un modèle de rentabilité, surtout depuis l’apparition du found-footage. Et qu’importe si le premier film eu des retours très mitigés (5,6/10 sur IMDb et 1,6/5 sur allociné) et qu’après son gros démarrages il s’effondra, l’opportunité de se remplir à nouveau les poches était trop grand. Mais que faire, les protagonistes sont morts ? Qu’à cela ne tienne, pas besoin de scénario !

Cette suite prend place après le meurtre du pasteur et de son équipe de réalisation, alors que la maison a brûlé et que les membres satanistes sont morts (WTF ?). Nell est alors retrouvée errante chez des particuliers, avant d’être confiée à un centre pour jeunes en perdition. Là, elle réapprendra à vivre, découvrira la société et ses joies, et qui sait, apprendre ce qu’est l’amour. Mais une ombre se profile : son passé semble bien décidé à ne pas la laisser tranquille, et Abalam semble ne pas en avoir fini avec elle.

Malgré la courte durée du film, il mettra un temps infini à rentrer dans une pseudo histoire insipide. Oubliez le premier film, les trois premiers quarts du film ressemble plus à un très mauvais drame humain sur une jeune fille perturbée à qui on donne une chance. On perd un temps hallucinant entre les papotages et les commérages de copines, et une romance vide entre deux psychopathes. Les seuls rares moments qui tentent de nous rappeler le thème du film sont les apparitions d’Abalam ou du père de Nell, mais qui n’apporte en fait que de la confusion à l’histoire. Tout ne sert en fait qu’à préparer l’exorcisme final, prévisible dans son déroulement comme dans sa conclusion. Et encore une fois, et c’est sans doute le pire, rien de vaguement angoissant à voir, l’ambiance visuelle et sonore étant complètement ratées. Un travail bâclé et inintéressant.

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Le Dernier exorcisme

Le Dernier exorcisme
2010
Daniel Stamm

Faisant écho au célèbre film de 1974 sur cette pratique chrétienne qui consiste à enlever du corps d’un innocent l’esprit d’un démon, le film s’inspire d’un sujet abordé avec un documentaire appelé Marjoe, relatant l’expérience de Marjoe Gortner dans ce milieu.

Converti très jeune au christianisme, Cotton Marcus (alter ego de Marjoe) a voué une bonne partie de sa vie à prêcher la parole de Dieu. Mais aujourd’hui, il a décidé de lever le voile sur un sujet tabou : l’exorcisme. Pour lui, les esprits démoniaques ne sont que le reflet de la folie humaine, et être possédé n’est que mensonge. Pratiquant aguerri, il a berné bon nombre de personnes avec ses tours de magies et autres illusions, et il veut aujourd’hui montrer la bêtise de tout cela car certains exorcismes tournent parfois mal et des gens sont tués. Accompagné par une équipe télévisé, il va leur démontrer le subterfuge avec Nell Sweetzer, censée être possédée par le démon. Mais les choses ne vont pas se passer comme prévu…

C’est devenu une mode, la plupart des films d’horreur contemporains sont tournés en found footage (caméra embarquée) et l’accent est mit sur l’humour. Un double choix bénéfique dans le sens où l’action paraît beaucoup plus réelle et le comique permet de mieux détendre l’atmosphère pour nous faire ensuite sursauter plus violemment. Et au début cette formule marche très bien : le processus d’exorcisation semble bidon et se régale des effets utilisés pour rendre la cérémonie impressionnante. Mais tout de même, il faudra presque attendre la moitié du film pour qu’on arrive au cœur du sujet : elle est probablement possédée pour de vrai. Probablement dans le sens où finalement rien ne sera sûr, les événements auxquels ont assistera se révéleront assez banals, exceptées les toutes dernières minutes qui confirment une fin annoncée de longue date et donc profondément décevante. Pire encore, le côté horrifique est absent : rien de véritablement terrifiant ni même légèrement angoissant. Il y avait du potentiel mais le côté bidon du reportage ne nous quittera jamais, le surnaturel ne faisant qu’une apparition timide à la toute fin. C’est bien trop peu pour exister, et le film sombrera vite dans l’oubli.

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L’Illusionniste

L'Illusionniste
2007
Neil Burger

Magie, illusion, simple tour de passe-passe, l’art du spectacle de prestidigitateur est énigmatique, technique et stupéfiant. Alors qu’un nouveau must du genre s’apprête à débarquer sur nos écrans, voici un autre film assez marquant, adapté d’une nouvelle de Steven Milhauser.

Fils d’ébéniste, Edward (Aaron Johnson) fit une rencontre qui changea sa vie : un vieil homme lui montra quelques tours incroyables, avant de disparaître mystérieusement, ainsi que l’immense arbre qui se trouvait là. Mais que vaut un vulgaire magicien face à une future baronne ? De par son rang, on éloignera de lui son grand amour Sophie (Eleanor Tomlinson). Il partit alors à la recherche des secrets du mondes, et revint 15 ans plus tard, montrant au peuple de Vienne le grand spectacle de Eisenheim l’illusionniste (Edward Norton). Bluffant et grandiose, son numéro attira l’attention du prince héritier Leopold (Rufus Sewell), dont la compagne n’échappa pas au regard de Edward : la duchesse von Teuchen (Jessica Biel), son amour de jeunesse qui n’a cessé de hanter ses pensées. Elle non plus de son côté n’a cessé de l’aimer. Mais comment faire entre le futur roi menaçant et la police (Paul Giamatti), constamment à l’affût ? Hélas, peu après que Sophie ai fait part de son choix à Leopold, elle fut retrouvée morte dans la rivière.

Si la romance n’est pas extrêmement poussée ni intéressante, malgré un flash-back très mignon, la magie rend tout de suite l’expérience plus enrichissante. Pilier du film, cet aspect est particulièrement bien maîtrisé entre un renouvellement constant des numéros, assez nombreux, une mise en scène spectaculaire, et surtout une qualité hallucinante. Comment ne pas se décrocher la mâchoire avec le coup de l’oranger ou des apparitions ? Mais c’est aussi là l’un des principaux problèmes du film : c’est trop. Admettons qu’un mécanisme permette à un arbre de sortir d’un pot par magie et qu’un effet de perspective empêche de démasquer le subterfuge (il est évident que l’arbre est faux), l’apparition de fruits est en revanche invraisemblable. De même, les hologrammes n’ont même pas aujourd’hui atteint le niveau auquel prétend le film, pourtant censé se dérouler au début du XX°. De même, le collier offert à Sophie ne peut exister, et on se rend bien compte qu’entre chaque raccord il y a échange d’accessoire. Donc à moins de croire en la vraie magie, le film regorge d’incohérences. Malgré tout, le film reste magnifique entre sa réalisation atypique, la force de Eisenheim, la qualité du casting et le tour de force de l’histoire, amenant un twist relativement prévisible mais franchement classe.

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