David et Madame Hansen

David et Madame Hansen
2012
AlexandreAstier

Alors qu’on attend depuis plus de trois ans la trilogie cinématographique sur Kaamelott qui ne verra peut être jamais le jour, voici le tout premier film de Alexandre Astier. Voulant de longue date traiter de la pathologie humaine, il voyait plus son histoire comme un face à face entre deux hommes, mais Delon le planta pour cause d’ego absurde. Retardé puis réécrit, son film aura malheureusement connu un bide retentissant avec 99 715 entrées, souffrant beaucoup des retours très mitigés de la presse.

Ergothérapeute, David (Alexandre Astier), nouveau dans une clinique suisse, se verra confier la tâche de sortir une patiente, madame Hansen (Isabelle Adjani). Souffrant de graves déficits de la mémoire, elle ne se rappel plus d’un jour sur l’autre le nom de ses médecins, ni même sa chambre. Partant à priori pour une simple séance de shopping, David se laissera déborder, et madame Hansen s’emparera de la voiture. La rattrapant de justesse sur une bretelle d’autoroute, il se rendit alors compte qu’elle se dirigeait vers la frontière, et retrouvera dans son sac une adresse à Aix. Il décidera de l’accompagner là bas, où il en découvrira peut-être plus sur elle.

Terriblement mou, on suivra au début cette histoire banale de docteur dévoué voulant faire plaisir à ce qu’il semble être un légume, plus vraiment en vie. On se raccrochera néanmoins à la très bonne plume du dialoguiste de Kaamelott, livrant une nouvelle fois des échanges oraux assez savoureux. Une fois arrivé à la fameuse maison, on oscillera entre déjà-vu et déception, tombant dans des traumatismes clichés. Et bien évidemment, le rétablissement ne sera pas spectaculaire, et ne se fera pas sans rechutes, accumulant les stéréotypes du genre. Pourtant, l’ambiance, la force des acteurs, la qualité des dialogues, la poésie qu’il se dégage de cette relation amicale, le film nous captive tout de même, amenant une touche psychologique salvatrice, mais qui ne pardonnera pas ce manque d’originalité et la mollesse de la réalisation.

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The Expatriate

The Expatriate
2012
Philipp Stölzl

Le film porte bien son nom, car lui aussi, à l’image de son héros, est un expatrié : il n’aura pas eu les honneurs d’une sortie cinéma. Sorti donc directement en DVD, le film raconte l’histoire de Ben Logan (Aaron Eckhart), qui subira ce qu’on appelle un réveil difficile. Travaillant pour une société belge spécialisée dans les systèmes de sécurité, il se retrouvera un beau jour devant des bureaux vides, déménagés durant la nuit. Pire encore, la maison mère semble ne pas connaître sa branche, ses mails ont été supprimés, et ses relevés de banque effacés. C’est alors qu’il fera la rencontre de l’un de ses collègues, qui n’est autre qu’un tueur à gage ayant déjà liquidé tous les autres membres de la boîte. Il se retrouve livré à lui-même, devant se protéger lui et sa fille (Liana Liberato) d’incessantes tentatives de meurtre. Mais en réalité, il a été durant quatorze ans un « nettoyeur » à la CIA, qui l’a d’ailleurs expatrié suite à un refus d’exécution. Et le voilà aujourd’hui prit au piège dans une immense conspiration, impliquant même Anna (Olga Kurylenko), une de ses anciennes collègues aux services secrets américains.

Pseudo thriller psychologique, le masque tombe bien vite, et l’histoire montrera alors ses limites. Perdu dans un immense Sans Identité dont on trépigne d’impatience d’en connaître les aboutissants, on se rendra rapidement compte qu’il ne s’agit que d’un cas banal de marchandises illicites impliquant la CIA. Y rajouter une relation père / fille ne suffit pas à en faire une base solide. On assistera plutôt à un petit film d’action sans trop de budget, peinant à s’imposer en tant que tel, un peu trop mou pour le genre. Par contre, il faut reconnaître au film un certain réalisme, osant même blesser des enfants. De plus on se satisfera d’une cohérence à peu près valide et d’une fin pas trop mauvaise. Principalement porté par son chevalier blanc, le film se laisse regarder, sans plus.

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Hyper tension 2

Hyper tension 2
2009
Mark Neveldine, Brian Taylor

Aussi improbable qu’était le premier film, son mélange de violence et de dynamisme hors du commun en faisait une brute de film d’action jouissif. Et malgré une chute d’hélicoptère mortelle, Hyper tension laissait malgré tout entendre que le grand Chev Chelios (Jason Statham) avait résisté à l’atterrissage.

Après avoir dû lutter à grand coup de shoot d’adrénaline contre un poison chinois, Chev devra une nouvelle fois faire preuve d’imagination et de combativité devant l’emmerde qu’il lui est tombée dessus : le chinois, qu’il aurai dû butter et qui l’a aidé face à Verona, l’a trahis, projetant de revendre son cœur increvable à leur doyen. Mais trois mois plus tard, après avoir été remit sur pied, Chev se rend compte qu’il a reçu un cœur mécanique à la place, et il ne lui reste qu’une heure à vivre en quittant sa chambre médicalisée. Mais il est hors de question de laisser quelqu’un lui voler son pompeur, et il mettra une fois de plus la ville à sang pour le retrouver et tuer tous ceux qui en sont responsable.

Le principe précédemment établi était excellent : un fou qui cour comme un dératé et sur qui plane la mort. Et après tout, pourquoi ne pas le reprendre en remplaçant l’adrénaline par une décharge électrique, aboutissant au même effet. Le problème, c’est que niveau cohérence tout fout le camp, utilisant des pratiques aussi douteuses que le retour de la baise publique avec Amy Smart, ou des grands coups de taser et autre choc électrique, dans le but de recharger la batterie de son cœur artificiel. Beaucoup de facilités, de redondances, un manque d’originalité, et surtout une cohérence qui s’envole dans les flammes. Mais le vrai problème du film est sans doute sa radicalisation dans le trash, abusant outrageusement de la nudité, du contenu explicite, du langage spécifique, et du gore. Pas complètement hors de propos vu les circonstances, cette surenchère n’en reste pas moins inutile et vulgaire. Bien sûr, la formule étant inchangée on reste dans la déferlante hallucinée, conservant cette même efficacité, mais la fougue, l’originalité et le talent se sont largement estompés. Toujours en discutions, la possible troisième partie aura bien du mal à rectifier le tir.

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Hyper tension

Hyper tension
2007
Mark Neveldine, Brian Taylor

Derrière cette affiche à la GTA se cache l’un des films les plus déjantés qui soit, reposant sur le principe de shoot d’adrénaline. En effet, l’histoire s’axe autour de Chev Chelios (Jason Statham), un tueur à gage des cartels de Los Angeles, qui n’aurai pas dû exécuter sa dernière cible. Un acte qui lui aura attiré la fureur de Verona, un mafieux local. Après l’avoir assommé à grand coup de batte de Baseball, il laissera Chev chez lui avec un poison chinois mortel dans les veines, qui fera arrêter de battre son cœur dans moins d’une heure. Une mort particulièrement douloureuse et atroce. Entrant dans une rage folle, il décide de partir aller butter Verona et tous les salops qui l’entourent. Dans sa course, il se rendra compte que l’adrénaline a pour effet d’inhiber les effets du poison. Sa mort est inévitable, mais il compte bien entraîner le plus de personne avec lui, et la ville aura bien du mal à le contenir.

L’idée du film est simple : s’il s’arrête il meure. Alors comment s’assurer d’une dose constante d’adrénaline ? Facile : tabasser des gens, voler la moto d’un policier, faire des courses poursuites, faire mu-muse avec les flics, s’échanger des tirs avec des mafieux, trancher une main au hachoir, ou encore faire l’amour en pleine rue à sa copine (Amy Smart). Côté substances tout est bon à prendre : sucreries, boissons énergisantes, cocaïne, drogues de synthèse, ou plus justement des médicaments adaptés, avec des sprays, des injections et des transfusions. Un grand n’importe quoi lâché à très grande vitesse, se souciant peu de la vraisemblance, préférant se focaliser sur le concentré d’action. Et effectivement, déjà que le film est court, il fuse et envoie du lourd. En plus de scènes choc, le film peut compter sur des tirades sanglantes et très drôles, comme le « et une idée me traversa la tête, comme une balle tirée à bout portant », rappelant l’un des plus grands chef d’œuvre de la littérature, Ma vie contre la mienne. Bref, une purge du genre dont on se délectera, restant quand même dubitatif sur la suite des événements. Car oui, poison ou pas, chute mortelle ou pas, il est encore vivant !

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Low Cost

Low Cost
2011
Maurice Barthélémy

L’avion est le moyen de transport le plus sûr qui soit, bien qu’il ai régulièrement des accidents. Néanmoins, de par sa nature impressionnante, les vols font irrationnellement peur à beaucoup de gens. Alors quand il s’agit d’une compagnie de seconde main, le phénomène est d’autant plus grand. Et c’est en jouant dessus que le film compte nous faire rire. Une ambition modérée, mais qui ne trouvera pas écho.

Le film prend place à Djerba, en Tunisie. Alors qu’un groupe de touristes français pensait tranquillement rentrer sur Paris (à Beauvais) par le biais de cette compagnie « Low Cost », le décollage se fait attendre. Et huit heures après, la nouvelle tombe : la compagnie a fait faillite, et bien que l’avion ai le droit de décoller, il n’y a donc plus de pilote. Qu’à cela ne tienne, un certain Jean-Claude (Gérard Darmon) serai un ancien pilote à la retraite, et en prendra donc les commandes. Mais à l’atterrissage, c’est la stupéfaction : ils se retrouvent au beau milieu du désert. Assaillis par des rebelles arabes, ils verront leur séjour se terminer dans le cauchemar. Voulant impressionner la belle hôtesse (Judith Godrèche), Dagobert (Jean-Paul Rouve) tentera de reprendre les choses en mains.

Il n’y a pas de mots pour décrire cette escroquerie de bas étage : pas la moindre trace de scénario. Rien avant, rien après, rien pendant. Huis clos en bonne et due forme, l’histoire ne comprendra que deux points : un probable faux-pilote se perd et atterri on ne sait où, et l’emprisonnement de l’appareil par des ersatz de terroristes. C’est faible, très faible. Mais après tout, pour une pure comédie, il na s’agit là que d’un détail. Faux ! Le film n’est pas spécialement drôle, et certains passages n’ont même pas de descriptif possible. Pénible tentative émotionnel ou effet comique pourri ? C’est une question qui revient très souvent… Tout juste esquisse t-on un sourire à l’occasion, voir échappe t-on un léger rire de pitié. Heureusement, on retrouve quelques têtes connus, la réalisation est propre, et le film est court. On saluera cet avion dans le ciel, espérant le voir se crasher.

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Margin Call

Margin Call
2012
J. C. Chandor

Si elle régit une grande partie de l’économie mondiale, et a donc une immense influence sur nos vies, bon nombre de gens ignorent tout du marché boursier. Le principe est pourtant simple : tous les produits, les matières premières, et plus généralement des part d’une société (les actions), existent et peuvent s’acheter virtuellement. En dehors de quelques particuliers, les principaux clients de ses placements financiers sont les banques, qui gèrent des fonds spéculatifs à l’aide de trader, des rois de la vente chargés d’anticiper le marché et en prédire les tendances. Mais ce monde s’est écroulé en aout 2007, quand la bulle spéculative a explosé. Le film nous propose donc une plongée au cœur du service spéculatif d’une banque.

Alors qu’elle pensait avoir survécu à la crise économique et à l’effondrement des marchés, y trouvant même de belles opportunités dans le malheur des autres, une banque décide tout de même de s’alléger d’une grande partie de ces effectifs. – Eh oui, aux Etats-Unis on peut licencier sans motifs ni préavis. – Parmi eux, Eric Dale (Stanley Tucci), responsable du service d’évaluation des risques. Arrêté en plein travail sur les finances de la banque, il n’aura de choix que d’en confier la tâche à son successeur, Peter Sullivan (Zachary Quinto). Il y trouvera une irrégularité dans son algorithme de pertes, acceptant un tel niveau que les dettes ont atteint la valeur de l’entreprise. La situation est critique, et pour le directeur général (Simon Baker), ils n’ont d’autre choix que de liquider tous leurs produits avant que leur situation ne soit connue, quitte à ruiner le marché boursier, sans quoi ils feront faillite.

À l’image de la folie de Wall Street, les événements du film se dérouleront tout juste sur deux jours, néanmoins sans pause au milieu. Quand un drame menace de mettre à genou l’entreprise, nuit ou pas nuit, on se doit de régler le plus vite et au mieux le problème. On notera au passage que la hiérarchie y est impressionnante avec Paul Bettany en chef trader, Kevin Spacey en chef des opérations de ventes, Jeremy Irons en président de la société, et Demi Moore en chef d’une autre branche. Et tout ce petit monde se retrouvera en pleine nuit pour tenter de sauver les meubles, tout en n’oubliant pas les intérêts de chacun. Un scénario qui ne paie pas de mine à priori, et pourtant la quasi unicité de lieu et de temps, le charisme des personnages, et surtout le mélange d’accessibilité et de technicité autour d’un thème loin d’être universel, rendent l’expérience enrichissante, pas seulement pour le suspense autour du probable krach boursier. En effet, le film montre des hommes intègres et moraux pour la plupart, bien que tous fassent passer l’argent avant tout, donc la morale a toujours un prix, apportant une touche d’humanisme non négligeable, mais teintée d’une douce ironie cupide. Bien ficelé, bien interprété et dynamique, le film se révèle très intéressant.

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38 témoins

38 témoins
2012
Lucas Belvaux

Adaptation du roman « Est-ce ainsi que les femmes meurent ? » de David Decoin, le film n’a visiblement pas compris une chose pourtant essentielle : les gens se foutent de tout, surtout des meurtres. Alors de là à s’apitoyer dessus… Bon dieu, un peu de décence !

En effet, l’histoire du film s’axe autour d’un meurtre : une jeune fille poignardée dans la nuit. Cette nuit là, dans les deux immeubles donnant sur la rue où s’est déroulé l’incident, 38 personnes ont potentiellement été témoins de la scène. Personne n’a rien vu, personne n’a rien entendu, tout juste une personne croyant à une femme bourrée, reparti se coucher. Mais l’un d’eux, Pierre Morvand (Yvan Attal), après avoir déclaré à sa femme ne pas avoir été là la nuit du meurtre, se retrouve hanté par le souvenir des cris de cette femme. Prit par sa lâcheté, il n’a rien fait, et comme un autre témoins, il s’est recouché. Il aurai pu la sauver, comme les 37 autres personnes cette nuit là. Rongé par la culpabilité, il a conscience de s’être rendu coupable de non-assistance à personne en danger.

Le scénario du film est à mourir de rire. Sans réellement se préoccuper du meurtre, l’investigation est tout juste montrée et ne sera pas un exemple de réussite, le film raconte donc la dépression d’un homme, anéanti de n’avoir pas prévenu la police cette nuit là, alors que dans son fort intérieur il avait conscience de la situation. Et les 37 autres témoins seront eux aussi extrêmement troublés, n’osant même pas avouer avoir entendu des cris. Le summum du ridicule… Porté par un casting minable, on subit des acteurs surjouant les traumatisés de guerre, alors même qu’il ne s’agit que d’un banal meurtre d’une personne complètement inconnue. Un angle déjà mauvais de base, mais qui devient avec la disproportion totalement débile et incohérent. La pseudo enquête journalistique de Nicole Garcia ne fait qu’enfoncer un peu plus le clou. Mou, vide, stupide, le film est une perte de temps abrutissante.

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Ted

Ted
2012
Seth MacFarlane

Deuxième plus gros succès de l’histoire pour une comédie, le film aura extorqué  pas moins de 549 M$ dans le monde, dont un excellent 218 M$ aux Etats-Unis, malgré une date de sortie improvisée à la dernière minute et une concurrence d’une rare férocité. Coup de génie ou phénomène inexplicable ?

L’histoire de Ted (Joey Starr), c’est donc celle d’un ours en peluche, qui s’anima un beau jour, après que son propriétaire, John Bennett (Mark Wahlberg), alors âgé de huit ans, fit le vœu d’avoir un copain pour toujours. Et sa prière fut exhaussée, puisqu’au réveil son fidèle ours en peluche devint vivant. Gros phénomène, le buzz du nounours humain se tassa petit à petit. Et 27 ans plus tard, Ted et John sont devenus deux potes tout ce qu’il y a de plus normal, à ceci près que sa vie d’ours débridé, fumeur de joins, alcoolique notoire et pervers fini commence à sérieusement gêner Lori (Mila Kunis), la concubine de John. Voulant former une famille et qu’il devienne enfin un adulte responsable, elle lui posera un ultimatum : soit Ted déménage, soit elle le quitte. Mais on renonce pas si facilement à un délire de 27 ans, même pour la femme de sa vie.

Le film part d’une idée originale et complètement folle : un ours en peluche qui s’anime et devient le meilleur d’un petit garçon. Mais en réalité, la véritable idée est de les faire délirer et abuser de toutes les substances illicites une fois adultes. Or pour éviter l’entrave de « oh la vache un nounours qui parle ! », le film jouera la carte de la fainéantise, en faisant croire que tout le monde s’en fout au bout de 27 années. Bah oui, quoi de plus normal ? La logique est d’ailleurs le dernier des soucis du film : dénué d’organes et de système digestif, Ted peut tout de même se défoncer, boire et manger. Donc on l’aura compris, le film se repose exclusivement sur son humour. La comédie de l’année ? Loin s’en faut, on retrouve les tares américaines habituelles : humour scatophile, en dessous de la ceinture et franchement débile. Certaines scènes sont même désolantes, comme celle de la bagarre entre John et Ted. Côté mauvais goût on soulignera une violente attaque à Superman Returns, pourtant autrement plus abouti que ce film. Heureusement, on retrouve des personnages sympathiques, une bonne ambiance, et quelques gags tellement absurdes qu’on en rit, comme avec ceux sur la vie sexuelle de Ted, ou leur passion désuète pour la vieille série du Flash (héros de Comics). Donc malgré de nombreuses lourdeurs, le film reste amusant, mais très certainement pas au point de mériter son succès disproportionné.

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Final Fantasy IX

Final Fantasy IX
2001
Playstation

Sans contestes possible l’un des plus grands jeux de la célèbre saga Final Fantasy. Comme pour sublimer la fin de vie d’une console de légende, Square-Enix a mit le paquet pour offrir l’aventure la plus belle et la inoubliable possible. Et voilà pourquoi le jeu est bien plus qu’un RPG excellent, la preuve que le jeu-vidéo est l’un des arts les plus aboutis et importants qui soit :

Graphismes : 18/20

Sans avoir fait l’unanimité, son prédécesseur avait placé la barre au maximum, mais ici on revient à une formule plus classique du support, à savoir des décors en 2D particulièrement soignés, et des personnages en 3D les moins laids possibles. Et à dire vrai les décors sont magnifiques, ont dirai de splendides peintures ! Les personnages sont tous très charismatiques et sont modélisés du mieux de la console. Même les plus secondaires ont droit à un effort similaire, supprimant les écarts passés qui avaient tendance à choquer. On se réjouit aussi de la variété des décors qui nous surprendront  jusqu’à la fin du jeu avec les très jolis effets du monde du cristal. À noter beaucoup de cinématiques, quoique légèrement moins nombreuses que par le passé, mais bien plus fluides et belles. La direction artistique du jeu est franchement excellente.

Jouabilité : 16/20

C’est du FF très classique et très plaisant avec un système de limites comme dans FFVII, appelé la transe, qui né de la rage d’une personne envers son milieu, et qui se manifeste sous forme de source de pouvoir. Tous les personnages ne sont pas logés à la même enseigne, et certains ne tireront que très peu partie de cette ressource, de toute façon assez rare de par la lenteur du chargement de la jauge. On retrouve aussi un système de PD (points de destinées) qui permettent d’améliorer son équipe en proposant divers bonus (attaque, immunité à certains sorts, régénération, accélération, …), mais il faut faire preuve de tactique puisque ces derniers manquent très rapidement. Pour améliorer les armes et armures, on utilise les forges qui nécessitent 2 objet et des gils (la monnaie du jeu) pour en former un meilleur. Les associations sont très coûteuses et obligent à garder chaque armes et armures du jeu, ce qui génère des dépenses en gils monstrueuses. Il y a donc un gros problème à ce niveau. Côté mini-jeux, on citera le jeu de carte, très loin de la clarté et de l’efficacité de celui de FFVIII, mais il représente un petit plus sympa. En ce qui concerne le système de combat, on retombera dans quelques travers. Pour ce qui est des magies, mais c’est un problème récurrent dans tous les jeux, c’est à peine plus fort que les coups dans un premier temps, puis cela devient vite inutile, excepté celles de soins, quoique la régénération peut parfois suffire. De même, les chimères sont obtenues beaucoup trop tard, et leur dépense est lourde en PM. On restera donc sur la technique des coups classiques avec utilisation des limites, bien que le héros soit le seul à réellement déboîter avec sa transe. Du grand classique donc, moins inspiré que les deux précédents opus Playstation.

Durée de vie : 18/20

Le jeu peut être bouclé en 25-30 heures en ligne très droite, mais à partir du moment où vous prenez votre temps et que vous cherchez à avoir tous les trésors de Chocobo, que vous faites les (rares) quêtes optionnels, que vous cherchez les meilleurs armes et armures, le temps peut monter à 60 heures. Il existe néanmoins une folie : la meilleure arme de Steiner nécessite d’arriver à un certain passage à la fin du dernier CD en moins de 12 heures. Dans l’absolu c’est faisable, mais devoir zapper toutes les cinématiques, les dialogues, les gains de compétences et passer ric-rac question niveau, on aura connu meilleur amusement.

Bande son : 17/20

Les musiques sont excellentes mais peu sont les inoubliables. On retiendra le thème de Kuja, certains thèmes d’action, et bien sûr la chanson que chante la princesse, même si on n’y a droit qu’au générique de fin avec les paroles (les larmes coulent à flot), à ceci près que la pureté sonore de la console ne lui rend pas totalement justice. On notera aussi la présence au début du jeu dans la forêt maudite de la musique de la fanfare de la shinra de Junon (FFVII), jouée par l’orchestre de l’aérothéâtre. Un autre clin d’œil sympathique rend hommage à FFIII, dans le village des mages. On reprochera néanmoins une chose : les musiques de combats. Un peu trop répétitive, cette dernière ne connaît que trop peu de variantes lors des boss. Tenir un peu plus compte du contexte environnemental aurait été appréciable.

Scénario : 18/20

Bien que l’histoire ne commence à intéresser qu’au changement de CD, que le CD2 connait des passages à vide, on ne peut pas vraiment faire de reproches au scénario. Jamais un jeu ne nous aura fait autant réfléchir sur « notre existence à t-elle un sens ? ». Les notions de vie,  de mort, et de création sont exploitées à merveille, et ne tombent jamais dans l’excès. On reste dans l’émotion et le dramatique. Le scénario est très riche en rebondissement et tourne autour de la princesse et de la reine dans le CD1, de la reine, Kuja et les chimères dans le CD2 puis de Kuja, Garland, l’univers et la vie et son origine dans les CD 3 et 4. Le tout dans un univers médiéval, connaissant une variante apocalyptique intéressante pour la planète Terra, même si elle n’est pas sans rappeler un certain lieu de FFVII. Il est de plus vivement conseillé de finir le jeu avec le marteau et/ou l’épée SLR (peu importe) pour mieux profiter de la fin et ces scènes bonus, laissant sinon bon nombres de questions en suspend. Un procédé il est vrai honteux, mais la récompense vaut bien quelques maigres efforts.

Note générale : 18/20

Sans nul doute un jeu exceptionnel, une perle rare, si ce n’est même l’un des meilleurs RPG au monde, et bien sûr le meilleur Final Fantasy qui n’est jamais existé, et c’est peu de le dire. Malgré des problèmes de gestion d’argent, de difficulté (arrivé au CD 3 le jeu devient vraiment trop facile) et un manque d’innovation dans le gameplay, le jeu ne souffre de quasiment aucuns défauts. Certes, il y a des temps morts, mais ils sont faits exprès dans le cadre d’une étude psychologique progressive des personnages, et il ne pouvait en être autrement. Après un démarrage poussif avec des Tantalas moribonds, l’histoire gagnera petit à petit en qualité et intensité, finissant à des sommets magnifiques. Et comment résister au charisme incomparable de ses protagonistes, du cadre enchanteur du jeu et de ses musiques guillerettes ? Il devrait être interdit de passer à côté d’un jeu d’une telle envergure, tant l’aventure est inoubliable.

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Moi, député

Moi, député
2012
Jay Roach

Surfant sur les élections présidentielles américaines au moment de sa sortie, le film aura aussi connu un intelligent clin d’œil en France, reprenant l’une des célèbres phrases de la campagne de Hollande, « moi, président ». Et comme de par chez nous, la campagne va tourner à la mascarade.

Député sortant de Caroline du Nord, Cam Brady (Will Ferrell) brigue un cinquième mandat. Pas vraiment apprécié, il n’a cependant aucune concurrence. Ne le supportant plus, les républicains décident de lui mettre un candidat entre les pattes : Marty Huggins (Zach Galifianakis). Carrément efféminé, limite obèse, laid, sans le moindre style, et traînant une famille peu sortable derrière lui, il ne semble pas pouvoir peser bien lourd dans la campagne. Mais grâce aux généreux donateurs, les républicains vont faire de lui une tout autre personne, prête à abandonner sa famille et faire subir les pires ignominies à son adversaire. Peu enclin à capitulé devant bibindome-bisounours, Cam fera lui aussi appel à toute sa roublardise.

Après un début mollasson et tombant dans un humour parfois douteux, le film rentre dans le vif de son sujet : deux candidats plus pourris l’un que l’autre, s’attaquant avec les pires coup-bas possibles. Insultes, attaques personnelles, campagnes publicitaires, et dérives physiques : tout est permis. Le problème, c’est que Zach Galifianakis est absolument insupportable, et son personnage n’est ni drôle ni sympathique, plombant méchamment des pans entiers du film. Heureusement, Will Ferrell rehausse le niveau, nous faisant même éclater de rire à quelques moments privilégiés, comme ses campagnes très osées, ou surtout son hilarante percée en voiture. Il y avait donc un véritable pouvoir comique à fort potentiel, mais les trop rares bons moments sont ou trop espacés, ou trop entachés par des âneries typiquement américaines et lourdingues. Et que dire de sa fin, facile, attendue et insipide ? Drôle à l’occasion, le film ne tient pas la longueur.

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