Dinotopia

Dinotopia
2002
Marco Brambilla

Créé en 1992 par James Gurney, l’univers de cette île mystique faisant cohabiter pacifiquement humains et dinosaures, d’où le nom Dinotopia (dinosaure & utopie), a prit racine dans un livre illustré pour la jeunesse, avant de se développer historiquement dans une déclinaison littéraire. Cette mini-série de deux films (découpée en trois aux Etats-Unis), diffusé en 2002 par ABC, en reprend le premier tome, et a choisit d’y mettre les formes. Explosant tous les records budgétaires audiovisuel, ce 250 minutes a coûté la somme inégalée de 86 millions de dollars, pour donner toute l’envergure nécessaire à ces écailleux. Si le retour sur investissement est difficilement chiffrable, le chaîne américaine peut en revanche se féliciter d’avoir réuni plus de 30 millions de téléspectateurs, un succès certes proportionnellement moindre que les 9,2 de M6 en France.

Adaptation contemporaine du premier roman de Dinotopia, la série démarre alors que David (Wentworth Miller) et Karl (Tyron Leitso) se retrouvent dans une tempête en plein vol sur l’avion de leur père. Les commandes ne répondant plus, l’appareil se crash dans l’eau, et les deux frères assistent impuissant à sa mise en abysse, leur père coincé à l’intérieur. Le courant les mènera vers une île non répertoriée pour le moins surprenante : Dinotopia. Alors qu’un météore aurait éradiqué les dinosaures, une partie de l’astéroïde en aurait sauvé suffisamment pour repeupler une île de 300 km². Depuis, les différents naufragés ont colonisé pacifiquement l’île, adoptant le régime végétarien, cohabitant avec les dinosaures dociles, depuis suffisamment évolués pour communiquer avec nous, et évitant les carnivores en les apaisants avec des éclats du météore qui les avait autrefois sauvé. David et Karl découvrent alors ce nouveau monde et ses cultures, ses lois, sa mentalité. David y voit l’opportunité de mener une aventure épique, alors que Karl désespère de savoir ce qu’il est advenu de son père et désir retrouver le vrai monde. Mais ils se retrouveront malgré eux entraînés dans un problème grave : les roches solaires des villes se meurent et ces cités sont menacés d’extinction par les carnivores sauvages. Leur seule chance de salue se trouverait dans le monde de l’obscur, mais sa profanation est interdite.

Originellement conduit par Disney, le projet fut jugé trop gros pour une diffusion sur une chaîne câblée, et abouti entre les mains du géant ABC. Pour permettre à cet univers onirique d’exister pleinement, l’équipe n’a pas hésité à faire appel aux responsables des effets spéciaux de l’immense Jurassic Park, réunissant même un budget supérieur en terme d’imagerie pure, le cachet des acteurs étant moindre. Si il n’existe pas encore à l’heure actuelle de format HD pour cette mini-série, pour rendre parfaitement justice au travail réalisé, on pourra néanmoins admirer la beauté des paysages, l’architecture de Watterfall City, et surtout la modélisation des dinosaures, particulièrement réussie. La qualité graphique de l’œuvre fut d’ailleurs récompensée par un Emmy Award. Mais que seraient des effets spéciaux sans véritable histoire ? Pour nous tenir en haleine quatre heures durant, outre la découverte de l’île, de sa civilisations, de ses lois (particulièrement naïves et utopiques), de ses créatures et de ses habitants, on plongera aussi au cœur des mystères de sa création et des dangers qu’elle abrite. Et pour mieux nous immerger, nos oreilles seront bercées par de sublimes musiques reflétant à merveille l’ambiance paisible et fantastique de la série. Côté acteurs, le bilan est très mitigé. Si les principaux sont plutôt bon (David – encore que cette girouette de faux-cul soit sacrément tête à claque  –  ; Karl ; Marion, la Kathleen de la saison 2 de Heroes ; et Cyrus Crabb (David Thewlis), le Lupin de la saga Harry Potter), les acteurs secondaires sont tout simplement atroces entre ceux qui surjouent et ceux qui nous noient de bons sentiments. De manière générale, ces deux téléfilms croulent sous la naïveté, amenant parfois à l’exaspération, mais c’est après tout son style et son univers qui l’imposent, et cela sied bien aux périodes de fêtes. Fort de son succès, ABC avait même commander une série complète, mais faisant l’erreur d’en changer les acteurs, trop chers pour le long terme. Et à force de faire trop de consentements sur le budget, seuls 6 épisodes sur les 13 furent diffusés à cause du piètre résultat et des audiences atroces qui en découlèrent. Mais cela n’a pas empêché cette mini-série de briller, et de faire désormais partie du patrimoine culturel cinématographique du Jurassic, nous gratifiant d’une histoire très poétique et esthétique.

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Pieds nus sur les limaces

Pieds nus sur les limaces
2010
Fabienne Berthaud

Si la présence du film dans de nombreux festivals laissait craindre une bonne bouse de cinéma d’auteur, c’est sans doutes son titre débile improbable qui a dû le condamner à l’anonymat, malgré la présence sur l’affiche de deux stars internationales. Un sort qui aurait dû être définitif, mais la télévision en a voulu autrement…

Derrière ce titre « bizarre », se cachent deux sœurs : Clara (Diane Kruger) et Lily (Ludivine Sagnier). Lily, la petite dernière, se traîne un lourd handicap : un autisme sévère, auquel s’ajoute la résignation de ses proches. Mais à la mort de leur mère, la pauvre Clara se retrouve dans l’obligation morale de s’occuper d’elle, même si cela signifie devoir mettre en péril son couple et sa santé mentale. L’amour est-il plus fort que la frustration et la colère ?

Comme neuf fois sur dix, les scénaristes n’inventent pas une histoire mais préfèrent raconter la vie tumultueuse d’une famille brisée. Donc bien sûr, la créativité frise le néant et l’handicap n’apporte aucune originalité à l’ensemble, noyant le film dans la masse cinématographique française. Les situations sont prévisibles, pas drôles, dénuées d’émotions fortes, et nous ennui très vite. Les différents rebondissements donnent une envie folle de se débarrasser de la mégère, ou au moins la remettre à sa place, nous frustrant davantage devant l’impassibilité des personnages, incapables de réagir intelligemment. Reste les deux actrices, pas mauvaises, mais qui ne font clairement pas la différence. Quand la mâchoire se décroche, inutile de résister.

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A l’aube du 6ème jour

A l'aube du 6ème jour
2000
Roger Spottiswoode

Dans un futur « pas aussi lointain que ce que vous pourriez imaginer », le film prend place dans un monde d’assistés, où chaque action est automatisée, les rasoirs laser, les voitures autonomes, les frigos auto-réalimentés, et où l’argent réel n’est plus qu’un vague souvenir, remplacé par des paiements digitaux. Les progrès de la science sont aussi énormes : la culture du clonage permet la création facile des organes humains et permet même de remplacer son animal de compagnie une fois mort en réimplantant ses souvenirs dans un corps neuf modélisé. Mais ces pratiques sont polémiques et son extension à l’humain lui-même est prohibée, légiférée sous la mention « amendement du 6ème jour », en référence à la bible et notre création.

Dans ce nouveau monde où le principe de vie est désacralisé, Adam Gibson (Arnold Schwarzenegger) mène tranquillement sa petite vie de banlieusard avec sa femme et sa fille, gagnant tranquillement sa vie en pilotant son hélicoptère pour les riches skieurs avec son meilleur ami Hank. Mais un jour, alors qu’il avait la charge de conduire Michael Drucker, le président de la société de clonage en charge des greffes et de Re-Peet (jeu de mot avec repeat, pour dire qu’ils refont votre animal), un militant anti-clonage tua le président et le pilote. Ça aurait dû être Adam, pour des raisons de contrat, mais c’est finalement Hank qui le remplaça, se faisant passer pour Adam. Pour éviter que l’histoire ne se répande, la société, qui effectue en cachette des clonages humains, remplaça alors le normalement mort Adam. Mais à peine eurent ils compris leur erreur, et tenté d’y remédier en tuant l’original, qu’il s’échappa, mettant en danger leur organisation secrète.

La première chose qui frappe dans ce film, c’est sa vision futuriste de notre société de consommation, partisane du moindre effort. Il est tout à fait possible que d’ici quelques décennies le foyer moyen sera doté de tels objets d’assistanat. En revanche, notre connaissance du cerveau est trop faible pour permettre d’extraire clairement nos souvenirs de notre cortex cérébral, tout juste peut-on modélisé partiellement nos rêves. On devra attendre sans doute plus d’un siècle pour voir émerger de tels progrès médicaux. Mais une chose est sûre, l’univers du film est réaliste et plausible, et le scénario fait que le déroulement est implacable et parfaitement logique. Le budget plus que confortable (82 millions de dollar) permet au film un visuel de qualité, renforçant l’immersion. Un bon film de science-fiction bien pensé. Mais la principale qualité du film est sans le moindre doute sa portée philosophique. Si on clone un être humain mort, est-ce une réincarnation ? L’âme est-elle dupliquée ou n’est-ce qu’une abomination ? Mais qu’en est-il quand le clone côtoie l’original ? Un clone peut-il être assimilé à un être humain ? La mort n’est-il qu’un vide absolu où la conscience de soit n’existe plus, réduisant notre passage sur Terre à une donnée insignifiante de l’espace-temps ? Tant de questions qui débouchent sur un constat sans appels : le clonage ne représente pas la continuité de la vie mais une variante. Un sentiment de mal-être se dégage du film, et en rebutera sans doute plus d’un. Un tord assurément : le film est une véritable perle intellectuelle.

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L’Etrange Noël de M. Jack

L'Etrange Noël de M. Jack
1994
Henry Selick

À cause de son design très spécial et de l’animation qui en découd (principe de « stop motion »), j’ai indéfiniment boudé le film. Même la patte de Tim Burton à l’écriture n’y changeait rien : le style me laissait pantois. Mais seulement voilà, depuis Kingdom Hearts et ses descendants sont passés par là, dévoilant son univers dans un contexte charmeur et qui donnerait presque envie. Et si après tout je passais à côté d’une perle ? En plus, voilà une bien pratique occasion d’évoquer Noël.

Présenté sous forme de conte de l’horreur, le film prend racine dans le ville d’Halloween, monde magique composé d’un quartier lugubre, d’un cimetière, et entouré d’une forêt infinie. Lieu de perdition, cet endroit infesté de monstres et de fantômes n’a qu’un seul but : préparer le jour d’Halloween pour qu’il suscite le plus de peur possible chez les enfants. Meilleur élément du village, Jack Skellington est cependant fatigué de son éternité de terreur, aspirant à du changement. Perdu en forêt, il tombera sur une porte dimensionnelle, menant à la ville de Noël. Émerveillé par ces couleurs, intrigué par le bonheur, Jack n’en revenait pas de la joie de cette fête. Cette année, c’est décidé : ce sera lui qui gérera Noël.

Si il est assez évident du caractère enfantin de cette histoire, il faut bien reconnaître que le film est original. Les deux univers peints se marient très bien et leur fusion est inédite, aboutissant même à beaucoup de poésie sur l’existence et la condition humaine. Mais plus encore, c’est surtout la patte graphique qui tranche, donnant une identité particulièrement forte au film. Ambiance très gothique, couleurs ternes et image sombre : on reconnait immédiatement l’emprunte de Tim Burton. Pour ce qui est de la technique à proprement parlée, les décors sont somptueux, les marionnettes vivantes, et les jeux de lumières réalistes, mais l’animation n’est pas très fluide, par manque d’images (à croire que trois ans passé à construire et immortaliser les scènes n’étaient pas suffisant). Certes moins fort que son visuel, un autre aspect du film retiendra notre attention : le son. Musiques virevoltantes endiablées et chansons brillantes ponctuent le film, alliant mélodies superbes à des paroles pertinentes et surprenantes d’intelligence. On retrouve donc un Disney de qualité qui s’impose dans tous les domaines artistiques, mais dont l’excentricité en rebutera plus d’un, à tort.

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Angèle et Tony

Angèle et Tony
2011
Alix Delaporte

Présent dans de nombreux festivals, le film a malgré tout fini dans l’anonymat le plus total : 225 273 entrées. Et pourtant, près d’un après sa sortie, le film est ressorti de l’ombre en raflant à la surprise générale les deux Césars des meilleurs espoirs. Puis à son tour, la télévision fit renaître le film, nous rappelant à sa victoire passée et éveillant notre curiosité.

Semble t-il sponsorisé par Groland, le film se passe dans le Calvados, région pauvre où les vieux et les gros sont légions. Récemment sortie de prison, Angèle (Clotilde Hesme) aimerait revoir son fils, mais ses propres parents l’ont élevé deux années durant et ne pensent pas qu’il soit bon pour lui de retourner avec sa mère. À cause de sa liberté conditionnelle, elle risque de perdre la garde, et elle décide de passer pour une bonne mère en se trouvant un travail et un mari. Et quand elle tomba sur l’annonce de Tony (Grégory Gadebois), ce fut la chance de sa vie : « recherche une femme prête à se marier et à reprendre l’affaire de poissonnerie ». D’une pair deux coups, le petit gros débile lui apportera tout ce qu’elle veut.

Admettons que les deux acteurs soit un minimum bons, il est clair que le film ne devrait pas avoir sa place dans une cérémonie comme les Césars, bien que la plupart des nominations soient des aberrations. Une banale histoire de mariage arrangé vient compléter ce cadre poissonneux-grolandais, noyant immanquablement le film dans du recyclage pas très intéressant. Aucun rebondissement, décors morts, ambiance en berne : rien ne nous retiendra vraiment en dehors de son héroïne énigmatique, mais qui n’a finalement pas grand chose à nous révéler, laissant même certains éléments de cette histoire, pourtant si frêle, dans le flou. Rien à faire, le film est d’un ennui mortel.

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Le Garde du corps

Le Garde du corps
1984
François Leterrier

Aussi improbable que cela puisse paraître, le garde du corps en question n’est autre que Gérard Jugnot, petit, gros et chauve. Il campe ici Paul, un fils à sa maman, bossant comme comptable dans son agence de rencontre. Etant personnellement un éternel célibataire, mais pas par choix, il use beaucoup les services de la boîte, et se fait même rejeté par les petites vieilles. Mais un jour, c’est le coup de foudre : une beauté anglaise, Barbara (Jane Birkin). Sauf que pour elle, il ne représente qu’un des exemples de minable ringard de club de rencontre pour son article, étant journaliste. Et quand elle tomba à son tour amoureuse d’un autre, le zoologiste Julien, ce fut le coup de grâce pour Paul, anéanti. Seulement voilà, après quelques recherches sur ce fameux Julien, il apprit qu’il a déjà perdu deux femmes « accidentellement », touchant à chaque fois un beau pécule d’assurance vie. Et aux vus de l’état de finance de son zoo, pas de doutes : il veut se servir de la future mort regrettable de Barbara pour renflouer les caisses. C’est décidé, Paul embarquera pour le Maroc, et rejoindra les jeunes mariés en pleine lune-de-miel pour jouer les gardes du corps.

Comme il lui sied bien, Gérard Jugnot joue encore une fois les gros benêts attardés émotionnels, mais il n’est pas vraiment servit par l’histoire. Le début du film se déroule donc sur Paris, dans un contexte d’agence de rencontre. Un cadre quasiment pas exploité et qui recèle pourtant un fort potentiel comique. Il faudra attendre l’arrivée au Maroc pour que le film décolle un peu, mais restant cloîtré dans ses concepts classiques et faciles. Pas d’imagination, pas tellement de comique de situation : le pauvre boulet fait plus pitié que rire. Les seuls grands moments du film sont les assassinats ratés, rajoutant un comique de répétition. Heureusement, les acteurs sont bons et les décors chaleureux, donnant un côté carte postale au film. On reste donc dans de la petite comédie française sympathique, mais sans plus…

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Sept vies

Sept vies
2009
Gabriele Muccino

Plutôt habitué aux gros blockbusters orientés comédie, le voici se tournant une nouvelle fois vers le drame, retrouvant au passage le réalisateur de À la recherche du bonheur, une œuvre bouleversante. Le film est donc sombre et pesant, et s’axe autour de la mort, commençant justement par celle de son personnage principal.

Il y a quelques années, Ben Thomas (Will Smith) fut responsable d’un accident de voiture qui a entraîné la mort de sept personnes, dont sa femme. Accablé et rongé par les remords, il a enfin trouvé un but à sa vie : se racheter une conduite. Dans sa quête de rédemption, il devra réparer ses erreurs et sauver sept vies qui méritent de l’être. Un poumon, un morceau de foie, un rein, un don de moelle osseuse et autres biens financiers : tout est bon pour sauver son prochain. Mais il est parfois difficile de rester distant de ses malades quand l’amour s’y mêle. Souffrant d’insuffisance cardiaque, les jours d’Emily (Rosario Dawson) sont comptés, d’autant que son groupe sanguin est très rare. Entre aide physique et morale, tenir ses engagements personnels lui demandera une ténacité sans failles.

Première scène, première erreur. Pourquoi annoncer sa mort ? Quand on connait son destin, le choix de ses rencontres et l’histoire de l’accident, clairement explicité dans un article de journal au début du film, on comprend instantanément ce qui va se passer : il donnera son cœur à Emily, et ses yeux à Erza (Woody Harrelson). En même temps, même si la scène du suicide n’avait pas été là au début du film, la clarté de sa démarche aurait tout de même été totale. Reste donc le récit d’une homme brisé qui a décidé d’arrêter d’airer sur Terre pour rien, et de faire don de tout ce qu’il a à sept personnes choisies en fonction de leur bravoure, de l’amour de leur proches, ou de leur détresse affective. C’est donc très émouvant et fort, surtout quand il tombe amoureux d’une personne qui ne pourra continuer à vivre que si il meurt. Aucun suspense, que de l’émotion. L’immense talent de Will Smith donne toute la puissance et l’impact nécessaire au film, mais il faut bien dire qu’on se traîne un peu par moments, et que ça manque d’originalité en dehors de cette rédemption. Un très beau film, mais pas assez recherché.

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2012

2012
2009
Roland Emmerich

Dans quelques heures, selon une interprétation du calendrier maya, dans la nuit du 20 au 21 à 0h30 précise, notre monde sera détruit. Après avoir fait mu-muse avec le climat dévastant la Terre dans Le Jour d’après, qui n’est pas sans rappeler Sunshine au niveau scientifique (plausible, mais pas à si courte échelle), Roland Emmerich revient pour nous faire vivre LE film catastrophe. Mais une chose est sûr, si il se passe quelque chose demain, ça ne sera pas ça…

Suite à des éruptions solaires d’une force sans précédents, une quantité anormale de neutrinos (Qu’est-ce ? Juste des atomes neutres) ont été relâchés. Et certains d’entres eux auraient muté sous une autre forme de particules élémentaires nucléaires (carrément !) réchauffant le noyau terrestre et agissant comme des micro-ondes (au moins tout ça). La conséquence directe et terrible de ce phénomène n’est ni plus ni moins que la liquéfaction du sol (ah quand même) ! Écorce terrestre instables, sous sols en surchauffe et séismes colossaux (10.9 sur l’échelle de Richter !) : les mayas l’avait prédit, la fin du monde nous touchera le 21 décembre 2012 ! Une aventure qu’on vivra avec les yeux de Jackson Curtis (John Cusack), un journaliste / écrivain sujet aux moqueries et rejeté par sa propre famille (divorcé de Amanda Peet).

Le saviez-vous ? Si on fait chauffer le sol il se liquéfie. Un homme cour plus vite qu’un avion. Un tsunami peut atteindre 8 km de haut. Un séisme peut créer des volcans. Les volcans sont méchants : ils poursuivent les gens. Un continent peut se déplacer de 2500 km en quelques heures. Il n’existe qu’un seul scientifique au monde, et il se trompe tout le temps. Et bien sûr, être méchant ou jouer les héros nuis gravement à la santé (être fou aussi – Woody Harrelson). Non sérieusement, ce film est une honte niveau scénario : pas une once de cohérence ou de logique. Une purge intellectuelle.
Heureusement, le film n’est pas là pour ça. Son seul et unique but est la distraction. Après une longue demi-heure de mise en situation, les éléments commencent à s’agiter, puis se déchaînent dans les dernières 90 minutes. Fissures terrestres, explosions, déflagrations, courses poursuites en voiture, en avion, en bateau, raz-de-marée, tsunami : tout y passe. Des villes immenses qui s’effondrent sur elles-mêmes, des monuments historiques balayés de la carte, des régions entières instantanément détruites, le Tibet sous les flots : le film est un défouloir visuel où chaque scène doit foutre la claque la plus puissante qui soit. Et malgré toute la mauvaise fois possible face au désert neuronal qui sert d’histoire, on ne peut que s’incliner devant le maître absolu de la mise en scène. On peut même prendre le film comme un exercice philosophique sur « comment réagir en pareil cas ? ». Quoi qu’on puisse dire sur le film, ça reste du très très grand spectacle, mais aucunement une prédiction.

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Dead Again

Dead Again
1992
Kenneth Branagh

Le film traite d’un sujet peu commun au cinéma et qui est cher aux bouddhistes : la réincarnation. En 1948, Margaret Strauss (Emma Thompson) fut retrouvée morte, et son mari (Kenneth Branagh), présumé coupable, fut condamné à la peine de mort. Mais avant d’être emmené à la chaise électrique (ou chambre à gaz, pendaison, injection létale), il déclara à celui qu’il avait prit pour l’amant de sa femme, Gray Baker (Andy Garcia), qu’il a toujours aimé sa femme et que la mort ne les sépareraient pas.

44 ans plus tard, une femme amnésique (Emma Thompson) est recueillie et confiée à une école de bonnes sœurs. Incapable de parler, elle se réveille toutes les nuits en hurlant, terrorisée par l’image d’une homme la poignardant aux ciseaux dans son sommeil. Pour l’aider à se sortir de ce cauchemar, et peut-être retrouver la mémoire, l’établissement fera appel à un ancien de leur pensionnaire, devenu depuis un détective privé renommé : Mike Church (Kenneth Branagh). Suite à son annonce de disparition dans le journal, un hypnotiseur lui conseillera d’appliquer sur elle sa méthode pour résoudre son problème ancré dans une vie antérieur. Un traumatise hérité de sa vie de… Margaret Strauss.

Pour une meilleure assimilation des personnages, la technique de prendre les mêmes acteurs pour des ancêtres, ici des vies antérieurs, est très utile et logique. C’est donc tout naturellement qu’on fait immédiatement certains rapprochements. Le film joue très intelligemment là dessus pour nous surprendre régulièrement, et ponctuer ce travail d’auto-régression pour le moins passionnant entre le cadre de l’histoire, le rapport aux personnages, et les liens avec le présent. Un scénario plutôt original, bien que le fond d’enquête criminelle soit très classique, mais qui force le respect dans sa construction des plus solides, ne laissant rien au hasard ni aucune place au doute, imposant sa cohérence irréprochable. Mieux encore, les acteurs sont très bons et servent parfaitement l’histoire. En revanche, la réalisation est très vieillotte et certaines scènes y perdent en efficacité. Rien de bien grave, on se régalera de ce petit film sympathique à l’histoire si bien ficelée.

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Le Hobbit : un voyage inattendu

Le Hobbit : un voyage inattendu
2012
Peter Jackson

En voilà un voyage pour le moins attendu. Il y a neuf ans sortait le dernier volet de la trilogie du Seigneur des Anneaux, qui avait marqué son monde entre ses critiques flatteuses et ses 2,9 milliards de dollars dans le monde. L’univers de J.R.R. Tolkien est vaste et c’est tout naturellement que l’idée d’adapter Le Hobbit est apparue, et ce dès la sortie du Retour du roi. Un projet bien ancré même puisque Sam Raimi devait le sortir à l’horizon 2006, avant de finalement jeter l’éponge face à l’ampleur de la tâche. Longtemps resté en stand-by, le projet tomba ensuite entre les mains en 2008 de Guillermo del Toro, particulièrement excité à l’idée de recréer pour de vrai le dragon du film. Mais entre les problèmes financiers de la MGM et la folie des grandeurs de son réalisateur, la production du film fut stoppée deux années durant, avant de trouver son repreneur définitif en la personne de Peter Jackson, déjà aux commandes de la trilogie originale. Un développement donc laborieux, et qui faisait déjà polémique avant même sa sortie à cause du choix d’en faire une nouvelle trilogie. En effet, le support d’origine passe de 1000 pages à tout juste 300, d’autant que Le Hobbit est avant tout un conte pour enfant. Et quand on se rappelle les longueurs des précédents films, certains y craignaient l’ennui.

Première partie du prologue au Seigneur des Anneaux, le film nous propose donc de revivre cette aventure qu’a vécu Bilbon (Martin Freeman) et qui le mènera à sa fameuse rencontre avec Gollum (Andy Serkis). Le film prend place 60 ans auparavant, alors que Bilbon profitait tranquillement du calme et de la sérénité de la Contée, et qu’il s’est vu dérangé par Gandalf (Ian McKellen). Sans crier gare, le voilà festoyant chez lui avec 13 de ses amis nains, dont le prince Thorïn (Richard Armitage). Désespérés, il ont passé des décennies privés de royaume par le dragon Smaug, désormais domicilié chez eux, et demandent de l’aide à la personne la moins à même de leur en fournir : un Hobbit. Mais les oiseaux s’en retournent au royaume, et l’existence d’une entrée secrète leur redonne espoir. Armé de son seul courage, Bilbon les accompagnera pour l’aventure de sa vie.

Mes yeux me jouent-ils un tour ? Mais que se passe t-il ? Tourné avec la caméra Epic, permettant de passer de 24 à 48 images par secondes, le film est donc diffusé en HFR (High Frame Rate) pour « plus de réalisme ». Mais est-ce qu’ils le testent au moins avant la projection ? Non parce que là c’est une infamie : vidéo en accélérée, mouvements abrupts et doublage pas raccord. Si dans les scènes d’action le problème n’est pas flagrant, la plupart des scènes sont bizarrement rapides, dégueulassant carrément la réalisation. Tout bonnement indigne et incompréhensible, et on en ressort avec un sacré mal de crâne. C’est d’autant plus stupide que le film est très bon. Si certains appréhendaient la valeur de son contenu, qu’ils se rassurent : si le film n’est pas exempt de temps morts et autres scènes un peu trop longues, son rythme n’est pas moins bon que ses prédécesseurs, et son histoire n’est pas moins solide. Pour mieux coller au public adulte et étoffer le contenu, les scénaristes ont notamment incorporé le chef des orcs, personnage simplement évoqué. Ces derniers sont d’ailleurs beaucoup plus réussis graphiquement grâce à l’évolution de la technique et au rehaussement de budget, qui passe de 94 à 270M$, et permet au passage une 3D propre et pas trop encombrante. Côté acteurs, cette nouvelle cuvée est excellente puisque les deux principaux nouveaux Martin Freeman et Richard Armitage sont des révélations : deux exemples de charisme. À noter aussi les retours clin d’œil de Elijah Wood, Cate Blanchett, Ian Holm, Christopher Lee ou encore Hugo Weaving. Toute aussi intéressante et en très bonne compagnie, cette histoire arrive à se hisser au niveau de son modèle et nous rappelant à la douce féerie de la terre du milieu. Par contre, le problème de vitesse d’image doit être réglé au plus vite pour ne pas être reproduit dans ses deux prochaines suites, malheureusement elles-aussi tournées en HFR…

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