Le Petit Lord Fauntleroy

Le Petit Lord Fauntleroy
1980
Jack Gold

Sorti en catimini à son époque, temps infini pour sortir en DVD (26 ans plus tard), difficile de se rappeler ou même de connaître ce film tant son existence est confidentielle. Nous pouvons donc remercier nos chères chaînes télévisuelles pour diffuser encore le film, sans quoi ce petit bijou de poésie tomberait dans l’oubli.

Le film prend place en Amérique, alors que Cédric, 8 ans (ou à peu près), coule des jours heureux avec sa mère et ses amis le cireur et l’épicier. Mais un jour, son grand-père aristocrate le contacta, souhaitant qu’il s’installe avec lui en Angleterre et se familiarise avec ce qui deviendra ses futures terres. Souffrant de la goutte, le vieille homme se voit déjà dans la tombe et Cédric étant son seul héritier, il se doit de perpétrer l’héritage. Méchant, avare et rancunier, il est détesté de tous, en particulier sa belle-fille, invitée pour sa part à loger dans une maison éloignée du château pour éviter tout contact avec elle. Voulant le sortir de la pauvreté, la mère de Cédric accepta l’invitation, en omettant ses différents avec son grand-père, pour ne pas le condamner d’emblée à ses yeux. Et bien heureux sont les ignorant : persuadé que son grand-père est un homme formidable, il va lui offrir tout son amour et voir en chacune de ses actions un acte bienveillant envers ses concitoyens. Succombant à la gentillesse innée de son filleul, le grand aristocrate tyrannique va peu à peu laisser tomber le masque et ouvrir son cœur.

Le coup de l’enfant qui réussi à redonner goût à la vie d’un vieux Scroodge n’a rien de nouveau, mais c’est dans l’approche que le film se montre original. Dans le film, Cédric n’a aucune idée de qui est réellement son grand-père et il agit comme s’il était un noble et généreux seigneur. Voulant bien faire et croyant lui faire plaisir, il multipliera les actes bienveillants et désintéressés et se montrera courtois et modeste face à chaque citoyen croisant son chemin. Son approche humaine piégera son aïeux et l’obligera à agir lui aussi de même, de sorte que la cohabitation le rend meilleur. La façon dont le film aborde le thème, le détachement, le naturel, l’humour, fait qu’il est impossible d’y résister, et c’est avec un sourire émut que le film se laisse savourer, alliant poésie et simplicité. Une bien belle histoire qui ne manquera pas de titiller la petite larme.

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Assassin’s Creed : Brotherhood

Assassin’s Creed : Brotherhood
2011
PC

Alors que l’histoire de Altaïr prenait fin avec le premier Assassin’s Creed, bien qu’il est eu droit à une petite séquence dans la suite, l’ancêtre de Desmond Miles qui vécu en Italie lors de la Renaissance, Eizo Auditore Da Firenze, a pour sa part droit à un autre jeu dédié, formant une trilogie à part entière avec Révélations, au cœur de celle de Desmond, censée prendre fin avec le cinquième volet intitulé Assassin’s Creed III, qui sortira le mois prochain. Suite directe de Assassin’s Creed II, le jeu prend place après les évènements du Vatican, alors que Eizo revient à Monterrigioni avec la pomme.

Graphismes : 14/20, et 17 dans le présent

Le recyclage continue : le moteur graphique du jeu est le même depuis le tout premier épisode, soit un moteur déjà vieux de quatre ans. Si les efforts apportés aux modélisations faciales sont meilleurs, les environnements souffrent de quelques pixellisations et autres imperfections. Heureusement, la richesse de Rome et la variété de ses environs font un peu mieux passer le pilule. Par contre, mise à part une introduction à la Villa et des séquences flash-back à Florence, on ne pourra compter que sur Rome, soit une carte cinq fois plus petite que le précédent jeu, qui comptait déjà moins de décors hors-ville que le tout premier. Du coup, on se lasse de voir les mêmes rues, loin du charme de Venise. Et si la mise en scène, hors grands moments importants, est nettement moins travaillée, on notera aussi une moins bonne inspiration au niveau du design, passant ainsi de la magnifique armure finale de Altaïr à une infâme parure estampillée Romulus. Néanmoins, le jeu nous réserve quelques surprises avec les trop rares moments en compagnie de Desmond, utilisant prodigieusement la lumière pour donner une image d’une rare intensité et d’une grande puissance poétique.

Jouabilité : 13/20

Reposant sur les mêmes bases que ses prédécesseurs, ce troisième épisode améliore encore un peu la formule en donnant encore un peu plus de punch aux combats et en offrant plus d’optimisation, d’accessoires et armures. Toujours plus d’armes, toujours plus de quêtes, toujours plus de gestion. Exit la Villa, on gère ici carrément l’intégralité de l’infrastructure de Rome, du moins dès que la zone est accessible : bonjour la frustration. Ainsi, on aura ses bâtiments de femmes de joie, de voleurs, de mercenaires, des monuments touristiques, des centres de docteurs, des banques, des forges, des ateliers d’art et de couture, des centres équestres et autre oléoduc. Mais en fait, cela consiste juste à acheter l’endroit pour accroître ses ristournes et ses gains à la banque. De plus, tout les articles ne sont pas achetable directement : des quêtes sont parfois nécessaires pour les débloquer. C’est là qu’intervient l’une des nouveautés du titre, la ligue des assassins : propulsé maître de la confrérie, Eizo pourra avoir à ses ordres des apprentis assassins pour effectuer des missions, rapportant de l’argent, expérience, et parfois des items pour les quêtes marchandes. Pas folichon mais ça représente un bon à côté, surtout que le fond du jeu est plutôt déplaisant…
Difficile de faire la différence entre les missions secondaires des principales, outre le point d’exclamation sur la carte. dans tous les cas, il s’agira de filature et /ou de meurtre, avec à chaque fois la tour Borgia à détruire. Et le jeu vous infligera cette torture répétitive du début à la fin, avec même des passages d’une rare atrocité. Si dans le second volet les six cryptes aboutissaient à une sublime armure, récompensant votre sacrifice, cette purge sera reconduite avec les six repères Romulus, aboutissant à une miteuse carcasse indigne. Un peu plus faisable, ses passages restent mortellement chiants et difficiles. Mais le prix de la vacherie du jeu revient à Leonard et ses inventions à la con. Le principe est simple : s’introduire, suivre l’architecte, détruire les plans, puis s’enfuir avec l’invention. Si l’intrusion est atroce tellement les gardes sont au taquet, le summum du « est-ce que vous avez au moins testé votre jeu avant de le commercialiser ? » est atteint avec la phase d’essayage. La carriole, pas géniale ; la barque, dure et pas maniable ; le tank, horrible ; le deltaplane ? LE DELTAPLANE ?!!! Mais qu’est-ce que c’est que cette #@*§/ !!! Coup de vent, tu meurt. Tu tourne, tu crève. Tu rate ton tire, c’est fini. Tu esquive une flèche, tu te mange le sol. Impossible de passer cette séquence de cinq minutes sans y perdre au moins une heure. Il est vrai que le principal problème réside généralement dans la caméra folle qui aime faire des virages de malades, aboutissant à votre chute, mais ces quelques passages cumulent avec des machines conçues à l’arrache. Mais ça fait quand même mal au cœur de voir autant de potentiel au service de ce vide linéaire…

Durée de vie : 17/20

Difficile de noter sa longévité tant cela dépend du joueur. En ligne droite, on reste dans la lignée des précédents : 20 heures. Mais pour qui veut tâter un peu des missions et se manger du Romulus et autres assassinats, et acheter un peu ce que Rome a à nous offrir, les trentaine d’heure est envisageable. Reste après le multi-joueur, sympathique mais dispensable, surtout pour qui appréciait la solitude du guerrier. Par contre, nul besoin de trifouiller et retourner la ville dans tout les sens, la séquence obtenue après la reconstitution du message du sujet 16 ne dit rien, mise à part que « elle », sous-entendu la déesse du Vatican, créatrice de l’humanité, n’est pas celle qu’elle prétend et que Eve est la clef. Hum, oui…

Bande son : 17/20

Assez discrètes en générales, les musiques du jeu remplient toujours parfaitement leur rôle : appuyer l’ambiance des séquences. On soulignera par contre une musique en particulier, celle du chant de guerre démoniaque, très fort et terrifiant. Reste donc l’excellence des doublages, toujours servis par les mêmes piliers du milieu.

Scénario : 8/20

Alors que le jeu démarre sous les meilleurs auspices (séquences dans le présent de qualité avec retour à la Villa, grosses scènes avec Eizo face à l’envahisseur), le jeu nous lâchera dans une série de missions à Rome sans grand intérêt et sans enjeux pour l’histoire. Tout juste le jeu nous réveillera pour la toute fin avec Desmond qui pénètre dans la salle de la pomme d’Eden, mais ne révélant rien de bien passionnant. Et comme l’ont fait les deux premiers jeux, celui-ci nous lâchera le générique de fin (d’ailleurs chronométré à plus de dix minutes, arf…) après un insoutenable queue-de-poisson, histoire de nous inciter plus que fortement à jouer à la suite. Du coup, le jeu échoue dans sa tâche visant à justifier son existence. Seuls les fans hard-core y trouveront une raison d’y plonger.

Note globale : 14/20

Bien que l’histoire du jeu se déroule directement après les évènements de Assassin’s Creed II, son statut de suite n’est pas une évidence étant donné qu’il ne fait pas partie de la trilogie de Desmond Miles. Autrement dit, et on le comprend rapidement, il s’agit plus d’un spin-off qui peut, ou non, s’ajouter aux aventures précédentes. Le verdict de Révélation sera probablement le même : les moments importants des deux jeux seront probablement ré-expliqués dans le vrai troisième jeu, limitant par là même son influence possible. On en excusera du coup le certain manque de finition graphique et la restriction scénaristique. En revanche, difficile de pardonner la linéarité incroyable des missions, carrément injouables par moments. La prolifération des missions inutiles pollue la carte et désespère au plus haut point. Profitant de quelques bonnes idées et des concepts qui ont fait le succès de la saga, le jeu repose un peu trop sur la sympathie accordée à ses aînés et ne nous offre qu’une bonne extension de la vie de Eizo, en espérant voir un jour débarquer un un jeu entièrement axé sur Desmond, qui mérite clairement plus. En attendant la sortie inéluctable du III, Révélation aura la lourde tâche de redorer le blason de Eizo, un peu fainéant pour le coup, et qui devrait de manier de faire un enfant (sinon il n’y aurait pas de Desmond), car 48 ans, ça chiffre…

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Séduction à l’irlandaise

Séduction à l'irlandaise
2000
Aileen Ritchie

En France, on a Groland, en Angleterre, ils ont l’Irlande. Terre autant arrosée par la pluie que par la bière, elle réunie les plus gros pochard du monde, tous aimantés au bar. Ici, ce hameau paumé recense une trentaine d’habitant, assurant à eux seuls le renouvellement de la population. Autrement dit, de la bonne grosse consanguinité qui a dû mariner sur plusieurs générations, et le résultat se ressent.

Dans le film donc, on suivra les péripéties de ce village désabusé où tout le monde est blasé de tout le monde : les « mâles » en ont marre des laiderons, et les femmes ne supportent plus de voir ces poivrots faire du gras. Du coup, le « cerveau » du coin trouve l’idée du siècle : faire passer un message dans un journal américain. Ah, de la bonne américaine classe et sexy ! Et l’annonce ne peut que marcher : « recherche fille soignée et sportive, entre 20 et 21 ans, pour vie au grand air ». Eh bien voilà une bonne chose de faite, elles vont rappliquer en masse ! Oh Pat, une autre pinte, les trois premières m’ont donné soif !

L’humour British des Monty Python au service d’un genre de Groland en mode très con et bien imbibé. Un peu perturbé par l’absence de personnage principal et perplexe face à cette bande de rustres ivrognes, le style du film s’impose tout de même assez rapidement. Les personnages gagnent progressivement notre sympathie, notamment grâce au doublage, réalisé par des stars du milieux, et on se marrera bien des idées incroyables de Kieran, et aussi de Ollie le gros balourd, qui à 36 ans est toujours puceau et s’accroche au domicile parental. Outre le caractère paysan et rural de ses personnages, le comique du film fait aussi mouche de par sa nonchalance et sa légèreté qui ne juge pas ces personnes, au contraire : elle montre à quel point leur simplicité les rends heureux. Du coup, si le film ne se montre pas très surprenant ni novateur, on passe quand même un bon moment devant ce divertissant bien décalé et déjanté.

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Rapace

Rapace
2011
Claire Devers

Diffusé sur Arte, ce téléfilm français surfe sur les problèmes actuels. Crises du logement et de l’emploi, pauvreté, dettes de l’Etat, marchés financiers et treader, paradis fiscaux, tout y passe. Simple sujet opportuniste ou film moralisateur ?

Pour nous immerger dans l’univers impitoyable de la finance, le film nous plongera avec Georges Fall, un courtier travaillant dans une banque de Londres. Cupide, arrogant et insatiable, il n’a de cesse que de jouer avec l’économie boursière pour créer la tendance et extorquer l’argent des actionnaires, quitte à faire faire faillite à de petites sociétés et mettre à la porte des centaines d’employés. Mais sa vanité l’emportera et son manque de moral, bien que légal en Angleterre, est vu d’un mauvais œil au sein de sa banque, qui préféra se passer de ses services. Grosse erreur : l’avidité est incommensurable et il fera tout pour faire imploser les marchés.

Assez déroutant au début, une déduction rapide permet de mieux rentrer dans le film : les scénaristes n’ont aucune idée de ce qu’ils font. Mieux vaut ne pas s’y connaître en bourse pour éviter de s’encombrer les pensées pullulant sur à quel point l’histoire est grandiloquente et que tout les chiffres annoncés sont exagérément colossaux, de même que les procédés de boursicotage sont carrément fantaisistes. Au moins, de ce côté là, l’exagération du jeu des acteurs serait presque logique. Étrangement, cela ne nous empêche pas d’être emporté par le film, et ce grâce à son personnage principal, cet espèce de gros porc gonflé à la cocaïne qui sue dans son costard de richard prétentieux. Connard impayable, il ne recul devant rien pour assouvir ses instincts de chasseur de blé, de vidangeur de flouse. Insupportable dans un premier temps, il deviendra rapidement un idole tant son train de vie est un doigt d’honneur au monde entier, et tout comme lui on en jubile. On regrettera donc le peu d’intérêt accordé à l’histoire, la délaissant au profit d’une mise en scène agressive et survoltée. Le film se retrouve donc privé de fond, mais on s’amuse tout de même un peu.

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Braquo

Braquo
2009 - ?
Olivier Marchal

Déjà pas bien fan des séries policière américaines, pour ne pas dire allergique, l’idée de le voir à la sauce française, responsables de programmes exécrables qui passent en boucle sur TF1, n’est donc pas des plus excitantes. Néanmoins, cette série, en plus d’être un grand succès (bien que cela ne veux rien dire, cf Les Expert / NCIS : de bonnes grosses purges), est réalisée par Olivier Marchal, certes très mauvais acteur, mais dont le travail sur Les Lyonnais n’était pas trop mauvais, surtout pour un genre aussi pauvre.

Pour ce qui est de l’histoire, ou du moins le prétexte tentant de justifier la série, on retrouvera une brigade de police, endeuillée par le suicide de leur ami et collègue Max. Injustement traîné dans la boue suite à une altercation avec un voyou maghrébin, complice de viol et meurtre sur une jeune femme enceinte, il a préférer laisser pourrir sa famille et se retirer lâchement plutôt que défendre son honneur. L’incapacité des administrations policière aura raison des autres membres du groupe, les poussant à franchir la « ligne jaune » et faire justice seuls.

Du polar en série. Rien que de le dire me rend nauséeux. Les premiers contacts avec la série ne laissent présager rien de bon et de nombreux défauts seront rapidement confirmés. La première chose qui choque, c’est le talent des acteurs. On retrouvera un casting composé d’inconnus, exception faite de Nicolas Duvauchelle et Jean-Hugues Anglade, mais on voit mal comment ce genre de rôle pourra les faire émerger. Les rôles sont d’atroces caricatures, carrément indigestes vu l’amateurisme flagrant du groupe. Le naturel est en berne… Autre fait immédiatement repérable, la perfectibilité des dialogues : inutiles et stéréotypés. Cette bande de bras cassés et pouilleux veulent nous faire croire en leur force et en leur carrure, un échec retentissant. C’est consternant de les voir se la jouer…

Un premier contact atroce donc, mais quelques qualités ponctuent tout de même l’ensemble. Outre une réalisation propre, on saluera l’effort pour rendre la série sombre et mystérieuse, ainsi que la tentative de séquences coup de poing. Mais seulement voilà, on a déjà vu tout ça, et mille fois mieux. Pétri de mauvaises intentions, cette série s’embourbe dans un scénario d’une platitude sans nom et fait fit de toute originalité. Et que dire des piètres acteurs débitant des phrases parfois incompréhensible, et généralement plus ennuyeuses qu’utiles. De ce fait, si une série se montre aussi limitée dans son premier quart de saison, à quoi bon continuer ?

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27 robes

27 robes
2008
Anne Fletcher

Quel film vais-je pouvoir me regarder ce soir ? Arf, trop fatigué pour de la science-fiction, j’ai besoin de me vider l’esprit. Trop long, trop mauvais, trop débile, trop intelligent : l’art du vide cérébral est délicat. Le choix le plus naturel revenait donc à la comédie-romantique américaine, championne de la désertification neuronale. L’occasion fait le larron.

Comme son nom l’indique, le film parle de l’histoire de 27 robes, ou plutôt de celle qui les a porté. Éternelle demoiselle d’honneur, Jane (Katherine Heigl) rêve depuis toujours du mariage parfait. Et en attendant que son patron, George, se décide à la séduire, elle participe à tous les mariages possibles, pour vivre cette expérience avec les yeux d’une autre. Mais alors que sa sœur (Malin Akerman) lui rend visite, elle va charmer son George et le lui voler sous son nez, involontairement. À cause de sa générosité à toutes épreuves, elle ira jusqu’à leur organiser leur mariage, complètement piégée dans sa spirale.

À la bonne heure ! Tout se passe exactement comme prévu du début à la fin : elle va craquer, se fâcher avec tous le monde, se réconcilier, et elle finira bien évidemment avec son reporteur (James Marsden), tendis que sa sœur terminera tout de même avec le patron. Bref, la happy end qu’on attendait depuis le début mais qu’on aurait été triste de pas voir. Comme à l’accoutumé, les acteurs ne sont pas géniaux, en particulier Katherine Heigl, et les gros clichés sont légions. Outre le schéma bigrement classique, le coup de la « princesse » qui ne vit que pour se marier est aussi réducteur que démodé. Mais seulement voilà, on sourit bêtement aux blagues et aux situations extravagantes, nos yeux pétillent d’amour et notre cœur s’extasie devant ce conte de fée guimauve. Très loin d’être l’un des meilleurs du genre, le film rempli néanmoins parfaitement son rôle : nous changer les idées et nous faire croire le temps d’un film à ces idylles surréalistes et idéalistes.

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Le Jumeau

Le Jumeau
1984
Yves Robert

Avec un titre pareil, on voit déjà venir le film. De par un prétexte douteux, l’histoire va probablement amener un jumeau de Pierre Richard, où on ajoutera en post-prod le même acteur sur le même plan, pour créer « l’illusion ». Mais en réalité, comme le titre l’indique, il sera son propre jumeau (?). Alors qu’avec les premières minutes, on voit émerger une comédie lourde et indigeste, le génie de Yves Robert va peu à peu reprendre le dessus.

Grand habitué des rôles de simplets malchanceux, le film démarre avec un Pierre Richard (alias Matthias) sortant du casino, délesté de son argent, de sa voiture, de son logement. Il par donc prendre quelques vacances grassement accordées par des amis possédant une maison dans le sud. Il y fera la rencontre de Liz Kerner, une riche héritière américaine. À la fois charmée et intéressée, elle le voit bien remplir sa close d’héritage : se marier. Par le hasard des choses, elle a une sœur jumelle (une vraie, et la ressemblance entre les jumelles More est bluffante), qui est elle aussi obligée de se marier. Et cela tombe bien puisque Matthias a lui aussi un frère jumeau : Matthieu. Mais comme il n’existe pas, il va bien falloir l’inventer. Et jouer deux maris, ça demande une sacrée jongle…

Il faut bien le reconnaître, le début du film n’est pas très engageant : des gags éculés, voir lourds, une histoire de jumeau / jumelle un peu hasardeux, une narration brouillonne, et des situations aussi improbables qu’incompréhensible. Comment peut-on croire que ça pourra marcher ? Non mais sans blagues, n’en voir qu’une à la fois, maintenir la flamme malgré les mensonges, berner la loi et garder le rythme, c’est impossible ! Et c’est là la force du film : Pierre Richard repousse toutes les limites. Il aurait pu se contenter d’une, mais non, il lui faut les deux. Inventant mensonges sur mensonges, se créant une fausse attestation de naissance, une double personnalité, sa cupidité et sa libido ne souffrent aucunes limites et poussent son imagination jusqu’à des hauteurs hallucinantes, allant jusqu’à orchestrer involontairement la mort de son double. Hilarant à en pleurer durant toute sa seconde moitié, le film n’est pas que la quintessence de l’humour à la Pierre Richard, il est aussi l’aboutissement d’un rêve idyllique : aimer et être aimé par deux femmes aussi sublimes que riche et gentilles. Certes, le coup de la belle blonde sulfureuse avec un accent anglais, ça fait cliché, mais ça fait grave fantasmer. Comme dirait Hank Moody, « putain de merde, une vie comme ça je dit amen ! ». Et quand c’est fait avec autant de talent, ça donne une sacrée comédie.

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Cache-Cash

Cache-Cash
1994
Claude Pinoteau

Grand réalisateur de films populaires tels que La Boum, Claude Pinoteau nous a quitté hier, vendredi 5 octobre. Hasard des choses (ou complot monumental !), une chaîne ciné cinéma diffusait aujourd’hui même l’un de ces films, l’occasion de vérifier la qualité de son héritage.

Petit film tranquille, il nous amènera au cœur de la Sologne, alors que Antoine, 11 ans, passe ses grandes vacances chez ses grands-parents. Il y coule des jours heureux à s’occuper des animaux, traîner au marché, ou jouer avec sa cousine. Mais son séjour va prendre une tout autre tournure avec l’arrivée de locataires dans leur domaine. Parmi eux, Lisa, 10 ans, prête à lui faire perdre la tête. Plus encore, lors d’une nuit clair, il vit trois hommes enterrer un sac, contenant le butin de leur casse, 40 millions de francs, désormais siens. Les vacances s’annoncent intéressantes !

À l’image de Moonrise Kingdom, on assiste là à un petit film, porté par un duo d’enfants pré-adolescent. Centré sur eux, le film narre une amourette d’été pleine de péripéties, principalement axées sur le casse, l’argent et ses répercutions. Un scénario simple et léger, comme l’est le film dans son ensemble, qui appuie la naïveté et le naturel de ses personnages, créant une atmosphère conviviale, colorée et joyeuse. La cadre verdoyant, les animaux affectueux, le ruissellement de la rivière, tout y est pour nous mettre dans l’ambiance. Le casting, majoritairement composé d’inconnus, se montre très solide et nous embarque sans problèmes. On notera tout de même la présence de Jean-Pierre Darroussin, en gros bof un peu benêt, qui profitera allègrement du quiproquo autour de l’argent, pour notre plus grand plaisir. Et si on tiquera un peu sur l’écologie ou l’abomination visible sur l’affiche, le film nous surprendra continuellement par sa poésie et sa magie, le tout atteignant son apogée lors du générique avec la très émouvante chanson. Une petite fille avec une voix d’ange, ça fait toujours son petit effet. En somme, si le film n’est pas très réfléchi, sa force poétique et sa légèreté nous fera rêver et on en ressort combler.

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Taken 2

Taken 2
2012
Olivier Megaton

Il y a presque cinq ans sortait le tout premier Taken en France, lâché face à une rude concurrence : les Ch’tis. Succès inespéré, le film a raflé pas moins d’un million d’entrées, malgré des critiques de presse catastrophiques. La raison ? Un bouche à oreille colossal qui récompense le talent de l’un des meilleurs acteurs de l’histoire, Liam Neeson, et du rythme effréné de sa mission de sauvetage. Et un an plus tard, les Etats-Unis ont eux aussi accueilli le film à bras ouvert, mais dans une dimension dantesque : 145 millions $, propulsant le total des recettes à plus de 226 millions, soit près de dix fois son budget ! Dire que cette suite était attendue est un doux euphémisme.

Après avoir reprit sa fille (Maggie Grace) aux corps morts des Libanais qui ont eu le malheur de croiser sa route, Bryan (Liam Neeson) est désormais la cible de cette même organisation de Tropojë qui réclame le sang de celui qui a décimé leurs familles. Profitant de son séjour en Turquie, ils vont orchestrer l’enlèvement de toute sa famille, sa fille et sa femme (Famke Janssen) comprises, histoire de lui faire payer. Mais ils vont vite comprendre leur douleur face à la détermination et la force d’un seul homme.

La comparaison la plus évidente et perspicace est incontestablement Very Bad Trip 2. Tout comme pour ce film, il était la suite d’un réussite majeure tant en terme financier qu’au près des fans. Et telle une vieille pute, ces deux films se sont prostitués en proposant une suite qu’on pourrait presque qualifier de « foutage de gueule » tant les ressemblances tiennent du remake. Ici aussi, on transpose l’histoire dans un autre pays (Paris -> Istanbul) et on inverse quelques rôles (mère enlevée à la place de la fille). La force incroyable du premier film est là entre le charisme hors-normes de Liam Neeson, un peu plus aidé par le reste du casting, et l’action est toujours aussi démesurée, mais cette échoue sur bien des points : pas vraiment de suspense, ambiance moins pesante, cadre moins bon, cascades pas très originales, et manque de recherche. Sachant déjà à qui il a à faire, il ne se pose pas vraiment de questions quand à la marche à suivre, rendant le film un peu trop vide niveau histoire. Et si au moins ça permettait d’entrer dans le vif du sujet plus vite, mais même pas. Ne reste alors que la saveur de sa réalisation dynamique et son héros surpuissant. Du coup, on assiste à un très bon film d’action survitaminé, mais qui est loin de rivaliser avec le chef d’œuvre qu’était son modèle.

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Etat de choc

Etat de choc
2011
Baltasar Kormákur

Que feriez-vous si votre enfant était en phase terminale d’un cancer des poumons et que sa seule chance serait une greffe qui n’arrive jamais ? Personnellement, je demanderai d’abord un test de paternité, puis à voir la mère, pour rectifier le tir, surtout si elle ressemble à Diane Kruger (la mère du film).

Normalement, dans pareil cas, il n’y a pas grand chose à faire d’autre que prier et attendre. Mais ici, l’aisance financière de Paul Stanton (Dermot Mulroney) lui permettrait de sauver sa fille en achetant ses poumons sur le marché noir. Aiguillé par la responsable clinique (Rosanna Arquette) de sa fille, il partira sur les traces d’un certain docteur Casanova, fournisseur d’organes pour personnes fortunés. Direction le Mexique, sa criminalité et sa violence.

Le film démarre de façon assez floue et brouillonne, mélangeant deux espaces dans deux mesures de temps distinctes, sans autre forme de césure. La simplicité de l’histoire (trouver un donneur) est heureusement suffisamment simple pour que le film n’en pâtisse pas trop, bien qu’il n’en démorde au scénario de nous proposer quelque chose qui tienne la route. Néanmoins, si le film se suit avec intérêt, on notera pas mal de temps morts, mais aussi quelques incohérences notoires, culminant à la fin. Si la quasi intégralité du film se laisse regarder, bien qu’on soit loin d’un bon divertissement ou à défaut une œuvre réfléchie, la fin réduit à néant l’intérêt qu’on aurait pu porter à la dévotion de ce père. Dans un final où on apprend que l’organisation utilise les enfants abandonnés comme ressource d’organes, et que l’un d’eux s’apprête à être sacrifié pour que la fille survive, le père décide d’assassiner sa propre fille pour sauver cet inconnu. Le regard de la mère à l’enterrement résume bien la situation : lui qui devait la sauver, il en est devenu le meurtrier. Grotesque, incompréhensible, stupide, indigne, malhonnête, viscéralement mauvais, la colère nous gagne face à cette fin hautement répréhensible. Et dans ces conditions, à quoi bon regarder le film ? J’accuse !

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