Resident Evil : Extinction

Resident Evil : Extinction
2007
Russell Mulcahy

Adaptation de la célèbre franchise de jeux-vidéo, les deux films estampillés Resident Evil n’ont pas franchement brillé, loin s’en faut. Et pourtant, malgré le lourd handicap des zombies, la saga laissait présager un certain potentiel science-fiction, pour peu qu’ils oublient les affrontements ridicules. Et pour ce troisième film, un troisième réalisateur va tenter sa chance pour apporter un peu de sang frais.

À la fois morte et ressuscitée à la fin du deuxième film, on avait apprit que Alice (Milla Jovovich) s’était vue implanter une puce de contrôle / surveillance. Elle a alors dû se résigner à la solitude pour le bien de ses amis avec qui elle avait entreprit une révolte contre Umbrella Corporation. L’histoire se déroule bien des années après ces évènements, alors que le virus c’est propagé dans le monde entier et que même les animaux et la végétation disparaissent de la carte, et Alice sillonne les routes d’Amérique à la recherche de survivants à aider. Carlos (Oded Fehr), le soldat survivant du 2, a pour sa part formé une milice (qui compte Ali Larter dans ses rangs) qui assure protection et vivres aux autres survivants. De son côté, la Umbrella Corporation œuvre sur un sérum pour assouvir les morts-vivants et en faire des travailleurs dociles. Mais le docteur Isaac a bien d’autres projets : le sang d’Alice contient la clef de pouvoirs incommensurables.

Entre un coût de production moindre et des résultats solides, difficile d’y voir plus qu’un objet commercial insipide, comme l’a été le second film, le premier restant tout de même prometteur. Mais le spectateur sera très vite rassuré entre l’ambiance western excellente et une histoire particulièrement bien construite et enfin consistante. Miracle ? Presque. Si on retrouve quelques plans digne du premier, sa réalisation ne lui arrive malheureusement pas à la cheville, bien qu’elle reste très bonne. En revanche, chose particulièrement indigeste dans les premiers films, les affrontements contre les zombies rendent beaucoup mieux et avec les nouveaux pouvoirs incroyables d’Alice, on s’en retrouve presque impressionné. L’héroïne que représente Milla Jovovich devient même beaucoup plus charismatique grâce à sa réelle évolution psychologique en sauveuse de l’humanité et son style vestimentaire moins provoquant et plus recherché. De plus, la sublime musique du jeux est enfin utilisée à sa juste valeur et se retrouve remixée à toutes les sauces pour notre plus grand plaisir. On est continuellement surprit des bonnes innovations de ce film, qui surclasse largement ses prédécesseurs. Le final, un peu attendu, laisse néanmoins présager d’une belle continuation et on imagine bien le caractère dantesque que pourraient prendre les combats si les suites s’inscrivent dans cette lignée. Que la force soit avec elle !

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La Disparition d’Alice Creed

La Disparition d'Alice Creed
2010
J Blakeson

Totalement passé inaperçu, ce film anglais à petit budget a néanmoins offert la possibilité à son réalisateur de signer son premier film, lui permettant de s’essayer à un genre bien particulier : le huis clôt psychologique et l’évolution relationnel entre victime et bourreau. Sa passion nous emportera t-elle ?

Tout commence dans le flou le plus total : deux hommes enlèvent une jeune femme (Gemma Arterton), l’attachent à un lit, la bâillonnent, lui recouvrent la tête et verrouillent consciencieusement la porte, puis attendent. Bien évidemment, le but de la démarche est une rançon, plutôt conséquente : 2 millions £. Mais cela n’est pas l’unique raison de cet enlèvement….

La trame principale du film est cousue de fils blancs et au fur et à mesure que l’histoire se dessine, on peux en voir venir l’issue assez clairement. Et le film joue beaucoup sûr cet effet de non surprise en insinuant le doute perpétuel en nous et en glissant des rebondissements des plus osés. Sa construction n’en est que meilleure puisque notre culture du cinéma d’horreur nous oriente sur bien des pistes plausibles et qui s’accorderaient parfaitement à la situation, bien que la logique nous entraîne vers la fin envisagée de manière plus rationnelle et pourtant plus surprenante. Tout arrive comme prévu mais pas dans l’ordre habituel : une technique déroutante et forte appréciable. Et avec un casting méconnu mais efficace, le résultat s’avère très solide pour un sujet qu’on aurait pu présagé épuisé. Seul regret, sa fin : prévisible et décevante.

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Cowboys & envahisseurs

Cowboys & envahisseurs
2011
Jon Favreau

L’invasion extraterrestre a inspiré de nombreux films et une chose est sûr, si un jour la Terre subie une invasion hostile, on sera dans une sacrée merde. À chaque fois qu’on s’en sort, c’est de la chance (Independence Day / Evolution), du hasard (La Guerre des mondes / Signes) ou un malentendu (Mars Attack ! jeu de mot auditif). Alors imaginez le massacre si on était encore moins évolué que maintenant, par exemple au Far West ? C’est en tout cas le sujet du comics dont ce film s’inspire, avec aux commandes Jon Favreau, qui a fait ses preuves en matières de blockbuster. On imagine donc bien l’utilisation efficace de ses 163 millions de budget.

Nouveau Mexique, XIX° siècle. Jake Lonergan (Daniel Craig) se réveille en plein désert et ne sait ni qui il est ni pourquoi il est là, avec à son poignet un étrange bracelet métallique. Une fois en ville, il apprend qu’il est recherché et se fait capturer. Mais alors qu’on allait le remettre aux hautes autorités, la ville est victime d’une attaque extraterrestre et une grande partie des habitants se font enlever. Son bracelet se mit alors en marche et lança des lasers sur les ennemis. Pour savoir ce qui c’est passé, Jake s’alliera avec le parrain du coin : Col. Woodrow Dolarhyde (Harrison Ford).

Effectivement, avec des critiques très moyennes et un ratage complet dans les salles, le constat ne pouvait pas être excellent, mais on échappe au pire : le mélange western / science-fiction fonctionne plutôt bien. Certes, leurs motivations sont minimes et il n’y aura pas d’autre forme de scénario, mais leur design est à la fois original et réussi. Graphiquement, on ne trouvera rien à reprocher au film. Le problème, c’est réellement le fond : les personnages sont assez insipides (bien que charismatiques pour le duo d’hommes sauveurs de l’humanité), surtout en ce qui concerne Paul Dano, inexistant, et Olivia Wilde, débile et ridicule. Ça manque de rythme et la fin est plutôt mauvaise, mais on est entraîné par l’histoire et Daniel Craig justifie à lui seul une grande parti du film. Pour peu qu’on ne se pose pas trop de questions et qu’on se concentre sur l’image, le résultat passe relativement bien.

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Happy Few

Happy Few
2010
Antony Cordier

Derrière ce titre anglophone se cache bel et bien une pure comédie française qui part d’un principe assez incongru, choquant, et qui laissera néanmoins un arrière goût de déjà-vu : deux couples, Marina Foïs / Roschdy Zem et Nicolas DuvauchelleÉlodie Bouchez, se lient d’amitié, et plus encore. Bref du couple échangiste qui va dévier vers l’orgie de chez grosse partouse. Mais chose inédite, aucun d’eux ne ressentira de scrupules et cela n’affectera pas leurs relations : l’infidélité sans remords.

Si le principe du film est assez simple, son caractère immoral en refroidira plus d’un. Et pourtant, il est évident que cette histoire sent le réchauffé puisque j’avais déjà vu la même histoire, mais probablement d’une nationalité anglophone. Ce pseudo pitch de départ, de franchement mauvais goût pour toute personne intègre, n’évoluera pas d’un iota, un comble pour quelque chose d’aussi mince. Du coup, si on se laisse accompagné par ce qu’on suppose être un double coup de foudre, on ne pourra qu’être déçu par cette tournure malsaine et répréhensible, bien que les anciens grecs n’y verraient là qu’un quotidien banal. Et la moralité abjecte du film ne pourra pas tellement compter sur des qualités cinématographiques indéfectibles car si les acteurs ne sont pas mauvais, il manque du rythme et du style. Le résultat est à l’image de son scénario : une mauvaise idée.

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Harry Brown

Harry Brown
2010
Daniel Barber

Toujours pas question de prendre sa retraite pour Michael Caine, qui multiplie les seconds rôles marquants au cinéma avec notamment la trilogie Batman. Cette fois ci, il arpentera les rues sombres et dangereuses de Londres. La première scène illustre toute l’étendue du danger avec l’insouciance, l’abrutissement et la perversion des jeunes : deux ados à moto qui s’amusent à tirer avec leur tout dernier joujou. Une mère promenant son bébé en poussette en fera les frais…

C’est dans un quartier où les jeunes font régner la folie que vie Harry Brown (Michael Caine), ancien marine à la retraite. Souvent témoin de la violence de ses jeunes qui tabassent gratuitement les pauvres qui auraient la malchance de croiser leur chemin, parfois à mort, il se contente d’observer impuissant. Mais un jour tout va déraper : sa femme malade décède à l’hôpital, et son meilleur ami, ne supportant plus les jeux tortueux des racailles, tenta de faire justice lui-même et y laissa sa vie. Devant l’incompétence de la police (qui compte Emily Mortimer dans ses rangs) et n’ayant plus rien à perdre, Harry va se lancer dans un règlement de compte sanglant.

Un homme qui fait justice lui-même, c’est on ne peut plus classique. Le fait qu’il soit à la retraite n’y change pas grand chose, cela rajoute juste une touche Gran Torino. Mais il est vrai que peu ont la classe et la prestance de Michael Caine, absolument parfait dans son rôle, à mi-chemin entre le marine sanguinaire et le retraité croulant. Du fait de son âge, le rythme du film suit comme il peut mais il trouve un autre moyen pour cultiver notre intérêt : les scènes chocs. Les jeunes décris dans ce film sont d’une infamie incroyable et rien ne semble stopper ni leur conneries ni leur arrogance. On prend un plaisir malsain à voir ses voyous qui se prennent pour des dieux se faire éventrer ou plomber. Le sujet est poussé jusqu’au bout et sa fin répond à nos attentes. Pour un film aussi mou, classique et prévisible, on ne pouvait pas espérer tellement mieux.

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Resident Evil : Apocalypse

Resident Evil : Apocalypse
2004
Alexander Witt

Malgré une réception assez froide, le premier épisode a relativement bien marché, du moins suffisamment pour lui accorder une suite. N’ayant visiblement pas compris les plaintes des spectateurs, les créateurs ont décidé d’incorporer le troisième jeu-vidéo (Nemesis) dans leur film, histoire d’ajouter plus d’action et de monstres, soit les tares les plus désagréables de son prédécesseur. Quelle idée de génie…

Ce second volet prend place directement à la fin du premier, alors que Alice (Milla Jovovich) se réveille à l’hôpital, bien qu’un prélude nous explique la connerie de l’équipe scientifique : rouvrir la Ruche. Elle se retrouve alors dans un Racoon City dévasté et subissant une terrible attaque de morts-vivants et l’armée d’Umbrella Corporation a condamné la ville. Sa seule chance pour s’en sortir est de coopérer avec une milice d’infortune (Sienna Guillory et Oded Fehr) pour sauver la fille d’un scientifique. Mais les zombies ne seront pas leur seul problème : l’armée (dirigée par Thomas Kretschmann) a effectuée des expériences sur elle et le projet Nemesis, et compte bien tester le résultat.

Si l’histoire du jeu n’arrivait même pas à en faire un film, on n’espérait pas tellement de grandes révélations, et heureusement : seule une anecdote sur la véritable origine du virus nous servira de trame. C’est peu, très peu. Et avec un réalisateur qui passe la main, on retrouve une mise en scène médiocre comparée à l’originale. Reste alors les combats, assez brouillons, et son héroïne, belle et charismatique mais dont la peau arrache les yeux, surtout son ignoble bouton sur le front. Si la petite hausse de budget permet des affrontements plus solides, le combat final et ce qui en suit frise le ridicule tant ça sent le raccord inopportun. Du coup malgré un effort de dynamisme et la sympathie dû à son statut de suite, on perd la quasi intégralité du talent artistique du premier film. La fin sera elle aussi mitigée : des faits intriguant, donc on voudrait en savoir plus, mais ça semble plutôt extravagant. Il sera difficile de sauver la saga.

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Resident Evil

Resident Evil
2002
Paul W.S. Anderson

Alors que dans quelques jours débarque sur nos écrans le cinquième et avant-dernier volets des aventures de Alice Vs les morts-vivants, il était grand temps de laisser une seconde chance à cette saga, boudée depuis son troisième film. Il est vrai que ce soit pour le film ou les jeux, le domaine de l’horreur a plus d’impact à mes yeux dans un Silent Hill, bien plus recherché et oppressant.

Ce premier film, pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire, raconte les origines des morts-vivants, emblème de la saga. Dans une ville des Etats-Unies, Racoon City, se cache un complexe de recherche travaillant sur des projets secrets d’armes bactériologiques. Ce lieu appelé « la Ruche », appartient à la Umbrella Corporation, qui a mit à sa tête une intelligence artificielle : la reine rouge. Sur le marché noir, leur dernière découverte biologique vaut une fortune et certains hommes ne peuvent y résister (James Purefoy). Et avant de s’enfuir avec le virus, il en relâcha un échantillon dans la Ruche, activant le système d’autodéfense de l’IA. Craignant une épidémie, elle condamna à mort l’ensemble des chercheurs et employés. Chargée de la protection du manoir, entrée de la Ruche, Alice (Milla Jovovich) se réveilla amnésique. Et avec une milice (menée par Michelle Rodriguez) dépêchée sur place, elle doit enquêter sur l’incident. Mais ce qu’ils ne savent pas, c’est que le virus, une fois implanté, permet de réactiver un corps mort. En effet, le cerveau d’un mort émet des impulsions électriques durant trois mois après le décès. Si leurs corps se décomposent, une chose persiste, le besoin le plus élémentaire : manger !

Le film démarre de façon inespérée : bases intelligentes, musique mémorable (probablement issue du jeu-vidéo), et mise en scène ingénieuse. L’histoire intrigue, passionne. D’un calme inquiétant, les trente premières minutes du film donne un ton oppressant et les différents mystères nous envoûtent. Entre une réalisation agréable, des plans parfaits, des personnages travaillés et un univers cohérent, le film avait tout d’une immense réussite. Mais avec la désactivation de la reine rouge, le film nous dévoile ses malheureux morts-vivants d’une banalité démoralisante. À partir de là, le film se noie dans un classique survival-horreur pas très intéressant. Comme d’habitude, on se désole de voir tant de morts prévisibles et maladroites. La scène du train nous entraîne bien bas et montre les limites budgétaires avec ses effets spéciaux ratés. Heureusement, la fin, bien que désarmante de bêtise, sauve ce qui restait grâce à son actrice désœuvrée dans un monde dévasté, le tout bercé par cette musique d’exception. Du coup, on reste mitigé entre le désir de voir la suite et la déception d’avoir vu une histoire à ce point quelconque dans un emballage pourtant parfait.

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Comanche Station

Comanche Station
1960
Budd Boetticher

Quand on pense aux indiens d’Amérique, appelés aussi amérindiens, on pense souvent aux apaches, tribus autochtones qui coexistaient avec les civilisés au Far-West. Et bien qu’elle était la plus importante, d’autres grandes tribus occupaient les montagnes, dont les comanches. On s’en fout mais ça explique le titre et son contexte.

Ainsi, un cow-boy ultra viril et ténébreux décide de partir reprendre aux comanches une jeune femme blanche qu’ils auraient enlevé, dans l’espoir qu’un jour l’une d’elles soient sa femme. Chose assez simple : avec juste des couvertures et un fusil, l’échange fut accepté. Mais ils ne seront pas son seul problème. En effet, à peine arrivé à une auberge, un ancien de ses « amis » lui tomba dessus, en pleine fusillade contre les indiens avec deux hommes à lui. Et avec une prime de 5 000 $ pour la fille, morte ou vivante, on en perd la raison.

C’est à peine croyable. Les westerns sont rarement connus pour leur scénario particulièrement développé, mais là on ne peut qu’être admiratif devant tant de foutage de gueule : il sauve la fille des indiens et des bandits. Ça a dû être affreusement long et pénible pour réussir à inventer une si grandiose histoire. Alors du coup, ne pas avoir envisager de retournement de situation ni autre forme de rebondissement est excusable, les pauvres devaient être fatigués. C’est probablement le travail des acteurs d’ailleurs, puisque tous semblent exténués en permanence et font d’innombrables pauses et ne chevauchent gère plus d’une heure par jour, laissant le temps au spectateur de se reposer de tant d’éléments scénaristique (cinq personnages pour une mission). Mais à la fin, il n’en reste que deux ! Et quel suspense pour en connaître l’aboutissement ! En tout cas, la potiche remplie son rôle à merveille : elle sourit, est belle et ferme sa gueule. Que demander de plus ? Un minimum de considération pour nous serait en tout cas un bon début.

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Le Guerrier silencieux

Le Guerrier silencieux
2010
Nicolas Winding Refn

C’est une évidence pour tout le monde, Christophe Colomb n’a pas découvert l’Amérique en premier. En effet, d’anciennes cartes et autres récits, de même que certains vestiges sur place, témoignent de l’antériorité de cette découverte par les vikings. Partant de ce principe, n’importe qui aurait pu y accoster par pur hasard en naviguant à l’aveuglette. De là est parti l’idée du film.

L’histoire prend racine en Ecosse alors que des clans rivaux font combattre leurs esclaves. L’un d’eux, surnommé le borgne (Mads Mikkelsen) à cause de ça regrettable particularité oculaire, particulièrement robuste et vigoureux, est sorti victorieux tellement de fois que son propriétaire lui a rendu sa liberté. Errant sur ces terres rudes, il viendra en aide à un jeune garçon abandonné, avant de rencontrer une petite armée de templiers. Leur promettant richesse, gloire et reconnaissance divine, il accepta de rejoindre leurs rangs pour partir conquérir Jérusalem et la rendre à Dieu. Mais entre un océan plat et un brouillard persistant, les pauvres se perdirent dans la brume et amerrirent en Amérique. L’enfer ouvre ses portes…

Dès le premier contact avec le film, on le sent, ça n’est pas du cinéma classique. La narration est des plus déroutantes car le film sera tronqué assez brutalement et maladroitement à six reprises, correspondant à six actes carrément annoncés, de quoi en déstabiliser plus d’un. Autre fait étrange mais déjà plus fréquent : le héros ne parle pas. Par contre, on sera déçu que rien ne soit révélé sur sa personne bien mystérieuse, tout juste peut-on présumer de faits troublants. De manière générale, l’histoire partait d’une idée excellente, mais elle reste vraiment minimaliste. Du coup, elle s’étire difficilement sur l’ensemble du film et en résulte un rythme affreusement lent. Heureusement, pour tout de même apprécier un temps soit peu la traversée, la réalisation est exceptionnelle. Décors somptueux, image irréprochable, et jeux de lumières étonnants, le film est une jouissance graphique qui se laisse décortiquer longuement vu l’éternité de chaque séquence. On pourra aussi compter sur un casting peu connu mais efficace pour tenter d’attiser notre intérêt. Mais c’est peine perdue, tout ce travail et ce professionnalisme sombrent dans un vide scénaristique et rythmique. Une belle mais lente agonie.

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L’Exercice de l’Etat

L'Exercice de l'Etat
2011
Pierre Schoeller

Quand on regarde les cérémonies des Césars et des Oscars, il y a un véritable faussé : respectant le principe de récompense, les Oscars recensent les meilleurs films de l’année, contrairement aux Césars où la plupart semblent mauvais et s’avèrent l’être. Lauréat des Césars du meilleur acteur secondaire pour Michel Blanc, meilleur son et meilleur scénario, le film connu aussi un vif succès dans de nombreux festivals et dans la presse. Mais après l’avoir vu, c’est à se demander s’ils parlent bien du même film…

Comme il faut bien commencer le film quelque part, on nous présentera un terrible accident de bus ayant causé la mort d’une dizaine de personnes, majoritairement des enfants. Petite histoire introductive, elle permet d’amener le personnage clef du film : Bertrand Saint-Jean (Olivier Gourmet), ministre des transports. Embourbé dans ce terrible accident, il se voit submergé par une nouvelle affaire : la crise ferroviaire. Ayant généré quelques 0.5 milliard de déficits, l’Etat voudrait se débarrasser de ses gares en les privatisant. Entre un déficit abyssal, des ministres qui se tirent dans les pattes et des manifestations hasardeuses, un chaos sans merci s’installe.

L’exercice du film politique réussi souvent très bien mais il faut bien avouer que ce sujet là est des plus hermétiques : la privatisation des gares. À la limite, pourquoi pas, mais l’angle choisit est mauvais : il privilégie la bureaucratie au terrain et l’attente à la résolution. Le film effleure le sujet sans jamais l’expliquer en détail et nous jette des faits sans autre forme de corrélation. Les rôles sont mal identifiés et on perd un temps incroyable à la mise en place de l’affaire. Mais le début ne constitue pas le seul moment de flottement du film : tout est incroyablement mou et on enchaîne les plans inutiles. Il semble évident que cette histoire maladroite et bancale ne tient pas la longueur et que pour boucher les trous, les conversations téléphoniques insipides ont été multipliées. Et malheureusement, le vide scénaristique n’est pas le dernier des problèmes du film. En effet, le casting est particulièrement minable : il ne fait aucun doute que le César de Michel Blanc récompense plus l’ensemble de son œuvre que le film. Pour ce qui est de Olivier Gourmet, qui nous a tant habitué à des prestations catastrophiques, c’est pire que tout. Bien sûr, le fait que son personnage soit abject, grossier, malpoli, égoïste, narcissique, abruti et ayant l’ouverture d’esprit d’un syndicaliste à qui on demanderait de faire travailler une entreprise le 25 décembre, ça n’aide pas, mais il ne reste pas moins que son interprétation est au mieux exécrable. Dire que l’on se fait chier durant ce film serait un doux euphémisme…

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