La piel que habito

La piel que habito
2011
Pedro Almodóvar

Si les films espagnols ont de quoi nous surprendre de bien des manières, spécialement Almodóvar, ce grand réalisateur va aller très très loin. Portant son dévolu sur le livre Mygale du français Thierry Jonquet, il va nous emmener dans les tréfonds de l’âme humaine dans un thriller fantastique des plus déroutants, choquant, perverti et immoral.

Perdre un être cher, c’est toujours très dur, et on se demande ce qu’on aurait pu faire pour l’éviter. Pour Robert (Antonio Banderas), immense chirurgien, la question ne se pose plus et il a trouvé la réponse. Dix ans auparavant, sa femme s’est suicidée à cause de lourdes séquelles dues à de graves brûlures. Il a alors confectionné une peau résistante à toutes formes d’agressions externes comme internes. Si son procédé génétique est interdit, il a néanmoins pu en constater les effets sur sa cobaye. Cloîtrée chez lui, Robert mène ses expériences sur elle sans qu’elle ne manifeste aucune émotion. Qui est-elle ? Un monstre ? Un robot ? Sa femme « ressuscitée » ? Non, la vérité est bien plus sombre et horrible…

Le premier contact avec le film ne peut en rien laissait présager pareille histoire. Dans un premier temps, le spectateur suit ce mystérieux chirurgien qui entretien des liens étranges avec ce qui semble être une humaine recréée par ses soins. On sent une alchimie assez malsaine entre le maître et son « robot » mais qui, après tout, a peut-être droit à sa chance. Mais pauvre spectateur naïf que nous somme, l’évidence nous échappe : rien n’est dû au hasard et, logiquement, créer un humain n’est pas possible. En revanche…
La seule solution réaliste se dessine dans l’horreur la plus absolue. On ne peut ni ne veut y croire. Comment une telle abomination peut-elle émerger dans l’esprit d’un homme ? Tant de questions qui se bousculent et toutes ses réponses si dérangeantes et psychopathes se mélangent dans un cauchemar qui dénaturalise l’essence même de notre humanisme. L’humain est-il le pire des monstres ? Le film semble en tout cas le prouver. Une chose est sûre, c’est un de ces films qui vous marque à vie.

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Le livre maléfique

Le livre maléfique
2007
Alex Zamm

Grand maître du fantastique pour enfants, R. L. Stine a bercé l’enfance de bon nombre d’entre nous, spécialement moi. Particulièrement populaire en France avec des millions d’exemplaires vendus, sa saga Chair de poule se voit ici honorée d’un film, qui n’aura certes pas dépassé les bacs à DVD, mais film quand même.

Adaptation du roman éponyme, le film se déroulera, comme par hasard, en pleine période d’Halloween. Chose qui sied bien à Cassie (Emily Osment), jeune lycéenne un peu perturbée et gothique qui a du mal à s’adapter à sa nouvelle école, malgré la présence du beau Sean (Cody Linley) qui la fait rêver. Ses seuls plaisirs sont ses livres fantastiques. Elle trouvera d’ailleurs un certain « The Evil Book » (d’où le titre) dans une étrange boutique tenue par… Jigsaw (Tobin Bell) ! – Ça sent la mutilation et la mort. – Simple histoire de monstre terrifiant, le livre porte néanmoins une mise en garde des plus effrayante : « ne pas lire à haute voix ». Et le soir d’Halloween, car son frère le peureux avait ruiné son devoir, elle lui lut le livre… Mais tout va bien : le monstre n’existe que si vous y pensez.

Le film démarre de façon assez réjouissante : un garçon un peu trop peureux qui réveille ses parents pour un rien et qui se fait presque insulter pour être aussi chiant. Une fois n’est pas coutume, les parents semblent être des modèles d’autorité et de droiture. La suite laisse entendre une certaine légèreté, marque de fabrique de R. L. Stine, mais surtout des personnages attachants et avec une vraie profondeur. Alors oui, le coup du monstre avec un livre ensorcelé sent le réchauffé et n’est clairement pas l’une des meilleurs histoires de l’écrivain. Mais ce qu’on trouve est tout autant important : comme le dirait notre adorable héroïne, le film possède une certaine poésie fantastique à la Edgar Allan Poe. Et ce qui est d’admirable, c’est que le film se montre tout aussi attrayant pour un adulte que pour un enfant car son humour est assez fin et que son message n’a pas d’âge. Et cerise sur la citrouille, le générique de fin nous gratifie d’une composition originale interprétée par Emily Osment, qui trouve là l’une de ses meilleurs chansons : à la fois harmonieuse et mélodieuse, et elle véhicule bien l’esprit du film. De quoi nous mettre plein d’étoiles dans les yeux et en sortir avec le sourire.

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SOS Daddy

SOS Daddy
2009
Paul Hoen

Très consciencieux, Disney se met un point d’honneur d’assurer son fan service. Et dans cette perspective, l’idée d’un film réunissant des icônes de ses séries émergea. Ainsi, on retrouvera Emily Osment, Jason Earles et Moises Arias d’Hannah Montana mais aussi David Henrie et Jennifer Stone des Sorciers de Waverly Place. Le problème, c’est qu’il faut maintenant écrire un scénario, et c’est pas gagné…

Comme le titre l’indique, il s’agira d’un enlèvement d’un père, celui de Melissa (Emily Osment). Écrivain minable ayant pondu de sombres daubes d’espionnage dans un univers fantastique, il est néanmoins très prit par les centaines de milliers d’enfants attardés qui se passionnent pour ses écrits. Trois d’entre eux tentent d’ailleurs de l’enlever lors d’une de ses conférences pour lui prouver leur valeur en tant que meilleurs fans. Mais c’est sans compter sur un directeur d’hôtel peu scrupuleux qui compte bien accaparer l’écrivain.

On s’en doutait, et ce malgré des critiques élogieuses et un franc succès, il n’y avait que très peu de chance que le film se montre un exemple d’intelligence, mais tout de même. Malgré une chanson mignonne et légère de Emily Osment, qui lui aura probablement permis d’atteindre les 300 000 albums vendus pour son premier essai, le film montrera vite ses limites. Saga littéraire débile, enlèvements improbables et personnages loufoques dans un très mauvais sens, le film accumule de nombreuses tares. Si bien évidemment l’actrice principale nous enchante et qu’on a plaisir à revoir dans un autre contexte nos acteurs du petit écran, le résultat est des plus puérils. Histoire anecdotique qui s’étire difficilement sur 80 minutes, vocabulaire sur Zoome insupportable et batailles de trucs visqueux rendent le film risible pour toutes personnes ayant plus de dix ans d’age mental. Tant pis…

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Un justicier dans la ville

Un justicier dans la ville
1974
Michael Winner

Premier volet de ce qui sera une quintologie, cette saga est l’adaptation – oh surprise – d’un roman : Death Wish de Brian Garfield. Ou plus exactement en ce qui concerne les deux premiers, les trois suites étant une extension imaginaire.

Tout commence de façon assez sobre : trois gentlemans (avec parmi eux Jeff Goldblum, qui trouvait là son tout premier rôle) raccompagnent aimablement une mère et sa fille des courses. Désirant les soulager de leur argent, les trois jeunes se firent passer pour le livreur pour ainsi rentrer dans leur appartement. Tout aurait très bien pu se passer, mais quand ils leur demanda leur argent, 7$ parue une réponse peu courtoise. Ils répondirent alors logiquement en fracassant la mère, qui décéda de ses blessures, et en violant la fille, qui sera traumatisée de son expérience au point de se faire interner. Le père (Charles Bronson), trouvant là un comportement un peu déplacé, décida de prendre congé en Arizona et apprit qu’une arme à feu, c’est bien. De retour à New-York, et armé de son tout nouveau jouet version 32mm, il écume les rues sombres en quête de jeunes délinquants à refroidir. Chacun gère son deuil comme il l’entend…

Dans un contexte années 70, quand on voit trois jeunes mentalement instables, on pense à de pauvres braqueurs de bas étage. Mais après deux trois puissants coups de tatane dans la gueule de la mère et quand on voit les deux autre faire mu-muse avec le corps de sa fille, on se dit que le cinéma de ce temps là n’a rien à nous envier côté violence. Et malgré un certain manque de rythme, on sent que sa va barder et que la vengeance d’un père meurtri sera terrible. Et c’est là que la déception commence… Il semblerait que les scénaristes ont été renvoyés au bout de 20 minutes de film tant la suite est redondante voir chiante : le père traque les voyous pour leur foutre une balle dans la tête. Et mise à part quelques interventions de la police, c’est à peu près tout ce qu’on aura droit pour le restant du film. Alors du coup, même si l’idée de départ aurait pu être intéressante, on s’ennui beaucoup…

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Hannah Montana

Hannah Montana
2006 - 2011

Le 24 mars 2006, Disney Chanel lançait avec fracas sa nouvelle série devant pas moins de 5.4 millions de spectateurs, qui se révélera être la moyenne de la série, ce qui en fera la deuxième série la plus suivie de la chaîne derrière Les Sorciers de Waverly Place. Récompensée quasiment chaque année par le Teen Choice Award de la meilleure série, le principe reposait sur des bases assez simples : une pop star qui mène une double vie. Série quasi autobiographique, elle raconte comment une petite fille du Tennessee qui rêvait de devenir pop star a réussi à avoir « le meilleur des deux mondes » en s’inventant un alter-ego qui rempli les salles de concert à sa place : Hannah Montana. Ainsi, le petite Miley (Miley Cyrus) revêtit chaque soir de concert sa perruque blonde et devient la star que les gens adorent. Suite à la mort sa femme, son père Robby (Billy Ray Cyrus, ancienne star de la série médicale Doc) n’a eu de choix que de raccrocher ses rêves et abandonner sa carrière de chanteur country pour élever sa Miley et aussi sa honte : Jackson (Jason Earles), son fils. Sorte de d’attardé lilliputien, il accumule les conneries et a dû mal a vivre normalement avec les autres. Désormais, Robby est celui qui gère la carrière d’Hannah Montana et qui lui a écrit toute ses chansons. Mais dans la vraie vie, c’est Miley qui compose elle-même l’intégralité de ses musiques.

Cette première saison s’axe donc autour de cette famille Stewart qui essaye de vivre normalement en Californie malgré le secret de Miley, qui ne le sera aux yeux de ses meilleurs amis que pour deux petits épisodes. Personnages piliers de la série, ses meilleurs amis Lilly (Emily Osment) et Oliver (Mitchel Musso) seront toujours de la partie dans leur rôle de la fille simple d’esprit et fofolle et Oliver le lover, gars sympa mais qui souffre plus ou moins des mêmes problèmes que Jackson. L’autre personnage clef de la série c’est Rico (Moises Arias), le patron machiavélique de Jackson. Fils héritier d’un milliardaire, Rico est lui-même gérant de nombreuses entreprises et possède une fortune de plusieurs millions, à tout juste 10 ans. Chacun de ses coups tordus sera associé à son légendaire « Mwo ah ah ». Des personnages hauts en couleurs fort sympathiques et attachant qui instaureront malheureusement une routine un peu facile : Miley est dans une galère ou craque pour un garçon, Jackson se fait malmené et le père s’en prend aux tartes qui aurait le malheur de croiser son ventre. Le comique de répétition marche plutôt bien mais pour une série sur une pop star, un problème se pose : les musiques. Devant ce qu’on qualifierait de salle de spectacle pour jeunes enfants avec tout juste une centaine de personnes (qui deviendront des milliers par la suite), les chansons d’Hannah Montana sont mauvaises, à l’exception de « Best of Both World » qui passe.

La saison 2 joue quand à elle la carte de la fainéantise : rien n’évolue. Ça reste amusant mais quand on se mange quelques épisodes lourds sur des doubles maléfiques ou des défilés d’autres acteurs étiquetés Disney (genre The Rock), ça sent la voix dangereuse de la facilité. On passe tous les épisodes entre la maison des Stewart, le collège, et la plage, qui n’en est pas une : le fond est maladroitement collé. Des nuages et un océan immuables, ça fait pas très pro… Mais à force de s’installer, on se surprend à apprécier le retour du tueur de vampire Jake Ryan (Cody Linley). Cette deuxième saison, faisant gagner encore un peu plus de notoriété à la série, fut accompagnée par la sortie cinéma du double concert estampillé Hannah Montana / Miley Cyrus. L’évènement connu un succès exceptionnel qui aujourd’hui encore détient le record d’influence pour un concert au cinéma.

La troisième saison mettait l’ambition plus haut : de gros changements s’opèrent. Exit le collège, les filles sont maintenant au lycée, avec Jackson d’ailleurs, pour un temps du moins puisque la saison s’étale sur deux ans. Si le fond reste le même, les situations évoluent positivement et le tout est moins enfantin. Les changements physiques sont d’ailleurs probablement les plus importants de la série. Mais le plus gros changement vient de Miley Cyrus, qui a visiblement prit des cours de chant puisque le générique a été ré-enregistré pour notre plus grand plaisir et sonne carrément bien. On notera même quelques morceaux très harmonieux et on sent un certain talent montant. Cette saison sera même ponctuée au milieu par le film Hannah Montana, le film qui en plus de donner une véritable profondeur à la série, comportera des musiques de très grandes qualité, d’ailleurs fortement récompensées. La chanteuse réussi même un tour de force en se renouvelant avec une composition country des plus entraînantes. Son talent étant devenu immense aux yeux de tous, sa carrière a prit un tournant, au point d’être aujourd’hui la troisième chanteuse la plus populaire au monde. Son emploi du temps n’étant plus autant tourné vers Disney, elle ne pourra qu’assurer une mini-saison finale de 15 épisodes appelée Hannah Montana Forever.

Pour s’offrir un final digne de ce nom et honorer les fans, la série prend un virage total assez déroutant et fait fit des 86 épisodes précédents en renvoyant au placard l’intégralité des décors. La famille déménage, le lycée n’est presque plus visible, les guest récurant ne sont plus et même la plage est remplacée par une place tout aussi mal faite avec l’éternel océan / ciel figé. Plus encore, l’humour laisse place à une ambiance pesante et triste. Jackson n’est plus le raté d’autre fois, il trouve l’amour et met fin définitivement à ses querelles avec Rico et ils deviennent les meilleurs amis qu’ils ont toujours été. Oliver n’est plus, sa pourtant très moyenne carrière de chanteur de son interprète l’occupe trop et il ne fera que deux petites apparitions éclairs. Emily Osment se sera elle aussi lancée dans la carrière de chanteuse avec plus ou moins de réussite : sa belle voix ne rattrape pas la bêtise de ses chansons et la pauvreté de ses clips. En bref, l’univers s’écroule. Mais tout cela est méthodologiquement manigancé : cette saison sera la fin de Hannah. Et lors d’un double épisode spécial, le secret est révélé au public. L’occasion de découvrir quelques trésors musicaux tel « Ordinary Girl », un ravissement pour les oreilles. Et dans un ton des plus dramatiques, la série met un terme à tout ce qui a été en allant jusqu’à séparer les amies éternelles que sont Miley et Lily. Mais encore une fois, le spectateur tombe dans un subterfuge émotionnel visant à créer un final parfait et émouvant. Si la série n’avait pas des bases très solides et n’a pas tellement décollé, elle aura eu le mérite de nous offrir un final de qualité pour remercier notre fidélité, et c’est déjà beaucoup.

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Premium Rush

Premium Rush
2012
David Koepp

Tout d’abord annoncé pour mars 2012 sous le nom de Ultimate Rush, le film fut repoussé et a subit un changement de titre à causes de procédures judiciaires suite à une plainte pour plagiat. Le principe était simple : un film d’action sur un vélo. Malgré une bande-annonce intéressante et prometteuse, le film est un échec cuisant. Le vélo n’est pas porteur ?

New-York, immense ville surpeuplée où les voitures circulent en touche-touche avec les taxi. Du coup, quand quelqu’un veut faire livrer un paquet important en temps voulu, il fait appel à la seule société dont le service peut se faufiler au milieu de tout ça : les livraisons par vélo. Wilee (Joseph Gordon-Levitt) est le meilleur d’entre eux. Adepte du « fixed gear », il sillonne la ville à une vitesse prodigieuse avec son vélo uni-vitesse dépourvu de freins, mais doté d’un système de marche arrière par pédalage inversé. Et car il est le meilleur, Nima (Jamie Chung), étudiante chinoise qui se trouve être la colocataire de sa copine (Dania Ramirez), fait appel à lui pour transmettre une note, qui fait office de dotation financière, pour faire venir en Amérique son fils resté au pays. Mais c’est sans compter sur l’inspecteur Monday (Michael Shannon), prêt à tout pour recouvrir ses dettes de jeux.

Un film d’action reposant sur des courses poursuites en vélo, c’est beaucoup plus impressionnant qu’on aurait pu l’imaginer. Un vélo en petite descente peut atteindre les 80 km/h et près de 60 sur du plat. Ralentir n’étant pas dans ses principes, il parcoure le film en mode sprint infernal. La structure bizarre et découpée nécessaire au développement du scénario viendra de temps à autre stopper la course, mais tout en gardant la violence du moment. Chaque seconde c’est dix accidents évités de justesse, il faut avoir le cœur sacrément bien accroché pour s’en sortir. Si on ne va jamais chercher très loin et qu’on aurait aimé un véritable complot derrière le mystérieux colis, on se contente de ce qu’on a car la cadence des vélos et le dynamisme de la caméra rend tout ça jouissif. Et avec un casting vraiment sympa, on passe pour sûr un très bon moment.

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Expendables 2 : unité spéciale

Expendables 2 : unité spéciale
2012
Simon West

Fier de son incroyable succès financier (274 millions pour un budget de 80), Sylvester Stallone remet le couvert en rappelant à la barre son improbable équipe de gros bras du premier : Couture, Lundgren, Crews, Austin, Jet Li et Jason Statham. Mais pour marquer le coup, Bruce Willis et Arnold Schwarzenegger sont de retour avec des rôles un peu plus significatifs qu’auparavant. Et pour lutter contre un très vilain Jean-Claude Van Damme, l’unité spéciale aura recours à une brute, Liam Hemsworth, et une légende qu’on ne présente plus : Chuck Norris.

Après une séquence d’intro choc où tout explose de partout et où tout le monde se fait méchamment bombarder la gueule, le chef du groupe reçoit la visite de son ami du FBI, à qui il doit un service. Sa mission ? Récupérer un paquet dans un coffre piégé qui se trouve dans la cale d’un avion écrasé en pleine Bolivie. Mais sur place, c’est le traquenard : un mercenaire du nom de Vilain les attendait. Leur nouvelle recrue se fit prendre par surprise et fut exécuté pour l’exemple. Pour Barney et ses hommes, pas question de laisser passer ça. Ils vont le traquer, le faire pleurer et le tuer. Faut pas faire chier Stallone.

Alors que le premier film mettait vraiment le dose d’action à la fin, cette suite n’attendra pas si longtemps : dès la première scène le film nous prouve toute sa brutalité et sa puissance dans un assaut qui restera dans les mémoires. Ça balance presque autant de munitions que dans un Battleship, c’est pour dire. Leur fuite en avion est vraiment spectaculaire, bien qu’elle aura coûtée la vie de deux cascadeurs. Et si la tension retombe un peu près ça et mettra un peu de temps à revenir, le film peut compter sur un autre poids lourd : son humour. Faciles mais énormes, deux jeux de mots retiendront notre attention : « je vous déclare mari et lame » et « repose en pièces ». On notera aussi un comique de répétition sur le « je revient » et autres références comme le Woupikaï et surtout, la plus amusante, celle des Chuck Norris Fact : « C’est vrai qu’un Cobra royal t’a mordu ? Oui, au bout de cinq jours d’agonie… Il est mort. ». Eh oui, quand un serpent mord Chuck Norris, c’est le serpent qui meurt. Un bon gros n’importe quoi bourré d’action et d’explosions, mais aussi d’humour efficace et autres clin d’œil qui font de ce film une grande réussite et un excellent divertissement.

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Switch

Switch
2011
Frédéric Schoendoerffer

Très timide à sa sortie (274 862 entrées sur tout juste une centaine de cinémas), le film s’essaye pourtant à un genre assez rare en France : le Thriller. Sorte d’évolution du film Policier, qui se limite à la vision du ou des enquêteurs (forcément apparentés aux forces de l’ordre), il repose lui aussi sur une quête de vérité d’où le film tire son suspense. Ainsi, comme le film n’est pas exclusivement centré sur la police, il s’agit d’un Thriller.

Le film prend sa source au Canada, là où vit Sophie Malaterre (Karine Vanasse), une jeune femme qui a décidé de sa payer des vacances via « switch.com », un site qui propose de changer son logement avec une autre personne. Elle jette alors son dévolue sur l’appartement parisien d’une certaine Béatrice, pour y passer deux semaines. Mais au premier jour, la police la réveille et l’arrête pour double homicide. Confronté au commissaire Forgeat (Eric Cantona), elle tente de lui prouver qu’elle est Sophie Malaterre, et non Béatrice, et qu’elle est victime d’un complot, mais en vain… Les preuves contre elle sont accablantes et le passé psychiatrique de son bourreau la prive de toute contestations. Pour retrouver sa vie elle n’a pas le choix : elle doit fuir et retrouver l’usurpatrice.

On en avait le pressentiment : une banale histoire de coup monté avec une victime indéfendable. Et bien tout les pronostiqueurs vont tomber de très haut : le film dépasse de très loin toutes les attentes et va bien plus loin encore. Oui, il y a bien faussaire, de même que la police prouve toute son efficacité aoûtienne, mais c’est sans compter sur le talent et le professionnalisme d’un Eric Cantona bluffant et imposant dans un rôle sur-mesure interprété magistralement. La québécoise Karine Vanasse est elle aussi une sacré révélation tant elle donne un dynamisme et une force de caractère à son personnage aussi attachant qu’impressionnant de déterminisme. Mais ce qui force le plus le respect, c’est bien le scénario. Ecriture parfaite et cohérence sans faille, le film allie continuité logique et rebondissements rocambolesques avec un naturel déconcertant. Seul regret : sa fin beaucoup trop abrupte alors qu’on aurait expressément aimé se poser un peu après une telle course éreintante.

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A bout de course

A bout de course
1988
Sidney Lumet

Dans les années 60-70, en pleine période hippies, les mouvements radicaux et révolutionnaires foisonnaient. Inspiré par l’histoire des fondateurs de Weather Underground, dangereux gauchistes détruisant des bâtiments publics, le film met en avant une famille obligée de fuir depuis que les parents, membres d’une ligue révolutionnaire, ont grièvement blessé et causé des dommages permanents à un employé d’une usine qu’ils ont fait exploser.

Mais cela n’est que la trame de fond du film, qui nous racontera plutôt comment ces parents et leur deux fils vivent cette situation instable qu’est le quotidien de fugitif. Si depuis le temps les parents n’ont eu de choix que de s’y faire, sans quoi ils risquent près de quinze ans de prison, et que le plus jeune ne comprend pas encore bien ce qui se passe, le ressenti est tout autre pour Danny / Michael (incarné par le regretté River Phœnix, mort d’une overdose à 23 ans), l’aîné des frères. Passionné par la musique, il aspire à poursuivre ses études à Julliard. Mais que faire entre son amie, sa famille et ses rêves ?

Simple drame familial, le film repose quasi exclusivement sur son acteur principal. L’histoire est assez banale et le cadre politique ne fait que renforcer l’antipathie du père, rendant l’hésitation de Danny pour ainsi dire incompréhensible. Certes la gentillesse de sa mère pourrait le faire rester, mais dans la mesure où elle même le pousse à suivre ses rêves, le film s’allonge inutilement. Heureusement, pour nous tenir en haleine tout du long, après un début maladroit et mollasson, le film met en avant une histoire d’amour qui sonne vraie et naturelle et donne une certaine poésie à l’ensemble. Le jeu des acteurs étant globalement très bon, surtout en ce qui concerne River Phœnix, le résultat est des plus solides pour un tel sujet. Mais à cause d’une trop grande longueur, d’une histoire trop classique et d’une fin pas assez travaillée, le film souffre tout de même de limitations importantes qui l’empêcheront de pleinement nous emporter.

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Baby-Sitter malgré lui

Baby-Sitter malgré lui
2011
David Gordon Green

Baby-Sitter malgré lui ? Spectateur malgré lui, oui ! D’où vient cette manie française de mettre des « malgré lui » comme sous-titre pour de nombreux films ? Pourquoi malgré lui en plus ? Certes ce petit job ne l’arrange pas mais c’est surtout les enfants qui subissent vu le degré de je-m’en-foutisme. Et elle sort d’où cette affiche ? Ont-ils réellement vu le film avant de la faire ? Non parce que là c’est du délire : pas une seule fois cette situation n’a lieu ! Mais en même temps, comment réussir à vendre un truc pareil ?

L’idée du film vient des scénaristes qui se sont dit que voir Jonah Hill s’occuper de trois enfants turbulents, jurer et leur crier dessus, ça serait drôle. Et pour en faire un film, quoi de plus original que de rajouter des histoires de drogues et dettes d’argent, problème parentaux, infidélité et sexualité ?

L’introduction est alarmante : le très graisseux Jonah Hill fait un cunnilingus à une pouffiasse qui s’en fout de lui. L’humour s’y annonce des plus gras et indigestes. Même le gag téléphonique ne fait que rendre le personnage plus antipathique. Puis vient sa mission : garder trois enfants. N’écoutant que ses hormones, il accepte d’apporter de la cocaïne à sa « copine » et décide de kidnapper les enfants et de les trimbaler dans les pires endroits imaginables. Eh bien évidemment, ça va tourner mal. Un vide scénaristique qui n’a d’égal que le vide cérébral obligatoire pour ne pas mourir de honte de regarder pareille daube. Déjà avec le coup de la fille qui fait un « prout trop fort », on commence en dessous de tout, mais la suite n’aura de cesse que de faire encore plus insoutenable avec notamment l’interminable passage du « mec ultra cool et branché » au bar en jouant la kaïra. C’est juste pathétique… Anéanti par une telle perte de temps, le spectateur n’en sera pas sorti pour autant. Alors que le générique de fin retenti enfin, une chose impensable se produit : une présentation du devenir des personnages. C’est sans nul doute l’une des choses les plus pitoyable et grotesque qui m’ai été donné de voir. Les quelques passages légèrement amusants sont tellement noyés par l’humour scatophile que chaque sourire esquissé sera une honte personnelle. Mais malheureusement, rien ne permettait de détecter une telle atrocité…

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