Lucario et le Mystère de Mew

Lucario et le Mystère de Mew
2008
Kunihiko Yuyama

Nous y voilà enfin. Assez des trop mauvais films Pokémon qui se sont révélés en plus pires que dans mes souvenirs, et même à l’époque très vite tous sont devenus de pures calvaires. C’est bien simple, si même le tout premier, qui me semblait être le seul autre bon, était en réalité très bof, il ne restait donc plus qu’un seul candidat possible pour redorer le blason de la saga. Comme à son habitude, la France était une fois de plus la dernière servie, mais à un point problématique cette fois. En effet, le film est sorti au Japon en 2005, soit un peu plus d’un an avant l’arrivée de la quatrième génération. Mettre en avant ainsi bien avant la sortie des Pokémon encore inconnus, notamment Lucario qui a un des rôles principaux, ça donnait une importance supplémentaire au film. Or si les jeux Diamant et Perle sont arrivés avec près d’un an de retard chez nous, le film en accusait trois, débarquant donc largement après les jeux. Sachant que Lucario a une classe folle et figure personnellement dans mon top 10 de mes Pokémon préférés, d’un point de vue marketing c’est à mes yeux une erreur monumentale, mais soit.

L’histoire démarre plusieurs centaines d’années avant notre ère alors qu’une guerre faisait rage. Aaron, protecteur du royaume de Cameran, va s’avouer vaincu devant la menace d’un affrontement dantesque aux portes du château, prenant ainsi la poudre d’escampette au moment crucial, allant même jusqu’à enfermer son fidèle compagnon Lucario dans son sceptre magique, ancêtre de la pokeball. Bien des siècles plus tard, alors que Sasha et ses amis assistaient à une commémoration en l’honneur d’Aaron, dont la légende raconte qu’il est le sauveur de ces terres, son aura va entrer en écho avec celle de Lucario, prisonnier du sceptre depuis tant d’années. Maître d’un arbre de vie gérant l’écosystème et la biodiversité de la région, Mew va se retrouver pourchassé et va prendre avec lui Pikachu, blessé alors qu’il tenter de le protéger. Sasha et Lucario vont donc faire équipe pour retrouver Pikachu et tenter de percer les mystères du passé.

Dès l’introduction je me suis immédiatement rappelé pourquoi j’aimais tant ce film : outre le fait qu’un véritable effort a été fait, tant en terme de narration que de profondeur scénaristique, j’y ai vu les prémices de la grandeur. Pour ceux qui ne le savent pas, j’ai fabriqué sur une bonne centaine d’heures une introduction à l’univers Pokémon grâce à RPG Maker VX : Le Chemin de l’immortel. Si bien sûr le film ne s’accorde pas une telle extravagance en imaginant à la fois un univers héroïque-fantaisie cohérent et une explication rationnelle au monde des Pokémon et son fonctionnement, mettre en avant une guerre et des morts, que ce soit chez les humains et chez les Pokémon, c’est déjà énorme. Bon après, le reste de l’histoire ne vole pas bien haut. On s’en tient au strict minimum ; la Team Rocket est un boulet insupportable, traîné depuis bien trop longtemps et qui n’a jamais fait rire personne ; Sasha et ses compagnons n’ont nulle introduction, faisant que ceux arrivant en cours de route seront un peu paumés ; la fin se sent venir à des kilomètres ; et au bout du compte on ne comprend pas pourquoi la fille en avait après Mew ni pourquoi cette grosse lavette censée être l’un des Pokémon les plus forts qui soient ne se bat jamais. Oui mais voilà, le tournoi avec de la bonne grosse musique pop américaine marche du feu de dieu, Lucario a une classe folle, les attaques des trois légendaires (Regice, Rgisteel et Regirock) donnent la chair de poule et artistiquement l’arbre de vie est dingue. On y retrouve des visuels vertigineux dignes des meilleurs jeux d’aventure style SF ou fantastique, et en terme de mise en scène le film est très efficace. Un écrin sublime pour une histoire sombre et bien meilleure que d’habitude, et même si j’ai raté quelques films entre le 10ème (oui oui, à l’époque je les regardais religieusement chaque année) et Je te choisis (le 20ème), voilà assurément le plus abouti de tous les films Pokémon, de très loin.

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Pokémon 2, le pouvoir est en toi

Pokémon 2, le pouvoir est en toi
2000
Kunihiko Yuyama, Michael Haigney

Après avoir vu les deux films du reboot Pokémon, le fan nostalgique en moi se disait que c’était mieux avant, que les deux premiers étaient vraiment bien, même si après le 3 bof et que derrière sauf le 8 tous étaient bien moisis. Sauf que non en fait, j’étais petit, et à chaque fois il y a avait la hype, que ce soit pour le premier qui sortait dans la foulée des premiers jeux (alors qu’au Japon la seconde cuvée venait déjà de débarquer, la France ayant gardé pendant longtemps près de trois ans de retard pour les jeux et quasi deux pour les films) ou ce second long-métrage, précédent de peu la deuxième génération. Bref, l’objectivité n’était pas là, et comme pour le premier film, la nostalgie avait bon dos.

Comment ne pas révéler tout le film en essayant d’en parler ? Impossible, il tiens sur un timbre et on connaît le dénouement dès l’introduction. Que se passe t-il durant les cinq premières minutes ? On découvre qu’un méchant veut capturer les oiseaux légendaires pour faire sortir de sa cachette Lugia et ainsi essayer de le capturer. Quant à Sasha, comme par hasard il est en expédition dans une île voisine où on lui explique qu’il est l’élu et qui devra rétablir l’équilibre de trois îles. Oh bah dit dont, on se demande qu’est-ce qu’il va bien pouvoir se passer !

Anémique. Rarement un scénario n’aura été aussi plat et inconsistant. On nous ressort le coup de l’élu et de la prophétie de mes couilles ; le méchant a une base volante de malade à la puissance de frappe supérieure à un pokémon légendaire, mais il veut mettre la main sur Lugia ; on ne saura jamais d’où il sort ni ses objectifs ; et au final on ne comprend pas pourquoi Sasha est l’élu et encore moins, vu ce qu’il fait, pourquoi le premier clochard venu ne pourrait pas prendre sa place. Pire, à peu près tous les protagonistes ont le QI d’une huître, à l’image des scénaristes. Le méchant se fout tout seul dans la merde en libérant ses otages ; Sasha va se servir de Dracaufeu pour tirer une luge au lieu de monter sur son dos pour aller mille fois plus vite ; et la palme des consanguins tétraplégiques revient aux pokémons sauvages, venant se masser comme des trisomiques devant une émission de télé-réalité, regardant simplement le spectacle hébété, sans jamais essayer d’aider un seul instant. Ah ça valait le coup de faire une telle traversée, abrutis ! L’histoire n’est même pas raccord avec les jeux puisque les oiseaux légendaires et Lugia ne sont même pas censés vivre dans la même région. Et puis quelle idée de le faire parler… Une catastrophe à tous les étages, et comme dans mes souvenirs le troisième était moins bon, je n’ose poursuivre l’aventure, qui se terminera du coup avec uniquement le huitième, meilleur de tous et seul vraiment excellent dans mes souvenirs, en espérant qu’il me déçoive moins tant ma mémoire me joue des tours.

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Breathe

Breathe
2018
Andy Serkis

Après avoir vu une bande-annonce très prometteuse il y a presque deux ans, j’ai entendu de ci de là que le film fut présenté à plusieurs festivals, puis enfin fin 2017 une bonne dizaine de pays l’accueilli en salle. L’attente fut longue, très longue, et au final la France eu enfin accès au film un an après la majorité des autres territoires. On ne saura jamais pourquoi, le mystère des distributeurs, mais il était temps, ce premier long-métrage d’Andy Serkis étant sorti pour nous presque en même temps que sa revisite du mythe de Mowgli.

Chose que j’avais oublié depuis le temps, et c’est formidable que le film soit produit par le fils des deux principaux protagonistes, mais le film est tiré d’une histoire vraie qui changea la face du monde. Tout commença au milieu des années 50 alors que Robin Cavendish (Andrew Garfield) tomba follement amoureux d’une belle britannique se prénommant Diana (Claire Foy). Elle tomba sous son charme, ils se marièrent, elle tomba enceinte : le début d’une belle histoire ? Eh bien non, car peu après lors d’un voyage en Afrique Robin concocta la polio, terrible maladie paralysant l’entièreté du corps, nécessitant donc une assistance respiratoire à vie puisqu’une partie du système respiratoire est lui aussi paralysé. Privé même dans un premier temps du langage, il était condamné à finir ses jours en hôpital, avec une espérance de « vie » d’à peine quelques semaines voir mois. Il ne pensait plus qu’à la libération de la mort, mais c’était sans compter sur le soutien indéfectible de sa femme, qui fera tout pour l’extraire de sa condition de mourant et lui offrir une vie décente.

Si vous connaissez une personne en fauteuil roulant, de par la vieillesse ou un problème quelconque, sachez que cette possibilité aurait probablement mit beaucoup plus de temps pour se démocratiser si cette histoire n’avait pas eu lieu. Il est certain que l’invention aurait fini par se faire, mais c’est en tous cas pour Robin Cavendish que le système a été inventé, et c’est grâce à lui et son entourage que cela a été démocratisé. Rien que pour ça, je vous invite chaleureusement à voir le film tant il est important pour la grande histoire. Au delà de ça, si la romance avant drame est trop vite installée, elle marche au final assez bien même si l’acteur, pourtant un an plus vieux que sa partenaire, garde cet éternel air adolescent et semble avoir dix ans de moins qu’elle, rendant le couple difficile à accepter. On notera d’ailleurs que comme l’histoire se déroule sur plus de 20 ans, quelques tentatives de maquillage essayent de faire illusion, mais à aucun moment le vieillissement n’est crédible. Côté photographie et réalisation c’est assez sobre et classique, avec néanmoins de jolis effets d’éclairage naturels. Pour le casting c’est vraiment pas mal puisqu’on retrouvera tout de même Hugh Bonneville et Ed Speleers en plus du duo d’affiche, et tous sont très bons dans leurs rôles. À noter une scène géniale où un prêtre lui dit que toute la misère sur Terre fait parti du grand dessin de Dieu, déclaration à laquelle il va répondre en lui crachant littéralement à la gueule, et je dis ô combien bravo ! Bref, si finalement il n’aura pas sa place dans mon top annuel, contrairement à ce que j’espérais, ça reste une belle romance qui a marqué l’histoire, donc à voir.

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Bird Box

Bird Box
2018
Susanne Bier

Bougre que ce film me faisait peur. Si Netflix a réussi à s’imposer comme l’un des meilleurs créateurs de séries, son bilan cinématographique est déjà bien plus discutable, comptant largement plus de navets que de grands films à son actif. Donc quand l’un de leurs films fait sensation, je reste méfiant, d’autant quand on parle de film post-apo où des créatures se servent d’un sens bien précis pour nous mettre à mort. Dans Sans un bruit, qui ne m’a pas passionné outre mesure, il s’agissait du son, ici place à la vue.

Retraçant en parallèle une expédition à haut risque avec deux enfants et l’arrivée de la tragédie qui a frappé la Terre cinq ans plus tôt, le film nous glisse dans la peau de Malorie (Sandra Bullock), alors enceinte au moment du drame. D’abord simple épidémie énigmatique frappant la Russie, en quelques jours le phénomène va se propager dans ce qui semble être une folie spontanée et violente, donnant à une personne contaminée une irrépressible envie de se suicider. Avant même de réaliser ce qu’il se passait, elle va trouver refuge avec plusieurs autres personnes (dont Trevante Rhodes) chez Douglas (John Malkovich). C’est alors qu’ils vont réaliser que la source de ce carnage n’est pas d’ordre bactériologique mais physiologique : ce sont des créatures aux capacités hypnotiques qui poussent les gens à mettre fin à leurs jours, et ce d’un simple regard.

Avant d’expliquer le comment du pourquoi, puisque apparemment beaucoup de gens n’ont aucune culture et peinent à comprendre des notions aussi basiques, parlons un peu du film en général. Pour l’être humain, la vue est assurément le sens le plus développé et important qui soit, devant l’ouïe et dans une moindre mesure le touché (les deux autres sont plus la pour décorer limite), donc comme pour Sans un bruit c’est une assez bonne idée de baser une menace dessus. Là aussi le film se montre assez ingénieux pour exploiter cette idée, la sortie en voiture opaque utilisant uniquement le GPS et les avertisseurs d’obstacles est une vraie trouvaille. La grande différence c’est que le film ne nous frustre pas en esquivant l’attaque initiale, car si on suit d’un côté une expédition en barque, de l’autre la double narration nous explique comment on en est arrivé là depuis les premiers instants. L’aspect communautaire est bien traité avec des personnages intéressants, et niveau angoisse et suspense le film marche très bien, l’énigme de la menace étant plutôt bonne. La réalisation est excellente, les acteurs très bons et l’histoire solide, donc je vous encourage clairement à voir le film.

/!\ Attention, spoilers en masse pour « décoder » le message du film /!\

Ceux qui ont lu la bible, ou ont un minimum de bases de culture chrétienne, auront bien évidemment compris que le film est une référence à la bible et au jugement divin. En effet, dans l’évangile selon Matthieu, il est dit  : « Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux ! ». Les créatures, capables de prendre l’apparence qu’ils souhaitent, mettent les hommes face à leurs péchés, et seuls ceux qui sont dignes du paradis n’auront rien à craindre et auront la vie sauve. C’est donc pourquoi les échappés de l’asile, simples d’esprit, voient la sanction divine comme magnifique et n’y succombent pas, car selon la bible les fous ne sont pas responsables de leurs actes et iront de toutes façons au paradis. De même, il est dit, toujours dans le même évangile : « Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu ! ». De base, on se dirait que tous les enfants ont le cœur pure, et c’est pourquoi Malorie hésite à laisser les enfants voir, car elle a peur que ses propres péchés -comme son interdiction de les aimer de peur de les perdre (d’où l’absence de prénoms) ou le mensonge concernant la fille – ne se reflètent sur eux et que Dieu ne les juge pas dignes. Il n’y a donc pas d’interprétation à faire, juste à comprendre les références.

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Pokémon le film

Pokémon le film
2000
Kunihiko Yuyama, Michael Haigney

Sorti en 1998 au Japon, le film est arrivé au sommet de la gloire de la franchise. La première génération de jeux sur Gameboy (rouge, bleu, vert, jaune) s’était écoulée à plus de 46 millions d’exemplaires, alors que par la suite la seconde génération peina à atteindre la barre des 30, et les suivantes oscillèrent autours des 20 millions d’exemplaires avec selon les générations trois ou quatre jeux (seuls X et Y n’ont pas eu de suite ou de best off derrière). Côté cinéma, l’essoufflement fut encore plus violent, car si les deux premiers ont atteint les 160 M$ dans le monde, le troisième n’en fit même pas la moitié, et depuis le quatrième, à l’exception du 20ème Je te choisis (reboot célébrant les 20 ans de la franchise) qui a fait grosso modo 40 M$, les 17 autres films ont tous rapporté entre 15 et 30 M$ selon les cuvées, soit à peine de quoi amortir le budget. Il faut dire que très vite les films n’ont été que des tremplins pour présenter des pokémons légendaires des prochaines ou actuelles générations, soit des gros coups de pubs plus destinés à faire vendre des produits dérivés que le film en lui-même. Et vu comment je m’étais rué sur la VHS du film à l’époque pour avoir ma carte collector Mewtwo, c’est ce qu’on appelle du marketing efficace.

Avant de devenir une grosse blague où chaque génération possède une douzaine de pokémons légendaires dont moins du tiers sont disponibles dans le jeu (il fallait donc tricher ou se rendre dans un endroit spécial avec du matos spécial pour envoyer des données événements dans sa cartouche), il fut un temps où ils n’étaient qu’une poignée, même si tous les avoir était impossible. Dès le premier jeu, Mew était l’objet de toutes les rumeurs et personne n’arrivait à mettre la main dessus, tandis que dans la seconde génération Célébi n’était même pas trouvable dans les versions non japonaises. Ce premier film fait donc la part belle à Mew et Mewtwo, deux des cinq légendaires des 151 premiers pokémons (les trois autres étant les oiseaux mythiques). Fait caché dans la VF censurée, l’origine du film provient de la volonté d’un chercheur voulant ramener sa fille disparue à la vie grâce au clonage, et pour financer ses recherches il va faire équipe avec le terrifiant Giovanni, chef de la Team Rocket, à qui il va promettre Mewtwo, clone du plus puissants de tous les pokémons, Mew. Incapable de trouver un sens à sa vie, Mewtwo va se retourner contre ses créateurs et s’isoler sur une île perdue, celle sur laquelle il a été créé, et pour pallier à son ennui et se prouver à lui même sa supériorité, il va y convier les meilleurs dresseurs, dont Sasha.

Passons vite fait sur la censure, une excellente piste ne menant nulle part. Lors de son enfance dans la cuve, Mewtwo va communiquer par télépathie avec trois autres sujets en cuve : le clone de la fille disparue, ainsi qu’un salamèche, un carapuce et un bulbizarre. Seulement contrairement à lui, ses quatre camarades ne vont pas survivre aux phases de test, le plongeant dans une profonde tristesse. Or pour le calmer, les scientifiques vont lui effacer la mémoire et il ne sera plus jamais fait mention de ces événements, tout juste se dit-on qu’il a préalablement créé des clones de dracaufeu, tortank et florizard  inconsciemment en souvenir de ses amis disparus. C’est donc du pathos complètement vide, et on comprend pourquoi la France a coupé le passage puisque cela enlève aussi un soupçon d’attachement au scientifique en chef, nous mettant donc plus en phase avec Mewtwo, donnant donc plus de légitimité au « méchant » de l’histoire. Dans son ensemble le scénario est horriblement plat, le débat philosophique est creux, et les quelques visuels sympas ne rattrapent pas assez cette histoire expédiée en 80 minutes et dont les fils conducteurs ne reposent sur vraiment pas grand chose. Dire que j’en avais un excellent souvenir et que je croyais que le niveau était bien meilleur au début… Ah qu’elle était belle cette carte collector !

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Pokémon, le film : Le pouvoir est en nous

Pokémon, le film : Le pouvoir est en nous
2018
Tetsuo Yajima

Deuxième film du reboot de la franchise, il était question de faire écho au second film d’animation historique de la licence en faisant « intervenir » le même pokémon légendaire, à savoir le meilleur de tous, Lugia. Ceux qui espéraient comme moi un long-métrage dédié à sa grandeur seront amplement déçu de ce point de vu là puisque le messie n’arrivera qu’à cinq minutes de la fin, sans avoir avoir au final la moindre importance.

De passage dans une ville côtière, Sasha va se rendre au festival des vents, une cérémonie en l’honneur de Lugia, le sauveur de la région, balayée perpétuellement par les vents grâce à sa bénédiction, leur offrant une source d’énergie éolienne continue. Marquée par le drame, la ville sera le croisement de plusieurs destins : celui d’une petite fille protégeant Zeraora, un pokémon légendaire menacé ; une sportive en devenir qui a sombré dans la dépression suite à une blessure, venue au festival pour que son frère à l’hôpital le vive par procuration ; un homme désabusé qui va tenter de se racheter une conduite pour sa nièce ; une vieille femme qui ne s’est jamais remise de la mort de son pokémon, les fuyant comme la peste de peur de revivre un jour pareil désespoir ; ainsi qu’un scientifique agoraphobe incapable de concrétiser ses rêves faute de les assumer.

Là où Je te choisis allait bien trop vite, on prend ici le temps de bien développer les nouveaux personnages, et rarement on a eu l’occasion d’en avoir des aussi bien travaillés. Certes un peu cliché, l’oncle un peu bourrin est très attachant, l’histoire de la vieille dame est très touchante, de même que la sportive est un excellent personnage. Tout est cousu de fils blancs, mais c’est un peu moins débile que d’habitude, véhiculant encore une fois de belles valeurs morales en dehors de l’abandon total de la jeunesse qui vagabonde inconsciemment à travers le monde et ses innombrables dangers. On regrettera en revanche le caractère complètement inutile de Sasha, d’autant qu’il ne se servira que de Pikachu tout du long (n’a t-il plus aucun autre pokémon ?), mais au moins il n’est pas accompagné cette fois de compagnons encore plus dispensables. La recette mignon / pathos marche un chouïa mieux de part une meilleure gestion du rythme, mais ça reste très moyen.

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Pokémon, le film : Je te choisis !

Pokémon, le film : Je te choisis !
2017
Kunihiko Yuyama

Alors que les ventes de jeux se sont peu à peu tassé malgré quelques opus de grande qualité, il faut dire de plus en plus rares et de moins en moins ambitieux, pour ce qui est du cinéma les choses se sont détériorées à une vitesse largement plus impressionnante. Si le japon est resté fidèle avec un public oscillant autour des deux millions d’entrées par film, en France à partir du quatrième opus chaque long-métrage est arrivé directement en DVD, les Etats-Unis ont suivi jusqu’au sixième, et seule une poignée de pays a continué à suivre après cela. Seulement durant l’été 2016 un événement a prit une tournure inattendue : la sortie de Pokémon Go sur téléphone, qui fut un carton phénoménal. Alors que la saga tombait en désuétude, un formidable coup de boost fit replonger les anciens nostalgiques, tout en élargissant plus que jamais le public (j’en fus, y jouant près de trois mois). Sortant un film par an tous les juillets au Japon depuis 1998, c’était là l’occasion de travailler sur un produit qui se destinerait justement aux nostalgiques et aux nouveaux venus : un reboot de la franchise.

Vous connaissez tous l’histoire de Sasha du Bourg Palette ? Arrivé trop tard au laboratoire du professeur Chen, il se retrouva de ce fait obligé de prendre le dernier Pokémon disponible, un Pikachu incontrôlable et qui refuse d’aller dans sa pokéball. Seulement point d’Ondine ou de Pierre dans cette version alternative puisqu’ici Sasha, dans sa quête pour devenir maître Pokémon et rencontrer le grand Ho-Oh, sera épaulé par le hasard des choses par Justine et Honoré.

Pure copié collé de la série pour son premier quart d’heure, le film s’en éloigne un peu par la suite, tout en y incluant tous les arcs narratifs concernant son chenipan (de sa capture jusqu’au moment tire-larme où il part déglinguer la femelle shiny) et son salamèche (la aussi tire-larme avec le vilain dresseur qui l’a abandonné et que Sasha va sauver in-extremis de la mort). On a du mal à comprendre la démarche, le film s’éloignant pour proposer autre chose, et ce qu’il inclus de la série ne marche pas. Quand Pikachu devient docile après deux épisodes (40 minutes), ça a plus d’impact qu’au bout de dix minutes où il n’a été présent que trois ; voir papillusion partir à mi-parcours alors qu’on ne l’a vu que cinq minutes en tout, ça ne fonctionne pas ; et résumer la détresse d’un salamèche près à se laisser mourir pour un maître qui ne reviendra pas en une poignée de minutes, c’est là aussi contre-productif tant l’attachement n’a pas le temps de se faire. C’est en réalité juste là pour rappeler la boule à la gorge qu’on a eu à ces moments précis dans la série, et ça n’est pas très glorieux de vouloir se les réapproprier aussi facilement. De même, ce qui marque dans une évolution de pokémon c’est le chemin accompli, l’expérience qui est récompensée. Quand on enchaîne quatre évolutions durant la seconde moitié, c’est juste du grand n’importe quoi en mode « jean-michel pas le temps ».

Le film trace comme un porc, désamorçant tous ses effets et n’arrivant à aucun moment à créer un attachement aux nouveaux personnages. La Team Rocket fait de la peine, se faisant latter la gueule en arrière plan sans jamais entrer en contact avec la « grande » histoire. Pire, le film verse sans arrêt dans le pathos facile, mais avec son statut de reboot, ça n’a pas le même impact que dans le premier film de 1998 qui avait tout une saison sur laquelle reposer, et encore une fois, vouloir rebooter tout en gardant l’affecte originel est malhonnête. Et que dire du « chouette » de Sasha après l’histoire de la mort d’un pokémon, désamorçant tous les enjeux dramatiques en passant direct à autre chose… On repassera aussi sur les éternels problèmes liés au concept même de Pokémon (qui laisse un gamin de 10 ans parcourir seul le monde bordel !!!), mais globalement si les thèmes sur l’amitié et la persévérance sont bons, tout va bien trop vite pour que le développement soit correct. Côté animation les dessins sont plutôt beaux, mais je reste pour ma part dubitatif à propos de cette idée de repartir de zéro. En dehors du premier film de 1998, le seul bon à mes yeux restera le huitième sur Lucario, plus sombre et à l’histoire bien plus solide. Quitte à rebooter il aurait été ambitieux de prendre de nouveaux personnages, quitte à faire revenir les anciens en tant que mentor par exemple. Et pour le coup, Sasha sur la tombe de Pikachu aurait été un effet dramatique bien plus puissant. Mais bon… La suite étant dédiée à Lugia, plus classe de tous les pokémons et qui n’a eu droit qu’à une suite décevante il y a presque deux décennies, je tenterais l’aventure, mais sans grande conviction.

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Lady Bird

 

Lady Bird
2018
Greta Gerwig

La séance de rattrapages continue avec ce qui pouvait potentiellement être les meilleurs films de l’année à mes yeux, ou alors un film que j’avais de toute façon prévu de voir et que j’étais passé à côté au moment de sa sortie. Grand challenger des derniers Oscars avec tout de même deux prix d’envergure aux Golden Globes (meilleur film et meilleure actrice), le film attisait ma curiosité, et avant de dévoiler à la fin du mois mon top annuel, il fallait que je m’assure qu’il en fasse ou non parti. Eh bien non.

Se déroulant en 2002, le film nous raconte la difficile adolescence de Christine McPherson (Saoirse Ronan). En dernière année d’un lycée catholique de Sacramento, elle est énervée contre à peu tout et tout le monde. Son lycée ultra conservateur lui sort par les oreilles, elle crache sur sa ville et rêve d’aller faire ses études ailleurs, elle dénigre la situation sociale de ses prolétaires de parents, a une relation conflictuelle avec sa mère, sa seule amie est une obèse asociale et elle rejette même son propre prénom, préférant se faire appeler « Lady Bird ». Bref, le cliché ambulant de l’ado chiante…

Même si le genre a tendance à se perdre, les Etats-Unis aiment produire régulièrement des productions pour montrer leur épanouissant milieu scolaire, pourtant si décrié où en moyenne les gens s’endettent sur 10 ans pour les études (avec jusqu’à 40 ans pour certaines universités hors de prix avec plus du quart des étudiants qui se retrouvent en prison faute de pouvoir rembourser). Ah les joies de démarrer sa vie professionnelle avec près de deux-cent mille dollars de dettes ! Enfin bref, on suit les conflits classiques de ce genre d’histoire entre le frère baba cool qui va probablement finir en prison faute de pouvoir rembourser ses études ; un père dépressif qui a perdu son emploi et qui perdra vraisemblablement sa maison au moment de la crise du subprime ; une mère qui n’atteindra jamais l’âge de la retraite à force de faire des heures supp de partout ; une meilleure amie qui s’effondrera du diabète ou d’une crise cardiaque avant 40 ans ; le coup du premier premier petit copain (Lucas Hedges) qui va déraper ; et bien évidemment le fameux connard méta ténébreux qui croit tout savoir sur le monde, qui a tout compris et qui regarde les gens de haut, assurément incarné par cette bonne tête à claque de Timothée Chalamet. Tous les clichés les plus éculés y sont, la fameuse « Lady Bird » est une petite conne insupportable, et fatalement avec le style « cinéma d’auteur qui pète plus haut que son cul », on se fait royalement chier. Non pas que le film n’ait aucun intérêt ou que les acteurs soient mauvais, mais à quoi bon ? On a déjà vu cette histoire mille fois, le film n’est pas drôle et n’a pas de réelle intensité dramatique, donc voilà. Si j’avais su, je me serais abstenu.

 

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Mary Poppins

Mary Poppins
1965
Robert Stevenson

Alors que défiant toutes probabilités une suite vient de débarquer au cinéma 53 après l’original, il était temps de revoir ce grand classique de Disney (un des plus gros succès de l’histoire puisque compte tenu de l’inflation, sur le seul territoire américain lors de ses sorties en 1964, 66 et 80, le film y a rapporté l’équivalent actuel de un milliard !), le dernier sorti du vivant du créateur du studio aux grandes oreilles et dont l’histoire derrière la création du film avait été raconté dans le très bon Dans l’ombre de Mary, qui valait d’ailleurs bien plus pour son histoire dans l’histoire que pour la démarche en elle-même. Malheureusement, le résultat final n’a plus grand chose à voir avec la touchante histoire vraie qui a inspiré le film.

Le film nous plonge dans la famille Banks, une riche famille d’une banlieue tranquille où le mari travaille à la banque pendant que sa femme joue les suffragettes et ses deux enfants terrorisent tour à tour toutes les nounous des environs. Fée dotée de pouvoirs magiques, Mary Poppins (Julie Andrews) va se donner pour mission de remettre les enfants sur le droit chemin, ainsi que leurs parents qui ont peu à peu perdu leur flamme. Pour l’aider dans sa mission, elle sera accompagné par Bert (Dick Van Dyke), un artiste saltimbanque qui n’a jamais cessé d’entretenir son âme d’enfant.

Un des plus gros succès de toute l’histoire du cinéma, le film fut largement acclamé à sa sortie avec une pléthore de récompenses, notamment pour son actrice principale qui décrocha le prix d’interprétation dans toutes les cérémonies, notamment aux Oscars. Il faut dire que les comédies musicales avaient le vent en poupe à cette époque, et le film était à bien des égares un sacré prodige. Bien sûr, la séquence de la chambre qui se range tout seule n’avait de rien de spécial pour l’époque, Ma Sorcière bien aimée ayant débarqué la même année, de même que l’usage des fonds verts pour faire des incrustations, y compris de dessins animés, était déjà utilisé pour des effets spéciaux dès les années 30, mais si la technique existait déjà la pratique était ici particulièrement réussie. Le style peut rebuter un peu aujourd’hui, mais le principe étant de faire travailler l’imaginaire et d’y donner vie, on accorde plus facilement notre suspension d’incrédulité. Si comme d’habitude les enfants sont atroces, ils sont heureusement secondaires, le duo Mary / Bert fonctionne très bien et les acteurs sont formidables. En revanche, l’histoire n’a aucun sens et paraît des plus décousues entre des personnages en roue libre, une absence de but réel et une finalité douteuse. Les innombrables chansons, à la qualité très discutable (musique minimaliste, paroles fades et qui se répètent très vite), semblent servir de bouche trou à une histoire pourtant inexistante, donnant au film des airs de show improvisé pas très inspiré. Bien sûr, si on est petit le charme de Mary, la magie et le côté entraînant des chansons suffiront largement à nous combler, mais passé un certain âge on constate amèrement une absence totale de fond.

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Secret of Mana

Secret of Mana
2018
PC / PS4

Ô tendre souvenir de ma jeunesse… Qu’il est loin le temps où la saga Seiken Dentestu brillait ! Après l’échec du dernier épisode numéroté sorti dans un état embryonnaire sur Playstation 2, quelques spin-off ont vu le jour sur téléphones ou consoles portables, sans jamais égaler de près ou de loin Sword of Mana, qui n’était déjà que poudre aux yeux, à supposer que la saga ait proposé à un moment donné plus que du simple divertissement aux qualités purement techniques et graphiques. Le joueur nostalgique hésitait alors vouloir que la franchise repose en paix et l’espoir d’un nouvel opus réconciliant tout le monde. Finalement, un vague fantasme d’antan a resurgi début 2018 : le « remake » du plus mythique de tous les épisodes, Secret of Mana. Alors même que le studio n’avait aucune ambition pour le titre, de toute évidence développé en marge de leurs gros titres avec une équipe très réduite, les fans de la première heure se sont rués en masse pour déplorer une catastrophe annoncée. Oui, nous aurions aimé un remake ambitieux, alors qu’au final le jeu est une pure copie plus proche du remaster que du remake, mais est-ce une raison pour bouder l’occasion de redécouvrir ce titre mythique sous un nouveau jour ?

Graphismes : 12/20

À moins d’en faire un triple A au budget faramineux pour faire un véritable remake sous par exemple Unreal Ungine 4, compte tenu des enjeux on pouvait difficilement espérer mieux dans l’optique d’un simple remaster. L’angle de vue est inchangé et tout en terme de design et de direction artistique est extrêmement fidèle à l’original. Le choix du self shalding est très pertinent, trouvant là un excellent compromis dans le passage à la 3D. Et c’est peut-être le plus gros soucis du jeu en terme de graphismes. En dehors de la scène d’introduction magnifique qui laisse un peu trop espérer, tout le reste est irrévocablement plat. La narration ne s’offre pratiquement aucune mise en scène, et quand on affiche un rendu à peine supérieur à la Playstation il est honteux de voir une absence totale d’innovation, alors même que les sorts et surtout les boss auraient pu gagner en grandiose. Concernant ces derniers, même si la plupart sont fidèles, voir légèrement mieux, certains font peine à voir comme le rachitique serpent et le piaf court-sur-pattes. De même, les animations des attaques chargées auraient pu profiter d’une refonte tant à part les poings lvl 8, ressemblant à une boule d’énergie, rien n’était mémorable, et comme par hasard c’est cette dernière qui est modifiée pour quelque chose de plus sobre. Le matériau de base n’était pas parfait et il y avait là moult occasions d’y remédier, mais malheureusement le jeu va se cantonner au modèle sur tous les points…

Jouabilité : 8/20

Ce qui est excusable en 1993 ne l’est plus une seule seconde en 2018. Certes, le principe des sphères par arme, la diversité de ces dernières ainsi que les magies propres à leurs deux utilisateurs (offensives pour l’elfe et défensives pour la fille) contribuent à une belle richesse, mais le système de jeu a fait son temps. Devoir attendre que la jauge charge à 100% puis rester trois plombes pour charger une attaque dont la précision laisse à désirer est une frustration sans pareille. Déjà atroce dans l’original, l’esquive des monstres reste toujours un problème, certes moindre, mais pour peu qu’on ait déjà joué à quelques jeux du genre, rater pratiquement une attaque sur deux est une aberration. L’équilibrage est toujours aux fraises, les petits monstres étant bien plus puissants que les boss (!) et la montée en niveau des armes et magies est infernal. Mention à la dryade pour la fille qui demande d’emblée deux fois plus d’expérience que les autres magies, alors même que la montée se calcule par utilisation, et non par PM dépensés, et cette magie est atrocement cher. Un coût aberrant qu’on retrouve un peu pour tout, le gain de PO normal (tuer tous les monstres que l’on voit en avançant) ne permettant pas un instant de s’acheter les différentes armures, et encore moins forger chacune des armes. Le seul ajout consiste en deux raccourcis programmables, que ce soit pour un objet ou de la magie, mais ça ne fera pas oublier le bordel que représente le menu en anneau. Techniquement le jeu est donc très similaire à l’original, voir un chouia supérieur, mais le résultat est indigne des 25 ans qui séparent les deux titres.

Durée de vie : 10/20

Rien de spécial à dire sur le sujet, si ce n’est que le jeu de base est déjà court (à peine 10h quand on connaît, pas plus de 15h même en montant tout à fond). Il aurait été bienvenu de proposer un minimum de contenu supplémentaire, ne serait-ce que pour surprendre le joueur en enrichissant une histoire qui ne demandait qu’à l’être. On aurait aussi pu proposer plus de challenge avec un nouveau lieu rempli de boss inédits avec, comme dans la plupart des autres RPG, des monstres plus puissants que le boss de fin (et ça n’aurait pas été dur à justifier tant le passé aurait pu receler des créatures terrifiantes). Mais bon, au lieu de ça on se tape des dialogues ennuyeux lors des passages à l’auberge…

Bande son : 15/20

Alors qu’on se le dise tout de suite, si le jeu propose des choix, ils n’en sont pas vraiment. Alors même que Square-Enix a fait un travail extraordinaire de réorchestration pour ses remakes ambitieux et réussis de Final Fantasy X HD et Final Fantasy XII TZA, c’est ici un supplice de chaque instant, et choisir les musiques originales est une question de survie. De même, le jeu ayant choisit de doubler ses dialogues, pour coller au style très coloré et atypique du jeu, celui des acteurs ne se fait pas dans la dentelle, et à ce niveau là le japonais passe bien mieux que l’anglais.

Scénario : 6/20

Quoi, qu’entend-je ? Quel est cet affront ?! Non, le scénario du jeu reste inchangé et on a même tendance à pouvoir mieux l’apprécier puisque la localisation française de l’époque, faite sous le manteau avec un sens du ridicule implacable (vive Rambo et compagnie… ), laisse place à quelque chose de plus respectueux du matériau d’origine, et les phases de dialogue sont un peu plus soignées. Reste que l’éternel coup du héros prophétique qui sauve le monde avec une princesse et un lutin, face à des méchants très vilains qui veulent simplement dominer le monde en faisant des conneries que le passé nous a montré vouées à l’échec, c’est de plus en plus grotesque avec le temps. C’est d’autant plus rageant que le passé en question semble passionnant, et les ruines de l’ancien monde auraient dû être plus creusées. Le jeu survole son sujet sans la moindre intensité dramatique, les héros n’ont aucune conviction et pas d’autres enjeux que la pression du reste du monde, et les méchants défilent en arrière-plan dans l’indifférence la plus totale. Quand on est petit, un peu de magie, de poésie, un bon esprit de camaraderie et c’est parti. Une fois adulte, il en faut plus pour nous faire rêver, et les décennies d’évolution techniques ont permis de mettre en scène des histoires autrement plus ambitieuses. Eh bien ici il n’y a que trop peu d’effort d’adaptation.

Note Globale : 11/20

Ressortant tout juste de deux rushs du jeu (l’original plié en une soirée et une matinée et celui-ci fini en 12h), il m’est honnêtement impossible de dire que ce remake / remaster est moins bon que l’original pour la simple et bonne raison que le système de jeu, les musiques, l’histoire et son déroulement sont identiques, et même les graphismes sont au plus près de ce que proposait son modèle. L’ambiance est conservée et manette en main le plaisir de jeu est peu ou prou le même. Et pourtant, si c’était à refaire je referais une partie sur Super Nintendo plus que sur ce jolie lissage. Mais alors, pourquoi diantre hypocrite de mes deux ?! Eh bien tout simplement parce que si je veux retrouver le plaisir d’antan, autant s’y replonger, car au fond la légère mise à jour graphique, indigne d’une PS2, n’efface pas l’amertume de certains changements. À trop en montrer, certains boss perdent en crédibilité, pratiquement aucun changement n’est profitable et les anciens comme moi passeront le plus clair de leur temps à se faire la réflexion que le design original était plus probant. 25 ont passé et ce qu’on était enclin à pardonner devient une hérésie. Si une communauté s’était formée autour de ce remaster, peut-être qu’à force d’être modé de partout le jeu aurait pu considérablement s’enrichir pour devenir ce qu’on attendait de lui, mais il semblerait que sa mort soit déjà actée, et il n’y aura personne pour y verser une larme.

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