Extrême Top / Flop ciné 2017

Une nouvelle année s’est achevée, mais que retiendra t-on des sorties cinématographiques ayant eu lieu au cours de l’année 2017 ? Je vous propose aujourd’hui de revenir sur les films qui ne vous ont pas forcément marqué vous, mais qui ont été pour moi les pires ou les meilleurs de ceux qu’ils m’ont été donné de voir.

Voici donc un Top 10 et un Flop 10 de mes expériences ciné de l’année :

https://www.youtube.com/watch?v=wFkiLhTqEBI&t=25s

Youtube ayant décidé de se concentrer uniquement sur les créateur de plus de 1000 abonnées, les petits comme moi vont avoir de moins en moins de visibilité, déjà en constante diminution à chaque changement d’algorithme. Toute forme de soutien est donc de plus en plus nécessaire pour permettre aux nouveaux de s’épanouir à leur tour, alors lâchez vous sur les pouces bleus, les commentaires, les partages et que le plus de gens possibles s’abonnent. Merci d’avance.

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3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance

3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance
2018
Martin McDonagh

Très sérieux candidat pour les prochains Oscars où il est nominé dans les principales catégories, le film a déjà obtenu de nombreux prix aux cours des précédents festivals, notamment celui du meilleur film dramatique aux Golden Globes. Quant à son casting, il est constamment encensé. Plus fort encore, le film a même réussi à transformer son succès critique en succès commercial, pouvant espérer engranger plus de 100 M$ dans le monde en fonction du nombre de prix qu’il recevra le 4 mars prochain. Attention à ne pas y placer trop d’espoir toute fois, d’autres candidats bien plus méritants concourent aussi pour la statuette suprême.

Quand un système est défectueux et qu’on ne peut soi-même pas le changer, peut-être que quelqu’un d’autre le pourra, mais encore faut-il que cette personne soit avertie du problème. À force de passer devant tous les jours, Mildred Hayes (Frances McDormand) va avoir l’idée de louer les panneaux publicitaires à l’entrée de sa ville pour dénoncer l’inaction des services de polices qui n’ont pas fait grand chose depuis le viol et le meurtre de sa fille, tout spécialement le shérif Willoughby (Woody Harrelson). Une action qui fera grand bruit et qui ramènera l’attention sur elle.

Si on s’y penche deux minutes dessus, le scénario n’a rien de spécialement recherché : il s’agit simplement d’un revenge-movie où une mère tente de faire bouger les choses tant la mort de sa fille ne semble pas intéresser la police locale. Et là vous vous dites, « oh mon dieu mais c’est l’un des leurs qui a fait le coup ! ». Et là je dis doucement apprenti détective en herbe, il ne faut jamais sous-estimer l’immobilisme administratif et encore moins l’incompétence de la police américaine, une référence en la matière. Et de toute façon ça n’est pas vraiment le propos du film. Plus qu’une enquête, le film est avant-tout un tableau qui dépeint la vie d’habitants perturbés de la petite ville reculée de Ebbing dans le Missouri. Et c’est là la vraie force du film, ses personnages. En plus de nous offrir des dialogues d’une rare saveur, pouvant te ponde une fable inspirante de cinq minutes pour en venir à la conclusion que ferme ta gueule et dégage, le film possède une écriture exceptionnelle qui se retrouve aussi dans ses personnages, tous très forts et atypiques. Enfin non, pas le nain qui est un simple nain osef, pauvre Peter Dinklage… Hormis lui, les autres sont donc passionnants (comptant parmi eux Lucas Hedges et Abbie Cornish) et l’héroïne et le demeuré policier incarné par Sam Rockwell sont tous les deux extrêmement bien parti pour décrocher une statuette, surtout lui. Mais il n’est pas le seul du casting à avoir décroché une nomination pour le meilleur acteur secondaire, Woody Harrelson s’y trouve lui aussi et pourrait créer la surprise tant sa performance est presque aussi bluffante. Un travail de fond plus que de forme et c’est très louable, mais pour prétendre marquer durablement le paysage cinématographique il faut plus qu’un traitement déstabilisant. L’enquête aurait mérité plus de soin et l’utilisation des fameux panneaux n’évoluera malheureusement pas. La plongée à Ebbing est forte et le casting incroyable, mais on est loin d’une claque à la Blade Runner 2049.

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L’Emmerdeur

L’Emmerdeur
1973
Edouard Molinaro

En 2008 sortait un remake de ce « classique » du cinéma français, un film qui fut assez largement démonté tant par la presse que les spectateurs. Pourtant, je me souvient qu’à l’époque je l’avais particulièrement bien apprécié, mais il est vrai que c’était deux ans avant la création du site et les quelques 2195 critiques de films qui ont exercé mon sens critique et décuplé mes exigences. En toute logique, si ce qui était considéré comme une « pale copie » m’avait bien plu, l’original qui fut adulé allait forcément me convaincre d’autant plus.

Engagé comme tueur-à-gage pour éliminer un ministre encombrant, Ralf Milan (Lino Ventura) pensait avoir tout prévu : le transfert à Montpellier, l’heure et l’emplacement, l’hôtel qui surplombe le bon endroit et la chambre dont la fenêtre donne du bon côté. Il n’avait qu’à attendre tranquillement et faire feu au bon moment. Seulement dans la chambre voisine, un certain François Pignon (Jacques Brel) qui ne supporte plus de vivre suite au départ de sa femme va tenter de mettre fin à ses jours. Quand un membre du personnel va parler d’appeler la police pour s’occuper de lui, Ralf va paniquer pour sa mission et décider de prendre le pauvre homme en main, loin de se douter des emmerdes qui allaient pleuvoir.

L’opposition entre un tueur froid et un dépressif emmerdeur était gageure sur le papier, mais en réalité cela ne marche pas. Le seul emmerdeur de l’histoire, c’est le scénariste, nous pondant des réactions invraisemblables où les personnages décident d’eux-même de s’emmerder tout seul. Certes, le bougre est un peu envahissant et bavard, mais uniquement parce qu’on le laisse faire, voir qu’on l’y encourage. Certains pans entiers de l’histoire ne reposent sur rien, comme par exemple le coup de la piqûre (est-il le seul docteur au monde ?). En revanche, alors qu’il survient sur le tard, c’est à peu près le seul moment amusant du film avec le pilotage de rallye et le carnage à l’institue. Pour une comédie c’est alarmant et pourtant vrai : pratiquement aucun gag du film ne fait ne serait-ce que sourire, se vautrant longuement dans l’immobilisme et trouvant le moyen d’être quasi immédiatement redondant. Et alors qu’on pouvait espérer une légère embellie tardive, le film dérape complètement dans sa dernière ligne droite et nous pond une fin aussi stupide qu’indigeste. En fait l’emmerdeur, c’est le film.

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American Assassin

American Assassin
2017
Michael Cuesta

Parce que quitte à investir, autant le faire sur le long terme, voici ce qui devait s’imposer comme le premier volet d’une toute nouvelle franchise basée sur les romans d’espionnage de Vince Flynn, une saga littéraire à succès. Seulement à l’image des Alex Cross ou des Jack Ryan qui cartonnent sur papier et beaucoup moins au ciné, le film a eu de la peine à rentrer dans ses clous : un peu moins de 67 M$ à l’international pour un budget de 33 M$, tout juste de quoi amortir les coûts marketing. Une ambition de franchise qui s’arrêtera donc net, et on ne s’en portera pas plus mal.

En vacances en Tunisie avec sa petite amie qu’il venait tout juste de demander en mariage, Mitch Rapp (Dylan O’Brien) va voir l’hôtel où il séjournait prit d’assaut par des terroristes, tuant sa fiancée et le laissant pour mort. Prit dans une spirale de vengeance, il va chercher à infiltrer les réseaux djihadistes pour les détruire de l’intérieur. Voyant en lui une possible recrue de qualité, la CIA va le confier à Stan Hurley (Michael Keaton), chef d’un escadron top secret chargé des missions les plus à risque. Cette fois, la menace vient de l’intérieur puisqu’un ancien membre du commando (Taylor Kitsch) a dérobé du plutonium enrichi pour en faire une bombe nucléaire.

Le film part d’un principe assez original puisque la première séquence semble nous teaser une guerre contre le terrorisme islamique alors qu’on découvre très vite que le vrai méchant de l’histoire est américain. En dehors de ça, le film est plat à outrance, nous servant un héros quasi invincible et qui devine tout directement, tâtonnant avec une chance insolente face à des ennemis débiles et stéréotypés. Le grand classique des gentils qui se font prendre mais qui s’en sortent parce qu’en face ça papote au lieu d’agir nous est servit allègrement, de même que les éternelles séquences de fusillades où mystérieusement personne n’est ne serait-ce que blessé. Pour nous empêcher de trop réfléchir ou de nous endormir, la dose est mise sur l’action, assez efficace et lisible, sauf dans les égouts où l’absence de lumière n’a pas trouvé de solution. Pour du pur divertissement on peut à peu près s’en satisfaire, mais comme bien souvent dans ce genre de production le scénario pêche salement.

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L’Héroïque Monsieur Boniface

L’Héroïque Monsieur Boniface
1949
Maurice Labro

Dans la vie, tout se joue à une minute près, reste à savoir si on aurait dû arriver une minute plus ou une minute plus tard. Pour Victore Boniface (Fernandel), la réponse était clairement la seconde option. Artiste du tissu dans une boutique de vêtements, il s’était allé quérir l’aide de quelques grogs dans un pub du coin pour faire passer son rhume, mais le retour fut brutal : alors qu’il allait pour se coucher, il tomba sur rien de moins qu’un cadavre dans son lit. N’ayant aucune confiance en la justice, deux malfrats dont le collègue est décédé des suites d’une crise cardiaque voulaient cacher sa dépouille, mais alors qu’ils sortaient le corps, Boniface se trouvait dans le couloir, et malheureusement la première chambre de l’hôtel où ils se sont réfugiés était la sienne. Alors qu’il s’apprêtait à tout balancer à la police, les malfrats le kidnappèrent pour négocier sa version des faits. Relâché deux jours plus tard, il s’inventa une histoire héroïque qui fera la une des journaux, loin de se douter de ce qui l’attendrait.

Si le film a la finesse d’un tir de bazooka pour chasser du canard, l’idée de base est très classique mais sympathique : un monsieur-tout-le-monde qui se transforme en héros suite à une histoire incroyable, mais avant tout basée sur un mensonge. On a déjà vu exploitation plus aboutie du filon (par exemple La Stratégie Ender), mais avec la bonhomie de Fernandel notre exigence est suffisamment amadouée. La première partie se laisse donc bien regarder, mais la suite va rapidement patauger. Le retour des malfrats n’apporte pas grand chose, le jeu du chat et de la souris lasse bien vite et ne va nulle part, un peu comme les quelques passages chantés qui n’ont même pas forcément un rapport avec ce qui se passe. La chanson des bagages pour aller au Mexique ressemble presque à un bras d’honneur des scénaristes, livrant une dernière ligne droite poussive. Typiquement le genre de film qui ne tient pas la longueur, étirant jusqu’à écœurement sa seule idée.

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Le Pion

Le Pion
1978
Christian Gion

Si déjà le respect pour les professeurs est assez largement mort aujourd’hui, il n’y en a pratiquement jamais eu pour les pions, relégués au rang de simples surveillants autistes assimilés à des meubles depuis quelques décennies. Pourtant, il fut un temps où leurs fonctions allaient bien au delà en terme d’encadrement, leur arrivant parfois de remplacer certains professeurs pour les cours. Si « récemment » Les Choristes sont passés par là pour nous rappeler l’importance qu’avaient pu avoir les pions à un temps donné, voici un vraie plongée au cœur d’une époque où leur statut social avait encore de la valeur.

Homme de lettres aspirant à devenir professeur, faute de diplôme Bertrand Barabi (Henry Guybet) se contenta d’un poste de pion dans un collège, espérant un jour pouvoir faire ses preuves et que son proviseur (Claude Piéplu) le nomme titulaire. Seulement voilà, il est loin d’avoir la poigne nécessaire et ses surveillances virent souvent à l’émeute. Mais le chaut est-il une preuve d’irrespect ou au contraire une marque de confiance voir de camaraderie ? Un problème qu’il devra vite résoudre sans quoi une inspection de l’académie (Michel Galabru) pourrait lui coûter cher.

Deux films en uns, le film nous fait découvrir les dessous d’un modèle institutionnel d’antan, se focalisant sur le rôle méconnu des pions de l’époque, pas forcément chef d’orchestre. Certains n’ont pas un naturel agressif et préfèrent établir un dialogue plutôt que de couper court à ceux des autres, nous montrant dans une version un peu exagérée les avantages et inconvénients de la méthode douce. On suivra toute une pléthore de personnages aux histoires plus ou moins intéressantes, mais en dehors du pion aucune ne sera réellement développée. En seconde partie (petit tiers en réalité) une toute autre histoire prendra le pas, les talents littéraires réprimés du fameux pion obtenant l’attention qu’ils méritaient. Un retour d’ascenseur pour les censeurs dirait-on, et ça fait du bien de voir quelques médisants remit à leurs places. On sourit plus que ce que l’on rit, certains gags – pour ne pas dire tous – sont trop étirés au point d’ennuyer par moments, mais les acteurs sont sympathiques et l’histoire se suit bien.

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La Fille de Jack l’éventreur

La Fille de Jack l’éventreur
1971
Peter Sasdy

À la fin du XIX° siècle, les habitants de Londres furent terrorisés par un tueur en série appelé par les journaux de l’époque « Jack l’éventreur ». Il n’a jamais été arrêté et aujourd’hui encore les théories sur le sujet vont bon train, évoquant la possibilité de non pas un mais plusieurs tueurs en bande organisée. Studio mythique de l’ancien temps, la Hammer a apporté sa propre pierre à la légende, lui inventant une fille quelque perturbée.

Dans le film, Jack vu bien un seul homme, évaporé dans la nature suite au meurtre de sa propre femme lorsqu’elle découvrit tout. Alors toute jeune enfant, sa fille Anna assista à la scène sous ses yeux apeurés, la marquant profondément dans son subconscient. Quelques années plus tard, alors âgée de 17 ans, ce traumatisme va resurgir quand un acte va faire écho à ce souvenir, la plongeant dans un état second où les pulsions meurtrières de son père refont surface. Psychologue fasciné par les études de Freud, le docteur John Pritchard va prendre sur lui de mentir sur le meurtre dont il avait plus ou moins témoin pour recueillir Anna et mener une étude comportementale sur ses pulsions.

Si bien sûr le film accuse quelques décennies au compteur et que la mise en scène sonne largement kitch, pour ne pas dire totalement ridicule, l’histoire a le mérite de susciter notre curiosité. On retrouve un petit bout de femme toute mignonne mais animée par une obscurité terrible, rendant la démarche du docteur légitime entre les réflexes protecteurs et l’envie de jouer les savants visionnaires, en accord avec l’empathie du spectateur. Le charisme du docteur renforce d’autant plus ce lien, et la jeune Anna incarne l’ambivalence de son personnage à la perfection, devenant semblable à une poupée maléfique lors de ses pertes de conscience. Simple, concis, efficace. Reste que la prévisibilité est pesante et que la réalisation manque de folie, mais ça fait du bien parfois de se rappeler au doux souvenir des temps passés.

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Petit Paysan

Petit Paysan
2017
Hubert Charuel

Premier long-métrage d’un réalisateur élevé dans une famille paysanne (le film a d’ailleurs été tourné dans la ferme de ses parents), faire un film sur l’univers dans lequel il a grandi lui tenait à cœur et grâce à une belle exposition à Cannes, il a pu jouir d’une sortie en salles assez importante. Le bouche-à-oreille a ensuite fait le reste, le film ayant réussi à atteindre le demi-million d’entrées et il est probable qu’il récolte quelques nominations aux Césars, et une consécration n’y serait pas surprenante dans le contexte actuel où la souffrance du milieu agricole est de plus en plus pesante.

Le film se centre autour du personnage de Pierre Chavanges (Swann Arlaud), paysan de 35 ans qui a reprit la ferme de ses parents. Tous les jours il travaille dur pour maintenir l’exploitation laitière à flot dans un contexte de plus en plus difficile, mais un beau jour tout va basculer. D’abord rassuré par sa sœur vétérinaire (Sara Giraudeau) qui n’avait pas constaté de saignements chez sa vache malade, le jour où des tâches vont apparaître Pierre va être convaincu que la maladie de la fièvre sanglante s’est abattue sur elle. Epidémie faisant des ravages en Belgique, Pierre suis les mésaventures d’un autre paysan (Bouli Lanners) via Youtube qui raconte comment les spécialistes ont abattu toutes ses bêtes sans faire la moindre vérification, attendant au bord du gouffre ses indemnités depuis de très longs mois. Conscient qu’avouer l’arrivée de l’épidémie dans sa ferme signifierait la mort de ses bêtes et la probable cessation définitive de ses activités, il va décider de dissimuler les preuves et faire comme si de rien n’était.

Face à ce genre de films, deux peurs nous assaillent par anticipation : la crainte d’un récit trop manichéen faisant la part belle aux paysans, et celle toute bête de se faire chier face à du cinéma d’auteur  bien mou. Eh bien non, emmené par un casting excellent le film nous met constamment sous tension, nous faisant nous poser des questions sur la présence réelle ou non de l’épidémie parmi les vaches, de la légitimité de chercheurs décrétant l’abattage généralisé à tour de bras, et puis surtout de comment tout ça va se terminer. Un suspense efficace où le danger peut venir de n’importe où, nous tenant en haleine jusqu’au bout, même si la conclusion – certes intéressante – reste un peu décevante. Clairement il ne faut pas avoir une âme trop sensible pour faire ce genre de métier, ne jamais s’attacher aux bêtes et limite perdre son humanité. À ce niveau, une fin plus radicale aurait été plus impactante, que ce soit par la fuite ou le rejet. Un beau film très bien fait qui ne laissera de toute façon pas indifférent de par la justesse de son propos.

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Hitman & Bodyguard

Hitman & Bodyguard
2017
Patrick Hughes

Au cours d’un des pires mois d’août de l’histoire en terme de box-office avec des records de pires moyennes par copies explosés et un seul film atteignant de justesse les 100 M$ sur le territoire américain, soit la pire année depuis 1998 et même la pire depuis plus de 40 ans si on prend en compte l’inflation, rares sont les « gros films » à ne pas s’être rétamé lourdement. Miraculé classé deuxième plus gros succès du mois avec même 176 M$ dans le monde, le film se positionnait comme un budy movie frais et sympathique. Effectivement, et mieux vaut ne pas lui en demander plus.

Président de la Biélorussie, Vladislav Dukhovich (Gary Oldman) a été traîné devant la cours internationale de justice pour crimes de guerre, mais les preuves contre lui sont minces. Pièce maîtresse de l’accusation, un tueur à gage (Samuel L. Jackson) devait être dépêché sur place pour témoigner, ayant accepté un deal en échange de la libération de sa femme (Salma Hayek), mais Vladislav ayant infiltré toutes les strates gouvernementales et policières, il n’eut aucun mal à tendre une embuscade au convoi. Chargée de son transfert, une agente du MI6 (Elodie Yung) va faire appel à la seule personne digne de confiance et capable d’amener le témoin à bon port : son ex (Ryan Reynolds), garde du corps professionnel qui a quelque peu sombré depuis la perte d’un de ses clients.

Mon dieu que c’est cocasse : un assassin à qui on attribue un garde du corps ! Clairement le film n’allait pas être très intellectuel, mais au moins il a un fil conducteur, celui du procès où il faut s’y rendre dans les temps. Road movie, course-poursuite et course contre la montre. Un programme explosif mais pour un film qui ne l’est pas tant que ça, connaissant pas mal de périodes de flottement, mais globalement la dose y est, surtout dans l’habituelle dernière demi-heure qui balance tout. On aura même droit à une blague sur l’action qui se déroule hors-champ comme dans Man from U.N.C.L.E., mais en moins inspirée. De même, quelques passages valent le détour comme la course sur berges, mais rien d’inoubliable. Du gros film bourrin avec de l’humour et un bon casting des familles, assurant un divertissement plus qu’honnête, mais attention à ne pas trop lui en demander.

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Atomic Blonde

Atomic Blonde
2017
David Leitch

Anciens cascadeurs professionnels qui se sont réunis pour nous offrir un excellent film d’action bien bourrin, les réalisateurs de John Wick ont ensuite fait leur vie chacun de leur côté, l’un réalisant la suite de leur film en commun et l’autre nous ayant pondu ce film-ci, adaptation du roman graphique The Coldest City. Si le premier a réussi à faire une suite certes décevante mais au moins distrayante, on ne peut clairement pas en dire autant dans le cas présent.

À quelques jours de la chute du mur de Berlin, le MI6 (les services de renseignements britanniques) est en panique : une liste ultra confidentielle des agents infiltrés à travers le monde a été volée. Agent de la CIA infiltré au MI6, Lorraine Broughton (Charlize Theron) va être dépêchée à Berlin pour tenter d’y récupérer la liste et de faire la lumière sur un potentiel agent double. Présent sur place depuis quelques années, Percival (James McAvoy) a développé des connexions avec toutes les strates légales et illégales locales, de quoi épauler au mieux sa collègue, mais dès son arrivée le KGB va lui tomber dessus, de quoi sérieusement s’interroger sur le fameux agent double.

Le film partait mal, très mal. Après tout c’est largement subjectif et chacun est libre d’apprécier ce genre d’histoire, mais le coup de l’enquête de services secrets avec de l’agent double ou triple de partout, ça gave. Reposant exclusivement sur ce principe avec une mollesse sans nom, La Taupe m’avait littéralement assommé et rares sont les films à rendre ce genre d’intrigue ne serait-ce que supportable. Eh bien ça ne loupe pas : c’est brouillon à outrance, ça se donne des airs sophistiqués avec une réal très léchée mais le scénario est bidon du début à la fin, se grillant tout seul de par sa maladresse. Même le plus amateur des spectateurs trouvera sans peine le « méchant » de l’histoire, se dévoilant tout seul pratiquement dès la première scène. Il y a aussi un beau casting (Sofia Boutella, Toby Jones, Bill Skarsgard, John Goodman ou encore Eddie Marsan), mais l’écriture des personnages est minimaliste, se limitant à leurs fonctions dans l’intrigue. L’ambiance Allemagne des années 80 sonne artificielle, presque ajoutée au hasard pour créer une originalité quelconque. Même côté action le film déçoit : si les chorégraphies sont sympa et qu’on a enfin une héroïne badass qui reçoit aussi masse de coups, la dose n’y est pas suffisante pour éviter l’ennui entre deux coups de jus. On se retrouve donc face à de l’actionner lambda mou du genou dont les qualités visuelles ne sauraient excuser ses paresses d’écriture.

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