Les Enfants

Les Enfants
2005
Christian Vincent

J’ai tellement pas envie d’écrire cette critique… Et puis après tout, ça m’est déjà arrivé deux fois d’en zapper une (Pays Bleu, mignonne comédie française de 1977 sur des « sex friends », et The Assassins, film asiatique de samouraï ultra classique, sorti en Chine en 2012). Mais bon, ce film m’a tellement fait chier dans sa démarche qu’il faut que je vous préserve de toute tentation possible. D’autant plus que c’est déjà la deuxième fois que je vois ce film…

Les hommes sont traités comme de la merde dans notre société niveau paternité, mais il faut bien savoir s’en accommoder. Pierre (Gérard Lanvin), récemment divorcé, doit se contenter de l’habituel « un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires » pour revoir ses fils, lui demandant une organisation très compliquée. Les choses vont devenir carrément ingérable quand il va s’enticher de Jeanne (Karin Viard), elle aussi mère de deux enfants.

Voilà, un film tout bête sur les familles recomposées, les tensions qui peuvent aboutir des divergences d’éducation, de la question du droit de réprimer les enfants du conjoint, de la compatibilité des enfants entre eux, etc… Des questions bateaux pas forcément très intéressantes, même si le duo d’affiche est pas mal. Le problème, c’est surtout que le sujet seul n’est pas suffisant pour alimenter un film en entier, et son traitement n’est de toute façon pas bon. Aucun réalisme, aucun soucis du détail, montrant les deux amoureux comme des rentiers ne travaillant presque pas (voir carrément jamais pour lui, censé être professeur et visitant pourtant de luxueux appartements). Mais le pire vient des enfants, monstres d’égoïsme là uniquement pour emmerder leurs parents. Et puis quelle fin lamentable ! Bien sûr c’est drôle par moments et l’idée de base n’est pas foncièrement mauvaise, mais le résultat l’est pourtant, et pas qu’un peu.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Le Flemmard du 7° art

Je vous en parlais il y a quelques jours, et le voilà enfin : le Flemmard du 7° art débarque sur une toute nouvelle chaîne Youtube !
Envie de connaître les grands classiques du cinéma mais vous avez la flemme de les regarder ? Ça se passe par ici : http://www.youtube.com/watch?v=lS-6O1I8ILw

Publié dans Vidéo | Laisser un commentaire

Le Conte de la princesse Kaguya

Le Conte de la princesse Kaguya
2014
Isao Takahata

Voilà donc ce qui est considéré par les critiques comme le meilleur film de l’année, et par extension meilleur film d’animation bien entendu. Sorti des prestigieux studios Ghibli, le film promettait doublement de par son réalisateur, à qui l’on doit le tragique mais magnifique Tombeau des Lucioles. Dans un genre totalement différent mais non moins dramatique, cette sublime perle poétique n’est pour autant pas dénuée de défauts, rebutants par bien des aspects, mais il serait dommage d’y arrêter son jugement.

Basé sur la plus vieille légende asiatique qui soit, le film raconte l’histoire de Kaguya, sortie un beau jour d’une pousse de bambou. Parti en couper dans les bois près de sa modeste habitation, un homme trouva ce bambou luminescent, abritant en son sein une princesse plus petite qu’une main, qui se transforma en bébé, et qu’il choisit d’élever comme sa fille. Alors qu’elle grandissait à vue d’œil, son père adoptif continuait de trouver moult trésors dans les bois, y voyant là le signe qu’il devait s’en servir pour faire de sa fille une princesse et l’élever au plus au rang de la société. L’étrange petite fille qu’on surnommait « pousse de bambou », qui s’amusait tant à la campagne, allait devenir la princesse Kaguya, objet de tous les désirs, destinée à faire un beau mariage, et rien d’autre.

D’apparence le film n’a vraiment rien pour lui. Déjà graphiquement, on a rarement vu un tel foutage de gueule : des dessins pas finis, des décors souvent vides, un niveau de détail ridicule, sans compter les éléments non colorés et le nombre d’images par seconde insuffisant. On dirait une esquisse au fusain de ce que devrait être le film, mais clairement pas le résultat final. Pour ce qui est de l’histoire aussi il y avait de quoi faire la gueule : du grand classique sur « l’argent ne fait pas le bonheur », « la haute société c’est très surfait », et bien d’autres griefs moralisateurs sur la société et son sexisme de l’époque. Non, une femme n’est pas du bétail qu’on vend au plus offrant. Et non, le titre de noblesse n’est pas gage de bonheur. Le coup des cinq épreuves fait aussi très caricatural, de même que sa fin un peu spéciale. Alors pourquoi un tel engouement ? Kaguya. Finalement, au bout d’un moment, on fini par accepter le choix artistique de l’animation, même si le film aurait largement gagné en qualité avec un soin approprié. On fini par voir la beauté incroyable de la princesse, que ce soit grâce à son design si réussi, au fait qu’elle soit la plus soignée de tous les personnages, grâce à l’ambiance si particulière du film, ou par son histoire si belle et touchante. Elle dégage une telle douceur naturelle et à l’air si fragile qu’on en trésaille d’envie de la serrer dans nos bras. Et mine de rien, l’histoire est assez magnifique, d’une grande profondeur et d’une immense poésie, renforcée par une atmosphère à la fois féerique et inquiétante. On met beaucoup de temps à rentrer dans le film à cause du triste choix d’animation épurée, et la fin est une ode au suicide collectif, mais l’histoire est d’une telle pureté et l’héroïne si attendrissante qu’on ne peux que s’incliner face à tant de beauté. Une œuvre à peine croyable tant elle nous bouleverse subtilement.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Le Vent se lève

Le Vent se lève
2014
Hayao Miyazaki

Légende vivante, référence absolue et inégalable en matière d’animation, l’immense Hayao Miyazaki a finalement prit sa retraite après une pluie de chef d’œuvre aussi profonds que variés. Il laisse derrière lui un héritage que personne, pas même son propre fils, ne saurait porter, et son célèbre Studio Ghibli est en déroute sans lui, fer de lance de leur économie, même si ce dernier film a rapporté seulement 140 M$ dans le monde, soit une baisse significative par rapport à ces quatre précédents long-métrages. Il est vrai que pour la toute première fois, le maître délaisse son style fantastique habituel (le retrouvant néanmoins dans la schizophrénie des rêves), s’attaquant même à un quasi biopic, mais sa patte est bien là, et il nous offre une dernière balade magistrale à laquelle on ne s’attendait pas.

Prenant place durant l’entre-guerre au début du XX° siècle, le film raconte l’histoire de Jiro Horikoshi, ingénieur en aéronautique ayant réellement existé, mélangeant son vécu à celui du romancier Tatsui Hori, ayant grandit à peu près en même temps. Petit garçon rêvant de voler dans les airs, il a grandit avec cette idée dans la tête, décidant de concevoir lui même des avions, majestueux oiseaux façonnés par la main de l’homme. Une vie de passions et de rêves dans un monde en plein bouleversement.

Contemplez un génie à l’œuvre. C’est juste magnifique, beau à en pleurer. Bien sûr, n’espérez pas retrouver le frisson vertigineux du Château dans le ciel pour ce qui est des essais aéronautiques, mais on s’en fiche, le film marcherait pareil avec n’importe quel sujet, car au fond le thème n’est pas celui ci. Le film parle de la passion au sens large, mais surtout de l’amour, même s’il semble que les plus belles romances soient les plus tristes. Le film joue beaucoup sur le timing, nous posant les bases d’une idylle étouffée dans l’œuf, et on se demande comment elle pourrait revenir. Bien de ses précédents films comportent des romances magnifiques, d’une immense poésie comme dans Kiki la petite sorcière, son plus beau et plus simple film à mon goût, mais il met la barre à un niveau inédit ici, et il aurait été aisé de nous tirer les larmes, mais quel noble choix que de préférer rester dans l’onirique plutôt que de sombrer dans le mélodramatique. Une véritable leçon de vie, certes passablement dépressive, mais ô combien touchante et émouvante. C’est d’autant plus fort de part le caractère exceptionnel de l’animation, assez simple pour les personnes, mais d’une incroyablement prouesse artistique au niveau des décors. De même, si certains rappellent d’autres issus de ses précédents films, certains thèmes musicaux composés ici sont enivrants, divins. Un peu trop sombre par moments, mais c’est aussi là la force du cinéaste, ce dernier bijoux vient clore avec brio l’une des carrières les plus brillantes jamais vues. Pas son meilleur film faute d’imagination débridée (Nausicaä est à ce niveau là infiniment meilleur par la puissance philosophique de son histoire, sans compter une quasi perfection de chaque aspect du film), c’est ce qu’on appelle partir avec panache. Hayao Miyazaki, nous ne te remercierons jamais assez.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Starship Troopers

Starship Troopers
1998
Paul Verhoeven

Après avoir marqué les esprits par deux fois avec Robocop et Total Recall, Paul Verhoeven était revenu à la science-fiction sept ans plus tard avec une ambitieuse adaptation de Robert Heinlein sur une immense guerre inter-galactique, budgétisée à un astronomique 105 M$ qu’il peina à amortir (récoltant un médiocre 121 M$), mais les années ont hissé son film au rang de classique du genre, à juste titre.

L’histoire se déroule au XXIV° siècle, alors que l’humanité, dans sa folie colonialiste planétaire, est tombée sur un os : une intelligence extraterrestre proche des insectes, au potentiel cognitif largement sous-évalué, leur causant bien des désagréments. La menace est bien réelle et il faut agir, vite et avec le maximum d’effectif possible. Pour se faire, une large campagne de mobilisation fait appel à la fibre citoyenne du peuple, leur cachant le véritable danger et leur faisant miroiter une dignité sociale infinie. On y suivra les aventures de quatre recrues : Johnny Rico (Casper Van Dien) et Dizzy à l’infanterie, Carmen (Denise Richards) à l’aviation spatiale, et Carl Jenkis (Neil Patrick Harris) à la recherche médicale et scientifique.

Sur le papier, le film est un bijoux sans commune mesure : la combinaison gagnante entre Edge of Tomorrow et La Stratégie Ender, même si les films sont sortis après et que la comparaison marque plus l’inspiration qu’à suscité ce film. Mais la réalité est un peu différente. L’histoire est à la fois excellente et mal gérée, travaillant énormément sur les raisons de cette guerre mais négligeant totalement l’historique de la rencontre extraterrestre, même si cela permet d’affronter un ennemi dont on ne sait rien, renforçant l’immersion de part la proximité avec le point de vu des héros. Un problème de fond délaissé pour la forme qu’on retrouve presque partout, notamment pour le casting, exclusivement basé sur le physique aux vus des prestations. Sauf que voilà : la forme n’est pas si bonne que ça. L’entraînement militaire, les assauts et les relations entre les personnages s’en sortent, mais graphiquement le film a presque deux décennies de retard. Pour un film sorti à la fin des années 90, avec un budget si massif, c’est carrément honteux de ne pas être capable de faire des flammes convenables, des détonations d’armes réalistes, sans parler des aliens passablement ratés au niveau des textures et de l’incrustation sur image. On pourrait aussi avoir à redire sur les erreurs logistiques propres à la température dans l’espace, ou sur le gore propre au réalisateur, grand amateur de démembrement, mais pourtant le film reste très bon. Malgré l’absence de talent des acteurs, leurs personnages sont attachants, on s’identifie sans mal, l’ambiance est excellente, l’humour ravageur et omniprésent, et au fond ça reste de la bonne grosse guerre d’envergure. Kitch et complètement dépassé, le film n’en reste pas moins distrayant et cohérent dans ce qu’il propose, c’est-à-dire une satyre sur l’armée carrément barrée. Par contre ne comptez pas sur moi pour les deux pseudos suites, même si le troisième reprend le personnage principal de celui-ci, étant considérés comme des étrons impardonnables.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Colt 45

Colt 45
2014
Fabrice Du Welz

Je n’aime pas les films policiers pour la simple et bonne raison qu’ils sont presque systématiquement très mauvais. La principale raison venant du scénario, invariablement axé autour de flics ripoux, de règlements de comptes et autres affaires personnelles, quand ce n’est pas la famille qui s’y met. Ici, c’était clairement ce qui nous attendait, donc sans surprise le film est sans intérêt.

Le père bossait dans la police, alors le fils s’y est engagé après sa mort. As de la gâchette, il a rapidement prouvé sa valeur et est devenu instructeur, mais ses performances lui valent beaucoup de sollicitations. Une pression face à laquelle il résiste tant bien que mal, mais lorsque son collègue Milo (Joey Starr) va apprendre qu’il créé des balles perforantes d’une rare efficacité, et que ce dernier refuse de les vendre, il va le mettre face à une situation dans laquelle le « non » n’est plus possible. Peu après, les premières morts causées par ses cartouches vont tomber, le mettant au pied du mur entre une enquête l’impliquant (menée par Gérard Lanvin) et le chantage le mouillant dans l’affaire.

De temps en temps faut bien se forcer vu la proportion que le polar représente dans le paysage cinématographique français, mais quand même. Le degré zéro de l’effort scénaristique : des flics ripoux de partout, à tous les étages, et ceux qui ne l’étaient pas le deviennent. Les acteurs sont des habitués du genre (sauf Alice Taglioni, mais au rôle très secondaire), donc là aussi on sombre dans la redite. Côté ambiance c’est relativement réussi, toujours de l’obscur et de la violence outrancière, particulièrement prononcée ici. Au moins, le film ne s’attarde pas trop en blabla et assume un peu son côté décérébré en misant sur l’action, et il est vrai que quelques scènes de tir retiennent notre attention. Mieux encore, on pourrait même dire que c’est plutôt rythmé. Mais l’éternelle question de l’intérêt se pose, et la réponse n’existe tout simplement pas.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

The Salvation

The Salvation
2014
Kristian Levring

Y’a des jours qui ont l’air de bien commencer, alors qu’en fait pas du tout. Ex militaire danois ayant fuit son pays avec son frère, John (Mads Mikkelsen) s’était installé depuis quelques temps aux Etats-Unis dans une ferme, et il avait désormais réuni assez d’argent pour faire venir sa femme et son fils. Un rêve devenu réalité, et ils étaient enfin réunis. Seulement voilà, deux malfrats trouvant sa femme très appétissante et c’est le drame : ils l’éjecte de la diligence, tuent son fils, violent sa femme et la laissent pour morte. Justice a été rendue de sa propre main, et il pensait sa vie finie, mais ce qu’il ne savait pas, c’est que l’un des deux malfrats était le frère du caïd de la ville : Delarue (Jeffrey Dean Morgan), bien décidé à traquer et tuer celui qui a fait ça.

Du western au sens le plus classique du terme. Une ville au beau milieu du désert comme on en a vu des dizaines, un pauvre gars qu’on oblige à prendre les armes, des ripoux de partout, et un gros badass qui fait vivre un enfer aux gens du coin. Seul l’esthétique est remit au goût du jour (et encore, les mouvements de caméra font d’époque), l’histoire étant sinon un exemple type du genre. Les personnages, certes bien campés, sont eux aussi des archétypes, surtout Eva Green en diva revancharde. Notons au passage le générique qui sent fort la localisation, faisant apparaître le nom de Eric Cantona en second alors que son rôle tient plus de la figuration. Un film comme on en a déjà vu des dizaines de fois, alors à quoi bon ? La réalisation soignée, le casting ? Pourquoi pas en effet, ça n’est pas parce que le film est dénué d’originalité qu’il n’en reste pas bon. Les néophytes seront mieux à même d’en déceler tout le potentiel, et les fans du genre seront ravis, mais un peu de prise de risque n’aurait pas fait de mal.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

The Spectacular Now

The Spectacular Now
2014
James Ponsoldt

Un peu comme Afternoon Delight l’année dernière, ce petit film indépendant financé pour tout juste 2,5 M$ fut présent dans de nombreux festivals, et même s’il n’y a pas connu une pluie de prix, le bouche à oreille lui permit un succès honorable et certains grands noms l’ont cité parmi les meilleurs films de l’année. Et de toutes façons, tout ce qui passe par Sundance mérite qu’on s’y intéresse, surtout celui-ci.

The Spectacular Now, ou en français (même si le film n’a pas été l’objet d’un doublage) « le spectaculaire instant présent », correspond à la philosophie de vie de Sutter (Miles Teller), jeune finissant (expression québécoise pour signifier un lycéen en dernière année) de 17 ans (dix de plus en fait, comme d’habitude) qui se complet dans le bonheur de l’instant présent, et c’est la seule chose qui compte à ses yeux. Il s’éclate, fait la fête et brûle d’amour pour sa petite Cassidy (Brie Larson). Seulement un jour, elle va profiter d’une de ses conneries pour le quitter, n’en pouvant plus de son absence totale de responsabilités. En plein désarrois, il va comme à son habitude se bourrer la gueule, se réveillant ensuite au beau milieu du jardin d’une inconnue : une fille de son bahut, Aimee (Shailene Woodley). Une marginale timide avec qui il n’a aucune affinité et pourtant, elle va lui ouvrir les yeux sur le vrai sens de la vie.

Bon, passons sur les problèmes classiques du genre, à savoir un casting beaucoup trop vieux et de la romance téléphonée qu’on sait exactement comment ça va se finir, et concentrons nous sur ce qui fait l’originalité du film. Déjà le casting, certes pas en adéquation temporelle, mais audacieux, choisissant des stars montantes dont la carrière a énormément décollée récemment, surtout Aimee qui suite à ça a enchaîné deux succès majeurs. On retrouve aussi Bob Odenkirk et Mary Elizabeth Winstead, mais celui qui crève véritablement l’écran c’est Miles Teller, parfait dans son rôle du nonchalant alcoolique que rien ne semble atteindre. Il pèse beaucoup dans l’ambiance singulière du film, à la fois simple, belle et morose, mais emplie d’un immense espoir. La réalisation y joue pas mal aussi, nous inondant de couleurs vives, tout en accentuant le noir, créant une belle ironie faisant écho à l’histoire. Un soin tout particulier donc, pour un film qui arrive à concilier légèreté et enjeux dramatiques, nous touchant tout autant qu’il nous fait rire.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Black Storm

Black Storm
2014
Steven Quale

Contemplez la puissance de la nature ! Imaginez les éléments qui se déchaînent, le cataclysme biblique s’abattant sur vous. Enfin quelque chose de notable au cours de votre insignifiante et misérable existence. Et d’ailleurs, c’est exactement le genre d’excitation qui fait fantasmer les foules, et ça n’est pas Le Jour d’après ou 2012 qui diront le contraire. Pas d’une telle envergure (seulement 50 M$ de budget et aucune star bankable), ce film voulait lui aussi jouer dans cette cour sur fond de déferlantes de tornades, et il le fait plutôt bien.

Comment justifier une pluie de tornade ? Osef. Mais quand même, une dizaine d’une rare intensité, sur une zone aussi restreinte, c’est pas un peu gros ? M’en fout. Et pour l’énorme finale complètement ahurissante ? Je t’emmerde, c’est classe. Bon et sinon, on présente ça comment ? Des chasseurs de tornade qui trouvent ce qu’ils cherchaient, en mieux. C’est pas un peu léger ça ? Y’a le type du Hobbit (Richard Armitage) qui part chercher son fils aîné aussi. Ah bah ça va alors !

Vous l’aurez compris, ce film est un pur foutage de gueule scénaristique, ne cherchant même pas à justifier son déluge d’effets spéciaux, partant du principe que le spectateur n’est là que pour le spectacle. Et quitte à faire exactement ce que le spectateur veut, le film le fait à la sauce populaire du found-footage pour rendre les choses encore plus impressionnantes, et renforçant son réalisme avec des histoires bateaux vues des milliers de fois. De même, le film nous ressort des grands classiques comiques avec les abrutis qui se marrent en faisant mu-muse avec les tornades, ou encore les principes d’horreur sur la hiérarchie des morts et les héros « sacrifiables ». Mais donc que vaut le film pour son seul argument qu’il défend, son visuel ? C’est assez énorme, réaliste et presque indiscutable, même si trop c’est trop avec les avions et le mastodonte final, mais pourquoi pas. Reste que l’évolution crescendo nous fait patienter un peu trop longtemps, mais sinon c’est sympa, très bien fait. Pas le meilleur spectacle du genre, mais vu ce que le film voulait proposer, le contrat est pleinement rempli. Le problème c’est que l’idée de base n’est pas géniale, mais vu les excellents résultats au box-office, il faut croire que c’était suffisant pour beaucoup d’entre vous.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Un été italien

Un été italien
2009
Michael Winterbottom

Certaines mauvaises langues me traitent de dépressif chronique, se complaisant non sans un certain sadisme à contempler le malheur des autres dans des films étranges et pas très conventionnels. Alors déjà merde, je regarde ce que je veux, et je me tape déjà suffisamment de comédies insipides et dénuées d’enjeux comme ça. Mais bon, dans un effort de « phase de repos », voilà ce qui se devait être une belle romance, conseillée par de nombreux sites spécialisés. Comme quoi, ils ne savent pas de quoi ils parlent.

Un jeu à la con en voiture et voilà, une mère décédée et une petite fille qui va devoir grandir avec ça sur sa conscience. Conscient de l’épreuve que le deuil va être pour ses deux filles, Joe (Colin Firth) va prendre la décision d’accepter le poste d’enseignant en Italie que lui propose une vieille amie (Catherine Keener), pensant que le dépaysement et le cadre idyllique des lieux leur apporteraient le réconfort nécessaire (venant des USA). Mais entre les désirs d’émancipation de la plus grande, et les remords de la plus jeune, sans compter sa propre souffrance, l’été sera compliqué.

Elle est où la romance ? Non mais soyons sérieux deux secondes : entre la mère morte, la fille qui cherche juste à s’éclater et le père à se changer les idées avec une jeune étudiante, on est exactement au degré zéro du romantisme. Même les décors ne le sont pas, variant de décontractés et reposants à angoissants. Mais alors qu’est le film ? Un étrange mixe entre des vacances de rêve et un cauchemar éveillé. Tous aspirent au bonheur et à la sérénité, mais avancer est plus difficile que prévu et le film joue énormément sur la dure réalité de la vie, nous faisant craindre le pire en chaque instant. Un climat sombre pèse sur le film, alors même qu’il essaye de s’en libérer par bien des côtés. Une ambiguïté schizophrène qui marche relativement bien, ajoutant du suspense et du piquant à une histoire autrement assez banale. Les acteurs sont bons, permettant de rentrer dedans facilement, mais avoir mit l’accent sur les filles n’est pas une grande idée. L’aînée fait bien trop n’importe quoi, et sa cadette n’évolue pas d’un iota, plutôt gênant. Un principe en rien innovant, mais pas mal fait et généralement intéressant.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire