La Maison des Ombres

La Maison des Ombres
2011
Nick Murphy

Monstres, fantômes, serial killer : les films d’horreur leurs font la part belle et nous terrifient – ou essayent du moins. Mais il est vrai que dans la réalité ces histoires ne sont que des chimères, des extrapolations, fantasmes d’esprits tortueux. Et de tous temps, des gens se sont dressés pour démasquer ces supercheries.

L’histoire nous replace en 1921, alors que le monde se remet tout juste des affres de la guerre. Écrivaine anglaise reconnue et émérite, Florence Cathcart (Rebecca Hall) est une chasseuse de fantômes hors pair qui démystifie le monde : rien ne lui échappe et tout n’est que mensonges (everybody lies). Un talent qu’un professeur d’un pensionnat aimerait bien soumettre, son établissement étant sujet à des manifestations d’outre tombe. Un enfant est mort, et certains superstitieux soupçonnent le mystérieux fantôme d’enfant, qui apparaît régulièrement sur les photos de classes et qui terrifie les pensionnaires, d’en être responsable. Mais mieux vaut craindre les vivants que les morts…

Un scandale : comment ce film a t-il put être privé de sortie chez nous ? Car c’est bien simple, le résultat est juste brillant. Alors qu’un élément ébranle notre vision du film et que notre raison nous dit « c’est trop gros pour être vrai », l’instant d’après illumine à nouveau notre compréhension pour nous revenir avec une force impensable, nous faisant réaliser une vérité stupéfiante : rien n’est laissé au hasard. Pas une scène, pas un dialogue, pas un regard n’est dû au hasard, et connaître la finalité de tout ça impressionne au plus au point tant ça tient du génie et égale des must du genre tel Les Autres. Une histoire classique mais une structure qui ébloui de par sa perfection. Mais heureusement, le film n’a pas besoin d’attendre la fin pour faire ses preuves. On retrouve une ambiance pesante et stressante qui nous angoisse en chaque instant, alliant réalisation superbe, décors somptueux, musique anxiogène et plans renversants. La maison de poupée offre une perspective troublante. Mais tout ça ne serait rien sans la force et le charisme de Rebecca Hall, divine dans son rôle Sherlock au féminin. Sans nul doute une perle cinématographique de grande ampleur qui se pose comme une référence du genre, au même titre que L’Orphelinat, Insidious et autres chef d’œuvre d’épouvante.

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Blue Valentine

Blue Valentine
2011
Derek Cianfrance

Bande de criminels ! Vendus, hypocrites ! Auréolé par les critiques, nominé aux Golden Globes, aux Oscars : tout semblait indiquer un petit bijou de romance, mais il n’en sera rien… Un bel exemple pour les annales de ce qu’est une bonne idée massacrée et ratée.

Mariés et parents d’une petite fille de six ans, Dean (Ryan Gosling) et Cindy (Michelle Williams) se détestent, s’ignorent dans le meilleur des cas. Pour lui sa vie n’est peut-être pas ce qu’il espérait, mais elle lui convient très bien et adore sa fille et sa femme, ce qui n’est pas le cas de Cindy. Elle vomit chacune des paroles qu’il prononce, il la dégoûte et elle repousse chacune de ses avances, espérant juste le voir crever la bouche béante, la libérant du fardeau de son quotidien. Mais il n’en a pas toujours été ainsi. Vraiment ?

Que le film soit d’une profonde tristesse et d’une noirceur terrifiante n’est en rien un problème, et c’est même là que le film intéresse car il y a un vrai fond, une vrai force. Mieux encore, la réalisation est très bonne, les acteurs sont plutôt bons, et on retrouve une ambiance très singulière. Mais le problème vient de l’histoire en elle même : passablement ennuyeuse et ratée. Le film alterne les passages actuels et des flash-back de leur rencontre, et on imagine qu’ils vont nous montrer pourquoi ils se sont aimés et comment la situation pourrait s’améliorer, mais non. Et c’est là que le film s’auto-massacre : ils ne se sont jamais aimés. Tels deux autistes psychopathes, il se sont fait souffrir dès le début, et strictement aucune émotion ne ressort de leur histoire, ne provoquant que bâillements et somnolences. On ne comprend ni pourquoi elle a accepté ses avances, ni pourquoi il les a faites. Il est insupportable avec ses questions, elle est insipide et ne ressent rien. Le film n’est qu’un enchaînement morbide de désolation. On en ressort en se disant que si un jour notre vie ressemble à ça, il n’y aura plus qu’à se pendre. Le film est particulièrement bien fait, mais son intérêt est négatif.

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Treize à la douzaine

Treize à la douzaine
2004
Shawn Levy

Plus ou moins adapté du roman de Frank B. Gilbreth Jr. et Ernestine Gilbreth Carey de 1948, le film s’éloigne sensiblement de cette autobiographie contée à deux reprises (Une suite intitulée Six filles à marier fut publiée en 1950) par deux des enfants de la famille de douze enfants, les Gilbreth. C’est donc uniquement le principe de famille très nombreuse qui sera gardée, puisqu’il est vrai que le roman est loin d’être humoristique entre une fille morte à six ans, de graves soucis financiers et un mari mort avant ses soixante ans.

Dans un modèle de famille américaine contemporaine, Tom (Steve Martin) et Kate (Bonnie Hunt) ont réussi à gérer leurs douze enfants avec brio (citons parmi eux Tom Welling et Hilary Duff), bien que leurs rêves respectifs soient un peu passés à la trappe ces dernières années. Mais maintenant qu’ils sont plus âgés et que la plus grande a déjà prit son envol, Tom accepta un poste d’entraîneur dans son équipe de fac, l’aboutissement ultime pour lui. Mais entre ses horaires supplémentaires et le livre remarqué de sa femme l’obligeant à s’investir dans une tournée, Tom va se retrouver dans l’incapacité de gérer tout ce petit monde.

Quand on a affaire au réalisateur de films aussi peu profond et commerciaux que La Nuit au Musée ou Crazy Night, on se dit qu’il n’ira pas bien loin avec un sujet aussi banal, méritant à peine un petit reportage dans le journal de 13h. Et effectivement, il se plombera avec une avalanche de clichés s’abattant sur cette famille : le stéréotype de l’adolescente pomponnée et écervelée, le rouquin binoclard martyrisé, le jeune rebelle, les jumeaux diaboliques, la petite fille gentille super mignonne mais qui est en fait un monstre, et même les parents sonnent faux. D’ailleurs, point inquiétant, les géniteurs sont censés avoir pile 44 ans, or les acteurs en paraissent facile dix ou quinze de plus. Mais si on se met à chercher la cohérence… On restera donc sur une pure comédie bien burlesque où les gags s’enchaînent entre truc sale (nourriture, animaux), casse volontaire ou non, bordel et autres cohues. On alternera les moment « hou le vilain garnement ! » et « mon bout de choux d’amour ! ». C’est sympathique mais le niveau raz-des-pâquerettes empêche de vraiment s’en amuser, et la dimension humaine est carrément passée à la trappe. On notera aussi une grande disparité entre les rôles, certains des enfants faisant tout juste de la figuration. On a envie de dire pourquoi pas, mais sans grande conviction.

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Parker

Parker
2013
Taylor Hackford

Il l’a avoué lui-même, Jason Statham est un mauvais acteur incapable de faire autre chose qu’un gros dur dans un film d’action. Mais heureusement, il le fait bien, et régulièrement il nous livre une bonne cuvée plus originale qu’à l’accoutumée. Mais bon, au bout de dix films de revanche, ça lasse…

Ainsi, petit malfrat à ses heures, Parker (Jason Statham) a participé à un casse lors d’une fête foraine, et il était convenu que sa part serait de 200 000 $. Mais une fois le coup réussi, on lui annonce qu’un autre coup se prépare, et que la somme récoltée servirait à financer ce coup du siècle. Mais pour Parker, un deal est un deal, et qu’importe les enjeux il veut son fric. Le coup pouvant se faire sans lui mais pas sans sa part, Parker sera exécuté. Mais on ne lui la fait pas, et même balancé d’une voiture à pleine vitesse, avec une balle dans l’épaule, une autre dans le torse et le corps massacré à coups de tatanes dans les gencives, il vit encore et toujours, bien décidé à se lancer dans un règlement de compte hostile.

Le scénario est franchement anémique, même si ça n’est pas très surprenant. Mais tout de même, quand on voit que ça se résume à « il m’a pas payé », c’est navrant. Et que dire du personnage de Jennifer Lopez, médaille d’or du personnage le plus inutile de l’histoire. Elle tombe amoureuse de lui mais il a déjà quelqu’un, elle veut l’aider mais n’est qu’une gourdasse incapable de la fermer. C’est moche… Donc on retrouve cette éternelle formule de Hyper Tension : je me venge et ça va être un bain de sang, avec cette même immortalité hallucinante. Mais la formule n’est pas aussi dynamique ici, alternant bastonnades sanglantes sympas et phases de préparations brouillonnes, n’ayant au final que peu de sens. Et puis quand même, pas une seule séquence de course poursuite ou de réelle fusillade, c’est pauvre. On reste dans du gros film d’action relativement efficace, mais son manque d’originalité et d’envergure sont quasi rédhibitoires.

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Les Gamins

Les Gamins
2013
Anthony Marciano

Déjà avoir Max Boublil en tête d’affiche, c’est énorme, mais quand en plus il coécrit le scénario, on peut s’attendre à une perle d’humour – certes pas forcément de finesse. Faisant pourtant face au plus gros succès français de l’année (Les Profs), le film a réussi le bel exploit de réunir plus de 1,6 millions de spectateurs, faisant de lui le quatrième film le plus populaire à domicile.

Ah l’insouciance de la jeunesse, le bonheur d’être à deux ! Pour Thomas (Max Boublil), la vie est belle : heureux avec Lola (Mélanie Bernier), il s’apprête à se marier avec elle, et avec une perspective de boulot stable, il peut envisager sereinement l’avenir. Mais sa rencontre avec Gilbert (Alain Chabat), le père de Lola, va changer sa vision des choses. Lui qui a tout, une femme aimante (Sandrine Kiberlain), une belle maison, de l’argent et tout une belle et longue retraite devant lui, il vomit son quotidien, ne supportant ni sa vie de banlieusard ni sa femme qu’il trouve casse-couilles. Il lui dira alors à quel point le mariage est insipide, et il claquera la porte, partant faire la java tous les soirs jusqu’à plus soif. Prenant conscience du piège qui se referme sur lui et de l’abandon de sa passion pour la musique à cause de Lola, Thomas partira rejoindre Gilbert pour l’éclate du siècle.

Le principe du film est de base très drôle : un père qui dissuade son beau-fils d’épouser sa fille car son mariage l’ennui profondément. Trente ans d’écart et pourtant une même passion pour le déconnage, la musique et les fêtes exubérantes. Un duo qui fonctionne du tonnerre, mélangeant l’humour jeune du chanteur fou et le style terre-à-terre des Nuls. Pas un seul gag de raté à déplorer, même la chanson débile « Je t’aime » devient drôle à force, et certains passages sont même à pleurer de rire, comme la visite avec Patrick Bruel, ou surtout l’exceptionnel doublage américain à l’UNESCO : du pur caviar. Le film arrive même à mener de front les drames humains et autres romances qui ponctuent le film. L’histoire reste simple, son traitement classique, mais le résultat est à hurler de rire, et rarement une comédie française n’aura été aussi réussie et efficace. Probablement la meilleure comédie de l’année.

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Un bonheur n’arrive jamais seul

Un bonheur n'arrive jamais seul
2012
James Huth

Quelqu’un qui a fait Brice de Nice et Lucky Luke est-il vraiment capable de faire un bon film ? En même temps, si avec des sujets en or il fait des films de merde, sans doutes qu’avec un sujet de merde il fera mieux dans un monde où la logique serait inversée. Le problème c’est que les comédies-romantiques ne volent généralement pas très haut, surtout en France. Et malheureusement réunir 1,7 millions de français dans les salles n’est aujourd’hui plus gage de qualité…

Comme pour 90% des films français, l’histoire se passe à Paris – bah oui les autres sont des bouseux -, et comme c’est une ville d’artistes, on y suivra un musicien, Sasha (Gad Elmaleh). Mais un musicien de renom, oh non, mais un vendu dont le travail est transparent : il s’occupe de la musique des pubs. Mais il aspire à la grandeur, rêvant de mettre un jour en scène une pièce musicale sur laquelle il travaille depuis des années. En attendant, il bosse le soir dans un bar pour boire gratos et ramène tout Paris dans son lit (du moins tout ce qui a moins 25 ans et pas de chromosomes Y). Une vie parfaite pour lui, qui le tient à l’écart de son pire cauchemar : les enfants. Mais un jour, sans prévenir, il tombera sur Charlotte (Sophie Marceau). La quarantaine bien entamée, elle est loin de ses canons de beauté classiques, mais d’un simple regard elle illumina sa vie, hantant ses pensées. Une idylle à laquelle il aurait presque cru, mais entre ses trois enfants et son boulot qu’il délaisse, il devra faire un choix.

Mon dieu que c’est cliché ! Hum, je suis toute mouillée… La pluie battante qui s’arrête d’un coup, la lumière qui éclaire son visage, l’effet de ralenti, la musique aguicheuse, le sourire Brice : s’en est presque indigeste. Mais le plus fou, c’est que cette romance est d’un vide tellement abyssal que s’en est grotesque : il ne se parlent presque pas et les seuls moments où ils se retrouvent c’est pour faire des siestes crapuleuses, comme s’ils avaient 15 ans. Ah oui, suis-je médisant, ils vont une fois au resto et une fois au bowling. Donc la partie romance est ratée, même si Sophie Marceau est sublime et donne une petite touche de poésie. Reste donc l’humour, qui avouons-le, fait mouche assez souvent. Mais comme d’habitude, c’est du Gad Elmaleh faisant du Gad Elmaleh, et heureusement qu’il le fait bien, car son jeu d’acteur est loin d’être naturel. Les comiques de répétition sur « je suis caché » et la maladresse fonctionnent, mais pas de quoi crier au génie. Un film divertissant donc, mais incroyablement facile et superficiel.

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Headhunters

Headhunters
2013
Morten Tyldum

On ne peut pas vraiment dire que le cinéma norvégien soit l’un des plus influents au monde. Si celui-ci n’a tout de même pas eu les honneurs d’une sortie en salle (à contrario d’un autre type de chasseur de chez eux : The Troll Hunter), il aura au moins su nous parvenir par d’autres biais (en l’occurrence la télévision).

Chasseur de tête comme le titre l’indique, Roger est un homme qui veut toujours plus. Ne mesurant que 1m68 et étant marié à une femme sublime de dix centimètres plus grande, il est hanté par l’idée de la perdre et fait tout ce qu’il peut pour la combler matériellement. Mais mener grand train n’est pas à ses moyens, et il a monté une escroquerie d’art pour arrondir ses fin de mois. Faisant équipe avec un faussaire, il remplace des toiles de valeur par des copies et revend les originaux. Mais dans ce milieu, soit on réussit le coup du siècle qui assure ses vieux jours, soit on continue suffisamment longtemps pour se faire attraper. Apprenant la présence d’une toile de Rubens, il croit enfin tenir le coup de la fin, mais les choses vont lui échapper.

D’un point de vu technique, mise en scène, cadrage et même au niveau jeu des acteurs, le film n’a clairement pas à rougir. L’histoire n’est en rien révolutionnaire, mais son approche dynamique et presque paranoïaque donne naissance à une ambiance à la fois stressante et haletante, sans toute fois faire preuve de suffisamment d’envergure. Mais une chose chagrine : le comportement du personnage principal. Dans un film d’horreur, ce serait typiquement le gars qui meurt en premier. Ses réflexes sont au mieux stupides, au pire suicidaires. Et c’est d’ailleurs un point qui empêche de crier au génie quant à la fin. Ça semble si irréaliste que la démonstration de construction élaborée laisse perplexe. Mais saluons l’effort, le film reste un bon thriller assez efficace.

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Smallville

Smallville
2001-2011
Alfred Gough & Miles Millar

Inventé par Jerry Siegel et Joe Shuster en 1932, le personnage de Superman est un icone dans le monde des super-héros. Vêtu de rouge et bleu, comme bon nombre de héros de l’époque, il porte haut les couleurs de l’Amérique et protège le monde des diverses menaces. Pilier de l’univers de la Justice League, il a su marquer les esprits au delà de son statut de DC Comics en s’exportant avec panache sur grand écran avec Superman, porté avec talent par l’inoubliable Christopher Reeve. Une référence absolue qui sera le fer de lance de cette série. Et alors qu’aujourd’hui le personnage revient sur le devant la scène avec l’exceptionnel Man of Steel, l’intérêt de ce retour aux sources s’en trouve grandissant.

Ayant fait les beaux jours de la WB puis de la CW, la série Smallville inaugurée en 2001 fait office de préquelle à l’histoire de Superman le justicier. Né Kal-El sur une planète appelée Krypton, il sera envoyé sur Terre pour représenter ce peuple disparu, emporté dans la destruction de leur planète. Destiné à régner, il pourra compter sur des pouvoirs colossaux apportés par notre soleil jaune, faisant de lui un dieu sur notre planète. Son vaisseau arrivera dans une pluie de météorites en octobre 1989, s’écrasant dans un champ de maïs dans une petite ville du Kansas appelée Smallville. Alors âgé de quatre ans, il sera recueilli par un couple de fermiers : les Kent. Proposée sous format de 40 minutes, cette série de 218 épisodes répartis sur 10 saisons retrace ainsi l’histoire de Clark Kent, de son lycée à Smallville jusqu’à sa sacralisation de justicier dix ans plus tard.

Première des quatre années de lycée à Smallville, cette première saison pose les bases de la mythologie. Alors âgé de 16 ans, Clark (Tom Welling) maîtrise déjà deux de ses pouvoirs : la super-force (ce qui inclus la résistance) et la super-vitesse. Ami avec Pete Ross (Sam Jones III) et Chloé Sullivan (Allison Mack), il tente de trouver sa place dans un monde qui lui semble étranger. Malgré l’affection de son rock de père, Jonathan (John Schneider), et sa douce mère, Martha (Annette O’Toole, d’ailleurs celle qui incarnait Lana Lang dans Superman III), Clark se sent désespérément seul. Ses amis ne connaissant qu’une partie de lui, le manque de sincérité de leur amitié le mine, et avec ces météorites vertes tombées le jour de sa venue et qui lui causent des douleurs terribles et annihilent tous ses pouvoirs, il a parfois l’impression que le monde est contre lui. Obnubilé par son amour pour Lana Lang (Kristen Kreuk), il subit le moment présent mais espère constamment un dénouement heureux. Une saison qui sera aussi marquée par sa rencontre avec Lex Luthor (Michael Rosenbaum), venu s’occuper de l’usine locale comme rite de passage, venant d’une famille très riche et dont le père, Lionel (John Glover), n’est pas prêt à confier un rôle important à son fils, jugé trop immature et inexpérimenté. Se trouvant là au bon moment, Clark sauvera Lex d’un accident de voiture, créant un lien éternel entre eux. Venant de deux mondes opposés et ayant dix ans d’écart, ils vont pourtant devenir meilleurs amis, Clark trouvant en Lex une âme égarée à sauver, et Lex rencontrant pour la première fois de sa vie une personne à l’amitié sincère et généreuse, le traitant avec plus d’égares que n’importe qui avant lui.

Dans une ambiance tantôt jovial avec le cadre de l’école puis plus sombre quand le mal rôde, cette saison pose de très bonnes bases. Des personnages charismatiques, bien que Lana Lang soit par moments trop superficielle, mais surtout de grands acteurs. Lionel Luthor, Jonathan Kent : des modèles de convictions aux discours forts et à la voix puissante. De même, Lex en pauvre rejeté au grand cœur est émouvant, presque bouleversant. Mieux encore, Tom Welling campe un grand superman : profondément triste mais au visage impassible. Ses émotions nous viennent de par son regard, et le résultat est d’autant plus fort. Sa détresse quant à connaître ses origines est empathique, et la découverte de certains autres pouvoirs sont très réussis. On découvre aussi ce qui deviendra l’emblème de l’école : le journal de La Torche, où Clark et Chloé vont collaborer quatre années durant. Et en plus, la série nous gratifie de l’une des meilleures bande-originale de l’histoire. Mais ce démarrage est loin d’être parfais : le format des épisode est lourdement répétitif. Perdant ses pouvoirs tous les deux épisodes, il doit aussi faire face au même problème inlassablement : un élève de son école devenant un monstre suite à une exposition à de la météorite verte (de la kryptonite). Une saison entière à recycler cette idée, c’est tout de même assez réducteur.

Saison 1 :

La seconde saison joue la carte de la continuité, Clark étant toujours le sauveur mystérieux des divers monstres issues de son lycée. Pas de nouveaux arrivants, mais Lionel Luthor se confirme en grand méchant, se rapprochant dangereusement du secret de Clark, et Lex est lui aussi animé du même désir d’éclaircir les énigmes de la ville, hanté par son sauvetage surnaturel. En revanche, le petit ami de Lana n’est plus : il est parti à la guerre, laissant la place libre à Clark, pouvant enfin essayer de vivre au grand jour son amour pour elle. La formule évolue un peu, les monstres de kryptonite étant moins nombreux et la structure linéaire des épisodes est brisée, à tel point que les rares épisodes reprenant ce concept nous font rager. Mieux encore, la mythologie de la série évolue un peu, amenant dans l’équation une clef de Krypton qui semble être la solution à nombre d’interrogations, on découvre une nouvelle sorte de kryptonite avec la rouge, exaltant les sentiments de Clark, et une mystérieuse grotte indienne (Kawatchi) abrite des peintures semblant étrangement raconter l’histoire d’un homme surhumain venu d’ailleurs. L’occasion aussi de faire la rencontre de Virgil Swan, incarné par nul autre que Christopher Reeve, premier d’une longue liste d’hommages, auquel s’ajoutera la Lois Lane de l’époque et même Teri Hatcher, celle d’une autre série qui l’avait fait connaître : Lois & Clark. Histoire étoffée, épisodes plus imaginatifs, personnages approfondis : cette second saison marque une très bonne évolution.


Élément qui a donné lieu à un épisode plutôt sympa dans la deuxième saison, la kryptonite rouge qui rend Clark fougueux et impulsif nous donne le coup d’envoi d’une saison 3 de haut vol avec en plus d’une carrière de criminel pour lui, ses deux pères se rencontrent enfin entre Jonathan, l’adoptif, et Jor-El, le biologique de Krypton. Plus encore, avec le désastre de son mariage, Lex se brise une première fois, élément déclencheur qui fera de lui plus tard le super-vilain qu’on connaît tous. Attendu depuis le premier épisode, l’amourette Clark / Lana s’interrompe dès le début, morte dans l’œuf. L’épée de Damoclès quant au pacte de Jonathan nous réserve quelques frayeurs. Une saison qui sera aussi marquée par l’épisode 14 où Clark se fait manipuler par Alicia (Sarah Carter), une krypto-monstre qui sera la seconde à partager le secret de Clark, après Pete – mais ne supportant pas le poids du secret, il quittera la ville à la fin de la saison -, et qui brisera un peu le tabou sur la sexualité qui entourait la série. Un personnage tellement bon qu’elle reviendra le temps de deux épisodes en saison 4, aussi forts qu’émouvants. La saison marque aussi une rupture sur bien des niveaux, avec Lana qui part pour la France, Lex qui sombre et que délaisse Clark, et Lionel qui s’enfonce dans les ténèbres au point d’obliger son fils à tout faire pour le faire incarcérer. Brillante continuité, elle entame le virage vers l’âge adulte.

La saison 4 démarre fort, incroyablement fort. Peut-être même que son premier épisode est le meilleur de toute la série. Si chacun connaît la fameuse forteresse de solitude, le cristal sensé la faire apparaître est ici composé de trois pierres. Sous l’emprise de ses ténèbres kryptoniens, Clark – ou Kal-El en l’occurrence – a une classe folle et semble enfin avoir l’envergure du héros que l’on connaît : il vole ! Une frustration qui touchera le vrai Clark pendant une éternité : jusqu’à la toute fin du tout dernier épisode de la série. Un premier épisode qui marque aussi l’arrivée de Lois Lane (Erica Durance), personnage d’une rare qualité qui représente dignement la gente féminine éclipsant celle qui commence à devenir un boulet et un frein à l’évolution de la série : Lana. Mais dans cette saison, le seul amour de Clark sera Alicia, la première à lui avoir vraiment ouvert son cœur. De loin la meilleure saison de toute la série, cette quatrième saison regorge de grands moments, comme le semblant de bonheur retrouvé quand Clark, faisant parti de l’équipe de foot, brille enfin en plein jour. Mieux encore, et encore une fois grâce à Alicia qui aura été un élément primordial et inoubliable, Chloé prend de l’ampleur en devenant celle qui sait, faisant continuellement des allusions à Clark, et qui aboutira à une amitié plus forte qu’avec n’importe qui d’autre. Une saison à la trame de fond plus poussée, axée autour des trois pierres et de la magie, élément affectant Clark. Un basculement s’opérera aussi pour Lionel Luthor, devenant le messager de Jor-El et il deviendra même au fil du temps le protecteur de Clark, tandis que Lex, carrément renié par Clark, sombrera définitivement du côté obscur. Marquant la fin du lycée, la saison restera comme l’apogée de la série.

Saisons 2 à 4 :

Suite à la fin de la saison 4, la forteresse de solitude fut bâtie alors que la ville se remet doucement d’une nouvelle pluie de météorites. Il s’agit en réalité de sbires du général Zod, chef de guerre kryptonien condamné pour haute trahison et qui erre depuis dans la zone fantôme, prison construite par Jor-El. Mais le véritable ennemi de Clark dans cette saison est Brainiac, intelligence artificielle de Krypton. Une saison qui commence à préparer le terrain de la Justice League, avec le retour de Flash, l’arrivée de Aquaman et du Cyborg. Si cette saison connaît quelques grands moments comme la mort de Jonathan, la rédemption de Lionel Luthor ou plus encore avec l’épisode 9 (l’esprit de Noël) où Lex entrevoit un futur idyllique qui confirme et authentifie son amour pour Lana qu’on lui donnerait volontiers, cette saison ne sert pas à grand chose. Pas de grands bouleversements, un Clark chiant à force de venir chercher la merde avec Lex, qui ne fait rien de sa vie et reste impassible : le futur héros est bien loin. Pire encore, l’arc magique de la saison 4 s’arrête brutalement sans vraiment de raisons, et l’histoire restera en plan. Une saison décevante sur bien des points et qui s’achève dans le chaos avec un Clark piégé comme un con dans la zone fantôme.

La saison 6 n’est pas tellement mieux, voir la pire de la série. Toutes les tares insupportables sont de la partie. Toujours obnubilé par Lana qu’il a pourtant perdu et qui est non seulement bien avec Lex, mais qui annihile aussi son mauvais côté, Clark s’éloigne un peu plus de son statut de héros, ne faisant toujours rien de sa vie, n’aidant pas grand monde, refusant son destin et prenant inlassablement les mêmes décisions mauvaises. Côté scénario c’est faible : la grande menace Zod est balayée en un épisode, et la bêtise de Clark l’obligera à nettoyer derrière lui les fantômes qu’il a libéré de leur zone. Son idylle avec Lois semble à des années lumières, et le personnage de l’Archer Vert (Justin Hartley) est presque raté, sa sympathie ne viendra que tardivement dans les saisons 9 et 10. En revanche, nouveau arrivé au Daily Planet, Jimmy Olsen (Aaron Ashmore) prend de l’importance, surtout de part sa romance avec Chloé. Mais même quand un épisode rassemble tout les super-héros de Métropolis, la fête n’est pas totale : le filon s’épuise à force que la trame de fond et Clark stagnent méchamment. Et quel déception que cette victoire de Clark sur Lex quant à l’amour de Lana, nous faisant repartir pour un tour désenchanté.

Une stagnation démoralisante qu’on retrouvera avec la septième saison : se faisant appelé « Le Flou » (bien que le terme n’apparaîtra que la saison suivante), Clark sauve péniblement deux trois vies de temps à autre avec les mêmes vêtements qu’il porte depuis le premier épisode de la saison 1, et il se complet avec son aventure avec Lana, ayant pourtant des airs de passion lointaine désabusée. Sa pseudo mort de début ne trompera personne, de même que Bizarro, son clone raté qui se fait plier bien vite, malgré une petite surprise qui fait pas de mal. Mais Clark est toujours le même abruti, dédaignant les Luthor, alors même Lionel l’appelle à l’aide, avant de se faire tuer par un Lex débarrassé de tout ce qui était bon en lui, tout ça à cause de Clark. On lui parle d’un objet capable de le contrôler, mais rien à faire : le Superman qui ne l’est pas encore est décidément loin de devenir un héros, incapable de voler alors même que d’instinct sa cousine fraîchement sauvée, Kara (Laura Vandervoort), y arrive sans problèmes. Et même elle qui aurait pu sauver Lex de la folie fut mise à l’écart par Clark, rageur inconsolable. Et bien sûr, cette saison se fini n’importe comment…

Enfin un peu de suspense quand même avec la fin de la saison 7, on se demande bien comment va évoluer la relation entre Lex et Clark maintenant que son secret a été percé. Eh bien non, il ne se passe rien : Lex a tout simplement disparu… Presque mort dans l’effondrement de la grotte alors que de son côté Clark a mystérieusement été téléporté en Allemagne (?), Lex tente de reconstruire son corps. Reprenant trait pour trait le caractère de Lex, un nouveau personnage vient prendre sa place à Luthorcorp : Tess Mercer (Cassidy Freeman). Elle semble vouloir reprendre les activités secrètes de son prédécesseur et se rapproche elle aussi de Clark, comprenant vite sa nature exacte. On tourne en rond donc, et le retour de Brainiac le confirme. Et quel tristesse que le personnage si intéressant qu’est Kara soit partie en vadrouille, car même si on est enfin débarrassé de Lana, les choses restent figées et même sa fondation Isis est reprise par Chloé. Les prémisses de « La Tour de Contrôle » sont là, mais on reste piégé dans cette continuité. Seul élément nouveau intéressant, mise à part la bonne évolution de l’Archer Vert, est le grand méchant de cette saison, le terrible Doomsday (Sam Witwer). Connu des fans du Comics pour être celui qui a tué Superman – bien qu’il ressuscite quelques années plus tard – il est un monstre invincible qui s’adapte pour devenir plus fort à chacune de ses morts. Un personnage tortueux et intéressant, d’autant que brillamment interprété, mais il est loin de faire honneur à sa légende, tué avec une arrogante facilité inexpliquée lors d’une fin de saison bâclée où, chose complètement incohérente car il est censé être un personnage clef de la vie du futur superman, Jimmy Olsen est tué par Davis Bloom, la partie supposée gentille de Doomsday. Le plus grave restera la mort de Lex, désintégrer dans une explosion tel un personnage de seconde main, lui qui avait été l’un des points les plus marquant des quatre premières saisons. On le sent, depuis la saison 5 et le changement de chaîne (la WB étant devenu la CW) la qualité a chuté, et même si certains épisodes s’en sortent très bien, la série s’est contenté d’un rythme de croisière tout juste bon, alors même qu’elle était jusqu’alors excellente et promettait encore plus. Mais heureusement, avec l’abandon de la veste rouge sur t-shirt bleu au profit d’un style sombre et classe, et confronté à un ennemi redoutable – Zod, relâché par la mort de Doomsday – la saison 9 redressera la barre pour deux dernières saisons plus travaillées.

Saisons 5 à 8 :

Annoncé puis définitivement emprisonné dans la zone fantôme, puis finalement échappé et en possession du corps de Lex, le personnage de Zod n’a finalement jamais été vraiment là, et il ne le sera jamais. Libéré de la sphère de contrôle de Clark après la destruction de Doomsday, la personne se faisant passer pour Zod (Callum Blue) n’est en réalité qu’un clone de Zod, de même que son armée délivrée avec lui : tous des clones des vrais guerriers morts dans la destruction de la planète Krypton. Pas vraiment méchant, il aurait même pu devenir ami avec Clark si ce dernier n’avait pas reproduit les mêmes erreurs qu’avec Lex, c’est-à-dire le traiter d’emblée comme un ennemi et ne même pas essayer de comprendre ses motivations. Autres ennemis qui se dresseront sur sa route : Tesse Mercer, toujours, persuadée que Zod est le seul à pouvoir sauver la Terre de la folie humaine autodestructrice, et aussi une mystérieuse fondation, échec-et-mat, créée dans le but de nous préserver contre les attaques aliens. Toujours aussi borné et pas tellement héroïque, Clark reste malgré tout dans nos cœurs grâce à sa vie au Daily Planet et à sa relation avec Lois, qu’on attendait fébrilement depuis la saison 4. Un Zod charismatique, un futur angoissant, un Archer Vert plus ouvert et repentissent, une Lois épanouie, de vrais enjeux et une ambiance plus recherchée : cette neuvième saison reprend du poil de la bête et avec un Clark enfin ouvert au monde, on sent le costume déjà montré prêt à être enfilé.

Dernière saison et conclusion ultime de cet arc de la vie de Superman, elle avait tout pour être épique. La Ligue des Justiciers est opérationnelle, la Tour de Contrôle aussi, et Clark beigne dans un cadre idéal où tous ses amis connaissent sont secret et l’encouragent à être le héros que Métropolis et le monde attendent. Un boulevard sublime, mais le fond ne suivra que partiellement. Alors que Tess Mercer a changé de camp et que le monde semble paisible, une menace s’abat sur elle : Darkside, une entité maléfique qui corromps l’âme humaine et appose sa marque du mal sur les faibles. Dans l’absolu ça fait peur, mais en pratique on ne retrouve pas grand monde de dangereux, et ce spectre invisible laisse pantois. D’où vient-il, quels sont ses motivations ? Il restera un mystère total. Mais la trame de fond la plus dérangeante est celle du retour de Lex Luthor par le biais de clones. On essaye au début de nous faire croire que Connor est réellement Lex, mais comme nous le prouvent des chef d’œuvre comme A l’aube du 6ème jour, un clone ne peut remplacer une personne, et l’âme n’existe pas. Mais finalement le véritable Lex Luthor, celui qui fut brisé par l’effondrement de la forteresse de solitude, celui qui fut désintégré dans l’explosion de la voiture, serait vivant, mais oubliera de tout façon ses souvenir, faisant de lui un clone vide : ou comment transformer l’un des meilleurs personnages de la série en déception colossale. Mais cette saison reste très bonne, car en plus de proposer des épisodes sympathique comme « Les récoltes du mal » où Lois et Clark sont exposés à des amish psychopathes, ou celui de « Nuit d’ivresse », parodiant Very bad Trip, une idée pas bien originale mais intéressante sera ici exploitée de façon de remarquable : le monde parallèle. Peut-être pas assez creusée comme idée, il n’en reste pas moins que certains passages sont forts de nostalgie, et permettent le retour de deux protagonistes particulièrement charismatiques : Jonathan Kent et Lionel Luthor. Ce dernier arrivera même à changer de monde, et resté malfaisant dans le sien, viendra répandre son venin de par chez nous. Une très bonne dernière saison qui rappelle une bonne partie des membres les plus importants de la série, mais on aurait aimé plus de Kara et de Lex, et surtout les absences de Pete et Lana pèsent lourd tout de même. En revanche, la fin est bâclée et renforce les plus grandes frustrations des spectateurs : le mythique personnage de Superman, celui qu’on attendait depuis toujours, n’arrivera finalement qu’à la toute fin du tout dernier épisode de la série. Gros manque, le pouvoir de voler ne se manifestera que dix minutes avant la fin, et l’emblématique costume bleu et rouge ne sera revêtit qu’à cinq minutes du dénouement, et n’arrivera même pas à proposer un plan correcte de Tom Welling en Superman. Il est vrai que le principe de la série était de raconter l’histoire de Clark Kent jusqu’à ce qu’il devienne le super-héros surpuissant, mais il est dommage de ne même pas avoir un aperçu de la suite, terminant ainsi la série sur un regret non négligeable.

Saisons 9 et 10 :

Ainsi prend fin une série longue de plus de 145 heures, réparties sur dix saisons plus ou moins bonnes. Racontant la jeunesse de Clark Kent, la série aura réussi avec brio à réinventer cet arc de sa vie, lui greffant une mythologie cohérente et en adéquation avec les récits déjà existant. On se souviendra avec tendresse des quatre premières saisons, sa période lycée, où ce grand Clark n’osait même pas adresser la parole à cette voisine qu’il scrutait chaque jour avec télescope, sauvant occasionnellement la vie de quelques camarades malgré une boucherie quand à l’effectif de l’école, se vidant de jour en jour. On se rappellera toujours cette amitié intangible entre Clark et Lex, personnage fort et attachant qui aura eu la malchance de se voir bafoué jusqu’à l’indifférence. Les virages de la série en on laissé plus d’un sur le carreau, Chloé par exemple, adorable reportrice puis en roue libre après l’arrêt de sa carrière, heureusement rattrapée par un Archer Vert gagnant peu à peu ses galons. On était pas sûr d’en vouloir, mais alors qu’en saison 4 elle nous illuminait telle un ange tombé du ciel, Lois s’est directement imposée comme un personnage terriblement attachant, apportant du piquant par son franc parlé et son sans-gène, apportant une fraîcheur étonnante à la série. En revanche, celui qui n’a pas su rester au sommet c’est Clark. Aucuns doutes que l’acteur s’en est tiré avec les honneurs, mais son manque de changement comportemental lui nuit, surtout avec l’autorité et la sévérité avec laquelle il traite ceux qui l’ont déçu, pouvant être odieux comme avec Lex. On regrettera aussi le simple effleurement de l’univers de La Ligue des Justiciers, d’autant que certains personnages très réussis comme Flash sont laissé pour compte, ce dernier n’étant qu’évoqué après la saison 6.

Que retenir donc de cette série ? Incontestablement le matériau le plus dense de l’univers de Superman, il représente surtout un préquel de qualité, donnant plus de légitimité et d’humanisme à ce dieu aux pouvoirs démesurés. Pas forcément très convaincant au départ, le casting s’avérera très bon et les protagonistes sont dignement représentés. Si la série a connu quelques passages à vide dans les saisons 5 à 8, il faut tout de même reconnaître que l’univers est passionnant, les ennemis redoutables, et certains passages sont vraiment épiques. Le plus louable, c’est qu’une série portant sur des pouvoirs spectaculaires est difficilement réalisable, mais force est de reconnaître que la cohérence graphique est de mise, et même si le niveau est forcément très en dessous des grosses productions cinématographiques actuelles, les effets restent meilleurs que ceux de la version cinéma de 1978, une œuvre régulièrement portée aux nus par la série tant elle s’en inspire, sans pour autant commettre l’erreur de Superman Returns qui allait au delà de l’hommage, copiant tout jusque dans le moindre détail et ainsi couper cour à toute forme d’originalité. Ainsi, la série réussi là où le film a échoué. Une grande série donc, qui peut rassembler bien au delà des fans du Comics, réinventant un mythe.

The Legend reborn…

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A perdre la raison

A perdre la raison
2012
Joachim Lafosse

À l’image de Camille Redouble, voici un nouveau drame de « comment perdre deux heures » à cause d’une critique irraisonnablement bonne sur le journal télé. Mais heureusement, il est l’heure de rétablir la vérité !

Voici donc l’histoire « passionnante et bouleversante » de Murielle (Emilie Dequenne) la pondeuse. Croyant à son histoire d’amour avec Mounir (Tahar Rahim), elle se fera piégé dans un mariage blanc où son seul rôle sera de lui donner un fils et ses papiers. Et à son grand malheur, ses trois premiers enfants seront des filles, reniées par leur père devenant d’années en années plus colérique et dédaigneux. Pire encore, leur situation précaire les oblige à s’en remettre entièrement au père adoptif de Mounir, André (Niels Arestrup), docteur ayant accepté lui aussi un mariage blanc. Dans cette vie que personne n’a choisit, aigreur et désillusion les régissent, et Murielle va peu à peu sombrer dans la folie jusqu’à commettre l’irréparable…

Peut-on vraiment appelé ça un scénario ? On suit péniblement un couple de branleurs où le mari vie au crochet de son père qui s’en prend pourtant plein la gueule pendant tout le film, et où la femme est une institutrice pourrissant ses élèves et passant de toute façon tout son temps en congé maternité. Un quotidien insipide et un fond peu élogieux de la culture arabe où tous sont décrits comme des incapables fainéants. Et puis c’est long, mais long… La chute libre de la mère porteuse nous entraîne nous aussi dans un état végétatif, et même la fin qui aurait pu marquer un semblant d’intérêt est ratée de par la mise en scène cabotine. Tout simplement une insulte au cinéma qui ne mérite que notre dédain.

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Fast & Furious 6

Fast & Furious 6
2013
Justin Lin

Incontestablement la saga qui a le plus décollé du moment (passant de 207 M$ à presque 800 M$ entre le premier et dernier), Fast & Furious est passé de budy movie sympa à ultime film d’action. Mieux encore, depuis le quatrième volet, elle a gagné en maturité et nous a même offert un Fast Five bluffant tant le degré d’action atteignait des sommet, et nous régalant en prime d’un des meilleurs braquages de l’histoire. Mais au bout de six épisodes, le filon est-il toujours aussi bon ?

Annoncé dans la scène post-générique du dernier film, on apprenait que la mort de Letty (Michelle Rodriguez) n’était qu’une mise en scène, et qu’elle œuvrait toujours pour la police. Mais en réalité, suite à une investigation de Hobbs (Dwayne Johnson), elle serait passer du côté de l’ennemi en intégrant les rangs du criminel Owen Shaw (Luke Evans), ennemi public numéro un en quête d’une arme particulièrement dangereuse. Hobbs contacte alors Dom (Vin Diesel) et Brian (Paul Walker) pour leur faire part de l’information, et promet une réhabilitation pour tous en échange de la capture de Owen Shaw.

La formule de Fast and Furious 5 avait cartonné, et c’était peut-être grâce à la présence combinée de tous les acteurs importants de chaque volet. Ainsi, on retrouve Mia (Jordana Brewster), Han (Sung Kang), Roman (Tyrese Gibson), Gisèle (Gal Gadot) et les autres, toujours aussi taquins et conducteurs aguerris. Toujours plus d’action, toujours plus de cascades et d’explosions. Vraiment ? Eh bien à dire vrai la course contre le kart dans Tokyo a moins de gueule que l’attaque du train, et la poursuite du tank et le crash de l’avion sont moins impressionnants que le trimbalage de coffre blindé dans les rues de Rio. La quantité ne fait pas tout : les situations sont moins inspirées. De même, le scénario de ce nouveau film est presque vide, tout juste comprend t-on les raisons de cette chasse à l’homme, outre la poursuite de Letty. Plus grave encore, la fin fait un sacré bras d’honneur au troisième film, changeant d’une pirouette le méchant de l’histoire. Donc clairement, cette sixième aventure est en retrait par rapport à la précédente, mais ça reste une bonne purge d’action comme on les aimes. Espérons que le changement de réalisateur apportera une vision nouvelle et salvatrice pour le prochain film, sans quoi ce bon gros délire viril risque de tourner en rond.

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