Argo

Argo
2012
Ben Affleck

Pour sa troisième réalisation, Ben Affleck fait encore très fort. Gros buzz après sa présentation à Toronto, le film a fait un sacré carton au cinéma, surtout aux Etats-Unis où il a littéralement explosé. Sacré meilleur film dramatique et meilleur réalisateur aux Golden Globes, le film est aussi très bien positionné pour les Oscars. Cette fois ci, le film fait dans la politique, avec une histoire vraie.

En 1950, l’Iran se libéra du joug américain grâce à son nouveau roi Mossad qui nationalisa les entreprises iraniennes, rendant le pétrole à son peuple. Compte tenu des pertes financières, les Etats-Unis et l’Angleterre fomentèrent une guerre pour reprendre le contrôle du pays, et mirent à la tête du pays le maire Shah, grand dépensier, mais docile et manipulable. Le peuple mourrait de faim, mais les américains s’en mettaient plein les miches : la situation parfaite. Mais entre une police tortionnaire et une politique occidentalisée, la révolution était imminente, et éclata en 1979, remettant un extrémiste religieux au pouvoir, et menant une politique de vengeance. Le peuple réclame la tête du Shah, réfugié aux Etats-Unis pour y soigner son cancer. Pour obtenir gain de cause, le peuple assiégera l’ambassade américaine d’Iran et prendra en otage 52 américains. Néanmoins, six autres ont réussis à sortir de l’établissement, et ont trouvé refuge à l’ambassade canadienne. Leurs jours sont tout de même comptés : leur identification et leur traque n’est qu’une affaire de jours, et la CIA doit au plus vite trouver une solution pour les extrader, les 52 autres étant déjà condamnés à mort. Tony Mendez (Ben Affleck) va alors mettre sur pied un plan : faire croire qu’il y tourne un film de science-fiction, avec dans son équipe l’Oscarisé John Chambers (John Goodman), le responsable des effets spéciaux / maquillages de la saga Planète des Singes, un producteur de Hollywood, et un vrai scénario, baptisé Argo.

La petite séquence d’intro choque : les américains sont clairement désignés comme responsables de la pauvreté en Iran à cause de leur spoliation pétrolière et de leur incapacité à assurer un gouvernement décent pour les locaux. Incapables de reconnaître leur erreurs, ils iront jusqu’à soutenir inconditionnellement leur ancien protégé, chose que les français n’ont pas assumé avec Kadhafi. Des négociations impossibles avec les iraniens donc, pourtant adeptes de la torture et de la pendaison en place public. Le film est donc perturbant dans la mesure où il présente les deux parties comme fautives. Pas de prise de partie, un choix respectable et rare. Il se structurera ensuite en deux segments, l’un retraçant la mise en place et le bétonnage du faux-film « Argo », avec une orientation comédie et républicaine sur les valeurs humaines et l’intelligence dont peuvent faire preuve des hommes motivés, l’autre au ton sombre et pesant, sur le sauvetage des six ressortissants américains. L’histoire ayant été restée secrète jusqu’en 1997, alors dévoilée par le président Bill Clinton, une très grosse majorité de la population actuelle ignore tout de la finalité de la mission, laissant planer un suspense total parfaitement mit en scène, avec un soucis du timing millimétré. En plus d’exploser à l’écran pour sa sobriété et la classe qu’il dégage, Ben Affleck s’inscrit définitivement comme un grand réalisateur. Les rôles secondaires sont très bon aussi, malgré certains clones des Beatles qui passent difficilement, bien que le contexte l’impose. Belle approche, bon casting, excellente histoire très bien ficelée à fort suspense : le film est un sérieux candidat pour les Oscars.

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La Horse

La Horse
1970
Pierre Granier-Deferre

D’années en années, les gens subissent un phénomène normal de désamour pour les vieux films, ceux antérieur aux années 80, qui marqua la fin du cinéma théâtral des débuts, passant à l’approche réaliste et naturelle du jeu d’acteur. Et dans le film, il n’y a pas que le film qui se fasse vieux.

Vieux et ronchon, Auguste Maroilleur (Jean Gabin) n’aime pas q’on le contredise ou qu’on lui parle du présent. Il s’occupe de ses vaches dans son coin, comme ses ancêtres avant lui, rentre chez lui après sa journée de travaille, et exige que tout le monde rampe à ses pieds et que ses dames ferment leur gueules et se contentent de faire un repas correct et de bien entretenir les lieux. Un bon gros connard en somme. Pour se sortir de là, et mener la grande vie, son petit fils va tremper dans le milieu de la drogue. Auguste, fou de rage après avoir découvert plusieurs kilos de poudres planqués, les balancera à la flotte, détruisant pour 200 millions d’anciens francs de marchandise. Un geste qui fera déferler les membres du réseau de drogue, bien décidés à obtenir dédommagement en tuant ses animaux et en violant sa petite fille. Mais bon, c’est papi qui gère…

Et oui, le seul scénario du film est un règlement de compte archaïque entre un vieux con et des dealeurs délestés de leur magot. Alors bien sûr, le charisme de Jean Gabin est immense, mais son rôle est incroyablement antipathique. Il prend tout le monde de haut, est d’une arrogance vomitive, et a des méthodes incroyablement égoïstes. Les dialogues, certes bien sentis, enfoncent un peu plus son personnage dans son ignominie. Le reste des acteurs ne faisant que de la figuration à côté, le problème est assez gênant. Reste l’interrogatoire final pour rehausser le niveau, mais entre son rythme lent et son héros détestable, le film n’a pas grand chose à offrir.

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De rouille et d’os

De rouille et d'os
2012
Jacques Audiard

Finalement pas nominé aux Oscars, le film a tout de même surprit son monde en étant présent aux Golden Globes, bien qu’il en soit ressorti bredouille. Les Césars compenseront-ils ? Il faut dire que mise à part Cloclo, la cérémonie aura encore une fois du mal à établir une liste de bon films français, et devra probablement sélectionner des mauvais, comme chaque années. Jacques Audiard y méritera t-il enfin sa place ?

L’histoire du film, c’est donc Ali (Matthias Schoenaerts), qui décide de se barrer avec son fils sur la côte d’azure, pour scouater chez sa sœur. Pour subvenir à ses besoins, il multipliera les petits boulots, de videur en boîte de nuit, où il rencontrera pour la première fois Stéphanie (Marion Cotillard), à vigile en magasin, et faisant des combats de rues pour arrondir les fins de mois. Un drame les réunira : alors que Stéphanie effectuait son tour de dresseuse d’orques, l’estrade s’écroula, brisant ses jambes, et la condamnant à l’amputation. Un peu bourru mais avec un bon fond, Ali va s’occuper d’elle et lui redonner l’envie de vivre. Elle, de son côté, lui donnera la force de se battre.

On ne sait pas où l’on va, mais déjà le spectateur se sent confus dès les premières scènes : « Qui sont ce père et son fils ? Que fuit ils ? Où est la mère ? Est-ce un kidnapping ? ». Des questions qui resteront dans le flou, le film se concentrant sur le présent et omettant le passé. Il n’y a d’ailleurs pas d’histoire au film, juste un gars un peu paumé et macho et une névrosée amputée des jambes qui tentent d’égailler les jours de l’autre, l’une avec plus de discernement que l’autre. On retrouve donc surtout une psychologie de personnages, très travaillés et avec des acteurs très convaincants, notamment Marion Cotillard qui émeut, bien que Matthias Schoenaerts fait un démarrage remarquable. Leurs attribuer des récompenses ne serait pas insensé. En revanche, en dehors de leur histoire plus fusionnelle que romantique, c’est le néant. La recherche de boulot a été vue mille fois, et les affrontements de rues sont très mal filmés. La relation paternelle est aussi d’un vide abyssal. Et avec un rythme atroce, l’ennui nous guette plus d’une fois. Heureusement donc, les excellentes prestations des deux acteurs principaux sauvent un peu la mise, et la technique de camouflage des jambes force le respect tant le résultat est irréprochable. Mais le film ne fera certainement pas date.

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Journal d’un Dégonflé : ça fait suer !

Journal d'un Dégonflé : ça fait suer !
2012
David Bowers

Venant à l’origine d’une bande dessinée disponible sur internet, l’œuvre de Jeff Kinney fut aussi un grand succès dans sa version papier, lui attirant les faveurs du cinéma. C’est donc en 2010 que débarqua sur les écrans Le Journal d’un dégonflé, réalisant une belle performance (75 M$ pour 15 M$ de budget), malgré un résultat assez médiocre. Et naturellement, l’année qui a suivie a vu débarquer un second volet, qui s’est finalement révélé être bon grâce à des changements judicieux. Et malgré des bénéfices inférieurs (72 M$ pour 21 M$ de budget), ce troisième épisode fut tout de même commandé, adaptant le dernier tome paru à ce jour.

Après un manque de popularité, puis un manque affectif, que ce soit avec son frère ou avec les filles, Greg (Zachary Gordon), ce grand dégonflé, angoisse. Pour cet été, il aimerait passer ses deux mois tranquillement vautré devant la télé à jouer aux jeux-vidéo, mais son père le lui interdit, lui recommandant des activités physiques. Mais ça n’est pas son seul problème : Holly, la magnifique fille riche et intelligente qui fait battre son cœur, risque de lui passer sous le nez s’il ne se montre pas plus offensif durant les vacances. C’est alors que la solution ultime se présenta à lui : le Country Club. Il s’agit d’un domaine extrêmement privé réservé aux grosses fortunes, mais dont fait parti son meilleur ami Rowley, qui peut le faire rentrer par parrainage, et Holly, faisant parti des hautes sphères. Un plan parfait pour Rodrick (Devon Bostick), qui ambitionne la star du lycée, sœur de Holly. Et d’une pierre trois coups, faisant croire à son père qu’il y travail, il peut profiter d’un lieux de luxe et de détente, raviver la flamme avec Holly, et avoir la paix côté famille. Mais il avait oublier quelque chose de primordial dans son équation : le karma.

Pour ce troisième chapitre du journal intime de Greg, on délaisse les bancs de l’école pour ce concentrer sur cette grande période de détente et d’amusement qu’est l’été. Mais Greg a grandit, et on attend de lui un « comportement plus responsable ». Le début du film consiste donc à lui faire subir toutes sortes d’épreuves, l’obligeant à concocter des plans plus foireux les uns que les autres. Un humour classique mais efficace de part son ingéniosité et le degré de mensonge. La suite reste dans ce bon ton, affichant pour l’occasion un décor sympa et reposant, mais on regrettera la sous-exploitation de Rodrick, toujours aussi classe et décalé. On notera un petit coup de mou avec la famille de Rowley, qui est de toute façon un personnage encombrant. Heureusement, la fin redonne un brin de folie, histoire de finir sur une bonne note. Sans doute un peu plus original que le second opus, et plus percutant côté humour, il manque tout de même une évolution poétique et romantique des relations pour vraiment décoller. Reste maintenant à savoir si ses aventures sont finies, ou si l’auteur compte reprendre du service un jour…

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Les Bêtes du sud sauvage

Les Bêtes du sud sauvage
2012
Benh Zeitlin

La sortie du film se fit en catimini, et il n’a donc récolté que 15 millions dans le monde, dont 11 aux Etats-Unis où le film a reçu le soutien personnel de Obama et Eastwood, bien que ce dernier ai déclaré n’avoir pas pu terminer le film, car les mouvements de caméra lui donnaient envie de vomir. Super pub ! Bref, malgré la présence du film dans certains petits festivals, il aurait dû sombrer dans l’oubli, mais c’est sans compter sur la plus prestigieuse cérémonie cinématographique au monde : les Oscars. Quatre nominations dans les plus importantes catégories : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur actrice et meilleur scénario adapté, étant issu d’une pièce de théâtre. Mais si le film est si bon, pourquoi n’a t-il pas mieux marché ?

Tel une tribu indigène, le film nous montre un lieu imaginaire, au sud de la Louisiane, où vivent quelques familles, en marge de la société. Ils appellent cet endroit le bassin, car il forme une cuve entre la mer et les remparts de la ville. Communauté vivant selon le principe d’entre-aide, la monnaie n’existe pas et chacun pêche ou cultive son bétails / plantations. Au milieu de tout ça, Hushpuppy (Quvenzhané Wallis) vit tranquillement avec son père et leurs animaux. Mais à cause du réchauffement climatique (de fortes pluies en réalité), le niveau de l’eau a monté et leur paisible nid, aussi insalubre fut-il, disparu dans la nuit. Et avec les problèmes de santé de son père, la situation est délicate.

Par acquis de conscience, et pour pouvoir légitimement, et en toute connaissance de cause, proposer prochainement mes nominations des meilleurs / pires films de l’année, il m’étais indispensable de visionner l’un des outsider des prochains Oscar, comme le fut Démineurs trois ans plus tôt. Le principe du film est simple : nous faire adhérer au style de vie d’une petite fille à fort caractère, dont la dureté de la vie l’encourage à rêver et à idéaliser son monde. Une belle petite histoire poétique, pleine de naïveté et pourtant réaliste, le film n’est pourtant clairement pas un grand film. Entre sa réalisation saccadée et instable, et sa lenteur atroce, le spectateur se demandera que faire entre dormir ou vomir. L’histoire est vraiment faiblarde, et l’ennui est omniprésent. Donc « meilleur film, réalisateur et scénario », on en est très loin, et cette nomination tient plus du canular. Reste « meilleur actrice », pour la jeune Quvenzhané Wallis de 6 ans. Si son âge prête déjà à rire aux Oscars, sa prestation, certes très bonne, ne mérite assurément pas une nomination, bien que sa carrière pourrait être intéressante à suivre. Si la catégorie « meilleur espoir féminin » existait, comme en France, la question pourrait se poser. Donc mise à part sa poésie et son intrigante ambiance, le film n’est pas bien passionnant. Un film qui n’a rien à faire aux Oscars.

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50/50

50/50
2011
Jonathan Levine

À Hollywood, il y a les scénarios en or, comme les adaptations de best-seller (encore que… ) ou de comics, qui ne demandent qu’à happer des fans déjà conquis, mais il y a aussi une liste secrète, fuitée il y a quelques mois, sur des projets à risques : une black liste. Au même titre que The Social Network, Hunger Games, Le Discours d’un roi et bien d’autre, le film dû patiemment attendre, une décennie durant, un réalisateur assez courageux pour braver le danger.

Le film est inspiré de la propre histoire du scénariste et producteur du film, atteint d’un cancer à tout juste 20 ans. Dans le film, c’est Adam (Joseph Gordon-Levitt), qui se voit diagnostiquer un cancer osseux. Ne fumant ni ne buvant jamais, mangeant équilibré, la situation lui paraît incompréhensible. Selon une étude, ses chances de survie (enfin du moins ses chances de mourir d’autre chose que de ce cancer) sont de 50%. Pour l’aider dans cette épreuve, une copine (Bryce Dallas Howard) pas vraiment aimante, un meilleur pote (Seth Rogen) plus boulet qu’autre chose, et une thérapeute (Anna Kendrick) débutante pas très efficace.

Peut-on rire de tout ? De toute évidence. Jouant habilement sur les situations, le film alterne entre la comédie et le drame. Le duo de potes marche du tonnerre, l’un nonchalant, l’autre pervers et fou. Lui s’en fout presque d’être cancéreux, et son ami y voit même l’opportunité de draguer : l’aumône du sexe pour un mourant. L’humour est de qualité, et on s’explosera même de rire à quelques occasions, comme avec ce gros pervers qui balance, alors qu’une fille propose un hot dog à Adam, en parlant de saucisse, « toi aussi t’en veux une ? », l’air salace, ou plus fin et mémorable, prit en flagrant délit de fumette : « c’est de l’herbe médicinale, c’est pour ma cécité nocturne ». Du très très lourd terriblement efficace, mais qui ne manque pas de faire dans le sentimentalisme, retournant de temps à autre vers la réalité des choses. Le sujet du cancer n’est pas esquivé, et est traité de manière conviviale, cynique, fataliste, philosophique. À l’image de la vie elle-même, le film est un mélange de divers sentiments, bons et mauvais, trouvant là un écho sincère, drôle et touchant.

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Simon Werner a disparu…

Simon Werner a disparu…
2010
Fabrice Gobert

Sorte de teen-movie à la française, le film s’axe autour de la disparition d’un élève d’une classe de terminale, Simon Werner. Et à la manière d’un Angles d’attaque, le film nous propose de découvrir le fin mot de cette histoire par les yeux de divers intervenants.

Premier spectateur de cette disparition, Jérémie, camarade de classe de Simon. Sportif populaire, c’est lors de sa fête d’anniversaire de ses 18 ans que deux élèves vont tomber sur un corps inanimé, caché dans le bois avoisinant le quartier. Tout à commencé dix jours auparavant, alors que Simon fut déclaré disparu, sans qu’aucun de ses amis ne soit au courant. Et quelques jours plus tard, une autre élève se porte absente. Puis le lendemain, c’est Ravier, le fils d’un prof suspect, qui disparaît à son tour. Coïncidence ? Serial Killer ? Après le point de vu de Jérémie, le film nous fera découvrir la vérité à travers les yeux de Alice, la petite amie de Simon, reine du lycée, puis Ravier, le mystérieux troisième disparu, tête de turc de sa classe, et enfin Simon en personne, l’énigmatique.

Chaque histoire nous balade de théories en hypothèses, nous faisant partir sur d’innombrables pistes toutes plus fausses les unes que les autres, laissant la surprise finale. On aurait aimé pouvoir la deviner, mais le choix de nous aiguiller sur de faux indices est pertinent dans la mesure où le spectateur cherchera sans cesses, et subira au final l’histoire comme les protagonistes. Quatre histoires, quatre styles : le premier est orienté teen-movie classique, humoristique, le deuxième fait dans le sentimentalisme et la fragilité féminine, le troisième est plus psychologique, on ressent la frustration de cet incompris, puis la dernière partie est plus angoissante, nous faisant redouter le moment fatidique de la révélation. La cohésion est à toute épreuves mais la césure est nette entre chaque partie, montrant plus encore le travail de profondeur sur la structure de l’histoire et la psychologie des personnages. Et malgré leur inexpérience, les acteurs sont convaincants (mention spéciale à la prometteuse Ana Girardot), et on adhère complètement au principe. Un film recherché, original, et incroyablement frais, surtout pour du cinéma français, habituellement frileux quand au renouvellement artistique.

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Mission : Impossible III

Mission : Impossible III
2006
J.J. Abrams

Après le très bon résultat en salles de Mission : Impossible, la deuxième aventure fut un succès encore plus grand, atteignant fièrement 546 millions de dollars dans le monde, l’imposant largement au dessus de son concurrent anglais 007. Et pourtant, il aura fallut attendre six ans pour voir débarquer ce troisième volet, à cause de réalisateurs trop frileux pour se frotter à la saga. C’est finalement l’excellent J.J. Abrams, porté à l’époque par le succès de sa série Lost, qui en prendra les commandes, signant là son tout premier film.

Pour ce troisième épisode, Ethan Hunt (Tom Cruise) pensait en avoir fini avec la Force Mission Impossible (dirigée cette fois par Laurence Fishburne), et souhaitait démarrer une vie normale avec sa fiancé Julia (Michelle Monaghan). Mais il dû reprendre du service : sa remplaçante espionne s’est faite capturer par celui qu’elle filait, Owen Davian (Philip Seymour Hoffman). Une simple mission de sauvetage, et qui tourna au désastre : la cible n’a pas été appréhender, la prisonnière fut tuée, et les données récupérées sont inutilisables. Une seule certitude, ce Davian est extrêmement dangereux, et il s’apprête à introduire sur le marché la « patte de lapin », une chose qui pourrait causer notre destruction.

Bam ! Première scène, premier choc. On commence d’emblée avec une séquence forte, qui fait monter la pression sur la suite du film, mais qui a un peu tendance à supprimer le suspense. D’un autre côté, le fait de savoir ce qui va se passer à un moment donné nous pousse à nous questionner sur les raisons de cette confrontation. S’en suit alors une première mission sympa, puis tout le passage au Vatican, un pur régal. Ingénieux, esthétique, dynamique, osé, sacrilège : on retrouve enfin la fibre infiltration intelligente, mêlée à une bonne grosse d’action. Et dans un décor aussi beau et mythique, le spectacle n’en est que plus jouissif. Une petite bataille sur le pont, un méchant très charismatique, une équipe de choc (Jonathan Rhys Meyers, Maggie Q, Simon Pegg), les éléments de l’histoire se recoupent : on assiste clairement à une excellente cuvée très travaillée et dynamique. Et puis patatras, la pression retombe, l’histoire stagne, les passages sont moins intéressants, les scènes hachées (on aurait aimé voir plus en détails la récupération du colis à Shanghai ; une mort importante expédiée) : la seconde partie n’est plus au niveau. Le film reste bon – notamment grâce au charisme incroyable de Tom Cruise, enfin assagit côté arrogance -, et cela n’enlève rien à sa première moitié excellente, mais la structure du film est bien trop déséquilibrée, ne gardant pas assez d’éléments sur la fin, tout en expédiant certaines parties sans raisons. La saga a décidément du mal à décoller…

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De vrais mensonges

De vrais mensonges
2010
Pierre Salvadori

Jean (Sami Bouajila), est transit d’amour pour sa patronne, Emilie (Audrey Tautou). Très loin de ses capacités d’expert en langues asiatiques, il accepte de bon cœur un poste d’homme à tout faire pour elle, se délectant chaque jour de sa beauté et de son charme. Un jour, prenant son courage à une main fébrile, il lui envoie une lettre d’amour, mais anonyme. – Bien que même signé, ça reste une connerie vu la disparition du romantisme chez les femmes. – Et bien évidemment, après avoir méchamment sourit, elle jettera la lettre aux ordures, et lui, assistant désespéré à la scène. Mais finalement la lettre ressortira de la poubelle. Voulant sortir sa mère (Nathalie Baye) de la tourmente de sa rupture et de sa dépression, elle lui fera croire à un admirateur secret, utilisant la lettre. Le problème, c’est que la mère ne pensa alors plus qu’à le retrouver, obligeant sa fille à écrire d’autres lettres, jusqu’à un malheureux jour où Jean se verra charger du courrier. Ayant oublié le timbre, il posta lui même la lettre. Erreur : la mère guettait ! Chacun se retrouvera piégé par les mensonges des autres.

Le doute s’installe et pourtant, impossible de s’y tromper, il s’agit de mon premier visionnage du film. Situations vues et revues, personnages classiques, histoire banale et cadre dépourvu d’originalité. Le sentiment de déjà-vu atteint son paroxysme, nous délestant de ce fait de toutes surprises, sentant venir les rebondissements à des kilomètres à la ronde. Alors certes, ça n’est pas inintéressant, mais ça noie immédiatement le film dans la masse. Le romantisme est pour ainsi dire absent, et la mère est une vraie folle, caractère presque passé sous silence. Pour porter un peu le film, on pourra compter sur un rythme soutenu, des décors chaleureux, des dialogues pas trop mauvais, et une Audrey Tautou ravissante et fragile, malgré un comportement parfois hargneux. On ne s’ennui pas complètement, mais le film ne se démarque à aucun moment.

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The Warrior’s Way

The Warrior's Way
2010
Lee Sngmoo

Grande spécialité des asiatiques, le film d’art-martial se retrouve décliné au format américain, côtoyant de façon improbable le western, pour une vraie-fausse parodie qui finalement se prend au sérieux. Une combinaison qui a laissé perplexe : sur les 42 millions de dollars investis, seuls 11 ont été amorcés sur l’ensemble du globe. Un gros four qui ne passa pas par la France, devant même attendre près d’un ans pour voir débarquer les film en DVD.

Comme pour tout film du genre, le film démarre par des affrontements entres asiatiques, avec des chorégraphies au ralentit montrant la force, la violence et la précision de ce tueur né : Yang (Dong-gun Jang). Après avoir massacré tout le monde, il était enfin le meilleur guerrier, mais il devait éliminer le dernier ennemi, un bébé. Incapable de l’exécuter, il décide de la prendre avec lui et de fuir les siens. Il partira donc au Far West (où on retrouvera Geoffrey Rush), dans la vieille blanchisserie d’un ami. Il y fera la connaissance de Lynne (Kate Bosworth), dont la famille a été assassinée par un truand local. Mais en l’aidant, il attirera dans le village ce meurtrier, son armée, et les ninjas qui le poursuivent.

Les premières séquences font trembler face à ce qui s’annonce comme un gros nanar surréaliste. Puis avec le bébé en prime, on se demande vraiment où va le film. Et là rapplique le western, sorti de nul part. Mais on ne peux que s’incliner : le film devient rapidement intéressant, et s’y créé une identité spéciale, mais originale. Les personnages sont travaillés, le héros d’un calme charismatique, et le décor est bien fichu, tirant parti des effets de lumière pour en faire une ambiance unique. Un résultat qui nous tient en haleine longtemps, mais qui fini par retomber sur la fin entre l’absence d’évolution au niveau de l’histoire, ou bien sentimentalement, et un choix final qui a de quoi laisser perplexe. Un ovni pas mauvais, mais qui n’a pas su trancher entre délire total et western assumé.

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