La Pianiste

La Pianiste
2001
Michael Haneke

Quand on feuillette le journal télé, on choisit souvent le film en fonction du nombre d’étoiles, du scénario et du casting. C’est ainsi qu’on peut tomber sur ce genre de films, le piège parfait : un primé de Cannes. Tout y est : un réalisateur habitué du festival, le prix du jury et deux prix pour les interprètes principaux. Et comme systématiquement avec les cannois, c’est du grand n’importe quoi.

Adaptation du roman éponyme de Elfriede Jelinek, le film est centré sur une professeur de piano très respectée : Erika Kohut (Isabelle Huppert). Les étudiant viennent du monde entier pour avoir l’infini honneur de travailler à ses côtés dans sa master classe. Fils d’une grande famille de musiciens, Walter Klemmer (Benoît Magimel) veut mettre à profit son immense talent de virtuose pour rejoindre sa classe. Mais en réalité, il ne cherche ni à faire carrière dans la musique ni améliorer son niveau : il veut charmer Erika. Plus âgée et d’apparence froide, elle va finalement se révélée être une sociopathe sadomasochiste voulant dominer, se faire dominer et subir des violences physiques.

Dès le début, le spectateur tremble d’appréhension : scène d’introduction pseudo larmoyante ne touchant personne, suivit d’un générique au montage médiocre (scènes découpées approximativement et phrases interrompues). Mais on essaye malgré tout de s’intéresser à ce débat bobo sur la musique classique et la vie de ses légendes. Puis soudainement, le spectateur comprend pourquoi un -16 est présent sur le bas de l’image. Après avoir gentiment maté un porno avec fellation montrée, Isabelle Huppert nous dévoile la vraie nature de son rôle en se masturbant avec une lame de rasoir. La suite sera un véritable crescendo : se touche et urine en regardant deux jeunes faire l’amour dans leur voiture, joue les dominatrices avec le pauvre Benoît Magimel, visiblement pas convaincu par le film lui non plus, et lui révèle ses pulsions masochistes et ses goûts scatophiles. Le premier degré le côté malsain de ces scènes dégoûteront et repousseront au plus haut point le public. La possible excitation qui s’en dégage est complètement effacée par certains passages tels le moment où elle vomit après l’avoir sucé ou qu’elle tente un cunnilingus sur sa propre mère. Esprit ouvert ou pas, il n’est pas possible de trouver du plaisir à regarder cette relation psychotique s’installer, surtout que cette atrocité est d’une lenteur infinie et qu’elle s’éternise sur près de 2h10 ! Et si par miracle vous tiendriez jusqu’au bout (attention ça n’est pas un défi), il n’y a rien au bout du chemin. Visiblement eux même fatigués du film, l’équipe a péniblement placé le générique de fin en plein rien du tout. Lamentable, choquant, pervers, atroce, malsain, aliénation, méprisable : les adjectifs ne manquent pas pour qualifier cette ignominie abjecte.

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The Dark Knight

The Dark Knight
2008
Christopher Nolan

Alors qu’on la croyait morte, la saga Batman reprit de plus belle grâce à Christopher Nolan et son Batman Begins qui mettaient en avant un héros bien plus sombre dans un Gotham plus pourri que jamais. Et la mission fut réussie puisque si le film fut tout juste rentable, les critiques furent élogieuses et le film fut un carton monumental en DVD et à la télé, rassurant largement les producteurs. Et le résultat de cette suite fut sans précédent pour un super-héros : plus d’un milliard de dollars dans le monde ! Succès dut malheureusement en parti à feu Heath Ledger, mort à quelques mois de la sortie du film…

Comme annoncé dans le premier film, cette seconde aventure mettra le Batman, Bruce Wayne (Christian Bale), face au Joker (Heath Ledger), un dangereux psychopathe qui rêve de voir Gotham imploser sous la folie et que le monde s’écroule. Pour cela, il s’en prendra au futur remplaçant de Batman, le chevalier blanc de la ville : Harvey Dent (Aaron Eckhart). En plus d’être le concubin de Rachel Dawes (Maggie Gyllenhaal), il officie en tant que procureur de la justice et fait équipe avec Gordon (Gary Oldman) pour mettre fin aux agissements de la pègre. Mais qui arrêtera qui en premier ?

Acclamé par la presse et les spectateurs, le film fait effectivement très fort. Beaucoup plus sombre, le film met en avant (ou arrière plutôt) un Batman fatigué, lent, lourd et vulnérable qui, conscient de ses limites, cherche à arrêter les frais tant qu’il le peut. Son remplaçant tout désigné est Harvey Dent, brillamment interprété par Aaron Eckhart, rattrapant un temps soit peu le regrettable changement de Rachel, néanmoins particulièrement judicieux dans la mesure où sa mort nous touche largement moins. Côté casting, on notera les faibles participations des non moins géniaux Michael Caine et Morgan Freeman et un fléchissement de Christian Bale pas tout à fait remit physiquement de The Machinist et dont la voix ténébreuse de son Batman commence à lasser. Mais le point central du film qui a retenu l’esprit du public au point de lui attribuer de façon posthume un Oscar, c’est bien sûr Heath Ledger dans son costume haut en couleurs du Joker. Son personnage est assurément un bien meilleur méchant que l’épouvantail (Cillian Murphy, faisant ici un rapide caméo) et sa version surclasse largement celle du premier film de 1989, mais il n’arrive tout de même pas au niveau de classe de Ra’s Al Ghul. Mais sa présence étant plus longue et plus remarquée, il se hisse au rang de meilleur méchant de la saga. Côté visuel, on en prend plein la face entre une réalisation parfaite et une ambiance pesante et surréaliste. Assurément l’un des plus grands films de justicier.

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Moi y’en a vouloir des sous

Moi y'en a vouloir des sous
1973
Jean Yanne

Difficile de s’y tromper avec un titre pareil : c’est du Jean Yanne ! Véritable pilier du cinéma français, ce géant au torse densément poilu nous a malheureusement quitté en 2003, alors âgé de 69 ans, mais pas sans nous avoir laissé un immense patrimoine culturel. Mais plus qu’acteur, son grand rêve était d’être réalisateur, qui, pour lui, représentait le stade ultime du cinéma : le type pénard sur sa chaise à brailler des ordres. Ce fut chose faite avec Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, son premier film. Et pour son second, il s’en prend au capitalisme !

Dans une France de fainéants qui passe plus de temps à faire grève que travailler, Benoît Lepape (Jean Yanne) est embêté. Lui qui est issu d’une famille d’ouvriers que défend fièrement et sûrement son oncle, Adrien (Bernard Blier), président du syndicat, il travaille en tant que conseiller pour l’un des plus grands groupes d’investisseurs et leur rapporte des milliards (c’était en anciens franc je précise). Il décide donc de tout plaquer pour s’allier au syndicat et de lutter contre les patrons en utilisant le capitalisme pour s’enrichir.

Cohue de manifestations d’ouvriers et de femmes scandant « liberté, égalité, sexualité » (nous excitant, au vu de la beauté générale, exception faite de quelques travelos incrustés, plus que nous indiquant un râle-le-bol féministe) et parade policière ouvrent le bal marqué sous le signe de l’argent : les patrons en ont, les ouvriers en veulent. Et tout le monde en prend pour son grade : tous plus cupides les uns que les autres. Cela donne une magnifique première moitié hilarante entre un Jean Yanne parfait en arriviste de première, un Bernard Blier impayable qui ne recule devant rien pour se payer un siège digne de ce nom pour son syndicat, et Michel Serrault en curé pas très religieux. Le renversement qui suit est splendide avec Benoît Lepape qui devient l’homme le plus riche de France et son oncle qui tente de récupérer sa fibre morale à grand coup de « oh le fumier ! » et tentant par tout les moyens de le faire craquer, mais son génie et sa classe sont bien trop forts. Un principe simple, efficace et à l’humour incomparable. Du bon gros film franchouillard qui régale. Malheureusement, la seconde moitié du film flotte, perd en rythme et connait même de gros passages à vide et nous impose l’habituelle potiche, jolie mais inutile, comme il en pullulait dans le temps. Mais la fin nous réconciliera assurément en clôturant le film comme il a commencé : dans la joie, la bonne humeur et l’humour.

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Peut-être

Peut-être
1999
Cédric Klapisch

Désormais figure incontournable du cinéma français, le réalisateur Cédric Klapisch a un certain talent : rendre uniques des films aux sujets banals et ordinaires. Chacun de ses films sont plus ou moins mitigés entre manque d’idées ou idée mauvaise. Mais cette fois, l’histoire semble surprenante et potentiellement géniale :

Arthur (Romain Duris) se rend à une fête pour le passage à l’an 2000. Prit dans l’ambiance du moment, il fait l’amour avec sa copine (Géraldine Pailhas) dans la salle de bain, qui en profite pour lui faire part de son envie immédiate d’avoir un enfant, chose dont Arthur ne veut pas entendre parler. Et c’est alors que du sable tomba du plafond, laissant apparaître un étage supérieur inhabité ensablé. Il monta les étages avec étonnement : tous recouverts de sable et délabrés. Puis en sortant par le toit, il constata abasourdi un Paris dont seuls quelques sommets de buildings dépassent du sable. Et sur place, un vieil homme étrange l’attendait : son fils (Jean-Paul Belmondo). Plus encore, il le convoque à une réunion de famille qui disparaîtra s’il ne le conçoit pas demain !

Après un bon gros délire galactique, le film nous lâche une immonde musique ressemblant à un robot qui vomit. Puis tout le monde se rejoint dans une immense fête dépravée où le mauvais goût va de pair avec l’excès. En somme, le spectateur tremble devant ce qui se présente être une overdose de substance hallucinogène. Pire encore, le changement d’époque pour 2070 est ridicule, débile et inquiétant. Il semblerait qu’une tempête de sable ai ravagé la Terre (dans quelle mesure ?) et que seuls les plus cons ont survécu : le niveau d’insalubrité est alarmant et la technologie a disparue. Et comment ne pas être tenté par l’avortement après avoir subi une telle bande de psychopathes ? Pour le convaincre de devenir papa, surtout en parlant de sa mort prématurée à 48 ans, c’est pas gagné… On s’étonne de voir un tel casting au service de cette insupportable connerie qui ose glisser Belmondo dans la peau d’un vieux clochard indien. L’avalanche de guest est sans précédents : Emmanuelle Devos, Julie Depardieu, Lorànt Deutsch, Jean-Pierre Bacri, Olivier Gourmet, Vincent Elbaz, Léa Drucker ou encore Zinedine Soualem. De la folie ! Et pourtant, malgré une histoire raté, des acteurs très moyens et beaucoup d’idées nuisibles, on rit de temps à autre de bon cœur et on fini même par trouver le héros attachant. Mais c’est trop tard, le mal est déjà fait et la lenteur du film nous condamnera à l’ennui.

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Batman Begins

Batman Begins
2005
Christopher Nolan

Grand héros de comics, Batman est l’un des plus grands icônes au monde et il connu une multitude de produits dérivées avec plusieurs séries, films d’animations et films en live. Un tout premier grand film sur l’homme-chauve-souris vu le jour en 1989 mais le résultat était faible. Sa suite fut tellement mauvaise que le projet reparti de zéro pour le plus grand malheur des fans assistant impuissants à la chute de leur héros dans les abîmes de la connerie et du flashy. Et après de longues années de pour-parler, ce fut finalement Christopher Nolan qui fut chargé de redorer le blason de Batman avec un reboot sombre et novateur.

Chose inédite, ce film ne se contentera pas de nous plonger dans l’univers de Batman : il nous en raconte les origines. L’élément déclencheur de cette histoire sera l’assassinat des parents de Bruce Wayne (Christian Bale). Une dizaine d’années plus tard, le meurtrier est enfin retrouvé et jugé. Mais alors qu’il avait attendu tout ce temps pour prendre sa revanche et lui ôter personnellement la vie, un homme de Falcone (Tom Wilkinson) l’abat avant lui pour éviter qu’il parle à Rachel Dawes (Katie Holmes), une avocate amie de Bruce. Il décide donc de partir en quête de vérité qu’il trouvera grâce aux enseignements de Ra’s Al Ghul (Liam Neeson). Et à son retour, Bruce se mit à la tâche de la création de Batman, le justicier qui veille sur Gotham.

La création d’un super-héros est un moment primordial qui a la lourde charge d’être à la hauteur de la légende. Paysages magnifiques, musique épique, personnage brisé et histoire intéressante font de l’introduction de Batman Begins le meilleur éveil de héros jamais vu, rien à voir avec la pauvre présentation de l’ex Spider-Man. Dès les premières images, Christopher Nolan impose un style sombre et unique qui renforcent le caractère renfermé et solitaire de Bruce Wayne. Mais plus que le début sur l’entraînement, le film impressionne de par l’inventivité et la force de l’élaboration du personnage. Les personnages secondaires aident largement à cette dynamique entre l’émouvant Alfred interprété brillamment par Michael Caine, également épaulé par le non-moins mémorable Morgan Freeman. Le casting est d’ailleurs extraordinaire puisqu’outre les légendaires Christian Bale et Liam Neeson, on retrouvera un épouvantail (Cillian Murphy) et un lieutenant Gordon (Gary Oldman) de grandes classes. Les scènes d’actions sont parfaites et le spectateur en prend les yeux tant la réalisation force l’admiration. Tout s’enchaîne dans un très bon rythme pour un final classe mais un poil classique. L’histoire est elle même très solide mais on regrette le manque de rebondissements et autre suspense. Un très grand film, énorme production et maxi effet. Une référence du genre.

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Love, et autres drogues

Love, et autres drogues
2010
Edward Zwick

En l’espace d’un an, les Etats-Unis nous ont pondu trois fois le même scénario : deux adultes qui décident de se voir uniquement pour du sexe mais qui, au final, vont tomber amoureux. Le premier des trois fut celui-ci, suivit de près par le très faible Sex Friends puis enfin Sexe entre amis, apparemment meilleur. Néanmoins, le film apporte une touche historique à l’histoire.

En effet, le film est basé sur le livre Hard Sell: The Evolution of a Viagra Salesman de Jamie Reidy. L’histoire prend place en 1996 alors que Jamie Randall (Jake Gyllenhaal) se fait renvoyer de son job de vendeur pour avoir coucher avec la femme du patron. Il se voit alors obligé de bosser comme vendeur pour Pfizer, une industrie pharmaceutique. Mais sa mission d’implémentation d’un produit concurrentiel au Prozac est un bide : le docteur le plus influant de son affectation (Hank Azaria) a une alliance avec la concurrence. Par contre, à défaut de déchirer les ventes, Jamie va faire une rencontre bestiale et enivrante : Maggie Murdock (Anne Hathaway). Simple et directe, elle ne veut qu’une chose : un plan-cul.

Immédiatement, le film met en avant un atout précieux et rare : un héros charismatique et sympathique. Beau gosse, beau parleur et excellent vendeur. Les filles en baveront et les gars se diront : il a tout compris. Malgré le contexte historique du futur grand vendeur de viagra, le scénario est tout de même ultra classique et la romance n’a d’autre forme de profondeur que le charme et le charisme des acteurs. Heureusement pour eux, Jake Gyllenhaal a un talent certain et Anne Hathaway est magnifique, bien que son côté parkinson soit assez morose et pénalise le film plus que ce qu’il ne le rend émouvant. C’est là tout le problème du film : il avait tout de l’excellente comédie mais certains passages plus mélo-dramatiques ralentissent inutilement le film. Reste malgré tout un film divertissant porté par un duo efficace.

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Mass Effect 3

Mass Effect 3
2012
PC

Au milieu de tout ces jeux commerciaux impressionnants et dynamiques mais très vites oubliés, un monument s’est dressé et s’est imposé comme une référence en matière d’histoire, de science-fiction et d’univers. Riche à en pleurer, cette saga a fait souffler un vent nouveau sur le monde en proposant une aventure unique dont le nombre de choix rend chaque expérience personnelle et incomparable. Les philosophes pourraient en débattre pendant des siècles tendis que les politiciens s’excuseront de ne pas avoir tenté une union digne du Conseille. A moins d’y aller comme un bourrin et ne pas faire attention à l’histoire, ce jeu changera votre vision des choses. Considéré à juste titre comme la plus grande saga tout art confondu, cette inoubliable trilogie connue malheureusement une fin bâclée et indigne (cf ma plainte). Mais BioWare étant revenue à la raison et ayant écouté les critiques des joueurs, un DLC gratuit permit de contempler les différentes fins dans une version plus longue et retravaillée. Bien que le fond ne change pas, leurs messages sont plus clairs et l’une d’elles permet enfin au joueur de refermer heureux la page de l’histoire de l’immense commandant Shepard.

Graphismes : 18/20

Primordial pour une immersion des plus intenses, la saga a toujours brillé au niveau des graphismes au point de nous bluffer largement avec le superbe Mass Effect 2 alliant physique parfaite et jeux de lumière somptueux. Ce coup-ci, les changements sont minimes de par un moteur de jeu identique. Pour ce qui est des personnages, si les extraterrestres sont toujours majestueux, inventifs et fascinants, les humains connaissent un changement majeur. On a toujours noté de grandes différences entre les personnages principaux, secondaires et figurants, mais ce coup-ci, le même soin a été apporté à tous. C’est beaucoup plus agréable à regarder mais les développeurs ont souhaité durcir les traits, rendant certains comme Anderson particulièrement grimé. Pour ce qui est des décors, rien d’aussi bluffant que la scène d’intro du second. La mise en scène est parfois épique et cela donne plus d’ampleur mais beaucoup d’environnements sont tristes voir vides. Heureusement, le jeu peut compter sur un éclairage magnifié et des jeux de lumières plus beaux que jamais.

Jouabilité : 19/20

Le principe de base était excellent et les différentes mise-à-jour sont plus qu’appréciable. Le jeu se découpe toujours en deux principales activités : les négociations et la guerre. Les phases de dialogues sont identiques : choix multiples avec de temps à autre options conciliantes ou pragmatiques (en bleu et rouge), le tout pimenté par des interactions à l’aide de la souris. On sera néanmoins déstabilisé au début de par l’absence des couleurs de choix, qui n’arriveront que tardivement, finalement identifiable par haut ou bas (pratique quand la bonne voie est parfois cachée). On notera aussi une légère diminution des choix lors des dits dialogues, qui ne tourneront plus non plus en boucle. L’interface étant coupée lorsqu’une personne n’a rien à dire. Côté combat on reprend le même arsenal améliorable et cette fois customisable avec une armure personnalisée pièce par pièce, le tout saupoudré de pouvoirs biotiques avec le grand retour des points de compétences à attribuer. Et avec plus d’enchaînements, d’esquives et d’interactions possibles, les combats sont plus que jamais dynamiques et jouissifs. Pour les moins réactifs d’entres vous, ou ceux qui veulent simplement se sentir fort, de nombreux modes de difficultés sont disponibles.

Durée de vie : 18/20

A chaque nouvel épisode, on constate le même phénomène : plus d’histoire, moins de missions. Beaucoup plus long que ses prédécesseurs, ce troisième volet se boucle en 25 heures en ligne droite, extension prothéenne comprise. Néanmoins, le faible nombre de quêtes annexes ne porte ce score qu’à 30 heures, ce qui est dans la lignée des précédents. C’est plus que correct de nos jours, surtout quand on prend en compte le potentiel de rejouabilité infini pour qui voudrait être le plus grand sauveur de l’espace concilient avec la plus belle histoire d’amour. Pour atteindre l’idylle, comptez plus de 200 heures.

Bande son : 19/20

Souvent on entend des joueurs pester contre les doublages français, souvent faits à l’arrache et qui entachent le jeu. C’est exactement l’inverse ici : des voix qui collent parfaitement aux personnages et qui accentuent le charisme prodigieux de héros de légende. On regrettera par contre les réguliers décalages entre le mouvement des lèvres et le son de la voix. Pour ce qui est des musiques, c’est parfait. Grandioses, mémorables, épiques et émouvantes. Le travail artistique réalisé est stupéfiant.

Scénario : 20/20

Sans nul doute la meilleure histoire jamais vu de l’histoire de l’humanité. Certes la trame de fond est extraordinaire de par son étendue philosophique sur la vie et la mort dans un cycle menacé d’extinction par les moissonneurs, mais l’intérêt se situe plus encore dans son univers. Asari, Turien, Quarien, Galarien, Krogan, Vortcha, … Les races extraterrestres sont légion et toutes sont d’une immense réussite tant au niveau du design que de leur histoire. Le Codex est une immense base de données sur tout ce qui est en rapport à l’univers du jeu et outre ce que l’on apprend au fil de notre expérience, il recense tout ce qu’il est nécessaire à la cohésion du jeu. Une mine d’or qu’on a pas fini de décortiquer. Et grâce au DLC « extended cut », le jeu se dote de cinq fins dont l’interprétation n’est plus polémique. Si vous avez été un piètre Shepard incapable de rassembler les races, la Terre sera détruite et les moissonneurs mettrons fin au cycle. Sinon, Shepard arrivera à atteindre la Citadelle et quatre alternatives s’offrent à lui :
– Refuser les trois propositions (fin de « merde j’aurai pas dû tirer sur l’IV ») : les moissonneurs mettent fin au cycle mais un message laissé par Liara permit au prochain cycle de gagner.
– Détruire les moissonneurs (fin heureuse) : la guerre est finie mais la technologie des relais est abîmée, néanmoins leur reconstruction est possible et tout reprend sa place et Shepard survie. Bien que le catalyseur nous mette en garde contre une imminente rébellion des synthétiques.
– Contrôler les moissonneurs (fin glauque) : le corps de Shepard est détruit mais son esprit gouverne les moissonneurs qui imposent une politique austère au monde.
– Fusionner organiques et synthétiques (fin de psychopathe) : Shepard se sacrifie et mélange son ADN au catalyseur pour rendre les organiques synthétiques et incorporer de l’ADN aux synthétiques.
S’il n’y en est qu’une qui soit réellement à la hauteur de Shepard, chacun y trouvera son compte et cette fin est largement digne de représenter cette incroyable aventure spatiale.

Note Globale : 20/20

Il y a les jeux vidéo pour distraire et il y a ceux qui marquent à vie. Sorti de nulle part, le petit Mass Effect avait mit au placard le monde de la science-fiction en proposant l’univers le plus riche jamais créé. Sa suite avait démontrer qu’un blockbuster pouvait être un exemple d’intelligence et de scénario. Ce troisième opus prouvera qu’il n’existe aucunes limites et qu’on peux toujours faire mieux en devenant tout simplement l’un des plus beaux jeux qui soit avec un système de combat digne des meilleurs FPS, un principe de choix donnant des milliard de variantes et le tout accompagné par l’une des meilleurs bande-son de l’histoire. Jeux historique concluant avec talent et brio cette merveilleuse trilogie qui se pourrait bien être prolongée d’une manière ou d’une autre puisque Heket laisse entendre qu’il y a plus à dire encore sur Shepard. Mais de toute façon, un film est déjà prévu et un préquel racontant le passé des différentes races est à l’étude. Imaginez : l’humanité entre en contact avec les autres races et vous êtes le premier ambassadeur terrien de la Citadelle. Les premiers pas de l’humanité dans la future Alliance avec d’innombrables possibilités tels prévenir de la menace Geth et voir des Quariens sans masques. Dans tout les cas l’avenir sera radieux pour la plus grande œuvre d’art de notre aire.

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Messieurs les enfants

Messieurs les enfants
1997
Pierre Boutron

Comme une mauvaise idée ne vient jamais seule, Daniel Pennac a choisit de faire adapter son propre roman au cinéma, en supervisant néanmoins le scénario. Alors soit il s’est auto-massacré, soit on a oublié de lui dire que son livre est pourri, bien que l’un n’empêche pas l’autre comme nous l’a rappelé notre ami Besson avec Arthur 2.

Premier point catastrophique de cette sombre daube, le film nous introduit trois petits cons dont l’insolence n’a d’égal que leur méchanceté : Joseph, Igor et Nourdine. Justement punis pour délinquance, leur professeur de français leur impose un devoir : écrire une rédaction réaliste sur un monde où les enfants serait les parents et inversement. Et au réveil, tout trois se retrouvèrent dans la peau de leurs parents (respectivement Pierre Arditi, François Morel et Zinedine Soualem) tandis qu’eux retrouvaient leur jeunesse et connerie, bien que le film prétend qu’ils ont juste vieilli et « ressemblent beaucoup à leurs parents ». Et au fait, ça fait quoi un grand ?

Le suspense ne dure pas longtemps : le film est débile à en faire peur. L’idée de base est monstrueusement vieille et même dans Freaky Friday, l’histoire semblait sans une once d’originalité. Mais le pire, c’est que les personnes ne font même pas semblant : ils ne foutent rien ! Tout juste inquiets de leur absence à l’école, les enfants-vieux ne se préoccupent pas une seconde du travail de leur parents, eux-mêmes inconscient à souhait. La situation aurait pu être drôle si tous les acteurs sans exceptions, spécialement les enfants, n’étaient pas calamiteux à ce point. Quelle tristesse que de voir Pierre Arditi gesticuler comme un demeuré au milieu de tant de marmots insupportables et éreintants. Et tout ça se fini sur une note prétentieuse pour les enfants, stupide pour les adultes. Les rares passages drôles étant méchamment recyclées, difficile de ne pas succomber au sommeil face à tant d’amateurisme et de mauvais goût…

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Rétrospective sur Dr House

Dr House
2004-2012

Dans l’univers impitoyable de la télévision américaine, saturée de séries policières et médicales, un autre programme hospitalier vu le jour le 16 novembre 2004. Après un démarrage relativement poussif (moins de 7 millions de spectateurs), le pilot s’améliora nettement pour finir à quasiment 20 millions et avec une moyenne de 13 pour la saison. Pourquoi un tel succès ? L’originalité. En effet, le dénominateur commun de toutes les autres séries médicales réside dans l’approche humanitaire : des docteurs bienveillants et généreux sauvent des patients. Ici, le héros est Dr Gregory House (Hugh Laurie), un quadragénaire égocentrique, arrogant et prenant tout à la légère. Pour lui, sauver les patients est accessoire. Etant chef d’un département de diagnostique, il choisit lui-même ses patients en fonction de l’intérêt qu’ils suscitent. Un cas classique facile à résoudre ne vaut rien à ses yeux. Une découverte ça se mérite ! Ainsi, si le personnage peut-être qualifié de connard, il reste malgré tout attachant par certains jeux qu’il pratique, comme essayer de faire craquer la directrice de l’hôpital Lisa Cuddy (Lisa Edelstein), et son amitié avec son collègue cancérologue James Wilson (Robert Sean Leonard) qui montre que derrière sa solitude et son agressivité se cache un homme en mal d’amour. L’équipe aux ordres de House fait aussi parti du charme de la série puisque le trio de choc Eric Foreman (Omar Epps), Allison Cameron (Jennifer Morrison) et Robert Chase (Jesse Spencer) marquera les esprits trois saisons durant de par leur amitié puis l’amour qui naîtra entre Cameron et Chase.

Et toute cette équipe mènera tambour battant la série pour ses trois premières saisons qui grimpèrent dans les audiences jusqu’à obtenir une moyenne extraordinaire de 20 millions de spectateurs durant la saison 3, score qu’égalisera la quatrième. Chaque saison fait petit à petit avancer l’intrigue et les relations entre les personnages avec le ton sombre mais souvent drôle propre à la série. Néanmoins, le concept n’évolua pas d’un cheveux durant ces trois saisons avec toujours la même structure d’épisode :
– début montrant une personne tombant, crachant du sang ou ayant des convulsions ;
– House n’est pas convaincu jusqu’à ce que quelque chose d’inhabituel se passe ;
– House élabore un jeu d’esprit visant à déstabiliser un membre de son équipe ou Cuddy ;
– le patient est au bord de l’agonie et va mourir bientôt ;
– House a le déclic durant une conversation et sauve le patient in-extrémiste (avec un à deux morts par saison).
Bref, un principe certes sympathique mais qui fini par lasser au bout de 60 épisodes…

Puis finalement la série réussi un renouvellement efficace et maîtrisé avec malheureusement le départ de deux icônes : Chase et Cameron. Toute la saison durant, ils seront en lune de miel pour leur mariage. House a donc à employer deux nouveaux partenaires (qui deviendront finalement trois) et la saison s’axe autour d’un immense casting de médecins qui se battent pour obtenir une place dans la prestigieuse équipe de diagnostique. Ainsi, on verra Kutner (Kal Penn), Thirteen (Olivia Wilde) et Taub (Peter Jacobs) rejoindre les rangs de l’équipe. Tantôt très drôle, tantôt triste, cette saison réussira un retour en force avec des moments forts et un renforcement du casting déjà excellent.

La cinquième saison marque elle un effondrement de la qualité qui entraîna logiquement une importante baisse des audiences (14 contre 20 millions). En effet, Chase et Cameron craignant la mauvaise influence de House, ne réintégreront donc pas l’équipe, conduisant à leur reclassement en arrière-plan lointain. On déplorera aussi la mort opportune de Kutner dont l’interprète ne pouvait pas rester dans la série pour cause de tournage. On le gardera en travers de la gorge tellement l’épisode de sa mort est indigne de lui. Les choses se passent mal aussi pour House dont l’addiction pour le Vicodin (anti-douleur violent) prend des proportions énormes. Cette saison se terminera même dans un délire hallucinatoire conduisant à l’internement psychiatrique de House…

La sixième saison commence donc dans un hôpital psychiatrique où House apprend à vivre sans Vicodin. On ne s’y attendait pas mais c’est le choc : une œuvre d’art. Les deux premiers épisodes centrés sur ce passage sont d’un niveau largement au dessus de tout ce qui a été fait et qui sera fait par la suite dans la série. Tel un film à part entière, ce double-épisode est d’une force incroyable et se voit libéré de toutes ces histoires de patients mourants et autres problèmes. On se retrouve seul avec l’immense Hugh Laurie qui nous émouvra au plus haut point dans cette recherche intérieur marquant un tournant psychologique et émotionnel : il est lui aussi capable d’aider son prochain par simple bonté d’âme. Décors magnifiques, image soignée et acteur parfait font de cette introduction le meilleur moment de la série et a redonné confiance aux fans quand à la suite. Mais finalement, dès le quatrième épisode, tout est de nouveau en place avec la même routine qui lasse. Certes on se réjouira de pouvoir voir enfin le couple House / Cuddy se former, chose qu’on attendait dès la première saison, mais il faut bien dire que cette saison n’est pas folichonne. Pire encore, lors de l’épisode 17, l’emblématique couple Chase / Cameron se sépare pour toujours et marque le départ de la série pour Jennifer Morrison.

S’en suivra péniblement une saison 7 déprimante entre du tout fout le camp, de l’amitié brisée, des absences pesantes et une Thirteen mourante. Le personnage de Masters (Amber Tamblyn) tentera une percée mais en vain… Insupportable dans un premier temps, elle disparaîtra trop vite pour réellement s’attacher à elle. Plus encore, l’idylle entre House et Cuddy ne tiendra finalement qu’une pognée d’épisodes avant de terminer une voiture encastré dans la maison, mettant un terme à la présence de Lisa Edelstein qui contrairement aux autres décédés ou partis, ne reviendra même pas pour le dernier épisode… Et à l’image de la fin de la saison 5, cette septième se clôturera par l’incarcération de House.

Le début de huitième et dernière saison, certes sympathique, n’arrivera pas à la cheville de celui connu pour la sixième. Et cette fois, déjà amorcé dans le second, la routine prendra place dès le troisième épisode. Et avec le départ supplémentaire de Olivia Wilde, cette saison reprendra le même principe avec House aux commandes, secondé par Taub, Chase et deux nouvelles venues : Park (Charlyne Yi) et Adams (Odette Annable). Foreman ayant reprit le poste de directeur laissé vacant par Cuddy. Si les deux doctoresses sont très charismatiques, elles n’atteindront pas l’ampleur de leurs aînés portés par huit années de présence. Une dernière saison plus émotive mais beaucoup trop linéaire.

Puis vient le moment fatidique de la grande fin mettant un terme à 177 épisodes et que les 8.75 derniers millions de fans américains attendaient au tournant. Personnage secondaire attachant ayant eu droit à quelques devant de scène, le symbole d’amitié et de droiture qu’était Wilson (Robert Sean Leonard) vacille : un cancer mettra fin à ses jours d’ici cinq mois. Dévasté autant que lui, House (Hugh Laurie) va prendre conscience de son importance lors des derniers instants de son meilleur ami. Très beau et émouvant, le final de la série montre le sacrifice d’un homme, qui a fait du mal autour de lui toute sa vie, pour épauler son grand ami et collègue qui avait voué sa vie à la survie des autres et qui s’apprête à succomber à ce qu’il a toujours combattu pour les autres : le cancer. Injustice, tristesse, morbidité et morosité sont les maîtres mots de ce qui se révèle être un final bouleversant mais terriblement déprimant, à l’image de la série.

Le final est-il à la hauteur de la série. Oui dans la mesure où l’intensité dramatique y trouve son apogée, mais n’aurait-il pas mérité une fin heureuse ?

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Bienvenue chez les Rozes

Bienvenue chez les Rozes
2003
Francis Palluau

Pour son premier grand rôle au cinéma, le futur Oscar du meilleur acteur Jean Dujardin s’était vu porté à la tête d’une histoire pour le moins originale :

Gilbert (Lorànt Deutsch) et MG (Jean Dujardin) sont deux prisonniers en fuite : l’un pour proxénétisme et l’autre pour complicité de meurtre dans un braquage. – Même si en réalité, ils ne sont que deux loosers ayant joué de malchance. – Traqués par la police (Dominique Pinon), ils se réfugient dans une banale maison d’une petite ville bourgeoise paumée. Après avoir été gentiment accueillis par la famille (Carole Bouquet, Clémence Poésy), visiblement tout juste embêtée pour leur soirée, ils se rendirent compte que la famille Roze n’est pas tout à fait normale… Les fugitifs ont probablement plus à craindre d’eux que l’inverse !

Très très gros casting au service d’une idée intéressante et originale : échanger les rôles. Ainsi, les deux supposés truands n’ont finalement rien fait de mal et ne sont que de simples malchanceux, tendis que la famille des Roze est composée d’un fils psychopathe-espion, d’une fille nymphomane, d’une mère meurtrière tout aussi chaude et un père jovial cachant son jeu. Le comique de situation s’installe de suite et met dans une ambiance très drôle qui certes, perdra peu à peu l’effet de surprise, mais qui se renouvelle suffisamment pour tenir en halaine. Et avec une telle pléiade en grande forme, la sauce prend très bien. Sans révolutionner la comédie ni nous faire exploser de rire, le film allie bon goût, efficacité et originalité. Que demander de plus ?

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