Judy Moody et son été pas râté

Judy Moody et son été pas râté
2011
John Schultz

Ah quand même ! Y’en a qui doute de rien dans la vie ! Regarder un film avec titre pareil et une affiche sponsorisée par le LSD ça relève de graves problèmes psychologique ou émotionnelle, j’avoue. Et pourtant, à l’origine ce film est tirée d’une saga de douze livres (encore en cour de création ?) écrite par Megan McDonald.

Côté histoire, c’est bien pire que ce que l’on pouvait craindre : la jeune Judy Moody est en grande vacances et pour ne pas rater son été, elle veut faire des trucs de fou. – En toute logique ça devrai être du genre bouffer des cerveaux, mettre au congélateur des bébés ou reproduire une scène de FPS dans son école -. En fait ici c’est plutôt faire des conneries censées être cool. Le problème pour elle, c’est que ses amis partent pour les vacances et que toute seule elle se morfond. Mais heureusement, sa tante Opale (Heather Graham) va s’occuper d’elle pendant que son petit frère chassera Big Foot.

Et encore, vous n’imaginez même pas le niveau des conneries qui déferlent sur le pauvre spectateur qui l’avait certes bien cherché. L’humour pipi/caca est omniprésent, de même que la crasse et le mauvais goût. Les acteurs sont lamentables et pire encore, le niveau chute au fur et à mesure du film. A moins que ça ne soit moi qui m’en suis lassé à force… Dans tout les cas, à moins d’être un très jeune américain plutôt débile et peu regardant, l’expérience sera un véritable calvaire…

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Arrietty le petit monde des chapardeurs

Arrietty le petit monde des chapardeurs
2011
Hiromasa Yonebayashi

Voici le dernier film en date des studios Ghibli en partenariat avec le grand maître du cinéma d’animation japonais : Hayao Miyazaki. Mais il n’officie que comme producteur et scénariste. C’est qu’à bientôt 71 ans, il envisage de prendre définitivement sa retraite après ses deux prochains films dont l’un deux serait la suite de Porco Rosso. Mais l’histoire est tirée du premier livre de Mary Norton de sa saga des chapardeurs (cinq livres et une nouvelle).

On y suivra donc le quotidien d’une famille de chapardeurs, petits êtres de la taille d’un doigt qui vivent cachés dans une maison et volent le strict nécessaire pour survivre. Mais leur vie va être bouleversée lorsque Sho, un jeune garçon, vient se reposer dans cette maison de campagne. Bien qu’il soit interdit à Arrietty d’entrer en contact avec les humains, elle est intrigué par Sho et voudrai en savoir plus sur leur monde. Mais leur amitié naissante mettra en péril sa famille qui ne souhaite pas être découverte.

L’histoire n’est pas sans rappeler celle des mini-pouces, à savoir des humains miniatures qui vivent dans les murs de la maison. Sauf qu’ici, les chapardeurs sont plus évolués et ingénieux. Mais si l’ambiance du film reste fidèle aux oeuvre passées (triste, surréaliste et poétique), on est assez loin du niveau de richesse scénaristique habituel. Néanmoins, les décors sont toujours aussi détaillés et beau et la musique est magnifique, même celle de fin en français. Mais quand on a été habitué à tellement mieux, on est un peu déçu d’autant que la fin n’a rien de joyeuse. C’est beau mais c’est triste…

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Natty Gann

Natty Gann
1986
Jeremy Kagan

Pas particulièrement connu, le film est pourtant considéré comme l’un des plus beaux Disney, au même titre que L’Incroyable voyage. Qu’en est-il ?

Le film prend place à Chicago dans les années 30, en pleine crise économique. Sol Gann, ouvrier dans une usine, se retrouve licencié pour cause de restructuration mais on lui propose un job de bûcheron dans l’Etat de Washington. Vu la situation, il n’a d’autre choix que d’accepter le poste et de confier pour un temps sa fille Natty (Meredith Salenger) à une amie. Mais la situation va rapidement devenir invivable pour Natty qui subira brimade et insultes de la part de sa tutrice. Pire encore, un soir elle l’entend appeler la police pour la mettre en orphelinat. Elle décide alors de fuguer et de rejoindre son père à l’autre bout du pays. L’aventure ne sera pas facile et le chemin sera semé d’embûches mais deux amis l’aideront pour sa route : un loup, qu’elle sauva de sa condition d’esclave, et Harry (John Cusack), un vagabond au grand coeur.

Disney aime jouer avec les sentiments de ses spectateurs en leur contant des histoires tristes qui font tirer les larmes (aux enfants). Et pour maximiser l’effet, les deux chartes principales sont respectées : « enfants » et animaux. La jeune Natty (qui a en réalité 15 ans lors du film et non 12) est remarquable, attachante et émouvante. Sa naïveté et son apparente innocence est contrebalancé par une grande intelligence et un mental d’acier. Son fidèle compagnon le loup est très mignon et fait office de mascotte et de protecteur. Son dressage force le respect. John Cusack est lui aussi très bon dans le film et on a de la peine pour lui quand on voit toute la dévotion, toute la gentillesse et l’humanisme dont il a fait preuve envers Natty pour qui un amour est né et pourtant, elle choisit de ne pas le suivre. Certes, le film laisse entendre une correspondance écrite entre eux mais quittera t-elle un jour son père pour le rejoindre ? Et pendant ce temps le pauvre a le coeur déchiré… Je suis probablement le seul à m’en soucier mais bon… On notera aussi les très belles musiques de James Horner et des paysages magnifiques. Au final, même si le film est un peu bébête et lent, il est très beau, poétique et émouvant.

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Power of Faith Episode III

Épisode III

« They say we’re young and we don’t know
Won’t find out till we grow
Well I don’t babay that’s true
– Gnié ?
Cause you got me and baby I got you
Babe, I got you babe, I got you, babe.
Debout les campeurs …
– Arf !
et hauts les cœurs ! Oubliez pas vos bottes parce que ça caille aujourd’hui. On n’est pas à Miami.
– Rgnefouif eurf. (tentant maladroitement d’attraper mon téléphone)
On en est même très – Arrêter
Piouf, c’est dur ce matin… Qu’est-ce qui se passe ? Je me sens super lourd… Aller hop, je sors du lit.
Bam (tremblement)…
Oh la vache ! Mais qu’est-ce qui m’arrive ? On dirait que je pèse genre 150 kilos et pourtant j’ai le physique d’un homme de 70… C’est dingue comment ça me fait mal aux muscles. Mais d’un autre côté, à peine j’y pense que les flammes sortent alors que ça me demandait un gros effort hier encore. Soit… Qu’avons nous au programme ? Ah quand même ! Il est loin le soleil… Bah du coup je vais tenter d’aller à la fac par les airs. En voilà une belle occasion. Par contre, ça souffle. Faudra faire gaffe à ne pas trop dévier… Mais j’y pense, vu l’épaisseur des nuages je vais être trempé la dedans… Du coup le mieux serait de mettre mes vêtements dans un sac imperméable, de même que mes affaires, et de faire le vol nu. A moins que je ne mette une tenue imperméable par dessus la mienne ? Ouais, c’est déjà moins exhibitionniste et j’aurai plus chaud. Eh bien pendant que je pensais à tout ça j’ai eu le temps de me préparer. On dit donc kaouet et … Et non ! Ah ah, j’ai trouvé ! J’y vais torse nu avec le kaouet sur les jambes pour protéger le pantalon et je prend ma chemise dans mon sac puis j’y rangerai cet infâme truc noir apparenté à un blouson. Je tiens le bon bout !

Mesdames et messieurs, le vol Castelnau – Fac s’apprête à décoller. Ah moins que… Bah mince alors, mes ailes se déploient pas ! Quoique…
– Aaaahhhh ! Eeeuuucchhhhhh !!! (Super gros effort)
C’est alors qu’au lieu de flammes bleues opaques en forme d’ailes de dragon, se furent de réelles ailes qui sortirent de mon dos, m’épuisant énormément. Je n’avais d’ailleurs plus la force de conserver mon aura bleue… Drôle de sensation que d’être si puissant et si affaibli à la fois. Et c’est avec une douleur certaine que je battais des ailes, tentant d’arriver vers ce bloc nuageux qui recouvrait l’intégralité du ciel. On était très loin de mes habituelles pointes de vitesse. La gravité se faisait oppressante et rarement l’expression « faire un temps lourd » n’avait eu autant d’ampleur. Je n’arrivais d’ailleurs pas à prendre de l’altitude mais la luminosité n’étant pas au rendez-vous, de même que mon aura d’ordinaire éblouissante, me faire repérer n’était pas aussi facile. Encore, s’il n’y avait eu que ça… Mais il y avait le vent aussi !
Scrich (déchirement)
Une sueur froide se fit immédiatement sentir. Je n’avais pas encore tourné la tête que déjà je penchais sur la gauche. Mes yeux confirmèrent cette effroyable hypothèse : mon aile gauche s’est déchirée. Je me mit à perdre rapidement de l’altitude et plus je chutais plus mon aile partait en cendres… Le sol se rapproche, dans quelques secondes je percuterai violemment le bitume. Merde réagi ! Pense à des trucs joyeux ! Alina, Julien, Éloïse, Anaïs, les amis…
BRAM
Dans un vacarme terrible, mon corps se fracassai contre le sol, broyant tout le côté gauche de mon corps. Et dans un dernier souffle de vie, je prononçais mes derniers mots :
– Ci git Antoine Lepage…

The End (ou pas)

Pin pon Pin pon
– Qu’est-ce qu’on a là ?
– Un homme d’une vingtaine d’année, tentative de suicide en se jetant du haut.
– Du haut de quoi ?
– Bah c’est là le hic, y’a aucun immeubles ni rien à côté.
– Et pourquoi suicide ?
– Il a clairement fait une chute vu qu’il s’est brisé presque tout les os du côté gauche.
– Holà oui ! Je vois ses radios, tout y passe : fémur, tibia, péroné, hanches, côtes, radius, cubitus, humérus, clavicule et omoplate.
– Merci, je connais mon anatomie. Ah mais attendez, ses yeux bougent !
– Effectivement mais il est encore dans les vapes. Il ne faut surtout pas qu’il essaye de parler, ça pourrai causer des hémorragies. J’augmente sa morphine.
– C’est bizarre, c’est comme s’il en avais reçu récemment vu les doses. Mais bon, il ne devrait pas tarder à se r’endor…

Trois heures plus tard…
– Bonjours monsieur. Vous vous réveillez ?
– Et ta mère elle se réveille ! Euh… Excusez-moi…
– Je comprend votre réaction, après tout, un bras et une jambe plâtrés, une minerve et une armature pour votre cage thoracique, ça doit faire mal.
– Elles sont où mes affaires ?
– Hein ? Mais que…
– Répondez à ma question.
– Dans cette armoire.
– Bien. Quelqu’un y a touché ?
– Non, conformément au règlement toute personne hospitalisée ne sera fouillée que si son hospitalisation est d’ordre criminelle ou fait l’objet d’une enquête policière. Le procureur se verra remettre le dossier demain, vos affaires n’ont pas encore étaient saisies.
– Du coup, vous ignorez qui je suis et comment je me suis fait ça ?
– Oui mais je ne vois pas pourq…
– On est toujours le vendredi 4 novembre ?
– De 2011 oui. Il est 14h32 même.
– Mais c’est parfait ! Je ne suis pas encore recherché par quiconque, vous ignorez qui je suis et plus important, …
– Oh mon dieu ! Votre bras ! La… la… Flamme !
– Et c’est bleu. Cool non ?
Crack, crack. Contractant mes muscles, j’explosais mes différents plâtres et autre pseudo gadget médical. Puis d’un simple geste de la main, j’ôtais ma minerve puis mes trois perfusions. Trois ?
– Euh, c’est quoi ce sang ?
– Du O+, donneur universel comme on n’a pas eu le temps de tester le votre.
– Ouf, j’ai eu peur… Tenez, prenez ma morphine. Vu votre tête, ça ne pourra que vous faire du bien.
Je prit alors mon sac, me rhabilla, impressionnant au passage l’infirmière par ma très grande virilité, puis sauta par la fenêtre et…
BAM
Aie les graviers dans la face. Gauche, droite, devant, derrière. C’est bon, personne ne m’a repéré, ouf… Décollage loupé, tant pis. L’instant d’après j’avais déjà sorti tout l’appareillage et mes ailes habituelles étaient revenues. Mais d’un autre côté, je sentais encore dans ma chair mes autres ailes plus sombres, lourdes et puissantes. Bon, je me suis laissé dépasser par mon pouvoir, ça arrive. Mais il faudra être prudent à l’avenir, il ne s’agirait pas de devenir un phénomène de foire ou un monstre de laboratoire.
En plus en ce moment c’est comme si je perdais toute forme de motivation… La dépression plane t-elle au dessus de ma tête ? Un pseudo héros bien vite enterré. Je devrai probablement faire la réunion avec mes amis le plus vite possible ou ce genre d’accident va se multiplier. Même le plus grands des pouvoirs n’est que peu de choses face aux blessures les plus profondes…

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Mon père est femme de ménage

Mon père est femme de ménage
2011
Saphia Azzeddine

Le racisme est un sujet casse gueule comme nous l’a prouvé le très dispensable Il reste du jambon ?. Rajoutez à cela les préjugés sociaux, et vous aurez le cocktail le plus dangereux au monde.

On suivra donc le jeune Polo (Jérémie Duvall) qui doit faire face à de nombreux problèmes tels que le racisme de sa banlieue, les filles, sa mère handicapée physique, sa soeur qui veut faire du people fashion, ou encore son père (François Cluzet). Ce dernier a un métier peu honorifique : il est femme de ménage… Pire encore, il se comporte en permanence comme un vrai pecnot et Polo a du mal à gérer cette honte. Et pourtant, son père est la personne la plus importante à ses yeux.

Difficile de se sentir inspiré par une telle histoire. Et pourtant… Le film se joue des clichés, les exploite et fait passer le tout avec un humour assez fin et efficace. Et contrairement à ce qu’on pourrai penser, le film n’est pas trop moralisateur et même si bien sûr le message est « aimons nous les uns les autres » (qui a dit partouse ?), il n’est pas envahissant. On le doit en partie aux acteurs qui, sans être brillants, ont le mérite d’être crédibles dans leurs rôles. On notera aussi que la fin, se passant quelques années plus tard, change l’acteur principal et donne un effet dérangeant vu que trop de fois : ce n’est pas lui. Au final, on assiste à une comédie sympathique mais pas transcendante et qui repose sur des bases très classiques.

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Power of Faith (intro + 2 épisodes) [avec corrections]

Power of Faith

Le bruit des sirènes retentit, les médecins sont en panique. Tout est flou autour de moi. Est-ce un effet secondaire de la morphine ? Je n’arrive pas bien à ressentir ce qui se passe, tout juste entend-je ce qu’ils se disent.
– Bordel, qu’est-ce qu’il s’est passé ?
– Difficile à dire, on l’a retrouvé comme ça.
– Où ça ?
– Dans une ruelle. Et c’est pas tout… A côté de lui il y avait sept corps qui gisaient.
– Morts ?
– Plutôt deux fois qu’une, une vraie boucherie ! Un décapité, un autre la tête broyée, un les deux bras arrachés, mort vidé de son sang. J’en passe et des meilleurs !
– Et lui, on a quoi ?
– Jambe droite cassée, bras droit aussi avec hémorragie interne, multiples lésions crâniennes, côtes fêlées, brûlures aux mains et blessures de couteau aux bras et au ventre. Il a déjà perdu près de trois litres…
– Mais pourquoi on s’acharne ? Il va crever d’une minute à l’autre !
– Normalement oui mais ses fonctions sont stables.
– Mais comment est-ce possible ?
– On a déjà stoppé l’hémorragie et ses blessures ont cicatrisées.
– Mais qu’est-ce que… Ses yeux bougent !
– Arrêtez de gueuler comme ça, je suis pas sourd. Si je comprends bien je vais bien ?
– Restez assis monsieur, vous êtes fou !
– Elle va bien ?
– Qui ça ?
– La fille voyons ! A votre avis pourquoi j’ai fracassé ces types ?
– C’est vous seul ?
– Bon je perds mon temps ici moi…
Après un bref état des lieux je me rends compte qu’ils n’ont pas touché à mon portefeuille. Ainsi ils ignorent mon identité. Il est temps…
Avec une vitesse phénoménale, je me débarrasse de mes perfusions, puis, avec un puissant coup de pied, éjecte la porte arrière de l’ambulance, m’élançant dans les airs. Une aura bleue recouvre l’ensemble de mon corps et dessine deux immenses ailes flamboyantes de trois mètres d’envergure. Très vite je peux me cacher dans les nuages, me donnant l’occasion de me remémorer cette éprouvante journée.

Alors que je prenais tranquillement le tram pour la fac, je regardai paisiblement le paysage urbain défiler sous mes yeux. Soudain, une fille d’une vingtaine d’années, se trouvant dans une ruelle, fut violemment frappée au visage par un type peu inspirant. Puis il la bloqua par terre, le reste je ne pouvais que l’imaginer, le tram continuant à avancer. En quelques secondes j’aurai été à l’arrêt et il ne m’en aurai fallu guerre plus pour revenir sur cette scène de crime et peut-être sauver cette fille. Un contre un, pourquoi pas ? Il avait l’air certes costaud mais j’étais moi même musclé et j’avais fait sept ans de karaté. Des mots comme « folie », « danger », « mort » luttaient dans mon esprit contre des « non-assistance à personne en danger », « héroïsme », « devoir », « le bien ». Que faire ?
Je descendis finalement à l’arrêt, bien décidé à la sauver. Mais tout de même conscient du risque. Je prévins (en vain ?) un passant du probable danger de la fille, et prochainement du mien, et qu’il devait donc prévenir qui de droit (police et ambulance, sait-on jamais).
C’est donc le cœur vaillant que je courus au secours de la « princesse ». A mon arrivée sur place je trouvai effectivement la fille et son agresseur, prêt à passer à un autre niveau. Et dans l’élan de ma course, je lui envoyai le plus violent de mes coups de poing, lui fracassant le nez, la mâchoire, lui déchaussant quelques dents, et avec ma bague, lui arrachai une partie de sa joue gauche. Et avant qu’il n’ai eu le temps de tomber, je le relançai d’un violent gauche dans la poitrine, lui broyant probablement bon nombre de ses côtes. Et là, ce fut le drame…
Juste derrière se tenaient pas moins de six de ses copains, sortant déjà couteaux et autres canifs. M’emparant de toute ma colère disponible, je contractai le plus fort possible les muscles de mes bras et serrant mes mains comme un malade. Le premier s’avança vers moi, et avec toute la force que je préparais, je ramenai mes poings de chaque côté de sa tête avec une violence terrible, à tel point que mes mains traversèrent son crâne. Le deuxième n’eut pas le temps de comprendre que déjà mon coude perforait sa cage thoracique, stoppant net l’activité de son cœur. Puis d’un coup de pied je retournai le couteau du troisième en plein dans sa gorge et avec un second coup sa tête tomba par terre. Les quatrième et cinquième me prirent sur le côté, m’entaillant les bras puis m’enfonçant chacun leur lame dans le ventre. Et avec une force sans pareille, je me saisis desdits couteaux que je plantai entre leurs yeux. Puis, les ressortant de leurs cadavres, je tranchai les bras du dernier qui mit quelques minutes à se vider de son sang.
Et dans cet excès de rage, mon corps se mit à brûler d’un bleu vif avant qu’une vive douleur me fit exploser le bras et la jambe. Puis après, je me suis évanoui à cause de la douleur inouïe.
La suite, vous la connaissez.

N’empêche, je suis actuellement à quoi, 200 mètres voire 500 d’altitude ? Quoique, c’est nuageux par ici… J’ai peut-être dépassé le kilomètre, je m’y connais pas bien. Mais bizarrement, je ne souffre d’aucun manque de chaleur, cette aura bleue m’a en plus soignée toutes mes blessures. Classe ! Mais quand même, faut que je me trouve des lunettes d’aviateur, ça fouette les yeux la vitesse. Je fais quoi, du 200km/h ? Sans forcer en plus. Je vais peut-être tenter une accélération…
L’air s’engouffre dans mes cheveux les faisant virevolter (merde mon brushing !), mes joues se déforment, mes vêtements claquent contre mon corps, le son du frottement avec l’air m’explose les tympans. Pas de doute, je peux aller très vite !
Je me mets a penser à toutes les possibilités offertes par un tel pouvoir : tourisme, super-héros ou tout simplement des trajets quotidiens plus courts. Et ça tombe bien puisque je n’ai pas mon permis ! Je suis censé le repasser une troisième fois en novembre. J’ai bon espoir car mon meilleur ami Jérémy l’a eu lors de son troisième essai. Et puis pour les trajets cours, la voiture vaut peut-être mieux que les grandes ailes bleues, et puis c’est plus discret. Néanmoins, mon pouvoir me permettra de me rendre tranquillement dans des endroits plus isolés et attrayants comme la Lozère. Je connais une personne qui habite à 15 km de chez moi mais j’aurai plus de chance de la voir en Lozère, pourtant située 150 km plus loin. Je pourrai aussi m’envoler vers Paris et retrouver un autre de mes meilleurs amis : Willy. Tant de pouvoir, tant de possibilités et pourtant je suis seul. Si je me fais remarquer on me pourchassera, si on me découvre on me tuera et si j’en parle à quelqu’un je le mettrai en danger.
Ah, voilà le parc près de ma maison, je n’ai plus qu’à me poser, rentrer et réfléchir à tout ça. De toute façon, je ne maîtrise probablement qu’une petite partie de mon pouvoir et peut-être arriverai-je à œuvrer discrètement ?
Et malgré cette solitude et ce désespoir qui me gagnent, j’irai de l’avant.

Épisode I

L’air est glacial et le sol est recouvert d’une épaisse couche de neige. Au fur et à mesure de ma marche sur ces terres inhospitalières, je sens mes forces me quitter. Et je ne suis visiblement pas le seul à l’avoir remarqué : cela fait presque vingt minutes qu’une meute de loup me piste. Heureusement, j’aperçois au loin une grotte où je pourrai me cacher.
Mais à peine m’étais-je posé que l’haleine putride d’un ours, visiblement affamé de ne pas hiberner, me prit au nez. Et quelle puanteur ! Mais comme j’étais trop fatigué, je me découpai le bras en échange du loyer. De toute façon, ça repousse en quelques jours grâce à mon pouvoir. Et d’après Nounours, c’est comme ça que je l’ai appelé, ça se digère très bien l’humain.

J’ai passé les deux semaines suivantes dans cette grotte, histoire de reprendre des forces et que mon bras, et après ma jambe, repoussent. Durant cette période, je buvais la neige fondue et mangeais les quelques animaux égarés (deux chauve-souris, un oiseau non-identifié et un rongeur bizarre). Pour mon départ, le ciel était dégagé et la chaleur reprenait ses droits. Et même si ce jour signifiait de reprendre ma quête pour sauver mon amour, j’avais entretenu une certaine amitié avec Nounours et se dire au revoir fut très dur. L’enlaçant une dernière fois, les larmes aux yeux, je lui fis un petit bisou sur la joue et lui laissa en cadeau l’amulette de Torman reçue en cadeau de la main du Roi en personne lors de la fameuse croisade de 2015.
– Merci Antoine pour ce talisman, je le porterai en ton souvenir.
– C’est moi qui te remercie Nounours, sans toi je serais probablement déjà mort.
– Et moi donc ! Elle a bien de la chance de pouvoir compter sur toi. Je te souhaite bonne chance pour ta mission.
– Adieu mon ami.
Puis l’instant d’après, je lançai une boule de feu dans le ciel pour appeler mon fidèle dragon Kirsh.

Je quittai donc l’Islande et me dirigeai vers la prison de la tour de glace du pôle. Je n’ai pas le droit à l’erreur sinon elle mourra. Son exécution est prévu pour bientôt. Mon plan était simple : casser une des vitres du troisième en vérifiant que personne ne s’y trouve, puis casser le mur de derrière, descendre en rappel jusqu’au rez-de-chaussée et enfin passer la porte des sous-sols. De là je libèrerai les prisonniers de niveau 1, casserai le mur de derrière et accèderai aux cellules où je pourrai la trouver. Malheureusement, on m’attendait… Tout se déroula comme prévu mais au moment de ressortir, les gardes les plus puissants étaient prêt à me cueillir. Mais je réussis à me cacher dans un renforcement du mur dans la salle de niveau 1 avec Alina. Nous y passâmes près de trois heures, le temps que les troupes se retirent. Passant par un chemin détourné, nous nous retrouvâmes dans une pièce circulaire protégée par quelques gardes et Christian Bale. Mais une ouverture possible me sauta aux yeux et…

 » They say we’re young and we don’t know
Won’t find out till we grow
Well I don’t babay that’s true
Cause you got me and baby I got you
Babe, I got you babe, I got you, babe.
Debout les campeurs et hauts les cœurs ! Oubliez pas vos bottes parce que ça caille… « 

Putain de réveil… Ah là là ! J’étais en train de faire un rêve super pourtant ! Tiens, ça me fait penser, est-ce vrai ? Je me mis à contracter très fort mon avant bras. Une chaleur monta progressivement et une flamme bleue tournoya autour. Un large sourire se dessina sur mon visage. Il fallu que j’en eus le cœur net… Après m’être levé du lit, j’ôtai le haut de mon pyjama et contracta fortement mes muscles du dos. Et comme prévu, deux grandes ailes bleu flamboyaient derrière moi.
– Pas de doutes, j’ai bien le pouvoir !

Épisode II

Une nouvelle journée commence… Faire comme si de rien n’était, en voilà un challenge ! Je n’ai qu’à faire comme tout les jours : ouvrir mes volets, allumer mon ordi, me laver, … Houa ! Quel teint resplendissant, quelle netteté de peau ! Y’a pas à dire, la régénération ça change la vie. Bon par contre si je passe 15 minutes à m’admirer je vais finir par être en retard. Bon, donc nourrir le chien, le faire sortir, me nourrir, m’habiller, prendre mes affaires et verdict ? 7h20, en retard comme d’habitude… Et si ? Non, pas aujourd’hui, le ciel est trop dégagé.
Après quelques six minutes de marche (normalement quatre mais c’est dur le matin…) j’arrivais enfin au tram, lui aussi en retard. Quelle chance : me voilà avec un retard supposé d’un quart d’heure. Si ça continu je vais arriver après le prof… Mais finalement non puisqu’à mon changement au Corum je croisai ledit professeur de proba, pas spécialement pressé lui non plus. Par contre, pas moyen de me faire repérer parce qu’il voudra me parler, faire le prof sympa et faire comme si c’était mon ami. Je pense qu’être « ami » avec un prof, à la limite, mais uniquement pendant les cours, pas en dehors. En plus dans le tram je suis plutôt du genre à ne pas me mélanger et rester adossé contre le mur à écouter Virgin radio.
Et donc comme prévu, je me pointai avec 15 minutes de retard, suivi de près par le prof. S’en suit un TD classique mais plutôt amusant grâce à un atelier énigme derrière moi. Une journée banale et chiante en somme. Par contre, je devais retrouver un de mes meilleurs ami pour le repas : Hugo. Et comme à chaque fois, on se prend un panini ou un sandwich pour manger tranquillement dans un des coins de verdure, qu’importe le temps. Et à peine j’arrivais au Fournil St Nicolas que se pointa Hugo, une synchronisation inédite !
– Yo Hugo !
– Ah, tiens. Salut mec ! Dur le retour après les vacances…
– J’ai cru comprendre au vu des photos sur ton Facebook. Pas de nouveaux trous noirs ?
– Nan, pas c’te fois. Et toi ?
– Bah y’a eu mon frère qui est venu, c’est déjà bien. (Et sinon j’suis devenu un dieu avec des ailes bleus et une force extraordinaire)
Tiens mais qu’est-ce qui ce passe ? Je me sens bizarre, mon cœur s’emballe. Alina ? Non, c’est pas possible… Merde, tout devient bleu devant mes yeux avec un halo jaune autour des gens. Et c’est quoi en violet ? On dirait des tracés… Y’en a deux qui se rapprochent !
– Hugo ta casquette !
– Heu ? Tiens…
Après avoir mit sa casquette, restons discret, je libérai toute l’adrénaline accumulée avec ma nouvelle vue et je déployai deux ailes bleues beaucoup plus grandes et mieux formées. Et au lieu de se contenter d’être des flammes, elles se matérialisèrent pour ressembler à s’y méprendre à des ailes de dragon. Le reste de mon corps, recouvert d’une aura bleue, se développa de manière fulgurante, doublant ma masse musculaire. Et c’est avec une vitesse hallucinante que je fonçai vers le point de rencontre des lignes violettes au moment précis où un vélo était supposé être percuté par une voiture. Et dans mon élan, je soulevai cette personne et son vélo pour les déposer plus loin sur le trottoir. Tout en veillant à garder la tête baissée, de même que la visière de la casquette, avant de finalement m’envoler le plus haut possible.
Bon, normalement seul Hugo connait mon secret. Dire que j’aurai même pas tenu un jour… Ah ça sonne !

« Tu passes ta vie le jour, la nuit assis devant l’écran.
Tu n’as besoin de personne sonne s… «

Salut Hugo ! Quoi de neuf ? Ah toi aussi t’as remarqué ? Pas très discret ouais… Ça m’est arrivé hier alors que je me battais contre quelques clampins. Exactement sept, comment t’as deviné ? Dans le Montpellier + ? Ah, j’ai raté une occasion de passer dans le journal… N’empêche, on capte super bien là haut. Bah là je fais du surplace au dessus du zoo. A genre deux kilomètres d’altitude histoire qu’on croit à un oiseau. Non parce qu’il parait que l’œil humain affiche tout ce qui est à plus de 200 mètres au même plan. Pratique ! Bah sinon je te propose dans un souci d’équité de réfléchir à ma situation autour d’une table ronde avec Jérémy, Pascal et Alina. On n’a qu’à dire le week-end prochain. Bah celui là je suis prit et s’est censé être le plus beau de ma vie. Alina, absolument. On se tient au courant ? A plus. Et au fait, je te reporterai ta casquette mdr. (oui oui, mdr à l’oral)
Bip Bip… (pour dire que ça raccroche)
Bon, maintenant il ne s’agirait pas de rester planté dans le ciel trois plombes ou je vais finir par attirer l’attention :
– Tiens maman, regarde !
– Qu’est-ce qu’il y a ?
– Y’a un drôle d’oiseau qui vole sans se déplacer.
– On appelle ça faire du surplace. Et… Oh mon dieu ! C’est surnaturel il faut immédiatement alerter la police, la CIA, le FBI et Interpol ! Ça tombe bien, j’ai justement leur numéro personnel.
– Bonjour, vous nous avez appelé ?
– Oui, c’est là dans le ciel, regardez !
– Mais c’est bien sûr, Antoine Lepage ! Cela fait depuis l’affaire des sept morts qu’on le cherche ! Il ne nous échappera pas !
Certes j’exagère un chouïa mais bon, soyons prudent… Bah tiens ! Justement l’enclos des ours ! Après mon histoire avec Nounours on va super bien s’entendre. Mais comme c’était un rêve, au cas où, je vais plutôt me poser à côté. Et voilà ! Quand même, c’est assez désert le zoo aujourd’hui… Remarque, coup de bol ! Pom pom pom. Ah merde…
– Mais qu’est-ce que vous faites là monsieur ?
– Bah ça se voit pas ? Je visite.
– C’est-à-dire que c’est fermé…
– Diantre ! Mais comment-se fait-il que je sois rentré ?
– J’allais vous le demander.
– Par la porte pardi !
– Mais elle est fermée… Vous ne devriez pas être là.
– Je vois… Oh mon dieu derrière vous ! (Méga sprint !!!)
– Eh arrêtez-vous !
Et c’est à ce moment là qu’une nouvelle facette de mon pouvoir se manifesta : la rapidité de motricité, à savoir courir à quelques 150km/h. Ça fuse !
Et après avoir semé le garde, quelle ne fut pas ma chance : un nuage accompagné d’un vent d’ouest ! Autrement dit le camouflage parfait pour m’escorter jusqu’à chez moi, tant pis pour l’anglais… C’est d’autant plus dommage que j’allais recevoir la note de mon magnifique exposé d’anglais sur le micro-onde, nouvelle découverte imputable au désormais célèbre Bob Johnson. Hop hop flip flap, tel un automatisme. Ce pouvoir m’apparait maintenant comme une évidence, une partie manquante de mon être. Et c’est avec ces pensées philosophiques que je me laissais flotter dans ce nuage si rafraichissant (= putain ça gèle là dedans). Mes batteries semblent donc limitées puisque le froid commence à m’atteindre. Nouveau sujet de pensée : cette limite serait-elle un handicap en cas de combat épique contre un super-méga-vilain ?
Tiens, voilà de nouveau le parc… Quelle heure est-il ? 14h11. Heum heum…
– Coucou, je suis rentré !
– Déjà ?
– Bah oui, le prof d’anglais n’était pas là…
Piouf, j’suis crevé moi…

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Toy Boy

Toy Boy
2008
David MacKenzie

Oh mon dieu ! Ashton Kutcher ! Il est trop beau, j’veux le même ! Il est super viril, trop beau gosse mais genre 1m80 et 80 kilos de muscles saillants. C’est trop l’orgasme quand je le vois. Mais trop moi aussi quoi. Délire, ah ah ah (ricanement d’adolescente en période d’ovulation).

Mais c’est trop bon ça ! J’vais en faire un film et ça rapportera des millions ! Et du coup ça serait un gars génial qui joue les sales cons et se fait entretenir par des femmes riches. Mais grâce à une fille il va oublier tout ça et refaire sa vie à la réglo.  Y’a plus qu’à saupoudrer le tout avec une morale à deux balles et c’est dans la boîte.

Voilà l’archétype même du film plastique, à savoir un beau gosse musclé (pour les filles) qui se tape plein de filles ultra-gaulées (pour que les gars se rincent l’oeil). L’histoire est des plus convenues et n’est pas très réaliste mais elle se laisse malgré tout suivre. Il est amusant de voir comment le fameux Ashton Kutcher s’en sort pour draguer, armé de ses fidèles bretelles qu’il ne quittera pas du long. Mais son exemple n’est pas des meilleurs, trop brutal et méchant à mon goût. Du coup, on se dit que se marier et avoir des enfants, y’a que ça de vrai. C’est donc presque un service qu’il nous rend en se fourvoyant ainsi. On ne trouvera là guerre plus qu’une comédie tout juste divertissante…

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Antoine Lepage dans Power of Faith

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Octobre 2011

Statistiques 2011
juin juillet aout septembre octobre
Nombre d’articles 53 58 40 38 37
Visites 431 506 604 798 715
Visiteurs 109 162 345 572 490
Pages vus 2740 3004 2559 3456 3514
Nombre moyen de pages vus 6,36 5,94 4,24 4,33 4,91
Temps moyen passé sur le site 5min50 4min54 2min38 2min14 2min35
Taux de rebond 33,87% 27,27% 18,05% 9,52% 11,61%
Nouvelles visites 21,81% 29,64% 51,82% 70,30% 66,71%
Profil Technique
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Firefox 161 111 200 267 240
Internet Explorer 47 91 116 132 115
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Playstation Portable 0 0 0 0 1
Opera Mini 0 1 0 0 0
Konqueror 1 0 0 0 0
Playstation 3 0 0 1 1 0
Trafic
Moteur de recherche 379 447 543 712 608
Site référent 41 43 33 39 61
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Power of Faith Episode II

Épisode II

Une nouvelle journée commence… Faire comme si de rien n’était, en voilà un challenge ! Je n’ai qu’à faire comme tout les jours : ouvrir mes volets, allumer mon ordi, me laver, … Houa ! Quel teint resplendissant, quelle netteté de peau ! Y’a pas à dire, la régénération ça change la vie. Bon par contre si je passe 15 minutes à m’admirer je vais finir par être en retard. Bon, donc nourrir le chien, le faire sortir, me nourrir, m’habiller, prendre mes affaires et verdict ? 7h20, en retard comme d’habitude… Et si ? Non, pas aujourd’hui, le ciel est trop dégagé.

Après quelques six minutes de marche (normalement quatre mais c’est dur le matin…) j’arrivais enfin au tram, lui aussi en retard. Quelle chance : me voilà avec un retard supposé d’un quart d’heure. Si ça continu je vais arriver après le prof… Mais finalement non puisqu’à mon changement au Corum je croisai ledit professeur de proba, pas spécialement pressé lui non plus. Par contre, pas moyen de me faire repérer parce qu’il voudra me parler, faire le prof sympa et faire comme si c’était mon ami. Je pense qu’être « ami » avec un prof, à la limite, mais uniquement pendant les cours, pas en dehors. En plus dans le tram je suis plutôt du genre à ne pas me mélanger et à rester adossé contre le mur à écouter Virgin radio.

Et donc comme prévu, je me pointai avec 15 minutes de retard, suivi de près par le prof. S’en suit un TD classique mais plutôt amusant grâce à un atelier énigme derrière moi. Une journée banale et chiante en somme. Par contre, je devais retrouver un de mes meilleurs ami pour le repas : Hugo. Et comme à chaque fois, on se prend un panini ou un sandwich pour manger tranquillement dans un des coins de verdure, qu’importe le temps. Et à peine j’arrivais au Fournil St Nicolas que se pointa Hugo, une synchronisation inédite !

– Yo Hugo !

– Ah, tiens. Salut mec ! Dur le retour après les vacances…

– J’ai cru comprendre au vu des photos sur ton Facebook. Pas de nouveaux trous noirs ?

– Nan, pas c’te fois. Et toi ?

– Bah y’a eu mon frère qui est venu, c’est déjà bien. (Et sinon j’suis devenu un dieu avec des ailes bleus et une force extraordinaire)

Tiens mais qu’est-ce qui ce passe ? Je me sens bizarre, mon cœur s’emballe. Alina ? Non, c’est pas possible… Merde, tout devient bleu devant mes yeux avec un halo jaune autour des gens. Et c’est quoi en violet ? On dirait des tracés… Y’en a deux qui se rapprochent !

– Hugo ta casquette !

– Heu ? Tiens…

Après avoir mit sa casquette, restons discret, je libérai toute l’adrénaline accumulée avec ma nouvelle vue et je déployai deux ailes bleues beaucoup plus grandes et mieux formées. Et au lieu de se contenter d’être des flammes, elles se matérialisèrent pour ressembler à s’y méprendre à des ailes de dragon. Le reste de mon corps, recouvert d’une aura bleue, se développa de manière fulgurante, doublant ma masse musculaire. Et c’est avec une vitesse hallucinante que je fonçai vers le point de rencontre des lignes violettes au moment précis où un vélo était supposé être percuté par une voiture. Et dans mon élan, je soulevai cette personne et son vélo pour les déposer plus loin sur le trottoir. Tout en veillant à garder la tête baissée, de même que la visière de la casquette, avant de finalement m’envoler le plus haut possible.

Bon, normalement seul Hugo connait mon secret. Dire que j’aurai même pas tenu un jour… Ah ça sonne !

« Tu passes ta vie le jour, la nuit assis devant l’écran.

Tu n’as besoin de personne sonne s… «

Salut Hugo ! Quoi de neuf ? Ah toi aussi t’as remarqué ? Pas très discret ouais… Ça m’est arrivé hier alors que je me battais contre quelques clampins. Exactement sept, comment t’as deviné ? Dans le Montpellier + ? Ah, j’ai raté une occasion de passer dans le journal… N’empêche, on capte super bien là haut. Bah là je fais du surplace au dessus du zoo. A genre deux kilomètres d’altitude histoire qu’on croit à un oiseau. Non parce qu’il parait que l’œil humain affiche tout ce qui est à plus de 200 mètres au même plan. Pratique ! Bah sinon je te propose dans un souci d’équité de réfléchir à ma situation autour d’une table ronde avec Jérémy, Pascal et Alina. On n’a qu’à dire le week-end prochain. Bah celui là je suis prit et s’est censé être le plus beau de ma vie. Alina, absolument. On se tient au courant ? A plus. Et au fait, je te reporterai ta casquette mdr. (oui oui, mdr à l’oral)

Bip Bip… (pour dire que ça raccroche)

Bon, maintenant il ne s’agirait pas de rester planté dans le ciel trois plombes ou je vais finir par attirer l’attention :

– Tiens maman, regarde !

– Qu’est-ce qu’il y a ?

– Y’a un drôle d’oiseau qui vole sans se déplacer.

– On appelle ça faire du surplace. Et… Oh mon dieu ! C’est surnaturel il faut immédiatement alerter la police, la CIA, le FBI et Interpol ! Ça tombe bien, j’ai justement leur numéro personnel.

– Bonjour, vous nous avez appelé ?

– Oui, c’est là dans le ciel, regardez !

– Mais c’est bien sûr, Antoine Lepage ! Cela fait depuis l’affaire des sept morts qu’on le cherche ! Il ne nous échappera pas !

Certes j’exagère un chouïa mais bon, soyons prudent… Bah tiens ! Justement l’enclos des ours ! Après mon histoire avec Nounours on va super bien s’entendre. Mais comme c’était un rêve, au cas où, je vais plutôt me poser à côté. Et voilà ! Quand même, c’est assez désert le zoo aujourd’hui… Remarque, coup de bol ! Pom pom pom. Ah merde…

– Mais qu’est-ce que vous faites là monsieur ?

– Bah ça se voit pas ? Je visite.

– C’est-à-dire que c’est fermé…

– Diantre ! Mais comment-se fait-il que je sois rentré ?

– J’allais vous le demander.

– Par la porte pardi !

– Mais elle est fermée… Vous ne devriez pas être là.

– Je vois… Oh mon dieu derrière vous ! (Méga sprint !!!)

– Eh arrêtez-vous !

Et c’est à ce moment là qu’une nouvelle facette de mon pouvoir se manifesta : la rapidité de motricité, à savoir courir à quelques 150km/h. Ça fuse !

Et après avoir semé le garde, quelle ne fut pas ma chance : un nuage accompagné d’un vent d’ouest ! Autrement dit le camouflage parfait pour m’escorter jusqu’à chez moi, tant pis pour l’anglais… C’est d’autant plus dommage que j’allais recevoir la note de mon magnifique exposé d’anglais sur le micro-onde, nouvelle découverte imputable au désormais célèbre Bob Johnson. Hop hop flip flap, tel un automatisme. Ce pouvoir m’apparait maintenant comme une évidence, une partie manquante de mon être. Et c’est avec ces pensées philosophiques que je me laissais flotter dans ce nuage si rafraichissant (= putain ça gèle là dedans). Mes batteries semblent donc limitées puisque le froid commence à m’atteindre. Nouveau sujet de pensée : cette limite serait-elle un handicap en cas de combat épique contre un super-méga-vilain ?

Tiens, voilà de nouveau le parc… Quelle heure est-il ? 14h11. Heum heum…

– Coucou, je suis rentré !

– Déjà ?

– Bah oui, le prof d’anglais n’était pas là…

Piouf, j’suis crevé moi…

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