La Grande Vadrouille

La Grande Vadrouille
1966
Gérard Oury

Troisième du podium des plus grandes réussites du box-office français avec ses 17.27 millions d’entrées, derrière Titanic et Bienvenue chez les Ch’tis, La Grande Vadrouille mérite t-elle aussi peu sa place que les deux autres ? Après le gros succès du Corniaud, Gérard Oury (La Folie des grandeurs, L’As des As) réuni à nouveau Louis de Funès et Bourvil comme tout bon arriviste qui soit.

Durant la seconde guerre mondiale, un avion de la Royal Air Force survole Paris et se fait abattre par les soldats allemands. Trois anglais se trouvaient à bord. L’un d’eux atterri sur un échafaud de Bourvil, un autre dans un Zoo et le troisième dans un théâtre où Louis de Funès est chef d’orchestre. Chacun des trois va trouver de l’aide et ce petit monde va s’allier pour passer dans la France libre.

L’originalité n’est pas au beau fixe entre le scénario ultra classique et les clichés ambulants sur les allemands et les anglais. L’humour n’est pas génial, la faute à un Bourvil fidèle à lui-même, c’est-à-dire très très mauvais acteur et surtout pas drôle une seule seconde. Louis de Funès ne fait pas dans la finesse mais après tout, il a toujours fait ses recettes dans l’exagération outrancière et ça se passe pas si mal. Mais le duo d’affiche n’est pas si efficace, la faute à un trop grand panel de comédiens ayant un rôle important, les rendant effacés. Comme toujours à l’époque, il n’y a que deux femmes dont le rôle se résume à être belles, peu glorieux… Si pour une fois les allemands ne sont pas d’infâmes monstres assoiffés de sang, il n’en reste pas moins que des parfaits idiots encore plus bêtes que Bourvil, qui lui en tient une sacré couche de connerie. Malgré quelques trouvailles et un comique de répétition intéressant, le film peine à s’épanouir et divertir pleinement. Un grand classique dont la réputation est très surfaite et son rang non mérité.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Ce que veulent les femmes

Ce que veulent les femmes
2001
Nancy Meyers

En voilà une belle d’idée reçu : les femmes ont une pensée complexe impénétrable. Il est complètement stupide et improuvable que d’affirmer une telle chose, mais soit.

Mel Gibson (Mad Max, L’Arme Fatale) est un cadre important dans une agence publicitaire. Tout lui réussi : il excelle dans son travail, force l’admiration de tous et fait craquer toutes les femmes. Mais un beau jour, son magnifique univers s’écroule lorsqu’une femme (Helen Hunt (Seul au monde, Docteur T et les femmes)) s’approprie le poste qu’il convoitait. Et alors même qu’il testait des produits chez lui, il glisse, sèche-cheveux en main, dans la baignoire. Et à son réveil, même les pensées les plus intimes des femmes vont lui être révélées : il entend leurs pensées ! Ce dont miraculeux va bouleverser sa vie à jamais.

Le principe du film semble léger et déjà vu. Mais seulement voilà, c’est Mel Gibson et là est toute la différence. Si on sent l’acteur légèrement usé par le temps, il n’en reste pas moins un acteur d’exception et, bien qu’Helen Hunt soit sympathique, il fait toute la force du film. Si le principe du beau gosse macho qui devient le maître de la pensée féminine fait rire, il n’est pas pleinement exploité, la faute à une histoire d’amour plutôt bancale trop pesante. Mais comme le rythme est bon, la pilule passe sans problèmes. Bref bonne comédie mais dont la qualité repose un peu trop sur Mel Gibson.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Le Pari

Le Pari
1997
Didier Bourdon, Bernard Campan

Les années 90, époque durant laquelle les Inconnus étaient partout, que se soit à la télé ou au cinéma. Mais à cause d’un agent très gourmand, il était courant de ne voir que deux des trois Inconnus. Il s’agit en l’occurrence de Didier Bourdon et Bernard Campan, qui officient en tant que réalisateurs, scénaristes et acteurs principaux.

Dans l’histoire, Didier et Bernard sont beaux frères mais ils ne peuvent pas se voir. Leur seul point commun est le fait qu’ils fument. Persuadé d’avoir un meilleur mental, Bernard lance à Didier le défi d’arrêter de fumer pendant 15 jours. Plus facile à dire qu’à faire, les deux vont peu à peu sombrer pour finir par complètement se déconnecter de la réalité et perdre leurs proches.

Parmi les duo d’Inconnus, Le Pari est l’un des plus connus et les plus apprécié. Tout le monde se rappel du cultissime slogan de l’association anti-tabac de Chevalier et Laspalès : « Hou, hou ! Le tabac, c’est tabou ! On en viendra tous à bout ! ». Si le film est un peu lourd et très mal fait au niveau gain de poids, on est obligé de reconnaitre le talent d’écriture de ce magnifique sketch d’une heure trente. Il est dommage que si peu de films des Inconnus aient vu le jours ; mais fort heureusement, leur ancien agent et sensu est décédé il y a quelques années, tourment à son âme ; d’autant que le film possède une véritable identité et un pouvoir comique très bon.

Publié dans Cinéma, Critiques | Un commentaire

How High

How High
2002
Jesse Dylan

Il existe un très grand panel de comédies américaines et la plupart sont tout simplement irregardables. Et je me suis dit, plus c’est gros, mieux ça passe.

En effet, le « scénario » est absolument abracadabrant : alors qu’un de ses amis meurt lors d’un bête accident (il s’est endormi en fumant un pétard, s’est brulé les dreadlocks, a sauté par la fenêtre et s’est fait écraser par un bus) et qu’il se rend à un exam, Silas, un jeune noir dealeur, décide de partager sa beuze avec Jamal, un autre black venu tenter sa chance. Mais alors qu’ils se défonçaient, l’ancien ami mort revient en vision pour les aider durant le contrôle. Le joint était en fait un mélange de produits étranges et des cendres du mort. Ce dernier, communiquant avec l’au-delà, leurs assure d’extraordinaires notes qui les amèneront à Harvard ! Et malheureusement pour l’université, les deux junky de racaille vont bouleverser tout leur univers.

How High, ou littéralement « à combien tu planes », démarre très fort et l’idée principale semble amener à de grands délires. Puis ils arrivent à Harvard et là, c’est du vu et revu 1000 fois sur le monde universitaire avec grosses fêtes, avec quelques choubangs en plus. Mais en plus, si le tout sent le gros recyclage, on ne peut que constater le piètre résultat entre les gags enfumés et les acteurs catastrophiques. Et le film ne redécollera plus une seule fois. Dommage car il y avait matière à rire, d’autant plus qu’une suite serait encore à l’ordre du jour.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Appelez-moi Kubrick

Appelez-moi Kubrick
2006
Brian W. Cook

Le film raconte l’histoire vraie de Alan Conway, un(e) anglais(e) qui se faisait passer, dans les années 90, pour le réalisateur Stanley Kubrick (Orange mécanique, 2001 L’Odyssée de l’espace) dans le but de séduire de jeunes garçons et pouvoir user de leurs crédulités pour leurs subtiliser de l’argent. En effet, il était aisé de se faire passer pour Kubrick dans le sens où il vivait cloitré chez lui, et donc son visage était méconnu, de peur de se faire tuer par les services secret américains. Si tout le monde sait qu’il n’y a pas d’air sur la Lune et que le fait que le drapeau vole relève de la supercherie, peu de monde ose contredire le théorie selon laquelle l’homme aurait marché sur la Lune en 1969. Et ce même si des scientifiques ont prouvé l’existence d’une ceinture de radiation entre la Terre et la Lune tuant chaque passager se trouvant dans une fusée dont les parois feraient moins d’un mètre cinquante de large, ce qui n’était pas le cas en 69. C’est donc pourquoi le gouvernement américain a tué chaque personnes impliquées dans l’histoire. Et c’est dans cette optique que Alan Conway s’est fait passer au près de tous comme Stanley Kubrick, assouvissant un désir de pouvoir égocentrique.

Soyez prévenus, Le Secret de Brokeback Montain est 100% hétéro comparé à ce film. Il faut d’ailleurs souligner le fait que John Malkovich (Red, Burn After Reading), qui incarne Alan, campe un pédé plus vrai que nature encore plus gay que monsieur Garisson dans South Park, c’est pour dire… Même si le film n’est pas très drôle en soit, le spectateur prendra un plaisir malsain à constater les dégâts et les désillusions causés avec talent par l’usurpateur. Bref, une comédie sympathique à l’humour très british.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Forrest Gump

Forrest Gump
1994
Robert Zemeckis

Véritable pilier du 7° art, Forrest Gump aura su s’imposer dans le cœur de tous. Bien qu’il y ai eu entre autres Splash, c’est aussi le film qui a fait entrer Tom Hanks dans la légende. Pour Robert Zemeckis, Retour vers le futur s’en était déjà chargé.

L’histoire de Forrest Gump, tiré du livre de Winston Groon, est mythique et intervient assez largement dans l’histoire des États-Unis. L’action se passe entre les années 50 et 90 et sur un banc en attendant le bus, Forrest Gump raconte aux gens qui s’y assoient chronologiquement toute sa vie. Quand il était petit, en plus d’avoir un faible QI (qui équivaut ici à une déficience mentale), Forrest avait une colonne vertébrale tordue et devait porter des jambières métalliques pour l’aider à marcher. Et c’est durant ses quelques années de jeunesse qu’il rencontrera l’amour de sa vie Jenny (Robin Wright Penn (Jeux de pouvoir, Incassable)) et apprendra à courir avec le désormais culte « Cours Forrest, cours ! ». Sa faculté de courir lui sera hautement appréciable lors de ses études où il deviendra footballeur, avant de rejoindre l’armée durant laquelle il rencontrera son meilleur ami Booba ainsi que le lieutenant Dan (Gary Sinise (Les Experts : Manhattan)). Nombreux sont ceux qui ont croisé sa route tels des présidents, Elvis ou John Lennon ; mais peu sont ceux qui comptent vraiment.

Tout le monde ou presque connait une personne un peu mongole qu’on n’a surtout pas envi de fréquenter de comme un réflexe. Si c’est déjà assez dur à vivre, ça n’est rien comparé à ce qu’à été la vie Forrest Gump, rejeté par nombre de gens et même par ses proches dont le destin n’est pas toujours heureux. C’est avec force et empathie que le spectateur ressent la continuelle tristesse de Forrest. Si les choix scénaristiques y sont pour beaucoup, il ne faut pas en oublier l’incroyable performance de Tom Hanks qui trouve là un rôle dramatique d’une grande intensité. Le tout est accompagné d’une réalisation parfaite et d’acteurs secondaires de grande qualité, notamment Gary Sinise. En résulte un film d’exception qu’on n’est pas prêt d’oublier.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

L’Incruste, fallait pas le laisser entrer !

L'Incruste, fallait pas le laisser entrer !
2004
Corentin Julius, Alexandre Castagnetti

Ceci est un film qu’on pourrait qualifier d’arriviste entre Frédéric Diefenthal porté par les Taxi et Titoff propulsé par le succès de Gomez & Tavarès. Mais après tout, pourquoi pas.

Dans ce film, Titoff incarne une petite racaille vivant aux crochets des autres et faisant chier royalement tout Paris en ce mettant à dos les pires malfrats. Mais alors qu’il se fait une nouvelle fois éjecter, il trouve en la personne de Frédéric le pigeon idéal. Il va alors lui faire croire qu’il est un cousin de la personne chez qui il loge momentanément gracieusement. Et c’est donc par une suite de mensonges que Totoff va taper l’incruste. Et Frédéric va vite se rendre compte que le laisser entrer aura été une énorme erreur.

Les acteurs sont extrêmement bien choisis dans le sens où Frédéric est un grand naïf d’une crédulité monstre, et Titoff campe à merveille le gros conard profiteur et c’est avec un certain talent qu’il se rend antipathique au possible. Si le duo marche pas mal du tout, il est dommageable que le scénario soit si inexistant et que l’humour n’arrive pas à décoller. Reste une comédie sympathique qui divertira le temps d’un soir puis qui finira aux ordures le lendemain.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Seul au monde

Seul au monde
2001
Robert Zemeckis

Alors qu’il officie de plus en plus sur de très moyens films d’animations, il fut un temps où le génial Robert Zemeckis nous livrait chef-d’œuvre sur chef-d’œuvre avec les inoubliables Retour vers le futur et le non moins exceptionnel Forrest Gump. C’est d’ailleurs de nouveau avec Tom Hanks que Robert fait équipe.

Au programme de cette collaboration alléchante, l’histoire d’un homme ordinaire, travaillant dans une entreprise de livraison, qui voit sa vie s’effondrer lors d’un vol se terminant dans l’eau à cause de violentes turbulences. Même s’il s’en sort, il échoue sur une petite île isolée où il sera seul au monde…

Sachant que le film dure 2h20 et que les trois-quart du film se passe en la seule compagnie de Tom Hanks sur l’île, il y avait de quoi craindre l’ennui. Certes le film est plutôt lent et non exempt de temps morts, mais l’île est belle et Tom Hanks excelle dans son rôle. Robert Zemeckis oblige, un soucis du détail monstre est présent. Ainsi, chaque chose a son importance et rien n’est laissé au hasard. De plus, l’évolution de notre Robinson est nette entre la transformation progressive corporelle et l’augmentation de la pilosité. De plus, le « personnage » de Wilson est une bonne trouvaille qui a son importance dans la psychologie du héros. Mise à part un certain manque de dynamisme et de fluidité de l’action, on pourra aussi reprocher une fin peu heureuse bien qu’il soit louable de ne pas avoir choisi la facilité. Reste un bon film au degré de finition impressionnant et avec un Tom Hanks émouvant.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Les Simpson – le film

Les Simpson - le film
2007
David Silverman

Les Simpson, c’est un monument dans le monde des dessins animés qui déferle sur nos télévisions depuis 1989. Mais les années passent et la chute d’audience continuelle amène la série à un seuil critique qui expose aujourd’hui la série à des risques d’annulation. Et comme pour rappeler au monde que Homer se porte bien et que l’aventure continue, Matt Groening choisi d’envahir nos salles obscures en transposant son bébé au cinéma.

Dans la petite ville de Springfield, la taux de pollution du lac atteint un seuil critique : le moindre déchet supplémentaire rendrait la zone dangereuse. Mais alors qu’Homer s’entiche d’un cochon et part vider une cuve d’excréments, il décide, comme si de rien n’était, de balancer tout ça au fond du lac. Et là, c’est le drame : la pollution est telle que le président Schwarzenegger « décide » de mettre sous cloche la ville, emprisonnant les habitants. Poursuivit par la ville, les Simpson vont devoir fuir en Alaska.

Du grand délire ! Alors que la série était en baisse de régime, le film nous prouve que les Simpson n’en ont pas fini avec nous. Grâce à de bons gags et un rythme de blagues élevé, la transposition se fait en douceur et le film garde l’identité de la série ainsi que son dynamisme, pierre angulaire de son succès. Véritable caviar pour les fans, chacun des intervenants habituels sont de  la partie bien qu’il soit dommageable que leurs rôles soit si minime, mais bon… Cahier de charge de cinéma oblige, un effort au niveau graphique a été apporté. Néanmoins, malgré quelques trouvailles comme spider-cochon, le film peine à pleinement décoller, la faute à une histoire convenue et pas très palpitante. Reste un bon film qui fera énormément plaisir aux nombreux fans de la série.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

I, Robot

I Robot
2004
Alex Proyas

La science-fiction est un genre qui se fait rare dans le monde du cinéma, bien que la tendance soit à la hausse. Mais plus rare encore sont les bons films de science-fiction. En choisissant d’adapter un livre du maître du genre, Isaac Asimov, Alex Proyas (The Crow, Prédictions) pouvait difficilement se tromper. Et en effet, il ne s’est pas trompé.

Tiré du livre Les Robot d’Isaac Asimov, le film se déroule en un 2035 plus réaliste qu’à l’accoutumé dans le sens où le principale changement d’époque réside dans l’apparition de robots humanoïdes régis suivant trois lois :
– Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, restant passif, permettre qu’un être humain soit exposé au danger.
– Un robot doit obéir aux ordres que lui donne un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi.
-Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n’entre pas en conflit avec la première ou la deuxième loi.
Particulièrement bien rodé, le système de l’USR garanti une totale sécurité et n’a jusqu’à aujourd’hui, jamais failli. Tout le monde a largement accepté les robots. Tous, sauf Del Spooner (Will Smith (Idependance Day, Sept Vies)). Et alors que le fondateur de USR se suicide, Del, étant policier, est appelé sur la mission. C’est alors qu’il trouve un robot modèle NS5 spécial qui peut, s’il le désir, désobéir aux trois lois. Immédiatement, Del Spooner va suspecter le robot de meurtre, chose impensable. Bien décidé à prouver la malveillance des robots, Del va mener l’enquête à l’aide du docteur Susan Calvin (Bridget Moynahan (Lord of War, World Invasion : Battle Los Angeles)) et Sonny, le robot NS5 défectueux.

Si le film n’a eu que des notes bonnes, et non excellentes, c’est parce qu’il ne suit pas à la lettre le livre, loin s’en faut. En effet, ici tout le monde aime les robots et un problème va survenir, alors que dans la nouvelle, les robots étaient gentils mais les gens en avaient peur. Bien heureux donc, ceux n’ayant pas lu l’ouvrage car ils pourront apprécier cette merveille à sa juste valeur. Non seulement le casting est énorme, mais en plus Will Smith est en très grande forme et chaque intervenant est assez charismatique. Pour les effets spéciaux, nominés aux Oscars, ils sont encore parfaits avec des robots bluffants, des voitures de toute beauté (d’autant que celle de Will Smith est une Audi), et la réalisation aux petits oignons. Sans aucun doute l’un des meilleurs films de science-fiction à ce jour. Immanquable.

Publié dans Cinéma, Critiques | Un commentaire