Very Bad Dads 2

Very Bad Dads 2
2017
Sean Anders

Si mon indulgence concernant les blockbusters décérébrés est en chute libre, il est un autre domaine avec lequel l’alchimie ne se fait plus : les comédies américaines. C’est bien simple, je ne ri plus, fatigué par la lourdeur des blagues graveleuses, mais je suis surtout devenu allergique aux démonstrations publiques et autres moments de gêne intense. Tout en respectant cette folie décadente américaine à l’insouciante exacerbée, Very Bad Dads, ou Deddy’s Home en version originale (encore des traducteurs de génie !), avait réussi l’exploit de non seulement proposer une idée assez neuve tout en la poussant pas mal loin, mais en plus le film avait su éviter la plupart des écueils du genre.

Après la confrontation entre l’ex mari ultra beau-gosse (Mark Wahlberg) et le gros dindon attardé (Will Ferrell), cette suite va agrandir la nouvelle famille en réunissant autour de Noël deux nouveaux invités : leurs papas respectifs (Mel Gibson et John Lithgow). Si à petite dose la situation avait réussi à se maintenir, le rassemblement risque vite de dégénérer…

Visiblement très attaché à la notion de famille au sens large entre les thématiques de famille recomposées dans ce diptyque et d’adoption dans Apprentis parents, le réalisateur semble maîtriser son sujet pour trouver de bonnes situations et sait parfaitement gérer son casting. Les rôles sont parfaitement à la mesure du physique des personnages, opposant méthode dure et méthode douce, tout en montrant les bienfaits de chaque. Bon après il ne faut pas y chercher de réflexion extrêmement poussée, mais on pourrait par exemple citer le passage où la petite fille, énervée qu’on pousse son frère timorée à aller à la chasse, fait le forcing pour y aller en balançant du féminisme pour une fois bien senti et intelligent. Une scène qui se terminera d’ailleurs de façon très drôle, comme tout ce qui entoure la fille, assurément le personnage le plus abouti (bien que je la confonde parfois avec l’autre). On notera niveau humour une légère baisse de qualité, car si la folie est encore de la partie avec les coups du bébé déjà taré, le frère Lannister ou le coup du déblaye-neige possédé remplaçant la moto déchaînée, on échappera pas cette fois à quelques moment de gêne pénibles. Les grands-pères sont aussi trop dans le sur-jeu et n’apportent pas grand chose en dehors de leur charisme, n’étant que des itérations exacerbées de leurs progénitures. Reste qu’on passe un très bon moment, juste simple et efficace, et c’est tout ce qu’on demande.

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Incognito

Incognito
2009
Eric Lavaine

Bigre ! On pense se faire une petite soirée « repos » en se revoyant une petite comédie qu’il nous semblait avoir apprécié à l’époque et qui n’aura donc pas besoin de repasser sous ma plume (sauf changement d’avis important), et on se rend compte que malgré une décennie entière et près de 2500 critiques écrite sur le site, à quelques mois près le film n’a pas fait l’objet d’un article. Il me semblait tenir là l’une des bonnes comédies françaises de l’ère moderne, mais il est vrai que l’avalanche d’immondices aide à la clémence.

Le film va combiner deux grands clichés / classiques du genre : l’artiste escroc et le mensonge de vie. On y suit Luka (Bénabar), chanteur qui a fait carrière grâce aux chansons d’un ami mort, devant faire face au retour de son dit ami, en réalité en retraite spirituelle en Inde depuis dix ans. Absolument pas au fait de l’actualité people ou musicale, son ami Thomas (Jocelyn Quivrin) ne sait donc pas que son ami l’a dépouillé de ses chansons. Tétanisé par la peur de voir son monde s’effondré, profitant du voyage de sa femme (Anne Marivin) et d’un pote squatteur (Franck Dubosc) prêt à aider, sans compter le fait que Thomas n’est là que pour trois jours et étant la première personne à l’avoir croisé à son arrivée à l’aéroport, Luka va donc tenter de se la jouer incognito.

Ah ce bon vieux mythe du talent, comme s’il suffisait d’en avoir, ou de spolier quelqu’un qui en a, pour jouir de la gloire. Le meilleur exemple du genre – et plus abouti d’ailleurs – est sans contestes The Words, où le truandage ne concerne pas des paroles de chansons mais un livre. Seulement ici, outre le mythomane artiste, le film y ajoute une autre couche, celle du dénie d’artiste lui-même ! C’est donc d’autant plus piquant, mais face à une aussi vieille amitié on se demande bien pourquoi un tel mensonge. La mise en place est assez laborieuse aussi, l’homme oubliant directement toutes ses obligations et ne faisant aucun effort pour changer son look. Honnêtement, avec un physique aussi banal, ne pas se faire reconnaître serait tellement facile avec un peu de bonne volonté, même sans éveiller les soupçons de son ami. Enfin bon, c’est drôle, parfois limite côté malaisant, mais pas grand chose à dire. Dubosc fait du Dubosc, le scénario est prévisible à souhait et les gags s’enchaînent à un rythme plutôt bon. Pas ouf mais sympa.

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Aladdin

Aladdin
2019
Guy Ritchie

Assurément le studio le plus écologique de l’histoire, Disney est le champion toutes catégories du recyclage. Son coup de poker en or massif du moment ? Les classiques d’animation transposés en live action. Cette année ce ne fut pas moins de quatre qui ont foulé nos salles : deux succès modérés entre la suite de Maléfique et le quasi flop de l’éléphant Dumbo. En revanche, entre la version « live » du Roi Lion et celui-ci, c’est le jackpot ultime avec plus de 2,7 milliards cumulés, ce film rejoignant donc le club des milliardaires de l’année de justesse. Après tout, rien de bien surprenant à cela, les 500 M$ du film d’animation de 1992 correspondant même à un peu plus d’entrées compte tenu de l’inflation, et en prenant en compte l’émergence de marché de certains territoires, c’est donc un résultat sensiblement inférieur.

Pour les quelques endormis du fond qui ne connaîtraient pas l’histoire qui nous est une nouvelle fois contée ici, il s’agit d’une aventure magique sur fond de romance entre Aladdin (Mena Massoud), un jeune vagabond volant pour vivre, et Jasmine (Naomi Scott), la princesse d’Agrabah, tombés sous le charme l’un de l’autre lors d’une sortie incognito de cette dernière. Seulement voilà, il ne peut pas l’aimer car il n’est qu’un vaurien et elle ne peut qu’épouser qu’un prince. Envoyé au fond d’une grotte chercher une lampe magique, il va se rendre compte que l’objet en question abrite nulle autre qu’un génie (Will Smith), capable d’exhausser n’importe quel vœux.

Très loin d’être un inconditionnel de l’original ou même des Disney d’animation, surtout ceux de cette époque dite de « l’âge d’or », l’idée d’un remake ne me choquait pas outre mesure, d’autant que les histoires de la plupart de ces films étaient rushés, surtout en terme d’écriture des personnages et évolution psychologique. Bon après j’avais espoir de pouvoir aussi me débarrasser des chansons à la con, mais c’est raté, le film les reprend toutes, et en rajoute même. Cela nous sort régulièrement de l’histoire, surtout le coup du « non je ne vais pas me taire », le moment « féministe » du film. Excusez-nous les futures générations pour cette mouvance qu’on bourre aux forceps et qui pourrie le cinéma de cette fin de deuxième décennie du XXI° siècle. Quitte à balayer le reste des aspérités du film, ayons une pensée émue pour Guy Ritchie, l’un des réalisateurs les plus talentueux actuel, qui après deux échecs commerciaux consécutifs vient de vendre son âme pour un projet ultra calibré où l’on ne ressent pas une seconde son style, lissé à outrance. Néanmoins, le pire défaut du film nous viendra de Jafar, incarné par un jeunot sans aucun charisme, impactant beaucoup la sensation de menace et réduisant les enjeux globaux.

Pour le reste, on peut se montrer très satisfait, le film suivant l’histoire avec quelques libertés bienvenues, permettant de pimenter la sauce et de créer quelques surprises. Pas fan du génie d’origine, cette nouvelle version beaucoup plus humanisée passe mieux et sa sous-intrigue est amusante. Pour le reste du casting c’est une belle surprise, le duo principal étant à la fois fidèle et charismatique. Chapeau bas tant Jasmine était un fantasme ambulant, la relève a été assurée. La plus longue durée du film permet aussi de mieux développer les personnages et les intrigues, trouvant enfin une explication au subterfuge Aladdin / Ali Ababoua. On aurait aimé moins d’effets spéciaux et plus de décors en dur tant chaque plan dégouline de CGI, mais la technique est au point. La magie est donc préservée et cette nouvelle itération apporte son lot d’améliorations lui conférant un certain intérêt, mais ça reste minime et probablement que les enfants continueront de préférer la version animée. Enfin quand on compare à La Belle et la Bête, qui a pourtant lui aussi pulvérisé la barre du milliard, c’est presque miraculeux.

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L’Arme fatale 4

L’Arme fatale 4
1998
Richard Donner

Suite et fin de cette saga qui ne m’a que trop coûté en temps, me permettant d’acter noir sur blanc mon avis sur cette franchise. Chose particulièrement utile, en cas d’oubli ou de sénilité dans quelques décennies, pour éviter de me faire à nouveau la réflexion, au détour d’un film où l’un des acteurs principaux excelle « et si je me refaisais la quadrilogie de L’Arme fatale ? ». Eh bien désormais c’est acté, plus jamais.

Histoire de terminer ce dernier tour de piste en écumant un cliché de plus sur le monde de la pègre, nos compères Riggs (Mel Gibson) et Murtaugh (Danny Glover) vont cette fois affronter la mafia chinoise (avec Jet Li en principal adversaire). Comme toujours, le hasard et les emmerdes n’auront de cesse de leur tomber dessus, puisque c’est lors d’une balade en bateau que leurs routes vont se croiser.

Plus que jamais les scénaristes sont aux abonnés absents, et la lassitude atteint son paroxysme. Les gags sont encore et toujours recyclés jusqu’à la moelle, avec néanmoins un inédit : Chris Rock. Le personnage est creux au possible, inutile à l’histoire et jamais drôle, comme ce boulet de Joe Pesci, si fatiguant. Pire, le seul personnage féminin fort, Lorna, en est réduite à une potiche enceinte, à quelques exceptions près. Au moins la continuité est là, comme les deux chiens, permettant de voir que neuf ans plus tard, celui du 2 est finalement toujours là, partageant ses maîtres avec celui récupéré dans le 3. On se raccroche à ce qu’on peut quand le scénario est à ce point inexistant. En fait, un duo de policiers avec l’un sérieux et l’autre plus voyou, proposant du divertissement bas de plafond reposant sur de l’action grand-guignolesque, on a au final la même formule et la même qualité que notre franchise nationale Taxi ! Question malaise on a presque aussi fort lors de scènes comme le gaz hilarant chez le dentiste ou le coup du rabbin. Certes, question charisme le casting est incomparable, mais c’est dire à quel point on touche le fond. Cette fois ça y est, cet opus a réussi à passablement m’ennuyer, et il était temps que ça s’arrête.

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L’Arme fatale 3

L’Arme fatale 3
1992
Richard Donner

Quand ça cartonne, on cachetonne. Que ce soit les acteurs, les producteur ou le studio, pas question de laisser dormir la poule aux œufs d’or, et cette fois un nouveau pallier fut atteint : la barre symbolique des 300 M$. Pour le spectateur retour de la formule miracle, et question budget – qui explosera tous les compteurs pour le dernier tour de piste – la timidité était encore de mise, à peine le dixième des recettes.

Après la drogue puis la drogue, place au trafic d’armes avec un flic ripoux. Suite à une petite bavure dont ils ont le secret, les agents Riggs (Mel Gibson) et Murtaugh (Danny Glover) vont se retrouver à la circulation, mais étant toujours des aimants à problèmes, la merde va leur tomber dessus au détour d’un braquage de convoie, les menant directement au beau milieu d’un trafic d’arme orchestré par un ancien policier.

La formule commence à montrer ses limites : passé l’excellente intro avec le coup du chat, on tombera immédiatement dans une avalanche de redondances et recyclage. Les gags des premiers films sont remixés et les mêmes facilités scénaristiques font avancer sans surprises une histoire des plus convenues. Pire, le running gag de Joe Pesci, vite fait amusant dans le précédent film, devient ici quasiment immédiatement insupportable. La love interest est moins touchante que la dernière en date, et côté action-divertissement, si le film fait le taff, rien de vraiment mémorable. Le coup du chien est amusant, mais on se demande où est passé celui du précédent film, qui semblait en pleine force de l’âge à peine trois ans plus tôt. De quoi commencer à se lasser donc, d’autant que la saga n’aura jamais vraiment décollé.

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L’Arme fatale 2

L’Arme fatale 2
1989
Richard Donner

Un duo efficace, un principe qui marche : malgré un scénario pas folichon plombant pas mal le premier film, L’Arme fatale fut un énorme carton, et en voici la première suite de ce qui deviendra une quadrilogie. Plus gros succès sur le sol américain, battant de peu le troisième, le film a néanmoins rapporté largement moins que les deux qui suivirent, la saga ayant mit du temps à s’exporter et à décoller à l’étranger.

Après la drogue du Vietnam, place à la drogue sud-africaine. Désormais comme cul et chemise, Murtaugh (Danny Glover) et Riggs (Mel Gibson) coulaient des jours heureux au sein des forces de police de leur ville, mais suite à une arrestation qui va mal tourner, ils vont se retrouver à devoir jouer les babysitters et surveiller Leo Getz (Joe Pesci), un témoin à protéger. Obnubilés par leur affaire d’arrestation de dealers laissée en suspend, le hasard va faire que le fameux Leo n’est autre que le blanchisseur de ces mêmes dealers. Les affaires reprennent !

Le film démarre beaucoup plus fort, n’ayant pas à introduire les deux héros, et la dépression de Riggs allant mieux, l’humour est clairement rehaussé. Les situations marchent mieux, le film est plus efficace et la petite hollandaise est des plus charmantes, mais foncièrement le film souffre des mêmes problèmes. On a toujours une absence totale d’enquête : soit le hasard fait avancer les choses, soit l’ennemi passe en premier à l’offensive. En plus, on reste sur des histoires de drogue et de gros sous, donc rien de bien passionnant. Au même titre qu’on avait par exemple le coup du stand de tir, ce film possède lui aussi quelques grands moments comme la mythique scène des toilettes, mais si le début marche mieux, la fin est plus conventionnelle – bien qu’esquivant le malaise de la baston illisible et débile – et on notera plus de longueurs ici, et le coup de la découverte aquatique passera mal tant la déception est de mise. On voit bien le potentiel, mais la technique est encore à parfaire, et il faudrait surtout un scénario tant sur les deux premiers films le travail est bien trop faible.

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L’Arme fatale

L’Arme fatale
1987
Richard Donner

Après avoir vu le film Air America, j’ai eu cette envie de « prolonger » l’aventure en me plongeant une fois encore dans cette saga culte emmenée par un acteur si charismatique, d’autant que je ne les avais pas revu depuis la création de mon site il y a bientôt neuf ans. Pas forcément la franchise qui m’avait le plus marqué, j’en avais gardé un bon souvenir, me rappelant – chose assez rare pour être soulignée – que la qualité avait su rester au rendez-vous tout du long des quatre opus.

On suivra deux flics que tout oppose : Roger Murtaugh (Danny Glover), un père de famille calme et responsable pensant à se retraite après avoir passé le cap de la cinquantaine ; et Martin Riggs (Mel Gibson), dépressif suicidaire suite au décès de sa femme et qui cherche à se sentir vivant en fonçant sur le danger. Les deux hommes vont se retrouver à devoir faire équipe pour élucider une mort suspecte, qui les mènera vers un réseau des plus dangereux.

En écrivant ses lignes je viens de réaliser quelque chose : si en tant que spectateur on voit la fille se suicider lors de la première séquence du film, le film semble indiquer qu’il y avait quelque chose dans la drogue qui l’a poussé à le faire, puis l’enquête penche aussi sur le fait qu’elle ait pu être poussée, mais en réalité le film n’élucide jamais l’affaire principale qui débouche sur la suite de l’aventure. Il n’y a d’ailleurs pas vraiment d’enquête, tout n’est que suite de coïncidences, rencontres fortuites et coups de bol. Un scénario assez limité donc, voir gênant avec le combat à mains nues, complètement débile tant l’un risque sa vie et l’autre est de toute façon cerné. Une scène surréaliste, d’autant que passablement illisible, mais soit. Côté action le film délivre un service minimum, taclant là aussi la cohérence de l’histoire entre d’un côté des pros de la gâchette ne ratant jamais leur cible aux entraînement, et de l’autre des fusillades qui ne font jamais mouche. Reste alors le duo, sympathique mais là aussi mal amené. Le dîné scelle une complicité qui n’avait pas encore prit, l’évolution aurait mérité d’être moins abrupte. C’est terrible à dire, mais avec le recul le film est foncièrement banal et très mal construit. Du divertissement qui ne repose que sur la sympathie du duo, le reste pesant plutôt en défaveur du film.

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X-Men : Dark Phoenix

X-Men : Dark Phoenix
2019
Simon Kinberg

Voilà donc le film qui a tué la franchise, au moment même où la saga bascule dans l’écurie Disney suite au rachat de la Fox. Un coup monté pour tuer la licence pour mieux la rebooter et l’intégrer au MCU ? Assurément pas, et tout ça est triplement faux. Déjà, le film qui a tué la licence et dont ce film paie en grande partie les pots cassés est Apocalypse. Alors que Days of Future Past avait apporté la plus belle pierre à l’édifice en proposant la réunion des deux univers, se terminant sur le teasing de l’arc le plus intéressant des comics et un futur qui nous tardait de découvrir, Apocalypse a fait toutes les erreurs possibles et imaginables : placer l’histoire dans le passé avec un recasting de certains acteurs emblématiques comme Jean Grey ou Cyclope, créant des incohérences monstrueuses avec des acteurs de dix ans trop vieux, et l’écart de charisme entre les anciens et ces nouveaux pour qui on part sans aucune affecte achève de les rendre insipides. Les retours furent très mitigés, et toute suite décevante entraîne de mauvais résultats pour le suivant.

Alors certes, même si ce film eu des retours encore plus mauvais, que le film n’arrive pas sur l’ensemble de sa carrière à égaliser le week-end de lancement du précédent déjà décevant au box-office, on obtient alors l’un des plus gros échecs de l’histoire au box-office. Entre un budget de base de 200 M$, des reshoots massifs (au moins 50-100 M$) et une campagne marketing de blockbuster, le budget final est estimé à 350 M$, hors les recettes furent de 252 M$, donc en comptant 50% de distribution et 75% en Chine (très taxé), on obtient à peine 110 M$ dans la poche du studio, soit un déficit historique d’un quart de milliard. Pour ce qui est de la théorie de Disney torpillant la licence pour la reprendre, déjà quand on balance 75 milliards sur la table ça n’est pas pour encaisser des fours retentissants, mais en plus elle comptais reprendre le casting des films, notamment Wolverine, donc ce désamour est un coup dur pour eux. Enfin bref, parlons du film.

Toujours avec les mêmes acteurs qui avaient fait un bond de vingt ans l’air de rien (et on en est à 25 ans d’écart dans l’histoire avec First Class au calme alors qu’il n’y a eu que huit ans d’écart en terme de tournage), le même scénariste que X-Men : l’affrontement final revient avec la même histoire, chronologiquement vingt ans plus tôt. Du génie ! Ainsi, Jean Grey (Sophie Turner) est à nouveau en proie avec un dédoublement de la personnalité entre celle que les autres connaissent et le Phoenix, être né de la colère de son passé oublié. Seulement cette fois, lors d’une mission spatiale, une force cosmique est entré en contact avec elle, décuplant sa force et sa folie latente, la rendant vulnérable face à une autre menace bien décidée à se servir d’elle : Vuk (Jessica Chastain), chef d’une race extraterrestre qui veut se servir de cette force cosmique pour prendre possession de la Terre.

Comment a t-on pu tomber aussi bas ? Si déjà l’idée d’adapter un arc déjà traité dans la franchise était un non-sens absolu, la nouvelle version est clairement très en deçà de la précédente tant en terme d’histoire, de personnages, d’acteurs ou même d’un point de vue divertissement. Le concept de race alien arrive de nulle part, ni leurs pouvoirs ni leurs motivations ne sont expliqués (en dehors de se trouver un nouveau foyer, mais n’est-ce pas déjà fait ?) et leurs choix n’ont aucun sens. Si la quasi intégralité des leurs ont été exterminés par la force cosmique, ne devraient-ils pas être extrêmement prudents et ne pas sacrifier les leurs par centaines comme du menu fretin ? Magneto et Charles ne servent à rien, ou si peu, et les déviances de ce dernier sortent de nulle part, n’ayant jamais été développées dans aucun autre film. Le traitement des personnages est mauvais, et si les « anciens » comme Eric / Magneto (Michael Fassbender), Charles Xavier / Professeur X (James McAvoy), Raven / Mystique (Jennifer Lawrence),  le Fauve (Nicholas Hoult), ou encore Peter / Vif-argent (Evan Peters) ne sont pas trop mauvais, quoique clairement peu investis, on ne peut pas en dire autant des fraîchement arrivés de Apocalypse. On aura rarement vu une telle absence de charisme chez Cyclope (Tye Sheridan), Jean Gray (Sophie Turner), Diablo (Kodi Smit-McPhee) et Tornade (Alexandra Shipp), pourtant personnages emblématiques qui avaient de très bons acteurs dans l’autre timeline. C’est d’autant plus regrettable quand l’histoire se centre plus que jamais sur eux. Même visuellement le film est pauvre : une vieille rue de banlieue, devant un immeuble en ville de nuit, dans un train ou sur un terrain vague dans une forêt, pas un seul lieu d’action ne sera intéressant ou original. Les décors n’ont pas d’âme et font parfois cheaps, improvisés en CGI dans un déluge d’effets spéciaux parfois très laid comme quand Jean et Vuk sont dans la chambre. Absence de charisme ou de motivation côté casting, une redite d’histoire qui se vautre et multiplie les incohérences incroyables avec le futur qu’on connaît de Days of Future Past, de l’action banale et un manque de grandiose dans la réalisation. Le film est un échec sur tous les tableaux. Après un Apocalypse sans grandeur et tellement décevant, cette suite se vautre et nous prouve, si besoin était après l’excellent Logan, que cette timeline n’avait plus aucun intérêt et qu’il aurait fallu mille fois plus continuer l’autre. La saga est morte, à voir ce que Disney en fera, et c’est tellement dommage tant certaines fulgurances dans la franchise ouvraient les portes à tant de rêves prometteurs.

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Air America

Air America
1990
Roger Spottiswoode

Deux légendes du cinéma dans un même film il y a pourtant près de trente ans, c’est complètement fou. Ni flop ni succès, il est clair qu’un duo d’affiche pareil aurait clairement plus rameuté aujourd’hui, le film ayant tout juste amorti son budget brut à domicile (pas de chiffres internationaux disponibles). Me rappelant surtout du film pour l’une de ses premières scènes où un jeune fougueux pilotait un hélicoptère en ville à un mètre du sol pour faire dans le sensationnel, il m’est prit d’une envie soudaine d’y replonger, et grand bien m’a fait.

L’histoire du film se déroule en 1969, en pleine guerre du Vietnam alors que les Etats-Unis enchaînent les déconvenues face aux forces communistes depuis plus de dix ans et que le conflit a déjà coûté la vie à des centaines de milliers de soldats américains (et plus d’un million de locaux, dont une majorité de civiles en dommages collatéraux). L’opinion publique rejetant massivement la guerre et le gouvernement n’assumant plus les échecs à répétition, une base secrète avait alors été installée au Laos, ravitaillant les locaux et acheminant le matériel nécessaire de façon clandestine. Chroniqueur radio à bord de son hélico, Billy Covington (Robert Downey Jr) va se retrouver cloué au sol suite à un numéro acrobatique dangereux, faisant de lui le candidat idéal pour venir refaire les rangs des pilotes top secret du Laos, les forces communistes arrivant régulièrement à abattre leurs appareils. Il y rencontrera alors Gene Ryack (Mel Gibson), un autre pilote confronté depuis pas mal d’années à la réalité du terrain, et il va se rendre compte que le rôle de sauveteur américain cache une réalité bien plus sombre.

Voilà ce qu’on appelle une comédie satyrique : alors que la guerre au Vietnam était encore fraîche dans la mémoire des gens (le film sortant à peine 11 ans après la défaite signée), le film vient déterrer la merde pour nous y mettre le nez en plein dedans, tout en s’en moquant. Perdre des hommes ? La belle affaire ! La guerre a très vite été oubliée sur le terrain au profit du profit, quitte à pactiser avec l’ennemi et jouer avec eux les trafiquants d’armes et de drogues. Le film confronte donc un petit jeune idéaliste face à une bande de vieux loubards désabusés qui s’amusent du chaos ambiant, avec le gouvernement américain qui joue les vierges effarouchées à la moindre question, s’essuyant le nez plein de cocaïne et cachant tant bien que mal des malles pleines de billets couverts de sang. Mettant en avant deux acteurs extrêmement charismatiques, le film se paye le luxe de décors réels et d’un grand nombre d’avions, donnant plus d’impact à l’ensemble. On passe donc un bon moment, alternant les passages choquants, drôles et impressionnants. Puis vient alors la fin, nous faisant découvrir un point insoupçonné sur l’histoire, et dévoilant des péripéties à mourir de rire, le coup du loto étant d’anthologie. On se passionnera ou non pour cette histoire pas aussi nihiliste qu’il y paraît, mais ça reste sacrément efficace.

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All Inclusive

All Inclusive
2019
Fabien Onteniente

Sur le papier, le film ne partait pas glorieux, mais il avait le mérite d’intriguer. Quand le film était au stade de projet deux ans avant sa sortie, suite aux caméos qui avaient failli se faire entre deux des sagas françaises les plus populaires, Les Tuche et Camping, ce film devait à l’origine réunir les deux sagas pour un film « événement » où la famille Tuche se retrouverait en vacances avec Patrick Chirac. Oui mais non, finalement cela ne s’est pas fait, et ne restait alors qu’un sous Camping non assumé avec de gros trous à remplir niveau personnages, et voici l’un des films ayant récolté les pires critiques de l’histoire.

Le pitch du film donne le ton tant on explose tous les records de connerie et d’incompétence : un couple qui ne part jamais en vacances et qui gagne un voyage all inclusive inespéré aux caraïbes oubli de vérifier la validité du passeport de madame (Maïwenn), faisant que Bruno (François-Xavier Demaison) va partir seul. Et comme le monde est peuplé d’abrutis consanguins ne faisant jamais leur travail, le directeur du village vacances (Thierry Lhermitte) a malencontreusement accepté plus de réservations que de places disponibles, obligeant Bernard à partager sa chambre avec Jean-Paul Cisse (Franck Dubosc), un marginal qui va le bousculer dans ses habitudes.

Après son pitch laborieux, le film n’aura de cesse de nous surprendre, en mal. On y croise le pauvre Youtuber Yvick faisant de l’auto-parodie très gênante, Josiane Balasko est la grosse morue répugnante, et tous les autres sont des stéréotypes ambulants entre le campeur aseptisé, le gros bougon tout le temps énervé, ou encore la vieille pédale en quête de chaire fraîche. Le film n’a absolument aucun sens, enchaînant les sketchs sans aucune forme de montage ou de suite logique, et l’humour réussi l’exploit d’être invariablement malaisant. C’est bien simple, c’est le sans faute absolu de l’échec : pas une seule blague ne fera mouche, et on passera son temps à chercher la caméra cachée tant on a du mal à croire que ce soit un vrai film validé par des « professionnels » du milieu. On ne s’étonnera alors pas de voir Kev Adams venir lui aussi chercher un petit cachet dans ce qui tiendrait presque du teasing de suite, mais entre le four en salle et l’accueil critique presse et spectateur sondant des bas fonds historiques, le holà a été mit. Il faudrait presque le voir pour y croire, mais le foutage de gueule est tellement incommensurable que même le voir pour se moquer n’en vaut pas la peine.

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