Lady Bird

 

Lady Bird
2018
Greta Gerwig

La séance de rattrapages continue avec ce qui pouvait potentiellement être les meilleurs films de l’année à mes yeux, ou alors un film que j’avais de toute façon prévu de voir et que j’étais passé à côté au moment de sa sortie. Grand challenger des derniers Oscars avec tout de même deux prix d’envergure aux Golden Globes (meilleur film et meilleure actrice), le film attisait ma curiosité, et avant de dévoiler à la fin du mois mon top annuel, il fallait que je m’assure qu’il en fasse ou non parti. Eh bien non.

Se déroulant en 2002, le film nous raconte la difficile adolescence de Christine McPherson (Saoirse Ronan). En dernière année d’un lycée catholique de Sacramento, elle est énervée contre à peu tout et tout le monde. Son lycée ultra conservateur lui sort par les oreilles, elle crache sur sa ville et rêve d’aller faire ses études ailleurs, elle dénigre la situation sociale de ses prolétaires de parents, a une relation conflictuelle avec sa mère, sa seule amie est une obèse asociale et elle rejette même son propre prénom, préférant se faire appeler « Lady Bird ». Bref, le cliché ambulant de l’ado chiante…

Même si le genre a tendance à se perdre, les Etats-Unis aiment produire régulièrement des productions pour montrer leur épanouissant milieu scolaire, pourtant si décrié où en moyenne les gens s’endettent sur 10 ans pour les études (avec jusqu’à 40 ans pour certaines universités hors de prix avec plus du quart des étudiants qui se retrouvent en prison faute de pouvoir rembourser). Ah les joies de démarrer sa vie professionnelle avec près de deux-cent mille dollars de dettes ! Enfin bref, on suit les conflits classiques de ce genre d’histoire entre le frère baba cool qui va probablement finir en prison faute de pouvoir rembourser ses études ; un père dépressif qui a perdu son emploi et qui perdra vraisemblablement sa maison au moment de la crise du subprime ; une mère qui n’atteindra jamais l’âge de la retraite à force de faire des heures supp de partout ; une meilleure amie qui s’effondrera du diabète ou d’une crise cardiaque avant 40 ans ; le coup du premier premier petit copain (Lucas Hedges) qui va déraper ; et bien évidemment le fameux connard méta ténébreux qui croit tout savoir sur le monde, qui a tout compris et qui regarde les gens de haut, assurément incarné par cette bonne tête à claque de Timothée Chalamet. Tous les clichés les plus éculés y sont, la fameuse « Lady Bird » est une petite conne insupportable, et fatalement avec le style « cinéma d’auteur qui pète plus haut que son cul », on se fait royalement chier. Non pas que le film n’ait aucun intérêt ou que les acteurs soient mauvais, mais à quoi bon ? On a déjà vu cette histoire mille fois, le film n’est pas drôle et n’a pas de réelle intensité dramatique, donc voilà. Si j’avais su, je me serais abstenu.

 

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Mary Poppins

Mary Poppins
1965
Robert Stevenson

Alors que défiant toutes probabilités une suite vient de débarquer au cinéma 53 après l’original, il était temps de revoir ce grand classique de Disney (un des plus gros succès de l’histoire puisque compte tenu de l’inflation, sur le seul territoire américain lors de ses sorties en 1964, 66 et 80, le film y a rapporté l’équivalent actuel de un milliard !), le dernier sorti du vivant du créateur du studio aux grandes oreilles et dont l’histoire derrière la création du film avait été raconté dans le très bon Dans l’ombre de Mary, qui valait d’ailleurs bien plus pour son histoire dans l’histoire que pour la démarche en elle-même. Malheureusement, le résultat final n’a plus grand chose à voir avec la touchante histoire vraie qui a inspiré le film.

Le film nous plonge dans la famille Banks, une riche famille d’une banlieue tranquille où le mari travaille à la banque pendant que sa femme joue les suffragettes et ses deux enfants terrorisent tour à tour toutes les nounous des environs. Fée dotée de pouvoirs magiques, Mary Poppins (Julie Andrews) va se donner pour mission de remettre les enfants sur le droit chemin, ainsi que leurs parents qui ont peu à peu perdu leur flamme. Pour l’aider dans sa mission, elle sera accompagné par Bert (Dick Van Dyke), un artiste saltimbanque qui n’a jamais cessé d’entretenir son âme d’enfant.

Un des plus gros succès de toute l’histoire du cinéma, le film fut largement acclamé à sa sortie avec une pléthore de récompenses, notamment pour son actrice principale qui décrocha le prix d’interprétation dans toutes les cérémonies, notamment aux Oscars. Il faut dire que les comédies musicales avaient le vent en poupe à cette époque, et le film était à bien des égares un sacré prodige. Bien sûr, la séquence de la chambre qui se range tout seule n’avait de rien de spécial pour l’époque, Ma Sorcière bien aimée ayant débarqué la même année, de même que l’usage des fonds verts pour faire des incrustations, y compris de dessins animés, était déjà utilisé pour des effets spéciaux dès les années 30, mais si la technique existait déjà la pratique était ici particulièrement réussie. Le style peut rebuter un peu aujourd’hui, mais le principe étant de faire travailler l’imaginaire et d’y donner vie, on accorde plus facilement notre suspension d’incrédulité. Si comme d’habitude les enfants sont atroces, ils sont heureusement secondaires, le duo Mary / Bert fonctionne très bien et les acteurs sont formidables. En revanche, l’histoire n’a aucun sens et paraît des plus décousues entre des personnages en roue libre, une absence de but réel et une finalité douteuse. Les innombrables chansons, à la qualité très discutable (musique minimaliste, paroles fades et qui se répètent très vite), semblent servir de bouche trou à une histoire pourtant inexistante, donnant au film des airs de show improvisé pas très inspiré. Bien sûr, si on est petit le charme de Mary, la magie et le côté entraînant des chansons suffiront largement à nous combler, mais passé un certain âge on constate amèrement une absence totale de fond.

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Secret of Mana

Secret of Mana
2018
PC / PS4

Ô tendre souvenir de ma jeunesse… Qu’il est loin le temps où la saga Seiken Dentestu brillait ! Après l’échec du dernier épisode numéroté sorti dans un état embryonnaire sur Playstation 2, quelques spin-off ont vu le jour sur téléphones ou consoles portables, sans jamais égaler de près ou de loin Sword of Mana, qui n’était déjà que poudre aux yeux, à supposer que la saga ait proposé à un moment donné plus que du simple divertissement aux qualités purement techniques et graphiques. Le joueur nostalgique hésitait alors vouloir que la franchise repose en paix et l’espoir d’un nouvel opus réconciliant tout le monde. Finalement, un vague fantasme d’antan a resurgi début 2018 : le « remake » du plus mythique de tous les épisodes, Secret of Mana. Alors même que le studio n’avait aucune ambition pour le titre, de toute évidence développé en marge de leurs gros titres avec une équipe très réduite, les fans de la première heure se sont rués en masse pour déplorer une catastrophe annoncée. Oui, nous aurions aimé un remake ambitieux, alors qu’au final le jeu est une pure copie plus proche du remaster que du remake, mais est-ce une raison pour bouder l’occasion de redécouvrir ce titre mythique sous un nouveau jour ?

Graphismes : 12/20

À moins d’en faire un triple A au budget faramineux pour faire un véritable remake sous par exemple Unreal Ungine 4, compte tenu des enjeux on pouvait difficilement espérer mieux dans l’optique d’un simple remaster. L’angle de vue est inchangé et tout en terme de design et de direction artistique est extrêmement fidèle à l’original. Le choix du self shalding est très pertinent, trouvant là un excellent compromis dans le passage à la 3D. Et c’est peut-être le plus gros soucis du jeu en terme de graphismes. En dehors de la scène d’introduction magnifique qui laisse un peu trop espérer, tout le reste est irrévocablement plat. La narration ne s’offre pratiquement aucune mise en scène, et quand on affiche un rendu à peine supérieur à la Playstation il est honteux de voir une absence totale d’innovation, alors même que les sorts et surtout les boss auraient pu gagner en grandiose. Concernant ces derniers, même si la plupart sont fidèles, voir légèrement mieux, certains font peine à voir comme le rachitique serpent et le piaf court-sur-pattes. De même, les animations des attaques chargées auraient pu profiter d’une refonte tant à part les poings lvl 8, ressemblant à une boule d’énergie, rien n’était mémorable, et comme par hasard c’est cette dernière qui est modifiée pour quelque chose de plus sobre. Le matériau de base n’était pas parfait et il y avait là moult occasions d’y remédier, mais malheureusement le jeu va se cantonner au modèle sur tous les points…

Jouabilité : 8/20

Ce qui est excusable en 1993 ne l’est plus une seule seconde en 2018. Certes, le principe des sphères par arme, la diversité de ces dernières ainsi que les magies propres à leurs deux utilisateurs (offensives pour l’elfe et défensives pour la fille) contribuent à une belle richesse, mais le système de jeu a fait son temps. Devoir attendre que la jauge charge à 100% puis rester trois plombes pour charger une attaque dont la précision laisse à désirer est une frustration sans pareille. Déjà atroce dans l’original, l’esquive des monstres reste toujours un problème, certes moindre, mais pour peu qu’on ait déjà joué à quelques jeux du genre, rater pratiquement une attaque sur deux est une aberration. L’équilibrage est toujours aux fraises, les petits monstres étant bien plus puissants que les boss (!) et la montée en niveau des armes et magies est infernal. Mention à la dryade pour la fille qui demande d’emblée deux fois plus d’expérience que les autres magies, alors même que la montée se calcule par utilisation, et non par PM dépensés, et cette magie est atrocement cher. Un coût aberrant qu’on retrouve un peu pour tout, le gain de PO normal (tuer tous les monstres que l’on voit en avançant) ne permettant pas un instant de s’acheter les différentes armures, et encore moins forger chacune des armes. Le seul ajout consiste en deux raccourcis programmables, que ce soit pour un objet ou de la magie, mais ça ne fera pas oublier le bordel que représente le menu en anneau. Techniquement le jeu est donc très similaire à l’original, voir un chouia supérieur, mais le résultat est indigne des 25 ans qui séparent les deux titres.

Durée de vie : 10/20

Rien de spécial à dire sur le sujet, si ce n’est que le jeu de base est déjà court (à peine 10h quand on connaît, pas plus de 15h même en montant tout à fond). Il aurait été bienvenu de proposer un minimum de contenu supplémentaire, ne serait-ce que pour surprendre le joueur en enrichissant une histoire qui ne demandait qu’à l’être. On aurait aussi pu proposer plus de challenge avec un nouveau lieu rempli de boss inédits avec, comme dans la plupart des autres RPG, des monstres plus puissants que le boss de fin (et ça n’aurait pas été dur à justifier tant le passé aurait pu receler des créatures terrifiantes). Mais bon, au lieu de ça on se tape des dialogues ennuyeux lors des passages à l’auberge…

Bande son : 15/20

Alors qu’on se le dise tout de suite, si le jeu propose des choix, ils n’en sont pas vraiment. Alors même que Square-Enix a fait un travail extraordinaire de réorchestration pour ses remakes ambitieux et réussis de Final Fantasy X HD et Final Fantasy XII TZA, c’est ici un supplice de chaque instant, et choisir les musiques originales est une question de survie. De même, le jeu ayant choisit de doubler ses dialogues, pour coller au style très coloré et atypique du jeu, celui des acteurs ne se fait pas dans la dentelle, et à ce niveau là le japonais passe bien mieux que l’anglais.

Scénario : 6/20

Quoi, qu’entend-je ? Quel est cet affront ?! Non, le scénario du jeu reste inchangé et on a même tendance à pouvoir mieux l’apprécier puisque la localisation française de l’époque, faite sous le manteau avec un sens du ridicule implacable (vive Rambo et compagnie… ), laisse place à quelque chose de plus respectueux du matériau d’origine, et les phases de dialogue sont un peu plus soignées. Reste que l’éternel coup du héros prophétique qui sauve le monde avec une princesse et un lutin, face à des méchants très vilains qui veulent simplement dominer le monde en faisant des conneries que le passé nous a montré vouées à l’échec, c’est de plus en plus grotesque avec le temps. C’est d’autant plus rageant que le passé en question semble passionnant, et les ruines de l’ancien monde auraient dû être plus creusées. Le jeu survole son sujet sans la moindre intensité dramatique, les héros n’ont aucune conviction et pas d’autres enjeux que la pression du reste du monde, et les méchants défilent en arrière-plan dans l’indifférence la plus totale. Quand on est petit, un peu de magie, de poésie, un bon esprit de camaraderie et c’est parti. Une fois adulte, il en faut plus pour nous faire rêver, et les décennies d’évolution techniques ont permis de mettre en scène des histoires autrement plus ambitieuses. Eh bien ici il n’y a que trop peu d’effort d’adaptation.

Note Globale : 11/20

Ressortant tout juste de deux rushs du jeu (l’original plié en une soirée et une matinée et celui-ci fini en 12h), il m’est honnêtement impossible de dire que ce remake / remaster est moins bon que l’original pour la simple et bonne raison que le système de jeu, les musiques, l’histoire et son déroulement sont identiques, et même les graphismes sont au plus près de ce que proposait son modèle. L’ambiance est conservée et manette en main le plaisir de jeu est peu ou prou le même. Et pourtant, si c’était à refaire je referais une partie sur Super Nintendo plus que sur ce jolie lissage. Mais alors, pourquoi diantre hypocrite de mes deux ?! Eh bien tout simplement parce que si je veux retrouver le plaisir d’antan, autant s’y replonger, car au fond la légère mise à jour graphique, indigne d’une PS2, n’efface pas l’amertume de certains changements. À trop en montrer, certains boss perdent en crédibilité, pratiquement aucun changement n’est profitable et les anciens comme moi passeront le plus clair de leur temps à se faire la réflexion que le design original était plus probant. 25 ont passé et ce qu’on était enclin à pardonner devient une hérésie. Si une communauté s’était formée autour de ce remaster, peut-être qu’à force d’être modé de partout le jeu aurait pu considérablement s’enrichir pour devenir ce qu’on attendait de lui, mais il semblerait que sa mort soit déjà actée, et il n’y aura personne pour y verser une larme.

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Searching – Portée disparue

Searching – Portée disparue
2018
Aneesh Chaganty

Voilà la preuve ultime que dans la vie il y a l’art et la manière. Concept qui s’est révélé complètement bancal dans Unfriended, le film reprend ici l’idée d’un film entier montré via l’interface d’un ordinateur. Sauf que là où il n’y avait que Skype d’un seul point de vue avec quelques interactions avec la messagerie ou autre, on nous démontre qu’il y avait tellement plus à faire. Il peut y avoir plusieurs ordinateurs dans une pièce, le téléphone peut aussi faire des appels vidéo, et on peut à peu près afficher ce qu’on veut sur un ordinateur, allant de caméras annexes à des dizaines de programmes et sites, sans compter la possibilité d’y voir la télé, et donc les informations. En exploitant correctement ses outils, on peut ainsi pallier au caractère fermé de la machine et ainsi offrir un vrai travail de réalisation. Véritable succès d’estime sorti du festival de Sundance, le film s’est progressivement imposé grâce au bouche-à-oreille, arrivant à atteindre les 75 M$ dans le monde, un succès immense pour ce genre de production.

Introduction digne de Là-Haut, montrant au passage de façon remarquable l’évolution de la technologie, le film nous présente la famille Kim du point de vue de Margot, leur fille unique qui a grandi dans la douleur d’une mère malade qu’elle n’aura connu que 13 ans (ayant deux de plus au moment des faits). La suite se déroulera du point de vue de David (John Cho), son père. Inquiet de ne pas avoir vu sa fille rentrer et ayant raté trois de ses appels durant la nuit, il va tomber des nues en apprenant qu’elle n’est pas allée au lycée et qu’elle ne va plus à ses cours de piano depuis six mois. Après avoir essayé de contacter ses amis, il va devoir se rendre à l’évidence : sa fille a disparu.

Brillantissime. Non, c’est bien trop faible. Pour comprendre l’ampleur du film il faut bien comprendre une chose : il s’agit d’un des scénarios les plus intelligents jamais écrit, et c’est tout simplement le meilleur thriller de l’histoire. Le concept de l’immersion technologique est ahurissante et son utilisation bluffante, jouant sur le déplacement du curseur ou sur la vitesse de frappe pour témoigner de l’état d’esprit du protagoniste avec une rare subtilité. Bien sûr la plupart du temps une webcam ou autre nous montre David, un de ses proches ou l’enquêtrice, mais même sans personne devant l’écran le film retranscrit admirablement les émotions et le suspense. Les acteurs sont excellents et les reproductions sonores et visuelles de nos outils usuels forcent le respect, mais ce qui vous marquera profondément et irrémédiablement est la complexité, la richesse, la force et pourtant la clarté du scénario. Le père, et par extension le scénariste, redouble en permanence d’ingéniosité en trouvant toujours une nouvelle piste à explorer de par la surexposition de notre vie privée due aux réseaux sociaux. Les retournements de situation sont dantesques entre les surprises, les révélations, les moments de paranoïa et les coups de pressions à couper le souffle. Le film va loin, extrêmement loin, plus loin que n’importe quel film avant lui. Une fois que le dénouement se dessine et que tout se recoupe, on se rend alors compte du degré d’élaboration sans précédent de l’ensemble, où aucune information n’est donnée à la légère. Éreinté par un marathon d’investigation où l’on ne cesse de retenir son souffle, perpétuellement abasourdi par la qualité d’écriture, on en ressort transcendé tant le film s’impose comme l’une des œuvres les plus abouties de tous les temps.

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Mission Impossible – Fallout

Mission Impossible – Fallout
2018
Christopher McQuarrie

Plus une saga dure et plus le risque d’essoufflement est important. Il est en effet difficile de faire toujours plus grand ou plus fort, le public se lasse ou craint de ne rien comprendre en prenant l’histoire en route, faisant de chaque film un risque plus grand. Le cachet des acteurs a tendance à toujours monter un peu, le coût de la vie et les frais marketing explosent continuellement et il est pour ainsi dire impossible de faire une suite sans un budget supérieur, à moins d’avoir explosé les plafonds sans raison auparavant ou alors en revoyant les exigences techniques à la baisse. Pour le sixième film, et alors que l’inflation n’avait pas permis au précédent de se maintenir (faisant 12 M$ de moins pour un budget légèrement supérieur), l’ambition était là avec 178 M$ de budget. Entre une campagne marketing plus agressive que jamais, des critiques excellentes et une Chine en pleine expansion (récoltant 180 M$ sur place, avec à la clé une augmentation de 50 M$ !) le film a réussi l’impensable à une époque où pratiquement chaque suite est un naufrage : établir un record avec près de 800 M$ dans le monde, soit une différence budget / recettes équivalente au dernier James Bond, montrant que quand la qualité parle, l’allégeance du spectateur peut changer.

Plus grande menace humaine ayant pesée sur elle-même, que se passerait-il si l’arme atomique devenait à portée de main du premier terroriste venu ? Trois charges de plutonium prêt-à-emploi ont été fabriquées, et pour les différents gouvernements mondiaux il est impératif de mettre au plus vite la main dessus. Suite à un premier échec, Ethan Hunt (Tom Cruise) va devoir faire équipe avec August Walker (Henry Cavill), membre d’une CIA qui souhaite couvrir ses arrières. Ils vont devoir infiltrer une agence appelée « les apôtres », composée d’anciens agents gouvernementaux déçus par le système.

Faisons simple : allez voir le film. Ne regardez surtout pas les bandes-annonces qui vous dévoilent un retournement de situation qui n’est amorcé qu’au bout de 50 minutes et dévoilé véritablement qu’au bout de 1h30, sans oublier le fait que certaines scènes montrées se déroulent durant le dernier quart d’heure ! Souvent les bande-annonce en montrent trop mais là on atteint des sommets. La saga Mission Impossible a toujours été une valeur sûre pour les amateurs d’espionnage plus ou moins bourrin en fonction des épisodes, sans pour autant réussir à pleinement convaincre dans chaque domaine. Le meilleur compromis à ce jour était Protocole fantôme, le quatrième opus, mais ça restait assez gentillet et le scénario ne volait pas très haut. Ici sans pour autant impressionner outre mesure, l’histoire est très solide, bien amenée, claire et directe. On voyage un peu à travers le monde et il y a une foultitude de personnages entre les anciens de retour (Alec Baldwin, Simon Pegg, Rebecca Ferguson, Michelle Monaghan) et certains nouveaux (Vanessa Kirby) mais les objectifs sont bien expliqués et l’enquête progresse vite. Les enjeux sont de taille et le film s’offre quelques retournements de situation d’envergure, comme au début avec la scène de l’hôpital, l’une des plus inventives de toute la saga. Côté action malgré les 55 ans au compteur durant le tournage, Tom Cruise est au sommet de sa forme, ne reculant devant aucun défis entre des sauts et acrobaties dans le vide à haute altitude, du pilotage d’hélicoptère, de l’escalade extrême à mains nues ou encore de la course sur toits en mode yamakazi, le tout sans la moindre protection. Dans une ère du numérique où les fonds verts sont légions, offrir un tel spectacle sans le moindre effet spécial est une prouesse à saluer chaleureusement. Les fans de la saga trouveront là une suite d’envergure, ne reniant rien des précédents tout en apportant une grandeur jamais vue, et pour les nouveaux arrivés l’histoire est très accessible, donc pas de quoi bouder un spectacle pareil. Tout simplement le meilleur de la saga, et de très loin.

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La Nuit au musée : Le Secret des Pharaons

La Nuit au musée : Le Secret des Pharaons
2015
Shawn Levy

Alors oui, et je l’avais oublié, mais mon visionnage des deux premiers opus de la saga remonte à avant la création de mon site en décembre 2010, et ayant à l’époque modérément apprécié le premier et détesté le second, je ne pense pas m’y replonger de sitôt. Peut-être dans une dizaine d’années si j’ai des enfants ? Enfin bref. Encore est-il que la franchise a plutôt bien marché avec pratiquement un milliard en deux films, et ce troisième opus, bien que déclinant encore après un second déjà en retrait, a tout de même bien amorti son budget avec plus de 360 M$ dans le monde. Devant à priori conclure cette lucrative saga, le film poursuit-il la lente agonie amorcée par le 2 ou redresse t-il la barre pour un final honorable ? Bof…

Source du principe même des films où tout prend vie à minuit dans le musée, on met cette fois toute cette magie en danger. La tablette d’Akhmenrah (Rami Malek) perd peu à peu son pouvoir et il va falloir trouver vite une solution sans quoi elle perdra sa magie pour toujours. Gardien du secret et veilleur de nuit du musée, Larry (Ben Stiller) va devoir se rendre au British Museum de Londres pour retrouver les créateurs de ladite tablette.

Alors non, mais parfois oui. Le scénario tient sur un timbre poste, les gags sont éculés et lourds pour l’écrasante majorité, variant entre le soupir et l’exaspération, mais tout n’est pas à jeter. Même si les prestations sont plutôt mauvaises, le casting n’en reste pas moins complètement dingue avec Robin WilliamsOwen WilsonSteve CooganRicky GervaisRebel WilsonBen KingsleyDan Stevens en Lancelot – excellent personnage qui part malheureusement en vrille par la suite – et Alice Eve et Hugh Jackman jouant leurs propres rôles pour l’une des meilleures scènes du film pulvérisant le quatrième mur. La scène du combat contre l’hydre marche très bien et on aura même droit à une séquence psychédélique se déroulant dans un tableau renversant. Plus encore, le film se veut comme une vraie conclusion à la saga et réussi à démontrer que derrière les pitreries un attachement aux personnages s’est créé, ce qui n’avait rien d’une évidence. Le film vole toujours assez bas et la franchise n’aura jamais su exploiter correctement son potentiel, mais au moins on évite le naufrage complet, et c’est déjà un petit miracle en soi.

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Bumblebee

Bumblebee
2018
Travis Knight

On pensait la saga Transformers invincible, destinée à perdurer pour des décennies, au point que quand le très décrié 4ème opus a dépassé comme son prédécesseur le milliard dans le monde, une équipe de scénaristes a été formée pour étendre l’univers avec des suites mais aussi des spin-off. Alors que celui était déjà en route, l’impossible arriva : le cinquième opus, le plus cher de tous avec 217 M$ de budget brut, récolta à peine la moitié de son prédécesseur, entérinant des ambitions visiblement trop grandes. Pourtant, sans valoir l’affrontement au sommet de La face cachée de la LuneThe Last Knight proposait les visuels les plus intéressants de la franchise, et sa seconde moitié était plutôt excellente, laissant entrevoir un sixième volet dantesque, bien que de belles pistes plus intelligentes et profondes aient été abandonnées. Au milieu de cette grande fresque démesurée qui a malheureusement perdu son public en cours de route, ce spin-off avait des airs de tout pour le tout : soit le naufrage allait être consommé, soit une renaissance allait en naître.

Prenant place dans les années 80, le film nous propose donc de découvrir ce qu’il est advenu du robot jaune emblématique Bumblebee avant sa rencontre avec Sam dans le tout premier film de 2007. Échappant à la guerre sur Cybertron, il avait pour mission de partir en reconnaissance sur la Terre et y implanter une base pour les Autobots. Seulement les Decepticons, sortis victorieux de la guerre et traquant leurs ennemis ayant survécu, avaient réussi à retrouver sa trace, l’ont terrassé et laissé pour mort. L’histoire du film prend place quelques années plus tard alors que la jeune Charlie (Hailee Steinfeld) va trouver une vieille épave de coccinelle qu’elle va remettre sur pied, épave qui va s’avérer être nulle autre que Bumblebee.

Un jeune, une vieille voiture qui est en réalité Bumblebee, l’affrontement Autobots / Decepticons : si la formule semble familière c’est tout simplement parce que c’est celle du premier épisode de la saga, d’autant que dans les deux cas l’ado est marginal et le robot deviendra rapidement son meilleur ami. Les 20 ans qui séparent les deux histoires n’ont pas un impact si important en terme d’ambiance, donc très vite l’intérêt de ce nouveau film se pose. Ce qui change vraiment, c’est la façon de faire et l’équilibrage. En effet, le style démesuré et cartoon du premier film semble bien loin, l’humour est ici plus léger, moins présent, se recentrant sur du drame humain et prenant bien plus le temps de développer ses personnages et les relations de chacun. Là où le premier accordait une bonne moitié à l’action avec des affrontements opposant une bonne dizaine de transformers, ici moins du tiers du film y est consacré et seuls deux decepticons viendront pour mettre à mal le pauvre Bumblebee, pour qui le premier contact avec nos congénères ne sera pas tendre. Un film moins tape à l’œil, avec moins d’enjeux d’envergure mais plus d’enjeux humains et une mise en scène mieux maîtrisée. Certes moins spectaculaire mais plus propre et lisible. De même, la jeune Hailee est plus dans la retenue et sa prestation impressionne, arrivant malgré sa grande indépendance et force de caractère à faire preuve d’une grande sensibilité à fleur de peau la rendant complètement irrésistible. Sa connexion avec le robot marche très bien, l’ambiance 80 est discrète et le film ne mise pas tant dessus, les personnages sont bien écrits, la réalisation passe bien et les FX font le taf et offrent du grand spectacle sans avoir besoin de partir autant dans le grandiloquent. Bref, le film corrige à peu près tous les défauts de la saga et pose de solides bases sur lesquelles le studio devrait miser s’il veut retrouver les grâces du public puisque le film a obtenu les meilleurs critiques depuis ses débuts. Personnellement j’avais réussi à passer outre l’humour abrutissant des premiers pour me concentrer sur un spectacle dantesque prenant une envergure magistrale dans le troisième volet, et si dans le futur la qualité de réalisation de Bumblebee pouvait se conjuguer avec l’envergure des précédents, l’avenir de la saga pourrait être rayonnante.

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Mass Effect Andromeda

Mass Effect Andromeda
2017
PC / PS4 / Xbox One

Tous les regards étaient tournés vers Bioware qui avait révolutionné le monde de la science-fiction avec une trilogie vidéo-ludique acclamée de par son excellence à toutes épreuves sur tous les points : beau à se damner, incroyablement fun, dynamique, doté d’une bande-son magistrale et surtout doté d’un univers à la richesse sans commune mesure, mettant en avant des protagonistes emblématiques dans une histoire brillante à l’envergure inégalable. Le chef d’oeuvre ultime prouvant que le jeux-vidéo peut s’avérer être la forme d’art suprême. Tout le monde aurait voulu garder jalousement ses personnages préférés avec lui en prolongeant l’aventure avec un quatrième opus, mais la diversité des fins de Mass Effect 3 rendrait impossible un quelconque prolongement tant l’univers peut connaître des fins radicalement opposées et il faudrait alors pouvoir rassembler au moins quatre jeux en un qui ne pourraient pas avoir grand chose en commun. Une problématique de taille qui ne pouvait avoir que trois solutions : raconter une histoire se passant avant, pendant (avec la possibilité de prendre en compte les expériences de chacun, ce qui serait énorme) ou après à l’unique condition d’imposer une fin, et tout le monde sera d’accord sur exploser le pilonne de droite. Finalement le studio va choisir une autre voix plus facile et qui leur accorde bien plus de liberté : raconter une histoire se déroulant 600 ans plus tard sans que l’on sache ce qu’il s’est passé (oh comme c’est pratique !). Bénéficiant de quatre ans de développement, le titre a en revanche connu bien des problèmes lors de sa conception avec une refonte quasi complète moins de deux ans avant la sortie, laissant paraître quelques craintes, qui seront malheureusement justifiées.

Graphismes : 14/20

Si le premier épisode n’était pas exempt de défauts, les opus 2 et 3 ont été des claques magistrales entre la direction artistique mettant à la rue toutes les références SF possibles, la modélisation au sommet de la technologie et une mise en scène bien plus spectaculaire que n’importe quel blockbuster vu au cinéma. Cinq ans plus tard, la direction artistique est toujours incroyable et les deux nouvelles espèces (les Angaras et les Kerts) sont classes, mais c’est à peu près tout. Alors que le jeu est deux fois plus gourmand en ressources (optimisation à la ramasse), en terme de modélisation pure le jeu est presque une régression, notamment en ce qui concerne les modélisations faciales, largement décriées à juste titre. Rien de fou en ce qui concerne les vaisseaux, pas de phases en apesanteur ; les planètes sont basiques et la biodiversité ne se renouvelle pas spécialement ; et pour ce qui est des reliquats et tout ce qui entoure les créateurs on tombe dans la facilité tant on a l’impression de déjà avoir vu ce genre de technologie visuellement parlant. Même la mise en scène reste bien sage. Vu les bases exceptionnelles dont le titre disposait, c’est une large déception.

Jouabilité : 13/20

Modèle du genre, la saga prend du plomb dans l’aile dans l’un de ses aspects les plus probants. Si déjà le jeu se montre bien plus basique en enlevant tout système d’arme au véhicule et en ne recelant aucune phase d’action originale (comme des combats avec des armes ou véhicules spéciaux ou des passages dans l’espace), le reste perd en dynamisme, efficacité et n’est plus aussi intuitif. Le jet pack est une fausse bonne idée dans la mesure où la verticalité n’est pas au point. On peine parfois à voir le chemin, les sauts sont imprécis et surtout cela remplace quelque chose qui marchait très bien avant : les esquives, bonds et autres actions contextuelles. Pire, certaines actions sont déplacées pour les joueurs PC, et au lieu d’avoir la touche magique E qui faisait à peu près tout, il faut maintenant jongler avec bien plus de touches sans pour autant que cela ne soit utile. Mais là où le jeu devient d’une lourdeur infâme c’est que certaines actions autrefois instantanées nécessitent ici de rester quelques secondes à appuyer sur une touche. Toute ouverture de porte, coffre ou pour parler à quelqu’un, activer quelque chose, bref tout ce qui nécessite l’utilisation de l’ancienne touche magique E prend désormais deux secondes de plus. Même à la toute fin du jeu, on arrive jamais à se faire à un changement si nocif. Place maintenant à un des plus gros problèmes : l’extrême lenteur et répétitivité.

Durée de vie : 08/20

Probablement le point qui m’a le plus énervé du jeu. Alors que les trois opus de la trilogie étaient des modèles du genre, composés quasi exclusivement de missions principales et où même les missions secondaires avaient leur importance, le tout se bouclant en une vingtaine d’heures pour chaque volet, ici le bilan est catastrophique. Le jeu est d’une redondance sans appel : découvrir une planète, résoudre un problème local, activer le caveau et installer sa colonie, le tout ponctué par d’innombrables quêtes FEDEX qui auront tôt fait de vous saouler tant leur impact sur le jeu est inexistant en dehors du fait de vous donner bonne conscience. On pourrait croire que l’établissement de colonie et la survie de tous donnerait lieu à un peu de gestion et de stratégie, mais il n’en est rien car vous pouvez faire n’importe quoi dans n’importe quel ordre, tant que vous faites les missions principales la finalité est la même. Et quand il y a autant de planètes et que vous avez l’impression de faire la même chose en boucle, sur une session de 60 heures l’ennui se fait sentir. Et encore, alors que je croyais avoir quasi tout fait j’ai fini le jeu à 78%, donc il y avait probablement encore plus de dix heures de quêtes insipides qui ont échappé à ma vigilance. Un jeu aussi long (peut-être 40 heures en traçant ?) avec si peu de moments importants, c’est tout simplement un ratage indigne de son rang.

Bande son : 16/20

Le design sonore (raccord entre le bruit et l’objet ou l’action dont il découle) est encore de très haut standing et le casting vocal reste invariablement excellent avec un voice acting remarquable, bien que le manque de charisme de certains porte préjudice à l’ensemble. À noter au passage la traîtrise de la VF où la douce voix de Liara n’est plus la même, une honte ! Là où le jeu est clairement en retrait par rapport à ses illustres prédécesseurs c’est en terme de musiques. Inoubliables, puissantes et enivrantes autrefois, elles se contentent ici de faire leur office, sans tambours ni trombones.

Scénario : 12/20 (potentiellement 20)

Ou comment la fainéantise et l’appât du gain ont massacré une idée en or. L’idée de départ est brillante : alors qu’elle était la Courtière de l’ombre, Liara T’Soni (et pas Thé Soni bordel !) a mit au point une initiative rassemblant toutes les espèces de l’espace conciliant pour une mission de colonisation spéciale. La civilisation s’est bâtie autour de la technologie des relais cosmodésiques et s’en est servi pour coloniser des planètes à proximité comme le voulaient les moissonneurs, orientant depuis toujours l’évolution de la vie. Ne sachant alors si l’issue de la guerre imminente contre les moissonneurs leur sera profitable, Liara a donc lancé un projet de sauvetage de toutes les espèces possibles en lançant une colonisation qui pourrait potentiellement passer entre les mailles des moissonneurs et avec qui ils ne pourraient jamais reprendre contact puisqu’un lot de planètes viables a été identifié à quelques 600 ans de voyage spatial. Seulement 600 ans plus tard, arrivé à destination le cauchemar commence : le fléau, un étrange amas d’énergie, s’est répandu durant le voyage dans toute la galaxie Andromède, endommageant les vaisseaux à leur arrivée, et les planètes paradisiaques sont mystérieusement devenues inhabitables. Pire, une race appelée les Kerts tentent d’assouvir toutes les espèces de la galaxie, menaçant d’autant plus l’initiative fragilisée par les dégâts du fléau et la séparation des arches. Vous y incarnez Ryder, le (ou la en fonction de qui vous choisissez entre le frère ou la sœur) pionnier humain qui sera donc chargé avec son intelligence artificielle SAM de réactiver une ancienne technologie de terraformation pour réhabiliter les planètes, mais aussi apprendre à trouver leur place dans le système Héléus où la menace des Kerts est palpable. Entre le goût de l’aventure, la découverte de nouveaux horizons, de nouvelles espèces tout en découvrant ce qui pourrait être la toute première intelligence évoluée de l’histoire de l’univers, celle qui aura par la suite créé les moissonneurs, le frisson est là. Mais au final, les éléments de l’histoires sont bien trop éparpillés sur une durée déraisonnable et le jeu, se voulant à la base comme une trilogie, ne fait qu’ouvrir des pistes de réflexion par pure spéculation, sans réel enjeu derrière.

Note Globale : 13/20

Mon dieu quelle déception… Prolongement de l’univers Mass Effect, le jeu avait assurément un potentiel monstrueux. Nous proposer grosso modo de devenir le héros et le meneur d’une expédition à la Interstellar en mode XXL était extrêmement gageure, et les pistes sur les anciens qui ont légué la technologie reliquat donnent le vertige. En fait le scénario est encore une fois prodigieux, mais c’est son application qui pose problème. Le jeu est extrêmement répétitif et s’étend sur une durée abusive, donnant l’impression perpétuelle que l’histoire n’avance pas et s’éparpille dans une multitude de sous-intrigues particulièrement ennuyeuses. Et si encore le jeu était toujours aussi jouissif que ces prédécesseurs, soit, mais non seulement la plupart des missions sont molles, mais l’intégralité des changements opérés sont en plus néfastes ! Le système de jeu devient plus lourd, moins intuitif et moins dynamique. Même au niveau visuel le résultat déçoit entre une absence d’évolution technique, une inspiration inexistante pour les décors et des animations faciales atroces par moments. Avec les bases de la meilleure saga au monde et un scénario prodigieux, par son manque de finitions et l’envie de trop en garder pour des suites qui ne verront en plus probablement même pas le jour (un jeu de la franchise est en cours de développement, mais ça ne serait apparemment pas une suite de celui-ci), la saga s’est vautré dans la facilité et l’a payé cher. Espérons que la licence renaîtra bientôt de ses cendres car partir sur une telle fausse note serait un immense gâchis.

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Tout le Monde Debout

Tout le Monde Debout
2018
Franck Dubosc

Acteur et humoriste accompli, Franck Dubosc nous dévoile une nouvelle facette avec son premier film en tant que réalisateur, et le moins que l’on puisse dire c’est que la première expérience est concluante. Les critiques furent très bonnes et le succès fut au rendez-vous avec trois millions de spectateurs dans les salles. Comme quoi, à l’image d’Intouchables une chaise roulante aide à en remplir d’autres.

A l’image de son interprète, on retrouve ici Jocelyn (Franck Dubosc), un dragueur invétéré mythomane. Incapable de s’installer dans une relation sérieuse, il multiplie inlassablement les conquêtes, se servant pour se faire d’honteux stratagèmes et d’odieux mensonges. Suite au décès de sa mère, contemplant des souvenirs dans l’appartement de la défunte et dans la chaise roulante qui l’a accompagné ses derniers jours, il va recevoir la visite d’une jeune voisine très charmante. Persuadé que de le croire handicapé elle sera plus encline à tomber dans ses bras, il va s’enfermer dans un mensonge improbable alors même que Florence (Alexandra Lamy) va entrer dans sa vie, qui pour sa part est réellement paralysée des jambes.

Le pitch du film est assez improbable, mais pas illogique. Qui ne s’est jamais laissé entraîné par un mensonge ? Une situation mal interprétée, une bien belle occasion : le bilan est vite fait. Il n’y alors que deux options possibles. Soit passer pour un con doublé d’un connard et dire la vérité, ou alors laisser courir et voir jusqu’où ça mène. Un concept pas très novateur pour une comédie romantique très classique, mais au moins le film l’exploite à fond et nous réserve de petits moments de grâce et quelques surprises dénotant d’un certain effort d’écriture. Les personnages secondaires sont tous très intéressants, que ce soit les garde fou incarnés par Gérard Darmon et Elsa Zylberstein, ou encore les guest François-Xavier Demaison et Claude Brasseur dont les passages sont marquants. Si Franck Dubosc est fidèle à lui-même et campe inlassablement le même personnage, empêchant de savoir s’il est ou non un bon acteur, Alexandra Lamy est pour sa part magistrale, pétillante, d’une beauté ahurissante. Tout ce beau monde porte haut cette comédie-romantique efficace et moderne, et à défaut de révolutionner le genre le film s’impose comme une belle surprise pleine de poésie.

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Jurassic World : Fallen Kingdom

Jurassic World : Fallen Kingdom
2018
Juan Antonio Bayona

Classé troisième plus gros succès de tous les temps lors de sa sortie (plus proche de la vingtième place en tenant compte de l’inflation), Jurassic World était vu dès l’origine comme une trilogie, mais son immense succès n’a en rien précipité les choses puisque cette suite a joui de conditions exceptionnelles, à savoir une année entière de pré-production, quatre mois de tournage et une année pleine pour peaufiner les effets-spéciaux derrière. Et là encore pour le troisième opus trois ans le sépare de son prédécesseur, montrant que le projet n’est pas là pour surfer sur la vague mais est l’aboutissement d’un projet sérieux et réfléchit. Il est vrai qu’en plus d’offrir un immense spectacle, Jurassic World était bien plus qu’une simple suite ou remake, nous donnant plusieurs axes de lectures des plus intéressants. Ainsi, par le biais de personnages très travaillés, on voyait différents points de vus s’affronter : celui du producteur qui veut faire toujours plus grand, plus captivant et attirer le plus de clients possibles, faisant par là-même une critique d’Hollywood en général ; celui de passionnés qui sont là par amour ; celui des fans de Jurassic Park qui se délectent de voir ce nouveau parc bâtit sur les cendres de l’original ; ou bien encore celui de ceux lassés de tout et qui en oublient de rêver, à qui il fallait remontrer en quoi ramener des dinosaures est à ce point magique. Des bases solides qui ne demandaient qu’à s’émanciper pour proposer quelque chose de plus original, plus poussé, ce que cette suite va tenter de faire avec succès.

Fer de lance de la campagne promo qui ne sera finalement présent que sur une petite scène coupée en deux pour moins de deux minutes de présence à l’écran, le légendaire Ian Malcolm (Jeff Goldblum) est de retour pour mettre une nouvelle fois le monde en garde face à la question du sauvetage des animaux laissés sur une île dont le volcan menace d’entrer en éruption : les dinosaures sont éteint depuis des millions années, ils n’ont plus aucun droit et malgré toutes les précautions prises, à chaque fois l’histoire se termine en carnage. Pour autant, Claire Dearing (Bryce Dallas Howard), l’ancienne responsable du parc, se refuse de laisser ce témoignage vivant du passé partir en fumée dans l’indifférence générale, et va ainsi foncer sur la proposition d’un soit-disant bienfaiteur (James Cromwell) malheureusement mal entouré (Rafe Spall et Toby Jones) censé les déplacer sur une île protégée. Pour notamment ramener sain et sauf Blue, le dernier spécimen de vélociraptor, l’équipe en charge de l’extraction des dinos va faire appel à Owen (Chris Pratt), son dresseur d’origine qui l’a vu grandir. Une mission à haut risque vu que le volcan est sur le point d’entrer en activité, mais ça n’est peut-être pas la plus grande menace qui les attend.

Après un premier volet qui reprenait l’idée du parc initial, on pouvait présomptueusement penser que cette suite allait marcher dans les pas du Monde perdu, qui consistait là aussi à aller récupérer les dinosaures sur leur île, mais le déplacement n’est pas lié ici à la création d’un nouveau parc mais à autre chose. Cet autre chose n’est pas spécialement intéressant mais cela pousse le débat vers de nouveaux horizons sur la manipulation génétique, le bien être animal et la limite de la morale en général. Là où Le Monde perdu se passait majoritairement de nuit pour marquer le côté stressant et horrifique, le sauvetage a lieu cette fois en plein jour pour nous montrer comment la nature a reprit ses droits en seulement trois ans. Les décors sont magnifiques, la mise en scène au top et l’utilisation plus poussée des animatroniques donne plus de vie de par les interactions plus nombreuses et réalistes. Le petit speach de Ian nous donne des frissons de par son charisme ahurissant, le retour des héros de Jurassic World est pleinement justifié et la première moitié en jette un max. Pour bien des gens, c’est la suite qui a posé le plus de problèmes, alors que pour ma part c’est justement là que l’intérêt du film se situe. En plus de nous ramener aux peurs plus primales en rendant les lieux plus exiguës et en situation l’action de nuit, la seconde partie développe l’intrigue globale de la trilogie en opposant la folie des hommes face à la brutalité bestiale, finalement moins destructrice et qui découle de nos propres erreurs. La lecture est moins profonde que dans le premier, et si on sent les prémices d’une petite révolution, le scénario reste très timide, mais dans l’ensemble on reste sur le même niveau d’efficacité que son prédécesseur. Peut-être un léger cran en dessous, mais le divertissement est assuré et la continuité est plus probante que dans l’ancienne trilogie. Dire qu’il faudra attendre été 2021 pour la conclusion…

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