Avengers Infinity War

Avengers Infinity War
2018
Joe Russo, Anthony Russo

Annoncé depuis le premier Avengers en 2012, le grand méchant du Marvel Cinematic Universe passe enfin à l’offensive avec fracas. Après 17 films oscillant entre distraction moyenne et purge épique immanquable, la saga a créé un phénomène sans pareil depuis sa création en 2008, et il est clair que ça n’a rien d’une passade. Faisant tomber record sur record au box-office tout en alignant des critiques largement positives sans le moindre faux-pas, un nouveau seuil est sur le point d’être franchi. Avec des préventes avoisinant le cumule des 17 précédents films, les analystes s’affolent et s’imaginent déjà la barre des 300 M$ (finalement dans les 250 M$) atteinte en un seul week-end aux Etats-Unis quand le précédent record était Star Wars VII avec 247 M$. Quand on sait que la capacité d’accueil des salles ne permettrait que théoriquement une telle prouesse, et avec des premiers retours critiques phénoménaux, il faut s’attendre à une telle attente que l’influence ne faiblira que très peu les premières semaines avec à la clef un pallier à 2 milliards atteint pour la première fois de l’histoire des supers-héros. Il faut dire que quand on prépare le terrain depuis aussi longtemps et avec autant de soin, le public n’a fait que croître, et ceux qui croyaient que le film n’allait être qu’un divertissement de plus vont tomber de haut. Des résultats si violents ne pouvaient être que la résultante d’un changement radical et bénéfique. Oui, voici le renouveau des supers-héros.

Raconté en parallèle des autres histoires interconnectées du MCU, la quête des gemmes de l’infini va prendre une autre tournure lorsque Thanos (Josh Brolin) va mettre la main sur le gant de l’infini et la première gemme : celle de la force. A la tête de l’armée qui avait déjà attaqué la Terre six ans auparavant pour récupérer le Tesseract, il va se lancer sur la trace des Asgardiens (incluant Thor (Chris Hemsworth) et Loki (Tom Hiddleston)) pour mettre la main dessus en envoyer ses sbires sur Terre pour arracher la gemme de l’esprit à Vision (Paul Bettany) et celle du temps au Docteur Strange (Benedict Cumberbatch). Redoutant qu’il ne cherche à récupérer la gemme de la réalité au collectionneur (Benicio Del Toro), les Gardiens de la Galaxie (Zoe Saldana, Chris Pratt, Bradley Cooper, Vin Diesel, Dave Bautista et Pom Klementieff) vont tenter de l’intercepter. De leur côté, les Avengers (Iron Man (Robert Downey Jr.), Captain America (Chris Evans), Natacha Romanoff (Scarlett Johansson), Black Panther (Chadwick Boseman), Iron Patriote (Don Cheadle), Bucky (Sebastian Stan), Faucon (Anthony Mackie), Wanda Maximoff (Elizabeth Olsen) et Spider-Man (Tom Holland)), alertés de la menace de Thanos par Hulk (Mark Ruffalo), vont se préparer à l’offensive entre ceux protégeant Vision sur Terre et le trio Iron Man, Spider-Man et Docteur Strange partis enquêter en territoire ennemi.

Mon dieu qu’il y a énormément à dire sur ce film. Avant de spoiler comme un gros porc pour bien comprendre en quoi ce film se dissocie totalement des autres en terme d’histoire et de tonalité, passons d’abord aux aspects purement techniques. Simple bouillie d’effets spéciaux assez informe à ses débuts, Thanos prouve à lui seul toute l’évolution technique d’une décennie entière d’effets numériques. Certes aidé par le fait que pour la première fois un acteur fasse de la performance capture derrière l’habillage technologique, on découvre enfin un antagoniste à la mesure de l’événement où sa présence semble crédible et physique. Mieux encore, on découvre de nouvelles créatures originales au design très réussi, de même que de nouvelles planètes au style saisissant. La plupart des seconds de Thanos sont une franche réussite, notamment le magicien, et au travers des nouveaux espaces découverts on sent que les réalisateurs ont cherché à se réinventer et à enfin offrir un spectacle plus grandiose. La mise-en-scène gagne indéniablement en poids, devenant plus lisible, dynamique et saisissante. On regrette du coup de passer aussi vite sur la planète avec la chute ou l’astre des forgerons (avec Peter Dinklage), mais en « seulement 2h30 de film », il n’y a guère le temps de s’attarder quand pour la première fois autant de personnages se retrouvent à l’écran, alors même que certains ont été laissés de côté comme Ant-Man ou Hawkeye. Heureusement, pour ceux qui avaient lâché un énorme soupir de soulagement fasse au retour de Pepper (Gwyneth Paltrow) dans Homecoming, elle viendra nous faire un petit coucou. Bon, maintenant place aux énormes spoilers.

Pour tous ceux qui en avaient marre de voir le même schéma narratif être démultiplié à toutes les sauces, le film va à contre-courant de tout ce qui a été fait jusqu’à présent. Personnage central de l’histoire, Thanos en est aussi le personnage principal, comptant plus du double de temps à l’écran que n’importe quel autre protagoniste, et c’est sur lui que porte l’histoire. On y découvre une partie de son passé, ses motivations (loin d’être aussi vides que d’habitude) et ses plans pour l’avenir. Venant d’une planète où la surpopulation a causé la fin de sa civilisation, il ambitionne de préserver l’univers d’une pareille catastrophe en régulant de manière impartiale et aléatoire toutes les espèces du cosmos. Et c’est là que les gemmes entrent en jeu : si une même personne arrive à réunir les six pierres d’infinité et se sert du gantelet pour les contrôler, il pourrait effacer de la surface du monde la moitié des personnes d’une planète voir de l’univers d’un simple claquement de doigts. Pour nous montrer qu’il n’est pas là pour plaisanter, il ôtera la vie à un personnage iconique dès les premières minutes : Loki, balayé en même temps que les derniers Asgardiens. Puis durant le film, en plus de quelques autres personnages secondaires comme le collectionneur, l’emblématique Gamora périra aussi, mais ça n’est rien comparé à la boucherie finale. Alors que nombreux se plaignaient que les Marvel manquaient d’impact et que les histoires se ressemblent toutes, celui-ci fait fi du passé et bouscule l’ordre établi en faisant une chose impensable, inédite pour un film de cette ampleur : faire gagner le méchant. Après avoir mis la main sur toutes les pierres de l’infini, Thanos va par sa seule volonté effacer la moitié des êtres vivants, sortant victorieux du combat. Parmi les héros qui vont périr par ce seul geste, l’hécatombe est à peine croyable : Bucky, Vision, Wanda, Docteur Strange, la quasi-totalité des gardiens (seul rocket racoon s’en sortira), Black Panther et même Spider-Man. Abasourdi devant la mort d’autant de personnages emblématiques, le spectateur verra arriver le générique de fin dans l’incompréhension la plus totale. Devant attendre les toutes dernières secondes pour voir arriver une unique scène post-générique, le film en remettra une couche pour nous montrer que le phénomène a bien touché le reste du monde, voyant Nick Fury (Samuel L. Jackson) et son équipière disparaître de la même façon, mais non sans laisser une once d’espoir.

Si l’on sait que le grand absent du film sera le prochain à paraître sur grand écran, Ant-Man 2 devrait néanmoins se dérouler chronologiquement avant, donc tous les regards sont donc désormais tournés vers la sauveuse de l’univers que Nick va appeler à l’aide dans son dernier souffle de vie : Captain Marvel, qui sera incarnée par la mère oscarisée de Room. Assurément le membre le plus puissant des comics Marvel, elle débarquera dans un film solo en mars 2019, sans nul doute prélude au quatrième Avengers prévu pour mai 2019. Etant donné que sont déjà actés un Spider-Man Homecoming 2 et un Docteur Strange 2 pour 2019 et 2020, on peut déjà émettre des théorie sur une victoire future contre Thanos où Captain Marvel, seule à pouvoir manipuler les gemmes à mains nues, remontra le temps pour préserver l’univers des méfaits accomplis, mais quand on se retrouve face à un film qui ose faire mourir autant de supers-héros phares, les spéculations se feront probablement balayées et peut-être que les survivants d’aujourd’hui seront les morts de demain, somme toute plus logique dans la mesure où ce sont globalement ceux qui sont là depuis le début qui ont survécu. Encore est-il que le résultat est là : le film a réussi à déjouer toutes nos théories et s’avère finalement bien plus sombre et violent que tout ce que le MCU a fait jusqu’à présent. La formule s’est jouée de nous en nous faisant croire derrière quelques gags et de gros combats épiques qu’elle restait la même, mais clairement le studio a osé chambouler les codes établis et notre confort habituel pour enfin proposer une histoire novatrice aux enjeux forts et aux répercutions incroyables. Exit l’habituel combat où le gentil gagne et la vie reprend son cours, cette fois le héros est l’antagoniste et assois sa domination sur l’univers pendant que les gentils comptent leurs morts par milliards. Le seul problème du film, outre le fait qu’il soit un peu fait dans le même moule que les précédents opus pour ce qui est des visuels et de l’humour, c’est que cette histoire nous laisse en suspens, d’autant plus que la suite n’arrivera que dans un an, avec au mieux des éléments de transition dans Captain Marvel en mars prochain. Un choc d’autant plus brutal donc, prouvant une fois de plus le caractère sans précédent de l’œuvre qui bouleverse l’ordre établi. Une cuvée de haute facture pour le MCU, marquant avec succès l’arrivée de l’ennemi le plus dangereux de l’univers, et nous offrant en prime des enjeux aux répercutions d’un niveau jusqu’alors sans pareil.

Critique disponible aussi en vidéo complémentaire :
https://www.youtube.com/watch?v=LRMhePrixUo

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The Last Shadow

Parce qu’en plus d’écrire, de réaliser, de faire des sketchs (en vidéo et sur scène), de faire de la BD et de composer de la musique, j’ai aussi créé des jeux-vidéos.

Après vous avoir dévoilé « Le Chemin de l’Immortel » et « Heroes Impact », respectivement mes créations 4 et 2, voici le tour de mon troisième jeu : The Last Shadow.

Projet probablement le moins avancé, certains le trouveront peut-être digne d’intérêt, donc le voici : https://www.youtube.com/watch?v=ybtnnT1uq_w

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Annihilation

Annihilation
2018
Alex Garland

/!\ Pour apporter une critique la plus constructive possible, j’ai été dans l’obligation d’aborder la fin du film, donc attention aux spoilers pour ceux ne l’ayant pas encore vu.

Après avoir écrit une poignée d’excellent scénarios dans de très bons films, Alex Garland était passé à la réalisation avec succès puisque son premier long-métrage, Ex Machina, film de SF en quasi huis clos et travaillant sur la psychologie humaine et robotique, avait été largement acclamé par les critiques. Avec au final seulement 37 M$ dans le monde, son premier succès fut commercialement assez timide, mais il semblait avoir vu les choses en grand pour son second film. La première bande-annonce semblait indiquer un énorme film de SF au potentiel certain, mais il ne faut pas se fier à une campagne marketing. Loin du blockbuster épique qu’on nous vendait, affichant un modeste budget de 40 M$, le film faisait peur aux investisseurs, le jugeant trop complexe et psychologique. Bilan des courses, la sortie mondiale fut annulée, hormis aux Etats-Unis et en Chine où il a récolté 33 M$ et 7 M$ (peut-être 15 M$ en bout de course) respectivement, Netflix s’étant emparé des droits internationaux de distribution. Or quant on voit le genre de navets sur lesquels Netflix se jette, The Cloverfield Paradox par exemple, ça n’était pas matière à rassurer…

À quelques mois près, l’histoire se passe un an après qu’un météore se soit abattu sur Terre. Depuis son arrivée, la nature semble évoluer autour du point d’impact, enrobant l’environnement proche dans une espèce de brume dont rien ne ressort. Etant donné que le phénomène se propage et que les équipes envoyées à l’intérieur ne reviennent jamais, plus le temps passe et plus la situation devient inquiétante. Pionnier à avoir été envoyé à l’intérieur, l’officier Kane (Oscar Isaac) fut le premier à en être revenu vivant après plus d’un an d’absence, mais incapable de se rappeler quoi que ce soit, il a semble t-il été affecté par le « miroitement », terme utilisé pour désigner le nouvel écosystème entourant le site du crash. Souhaitant aider son mari visiblement mourant, l’ex militaire devenue biologiste Lena (Natalie Portman) va accepter de partir pour une nouvelle expédition à l’intérieur du miroitement en compagnie d’autres scientifiques et militaires (incluant Jennifer Jason Leigh et Tessa Thompson).

Bigre qu’il est difficile d’avoir une opinion tranchée sur le film. Il a à la fois des qualités marquantes et des défauts presque insurmontables. Commençons tout d’abord par sa narration. Le film fait le choix de nous raconter l’histoire par le biais d’un interrogatoire se déroulant à la quasi toute fin du récit, nous disant d’emblée que Lena s’en est sortie, ou tout du moins que quelque chose possédant son apparence physique est ressortie du miroitement, mais aussi que toutes les autres femmes l’ayant accompagné sont soit mortes soit portées disparues. Un choix globalement très mauvais, ne servant à la limite qu’à offrir une autre piste de réflexion quant à sa propre vision de la fin, mais j’y reviendrais. L’autre gros problème structurel du film nous vient de son approche, traitant son sujet via une approche hautement décevante : du classique survival-horror. Si bien sûr la réalisation est très léchée et qu’une aura de mystère nous happe, sans compter le principe même de la nature évolutive et des brillantes idées qui en découlent, globalement le film se vautre dans les écuelles du cinéma horrifique entre l’angoisse de l’inconnu, les menaces qui se tapissent dans l’ombre, les disparitions mystérieuses et les conneries qui vont avec, comme le fameux coup du « séparons-nous ». Et le pire c’est que le film s’y complaît durant les trois quart de sa durée totale, de quoi largement faire mourir toute forme d’espoir pour le spectateur. Et c’est là que la magie arrive.

Alors que le bûché était déjà prêt et que tout espoir d’assister à un grand film s’était dissipé au cours des premières 80 minutes sur les 110 que compte le film, un miracle s’opère. Le film abat enfin sa dernière carte et nous retourne complètement le cerveau, nous faisant douter d’absolument tout et tout le monde : le météore serait un vaisseau extraterrestre aux particularités stupéfiantes. Si on avait déjà vu le principe de l’évolution qu’opère le miroitement sur l’environnement et les êtres vivants s’y trouvant, on découvre alors qu’il abritait aussi une forme de vie capable de copier n’importe qui, notamment Kane qui n’est jamais revenu et qui a été remplacé par l’un des métamorphes. On assiste alors à des séquences de profond malaise où des métamorphes assimilent la mémoire et l’apparence physique d’une personne tout en copiant la gestuelle. Les questions se bousculent alors par milliers. Sont-ils doués de raison ? Font-ils cela par simple principe évolutif chaotique ou est-ce la résultante d’un plan d’annihilation de l’espèce humaine ? Peut-on alors croire à l’histoire qu’on nous raconte depuis le début ou est-ce un récit réarrangé par un métamorphe ayant prit l’apparence de Lena ? Le miroitement est-il réellement détruit à la fin ou a t-il enveloppé à son tour l’équipe qu’on voit lors de l’interrogatoire ? À l’origine contenu dans le météore, a t-il été transféré dans le corps d’une Lena évoluée ou d’un métamorphe nous faisant croire à cela ? Et c’est là que le bat blesse, remettant en cause toute l’analyse faite jusqu’alors.

Alors que le film n’est qu’un simple film d’horreur basique au montage mauvais durant plus d’une 1h20, la dernière partie chamboule tout. Le film propose alors des séquences d’une rare violence psychologique et dévoile une complexité à la mesure de l’imagination du spectateur, autrement dit colossale pour ma part. La déception se meut en fascination et rien que pour la dernière demie-heure le film se doit d’être vu, mais le sentiment d’être passé à côté de quelque chose de plus grand est lattant, laissant une indéniable amertume.

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Pronostiques ciné – les résultats

En novembre dernier, je m’étais prêté au jeu des pronostiques sur les chiffres au box-office des films à venir, basé sur le calendrier de sorties américaines allant du 1° décembre 2017 au 31 mars 2018.

Maintenant que tous les films sont sortis et que la plupart ont terminé leur carrière, nous pouvons désormais tirer un bilan de mes analyses pour savoir si mon ancêtre Nostradamus m’a légué quelques gènes de clairvoyance ou s’il est vain de croire qu’il est possible d’anticiper les envies de chacun et la qualité potentielle des œuvres à venir.

Bref, l’heure est au bilan, et voici sans plus tarder les résultats en image dans la vidéo suivante : https://www.youtube.com/watch?v=QWc1QwyKN78&t=17s

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Superhigh

Superhigh
2017
Edouard Pluvieux

Parce que des fois il y en a marre de tirer sur l’ambulance et que quand tout le monde tape sur quelqu’un, ça donne parfois envie de le défendre et de s’intéresser à lui. Humoriste qui brosse les ados dans le sens du poil avec du décérébré divertissant, Kev Adams se fait souvent attaquer à juste titre entre son jeu monolithique et le niveau généralement très bas des productions dans lesquelles il joue, mais la série Soda était par exemple relativement drôle et sympa pour peu qu’on ne se pose pas trop de questions. Du coup j’avais mit la main sur les trois premiers épisodes de cette série au pitch assez spécial, me disant pourquoi pas. Alors pour que plus jamais personne ne se pose cette question, il était de mon devoir d’expliquer à tous pourquoi il faut protéger le monde contre cet étron à peine croyable. En fait non, je retire ce que je viens dire, je n’y crois toujours pas.

Dans un monde où les scénaristes font des concours de bifle sous LSD, on découvre David (Kev Adams), un français parti vivre aux States parce que c’est la classe. Gros bébé à sa maman pétée de tunes, il ne fait absolument rien de sa vie, traînant de soirée en soirée et se tapant mannequin sur mannequin parce qu’après tout il faut flatter l’ego de l’acteur, même si clairement quand on s’est tapé deux miss France et une miss Monde, le melon explose tous les compteurs. Parce que c’est un connard fini mais cool, un clodo va lui refiler de la beuh magique, et au détour d’une soirée il va se rendre compte que fumer cette herbe lui donne des supers-pouvoirs comme une force herculéenne ou souffler de la glace. Au réveil, il va décider de former une équipe de supers-héros avec le black rigolo et la grosse bonasse qu’il veut se taper. La drogue c’est bien, c’est cool, ça rend meilleur.

Allez vous faire foutre. Copieusement. Avant d’aborder les innombrables et ahurissants autres problèmes, passons directement à celui qui frappe d’emblée à la lecture de ces quelques lignes : le scénario est un immonde tas de merde. Tout est absolument random, sans aucune explication, sans cohérence ni respect pour l’art audiovisuel. La beuh arrive littéralement par magie, il n’y a aucune explication sur son origine ou la raison de la passation, et ses effets sont eux aussi hasardeux au possible, changeant en fonction de la personne, de l’heure de la journée ou de la commodité de la scène. Le trio se compose artificiellement et sans aucune logique non plus, créant une équipe de « supers-héros » pour de mauvaises raisons et sans autre but que de se la raconter dans les grandes largeurs. Et puis surtout le plus gros problème de l’histoire, c’est sa morale : on fait l’éloge de la drogue, montrée comme cool et bénéfique. Sérieusement ?! Des branleurs junkies, c’est ça l’image des jeunes branchés que vous véhiculez bande de psychopathes criminels ?!!! Une honte sans bornes qui cumule écriture à l’arrache et morale répréhensible, et pourtant c’est de loin le point le plus « positif » de cette série.

Le casting étant entièrement américain en dehors de Kev Adams, à l’accent si perfectible qu’il est obligé de jouer les français, le tournage a donc été fait dans la langue de Shakespeare, et le moins que l’on puisse dire c’est que ça saute aux yeux comme une bombe nucléaire sous ta fenêtre à quatre heure du matin. Le doublage français mérite de figurer dans les annales des plus grosses blagues de l’histoire au même titre le goulag ou les viols sur mineurs durant la guerre du Vietnam. On est sur du cas d’école, compilant toutes les plus grosses bourdes possibles : des voix qui ne collent pas à l’interprète, le ton ou le jeu complètement à la ramasse, un texte qui ne colle pas toujours au mouvement des lèvres, ou encore le jackpot ultime, la phrase carrément pas doublée où le personnage parle dans le vide. Du sabotage en bonne et due forme, mais ça aussi c’est presque l’un des points les moins navrants de ce cauchemardesque tableau. Il faudra aussi y ajouter une équipe dénuée de toute conscience professionnelle, que ce soit devant ou derrière la caméra : les acteurs sont en roue libre totale, le cadrage est saccadé, le montage atroce et les effets spéciaux sont tout juste dignes d’un enfant de huit ans découvrant After Effect. C’est bien simple, on dirait une blague douteuse où tout le monde s’est concerté pour faire la plus grosse daube jamais pondue. Eh bien devinez quoi ? C’est réussi !

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Resident Evil : Chapitre Final

Resident Evil : Chapitre Final
2017
Paul W.S. Anderson

Partant d’un concept prometteur mais torpillé et assez bancal au final, la saga Resident Evil, adaptation cinématographique d’une franchise vidéo-ludique, a immédiatement divisé à la sortie du premier film. Pur fan service encore plus foutraque, le second opus avait été acclamé par les fans et signé le divorce de tous les cinéphiles, et c’est là le drame de la saga au cinéma. Dès le troisième opus, il n’y avait plus que des fans hardcore répondant présent, et alors qu’Extinction était de très loin le meilleur, le public restant ne fut pas si enthousiaste. Alors quand le retour de Paul W.S. Anderson a provoqué une explosion au box-office avec Afterlife, parodie épileptique, complètement vide scénaristiquement et fusillant les idées les prometteuses jusqu’alors mises en place, le public s’est lui-même condamné à la médiocrité. Après un Retribution incompréhensible et bordélique pour tout néophyte, l’idée de voir une conclusion à la hauteur était un luxe impensable, surtout avec aux commandes celui qui a raté les débuts et flingué la licence depuis son retour.

Oubliez la promesse d’une guerre épique entre les créatures d’Umbrella Corporation (Iain Glen) et la résistance menée par Alice (Milla Jovovich) et Claire (Ali Larter), le combat est éclipsé. On retrouve Alice quelques années plus tard, qui va apprendre par la Reine Rouge que l’humanité va s’éteindre dans 48 heures mais qu’un remède pourrait être répandu dans l’atmosphère pour mettre enfin un terme au virus T et sauver les survivants. Il se trouverait dans les locaux d’Umbrella dans le complexe ultra sécurisé où tout a commencé : la Hive.

L’histoire étant depuis le début assez anecdotique, ce qui n’empêche pas de l’avoir oublié, le film a l’intelligence de démarrer ce tout dernier volet de la franchise par un résumé assez bien fait de tout ce qu’il s’est passé, du personnage de Alice et des enjeux généraux. Puis c’est le drame… Le dernier opus était sorti cinq ans avant, permettant d’avoir allègrement oublié les pires tares, mais la violence de l’incompétence explose tous les records ici. La première séquence est une scène d’action où Alice affronte des créatures mutantes, et pas un seul plan ne dépassera les trois secondes, et souvent moins de une. Une frénésie outrancière, absolument indigeste et illisible, et pas une seule scène d’action y fera exception, massacrant sans répit nos pauvres mirettes et nous donnant presque la nausée tant la caméra est insupportable à bouger autant. Pour le reste, le scénario est comme toujours écœurant de simplicité, les acteurs caricaturaux, l’éclairage dégueulasse et les situations sont rageantes à force de nous jouer la carte de « ah, j’aurais dû te tuer avant ! ». Eh bah arrête de parler connard alors ! Tous les pires clichés des pseudos twists à la mords moi le nœud y sont, surtout le coup des méchants qui discutent ou font n’importe quoi, donnant l’occasion aux héros de se sauver avec une pirouette confondante de bêtise. C’est lourd, redondant, amateur, ennuyeux et la conclusion de la franchise n’apporte rien. C’est à se demander si les jeux sont si mauvais, ou alors ne valent-ils peut-être que pour le défouloir que propose la chasse aux zombies. Encore est-il qu’en dehors d’un troisième volet sympathique, la saga aura malheureusement brillé pour son vide ahurissant et ce dernier chapitre est même le plus lamentable de tous.

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Kong Skull Island

Kong Skull Island
2017
Jordan Vogt-Roberts

Dans la course au filon en or massif, celui qui rassure les actionnaires et qui pérennise à lui seul toute une industrie, Legendary Picture a tenté de se trouver son univers étendu à lui. Cette fois, il n’est pas question de super-héros comme pour Disney ou la Warner, ni de monstres humanoïdes comme la tentative ratée du Dark Universe d’Universal, mais de créatures démesurées. Démarré avec Godzilla en 2014, le bestiaire vise à proposer un affrontement « au sommet » dès 2020 entre le gros lézard et le roi des singes dont il sera question ici, idée qui s’annonce pas mal foireuse dans la mesure où on retombe sur les pires problèmes de Batman V Superman ou Civil War où des gentils sont censés se foutre sur la gueule. Projet de longue date qui devait à l’origine être un préquel au King Kong de 2005, il devient ici le deuxième volet de cet univers, à moins que… Eh oui, on parle aussi d’y greffer les robots et les monstres de Pacific Rim, appartenant aussi au même studio, mais cela dépendra grandement des scores de la suite et je ne parierais clairement dessus.

Malgré la confusion qui peut régner suite à la scène d’introduction, le film ne se passe pas en 1944 (scène maladroite qui ne fait qu’introduire le personnage de John C Reilly) mais en 1973. En pleine Guerre Froide où la course aux satellites et aux boosts technologiques fait rage entre les Etats-Unis et la Russie, Bill Randa (John Goodman) va en profiter pour faire financer un projet (par Richard Jenkins) d’expédition en faisant planer une menace (bidon du coup au final ?) de découverte proche de la part des russes. Persuadé d’y trouver des monstres géants (ah bon pourquoi ? Pas sûr que les scénaristes le savent…) il va s’y faire escorter par le général Packard (Samuel L Jackson) et ses hommes (incluant Toby Kebbell et Thomas Mann), un « spécialiste » de la traque (Tom Hiddleston) et une photographe random (Brie Larson) qu’on se demande qui l’a autorisé à monter à bord.

Rien que le principe de faire un préquel à King Kong n’a aucun sens : comment peut-on oublier une telle île si elle a déjà été découverte ? En plus, le film se passait dans les années 30, donc ça ne colle pas. Bien évidemment, ce postulat a été oublié, mais dans ce cas quel est l’intérêt de placer l’histoire en 1973 ? Non parce que si le but est de rattacher le film à Godzilla, et ça l’est, pourquoi ne pas le situer dans la même timeline ? Non parce que pour rappel c’est un film contemporain, donc se déroulant aux alentours de sa date de sortie en 2014. Le pire c’est qu’au final le film n’apporte rien à la mythologie de Kong puisqu’on redécouvre l’île une énième fois, et force est de constater que même visuellement le résultat est moins probant que dans la dernière itération. On a bien quelques idées visuelles vachement sympas comme le coup de l’araignée aux pattes de bambou, les autochtones camouflés ou encore les créatures souterraines, mais pour ce qui est de l’originalité on repassera. Se fondre dans le paysage n’a rien d’inédit, et les grands lézards sont assez lambda. Pire, côté technique pure certaines modélisations sont mauvaises, les CGI transpirent de partout et Kong ne convainc pas une seconde. Le film joue la carte de la démesure et il aurait dû offrir un sacré spectacle entre la pression des enjeux et son énorme budget de 165 M$, mais difficile de crier au génie. Les personnages sont des stéréotypes atroces et les acteurs ne font pas honneur à leurs réputations, la mise en scène est plate, les effets spéciaux trop criards et le scénario n’a aucun sens, pure prétexte pour faire un tour sur l’île. Même en étant en quête de grand spectacle décérébré pour se reposer, il faudrait avoir des exigences extrêmement basses pour se contenter d’un blockbuster si vide et bâclé, décuplant tous les défauts de Godzilla sans en avoir toutes les qualités. Dur…

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Pour un garçon

Pour un garçon
2002
Paul Weitz, Chris Weitz

Il n’y a pas à dire, nous ne sommes pas égaux en termes de charisme. Probablement l’un des acteurs les plus sympathiques qui soit malgré une palette de jeu très limitée, Hugh Grant fait partie de ceux qui arrivent sans mal à porter seul un film. Adaptation d’un roman à succès britannique, le film fut aussi un joli succès avec près de 130 M$ au box office pour un budget plus de quatre fois inférieur. Pourtant, que ce soit dans la filmographie de l’acteur ou des frères Weitz, le film n’aura pas laissé une marque impérissable.

Campant inlassablement les grands enfants à la vie facile, Hugh Grant incarne ici Will, un rantier coulant des jours tranquilles entre son train-train quotidien et ses conquêtes sans importances. Un jour il va avoir une épiphanie : les mères célibataires sont les femmes les plus incandescentes, et quoi de mieux pour les aborder que de se faire passer soi-même pour un père célibataire ? Au cours d’une sortie avec l’une d’elles, Will va se retrouver avec un certain Marcus (Nicholas Hoult), 12 ans, fils de Fiona (Toni Collette), une amie de sa conquête. Lui qui ne supportait pourtant pas les enfants, il va devenir sans le vouloir l’ange-gardien de Marcus.

Il n’y a pas meilleure école que l’école de la vie. Si quelqu’un n’aime pas les enfants, mettez-le à leur contact et il comprendra alors la mesure de son erreur. Une belle idée qui véhicule pas mal de jolis messages et le film dégage globalement une bonne humeur agréable, mais ça reste léger. Les personnages sont assez lisses et stéréotypés, Nicholas Hoult est carrément mauvais dans son premier rôle et surtout l’histoire est problématique. Tout est cousu de fils blancs, prévisible à souhait et le personnage de Rachel Weisz arrive bien trop tard et peine à convaincre. Sans aller jusqu’à dire qu’on s’ennuie, il est dommage de constater que le film manque de substance quand l’idée de base est si bonne et que tant de talents sont réunis. On pouvait s’attendre à un petit bijou sur le sens de la vie, mais il faudra se contenter d’une petite comédie sympathique sans grande ambition.

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L’Homme qui rétrécit

L’Homme qui rétrécit
1957
Jack Arnold

Dans notre société moderne qui ne cesse de plaindre les droits de la gente féminine, il y a pourtant une forme de pression sociale qui leur est étrangère : la taille. Si une femme belle trouvera un prétendant quelle que soit sa taille (hauteur bien sûr, une naine passe toujours mieux qu’une obèse), pour l’homme c’est tout le contraire. Tant qu’il est grand, même s’il est enrobé ou tout sec, il séduira plus facilement qu’un homme de petite taille, même si ce dernier est plus musclé et plus beau. Plus qu’un signe de virilité, c’est la nature même de l’homme qui est défini par sa taille.

Dans ce contexte où un petit homme n’en est pas vraiment un, Scott Carey (Grant Williams) va vivre une descente aux enfers terrible. Exposé à un nuage radioactif lors d’une virée en mer (encore un coup de Chirac ?), il va commencer à subir quelques modifications physiques quelques mois plus tard. Beau mâle de 1m83 au sommet de sa forme, six mois plus tard il avait perdu cinq kilos et trois centimètres. Rien d’alarmant à première vue, mais le phénomène va s’accélérer, rétrécissant à vue d’œil d’un jour à l’autre…

C’est fou ça, un nuage radioactif et pouf, ça peut vous donner de supers-pouvoirs. Comment ça rétrécir n’est pas un super-pouvoir ? Ah bah si, demandez à Ant-Man ! Symptomatique de son époque, le prétexte pour faire rétrécir le héros est donc assez bidon. La question n’est alors plus si l’histoire est réaliste mais si elle est intéressante. Comment les gens vont réagir, notamment le principal concerné, et jusqu’où va-t-il rétrécir ? La première partie, bien que reposant sur des bases invraisemblables, se laisse suivre sans mal, d’autant que les personnages principaux sont assez charismatiques. Le spectateur, sachant d’emblée que le rétrécissement est effectif, se positionne de lui-même comme omniscient et s’amusera de la bêtise première des médecins et scientifiques. Un peu potache, le film est par moments sympathique, nous perdant déjà plus dans les moments plus solennels. Sans trop en dévoiler, la seconde partie se la joue pas mal Jules Vernes, mais sans en avoir le panache. Pour l’époque les effets sont globalement bluffants, mais il n’empêche que le film n’aura pas su au final traiter de façon intéressante son sujet, perdant le côté humain à l’image de la fille du cirque qu’on ne reverra jamais. En basculant dans le grand spectacle, le film y sacrifie son caractère humain et son réalisme, n’arrivant plus à gérer les rapports de taille-force et insultant l’intelligence et l’odorat des chats. Visuellement le film propose des concepts jamais vus à l’époque et c’est assurément révolutionnaire, mais le reste pèche indéniablement et je ne suis pas sûr que l’intérêt soit encore là.

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Le Redoutable

Le Redoutable
2017
Michel Hazanavicius

Il y en a qui tendent vraiment le bâton pour se faire battre. Après avoir reçu rien de moins que l’Oscar du meilleur réalisateur et du meilleur film, Michel Hazanavicius avait sorti en grandes pompes The Search, un film sur les massacres en Tchétchénie qui fut l’un des plus gros fours de l’histoire avec moins du dixième du budget d’amorti. Un sujet dont tout le monde se fout royalement visiblement, et l’homme n’a pas su changer la donne. Qu’a t-il trouvé comme sujet populaire pour se refaire une santé et faire oublier que les recettes totales de son dernier film furent la moitié de son propre salaire ? Eh bien le voilà nous montrant à quel point Jean-Luc Godard est et a été un connard fini. Verdict ? Tout juste cent mille entrées, soit encore une fois moins du dixième du budget brut d’amorti et même pas la moitié du salaire du réalisateur seul d’amorti (sans compter le cachet de sa femme Bérénice Bejo qu’il met dans tous ses films).

Adapté du roman de Anne Wiazemsky (Stacy Martin), épouse de Jean-Luc Godard (Louis Garrel), le film parle donc de leur histoire, qui a prit place à l’occasion de leur film La Chinoise, échec critique et publique. Dans un contexte de cinéma figé qui ennui de plus en plus les gens et où la rue gronde à la veille de mai 1968, le film revient ainsi sur un amour délicat entre une jeune actrice qui aimerait s’épanouir et un vieux Godard dépassé et aigri qui aimerait voir le monde brûler, n’hésitant pas lui-même à mettre le feu.

Coupable de la pire chose qui soit jamais arrivée au cinéma française, la nouvelle vague, Godard avait visiblement bien plus à se reprocher. Bobo bourgeois aveuglé par son petit confort personnel, il était pourtant le premier à créer cette vague de haine de 1968 où la citoyenneté est morte dans les pavés arrachés pour fracasser du policier et détériorer les biens d’autrui, qui de leur côté ont riposter avec une démesure amenant à toujours plus violence. Très vite, on en vient à se questionner sur l’intérêt d’un tel projet tant Godard n’a aucun charisme entre sa laideur, son cheveu sur la langue, mais surtout son antipathie à toutes épreuves, rabaissant continuellement tout le monde et crachant à la figure de ceux qui ont la folie d’avoir un avis différent. Le seul moment où on a envie de l’écouter est lorsqu’il compare les juifs d’aujourd’hui aux nazis d’hier, faisant le parallèle entre les massacres des soldats SS et les attaques actuelles sur la Palestine. Mais le vrai problème du film nous vient surtout de sa conception, se foutant ouvertement de notre gueule. À un moment, les personnages dans le film parlent des dérives du cinéma sur la gratuité des scènes de sexe, tout en étant eux-même complètement gratuitement à poil lors de ce passage. De même, à plusieurs moment des gens dans le film interpellent Godard sur le caractère chiant de ses dernières productions, et le film est à son tour sacrément chiant entre un rythme atroce et l’absence d’évolution des protagonistes. La démarche est visiblement satyrique, parodique, mais le sujet était tout simplement mauvais, surtout de cette manière. Ni le sujet ni les personnages n’arrivent à créer un autre sentiment que l’ennui ou le dégoût, et mise à part mettre en lumière le caractère abjecte d’un des réalisateurs les plus surcoté du cinéma, je ne vois pas à quoi bon.

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