Les Yeux de la forêt

Les Yeux de la forêt
1980
John Hough

À l’époque, on se faisait peur comme on pouvait… Au milieu des Super Noël, L’incroyable voyage, La Petite Princesse et autre Croc-Blanc, les films Disney furent légion à bercer mon enfance, mais celui-là fut très loin d’avoir été mon préféré, ses multiples visionnages étant plus du fait d’une autre personne dont c’est l’anniversaire. Si la plupart nous avaient marqué à juste titre, la légitimité est ici bien plus douteuse.

Dans la campagne britannique, une famille d’artistes va emménager dans un vieux manoir, propriété d’une étrange et inquiétante vieille femme. Aînée des deux filles de la famille fraîchement débarquée, Jan va immédiatement sentir que quelque chose ne va pas, terrifiée par la forêt qui borde leur maison et harcelée par des visions d’une étrange jeune femme toute de blanc vêtue et dont les yeux sont bandés. Selon les rumeurs du coin, il y a trente ans de ça Karen, la fille de la propriétaire du manoir dans lequel elle a emménagé et qui ressemblerait très portait à Jan, aurait disparu dans de mystérieuses circonstances.

L’histoire avait un certain potentiel de base : l’idée d’une grande ressemblance entre une nouvelle arrivante et une personne disparue depuis des décennies est bonne, conférant un côté énigmatique et spirituel ; les décors composés de manoirs, de vieilles bâtisses et d’une lugubre forêt recèlent toute l’angoisse nécessaire au frisson ; de même que le secret de village au lourd passif pique notre curiosité et fait bouillir notre imagination. Malheureusement aucun de ces points ne sera pleinement exploité, chaque thème étant traité avec une superficialité désarmante. Le plus bel exemple est la fin du film, un model de bâclage qui nous lâche le générique de fin dès l’enjeux principal désamorcé, à la seconde près. Côté épouvante, le constat est tout aussi peu concluant, le genre ayant énormément évolué au cours des dernières décennies, misant beaucoup plus sur l’agressivité et rendant vaines ce genre de tentatives principalement orientées pour le jeune public. Pas mal de bonnes choses à garder mais le film ne va pas au bout des choses et les années ne lui ont pas fait beaucoup de bien.

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Cell Phone

Cell Phone
2016
Tod Williams

Des films ou des séries de zombies, on en a de nouveaux qui débarquent chaque année, et dans ces conditions il est difficile de proposer quelque chose d’original et jamais vu. Dernièrement, grâce au plus gros budget atteint pour ce genre de production, World War Z en a fait un film catastrophe d’une ampleur inégalée. En le faisant à la sauce comique, Bienvenue à Zombieland a réussi à opérer un changement de genre intéressant. Dans le même ordre d’idée, en y injectant de la romance et en axant le récit selon le point de vue d’un zombie, Warm Bodies a aussi réussi à transcender son thème. Cette fois, on était en droit d’y croire avec cette adaptation de Stephen King, d’autant que ce dernier a aussi œuvré au scénario du film.

Et si une impulsion électrique émise par un téléphone pouvait faire perdre le contrôle de soi-même ? À l’aéroport pour prendre un vol dans le but d’aller voir son fils, Clay (John Cusack) va assister à un basculement cataclysmique : toutes les personnes qui passaient un coup de téléphone vont subitement devenir fous, et entre les appels à la police, hôpitaux, pompiers et compagnie, une sorte de virus radio va transformer peu à peu tout le monde en zombies. Pire encore, un mystérieux « appel inconnu » va ensuite prendre régulièrement le relais pour piéger les rescapés. Fuyant la horde à ses trousses, Clay va tomber sur Tom (Samuel L. Jackson), un autre survivant avec qui il va faire équipe.

Le principe de base du film de se servir des téléphones portables comme sources de propagation d’un virus est très bonne tant cet objet fait partie intégrante de la vie de pratiquement tout le monde, mais le film ne s’arrêtera pas là. Loin d’être un troupeau désorganisé, les zombies sont ici une sorte d’essaim interconnecté et évolutif, deux idées absolument brillantes. En gros, cela veut dire que chacun des zombies est relié aux autres, partageant ainsi avec leur communauté chaque information visuelle et sonore captées par chaque individu, les rendant bien plus dangereux et efficaces, et leur principe évolutif est l’une des meilleures idées qu’il m’ait été donné de voir pour le genre. La nuit tombée, le signal implanté en eux se met à jour, prend en compte leurs échecs et réfléchit à un moyen de se rendre plus performant. Rien n’est donc acquis ou définitif, rendant la survie bien plus compliquée et stressante, ce que le film gère parfaitement. La première moitié est excellente, dévoilant toutes ces bonnes idées et mettant en avant des personnages charismatiques malgré la motivation classique de leur périple : retrouver le fils du personnage principal. Malheureusement, dans la seconde moitié les idées premières n’évoluent plus beaucoup, le rythme ne suit plus, l’histoire stagne et nous introduit le parallèle avec le comics qu’écrit le héros, une connerie monumentale qui fait perdre beaucoup de réalisme au film. Pire, la fin, déjà décriée dans le livre et que l’auteur a tenté de changer, reste passablement ratée. Le potentiel était énorme et la première moitié laissait présager un très haut niveau, mais finalement le souffle retombe et les excellentes idées laissent place à des bien plus mauvaises, nous entraînant dans une spirale dépréciative.

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The Mermaid

The Mermaid
2016
Stephen Chow

Pas encore tout à fait le premier pays au monde en terme de recettes de films, la Chine est en revanche devenue première mondiale en terme d’entrées, ayant atteint cette année le score symbolique de cent millions d’entrées pour un seul et même film. Et justement, voici ledit film en question qui a fait quelques 105 millions d’entrées sur son seul territoire, soit près de 527 M$ sur les 554 M$ que le film a collecté de par le monde. Des chiffres colossaux qui pourraient bien redéfinir le paysage cinématographique de demain, d’où l’importance de s’y pencher dessus.

Revisitant le mythe de la sirène à la sauce comédie-romantique comme le fit par le passé Splash, le film va lui aussi amener dans le monde des humains une créature qui n’avait pas forcément vocation à y vivre. Coulant jusqu’alors des jours heureux dans la baie chinoise de Golfe Vert, une famille d’hommes-poissons va voir son territoire menacé par un riche homme d’affaire souhaitant construire dans leur réserve protégée, usant d’un sonar dévastateur pour déloger ce qu’il prenait pour des dauphins. Seule de la famille à avoir apprit à marcher malgré sa queue (qui ne se transforme pas en jambes comme par magie), Shan va avoir la lourde tache de retrouver et tuer l’homme responsable de leur malheur.

Difficile de croire à un engouement pareil quand on voit le film. Peut-être qu’il recèle certaines des plus grandes stars locales, le réalisateur est il est vrai très connu, mais la qualité intrinsèque du film ne justifie en rien cette consécration. L’histoire est classique au possible, nous ressortant l’éternel mythe de la sirène qui fait fondre les cœurs avec en prime un homme très riche comme dans le dessin animé de Disney, et ce que le film en fait n’a pas grand intérêt. La pseudo mission d’assassinat ne repose sur pas grand chose et s’avère être une fausse piste tant cela ne résoudrait rien et de toute façon on sent dès le début que la sirène n’en a pas envie. La romance est expédiée à une vitesse phénoménale, sortie de nulle part et avec de grandes déclarations après seulement deux rendez-vous. On sent venir la menace de la fin à des kilomètres, de même que la morale écolo, passablement superficielle au passage. Une histoire pas terrible donc, qui composera avec un humour extrêmement débile à l’image du musée ou de l’interrogatoire au commissariat, les acteurs sont pour la plupart catastrophiques et surjouent à outrance, sans compter les piètres effets spéciaux. Malgré un confortable budget de plus de 60 millions de dollars, il n’y a guère que les queues et tentacules de bien fait, les autres effets spéciaux piquant salement les yeux, notamment les incrustations numériques, atroces. L’ambiance légère et les deux principaux protagonistes sympathiques permettront de tenir le choc, mais ça reste passablement raté. Les chinois ont encore beaucoup de progrès à faire et leur humour est pour le moins bas de plafond.

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Chasse-Galerie : La légende

Chasse-Galerie : La légende
2016
Jean-Philippe Duval

Histoire apparemment importante dans le folklore canadien, l’histoire du Chasse Galerie a été portée au cinéma en février dernier et vient tout juste d’atterrir dans les bacs de nos revendeurs français. Projet de longue date qui a mit près de cinq ans à se concrétiser, ayant même été pendant un moment rattaché à la star française de L’Hermine, le film jouit d’une plutôt bonne réputation avec un 7,3 sur IMDb, et étant assimilé à du fantastique il ne m’en fallait pas plus pour foncé dessus. Oui mais voilà, avec 155 votants la note n’est pas vraiment représentative, et on s’en rendra compte assez vite.

Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour sa fille ? Dans le train le ramenant chez lui pour assister à la naissance de sa petite Liza, un homme va se retrouver bloqué dans la neige, et le temps de terminer la route à pieds le pire était survenu : le bébé n’avait pas survécu à l’accouchement. Lui aussi passager du train, un certain Balthazar va lui proposer de se sacrifier pour ramener sa fille, ce qu’il va faire. 25 ans plus tard, Liza est pleinement épanouie et vit le parfait amour, mais le mal rôde toujours et semble vouloir s’acharner contre elle.

Après avoir vu La Nouvelle vie de Paul Sneijder je pensais être prêt, mais rien n’y fait, l’accent canadien c’est quelque chose ! Si pour certains personnages comme Balthazar ou Liza cela n’est pas tellement un problème, quand l’effort de prononciation n’est pas là la compréhension s’en retrouve parfois altérée, même si globalement on comprend. Malheureusement, il n’y a pas grand chose à comprendre : on assiste à un triangle amoureux ultra classique entre Liza, son compagnon bûcheron parti quelques mois travailler loin et un riche notaire qui joue de son influence pour intercepter le courrier des deux tourtereaux et ainsi jouer les hommes providentiels et attentionnés qui fera oublier le rustre qui n’écrit jamais. C’est bateau au possible et la toile de fond religieuse est ultra faiblarde. Ceux qui vendent leur âme au diable se retrouvent prisonniers du Chasse-Galerie, espèce de luge de l’enfer sur laquelle ceux qui ont cédé à la tentation se retrouvent coincés, mais ça n’est pas extrêmement clair. Entre un rythme atroce, une réalisation digne des pires téléfilms et des acteurs parfois mauvais, sans compter l’histoire classique et prévisible, il n’y a pas grand chose à sauver en dehors de deux trois décors sympas et l’ambiance de l’époque. Voilà une légende qui ne méritait pas d’être déterrée…

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Un traître idéal

Un traître idéal
2016
Susanna White

Il y a cinq ans sortait La Taupe, film d’espionnage tiré d’une des œuvres du célèbre romancier John Le Carré, censé être un grand maître du suspense. Bien que le film fut un immense succès avec 80 M$ glanés dans le monde et une presse quasi unanime, le public fut quant à lui plutôt tiède, voir glacial, ce à juste titre tant l’histoire était plate et le rythme amorphe. Il était donc difficile de se réjouir de voir une nouvelle adaptation de l’auteur, d’où l’échec du film (moins de 10 M$), et pourtant le bilan est bien meilleur.

En voyage au Maroc pour essayer de reconstruire leur couple, Perry (Ewan McGregor), un professeur d’université britannique, et son épouse juriste Gail (Naomie Harris) vont rencontrer un riche russe des plus démonstratifs et généreux, Dima (Stellan Skarsgard). Voyant une complicité s’installer et pensant que Perry est l’homme de la situation, il va lui confier ses secrets les plus terribles en espérant pouvoir ainsi sauver sa famille d’une menace imminente.

Point d’intrigue exagérément complexe ou aux enjeux obscures : ici l’histoire est claire, simple et efficace. On ne se perd pas non plus à cause d’un trop grand nombre de personnages, seule une poignée ont une réelle importance, permettant de mieux se concentrer et développer chacun d’entre eux. Le fait de choisir un héros complètement lambda qui se retrouve hasardeusement plongé dans le conflit est aussi une très bonne idée, permettant au spectateur de se sentir immédiatement impliqué par effet de projection. De même, en bon film d’espionnage qui se respecte le film nous propose une grande variété d’endroits visités : Maroc, Angleterre, France et Allemagne. La gestion de la tension et du suspense est optimale, donnant une belle fluidité au récit. Bien sûr, le film se paye quelques clichés encombrants et l’histoire n’est pas follement originale, mais on passe assurément un bon moment et le héros simple citoyen change des experts habituels.

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La Nouvelle vie de Paul Sneijder

La Nouvelle vie de Paul Sneijder
2016
Thomas Vincent

En France on se plaint tout le temps du manque de diversité dans nos productions nationales, mais quand un film tente quelque chose d’un peu nouveau personne n’est au rendez-vous. Ici, pour cette adaptation du roman Le cas Sneijder de Jean-Paul Dubois, à peine plus de cent mille personnes ont fait le déplacement, et c’est très dommage.

Ça n’arrive pratiquement jamais, surtout dans les pays développés, mais c’est bien le décrochage d’une cabine d’ascenseur qui frappa Paul Sneijder (Thierry Lhermitte), alors même qu’il étais avec sa fille. Si lui s’en tira avec de légères blessures, sa fille y laissa la vie, le plongeant alors dans un terrible désarrois. En pleine convalescence, il va devoir affronter son deuil, l’harcèlement des avocats qui veulent porter en justice son accident, la pression de sa femme véreuse (Géraldine Pailhas), très intéressée à l’idée de capitaliser sur la mort de sa belle-fille, sans compter la perspective peu engageante de retrouver son boulot. Voulant redémarrer une nouvelle vie, il va se mettre à promener des chiens.

Il est toujours intéressant de traiter de la reconstruction d’une vie après un drame tragique, et le film apporte une réelle originalité au thème. Se déroulant au Québec, le film nous plonge dans la froideur des hivers canadiens, symbolisant l’état de son personnage principal par un froid d’ambiance, mais avec lequel il va apprendre à vivre avec et même voir les bonnes choses qu’on peut en tirer. Des décors auxquels les spectateurs français sont peu habitués, et ça fait plaisir, permettant au passage de renforcer l’isolement du héros par un décalage culturel. La symbolique du film est donc très forte, approfondie notamment par le biais de la nouvelle passion de Paul Sneijder pour les ascenseurs, sorte de fascination morbide pour l’arme du crime, qu’il va entretenir avec l’avocat de la défense responsable de la société d’ascenseur, pourtant censé être son ennemi. Une écriture de qualité portée par une réalisation sobre et un jeu d’acteur excellent, et les quelques problèmes de rythme ne pèsent pas lourd dans la balance.

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Retour à la fac !

Quand on a passé six années de sa vie dans le même établissement, certes non sans quelques coupures, l’envie d’y retourner se fait parfois sentir. J’avais déjà fait une petite vidéo il y a deux ans (lien disponible dans la description) pour en présenter certains recoins, en voici une seconde pour faire un tour aux endroits que j’avais oublié ou qui sont apparus depuis, histoire de vous faire découvrir la faculté des sciences de Montpellier sous tous ses aspects, avec à la clé une interview de Hervé Dicky, professeur d’algorithmie émérite et emblématique qui depuis 34 ans a su entretenir sa passion et la faire partager aux autres.

https://www.youtube.com/watch?v=LmU467yrN8w

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Eden Lake

Eden Lake
2008
James Watkins

Tiens, il est plutôt très sympa Bastille Day, je me demande ce que le réalisateur a fait d’autre… Whaou, un film d’horreur avec Michael Fassbender, énorme ! En plus le réalisateur avait travaillé sur The Descent, un film d’horreur original et bien tordu, donc il a une certaine légitimité par rapport au genre. Mieux encore, ne se destinant pas forcément à une sortie en salles le film a su faire parler suffisamment de lui pour se voir distribué dans le monde entier, même si au final il n’aura même pas atteint les quatre millions de dollars de recettes. Et pour cause…

Voulant montrer un coin sympa où il avait passé du bon temps dans sa jeunesse, Steve (Michael Fassbender) va emmener Jenny (Kelly Reilly) à Eden Lake, un lac tranquille au beau milieu d’une paisible forêt. Enfin ça, c’était avant. Désormais le coin est squatté par des petits jeunes délinquants totalement à la dérive, et ce qui ne semblait être que de légères provocations va vite prendre une tournure plus inquiétante.

L’objectif premier du film était de proposer un récit réaliste pour renforcer la peur et qu’on se dise « cela aurait pu m’arriver ». Oui mais non, j’ai un cerveau et je m’en sert moi. Certes, faire une tête de plus que ceux d’en face et avoir quinze ans de plus est un avantage certain (enfin face à des enfants, sinon c’est de moins en moins vrai), mais à quel moment on est en mesure de faire le malin à un contre sept ? Un et non deux car quand on fait une sieste au lieu de se bouger le cul ça ne laisse que peu de place pour l’imagination quant à la capacité à intervenir de la femme. Enfin bon, le mari est presque aussi con, mais malheureusement le film va surtout s’axer autour d’elle, exaspérante de bout en bout. Et encore, s’il n’y avait que le couple de débile, ça irait, mais les ados en face ne valent pas mieux. Leurs réactions sont illogiques, leur chance insolente, leur imagination nulle. D’un côté les chassés sont stupides, de l’autre les chasseurs n’ont aucune idée intéressante. On tombe donc dans les travers des sous-productions du genre avec un brin d’ambiance mais un scénario très mauvais.

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Paradis perdu

Paradis perdu
1940
Abel Gance

À peine remit de la première Guerre Mondiale que le peuple s’est vu frappé par une seconde. Sorti en plein début de nouvelle guerre, le film met en avant un certain Pierre Leblanc (Fernand Gravey), qui vivait alors le parfait amour avec son âme sœur Janine (Micheline Presle). Lui modeste peintre et elle simple couturière, le hasard de la vie les avaient fait se rencontrer et s’aimer, leur faisant connaître d’intenses moments de bonheur avec le talent de Pierre pour la haute couture qui leur apporta aussi la sécurité financière. Mais quand la guerre fut déclarée et la mobilisation sonnée, leurs jours heureux ne furent plus qu’un lointain souvenir, un paradis perdu.

Attention, planquez les couteaux et les lames de rasoir ! Le film démarre superbement avec un beau gentleman qui courtise poliment une belle et jeune femme dans une ambiance frivole de doux plaisir, nous laissant sur notre petit nuage nostalgique, mais cette idylle ne durera pas. Le malheur n’aura de cesse de s’abattre et le film se refermera alors dans une logique dépressive, malmenant son héros et ne le laissant plus jamais vivre décemment. La dernière partie sera même carrément horrible, nous faisant croire à un potentiel espoir, mais en vain. La morale, la justice et toute notion noble n’aura pas sa place, ne laissant au spectateur que l’amertume et la désillusion. C’est très bien fait, l’émotion est là, le jeu d’acteur irréprochable, la musique est magnifique, mais le film aurait mérité qu’on atténue un peu sa noirceur.

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Bastille Day

Bastille Day
2016
James Watkins

Un bon gros film d’action américain avec des acteurs français et qui se passe à Paris avec en plus un sujet terriblement d’actualité (insécurité, terrorisme, montée des mouvances extrémistes) : le carton était assuré, mais en France on est une belle bande de cons doublés de tafioles finies. Sorti le 13 juillet chez nous, le film fait état d’une menace terroriste planant autour de notre fête nationale, et le lendemain à Nice la prédiction est devenue réalité, rendant tout le monde stressé à propos du film, le faisant retirer des salles avant même la fin de sa première semaine d’exploitation. Résultat tout le monde a suivi derrière comme des gros moutons, le film n’a rapporté que 13 M$ et il n’aura droit qu’à une sortie limitée aux Etats-Unis le mois prochain. Dommage, pour une fois qu’un film d’action sort un peu du lot.

Il faut parfois faire gaffe à ce que l’on vole quand on est pickpocket. Spécialiste du genre, Michael (Richard Madden) va dérober le mauvais sac à la mauvaise personne, une simple femme qui passait par là (Charlotte Le Bon), mais qui avait en réalité en sa possession une bombe des plus dangereuses, et en se débarrassant dudit sac il était loin de se douter qu’il allait devenir co-responsable de quatre morts et suspect numéro un pour la police (José Garcia). Rapidement sur le coup, les services secrets américains (Kelly Reilly) vont immédiatement identifier Michael comme étant l’un de leurs ressortissants et lui envoyer à ses trousses Briar (Idris Elba), ingérable mais redoutable.

Suspecté d’avoir orchestré un attentat, surtout en France, c’est s’exposer à une mort certaine tant les forces de l’ordre en face ne font pas dans la dentelle. Alors forcément, dans pareil cas, on prend ses jambes à son cou, mais peine perdue face à un tel agent d’élite, et coup de bol pour lui c’est un professionnel qui interroge avant de tirer, lui permettant de s’expliquer. On aura alors un duo pas comme les autres pour essayer de comprendre d’où vient la réelle menace et comment la désamorcée, alors même que le soutien hiérarchique n’est clairement pas là. En parlant de manipulation de masse, de racisme, extrémisme et terrorisme, le film s’ancre particulièrement dans l’actualité, trop selon les distributeurs malheureusement, mais cela confère au scénario une bonne crédibilité et impact accru. De plus, si situer l’action à Paris semble d’un classique ennuyeux, le film arrive à en donner une image nouvelle, notamment au travers d’une séquence musclée sur les toits. De manière générale, l’action est très bonne, le rythme soutenu et sans tomber dans l’overdose ou la surenchère la dynamique est excellente. Simple, pertinent, efficace.

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