Prémonitions

26 janvier 2016 1 Par Antoine

Prémonitions
2015
Afonso Poyart

Sorti presque nulle part (une sortie US se fait toujours attendre, on parle de septembre 2016), bénéficiant d’une publicité inexistante et d’un nombre de salles limité, le film a réalisé un exploit en atteignant le million d’entrées en France, se maintenant extrêmement bien semaine après semaine. Un bouche à oreille comme on en voit rarement, de quoi éveiller l’intérêt.

Quand on est dépassé, il faut savoir le reconnaître. Enquêteur de police, Joe (Jeffrey Dean Morgan) va désespérer en voyant les corps s’entasser et les questions se multiplier. Des personnes sans aucun lien sont retrouvées mortes, victimes d’une perforation à la base du cou. Avec sa collègue Katherine (Abbie Cornish), ils vont faire appel à leur toute dernière chance : John Clancy (Anthony Hopkins), un voyant possédant des dons de prescience. Malheureusement, lui aussi sera dépassé par les événements, le mystérieux assassin semblant lui aussi capable de voir l’avenir, mais ses pouvoirs sont bien supérieurs.

Avec une réalisation très télévisuelle par moments particulièrement impropre, pleine de zooms et cadrages abruptes, avec une pareille histoire on se croirait devant un épisode du Mentaliste, mais où les théories scientifiques laissent leur place au paranormal. On démarre timidement, mais très vite le charisme d’Anthony Hopkins nous emporte, son talent étant palpable et ses visions intrigantes, rehaussant au passage le niveau de la réalisation à l’aide de séquences plus oniriques, psychédéliques et libres en terme d’ambiance et de couleurs. Le fait que le tueur possède lui aussi des pouvoirs rend l’histoire d’autant plus intéressante, mais plus qu’un personnage c’est un concept impalpable qui nous est présenté pendant tout le film, faisant de son arrivée un choc aussi grand que celui de l’immense Seven, c’est dire. Pas le film le plus original qui soit, empruntant à la série Mentaliste ou au film Next, mais son scénario est malgré tout excellent, les acteurs très bons et c’est une bien belle surprise.