Janvier 2015

Voici comme chaque premier du mois les statistiques de celui s’achevant, signant encore une fois une belle performance. En raison d’un montage beaucoup plus long que prévu de par la dizaine d’heures de conversions imprévues pour ma prochaine vidéo, les Choice Award de cette année sont prolongés d’une semaine, soit jusqu’au 8 février. Donc continuez de vous mobiliser, le record du nombre de votants se doit d’être pulvérisé !

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Délivre-nous du mal

Délivre-nous du mal
2014
Scott Derrickson

Annoncé comme l’un des représentant phare du cinéma horrifique, le film affolait tous les analystes, lui prédisant des résultats stratosphériques. Emmené par un acteur connu, avantage assez rare dans le genre, le film promettait en plus un frisson décuplé par son histoire « tirée de faits réels », un effet marketing toujours efficace. Plus encore, à l’occasion de sa sortie digitale, on pouvait lire / entendre « si vous n’avez pas peur, on vous rembourse ». Pourtant, avec 88 M$ dans le monde, le film n’a pas spécialement fait sensation. Et oui, il y a de quoi demander le remboursement.

Dans les services de police, surtout la nuit dans une grande ville, on voit des choses assez horribles, mais jusqu’alors Ralph (Eric Bana) n’avait jamais rien vu de tel. Une femme qui jette son bébé dans la fosse aux lions, se mutile atrocement, un homme qui devient fou, comme enragé, un cadavre qui hante un sous-sol : des phénomènes sans précédents vont commencer à se manifester, et il va peu à peu se rendre compte du caractère singulier qui relie toutes ses affaires. Au pied du mur et cherchant des explications, il va s’adjoindre les services d’un prêtre.

Le film démarre de façon incroyablement banale : deux flics de New-York en mode bad-ass qui cherchent un peu d’action. Deux personnages ultras stéréotypés entre le jeune un peu fougueux et le vieux rock qui sait tout sur tout, véritable pointure. Comme par hasard, il a une femme et une petite fille, et bien évidemment il les délaisse un peu trop, mais il aura l’occasion de se racheter. Même le prêtre est un cliché ambulant : un latino repentant au passé trouble et qui a fait de dieu sa rédemption. L’intrigue est elle aussi très poussive, nous ressortant les éternels cas de possession et autres attaques démoniaques. Pire encore, le film nous inflige une interminable séance d’exorcisme, ne faisant pas dans la demi-mesure. Au bout d’un moment, ça en devient insupportable. Et malgré quelques idées de mise en scène et de vision intéressante, la peur est très loin de nous prendre aux tripes, et n’importe quel spectateur avisé ne saurait se laisser surprendre. Pas fondamentalement mal fait, au contraire même, c’est très professionnel et les cadrages sont pour une fois lisibles, mais c’est par manque de créativité que le film pêche. Dynamique et prenant, le film n’en reste pas moins inutile.

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Interview

Interview
2007
Steve Buscemi

11 ans avant l’incident Charlie hebdo, le petit neveu du peintre van Gogh était lui aussi assassiné pour offense à l’islam, laissant derrière lui quelques films de son cru qui n’ont pas tellement dépassé les frontières des Pays-Bas, mais qui ont tout de même eu une certaine reconnaissance international auprès de la profession. Tout juste quatre ans après sa sortie, un remake du film éponyme original a vu le jour, connaissant pour sa part une diffusion mondiale, pour au final faire moins d’entrées.

Petit journaliste politique dont les méthodes lui ont valu une mise à l’écart, Pierre Peders (Steve Buscemi) se retrouve à devoir faire une interview d’une actrice minable de série Z, multipliant les films d’horreur sulfureux et les rôles télévisuels de blondasse écervelée : Katya (Sienna Miller). Elle va arriver avec une heure de retard, lui est là sans rien savoir d’elle, s’en foutant royalement même. Une situation dont il ne peut rien ressortir de bon.

Un connard de journaliste arrogant et dédaigneux, une fille superficielle et qui se croit trop bien pour tout le monde : une combinaison antipathique à souhait. Le film nous met en plus directement dans une impasse de par l’impossibilité d’une entente entre les deux partis, et il ne s’en sortira que subrepticement, nous donnant continuellement l’impression que ça rame. Un huis clos hermétique qui évolue peu à peu en jeu du chat et de la souris, permettant au fil des découvertes de rendre les personnages plus sympathiques, mais on ne va clairement jamais assez loin. L’ambiance est intéressante et les acteurs s’en sortent pas mal, mais l’ennui n’est jamais très loin et on en ressort pas vraiment convaincu.

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Equalizer

Equalizer
2014
Antoine Fuqua

Même pas encore sorti qu’une suite était déjà annoncée, d’autant plus surprenant qu’il s’agirait d’une première pour son interprète principal. Adaptation d’une série télé des années 80, le film n’a pourtant rien d’un premier épisode d’une franchise, mais avec des résultats en salle très bons (192 M$) et une équipe prête à remettre le couvert, les choses semblent actées. Une saga prometteuse ? Pas spécialement.

Ancien agent gouvernemental, Robert McCall (Denzel Washington) s’était retiré du milieu depuis quelques temps, prenant goût à une vie simple et normale, espérant passer ses vieux jours au calme. Seulement voilà, après des années à se contenir, un incident va le faire replonger : sa jeune amie prostituée Teri (Chloë Grace Moretz), retrouvée salement amochée suite à une altercation. Ne pouvant y rester indifférent, il va décider de mettre de l’ordre dans la ville, et ceux ne coopérant pas vont le payer de leur vie.

Nom de Zeus, ça va chier ! Papy fait plus que de la résistance : papy fait le ménage en mode grand vide. Pas tellement surprenant, Denzel reste fidèle à lui même, portant presque tout le film sur ses seules épaules, imposant son habituelle image de père protecteur et bienveillant (même si il a eu pas mal de rôles de connard fini, cf Flight et Training Day entre autre). Son charisme naturel rend son personnage convaincant, mais il manque donc d’originalité, comme le film en général d’ailleurs. Encore et toujours une histoire de mafieux russe et de flics ripoux, avec un méchant particulièrement caricatural. Une histoire banale donc, mais même la mise en scène est banale : des effets de ralentis stylisés, renforçant le côté héroïque du justicier, des combats chorégraphiés pour toujours plus de classe, et des effets de gros son pour envoyer du lourd. Seulement voilà, le film n’est pas si puissant en terme d’action : ça a de la gueule, beaucoup même, mais ça ne fuse pas tant que ça, et le début met même pas mal de temps à lancer l’intrigue. Et puis il y a aussi le problème de l’envergure de l’histoire, difficilement améliorable pour les potentielles suites. Donc oui, le film est franchement divertissant, quasiment uniquement grâce à son héros qui en impose, mais il faut tout de même émettre quelques réserves sur son absence d’originalité, forcément dommageable.

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Gemma Bovery

Gemma Bovery
2014
Anne Fontaine

Nombreux sont ceux à fantasmer, espérant que leur vie devienne aussi rocambolesque que dans leurs livres préférés, et c’est exactement ce qui est arrivé un jour à Martin Joubert (Fabrice Luchini), simple boulanger d’Aquitaine. Avec l’arrivée de ses nouveaux voisins, son petit quotidien va prendre une tout autre tournure, se passionnant pour Gemma Bovery (Gemma Arterton), jeune femme aussi magnifique que triste, qu’il s’imagine déjà en Madame Bovary, sa vie lui rappelant tant le grand classique de Flaubert. Spectateur privilégié, il va se mettre à suivre sa vie avec une curiosité maladive.

Adaptation d’un roman graphique transposant l’œuvre de Flaubert dans un cadre réaliste contemporain, le film est un peu à l’image du livre : d’apparence ennuyeux et profondément vide, et pourtant si captivant. L’histoire est confondante de banalité, retraçant la vie moribonde d’une femme aspirant à plus de gaieté, comblant le vide de sa vie par l’adultère, et on en suit le déroulement presque passivement, sous l’œil attentif mais réservé d’un voisin. Ce qui sauve le film en revanche, ce sont les acteurs, duo de solistes incroyable. Ils vivent parmi nous mais semblent totalement détachés du reste du monde, tel des poètes maudits n’arrivant pas à régir les règles contraignantes de notre société. On a d’un côté le grand dramaturge possédé par la littérature, donnant aux mots une résonance sans pareille, et de l’autre une femme terriblement sensuelle, fragile et envoûtante, dont le charme fait des ravages. Leurs interprètes font un travail remarquable, et cela donne tout son sens au film. Certes, l’histoire est très faible et certains aspects de la fin déçoivent (sauf la touche humoristique irrésistible), mais difficile de rester de marbre quand des personnages sont à ce point habités.

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Souvenirs de Marnie

Souvenirs de Marnie
2015
Hiromasa Yonebayashi

Voici donc celui qui fut longtemps annoncé comme le dernier film des studios Ghibli à cause d’une mauvaise passe financière de par les « bides » consécutifs de Kaguya et celui-ci (60 M$ en cumulé, mais difficile de croire que le premier ait pesé lourd dans la balance vu la quasi absence de travail qu’il a dû occasionner en terme d’animation). Heureusement, il n’en sera rien, d’autant qu’aucun autre studio au monde ne peut rivaliser avec le niveau de qualité de la firme japonaise, qui va encore une fois prouver son immense talent.

Ce monde est étouffant, oppressant. Pour Anna, 12 ans, il en devient même invivable tant tout lui paraît faux, et elle s’intègre très difficilement. Sa mère adoptive va donc lui permettre de se ressourcer quelques mois à la campagne, chez de la famille. Un lieu paisible, calme, où la nature y abonde et où le vent souffle un air pur. C’est alors qu’au détour d’une promenade, elle va apercevoir un vieux manoir, d’apparence inhabité. C’est la première fois qu’elle vient dans ce village et pourtant, ce manoir lui rappelle quelque chose, comme si elle le connaissait. Fascinée par lui, elle va passer ses journées à le dessiner, jusqu’au jour où la petite fille qui lui rendait visite dans ses rêves, cloîtrée derrière la fenêtre du manoir, va se présenter devant elle. Prénommée Marnie, elle va devenir bien plus qu’une simple amie.

Avec un film intitulé « souvenirs de », le doute n’était pas vraiment permis. Il n’y avait à priori que deux possibilité : soit l’une des deux allait mourir durant l’été, et logiquement Anna vu la tournure de la référence, ou alors cela serait Anna qui serait confrontée aux souvenirs de Marnie, à savoir son fantôme. Finalement non, on se rapproche plus du film Quelque part dans le temps, mais dans une logique plus étrange et moins réaliste. On part ici beaucoup trop loin dans les liens qu’il existe entre tous les événements, et même si les indices disséminés renforcent la cohérence, l’histoire ne tient au final pas debout, ou alors elle manque d’un encrage plus profond dans la réalité. Car au fond que penser de tout ça ? Du point de vu de Anna, on était à la limite d’une histoire d’amour, et nombre de points abondent dans ce sens, avec notamment la jalousie qu’elle ressent envers l’ami d’enfance de Marnie. Et c’est là que le film perd beaucoup qualitativement : cette ambiance fantastique qui joue avec nos nerfs sur la nature exacte de l’histoire passionne, et j’avais presque envie d’applaudir pour le courage d’avoir mit en avant dans le film une idylle de cette nature, mais finalement la portée des événements déçoit et la conclusion balaye l’originalité du film pour en faire un archétype du genre. Comme toujours avec le studio, le film est magnifique à tous les niveaux artistiques, émouvant voir bouleversant, mais il y avait tellement plus grandiose à faire, et on ne peut que déplorer le manque d’inspiration du dénouement.

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My Choice Award 2015

Une nouvelle année cinématographique s’est achevée, et il est temps d’en tirer le bilan. Relativement bon cru pour ma part que l’année 2014, pleine de surprises d’envergure comme Edge of Tomorrow, Divergente ou Predestination, mais aussi les deux derniers bijoux des studios Ghibli pour ce qui est de l’animation (Marnie, dont la critique sort demain, comptera pour l’année suivante de par sa sortie française – et même si son potentiel mal exploité m’a déçu, il restera à mon avis l’un des meilleurs films d’animation de 2015). Il y a eu aussi quelques déceptions, voir des films carrément indignes qui vous aspirent la haine, mais point de sélection des pires films cette année. La raison est simple : cela consistait en un bashing des produits commerciaux les plus critiqués, et pas forcément les plus mauvais, d’autant que ce privilège revient probablement à une production totalement inconnue d’un pays sous-développé. C’est aussi pour ça que les Razzie Award n’ont plus aucun sens, alors autant arrêter les frais.

Enfin bref, place au vote :
http://survs.com/survey/jyz6fgcypx (partie 1)
http://survs.com/survey/9cczp56243 (partie 2)

Petit rappel pour ceux n’ayant pas participé aux précédents Choice Award, il s’agit de voter pour récompenser des domaines artistiques dans lesquels les meilleurs films de l’année ont brillé (basé sur le calendrier des sorties françaises). Les nominations sont en revanche imposées par mon avis d’expert autoproclamé.

Fin des votes le dimanche 1° février à 18h pour des résultats publiés à 19h.

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Jessabelle

Jessabelle
2014
Kevin Greutert

Comme quasiment la moitié des films d’horreur américains, voici la dernière production en date de Jason Blum, l’homme qui se cache derrière toutes les sagas les plus lucratives du marché horrifique. On aurait pu s’attendre à une belle présence dans les salles, mais finalement non, la sortie du film ayant été annulée dans nombre de pays, y compris à domicile, la faute à deux productions similaires ayant surperformé.

Au programme de ce nouveau PJC (Petit Jeu Con), une conduite imprudente et du visionnage qui nuit gravement à la santé. Tentant de se remettre du terrible accident de voiture qui a coûté la vie à son conjoint et son enfant, sans compter sa paraplégie temporaire, Jessabelle (Sarah Snook) s’installa chez son père, emménageant dans la lugubre chambre condamnée de sa mère, morte peu après sa naissance. Fouillant un peu partout, elle va découvrir une collection de cassettes terrifiantes où sa mère, pratiquant le vaudou, lui annonce l’imminence de sa mort. Une prophétie d’outre-tombe que Jessabelle va prendre très au sérieux quand les premières apparitions vont se manifester.

Si de temps à autre une petite anomalie vient redonner du souffle à ce type de cinéma, la plupart se vautre dans des histoires fatigantes de classicisme. Une personne en proie à la solitude dans une maison glauque, des objets qui bougent tout seul, une vieille histoire déterrée, l’ami d’enfance qui vient prêter main forte : pas une seule idée neuve à proposer. Mais l’histoire est-elle mauvaise pour autant ? Pas spécialement, mais elle n’appelle pas l’indulgence en tout cas. Le rythme n’est pas spécialement bon, et malgré une performance extraordinaire dans Predestination, l’actrice principale ne brille pas spécialement ici, sauf par sa beauté (il faut dire que de la voir en femme ça change pas mal). Après d’un point de vu purement angoissant, le film ne rempli pas son contrat, pouvant potentiellement nous faire sursauter à l’occasion et instaurant une ambiance assez pesante, mais les subterfuges sont trop faibles pour s’en satisfaire et le travail n’est pas à la hauteur. Le film n’est pas mauvais, mais il est beaucoup trop banal pour mériter qu’on s’y intéresse.

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Stonehearst Asylum

Stonehearst Asylum
2014
Brad Anderson

Adaptation d’une nouvelle d’Edgar Allan Poe, le film fait parti de ses grandes énigmes du circuit de distribution, refusant la sortie en salle à un film au casting pourtant hallucinant et qui a même tout de la grosse production classique en terme de technique. Le réalisateur n’en est pas non plus à con coup d’essai, ayant déjà un beau palmarès à son actif, certes majoritairement dans le domaine télévisuel. Mais pas question pour autant de passer à côté de ce film, très belle réussite singulière.

Une fois le cursus d’apprentissage terminé, un aspirant docteur se doit d’effectuer un stage pratique. Passionné par la psychologie humaine, Edward Newgate (Jim Sturgess) a choisit de passer quelques temps dans l’asile de Stonehearst. Loin des méthodes classiques barbares visant à électrocuter ou assommer les patients à haute dose de médicaments, le docteur Silas Lamb (Ben Kingsley) préconise lui des traitements plus humains, souhaitant traiter les malades comme des gens normaux. Supposément hystérique dangereuse, Eliza Graves (Kate Beckinsale) va attiser la curiosité d’Edward, ne voyant en elle que le femme époustouflante qui rayonne. Seulement voilà, le soir venu, intrigué par d’étranges gémissements, il va tomber nez-à-nez avec le véritable personnel de l’asile, enfermé par les patients fous désormais aux commandes de l’établissement.

Lieu lugubre, l’asile allait forcément être le théâtre d’événements terribles, et quoi de plus classique que des apparences trompeuses ? Alors au lieu de tenter de nous faire croire en un pseudo suspense sur l’identité réelle des pensionnaires, le film nous met d’emblée dans la confidence, s’intéressant plus aux répercutions et aux prises de décision qui découleront d’une telle découverte. Un film d’ambiance qui se concentre donc sur l’histoire de ses personnages, jouant beaucoup sur la tension et la prise de risque continue qui pèsent sur le héros. Vraiment prenant, le film est formidablement écrit, réutilisant des grands classiques avec finesse, rappelant pas mal Shutter Island, La Maison des Ombres et The Wicker Man, arrivant à un même degré de qualité. Mieux encore, l’histoire, captivante de base, promet quelques ajouts d’envergure sur la fin, qu’on peut potentiellement anticiper, mais nombreux risquent d’être fort surpris, en bien assurément. De plus, le formidable casting (qui compte aussi Michael Caine et Brendan Gleeson) et la réalisation terrifiante décuplent son intérêt. Pas forcément d’une originalité folle, encore que, le film est en revanche brillant sur la forme comme sur le fond, desservant avec talent une histoire des plus solides.

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Les Combattants

Les Combattants
2014
Thomas Cailley

Toute première réalisation pour son metteur en scène, de jeunes acteurs débutants n’ayant fait leurs débuts que dans de petites productions méconnues, même si ça n’a pas empêché l’actrice principale d’avoir déjà décroché deux Césars, et pourtant le film a connu un certain succès. Un bouche-à-oreille qui fut salutaire, encensant un film atypique qui vaut effectivement le détour.

Que faire de sa vie ? Il semblerait que la réponse soit toujours « trouver l’amour », il est vrai un bien beau but. Pour Arnaud (Kévin Azaïs), dénué de tout avenir en dehors de l’entreprise de construction familiale, ce doux rêve prendra l’apparence de Madeleine (Adèle Haenel), jeune fille pour le moins étrange. Plus grande que lui et infiniment plus costaud, elle vit en marge de la société, se préparant activement à la fin du monde, voulant même intégrer l’armée pour une préparation optimale. Irrémédiablement amoureux d’elle, il va aller jusqu’à la suivre à un stage commando.

Très original dans sa forme, le film combine les pattes « film d’auteur » et style « jeune », un peu comme l’avait fait avec succès La Vie d’Adèle. D’ailleurs, le thème de l’amour est ici repris, lui donnant un ton tout particulier. Un rapport de force inversé entre l’homme et la femme, faisant pour beaucoup dans l’alchimie du couple, nous montrant des sentiments qui sonnent plus vrai que dans la plupart des films, prouvant qu’un garçon peut vouloir se réconforter dans les bras d’une femme, faire preuve de romantisme, tout en affirmant sa virilité. Et c’est là toute la force du film : on y croit et les personnages sont forts. L’histoire est elle même intéressante, prenant son temps pour développer son ambiance, décuplant son importance à partir du stage pour une suite captivante. De bels performances de toutes parts et à tous les degrés, mêmes techniques, nous offrant quelques jeux de lumières sublimes et des plans très ambitieux sur la fin. Déstabilisant, le film est surtout une belle surprise, notamment de par son accessibilité, et s’il ne brille pas aux prochains Césars, cela prouvera bien que cette cérémonie n’a aucune légitimité.

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