7 Psychopathes

7 Psychopathes
2013
Martin McDonagh

Après le déjanté Bon Baisers de Bruges, son réalisateur revient avec un film qui s’annonçait encore plus barré, parlant de psychopathes. Une bande de fous furieux qui font que des conneries et flinguent à tout va, ça peut être qu’énorme ! Bah pas toujours…

Film dans le film, Marty (Colin Farrell) est un scénariste d’Hollywood qui travail sur un nouveau projet : les sept psychopathes. Déjà bien atteint et particulièrement imbibé, il a su lui-même s’entourer de grands malades : son pote Billy (Sam Rockwell) joue les serial killer complètement fêlés, et avec Hans (Christopher Walken), ils ont monté une escroquerie à la rançon. Le principe est simple : voler des chiens et réclamer quelques jours plus tard la rançon. Mais quand Billy kidnappa le chien de Charlie (Woody Harrelson), un dangereux mafieux pour qui son petit Bonny représente tout, la limite a été franchie. On touche pas à Bonny !

Effectivement, on assiste à une démonstration de force de la part de psychopathes en puissances. En sus de l’histoire pour le moins légère qu’est l’enlèvement du chien, on suit en parallèle l’écriture du scénario du film. Du bon et du moins bon au programme : des histoires folles et ahurissantes, parfois trop, allant du gars stupide qui se tranche la gorge au bouddhiste kamikaze. Rien ne tient vraiment la route, mais on s’en amuse généralement, connaissant quelques moments de grâce comme les participations féminines (citons Olga Kurylenko et Abbie Cornish) qui se résument à une mort subite au bout de cinq secondes à l’écran. L’humour absurde dans toute sa splendeur. Mais l’efficacité n’est pas réellement là, le rythme des gags étant assez mauvais. L’ennui nous rattrape même par moment, donnant un résultat mitigé. Le potentiel y était, mais il y a un tri énorme à faire.

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La Race des seigneurs

La Race des seigneurs
1973
Pierre Granier-Deferre

Le titre annonce la couleur, mais avec Alain Delon en tête d’affiche on pouvait s’en douter, la modestie est bien loin. Cette fameuse « race des seigneurs » n’est autre que celle des grands politiciens capables de trahir ses amis, son parti, sa nation, pour le bien de sa carrière. Autrement dit, ce film aurait dû s’appeler la race des connards.

Reprenant les émeutes de mai 1968, la retraite du général de Gaule et la montée en force de Chirac, le film esquive cependant les éventuels problèmes de justice en changeant les noms des personnages, mais personne n’est dupe. On suivra donc un petit arriviste de première (Alain Delon), parti simple ouvrier, puis syndicaliste, faisant un mariage pour l’argent, et terminant ministre. Évinçant ses amis, bafouant ses valeurs et reniant ses idéaux, il gravira les marches du pouvoirs. Très matérialiste, il profitera de l’hospitalisation de sa femme pour accrocher à son tableau de chasse une très jeune mannequin plantureuse. Mais ces petits plaisirs deviennent vite une terrible addiction que d’aucuns confondraient avec de l’amour, surtout quand la pauvre lui ouvre son cœur, mais pas pour lui : le travail avant tout !

C’est tout simplement navrant. Si les acteurs sont assez lamentables, voguant entre les deux extrêmes avec un naturel époustouflant, l’histoire l’est encore plus. Entre une émeute ridicule menée par des petits cons gauchistes, une politique inexistante, et des syndicalistes à la ramasse et tenant des discours stupides et dangereux, on suivra péniblement une amourette purement sexuelle et vide. Pas une seule scène impliquant la mannequin ne se passe sans qu’elle n’exhibe son corps nue, réduisant son personnage à un simple objet. Son amour pour mister arriviste est inexplicable, ses réactions incompréhensibles. Rajoutez à cela un montage douteux et un rythme affreux, et vous n’aurez alors qu’un infime aperçu de l’ennui qui nous assomme.

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Sleepy Hollow, la légende du cavalier sans tête

Sleepy Hollow, la légende du cavalier sans tête
2000
Tim Burton

Génie fou du cinéma, Tim Burton est un habitué des films déjantés, et quand il reprend une légende connue sur un sanguinaire assassin décapité, on peut s’attendre à tout. Malheureusement, si on retrouvera bien son style et sa folie, l’ombre des frères Grimm se fait sentir…

Inspecteur de la police de New York en 1799, Ichabod (Johnny Depp) fait parti des précurseurs de la police scientifique, tentant de prouver à ses confrères qu’un corps retrouvé dans l’eau n’est pas forcément mort par noyade. Mais c’est peine perdue, et il se retrouve à s’occuper d’une affaire sordide : une petite ville de campagne appelée Sleepy Hollow fut récemment victime d’assassinats par décapitation, mais personne n’a retrouvé la moindre tête. Sur place, les villageois ont leur théorie : terrible guerrier sanguinaire qui aimait décapiter les anglais mais qui fut à son tour décapité, le cavalier sans tête (Christopher Walken) serait revenu se venger ! Balivernes, les fantômes n’existent pas. Pour Ichabod, le coupable est un être de chair et de sang, et se tapi parmi les habitants. Et s’il le cavalier sans tête existait réellement ?

Reprenant à son compte le style des frères Grimm avec une enquête policière accès sur des faits surnaturels, et qui va tenter de démontrer la rationalité de l’affaire, Tim Burton n’arrivera malheureusement pas à nous captiver. Si l’histoire est assez intéressante, les décors magnifiques, les effets de lumière sympas et l’ambiance lugubre, le film va cruellement pêcher au niveau des personnages, et l’histoire ne tiendra pas ses promesses. Le principale problème du film vient de son pseudo héros le policier, véritable loque humaine peinant à trouver une lueur de courage en lui. Un postulat de départ pas si gênant, d’autant que son approche scientifique lui donne une singularité, mais seulement voilà : sa mentalité ne changera pas d’un iota en cour de route, et son investigation perdra petit à petit son caractère scientifique. Très vite, le film se prononcera irrévocablement du côté du fantastique, alors même que le personnage du cavalier sans tête est d’un profond ennui. Même Christina Ricci, énigmatique tentatrice, n’arrivera pas à changer la donne, son personnage montrant lui aussi rapidement ses limites. L’intrigue essaye tant bien que mal de faire monter le suspense avec un sombre complot, mais la vérité décevra énormément. Il y avait tout pour en faire en grand film, mais l’insipidité des personnages et le manque d’intérêt de l’histoire nous condamnent à l’ennui.

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Shadow Dancer

Shadow Dancer
2013
James Marsh

Belfast, capitale de l’Irlande du Nord, a connu des jours difficiles dans les années 70 jusqu’à encore récemment, où ses habitants ont voulu se libérer du joug anglais par le biais d’attentats terribles et meurtrier. Le groupe le plus activiste fut l’IRA, groupe terroriste dont les méfaits ont déjà beaucoup inspiré le cinéma comme avec The Boxer où un homme se retrouvait tiraillé entre sa passion sportive et ses motivations politiques.

Dans ce film adapté du livre de Tom Bradby, on suivra une militante de l’IRA pas vraiment consentante, Colette (Andrea Riseborough), poussée par sa famille à combattre. Prise en flagrant délit après avoir posé une bombe dans le métro, Mac (Clive Owen), des services secrets du MI5, lui proposera un choix : soit passer 25 ans en prison et perdre son fils, soit trahir sa famille et devenir un indic. Piégée, elle préférera passer à l’ennemi. Mais très vite, les choses vont mal tourner, portant les soupçons sur elle, tandis que de son côté Mac a l’impression que l’affaire lui échappe, trompé par sa collègue (Gillian Anderson).

Une famille brisée par le meurtre du petit dernier et paf, elle passe du côté obscure. Extrémistes hardcore, l’IRA ne se contente pas d’haïr les gens de couleurs, ils tuent tout simplement tous ceux qui ne sont pas du coin et bonjour chez vous. Une vermine nuisible qui a posé des problèmes aux services secrets britanniques dans le temps, et qui nous est montré une fois de plus sous leur jour le plus haineux, aboutissant à un parti prit évident nous rendant indifférent à la situation de Colette, ou au contraire nous pousse à espérer une mort aussi lente que douloureuse pour elle et tous ses frères. Mais au delà de ça l’enquête est tout sauf passionnante, ne résolvant rien et ne consistant qu’à un bras de fer bureaucratique. Quelques scènes retiennent notre attention, notamment grâce aux acteurs pas mauvais, mais difficile de passer outre le manque d’originalité. Il y avait des enjeux, du suspense, mais la fin est à la fois attendue et décevante. Ça partait d’une relativement bonne idée mais le résultat est ennuyeux.

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Fenêtre sur cour

Fenêtre sur cour
1955
Alfred Hitchcock

Fidèle à son arrogance sans pareille, on peut lire sur l’affiche du film d’Alfred Hitchcock : « Si vous n’éprouvez pas une terreur délicieuse en voyant ce film, pincez-vous – vous êtes probablement déjà mort ». Le bilan est donc terrible : nous somme tous morts !

Photographe reporteur, L.B. Jeffries (James Stewart) s’est malencontreusement cassé la jambe, et plutôt que de porter des béquilles, il préfère rester tranquillement chez lui comater. Mais les quelques allez et venus de sa masseuse et de sa compagne (Grace Kelly) ne remplissent pas sa journée, et l’ennui le pèse. Et c’est de façon complètement anodine qu’il se mit à observer par la fenêtre, regardant le ciel, la cour, l’immeuble d’en face. Mais très vite, cette occupation va tourner au vice, n’hésitant pas à espionner ses voisins, jumelles et appareil photo à la main. De jour comme de nuit, tapi dans l’ombre, il épie les moindres faits et gestes. C’est alors qu’une nuit, le comportement suspect d’un homme transportant des paquets en pleine nuit va l’alerter : où est passée sa femme ? A t-il été témoin d’un meurtre ?

Le sujet est excellent. La preuve, quelques décennies plus tard Paranoïak en fera un must du genre. Et pourtant, on ne peut pas dire que le film soit passionnant, loin s’en faut. Le principal problème est qu’il ne se passe rien avant les dix dernières minutes du film. Tout le début n’est qu’une longue introduction au supposé meurtre, particulièrement improbable puisqu’on ne voit ni n’entend rien. C’est d’ailleurs un problème très gênant : la qualité sonore du film est tellement médiocre qu’il faut être particulièrement attentif pour comprendre ce que les gens disent, surtout quand les musiques « d’ambiance » s’en mêlent. Ensuite, une fois l’hypothèse de ce fait relaté, le film se noie dans son attente, tentant de faire gonfler un suspense inexistant. Tout ça pour une fin carrément ratée, filmée en saccadé et accéléré, massacrant la mise en scène. En somme, ce sont pleins de bonnes idées, mais oblitérées par une réalisation mauvaise, un rythme mou et un suspense absent.

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Man of Steel

Man of Steel
2013
Zach Snyder

Malgré des résultats en salle mauvais et un retour critique mitigé, une suite à Superman Retours a été un temps envisagée, fixée même à l’été 2009. Puis finalement vu la qualité et les recettes de la nouvelle trilogie de Batman, Christopher Nolan fut engagé pour écrire l’histoire de Man of Steel, sous la tutelle d’un expert en gros films, Zack Snyder. Bref, que des experts à la charge d’un reboot ambitieux qui a la charge de relancer les DC Comics avec La Ligue des Justiciers en ligne de mir.

Exit le soleil mourant devenant supernova, le destin funeste de la planète Krypton viendra ici de son noyau, épuisé et s’effondrant sur lui même. Conscient que cette issue est inévitable, Jal-El (Russell Crowe) décida de sauver son fils Kal-El en l’envoyant sur Terre, loin des folies expansionnistes des siens. Recueilli par de gentils fermiers du Kansas (Diane Lane et Kevin Costner), Kal-El, rebaptisé Clark Kent (Henry Cavill), a grandi dans la solitude, persuadé que ses pouvoirs terroriseraient les hommes. Mais arrivé à l’âge adulte, cherchant la réponse à son existence, il découvrira, grâce à Lois Lane (Amy Adams), journaliste au Daily Planet (dirigé par Laurence Fishburne) un vaisseau krytonien. Malheureusement, en le réactivant, il révélera sa position au général Zod (Michael Shannon) et ses hommes, d’anciens révolutionnaires de Krypton bannis.

Dès les premiers instants on le sent : le film essaye vraiment de se démarquer de ce qui a déjà été fait, quitte à s’écarter par moments de la vraie histoire, mais gardant le fond. Ainsi, plutôt qu’une bête planète Krypton de cristal assez fade, on y découvre un lieu futuriste et riche, possédant sa propre végétation et son bestiaire. On retrouve un code vestimentaire classieux, une architecture personnelle, une histoire détaillée, et ce peuple extraterrestre s’en retrouve complexifié et bien plus intéressant. Ensuite, jouant sur la chronologie, on suivra simultanément l’éveil de l’héros adulte et l’apprentissage des pouvoirs de l’enfant. Une formation passionnante, tellement qu’on en voudrait plus. En revanche, le commando de super-vilains arrive un peu trop vite, ne laissant pas le temps à Clark d’intégrer le Daily Planet ni de devenir un héros aux yeux de tous. Heureusement, alors qu’on croyait ce point primordial oublié, il revient en force une fois le conflit résolu. Ce dernier est particulièrement colossal, s’inscrivant comme le combat le plus spectaculaire du cinéma. Trop peut-être. Des immortels ravageant des villes, des explosions en pagaille, des effets spéciaux incroyables : que de l’ultime. C’est bien simple, pas un instant de répit dans cette déferlante visuelle stupéfiante. La technique est parfaite, ultra réaliste (à ceci près qu’on se demande bien comment enfiler le costume peut raser la barbe, et aussi pourquoi Lois a t-elle besoin d’embarquer dans le vaisseau), mais tout de même. La barre est placée tellement haut qu’on voit mal comment les suites (on parle même d’une suite dès l’an prochain) pourront faire mieux, ou ne serait-ce qu’égaliser, tant l’affrontement possède une envergure sans commune mesure. Mieux encore, les acteurs sont bons et Superman, en plus de s’offrir un Relooking réussi, s’adjoint un interprète de qualité. Et quand s’en vient la musique, belle et puissante, on pleure devant tant de talent. Un spectacle à la mesure de l’époustouflant Star Trek Into Darkness, c’est dire le niveau. La cuvée 2013 s’annonce exceptionnelle.

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Superman Returns

Superman Returns
2006
Bryan Singer

Grande source de déception pour de nombreux fans du super-héros, le film est resté dans les annales des bides du cinéma, récoltant un tout juste correct 390 M$ dans le monde pour un budget providentiel de 270 M$. Il faut dire que le principe même du film paraissait risqué : il se place comme la suite des anciens Superman, alors même que les derniers furent catastrophiques et que Superman IV fut sorti dans la douleur 19 ans plus tôt.

Histoire de marquer plus encore la longue séparation qu’il y a eu depuis le dernier film estampillé Superman, cette aventure prend place cinq ans plus tard, alors que Superman (Brandon Routh) revient sur Terre, après un long voyage pour découvrir les restes de la planète Krypton. Si son statut de héros lui valut un retour acclamé, tout le monde ne l’a pas attendu : Lois Lane (Kate Bosworth) est désormais mariée (à James Marsden) et a un fils de cinq ans. En revanche, son absence a permis à Lex Luthor (Kevin Spacey) de se libérer de prison, profitant d’un vice de procédure et de la non-présence du principal témoin de son arrestation. Fin prêt à exécuter son prochain méfait, il ambitionne de couler les continents en créant le sien.

Peut-on réellement faire une suite après presque vingt années ? Et c’est là le gros problème du film : reboot non-assumé, le film veut rattraper une histoire oubliée, et se rattache à des codes cinématographiques désuets et se cache lui-même derrière l’ombre de ses prédécesseurs. Carrément dénué de charisme, Brandon Routh n’est visiblement là que par sa ressemblance physique avec le génie qu’était Christopher Reeve, et il essaye même d’en reprendre les mimiques, prouvant son inexistence. Ne faisant preuve d’aucune originalité, l’histoire se contente de reprendre l’icône du mal qu’est Lex Luthor, heureusement très bon, mais le fait qu’il soit le seul ennemi de Superman créé un manque : du combat. Pas une seule scène d’affrontement épique à se mettre sous la dent. D’un autre côté, sans non plus nous éblouir, le film est graphiquement pas mal, et quelques scènes en jettent, comme l’accident d’avion. On appréciera aussi les clin d’œil au passé, comme les problèmes d’orthographe de Lois. Et quand le générique de fin arrive, malgré une musique somptueuse, et qu’on constate une reprise de Superman volant dans l’espace, mêmes mouvements, même petit sourire sur le côté, on prend conscience de l’absence totale d’originalité du film, tenant plus de l’hommage raté que du retour salvateur. Ça reste un gros film assez divertissant, mais l’angle choisit fut une erreur monumentale.

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Superman IV

Superman IV
1987
Sidney J. Furie

Pourra t-on faire encore pire ? Visiblement pas en panne de mauvaises inspirations, et malgré des résultats en salle en chute libre, la franchise est reconduite. Va t-on s’enfoncer un peu plus dans le nanar ? Malheureusement pas, l’adage « mieux vaut en rire qu’en pleurer » ne s’applique indubitablement pas.

Pour cette dernière aventure – car à force de faire n’importe quoi plus personne ne suit -, Superman (Christopher Reeve) ambitionne la paix dans le monde. Normalement interdit de modifier le cour de l’histoire humaine, il va prendre sur lui, en pleine guerre froide, pour débarrasser la Terre des armes atomiques. Fraîchement ré-évadé de prison, Lex Luthor (Gene Hackman) entend bien une nouvelle fois mettre fin à Superman. Son plan est simple : lui donner une bombe atomique à envoyer sur le soleil et en profiter pour créer Nucléaire-Man !

Ah quand même ! Démarrant on ne peut mieux sur une scène spatiale navrante où la science n’a pas sa place, le film multiplie les impers, faisant notamment un bras d’honneur magnifique à Superman II, rebroussant chemin et faisant comme si Lois Lane n’avait jamais eu connaissance de la double identité de Clark. Tout cela pour en tirer des comiques de situations tout sauf drôle. Y mêler une double romance n’y change rien : c’est lamentable. Mais la palme de l’ignominie revient sans contestes à Nucléaire-Man, sorte de grecque de l’antiquité qui ne fait que grogner et balancer des lumières oranges. L’affrontement en tient lui aussi une sacrée couche, reprenant le scénariste de 1969 et son premier pas sur la Lune, montrant de magnifiques vents spatiaux déformant les habits et les drapeaux, tout en les protégeant du gel ! Un phénomène extraordinaire qui s’applique aussi à la nouvelle directrice du Daily Planet, kidnappée et embarquée dans l’espace, mais plus de peur que de mal puisque les -270°C et l’absence d’air ne l’a pas gêné outre mesure. Et pour la troisième fois consécutive, le même plan de fin est recyclée pour conclure le film. Certains nous quittent en héros, d’autres survivent assez longtemps pour voir leur image massacrée.

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Superman III

Superman III
1983
Richard Lester

Très loin de la grande saga, Superman a chuté dès son deuxième film. Histoire grotesque, effets spéciaux ratés, seul le capitaine tient encore la barre, mais difficile d’espérer quoi que ce soit de cette troisième aventure. Et ce qu’il devait arriver arriva : la saga sombre du côté obscur de la comédie, le nanar.

Une fois n’est pas coutume, point d’ennemis à l’horizon pour Superman (Christopher Reeve), parti faire un article sur le modèle américain en se rendant à une soirée des anciens élèves de la ville de son enfance, Smallville. Loin des yeux loin du cœur, Lois Lane étant partie en vacances aux îles, la vision de son fantasme du lycée plus belle que jamais va lui donner des envies de changements. Pendant ce temps là, une espèce de caricature du black baba-cool qui appelle tout le monde « mec » et qui se la joue va tomber sur une annonce de programmeur. Cupide, apprenant que les demis -centimes de la boîte sont « perdus » (c’est bien connu !), il va se les octroyer grâce à ses talents innés en informatique (ah excuse-moi Chuck Norris !). Conscient d’avoir affaire à un génie, son patron va se servir de lui pour, en utilisant un satellite, modifier le climat de la Colombie pour détruire leurs récoltes de café (mais bien sûr…). Mais Superman se mettra en travers de leur route. Ne reste alors qu’une solution : se débarrasser de lui.

Superman II en tenait déjà une couche côté histoire, mais là on touche le fond. Si aujourd’hui encore certaines sous-productions se vautrent à parler informatique, ici on frise l’hystérie tant c’est hilarant. Alors que internet n’en était qu’à ses balbutiement, on voudrait nous faire croire que le premier ordinateur venu est non seulement capable de trafiquer les comptes d’une société, de s’approprier un satellite, mais est aussi capable de dérégler « par erreur » tous les systèmes informatiques de la ville, allant du feu de signalisation au distributeur automatique. Et quelle stupidité que la super-machine finale ! Mais ça n’est pas le seul point drôle, car à un moment donné Superman va passer en mode bad guy, et c’est plus que mémorable. Je bois, laissez moi tranquille ! La franchise est donc massacrée, certes, mais quelle barre de rire ! Dommage que le film soit trop long, l’effet perdant de sa superbe sur la fin, connaissant tout de même un sursaut avec l’ordi-ultime, mais dans l’ensemble ça reste plus mauvais que drôle.

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Superman II

Superman II
1980
Richard Lester

Énorme phénomène commercial, Superman avait déferlé sur le box office mondial avec plus de 300 M$ au compteur, soit plus de un milliard avec l’inflation. Porté par un Christopher Reeve excellent et faisant preuve d’une ambition louable bien qu’irréalisable, le film ne se prêtait pas tellement à une suite, tout était dit : il est venu, il a vaincu, et protège désormais le monde. Mais bon…

Peu de temps avant l’explosion de la planète Krypton, trois marginaux avaient été bannis, enfermés dans un écran en forme de triangle. Mais alors que Superman se servit de l’espace comme poubelle pour balancer une bombe visant à détruire la Tour Eiffel, le souffle de l’explosion (dans l’espace ?) les libéras, leur triangle passant fortuitement par là. Mais alors que Lois découvrit la vérité sur Clark et que ce dernier renonça à ses pouvoirs par amour pour elle (???), les trois rebelles kryptons se lancèrent à l’assaut de notre Terre. Confusion et chaos : un moment particulièrement propice pour Lex Luthor (Gene Hackman), ne sachant que faire depuis son évasion.

Tiens, que ce passe t-il ? Eh oui, le film démarre tout simplement par un résumé de dix minutes du premier film : du grand n’importe quoi. Heureusement, le début du film se montre beaucoup plus rassurant : la romance entre Clark et Lois est développée avec poésie et intelligence, et l’histoire semble se diriger vers un affrontement dantesque. Mais d’un autre côté, les limitations techniques nous font redouter le pire, craignant la surenchère d’effets spéciaux ratés. Comme quoi, les intuitions sont bonnes. Après un ridicule « j’abandonne mes pouvoirs », on assiste à un combat dans Métropolis affligeant. Si on peut tolérer les panneaux publicitaires qui recouvrent toute l’image, des explosions ridicules et des vilains qui n’acculent pas trop un Superman pourtant mauvais, le comportement des citoyens est juste aberrant. « Oh mon dieu la ville est assiégée ! Ça crame de partout ! Fuyons ! ». Bah non, pas là. Eh oui, c’est tellement mieux de rester planter en plein milieu, quitte à se faire tuer. Le nanar n’est pas encore là, mais on le sent frémissant.

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