Saw V

Saw V
2008
David Hackl

Prenant tout le monde de cours en jouant sur la temporalité, Saw IV avait à peu près réussi à faire passer le cap de la mort de John Kramer, alias le tueur au puzzle (Tobin Bell). De plus, par une pirouette scénaristique, le dernier volet nous a dévoiler l’existence d’un second complice, qui s’est révélé être le lieutenant Hoffman. Un choix un peu arriviste et prévisible visant à prolonger la saga.

L’agent Riggs a donc perdu, tous le monde est mort, et Hoffman est ressorti de l’entrepôt tel un héros, portant dans ses bras la fille de Jeff. Ou du moins c’est ce qu’il croyait. L’agent Peter Strahm (Scott Patterson) s’en est sorti vivant, mais n’aura pas été en contact avec Hoffman, sa couverture restant donc parfaite. Mais ces évènements corroborent bien la thèse d’un troisième tueur au puzzle, et l’enquête reprendra de plus belle. Hoffman devra donc faire face à l’éventualité d’une confrontation, alors qu’il doit mettre en place un nouveau piège, dernière volonté de Jigsaw.

Fini les pirouettes temporelles et autres ellipses narratives, ce cinquième film doit avancer et assumer les choix pris. Il ne peut se cacher éternellement derrière John Kramer. Mais comment lâcher tout ce qui a fait le succès de la saga, en dehors du principe de torturer et regarder mourir des gens qui le méritent ? Ainsi, toute l’histoire de ce film consiste en une revisite du parcours de Hoffman qui l’a conduit à rejoindre le club Jigsaw. Du coup, on apprend rien de nouveau et malgré la courte durée du film, il se passe bien moins de choses que dans les précédents, faisant en plus preuve de quelques incohérences. De plus, en sus de l’accumulation d’horreur de moins en moins inspirée, on se retrouvera face à des candidats particulièrement stupides et insipides. D’où sortent-ils, pourquoi s’intéresser à eux ? Bref rien de passionnant. Et comble de la régression, le fameux twist final, qui clôturait jusqu’ici chaque film, manque à l’appel, donnant presque un sentiment de foutage de gueule. A t-on touché le fond ?

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Les Kaïra

Les Kaïra
2012
Franck Gastambide

Dans un pays où 86% des films ne se rentabilisent pas lors de leur exploitation en salles, Les Kaïra fut à la surprise générale le plus gros succès de l’année en terme de rentabilité. À l’origine, les trois frères des cités proviennent d’une web-série sur des jeunes voyous qui dealent ou qui revendent des objets volés façon télé-shopping. Ici, le concept sera donc étendu à un film.

Dans la petite ville défavorisée de Melun, Abdelkrim (Medi Sadoun), Mousten (Frank Gastambide) et Momo (Jib Pocthier) galèrent. Pas de travail, pas de diplôme, pas d’argent et pas de copines. Du coup, ils ne font que glander toute la journée avant de rentrer comme des glands chez leurs parents. Puis un jour, c’est la révélation : le porno. Après avoir vu une campagne publicitaire disponible dans un magasine, l’idée tomba telle une évidence. Qui ne rêverait pas de se taper des filles sublimes à la chaîne ? Et on est grassement payer en plus ! Seul problème, le responsable désire tout de même une démonstration technique vidéo. Ils n’ont que quelques jours pour faire ce qu’ils n’arrivent jamais à faire : serrer une meuf.

De base, l’histoire à l’air navrante. Mais de par son approche parodique, on adhère beaucoup plus facilement. Ainsi, nos gros durs ne sont en réalité que des bouffons ratés qui font pitié. On ne comprend pas tout ce qu’ils disent et sont quelque peu vulgaires, mais on se prend rapidement au jeu, car clairement le film ne se prend pas au sérieux. On retrouve la veine des Lascars ou de Neuilly sa mère ! dans un style un peu plus débridé, n’hésitant pas à aller plus loin que de simples allusions sexuelles. Niveau humour, on se situera à mi-chemin d’un Fatal et d’un Jackass. C’est gras, pas bien original et racoleur (pléthore de guest : Ramzy Bedia, Armelle, François Damiens, Eric Cantona ou encore Elie Semoun), mais on en rit bien tellement c’est con et couillu. Le film ne fera pas l’unanimité, et c’est peut-être l’objectif, mais qu’importe quand le délire est à ce point jouissif. D’ailleurs, le gros carton du film va conduire la série à une diffusion télé sur Canal+, et une suite au film est déjà en préparation.

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Saw IV

Saw IV
2007
Darren Lynn Bousman

Pas de surprises donc, Saw III se terminait sur une affaire en suspend, ce film doit donc y répondre. Le point de départ du film est logique : les légistes ont retrouvé la cassette que le tueur au puzzle a ingéré, protégé de ses sucs gastriques par la cire. On y notera tout de même la première déception du film : notre Jigsaw (Tobin Bell) a perdu son doubleur. C’est ce qu’on appel une voix d’outre-tombe !

Un peu en retard sur tout le monde, les policiers retrouvent ici tout juste le cadavre du détective Kerry. L’affaire prenant de plus en plus d’ampleur, la CIA vient prêter main forte avec deux agents (dont Scott Patterson, Luke dans la série Gilmore Girls). Mais à peine eurent-ils le temps d’émettre l’hypothèse d’un second complice que l’un d’eux fut prit pour cible : le policier Rigg. Pour avoir passé sa vie à vouloir sauver tout le monde, le tueur au puzzle le soumettra à l’épreuve en mettant sur son chemin une série de personnes à sauver dans un temps imparti de 90 minutes. Que la partie commence.

Certes, comme tous les Saw le dernier en date se terminait sur un « to be continued », mais en même temps la mort de son héros aurait dû stopper la saga. Au final, il n’aura survécu que durant trois des sept films. Plus mort que vivant donc. Mais bon, si l’histoire est moins intéressante que dans les deux premiers, on aurait tendance à dire que celle-ci est légèrement meilleure que la précédente, sauvant un peu les meubles avec son immense jeu de piste, qui se terminera au passage par un twist surprenant et très bon, même si on regrettera certaines morts abruptes d’anciens personnages qui auraient mieux valut restés cachés. En revanche, la pilule passe de moins en moins bien côté horreur, allant encore plus loin dans le sadisme et la boucherie insoutenable, ou comment traumatiser à vie des âmes sensibles. Il faut quand même reconnaître au film un certain talent d’inventivité dans ce domaine, le structurant parfaitement à l’histoire. Mais bon, le temps du frisson des grands suspenses est bien loin…

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Saw III

Saw III
2006
Darren Lynn Bousman

Si le genre horrifique se portait déjà bien avant – il faut dire qu’importe l’originalité, un bébé terrifié qui suit des yeux un fantôme ou un esprit qui se rapproche sur les photos, ça fera toujours peur – il faut bien avouer que le sous-genre du gore fut révolutionné par les deux premiers Saw au demeurant très bons. Grosse rentabilité et fin ouverte oblige, le tueur revient à la charge avec sa nouvelle disciple.

Donc après avoir jouer avec la vie de l’inspecteur Eric Matthew, puis s’être rapidement occupé du cas de sa collègue Kerry (les effectifs de la police sont en chute libre), le tueur au puzzle (Tobin Bell) s’intéressera au cas de Jeff Reinhart, séparé de sa femme suite à la mort de son fils dont il ne s’est jamais remit, d’autant que son meurtrier, jugé partiellement responsable pour cause d’alcoolisme, fut libéré au bout de seulement six mois. Depuis, il n’est plus que l’ombre de lui-même, et délaisse complètement sa fille, aveuglé par sa haine. De par son méprit de la vie, il se verra lui aussi plongé au cœur d’un jeu macabre.

À priori il n’y avait pas tellement de raison pour que ce troisième film soit qualitativement inférieur  : toute l’équipe du film a rempilé et la fin de Saw II laissait clairement entendre une suite de par son twist fracassant. Mais en réalité, cette suite fait fit de son prédécesseur en expédiant la situation de Matthew, avant de se débarrasser par la même occasion de sa collègue, laissant la place pour une toute nouvelle histoire assez limitée : faire passer un test à un père endeuillé. Il n’aura même pas à survivre, juste décider du sort des responsables de la mort de son fils, une aberration. Fini le temps de la terreur psychologique de la mort imminente, le film bascule intégralement du côté du gore, enchaînant des séquences atroces comme une cage thoracique arrachée ou la noyade par cadavre de porc putride. Une abomination qui éloigne définitivement la saga du grand public. Mais après tout, ça reste une question de goût. Le réel problème du film, qui l’empêche d’égaler ses prédécesseurs, réside dans son histoire : prévisible et pas folichonne. Le twist final est loin de valoir ceux passés et sa révélation semble interminable. Cela n’annonce rien de bon pour la suite…

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Eva

Eva
2012
Kike Maillo

Quand en France on pleure devant l’incompétence de nos scénaristes, l’Espagne continue d’aligner des histoires ambitieuses comme celle-ci. Vision futuriste de notre civilisation, le film nous plongera dans un nouveau monde placé sous le signe de la robotique.

Le film prend état en 2041, alors que les robots et les intelligences artificielles régissent notre quotidien. Génie du genre, Alex (Daniel Brühl) va être chargé d’établir un nouveau model révolutionnaire pour le marché : un humanoïde autonome. Déjà inventeur du premier animal bionique à intelligence évolutive, il est sensé apporter au monde un model de robot en tous points semblables à un enfant. Pour en recréer l’architecture réflexive, il s’inspirera de sa nièce, Eva (Claudia Vega).

Pour replacer le film dans un contexte futuriste mais relativement proche, le film a eu la brillante idée de transposer l’histoire dans une ville enneigée, créant une atmosphère qu’on pourrait presque qualifier de surréaliste quand on sait que cela se passe en Espagne. Et pour nous plonger au cœur de cette avancée robotique sans s’avancer outre mesure sur notre évolution technologique, l’action du film se déroule près d’une université spécialisée dans ce domaine. La réalisation très soignée est aussi accompagnée par des effets spéciaux de grande beauté et très originaux. L’architecture pensive des robots a un style magnifique, utilisant une technologie interactive à la Iron Man dans un design cristal / sable qui n’est pas sans rappeler ce qu’essayait de décrire Ray Bradbury dans ses Chroniques martiennes. Mais cette image forte ne serait rien sans quelques personnages remarquables dans l’interprétation comme le personnage principal bien sûr, mais aussi son majordome humanoïde bluffant, et surtout la charmante et intrigante Eva qui arrive à mélanger fascination et émotion bien mieux que ne l’a fait A.I. en son temps. Un belle œuvre poétique qui ferait même rêver un robot.

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Hansel & Gretel : Witch Hunters

Hansel & Gretel : Witch Hunters
2013
Tommy Wirkola

Assurément l’un des plus gros cartons de ce début d’année, le film a certes connu un succès modeste aux Etats-Unis (55 M$), mais il a littéralement explosé à l’étranger, dépassant prochainement le cap des 200 M$ cumulés. Une réussite qui avait pourtant de quoi laisser perplexe : une revisite du conte pour enfants germanique des frères Grimm sur deux frères et sœurs qui font face à une vilaine sorcière après avoir manger une partie de sa maison en sucre.

Le film nous propose donc de découvrir la suite du conte, et donc ce que sont devenus ses protagonistes. Traumatisés par cette rencontre, Hansel (Jeremy Renner) et Gretel (Gemma Arterton) ont décidé de vouer leur vie à ce qu’il a failli leur arriver n’arrive à personne d’autre, en chassant les sorcière. Fraîchement engagés dans une ville, ils sont chargé de retrouver les enfants disparus et de tuer les sorcières qui en sont responsables. Mais la mission ne sera pas facile entre une sorcière particulièrement virulente (Famke Janssen) et un passé qui les rattrape.

Avant même que le film ne commence, une question se pose : c’est quoi ce délire ? D’un coup d’un seul on transforme une petite histoire de deux enfants pas sages en grosse bastonnade contre des vilaines sorcières hideuses. Un détournement qui n’est pas sans rappeler Abraham Lincoln : Chasseur de Vampires, bien que le sujet s’y prête beaucoup mieux ici. D’ailleurs, l’histoire est plutôt inattaquable puisque la chasse aux sorcières est presque logique, et qu’en plus de ce principe on retrouve des personnages bien définis et une trame de fond intéressante liant passé et culte. Le film n’est pas trop mal réalisé, les effets spéciaux passent bien (sauf le géant, un peu raté), et les acteurs s’en sortent très bien (notons au passage la présence de Thomas Mann en apprenti en herbe). Comptant aussi sur un excellent rythme, un humour revigorant et de grosses scènes d’action, le film s’impose très facilement malgré son mélange fantastique et sanglant qui ne payait pas de mine à priori. Bonne surprise donc que ce bon gros délire survolté, qui ne trouvera probablement pas écho en dehors des jeunes et des jeunes adultes, mais qui s’avère bien sympa.

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Saw II

Saw II
2005
Darren Lynn Bousman

Pas vraiment pensé comme une saga à l’origine, Saw fut un record de rentabilité, et l’intérêt des spectateurs pour le personnage énigmatique de Jigsaw rendait légitime ce besoin expansionniste. C’est vrai, pourquoi faire quelque chose de nouveau quand on tient la bonne formule ?

Que nous réservera ce coup-ci le tueur au puzzle ? Après avoir testé un informateur de la police, Jigsaw (Tobin Bell) se servira de la scène du crime pour y laisser une invitation toute spécialement dédiée à l’inspecteur Eric Matthew. Et à sa grande surprise, il y trouvera un indice le menant directement à son repaire où il l’attendait bien sagement. Pourquoi est-il là ? Pour se rendre ? Non, il souhaite être aux premières loges pour son nouveau jeu : huit personnes enfermés dans une maison truffée de pièges, et où un gaz toxique est répandu. S’ils ne trouvent pas l’antidote avant deux heures, ils mourront. Un jeu mortel dans lequel participe le fils de l’inspecteur Matthew, spectacle qu’il observera impuissant devant des moniteurs. Que la partie commence !

Nouveau film, nouvel inspecteur, nouveau jeu et même psychopathe. On suivra d’un côté le bras de fer psychologique entre la police et leur prisonnier cancéreux, et de l’autre ce qu’ils voient sur leurs moniteurs, la boucherie annoncée. Un manoir, plein de pièces, et la mort à chaque tournant, en plus de la promesse d’une mort certaine au bout de deux heures de part l’inhalation d’un gaz toxique. Le terrain de jeu étant plus grand, les interactions seront elles aussi plus nombreuses, de même que les participants. On retrouvera donc cette même tension qui peut faire basculer une vie d’un moment à l’autre, ajoutant cette fois-ci une touche de gore beaucoup plus prononcée. Moins psychologique, plus horrifique, ce second volet se dote lui aussi d’un casting au rabais, mais cela passe mieux grâce au contexte taulard. De plus, relançant toujours sur cette musique magnifique qui s’ancre comme le thème de la saga, on aura encore droit à un twist-ending de qualité, certes moins bluffant mais tout aussi jouissif. Cette suite perpétue donc parfaitement l’héritage de son prédécesseur, et impose définitivement son style. Et pourtant, quelques films plus tard…

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The Master

The Master
2013
Paul Thomas Anderson

Généralement boudés par le public, les très espacés films de Paul Thomas Anderson (à peine trois films en 15 ans) avaient connu l’instant de grâce avec son excellent There Will Be Blood, son premier vrai succès. Mais le voilà déjà replongeant, affichant des recettes inférieurs au budget (27 Vs 32) et suscitant l’indifférence chez les spectateurs et les cérémonies (du moins pour les importantes). Une injustice ? Rien n’est moins sûr…

Tout juste sorti de la seconde guerre mondiale, Freddie Quell (Joaquin Phoenix) n’en est pas ressorti indemne. Privé pendant trop longtemps de la chaleur des femmes, il en est devenu un pervers agressif. Trop habitué à picoler, il en est devenu alcoolique. Une combinaison qui fait de lui un être peu fréquentable, violent dans ses actes et dans ses propos, et qui passe sa vie à fuir le bonheur, détruisant tout ce qui l’entour. Un soir alors qu’il fuyait ivre-mort, il s’engagera par inadvertance sur le bateau de Lancaster Dodd (Philip Seymour Hoffman), appelé « le maître ». Chef d’une secte spirituelle nommée La Cause, il essayera d’appliquer sur lui ses méthodes pour en faire un homme respectable.

Dès le début, le film demande un sacré effort de concentration : l’histoire part dans tous les sens, nous poussant même par moment à supposer à des mondes parallèles. Mais non, le bougre a eu une vie particulièrement agitée et folle. Soldat, marin, photographe, guide spirituel : tout est bon tant qu’il y a des femmes et de l’alcool. L’historie ira heureusement chercher un peu plus loin (quête intérieure, aspiration religieuse, notions d’importance de la vie et de ce qu’on en fait) et ses personnages sont très travaillés, et particulièrement bien interprétés – bien qu’on déplorera l’articulation désastreuse de Joaquin (je parle bien sûr de celle en VO). La réalisation est bonne et l’ambiance de l’époque est parfaitement retranscrite. Malheureusement, outre la ressemblance avec la scientologie fortement dénoncée par ses défenseurs mais qui n’implique pas directement la qualité du film, on émettra bon nombre de réserves. Tout d’abord sur son montage, chaotique et brouillon : on perd énormément de temps à comprendre sa structure, et les transitions sont par moments incompréhensibles, ou l’effet « mais il s’est passé quoi là ? ». Mais le plus gros problème est sans aucun doute sa teneur. Les dialogues sont souvent grossiers et vulgaires, et se traînent sur fond théologien fumeux. On peux même parler de passages choquants et immoraux quand la fille du Master (Amy Adams) l’aide à faire certaines choses ignobles. Et que dire de cette absence de fin et du rythme atroce qu’on nous inflige ? Les quelques 137 minutes du films paraissent très longues… Alors oui, pour un tel sujet le film est professionnellement très bon, mais une fois passé son caractère irrévérencieux, il faudra faire face à l’ennui et qui n’est pas des moindres.

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Carnage

Carnage
2011
Roman Polanski

Dernier film en date de Roman Polanski, le film est l’adaptation de la pièce de théâtre française Le Dieu du carnage, qui se trouve être… un huit clos ! Bis et repetitum es maledicus de indigestionus. Mais bon, soit, un de plus. Reste maintenant à savoir ce qu’il va s’y passer…

Quand deux couples se rencontrent, ou l’histoire d’un garçon qui frappa son camarade. L’affaire prit place dans un jardin public, alors que Zachary mit un pain dans la face de Ethan, lui explosant deux dents. Penelope (Jodie Foster) et Michael (John C Reilly), les parents de Ethan, invitent alors les parents de Zachary, Nancy (Kate Winslet) et Alan (Christoph Waltz), pour discuter calmement de l’incident. Mais entre les différences de caractères et de principes, la visite de courtoisie va tourner au carnage !

On prend donc quatre grands noms d’Hollywood, dont l’excellent Christoph Waltz, et on les rassemble pour un immense règlement de compte entre les deux camps, mais aussi entre les couples, moins heureux et solidaires qu’on pourrait croire aux premiers abords. On sait de base que le film sera un huit clos, mais on s’amuse beaucoup des raisons qui font que l’histoire en sera un, prétextant habilement le non-départ des invités. Assez imaginatif, le film enchaînera les situations embarrassantes, délicates et drôles, et évitera le piège de l’évidente montée en crescendo de l’hystérie collective. Un choix à double tranchant dans la mesure où attendra toujours ce grand boom qui franchira les limites de l’explosion, mais on attendra jamais cette quintessence. De plus, le grand classique du téléphone harceleur, Running-gag au demeurant très bon, nous inflige malgré tout des baisses de régimes de par l’interlude. L’idée n’est donc pas un model d’originalité, mais son traitement bien rôdé et son casting de qualité aboutissent à une comédie très sympa et nerveuse.

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Saw

Saw
2004
James Wan

Désormais devenue figure incontournable du cinéma horrifique en révolutionnant le concept du gore et sadique, la saga Saw est la plus rentable de l’histoire (du moins pour l’instant, tout dépendra du nombre de Paranormal Activity) : doté d’un budget de 68 M$ cumulé pour l’ensemble de ses sept films, la saga a rapporté 873 M$, un ratio hors du commun. Un sacré engouement pour un film qui a faillit ne jamais sortir au cinéma, et même ne pas se faire du tout faute de financement.

Méritons notre vie ? Quand on se nuis volontairement en s’injectant des drogues ou en ne faisant pas attention à son prochain, ce n’est pas faire un usage souhaitable de sa vie. Pour Jigsaw (Tobin Bell), ces gens là ne méritent pas de vivre, à moins de faire preuve d’une combativité remarquable. Etant lui même condamné à mourir, il a décidé de voué le reste de sa vie à faire comprendre aux gens l’importance de la leur par le billet de tests mortels où survivre ne sera pas aisé. Jamais trouvé par la police (Danny Glover), il s’apprête à démarrer son nouveau jeu en les personnes de Adam, un photographe, et le docteur Lawrence. Qu’ont-ils fait pour mériter leur place ? C’est ce qu’ils vont devoir découvrir, se réveillant dans une salle de bain lugubre, et la cheville lourdement chaînée.

Très loin  de proposer du contenu spécialement gore, ce premier volet place la barre très haut avec un huit clos – décidément je regarde que ça en ce moment – très bien huilé. Une seule pièce, une sortie, mais impossible de se défaire de ses chaînes. Si les acteurs ne sont pas tellement convaincants, leurs personnages sont plutôt travaillés – on retrouvera d’ailleurs deux acteurs de Lost : Ken Leung et Michael Emerson, respectivement Miles et Ben – et leur connectivité est intéressante. Sorte de thriller psychologique, on cherchera toujours à savoir quels secrets s’y cachent, et quelle sera la prochaine surprise. Mais bien sûr, rien ne peut préparer au coup de théâtre final, remarquablement fort et accompagné d’une superbe musique. Suspense et plaisir sadique font de ce film le renouveau du genre. Mais quel malheur, il y eu des suites, enfonçant progressivement la saga dans le gore gratuit et indigeste…

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