The Breakfast Club

The Breakfast Club
1985
John Hughes

Quel genre d’élève étiez-vous ? Le gars populaire qui aime attirer l’attention en faisant des conneries / la fille allumeuse et bombasse qui se pavane avec ses copines en ricanant sur le dos des malheureux ? Ou plutôt l’intello / le cancre au physique ingrat victime des pires moqueries et qui se referme sur lui / elle ?

Dans le film, on suivra justement cinq lycéens, qui se retrouvent joyeusement un samedi à 7h00 pour effectuer, toute la journée durant, une colle. Temps qu’il devront mettre à parti pour effectuer une dissertation sur eux et pourquoi ils sont là. Pution qui s’appliquera à Andrew, un toxico dépressif et rebelle qui aime tester la patience des autres ; Brian, le génie de service gringalet et mal-aimé ; John, le sportif décérébré sans la moindre initiative ; Claire, la chaudasse la plus populaire et glamour du bahut ; et Allison, la gothique de service complètement hermétique, cleptomane et mythomane. Excepté le lien « naturel » qui pousse les divas dans les bras des musclés, un froid glacial règne sur la bibliothèque où ces gens qui ne veulent pas se côtoyer vont devoir passer la journée ensemble. Andrew, qui aime jouer la carte de la provocation, va tout faire pour faire exploser la situation.

Véritable huis clôt entre les murs de l’école, le film nous plonge au cœur des problèmes des ados, bien que comme toujours, certains acteurs n’ont plus tellement l’âge d’arpenter les bancs de l’école, surtout le fameux Andrew. Cinq personnages, cinq archétypes de stéréotypes d’adolescent, mais pas forcément exagérés. Malgré les années qui nous séparent du film, les codes établis correspondent toujours aux standards actuels. La première partie du film en joue et nous livre une comédie très fine, jonglant habilement entre ses personnages et s’attaquant à tous le monde. Puis rapidement, le film dévoile son ambition philosophique et son approche sur notre société et ses limites. Dénonçant l’hypocrisie collective, le film mettra le doigt sur les problèmes d’attitudes et la méchanceté gratuite que les élèves s’infligent entre eux. Un portrait vif et pertinent où chacun se reconnaîtra et aimerait pouvoir foutre une bonne pair de claque à ses arrogants auto-proclamés supérieurs qui pourrissent la vie leur semblables et les incitent à faire de même. Un film drôle et touchant, et au message d’une rare justesse.

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Le Chat Potté

Le Chat Potté
2011
Chris Miller (II)

Personnage de conte de fée assez populaire, ce chat roux aux manières humaines a connu une seconde jeunesse avec son passage très remarqué dans Shrek 2 et ses suites, le plaçant même comme une mascotte encore plus charismatique que l’âne. Et étant donné que la saga de l’ogre vert est la plus rentable dans le domaine de l’animation, et de très loin grâce aux américains, c’est tout naturellement que Dreamwork a sauté sur l’occasion pour proposer au public ce spin-off, histoire de relancer de manière détournée cette franchise très lucrative.

Le film nous plonge donc dans l’univers du Chat Potté, orphelin ayant grandi à San Fernando avec son ami Humpty, un œuf, dont il a perdu le contact il y a sept ans, alors que ce dernier l’avait trahis et obligé à l’aider à cambrioler la banque. Mais c’est alors qu’il revint dans sa vie, souhaitant se repentir et reprendre leur rêve de jeunesse : la quête du haricot magique. Deux bandits redoutés en auraient en leur possession : Jack et Jill (mais un couple, et non des jumeaux). Que la chasse commence, miaou !

Les Shrek ne sont pas tous bons, loin de là, et l’idée d’un spin-off n’est pas très prometteur, aussi sympathique que puisse être son héros. Et très vite, ce mélange de film d’animation et western mexicain nous fait penser au pire : Rango. Les blagues ne font pas rire, les accents trop exagérés, l’histoire paraît faiblarde, et le personnage de Humpty fait peur. Non seulement l’idée d’un œuf-humanoïde est mauvaise, mais en plus son personnage est détestable, et mettre un visage dessus est atroce. Et de toute façon, où est passé la magie ? Non parce que de base, seuls les êtres magiques sont humanisés. Alors pourquoi tous les animaux et même des aliments parlent ? Mais bon, à côté de l’aberration à coquille, ça n’est qu’un détail. Heureusement, le tandem Chat Potté / Kitty Pattes-de-Velours marche bien, et le film peut se venter d’afficher des décors splendides, magnifiés par des effets de lumière à couper le souffle. Une petite perle visuelle. Et avec de jolies musiques mignonnes, on en oublierait presque le reste. Mais dès que face-de-cauchemar rapplique ou qu’un dialogue insipide arrive à nos oreilles, on replonge dans la réalité : c’est franchement débile. Et pourtant, le film fut un franc succès. Les enfants sont-ils formatés pour ça ? En tout cas, si vous vous sentez en pleine possession de vos facultés intellectuels, mieux vaut éviter cette niaiserie aux références faciles et à l’histoire anecdotique.

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Père Noël Origines

Père Noël Origines
2011
Jalmari Helander

À l’origine du film, son réalisateur s’était fait remarquer avec un court métrage, Rare Export, inc, qui avait tapé dans l’œil des bonnes personnes, lui offrant la possibilité d’en faire un vrai film, avec tout de même deux millions d’euros de budget, ce qui n’est pas rien pour un film finlandais. Et comme le titre l’indique donc, le film portera sur notre bon vieux barbu tout de rouge vêtu, mais dans une version bien lointaine des contes pour enfants.

Le Père Noël a bien existé, mais il n’a jamais été ce grand-père bien veillant offrant des cadeaux aux enfants sages. Non, cet être légendaire n’est que la face obscure du personnage : le Père Fouettard, qui frappe à mort les jeunes malotrus et turbulents. Piégé dans la glace depuis des décennies, le Père Noël originel s’apprête à refaire surface : un américain fou voudrait faire revivre le démon, et a organisé son extraction du glacier où les habitants de l’époque avait jeté le corps. Il ne fera pas bon vivre pour les enfants…

WTF ? Le Père Noël n’est pas celui qu’on croit : il est vilain ! Il tue les enfants pas sages ! Si on ne comprend strictement rien de ce que foutent des américains là, ni ce qui leur arrivent, le reste n’est pas plus limpide. Au bout de demi-heure de film, un gars du coin choppe un vieux tout nu. C’est lui ? Non, et il n’est même pas tout seul : une véritable armée grolandaise la queue à l’air. Le problème, c’est que cet immense délire n’est ni drôle, ni suffisamment rythmé pour captiver toute notre attention. De plus, l’histoire est passablement confuse et son idée directrice originale et prometteuse, n’ira finalement pas au bout des choses, et décevra grandement. Seule la séquence finale « Rare Export », sans doute celle du court métrage, vaut réellement le détour. Bel effort néanmoins, même si l’essai est raté.

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Final Fantasy IV

Final Fantasy IV
2008
Nintendo DS

17 ans après l’épisode originel sur Super Nintendo, Square-Enix met un terme aux faux portages GBA et autre Playstation en arrêtant les pseudos améliorations et donjons supplémentaires : voici enfin un véritable remake, fortement incité par le fort succès d’un autre remake sur DS, celui de Final Fantasy III. Ce quatrième jeu aura marqué son temps, car contrairement à ses prédécesseurs, il sera le premier à avoir l’ambition d’un véritable scénario, une qualité qui deviendra le fer de lance de la licence.

Graphismes : 15/20

Même équipe de développement que FFIII mais résultat totalement différent. Pour coller avec les ambitions scénaristiques, un effort à été fourni pour pousser la console jusque dans ses derniers retranchements et afficher un résultat « réaliste ». C’était du moins l’objectif de l’équipe Matrix, en charge du projet. Mais bien évidemment, la puissance de la console étant ce qu’elle est, il est difficile d’afficher une 3D de qualité. En résulte une image particulièrement pixelisée et parsemée de points noirs, donnant par là même une certaine austérité et obscurité. On notera aussi quelques saccades lors des pseudo cinématiques amenant des soubresauts dans la voix (car oui, le jeu bénéficie d’un doublage). Mise à part ça, les graphismes sont parmi les plus « impressionnants » de la DS et la diversité des décors donnent un peu plus d’ampleur aux environnements. On préférera tout de même le côté alias-shalding de son prédécesseur, plus adapté au support.

Jouabilité : 14/20

La suprématie de la firme japonaise en matière de RPG tour par tour n’est plus à démontrer, mais il faut bien avouer que la formule a connu des jours meilleurs et que la difficulté n’a jamais été aussi mal dosée. Dès les premiers monstres, on rame un peu, et à partir du premier boss, c’est l’hécatombe : une boucherie. À moins de faire directement du level-up et d’en faire une habitude, il vous sera impossible d’avancer normalement sans crever immanquablement devant le premier petit monstre venu. Heureusement, dès que Cécil (le héros) devient paladin, sa puissance est décuplée et se voit propulsé de façon inespérée, rendant presque le jeu trop facile, mais uniquement pour lui. La magie est largement trop efficace dans le jeu, malmenant les faibles résistances, incluant presque tous les guerriers de passage (Yang, Cid, Edward, Cécil chevalier-noir) et malheureusement Edge, qui fera parti de l’équipe finale. Et face aux boss, quand l’un de vos personnages crève instantanément à la moindre attaque ultime, ça en devient vite chaotique. D’autant qu’avec cinq personnages jouables simultanément, on a pas tellement le temps d’improviser. Et comme si la difficulté monstrueuse ne suffisait pas, l’argent est aussi immanquablement en sous effectif, n’arrivant jamais à réunir assez de Gils pour équiper tout le monde. Et que dire du donjon final, où chaque monstre est une éponge à PV blindée aux contre-attaques et possédant une force dévastatrice ? Pour le boss de fin, il n’y a pas trente-six solutions : abusez du phénix (quand le porteur meurt, il ressuscite ses coéquipiers proportionnellement à ses PM -> utilisable indéfiniment tant que les PM sont supérieurs à 0) en espérant qu’il cède avant vous. Sinon, pour les fous-furieux, il existe deux boss optionnels, infiniment plus forts, disponibles en « New Game + » à condition d’avoir volé au boss de fin la « matière noire », ce qui est quais-impossible. Incontestablement l’un des jeux les plus durs de l’histoire.

Durée de vie : 15/20

Dans l’absolu, il serait possible de finir le jeu en une dizaine d’heures, l’histoire étant assez courte. Mais aux vus de la difficulté de malade, il faudra compter au moins 20 heures. Donc en gros vous passerez la moitié du temps à faire du level-up. Rajoutez à cela quelques 4-6 heures de missions annexes avec les chimères optionnelles de Rydia, très fortes mais il faut pouvoir rester en vie le temps du lancer le sort, ce qui est pas gagné… Sinon, comme le maximum de PV avoisine les 6500 pour Cécil, 5500 pour Kaïn et Edge, et 4500 pour Rose et Rydia, il est conseillé de faire quelques séances de « pomme d’or » pour espérer augmenter ce chiffre et peut-être, survivre au boss final (dans le meilleur des cas et au meilleur emplacement, 5% de chance de croiser le monstre qui a 10% de chance de lâcher l’objet = 0,5% de chance).

Bande son : 15/20

Comme souvent avec les Final Fantasy, les musiques sont très belles. Des petites musiques tranquilles pour les villages en passant par les ambiances pesantes lors des passages importants, le jeu convainc pas mal. Mais on constate tout de même que les plus belles musiques ne sont pas inhérentes au jeu mais à la licence, comme pour le thème du cristal. On notera aussi un bel effort pour accompagner les phases clef par des dialogues – en anglais – sympathiques, mais comme dit plus haut, sujettes à des petits bugs.

Scénario : 8/20

Quel désastre ! Alors que le jeu misait en grande partie sur ce point, c’est clairement une immense déception. Ne démarrant que très tardivement, le jeu met en scène des personnages stéréotypés et à la psychologie pour ainsi dire inexistante, avançant ensemble complètement par hasard, allant jusqu’à n’avoir aucune réelle raison de s’entre-aider, si ce n’est une pseudo amitié naissante. Il faudra attendre le changement de Cécil en Paladin pour s’enthousiasmer un peu, mais la suite se montrera horriblement classique et attendue. Une pénible chasse aux cristaux dans un monde minuscule qui ne dévoilera qu’une misère lunaire. Le boss final n’a pas plus d’envergure que dans le troisième opus, pourtant clairement orienté parodique. Le final sombre lui aussi dans le cliché à grand coup de couronnement. On suivra malgré tout l’histoire, mais sa mise en scène théâtrale et son manque de profondeur font tâche aujourd’hui.

Note Globale : 14/20

Vouloir se rappeler la gloire d’antan en ravivant la flamme des jeux passés est louable, mais encore faut-il savoir aller plus loin et faire évoluer l’œuvre. Si Square-Enix est incontestablement l’un des meilleurs développeur de RPG, force est de constater, et heureusement, que leur standard de qualité est continuellement en hausse – bien que la magie de leur génération Playsation 1 reste leur must – et que faire un remake trop fidèle ne rend pas forcément justice au jeu. À vouloir faire le plus beau jeu possible, le studio Matrix a perdu en terme de résolution d’image et de fluidité, perdant de ce fait en qualité de rendu. À vouloir reproduire la même jouabilité dans le contexte actuel, le jeu a hérité de la difficulté old-school de son modèle, carrément inadaptée aux joueurs classiques, gâchant du coup une partie du plaisir à force de devoir se mettre continuellement au niveau. Mais on aurait put pardonner et acclamer le jeu avec la même ferveur que ses aînés, si seulement son histoire avait été étoffée, ou que la mise en scène eu été moins stéréotypée. Mais les choses étant ce qu’elles sont, on se retrouve face à un excellent jeu de 1991 qui perd beaucoup de sa puissance aujourd’hui, et qui ne pourra renaître que si la refonte se fait en profondeur, et non uniquement visuellement sur une plateforme inadaptée à son ambition.

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Twilight – Chapitre 5 : Révélation 2e partie

Twilight - Chapitre 5 : Révélation 2e partie
2012
Bill Condon

Comme pour Harry Potter, la saga Twilight est venue en réponse à un phénomène littéraire, dont l’engouement s’est ensuite reproduit dans les salles de cinéma : plus de 2,5 milliards de dollars en quatre films. Mais tout ceci prend fin avec cette conclusion du quatrième roman vampirique de Stephenie Meyer. Seconde partie de Révélation, cet ultime épisode ne fera pas que combler les fans et il faut le voir pour le croire.

Après son accouchement des plus difficiles, Bella (Kristen Stewart) ouvre ses yeux de vampire sur le monde pour la toute première fois, partageant ainsi la nature de son mari Edward (Robert Pattinson). Nouveau-né en éveil, elle se montre d’une force extraordinaire et résiste même aux terribles tentations sanguines. Mais à peine eu t-elle le temps de faire connaissance avec sa fille Renesmée (Mackenzie Foy) – et d’apprendre joyeusement l’imprégnation de Jacob (Taylor Lautner) pour elle – qu’une menace se profila : Irina (Maggie Grace) aperçu l’enfant et l’a prit pour une immortelle, démon maléfique. Immédiatement prévenu, Aro (Michael Sheen) trouva enfin le motif qu’il cherchait depuis longtemps pour détruire la famille Cullen et emprisonner Alice. Espérant pouvoir plaider sa cause, Carlyle va réunir toutes ses connaissances et amis pour prendre sa défense, mais la bataille semble inévitable…

C’est une première, le film commence par un générique, nous rappelant au passage la très belle musique de la saga, qui colle plus que jamais à l’ambiance triste et pesante du film. S’en suit la formation éclair de Bella aux arts vampiriques, très intéressant et qui propose au spectateur de se glisser dans la peau de ce chasseur, nous montrant au passage ce qu’ils ressentent réellement. Sur un ton lourd et pesant, le film nous laisse croire à un « happy continue for ever », berçant nos oreilles de cette sublime mélodie mélancolique et montrant que à l’image de l’évolution de la maturité au cours des films, les acteurs ont eux mêmes largement progressé. Néanmoins, on notera que le vieillissement accéléré de Resnesmée est assez laid, prouvant que vouloir modéliser le visage d’une actrice de 12 ans sur un bébé ou une jeune fille est autrement choquant pour la rétine. Puis le film connaîtra un long moment de battement, pas totalement inintéressant mais un peu trop mou, correspondant à la mise en place de la bataille finale. Un combat des plus épiques et franchement réussi sur le plan visuel – et heureusement avec 130 M$ de budget – et puissant en terme de dynamisme, mais qui prend un virage à la Harry Potter 8 en voulant faire mourir une grande partie des personnages principaux et secondaires. Sous le choc, le spectateur se rend ainsi compte que, malgré la qualité générale discutable de la saga, ces personnages se sont rendu peu à peu attachant, et les voir ainsi tomber et aussi violemment nous affecte. Et soudain, vlan ! La surprise la plus inattendue du siècle ! Un TWIST ENDING ! Pour de vrai, dans un Twilight ! Et pas un petit, un énorme ! Abasourdi tellement en voir un dans ce genre de film tient du miracle, le spectateur hallucine devant une telle intelligence scénaristique qui justifie à lui seul la saga complète, puis nous livre sa conclusion heureuse et éternelle, avant un générique magnifique qui ne fait pas que rendre hommage à l’équipe du film, mais bien à toutes celles ayant œuvré sur l’un des cinq films, allant même jusqu’à honorer les deux actrices ayant incarné Victoria. Une façon forte et émouvante de remercier l’ensemble des fans ayant soutenu la saga depuis le début.

Plus une saga dure, et plus le risque de déception quand à son achèvement est grand. Qui n’a pas pesté devant la morosité du final de Lost, ou devant celui amer du Seigneur des Anneaux ? Qui n’a pas crier au scandale face au bain de sang gratuit et inutile de Harry Potter, finissant sur un nouveau cycle dispensable ? On ne se mentira pas, Twilight a commencé sous des aires de comédie-romantique idéaliste pour jeunes filles puériles, et pas grand monde en attendait tellement plus. Et pourtant, chaque film a marqué une évolution positive vers le chemin de la maturité, et ce dernier volet marquera sans doute bon nombre d’esprits par son final mémorable et épique aboutissant sur un twist ending de qualité qui calme. Les derniers instants renoueront avec le romantisme et la poésie, nous rappelant à la nostalgie de cette rencontre, peut-être pas écrite dans les astres, mais qui nous laissera des étoiles plein les yeux. Comme quoi, il ne faut pas être trop prompt à juger une saga sur ses premiers pas faciles, car la lumière est au bout du chemin.

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Twilight – Chapitre 4 : Révélation 1ère partie

Twilight - Chapitre 4 : Révélation 1ère partie
2011
Bill Condon

Comme c’est souvent le cas pour ce qui devrait être le dernier film d’une grande saga populaire, le dernier livre de Stephenie Meyer est divisé en deux parties, comme ce fut le cas pour le septième tome d’Harry Potter, ou bien futurement le troisième roman d’Hunger Games. Un procédé fourbe qui vise bien évidement à prolonger des affaires pour le moins juteuses. Et si l’engouement se montre proportionnel à son modèle sorcier, les 705 millions de dollars de ce quatrième film pourraient bien amener son final au delà du milliard. Réponse, partielle, demain dans nos salles.

Chose promise, chose due, le film prendra place avec les préparatifs du mariage de Bella (Kristen Stewart) et Edward (Robert Pattinson), au grand désespoir de Jacob (Taylor Lautner), qui peine à accepter la situation. Commence alors la lune de miel des amoureux liés pour l’éternité, bien que Bella n’est pas encore été vampirisée. Mais après la nuit de noce, devenir vampire ne sera plus son principal problème : chose normalement impossible, elle tomba enceinte. Bébé ou démon, ce qui pousse dans son ventre la ronge de l’intérieur et nuit gravement à sa santé et pourrait même la tuer…

À force de le surexploiter et de le surexposer, le cinéma a un peu dénaturalisé le mariage, et on n’avait clairement pas envie de s’y attarder. Et bonne nouvelle, le film l’expédie assez vite, en mettant bien évidemment les gros clichés habituels, mais pas sans remplacer les faux-discours drôles par de vrais clin d’œil intelligent, pour ce qui est des témoignages vampiriques tout du moins. On suivra donc nos deux tourtereaux en pleine lune de miel, dans les îles chaleureuses de Rio de Janeiro. Un changement de décors rafraîchissant et qui démontre la magie des lieux. On regrettera cependant la censure de la nuit torride, qui n’aurait pas plus choquée que certains autres passages. Résolument plus sombre, le film nous entraînera vers une histoire beaucoup plus adulte et réaliste. Si les loups sont toujours aussi mal fait, c’est pas faute d’avoir réuni 110 M$ de budget, on félicitera le talent des maquilleuses qui ont effectué une métamorphose sur Bella des plus bluffante (The Machinist n’a qu’à bien se tenir !). Au rayon des très bonnes surprises réjouissantes, « l’accouchement » est des plus gore et intense, et a même faillit faire interdire le film aux mineurs aux Etats-Unis. Autre bonne nouvelle, le rythme est bien plus soutenu que tous ses prédécesseurs, malgré le fait que son adaptation repose sur des bases amoindries. Il semblerait effectivement que le livre soit suffisamment riche pour combler deux films. Plus encore, les acteurs s’en sortent de mieux en mieux. Et si on rajoute à ça de la maturité, une histoire plus dense et profonde, et un réalisme accru (bien qu’on criera halte à la pédophilie quand Jacob s’empreigne de Renesmée bébé), on se surprendra à autant apprécier le film. Une saga qui s’améliore à chaque nouveau volet, c’est rare, même si on partait d’assez bas.

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Twilight – Chapitre 3 : hésitation

Twilight - Chapitre 3 : hésitation
2010
David Slade

Difficile de le nier, si les deux premiers films ont rameuté les fans du livre de Stephenie Meyer et les jeunes filles puériles qui s’extasient devant des corps musclés, son univers vampirique est loin d’être intéressant, ses acteurs pas transcendants, et son romantisme est presque comique. Mais avec un Tentation à plus de 700 M$, il n’y avait aucune hésitation quand à la nécessité de faire les suites. Après tout, pourquoi se fatiguer à faire un bon film quand les spectateurs n’y prêtent même pas attention ?

Pour cette troisième histoire, qui commence directement à la fin du dernier, la terrible vampire Victoria (Bryce Dallas Howard) revient à la charge pour se venger et réclame le sang de Bella (Kristen Stewart), responsable de la mort de son amour. Pour se faire, et échapper aux visions d’Alice, elle montera indirectement une armée, en mettant à sa tête une recrue soumise à son charme, et qui sera composée de jeunes vampires ivres de sang. Malgré leur haine mutuelle, Edward (Robert Pattinson) et Jacob (Taylor Lautner) vont faire alliance pour protéger la femme qu’ils aiment.

Le synopsis le laisser clairement entendre, ce troisième film prolonge la querelle amoureuse autour de Bella. Mais heureusement, il ne s’agira plus de l’unique sujet du film, puisqu’une menace sous-jacente rôde et donne un peu plus de consistance à l’histoire. Mais bien évidement, cela ne suffit largement pas à combler les deux heures du films, qui souffre toujours du même problème de lenteur que ses prédécesseurs. Néanmoins, le scénario nous gratifiera de quelques passages bien venus : les flash-back. Mystérieux (ou insipides, c’est selon), certains membres de la famille Cullen se dévoileront au travers de petites histoires racontant leur passé et leur métamorphose, pimentant un peu le film. Le rythme s’en retrouve amélioré et ces personnages gagnent en profondeur. Le casting reste ce qu’il est, mais le temps fait son effet et les intervenants paraissent plus sympathiques. Par contre, l’ensemble sonne toujours un peu débile, la poésie facile et peu imaginative (alors qu’il y aurait tant à faire avec de pareils paysages), et les loups font irrévocablement pitié. Le miracle était évidement impensable, mais le résultat est en nette amélioration, et le film en serait presque divertissant. Espérons que le mariage qui doit suivre ne soit pas trop nian-nian…

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Twilight – Chapitre 2 : tentation

Twilight - Chapitre 2 : tentation
2009
Chris Weitz

Suite au succès aussi fracassant qu’inespéré du premier chapitre de Twilight, les choses n’ont pas traîné, de sorte qu’en France le second volet est sorti la même année. On arrête pas une si bonne machine à billets ! Mais du coup, la production offre au second roman de Stephenie Meyer un budget confortable (50 M$) et un réalisateur expérimenté. Cela suffira t-il à donner un second souffle à cette niaiserie romantique ? Pas sûr…

Quelle mésaventure pourra bien s’abattre sur la petite bourgade de Forks ? Une année s’est écoulée et Bella (Kristen Stewart) ne le supporte pas : elle vieilli. Pour elle, tout serait plus simple si elle pouvait devenir à son tour une vampire, mais Edward (Robert Pattinson) s’y refuse. Depuis qu’il est vampire, il se sent dépourvu d’âme et il craint que Bella n’en souffre. De plus, son attirance pour elle est aussi dû à son odeur d’humaine, qu’elle perdrait alors. Pourra t-il l’aimer plus jeune et vide que vieille et humaine ? Pour ne pas lui imposer sa vie, Edward décidera de partir, laissant Bella seule et désespéré. Heureusement pour elle, Jacob (Taylor Lautner) son ami loup-garou, qui a fait énormément de musculation, est très intéresser à jouer les réconfortants.

Après nous avoir joué le couplet « amoureux transis », cette suite nous fera le coup du plan à trois, qui n’a rien à voir avec les voyages dans le temps (les visiteurs sont là !). Mais cette situation pose deux problèmes : on n’y croit pas, et eux non plus. Jacob n’aura jamais réellement sa chance (même pas de baiser) et Bella ne semble pas intéresser au delà de toucher ses muscles en béton. En même temps, on la comprend : Taylor Lautner a une tronche de cake et joue comme une buse alcoolique. Au moins la production aura embauché un vrai acteur : Michael Sheen, bien que peu marquant. Du coup, malgré des paysages magnifiques, mieux mit en valeur grâce à une meilleure réalisation, et quelques qualités romantiques, cette suite souffre des mêmes problèmes : casting bancal, scénario pour ainsi dire inexistant, beaucoup de longueurs, et des effets spéciaux indignes (les loups sont un ratage honteux). On suivra donc mollement cette « nouvelle lune » (titre VO) qui ne convaincra pas plus, mais qui satisfera probablement ceux qui auront apprécier le premier.

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Twilight – Chapitre 1 : fascination

Twilight - Chapitre 1 : fascination
2009
Catherine Hardwicke

Grand phénomène littéraire, le premier livre de Twilight, dont ce film est l’adaptation, s’était écoulé à plus de 18 millions d’exemplaires, un chiffre ahurissant qui a immédiatement propulsé sa mormone d’écrivaine, Stephenie Meyer, et a logiquement atterri à Hollywood. Donc bien évidemment, les fans ont répondu présent et le film a engrangé pas loin de 400 millions de dollars. Un score qui semble disproportionné par rapport au thème : un romance entre une humaine et un vampire. Rien que pour ça, on a envi de cracher sur le film tellement y’en a marre de tous ces films de vampires, bien que bon nombre d’entre eux sont excellents : Daybreakers, Entretien avec un vampire, Laisse-moi entrer, Underworld : Nouvelle ère, … Mais bien souvent, ça saoule plus qu’autre chose. Et quand on voit quelle genre de catastrophe se coltine la réalisation (coupable du médiocre Thirteen), difficile d’espérer quoique ce soit.

L’histoire n’ira effectivement pas cherché très loin. Bella Swan (Kristen Stewart) se voit obligée de déménager chez son père, qui vit à Forks, dans les régions froides et humides des grands lacs. Malgré un accueil chaleureux de la part de ses nouveaux camarades, une seule chose retient son attention : Edward Cullen (Robert Pattinson), un énigmatique élève de son école. Entre ses apparitions mystérieuses et son comportement ambigu, Bella se retrouve immédiatement fascinée par lui. Et après avoir entendu une petite histoire locale, contée par son ami Jacob (Taylor Lautner), elle n’a plus l’ombre d’un doute : c’est un vampire !

Oh mon dieu quelle surprise ! Manquerait plus que Jacob et sa famille soient des loup-garou ! Ah bah justement, on l’apprend dans le prochain film… Tout est cousu de fil blanc et une fois les bases installées, on peut prédire l’intégralité de la suite sans aucun risque de se tromper. Oubliez donc toute notion de suspense ou de profondeur scénaristique, tant le film met un point d’honneur à pondre une œuvre sans la moindre originalité. Cette approche moderne de ce surhomme buveur de sang n’a donc que peu d’intérêt, et ne repose donc qu’exclusivement sur ses personnages. Et qu’en est-il ? Une déferlante de clichés et autre intervenant insipides, handicapés par des acteurs à la ramasse. Tous sauf Robert Pattinson, qui sauve quelque peu les meubles avec son charisme. On partagera avec lui sa passion pour Kristen Stewart, très sensuelle et irrésistible. C’est donc là où le film fait mouche : il créé une certaine tension sexuelle enivrante entre les deux protagonistes. On a vu mieux mais l’alchimie y est, bien que cela reste faible et que probablement seuls les ados pré-puberts auront la naïveté d’y croire réellement. De plus, le film est aussi plombé par des effets-spéciaux ratés, un rythme mollasson, et un montage approximatif, rempli de faux-raccords flagrants. Une histoire vue cent fois, et en mieux, mais dont la poésie touchera sans doute les jeunes filles peu exigeantes.

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Paranormal Activity 4

Paranormal Activity 4
2012
Henry Joost, Ariel Schulman

Sorti de nulle part, Paranormal Activity avait fait main basse sur le box office en conquérant / terrifiant largement le public grâce à une campagne efficace, un excellent bouche à oreille et un procédé révolutionné : le found footage (réalisation en caméra embarquée). Un succès monstre mérité qui fut reprit à deux reprises, mais sans convaincre autant. Ce quatrième volet arrivera t-il à renouveler la formule ?

Comme ce fut le cas pour chacun des films, on y découvre une nouvelle famille, qui sera victime d’un esprit frappeur. Tout se passait bien pour cette petite famille américaine, quand un jour leur voisine « tomba malade ». – Il s’agit de Katie (celle des précédant films), qui est toujours possédée. – N’ayant personne (et pour cause), ils acceptent de prendre pour quelques jours son « fils ». Très vite, la jeune Alex se rend compte que le petit n’est pas normal. Entre des apparitions impromptues, des insomnies et des discutions dans le vide (« copain » « imaginaire »), elle décide de prendre les choses en main et de demander à son copain de filmer la maison, pour y déceler des preuves. Mais des fois, mieux vaut ne pas savoir…

À première vue, on pourrait croire au retour de la même formule, mais le film ira beaucoup plus loin. Si la jeune Alex est charismatique, on notera surtout une technique mieux maîtrisée et plus aboutie, et une histoire bien plus complète qu’auparavant. Bien plus rythmé, le film nous fera sursauter rapidement et l’échelonnement de la violence des manifestations commencera plus fort, évoluera plus vite, et finira bien plus loin que tous les autres. Si le gamin est flippant, ça n’est rien comparativement à la Kinect. Reconnaissance de mouvements de la Xbox 360, l’appareil nous dévoilera sa face cachée, et son utilisation est d’une efficacité redoutable. Dénué de temps morts mais tout autant stressant et psychologique que ses aînés, le film marque une importante évolution pour la saga en renouant avec la surprise et l’inventivité, proposant un spectacle horrifique beaucoup plus impactant. Son final magistral est des plus terribles et promet une suite ambitieuse qui, comme l’a fait remarquer très justement un spectateur, pourrait frôler le Resident Evil. En mieux, espérons le…

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