Safe

Safe
2012
Boaz Yakin

Grand spécialiste des films d’action, Jason Statham est un acteur des plus prolifique entre ses passages au cinéma et ses incursions dans les bacs à DVD. Et si sa carrière est principalement basée dessus, il y a bien une raison pour ça : chacun de ses films est une explosion d’adrénaline, à plus ou moins grande échelle, et part d’une bonne idée. Grâce à ça, même si certains ne sont pas transcendants, il n’a jamais fait un seul mauvais film, du moins pas dans l’action pure. Le cru est-il donc correct ou bien mieux ?

Dans un monde où une information ne reste pas caché très longtemps, la mafia chinoise a eu l’idée de kidnapper une jeune fille surdouée pour lu faire apprendre des codes, en l’occurrence la combinaison d’un coffre. La mafia russe ayant mit la main sur des comptes asiatiques encryptés sur un CD, la fille aurait servit de messager pour récupérer le disque en échange du code du coffre contenant 30 millions. Les deux rivaux se retrouvent alors à New-York pour l’échange mais la police voulant croquer une grosse part dans cette affaire, les choses tournent mal et la fille s’échappe. Luke Wright (Jason Statham),  ex-policier fugitif, qui tombe par hasard sur la fille, se met en tête de l’aider. Mais les trois camps vont lui tomber dessus et ça va faire mal pour tout le monde…

Banale histoire mafieuse, le scénario n’est que prétexte à édifier un sauveur d’enfant et détruire la moitié de la ville. Mais au moins, c’est bien structuré et la mise en scène offre un certain suspense. L’intérêt se situera plutôt dans l’innocence de cette petite chinoise, piégée dans une fusillade continue. Bien que le film aurait été bien plus court si elle avait été soumise à la question. Sans aller jusqu’à égaler un Hyper Tension ou un Taken, le film est un exemple de rythme à forte cadence. Les fusillades sont légions, les accidents de voitures aussi et les gens sont abattus par milliers. D’un dynamisme absolu, le film s’enchaîne sans temps morts. Et avec un héros charismatique et une histoire qui se suit bien, on passe un très bon moment intense.

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Le Secret de mon succès

Le Secret de mon succès
1987
Herbert Ross

Avant de se retirer du monde de l’audiovisuel à cause de sa maladie de parkinson, dont il est aujourd’hui presque guérit au point de recommencer à tourner, l’immense Michael J. Fox nous a tout de même gratifié d’une belle collection de succès, dont celui-ci, qui n’hésite pas à jouer la carte de la vantardise (cf affiche).

Il jouera ici le rôle Brantley Foster, un jeune campagnard fraîchement diplômé souhaitant s’attaquer à New-York. Mais sur place, c’est le désespoir : l’entreprise qui devait l’embaucher a fait faillite et toutes les autres ne veulent pas de lui car il n’a aucune expérience. Du coup, à cause de cette politique d’embauche à la con que tout le monde à subit, il fait comme n’importe qu’elle autre personne fait : gonfler arbitrairement son CV. Mais c’est encore un échec… Il recours alors à la seule méthode efficace : le piston. Il démarrera donc une petite carrière de coursier pour l’entreprise de son oncle. Mais un jour, la chance va lui ouvrir grand ses bras. Se targuant de pouvoir gérer certains pans économique de la société, il va usurper un bureau vacant en se faisant passer pour un cadre supérieur.

Le film date de pourtant plus de vingt ans mais quand on voit sa recherche d’emploi, on se dit que le système est probablement stupide depuis la nuit des temps. Du coup, malgré de nombreuses coiffures vintages, dont l’objet de tout les fantasmes Christy, pour qui la ressemblance avec feu la princesse Diana frôle le sosie, le film reste plutôt d’actualité. C’est donc tout simplement qu’on suivra ce parfait exemple du rêve américain et du désir classique d’arriviste ambitieux. Il faut se battre dans la vie et le film le montre de façon loyale et mérité. Point d’arrogance ni de favoritisme, juste un courage et un déterminisme sans failles. Voilà donc des bases des plus solides pour cette comédie familiale efficace qui joue habilement sur des comiques de situation et de répétition, alliant souvent les deux pour un résultat très drôle. La scène nocturne des amoureux est particulièrement mémorable. Malgré quelques facilités évidentes et des gags éculés, le film est d’une efficacité redoutable pour ce qui est de nous faire rire.

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LOL USA

LOL USA
2012
Lisa Azuelos

Très contente de son film LOL, sa réalisatrice, convaincue de son potentiel « teen moovie » dont raffolent les américains, a voulu tenter l’exportation, mais se prit la porte en pleine face… En revanche, elle se vit confier un auto-remake pour mieux conquérir le marché.

Pourquoi changer un concept qui a autant rapporté ? Ainsi, l’ensemble de méli-mélo sentimentaux s’en retrouve transposé à Chicago avec Miley Cyrus en Lola, adolescente en pleine crise. Mais cette fois, elle n’est pas en 3° mais en terminale. Et comme son model, elle tombera amoureuse de son meilleur ami pendant que sa mère (Demi Moore) vacillera entre son ex-mari et le beau policier (Jay Hernandez), tout juste rencontré. La trame générale est strictement identique avec sa meilleure amie craquant sur son prof et très branchée webcam, les jalousies, les amourettes, le groupe de musique et bien sûr, le voyage final, qui se passera ce coup-ci en France. Les gros clichés anglais étant troqués contre d’autres références culinaires et culturelles faciles, avec évidemment les mêmes péripéties.

La première version avait déjà cartonné dans le monde, il n’est donc pas étonnant que ce remake se casse la figure et se voit massacré par les critiques : c’est le même film. Tout y est : dialogues, situations, plans de caméra, histoires, tout. Seul le cadre change mais ça ne reste que des décors secondaires : l’école est très ressemblante, de même que les habitations. La culture américaine ne transparaît pas, et c’est probablement pour cette raison que, malgré le casting, les cinémas américains ont fermé leurs portes au film et les quelques uns qui l’ont diffusé n’ont pas fait salle comble. En même temps, avec un marketing inexistant… (Même Box Office Mojo n’a pas été au courant de la sortie du film en mai dernier face aux Avengers) Du coup, le film bénéficie des mêmes avantages et inconvénients que son prédécesseur : une belle histoire pleine de romances ponctuée par une touche efficace d’humour, mais qui souffre de graves clichés sur les jeunes, rendant certains passages stéréotypés et débiles. Peut-être un peu mieux réussi par certains points, le film n’en reste pas moins une transposition quasi identique et vaut donc strictement pareil, ce qui n’est déjà pas si mal (cf Total Recall).

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Une grande année

Une grande année
2007
Ridley Scott

L’histoire fini par celui qui en fut l’instigateur : Ridley Scott. Grand ami de Peter Mayle, il lui avait apporté un article intéressant sur les « vins de garages » (vignes non-rattachées à un domaine) dont certains se négocient à 45 000€ la caisse, et lui a dit « si tu en fait un livre je l’adapterai ». C’est ainsi qu’est né Une année en province, best-seller écoulé à plus de cinq millions d’exemplaires, dont est tiré le film.

Bien loin des vignes du Lubéron de son enfance (Freddie Highmore), Max (Russell Crowe) est devenu le grand patron des traders à Londres. Mais la mort de son oncle chez qui il allait chaque été l’y ramènera contrait et forcé. Ne souhaitant pas s’y attardé et revendre la demeure au plus vite, il se rend immédiatement sur place pour mettre un peu d’ordre. Mais sur les lieux, tout semble le pousser à ne pas vendre entre Francis (Didier Bourdon), le vigneron, Fanny (Marion Cotillard), la ravissante serveuse, et Christie (Abbie Cornish), qui ne serait autre que la fille cachée de son oncle.

Malgré son illustre réalisateur, son incroyable casting et le poids du succès de l’œuvre littéraire, le film fut un cuisant échec financier et critique. La principale raison vient de la déception qu’on eu les fans de Ridley Scott en le voyant s’abaisser à la comédie romantique. Les spectateurs auraient peut-être été plus clément si le film eut été moins classique dans sa structure et son déroulement. Un Play-boy anglais un peu trop présomptueux se redécouvre dans la campagne française. C’est sûr, l’originalité n’est pas au rendez-vous, mais s’arrêter là condamnerai le film un peu trop vite. En effet, si tout suit son cour avec prévisibilité et manque d’émotion, le film possède une qualité presque inédite : il est tranquille. On rentre dedans immédiatement, chaque personnage est sympathique, il n’y a aucun méchant, tout le monde est gentil, il fait beau, les oiseaux chantent et le vin est onctueux. D’une légèreté surnaturel, le film nous emmène dans un océan de tranquillité et de sérénité, à l’image de son cadre. On en ressort détendu et content.

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Family Man

Family Man
2000
Brett Ratner

Plus qu’un simple rêve, c’est un fantasme commun à toute personne : pouvoir modifier l’issue de certains moments clef de notre passé. Seul l’aveuglement, la vanité ou l’ignorance nous empêcherai de nous en rendre compte, mais le fait est que toute personne ayant l’occasion de recommencer sa vie la changerait de bien des façons.

Grand patron de Wall Street, Jack Campbell (Nicolas Cage) fait parti de ceux qui pensent tout avoir et n’espèrent rien de plus que leurs gloires, leurs appartements luxueux, leurs voitures de sport et leurs costumes haute-couture. Mais un soir, il fit la rencontre d’un drôle d’homme (Don Cheadle) qui essaya de lui faire comprendre l’imperfection de sa vie. Et le lendemain matin, il se réveilla dans un lit qui lui est étranger, en compagnie de son amour de lycée, Kate (Tea Leoni), qu’il avait préféré laisser et poursuivre ses études à Londres au lieu de l’épouser.  Exit le pouvoir et la richesse, le voilà plongé dans une banale vie de mari dans une maison de banlieue avec un prêt dessus, deux enfants et un boulot de merde chez son beau-père. Mais est-ce vraiment si terrible ?

Si composer au mieux avec son histoire serait incroyable, finir en costard à 2000$ dans un palace et faire des transactions en milliards à New-York, c’est une sacrément belle réussite. Mais à quoi bon quand on ne peut pas partager son bonheur avec des gens qu’on aime ? Ces deux idéaux de vie tirailleront notre bon vieux Nicolas Cage qui nous livrera une prestation de bonne qualité servi par une certaine intensité émotionnelle. Si il est le principal point fort, le reste du casting n’est pas mauvais et donne l’ampleur sentimentale nécessaire à l’empathie du film. On regrettera que l’histoire ne décolle pas autant que ce qu’il aurait été possible, notamment à cause d’un manque d’honnêteté et d’investissement de la part de son héros, créant de nombreux blocages, mais elle reste plutôt forte et son final, certes pas le plus joyeux qui soit, redonnera un peu de poésie et de magie au film. Malheureusement, son manque de rythme et d’originalité, puisque son concept n’est pas très poussé, cantonneront le film à simple divertissement émouvant qui partait pourtant d’une excellente idée.

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Des hommes sans loi

Des hommes sans loi
2012
John Hillcoat

Malgré une forte présence et un accueil chaleureux à Cannes, le film en est ressorti bredouille. Et à cause d’un calendrier trop encombré, le film ne débarque que maintenant dans nos salles. Transposition de l’histoire de la fratrie Bondurant, le film s’appuie sur le livre d’un de ces ancêtres : Matt Bondurant et son The Wettest County in the World.

1931 : l’Amérique subie la Grande Dépression et est soumise à la prohibition (interdiction de vente d’alcool). Mais bien évidemment, les alambiques sont légions et leurs propriétaires se font des couilles en or en en faisant leur business. Dans le conté de Franklin en Virginie, les légendaires immortels frères Bondurant, Forest (Tom Hardy) et Howard (Jason Clarke), sont les rois de la distillation de Whisky. S’il persiste quelques ténors tel Flyod Banner (Gary Oldman), la plupart des autres craignent le joug de la loi. Mais cela n’empêche pas le Cadet des Bondurant, Jack (Shia LaBeouf, qui contrairement à la bande-annonce a bien son doubleur officiel), et son ami Cricket (Dane DeHaan) d’essayer de s’y implanter. Mais avec un nouveau chérif en ville, Charlie Rakes (Guy Pearce), dont les méthodes sont arbitraires et peu scrupuleuses, être hors-la-loi ne sera pas sans conséquences.

Le monde du Western se fait discret ses derrières années mais chaque retour se fait en force. Dès les premiers instants, on comprend pourquoi le réalisateur voulait à ce point Shia LaBeouf allant jusqu’à repousser de deux ans le tournage pour lui et lui accorder le choix de Tom Hardy pour jouer son frère, excellent choix de sa part d’ailleurs. Shia est tellement bon qu’une nomination, voir récompense, aux Oscars ne serait pas surprenante. Le casting est d’ailleurs prodigieux tant tous les acteurs et actrices sont au mieux de leur forme. On notera au passage pour les rôles féminins les discrètes mais charmantes Jessica Chastain et Mia Wasikowska. Pour ce qui est de l’histoire, c’est un peu moins prestigieux : un bras de fer entre des trafiquants et les forces de l’ordre. Mais cela ne l’empêche pas de nous offrir quelques grands moments prouvant l’immortalité de la famille et leur force de caractère. Et si sa construction reste assez classique, sa réalisation est à la fois dynamique et esthétique. Une très bonne surprise assurément.

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Assassin’s Creed

Assassin's Creed
2008
PC

Considéré comme un pilier du royaume des jeux vidéos moderne, la saga Assassin’s Creed fait parti de celles que j’ai salué de la main à chaque sortie sans jamais m’y plonger, malgré des critiques des plus élogieuses. Il faut dire que la Palestine au XII° siècle ne m’attirait pas outre mesure. Mais bon, avec une saga s’achevant le 22 novembre prochain, autant s’y lancer.

Graphisme : 15/20

Pour ceux qui ne se la remette pas bien, la Palestine est une terre sableuse composée de dunes et quelques montagnes, ponctuées de temps à autre par de pauvres buissons et de petites rivières. Le royaume à visiter est donc très répétitif et vide, pas très facile pour se repérer, d’autant que les mini-villages qu’on croise sont tous les mêmes et qu’on croise tout le temps des garde-poste identiques, avec douze tours d’observation elles aussi identiques. Néanmoins, on appréciera la grandeur offerte, bien qu’elle ne soit pas non plus l’une des plus grandes qui soit. On retrouve aussi cette sensation d’immensité dans les trois villes principales : Damascuis (Damas), Acre (St Jean d’Acre) et Jérusalem. Ses villes fourmillent de vie, de détails et en ressortent resplendissantes. Mais cela a un coût : quelques textures baveuses, des bugs et une modélisation faciale assez laide. De plus, si chaque ville possède ses propres caractéristiques, on aura tendance à les confondre tant elles se ressemblent. Il y a néanmoins un moyen de s’y retrouver : Acre est au bord de la mer et Jérusalem n’a aucunes belles édifices ni aucunes hauteurs. Heureusement qu’il y a la carte… L’ensemble reste tout de même très agréable pour la rétine.

Jouabilité : 14/20

La note peut sembler des plus sévères mais la liberté n’excuse pas tout. Si on peut, à première vu, presque tout faire, on se rend rapidement compte que cette liberté est fictive. Le simple fait de courir dans les rues peut vous amener des dizaines de gardes sanguinaires mais d’un autre côté, marcher ou se dissimuler est atrocement frustrant tant le temps s’écoule au ralenti. Ne reste alors qu’un chose : courir sur les toits. Le problème, c’est que les échelles sont rares et que bien des textures ne sont pas possibles à escalader. Et si par malheur un soldat vous croise en pleine ascension et vous balance une pierre, ça peut devenir très vite gonflant. Pire, au début quand votre barre à ADN est faible, chaque chute risque d’être mortelle. Mais même à 20 barres, nombreuses seront les chutes mortelles, surtout quand à la sortie d’un point d’observation la caméra fait des siennes. Cette caméra sera aussi votre pire ennemie durant les phases de combats. Si les premiers gardes sont d’une connerie affligeante, plus les séquences augmentent, plus leur robustesse, leur agilité et leur réactivité augmentent. Leur nombre est lui aussi exponentiel, contrairement à votre progression, plutôt lente et rapidement bloquée. Et quand on se retrouve en pleine mêlée et que la caméra va se loger derrière un arbre, c’est la mort assurée. mais de toute façon, les chose se goupillent rarement bien et même une mêlée à quatre peut tourner à la boucherie quand ils attaquent en même temps. L’une des batailles finales incluant une dizaine de bourrin s’en retrouve atroce. Pour ce qui est des armes, on retrouvera la lame rétractable, efficace pour tuer discrètement les ennemis, l’épée, d’une lourdeur infâme, et les couteaux, inutiles car impossibles à lancer en mêlées. On aurait aimé avoir droit aux arcs, qui auraient pu se révéler très pratique, d’autant que les gardes perchés sur les toits en abusent sans vergogne. Pour ce qui est des missions, c’est extrêmement rébarbatif : débloquer un quartier, le visiter (point d’observations + civiles à secourir), effectuer des missions (enquête/interrogatoire, dérober, course, assassinat, protection) puis tuer la cible. Jubilatoire dans un premier temps, le concept lassera vite… À noter aussi la lourdeur des déplacements de Desmond, un vrai calvaire.

Durée de vie : 17/20

En ligne droite, le jeu se termine en 20 heures, et plus près de 30 pour espérer tout finir. je dis bien espérer car avoir tout les drapeaux est strictement impossible. Si sur les 420 vous dépasser les 300, estimez vous heureux. – C’est un peu comme les items cachés dans les GTA. – Mais de toute façon, cela ne vous apporterai rien puisque même en ne faisant que 2 missions sur 6 à chaque fois pour avoir le droit de partir exécuter la cible, les 20 barres à ADN seront larges.

Bande son : 15/20

Assez discrètes les musiques n’ont rien de mémorable, sauf peut-être dans une certaine discussion vers la fin où elle recouvre presque intégralement les paroles. Mais à la place, on nous gratifie d’une ambiance sonore des plus réalistes et vivante. Pour ce qui est des doublages, c’est une grande réussite bien qu’on notera une sur-exploitation de certains d’entre eux.

Scénario : 14/20

Dans un futur indéterminé, une société du nom d’Abstergo a kidnappé un certain Desmond Miles, membre de la très ancienne confrérie des assassins qui vit selon le principe de paix qui nécessite parfois le meurtre de certains gêneurs. Cette société prône aussi la paix mais d’une tout autre manière : elle souhaite l’imposer au peuple par soumission et dictature. Héritière des valeurs de Templiers, elle a mit au point une bien étrange machine : l’Anima. Les séquences mémoires seraient d’après eux codées suivant le principe quantique évolutif dans l’ADN et ainsi chaque descendant hériterait d’une mémoire dormante de chacun de ses parents jusqu’à sa conception ainsi de suite. Cette machine permet de revivre les éléments du passé, et donc pour Desmond de révéler les savoirs de son ancêtre Altaïr, servant la confrérie au XII° siècle en Palestine. Le but étant de retrouver un ancien trésor perdu. L’histoire est surprenante et bien ficelée mais ne vaut rien scientifiquement et termine malheureusement en queue de poisson, frustrant les joueurs jusqu’à sa suite.

Note Globale : 15/20

Si les différents éléments de l’histoire semblent obscures et ne justifier qu’à moitié cette aventure, on prend malgré tout beaucoup de plaisir à la découvrir. Artistiquement très inspiré, le jeu offre des environnements très détaillés et incroyablement vivants qui permettent une multitudes d’interaction, bien qu’assez imprécises et sujettes à des bugs. Et pour un jeu qui nécessite autant de combat, son système est carrément lourd à digérer et ne marche que de façon purement aléatoire. On restera aussi sur notre faim car si l’univers est vaste, les missions qu’il nous impose sont vite rébarbatives puisqu’on réitérera une dizaine de fois la même suite de missions. Si le jeu est amusant et part d’un excellent principe, il ne tient pas toutes ses promesses : histoire incomplète et brouillonne, liberté traître, blocages énervants et agressivité et multiplicité des gardes exacerbante. J’espère que les suites rendront l’expérience plus enrichissante…

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Le Crime était presque parfait

Le Crime était presque parfait
1955
Alfred Hitchcock

Un grand fantasme meurtrier qui aura été au cœur d’innombrables films, probablement tous inspirés par celui-ci : le crime parfait. Etant encore à l’aube du cinéma, Alfred Hitchcock a eu la chance de pouvoir être applaudit en sortant des histoires qui paraîtraient aujourd’hui dénuées de toute originalité. Reste à savoir maintenant ce qui reste de son style…

Après avoir découvert que sa femme (Grace Kelly) entretenait une liaison avec son ami et collègue Mark (Robert Cummings), Tony (Ray Milland) eu l’idée de se venger en la faisant assassiner. Et après maintes préparations, il mit en place le crime parfait : le meurtrier récupérerait la clef de sa femme, laissée sous le tapis de la cinquième marche, irait se cacher derrière les rideaux et attendrait. Sous les coups de 11 heures, Tony (au restaurant pour être totalement disculpé) passerait un coup de fil, obligeant sa femme à se lever pour répondre, donnant l’occasion au meurtrier de l’attaquer par derrière et ainsi confirmer la mort par téléphone. Suite à quoi le tueur mettrait en scène un cambriolage qui se serait mal passé puis remettrait la clef à son emplacement initial, pour que Tony puisse ensuite la remettre dans le portefeuille de sa femme et ainsi éliminer toute preuve d’une infiltration manigancée. Mais tout ne se passera pas comme prévu…

Si le début démarre de façon molle et complètement inintéressante avec une banale infidélité, la suite se montrera déjà plus solide. La préparation du meurtre laissera perplexe tant c’est rocambolesque et improbable, mais après réflexion, il faut bien avouer que c’est plutôt inattaquable. Mais quand tout prend place et que les évènements extérieurs viennent bousculer l’ordre établi, on sent des failles surprenantes. Plus surprenant encore, la façon dont Tony gère la situation paraît aussi maladroite que désastreuse jusqu’à ce que les pièces se mettent en place et qu’on se rend compte que son improvisation est encore meilleure et qu’un effort d’écriture prodigieux a été réalisé. Quel dommage que les acteurs ne soient pas à la hauteur de ce huis clot où la patience et le mental seront mit à rude épreuve. Et aujourd’hui, si le film paraît des plus désuets, que son histoire, certes incroyablement bien ficelée, sent le réchauffé et que ses acteurs ne correspondent plus au standard actuel, on prend tout de même un certain plaisir à suivre cette enquête pleine de rebondissements farfelus.

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Les Fantômes de Goya

Les Fantômes de Goya
2007
Milos Forman

Si les films d’époque ponctuent notre paysage cinématographique, et que les batailles napoléoniennes ont largement inspiré les réalisateurs, le cas de l’Espagne durant ses derniers instants d’Inquisition fut déjà moins représentée. Son créateur y voyant là un parallèle évident avec le régime communiste dans lequel il a grandi (étant tchèque), le message est pour lui toujours d’actualité.

Espagne, fin du XVIII° siècle. Tout va à vol-eau et l’église, dans sa toute puissance, redouble d’effort quand à la répression des hérétiques. Et pour mener à bien cette mission, le frère Lorenzo (Javier Bardem) sera chargé de traquer les judaïques ou pire, les protestants. L’un de ses homme, installé à une taverne, repéra une femme refusant du porc. Alerte à la juive ! Immédiatement conduite aux autorités religieuses, la jeune femme (Natalie Portman) subira la « question ». Sorte de supplice d’écartèlement, cette pratique était sensée nous tester car si l’on dit la vérité, Dieu nous permet de supporter la douleur. Bien qu’innocente, elle sera enfermée sans autre forme de procès que son aveu « indiscutable ». Goya (Stellan Skarsgard), le célèbre peintre, proche des bourreaux et de la victime, assistera impuissant à ses évènements.

Restituant cette époque sombre avec sévérité, le réalisateur pointe du doigt les agissements et dérives extrémistes de cet église répressive, bien qu’il ne soit guère plus clément avec Napoléon et les anglais. Instructrice et justice, elle dirige le pays entier et ne tolère aucune protestation. Michael Lonsdale se pose en justicier suprême et si son cœur est vide, sa fois est sans limites, avec à la clef une grande performance. Autre main de Dieu, Javier Bardem impose immédiatement son charisme par son calme et son détachement surnaturel. Son personnage évoluera d’ailleurs de manière assez surprenante et comique tant il passe maître dans le retournement de veste. Et si Natalie Portman n’a pas l’occasion de tellement briller, le troisième homme du film est lui aussi talentueux. Centre gravitationnel du film, Stellan Skarsgard fait preuve d’une grande intensité qui porte encore plus le casting vers des sommets de performance. Mais si l’histoire passionne, il faut bien avouer que la morosité et l’atrocité des évènements refroidira un peu, surtout que le film perd en souffle dans sa seconde moitié. Le résultat n’en reste pas moins techniquement exceptionnel et non moins intéressant. On préférera se concentrer sur ses innombrables qualités que sur quelques imperfections imposées par le scénario et le contexte.

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Un Heureux Événement

Un Heureux Événement
2011
Rémi Bezançon

Quasi roman autobiographique, le livre éponyme de la « philosophe » (après tout qui ne l’est pas ?) Eliette Abecassis (en même temps, c’est vrai qu’il faut avoir une sacrée approche philosophique pour assumer un tel nom) est ce qui aura inspiré ce film. Et comme l’indique le titre, on s’intéressera au moment fort dans la vie d’une personne : la pérennisation de son patrimoine génétique. Bref, avoir un enfant.

Dans le film, l’heureux couple qui aura l’honneur de perpétrer le brassage génétique et assurer leur descendance sera Barbara (Louise Bourgoin, dont la mère est incarnée par Josiane Balasko) et Nicolas. Entre eux c’est l’amour fou et faire un enfant symbolise l’éternité et la force de leur union. Et malgré quelques difficultés durant la gestation, leur petite Léa est ce qui leur est arrivé de mieux. Vraiment ? Très rapidement, la morosité du quotidien et l’épuisement que représente un bébé vont gagner leur esprit et y insuffler le doute. Une vie insupportable qui ne tourne plus qu’autour d’une garde rébarbative du nourrisson va se mettre en place et détruire leur couple.

Plus efficace qu’une pub sur des préservatifs, le film est Le remède miracle à toute envie de faire un enfant. Vous êtes heureux et l’accouchement est imminent ? Préparez vos papiers de divorce car ce sera votre seul avenir. Certes, leur couple n’avait pas l’air si robuste et il leur manque les fondations : le mariage. Mais cela ne change rien aux vérité énumérés : quasi disparition de libido, temps libre inexistant et quotidien laborieux. En revanche, le film semble fermer les yeux sur bien des avantages : l’amour parental, la reconnaissance de l’enfant, et un remerciement indéfectible du partenaire pour avoir engendré pareille merveille. Du coup, aussi bien fait et interprété que soit le film, il n’en reste pas moins une vision négative et néfaste de cet accomplissement collectif. Mieux vaut en rire…

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