The Invention of Lying

The Invention of Lying
2010
Ricky Gervais, Matthew Robinson (II)

Imaginez un monde sans mensonges ni tabou, un monde dans lequel les gens seraient eux-même et diront ce qui leur passe par la tête, qu’importe les conséquences. C’est justement ça le principe de base du film : un monde sans inhibitions ni mensonges. Et pour cause : cela n’existe pas. Du coup, une chose comme le cinéma devient une simple vidéo d’une personne lisant une histoire vraie. Car étant obligés de dire la vérité sans contrôle possible, jouer la comédie ou raconter une histoire fictive est impossible. En résulte un univers mignon où tout le monde accepte son sort avec réalisme et résignation.

Et dans ce petit monde, Mark (Ricky Gervais) s’est fait à l’idée d’être un looser : il est petit, grassouillet et pauvre. Mais il a beau le savoir, cela ne l’empêche pas d’aspirer à des rêves de grandeur tant professionnellement que sentimentalement. Mais son agence l’a viré et son grand amour Jennifer (Jennifer Garner) vaut infiniment plus que lui. Et comme son voisin (Jonah Hill), Mark est condamné à finir sa vie misérablement. D’ailleurs expulsé de son appart, il allait péniblement retirer ce qui lui restait sur son compte pour éviter de finir à la rue. Et à ce moment là, alors qu’il n’avait que 300$ sur son compte, une voix intérieur lui fit dire 800$. Ce monde ne connaissant pas le mensonge, la banquière s’excusa d’une erreur technique et lui donna l’argent. Dans un monde pure et crédule, Mark va découvrir que mentir est le plus puissant de tous les pouvoirs.

Dès le début, le film bluffe par l’intelligence du scénario. Le spectateur découvre hilare un monde alternatif où chaque personne fait part aux autres de ce qu’elle pense sans aucune retenue. Mais plus que le comique de situation, on explosera de rire de par la véracité du message : la réceptionniste quelconque qui accueille Jennifer par un « bonjours, je suis complexée par votre beauté » ; le serveur qui avoue « j’ai honte de travaillé ici » ; ou tout simplement le contact humain où les gens draguent en amorçant par un « j’ai envie de coucher avec vous ». Le contexte est une mine d’or comique et le pire c’est que ce qu’ils disent reflète parfaitement la réalité. Le film prend tout de même le parti prit, probablement choquant pour les religieux, de dire que Dieu n’est qu’une invention humaine ayant pour but de justifier notre présence sur Terre et de rassurer les mourants terrorisés par la mort. C’est entre autre l’un des sujets philosophique qui sera amené durant le film qui, en plus de connaître un début tordant et un développement à la Bruce tout puissant (en infiniment meilleur), contient beaucoup de questions sur notre mode de vie, notre rapport aux autres et ce qu’on pense. L’analyse faite est réellement troublante et l’humour extraordinairement fin trouve un échos réflexif. On en doute parfois mais tout reste à faire au cinéma et certaines idées de génies peuvent encore émerger comme nous le prouve ce chef-d’œuvre d’intelligence et de perspicacité qui a certes, quelques coup de mou, mais dont la puissance émotionnelle et le message le portent au plus au rang.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Ma mère, ses hommes et moi

Ma mère, ses hommes et moi
2010
Richard Loncraine

On a parfois tendance à l’oublier mais l’époque d’un film est libre. Il est vrai que de nos jours la plupart des films sont contemporains, à moins qu’il ne s’agisse d’adaptation, de biopic ou de science-fiction / fantastique. Ici, le film se déroule dans les années cinquante pour une raison simple : leur histoire a plus d’impact si elle se passe dans cette très intéressante période lors de laquelle les femmes se sont vues accorder bon nombre de libertés et de droits. Du coup, les générations s’affrontaient pour qui imposerait son style de vie entre le traditionnel et la fougue. De plus, l’Amérique était en plein boom économique et vivait paisiblement tendit que le monde se relevait à peine d’une terrible guerre. Bref, un contexte socialo-culturel passionnant.

Le film prend ainsi place au milieu des années 50 dans la famille aisée des Deveraux. Tout commence par une dispute entre le père, Dan (Kévin Bacon), et la mère, Anne (Renée Zellweger), qui lui reproche une énième infidélité. Elle décide donc de prendre ses deux fils avec elle et de partir avec eux vers l’aventure. Son plan ? Se faire entretenir par un riche prétendant. Entre une mère insouciante et une grande folle de frère, George (Logan Lerman), personnage central du film, devra jouer les gardes-fous.

Comme dit précédemment, l’époque choisie est une vraie mine d’or. Visiblement très bien cernée par l’équipe, le film en tire avantageusement parti. Si certains codes sont intemporels (la beauté et la jeunesse primeront toujours sur le charme et l’intelligence, pour un premier contact tout du moins), le film joue sur la situation de l’époque pour rendre presque pathétique le personnage de la mère tant le mode de vie qu’elle recherche est archaïque et dévalorisant. Mais ce qui permet au film de vraiment nous faire adhérer c’est bien Logan Lerman : charismatique, intelligent, tendre, passionné et avisé. Si l’acteur est excellent, son personnage renforce le comique du film par son sérieux et donne une grande profondeur émotionnelle qui prendra encore plus d’envergure sur la fin. On assiste à un solide mélange de « road-moovie » et de drame-familial qui plaira aux amateurs de films réfléchis.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Le Prix du Silence

Le Prix du Silence
2009
Rod Lurie

Journaliste. Mot râpeux qui sonne mal en bouche tel connard ou raclure. Qu’il soit présentateur, chroniqueur ou d’investigation, le journaliste est un cherche-merde qui a pour but de mettre au grand jour les erreurs et complots des plus hauts dignitaires, et accessoirement renseigner sur la situation ou sur les faits divers. Tels huissier ou bourreau, le métier de journaliste est utile et nécessite des prédispositions : la curiosité maladive, l’ambition et l’entêtement.

L’histoire du film est donc celle de Rachel Armstrong (Kate Beckinsale), petite chroniqueuse n’ayant jamais connu la gloire des gros titres. Mais par un concours de circonstances, elle va se retrouver en possession d’informations top-secrètes mettant au grand jour des membres de la CIA tel Erica Van Doren (Vera Farmiga) et prouvant un complot présidentiel visant à cacher des missions au Mozambique. La parution de cette nouvelle fut une bombe entre les accusations sur le président et la publication de noms de membres de la CIA, mettant à mal la sécurité intérieur. Les autorités (Matt Dillon) réclament le nom de la source comme l’exige la loi mais Rachel est bien décidée à taire son nom, même si cela signifie perdre son mari (David Schwimmer) et son fils.

Le film se veut comme un bras de fer psychologique entre la journaliste et ses détraqueurs. Un combat entre les principes et la justice. Si les motivations de la journaliste semblent obscures et pas très solides, on comprend néanmoins les raisons de cette bataille et l’importance qu’à chacun de gagner. Le film est parfaitement construit et les acteurs représentent brillamment leurs valeurs. Ça manque souvent de rythme et l’ennui nous guette par moment mais le film ne manque pas de suspense. Néanmoins, la fin est sans réelles surprises et ne fait que conforter notre incompréhension dans son choix borné de ne pas divulguer sa source. On aurait aussi apprécié plus de rebondissement dans l’investigation qui se contente de nous servir un banal complot. En somme, la forme y est mais pas le fond.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

The Dictator

The Dictator
2012
Larry Charles

Très grand évènement de l’année, le quatrième film de l’humoriste américain Sacha Baron Cohen avait fait un sacré buzz. Après avoir été un gangster (Ali G), un immigré kazakh (Borat) et un styliste gay (Brüno), il incarne ce coup-ci un dictateur. La promotion du film restera dans les annales entre ses présences déguisées dans les cérémonies et sur les plateaux télé avec surtout le coup du cadavre à Cannes. Si certains sont trop choqués par ses films pour les apprécier, force est de lui reconnaître un sacré talent commercial.

The Dictator, c’est donc le film des frasques du plus impitoyable de tous les dictateurs : le général Aladeen (Sacha Baron Cohen). Auto-proclamé grand chef spirituel et dirigeant de la république du Wadiya, il est haït par tous et les gouvernements du monde entier le somme de quitter le pouvoir sans quoi ils lanceront une attaque à son encontre. Pour calmer la situation, ou pas, Aladeen va se rendre au siège des nations unies en Amérique pour négocier. Pour son oncle (Ben Kingsley) désireux de prendre le pouvoir, l’occasion est parfaite pour le faire disparaître et manipuler un sosie à sa place.

Oubliez Borat et ses dérapages monumentaux, Aladeen ne souffre aucune limite. Le film commence par la présentation des lieux avec une situation en Wadiya à mourir de rire tant l’oppression est maximale et démesurée. Le génie retombera un peu avec les histoires entre le dictateur déchu et abandonné et la jeune militante sociale Zoey (Anna Faris) qui fait perdre du comique mais cela se fait au profit d’un peu plus de profondeur et permet de le faire évoluer, donnant ainsi l’occasion de remettre tout le monde à sa place à la fin. Mais du début à la fin, le film nous fait rire à gorge déployer grâce à un comique de répétition énorme (genre le dictateur chinois) et à un comique de situation de grande finesse avec notamment la balade en hélicoptère d’anthologie. Et les guest se poussent pour participer à ce géant délire hors du commun : John C Reilly, Megan Fox, Edward Norton ou encore Gad Elmaleh. On excusera du coup au film son côté brouillon et son montage approximatif qui donne des transitions saccadés et bancales. Mais quand c’est si bon, si fin dans la grossièreté et tellement politiquement incorrect, on ne peut qu’applaudir des deux mains.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

L’Âge de glace 4 : La dérive des continents

L'Âge de glace 4 : La dérive des continents
2012
Steve Martino, Mike Thurmeier

L’une des plus prolifiques saga d’animation revient pour refiler sa dose de bêtise préhistorique pour amuser les enfants et endormir les parents. L’idée de départ étant presque mauvaise et les différentes suites n’ayant apporté qu’amoindrissement et ennui, on ne pouvait pas espérer grand chose de ce qui s’annonçait comme encore un film de trop. Mais sait-on jamais…

Comme tout Âge de Glace, le film commence par les gaffes de l’éternel Scrat, mais avec cependant ici des conséquences beaucoup plus grave : la Pangée. Les plaques des continents se fracturèrent, entraînant la destruction de nombreuses parcelles de terre et mettant en danger les habitants. Les montagnes tombèrent dans l’océan et dans la cohue et la peur, Diego (Vincent Cassel), Sid (Elie Semoun) et Manny (Gérard Lanvin) vont se retrouver séparés des autres et seront condamnés à dériver à jamais. Pour toujours ? Non, ils seront vite repérés par le sanguinaire capitaine Gutt (un orang-outan) et son équipage de mercenaires. Mais pas pour les sauver !

Aie aie aie… Après une énième connerie à la Scrat qui commence sérieusement à sentir le réchauffé, le film part sur un mélange de film catastrophe à la 2012 et une aventure de pirates à la Pirates des Caraïbes. Son statut de film d’animation comique ne lui permet malheureusement pas de jouer dans cette cour et pire encore, l’histoire fait tâche dans cet univers. Et de toute façon, mise à part Shira la tigresse, l’équipage du bateau-iceberg est lamentable tant au niveau design que charisme. Le film se perd d’ailleurs énormément dans l’avalanche de nouveaux personnages dont seules Shira et Pêche (la fille de Manny et Ellie) sortent du lot de par leur côté mauvais comportement nuancé par un bon fond et avec un effort graphique bien venu. Il n’y a d’ailleurs presque plus que là où le film fait fort et sauve les meubles. Si les graphismes sont une fois encore très beaux avec une certaine maîtrise de l’image, bien que la 3D soit nulle, l’humour qui avait fait la marque de fabrique de la saga faiblit et s’efface face à la lourdeur de certains passages. Le film accumule d’insupportables clichés sur les ados avec Pêche et aucunes blagues / humiliations ne sont oubliées, c’est affligeant. C’est bien simple, malgré une salle remplie d’enfants, seule une poignée a rit et ce seulement trois fois lors des âneries redondantes de Scrat. Mais au final le film fini par briller là où on ne l’attendait plus avec un final plutôt costaud, inattendu et pas trop mielleux. Mais le mal était déjà fait : scénario ultra-classique, prévisible et rythme à la traîne. On peut le dire, plus de la moitié du film est tout juste ennuyeuse voir chiante et même si ça se regarde, ne serait-ce pour l’image, il faudrait voir à arrêter les frais ou bien embaucher des scénaristes. Et vite !

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

L’Âge de glace 3 – Le Temps des dinosaures

L'Âge de glace 3 - Le Temps des dinosaures
2009
Carlos Saldanha, Mike Thurmeier

Après un premier film sympathique, le principe d’animaux humanisés au temps de la période glacière à la sauce comique a immédiatement montré des signes de faiblesse avec un second volet débile et moins intéressant. Difficile de se montrer enthousiaste pour cette troisième aventure… Et pourtant, le succès du film a atteint un nouveau sommet : 7,8 millions d’entrées en France et 886 millions $ dans le monde, un score impressionnant.

Après avoir aider les humains puis survécu aux eaux dévastatrices, Diego (Vincent Cassel), Sid (Elie Semoun) et Manny (Gérard Lanvin) vont goûter aux joies de la préhistoire. Diego se sentant sur le déclin et cherchant la solitude, Sid se retrouve de trop entre Manny et Ellie qui attendent la venue de leur progéniture. Souhaitant fonder sa propre famille, il ira jusqu’à voler des œufs qu’il pensait abandonnés. Grosse erreur : la pauvre maman T-Rex constatant la disparition de ses petits se mit dans une colère noire et défonça tout pour les récupérer, et embarqua Sid au passage. Manny et les autres se jetèrent alors à leur poursuite et découvrirent un fait surprenant : sous leurs pieds se tenait un immense monde de dinosaures.

Excellent démarrage entre des petites histoires personnelles certes pas très originales (parenté, perte de confiance et solitude) mais au moins plus intéressante que par le passé. Ces situations donnent lieu à d’amusants gags et Sid retrouve enfin sa force comique. Mais très vite, c’est le drame. Le coup de l’improbable monde souterrain abritant pléthore de reptiles disparus refait surface dans une version on ne peut plus clichée. Pire encore, ce nouveau monde nous accable de Buck, petite fouine complètement fou et particulièrement insupportable. Il génère aussi bon nombre de blagues vaseuses. Et pourtant, l’ennui ne guette pas le spectateur, bien au contraire : cette vague de non-originalité apporte malgré tout un souffle d’air frais à une saga qui risquait de sérieusement tourner en rond. Mieux encore, l’improbable tableau familial que composent maman T-REx, Sid et les trois petit, est très drôle. Et ce nouvel univers riche et coloré change radicalement de la bête banquise et prouve la qualité des graphismes du film. Là où on attendait encore un plongeon dans les méandres de la décrépitude, le film se révèle agréablement regardable et régulièrement drôle tout en approfondissant ses personnages. Pas une once d’originalité mais ça reste divertissant.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Solomon Kane

Solomon Kane
2009
Michael J. Bassett

Sous-genre de l’héroïque-fantasy, le « sword & sorcery » revient en force ces dernières années avec notamment Le Dernier des Templiers. Le principe est de mettre en scène des guerres religieuses qui auraient pu avoir lieu durant la renaissance, à ceci près que les sorcières ont ici réellement des pouvoirs et que nos hommes de Dieu ont affaire à d’infâmes démons maléfiques. Mais bien souvent, qui dit sous-genre dit sous-film…

Point central de tout film de ce genre, l’homme au service de Dieu sera ici Solomon Kane (James Purefoy), un ancien guerrier désabusé. Après avoir quitter ses terres natales durant son enfance, Solomon s’est forgé une carrière dans l’armée anglaise qui l’a vu porté au rang de héros. Mais sa dernière mission ayant entraîné la mort de bon nombre de ses hommes et lui ayant attiré les foudres des enfers, il décida de rendre les armes et se réfugier auprès de son Dieu. Mais une terrible menace pèse sur le royaume qui souffre d’une recrudescence de démons pervertissant les humains. Solomon est peut-être le seul capable d’en venir à bout…

Malgré un rythme plutôt lent, le début du film captive entre des effets spéciaux qui forcent le respect et un héros sombre et mystérieux dont le charisme est instantané. Tout y est pour mettre dans l’ambiance : musiques épiques, paysages ténébreux, histoire sombre et mise en scène esthétique. Puis enfin l’histoire se dévoile plus en détails et laisse présager d’un film maîtrisé et intéressant. Mais il faut aussi reconnaître que le film accumule rapidement de gros clichés du genre tels le folklore classique (la survivante qui est en fait la sorcière, il faut sauver la fille ou encore quête habituelle de rédemption) ou le coup du « tout fini là où tout a commencé ». Il est vrai que l’originalité n’est pas la qualité première du film mais le scénario reste malgré tout solide. Et entre une image magnifique et de très bons acteurs, le film se laisse largement apprécié. Par contre, fait probablement imputable à la chaîne Ciné Cinéma (rappelons-le, la cocaïne n’est pas du sucre), les dix dernière minutes du film furent en VO. Une impardonnable erreur technique qui aurait pu gâcher la compréhension de la conclusion si mon niveau d’anglais n’était pas si bon. Petit problème qui ne viendra néanmoins pas troubler ce qui se révèle être un film graphiquement très travaillé et qui offre un franc divertissement.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Le Maître d’armes

Le Maître d'armes
2006
Ronny Yu

Très grand fournisseur de films, l’Asie nous glorifie régulièrement d’épiques films de guerre (Mulan), d’histoires magnifiques (Mémoires d’une geisha) et aussi d’impressionnants films d’art martiaux, genre qui peine néanmoins à se renouveler. Justement élément central du film, les arts-martiaux seront ici représenté par Huo Yuanjia (Jet Li), grand personnage historique chinois qui réunifia le cœur du pays autour de cette pratique dans une période de morosité dû à une forte occupation étrangère.

Le film prend donc place en 1878 (et ce fini en 1910) lors de l’enfance de Huo Yuanjia alors que sa famille tente d’instaurer un nouvel art-martial : le JingWu (Wushu). Mais la défaite de son père changea la donne et Huo décida de vouer sa vie à la quête de puissance et écraser ses adversaire et ainsi obtenir la reconnaissance que son père n’a jamais eu – et n’aura jamais puisqu’il mourut peu après -. Plus les années passaient et plus ses victoires était écrasante, comme son arrogance et sa vanité qui furent sans limites. Et alors qu’il devint enfin le maître de sa région, un ami d’une de ses victime assassina sa mère et sa fille. Anéanti et meurtri, Huo va méditer sur son sort et sur ce qu’il peut apporter au monde pour laver ses pêchés.

Comme dans tout bon film du genre, on nous présentera une petite ville magnifique avec l’architecture asiatique classique si remarquable. L’image est soignée et les combats aussi entre les acrobaties impressionnantes, les attaques détournées et la sensation de réalisme des affrontements. Mais avec tout ce qui a déjà été fait par le passé, cela ne permet pas au film de sortir du lot. La faute à un héros antipathique dont la situation n’intéresse pas entre un premier but peu honorant puis une repentance difficile à avaler. On excusera son milieu mou grâce à un rythme globalement excellent mais avec un scénario ne traversant pas les frontières, des acteurs nullissime (à moins que ça ne vienne des doublages) et des combats chouettes mais très loin des références du genre, le film peine à décoller. On passera assurément un bon moment mais qu’on aura vite fait d’oublier.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Ella au pays enchanté

Ella au pays enchanté
2005
Tommy O'Haver

Souvent quand on choisit un film, on se fait la réflexion qu’un film pas trop prise de tête serait une bonne option et le genre comédie étant le plus prolifique, le choix ne manque pas. Mais c’est aussi le genre le plus fourni en navets et à force, toutes les romance se ressemblent et si les français ne sont plus autant Splendides que dans le temps, les recettes américaines tournent en boucle. Du coup, un conte de fée à mi-chemin entre Cendrillon et Shrek et en live, ça paraît être une bonne idée.

Et effectivement, la base de l’histoire est amusante et inventive dans son approche. Tel La Princesse aux bois dormants, le film commence par la naissance d’une fille, Ella (Anne Hathaway), qui se verra offrir un pouvoir de par sa marraine : le pouvoir d’obéissance, jugé pratique pour élever un enfant. Dès que quelqu’un lui immisce un ordre, elle s’exécute sans rien pouvoir y faire. Une malédiction avec laquelle elle a apprit à vivre, du moins jusqu’au remariage de son père quelques années après la mort de sa mère. Très vite, ses deux belles sœurs vont prendre conscience de sa servitude et en abuser comme il se doit. Cette fois c’est décidé, qu’importe ce qu’il en coûte : elle doit retrouver sa fée pour annuler le sort.

C’était pour ainsi dire une mine d’or comique ce « pouvoir » mais il aurait pu être à double tranchant et les dérives sont facilement devinables. Mais pas de soucis, le début tire très bien avantage de la situation et amorce le film efficacement. Puis pour pimenter l’intrigue, le film ajoute comme tout bon conte de fée l’éternel prince charmant (Hugh Dancy). Le comique d’esclavagisme passe donc à un humour plus classique avec tout les clichés connu du méchant roi à la pauvre créature incomprise en passant par la lutin reniant les traditions. Et là c’est le drame : mise à part une Minnie Driver peu présente, le film est entièrement porté par Anne Hathaway, les autres semblant sortir de téléfilms. Le charme de cet univers coloré opère toujours mais l’humour s’effrite avec le manque d’originalité. Tout cela n’est pas sans rappeler un certain Blanche Neige, bien qu’ici, faute de budget, certains effets font peine à voir et ça n’aide pas à la cohérence du film. Bref, le film est sympathique et son concept de base est bon mais le résultat fait beaucoup trop amateur.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

The Amazing Spider-Man

The Amazing Spider-Man
2012
Marc Webb

Alors que tout le monde attendait un Spider-Man 4, Sony a surprit son monde en annonçant un abandon pur et dur du projet au profit d’un reboot. Choix surprenant et risqué quand on sait que la trilogie a rapporté 2,7 milliards, bien que le coût fut tout de même de 597 millions $. Et avec des budgets en constante hausse et des acteurs toujours plus exigeant, Sony a préférer arrêter les frais avant qu’il ne soit trop tard. Et pourtant, la société n’a pas hésité à verser 230 millions de budget pour ce reboot signé Marc Webb. Faut-il y voir le signe d’un film prometteur ?

Nouvelle adaptation du comics oblige, le film nous contera une nouvelle fois les origines de Spider-Man, quitte à refaire certains passages. Ainsi, le film commencera par l’enfance de Peter Parker (Andrew Garfield), au moment où il vivait encore avec ses parents. Ces derniers, fuyant une menace inconnue, ont décidé de laisser leur fils à son oncle et sa tante. Plusieurs années plus tard Peter, désormais au lycée, trouva par hasard une ancienne mallette à son père contenant des brides de recherches scientifiques et une photo où il se tenait avec son collègue d’antan Curt Connors (Rhys Ifans). Il continu aujourd’hui encore son projet d’implantation génétique inter-espèce. Espérant en apprendre plus sur ses parents disparus, Peter va entrer en contact avec le professeur. Mais c’est finalement lui qui va lui apporter la réponse qu’il attendait : l’équation de régression, retrouvée dans les affaires de son père. Une erreur qui lui coûtera très cher…

On le sent très clairement dès le début : cette œuvre est très éloignée du premier Spider-Man. Base identique oblige, certains passages sont fortement similaire et d’importantes grandes lignes scénaristiques sont les mêmes tels la morsure de l’araignée ou le meurtrier de son oncle. Du coup, le film a par moments des allures de remake et ces similitudes enlèvent une partie du suspense. Mais heureusement, le film possède des arguments de poids, à commencer par son casting. Bien qu’Andrew Garfield s’apprête à fêter ses 29 ans, il fait un bien plus convaincant Peter Parker lycéen et son jeu d’acteur est bien meilleur (et il n’a pas une tête d’âne-autruche). De même, Gwen Stacy (Emma Stone) a un charisme infiniment supérieur à celui de Mary-Jane (et n’a pas une tête de poulpe). Cependant, le Lézard ne fait pas un bien meilleur méchant que tous les handicapés ayant circulé dans les trois autres films, nous ressortant le même genre de scientifique qui vire taré que dans le premier. De plus, cette version du héros peine à convaincre et perd en mysticisme entre une force pas si exceptionnelle et l’impossibilité de créer ses propres toiles, étant cette fois mécaniques. Etant un brillant élève spécialisé dans la biologie, Peter utilise dans ce film un fil spécialement conçu par la société d’Octavius qui se stocke dans de petit carrés d’un cm² capables d’emmagasiner 100 mettre de toiles. Et c’est à l’aide d’un dispositif électronique que Spider-Man déploie son arme. Ce héros est donc beaucoup plus faible et moins impressionnant mais il en devient aussi plus réaliste et sympathique. Pourtant, on bascule totalement dans le fantastique avec les diverses transformations du méchant, balayant toute crédibilité scientifique et rendant vaine la tentative de réalisme de Spidey. Loin du grandiose de ses prédécesseurs, le film a néanmoins une patte graphique stylisée, sombre et esthétique. Les effets-spéciaux ne fusent pas autant qu’espéré mais leur niveau est correct, que se soit pour le détail où la qualité. Beaucoup de bonnes choses mais son manque d’originalité de par son statut de quasi-remake et une certaine mollesse dans sa première partie font qu’il est difficile de sortir de l’ombre de son modèle…

Publié dans Cinéma, Critiques | Un commentaire