Shrek 4, il était une fin

Shrek 4, il était une fin
2010
Mike Mitchell

Sans doute l’une des sagas les plus dispensable du septième art, Shrek nous quitte au bout de quatre films (enfin !). Cet ultime volet saura t-il conclure l’oeuvre en beauté ?

Ils vécurent heureux et eurent trois petits ogres. N’est-ce point merveilleux ? Eh bien pas pour Shrek, qui n’arrive ni à se faire à sa vie de père rébarbative, ni à son statut de gentil ogre que tout le monde apprécie. Crise de la quarantaine ? En tout cas Tracassin, un ancien magicien ayant tenté par le passé de prendre le trône de Fort Fort Lointain, y voit là une opportunité en or. Il proposera mine de rien un pseudo contrat à Shrek : une journée de « liberté » en échange de quoi Tracassin pourra revivre une journée passée de Shrek. A son arrivée, Shrek jubile : tout le monde le fui et à peur, bref c’est le pied pour un ogre digne de ce nom. Mais très vite, il se rendra compte que bien des choses ont changé. En effet, Tracassin a choisit de revivre la naissance de Shrek et ainsi la supprimer, faisant par la même qu’il n’existe plus et qu’à la fin de la journée, il disparaîtra pour toujours. Mais il existe une close de résiliation : s’il obtient un baiser d’amour alors tout redeviendra comme avant. Seul problème : Fiona n’a jamais connu Shrek dans cette réalité…

L’orientation de cette histoire est beaucoup plus sombre que les précédentes et donc largement plus réussie niveau ambiance. – Cela se traduit d’un point de vu graphique par d’encore meilleurs jeux de lumières et une ambiance maîtrisée. – Il faut dire que la naïveté qui pesait sur la saga était des plus handicapantes. On pourrait presque parler de renouveau puisque même si l’histoire ne brille ni par sa complexité, ni par son originalité, le film étonne par sa qualité émotionnelle et dramatique. Le désarroi et la dépression qui pèse sur Shrek l’humanise et le rend sympathique. Mieux encore, la fin magistrale fait de lui un véritable héros charismatique et moral. C’est d’autant plus fort quand on pense à quel point il était antipathique de par le passé. Du coup, le côté humoristique du film passe un peu à la trappe et ça n’est pas plus mal, même si l’âne et Potté sont encore très bons quoique moins présents. Qu’à cela ne tienne, Potté est désormais le héros de son propre film. On peut donc dire qu’après trois volets dispensables, Shrek s’élève enfin au rang de héros et nous livre un dernier film de haut niveau qui surclasse de loin les précédents.

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Shrek le troisième

Shrek le troisième
2007
Chris Miller (II), Raman Hui, Chris Miller

Un premier film peu intéressant, une suite pas trop mal… La saga n’a jamais vraiment brillé mais au bout de trois films, un univers propre commence à prendre forme. Néanmoins, comme les ogres sont un ratage, peut-on espérer une réelle amélioration ?

Côté histoire, Charmant n’a visiblement pas digéré son précédent échec et décide de faire alliance avec tout les rejetés pour prendre par la force le trône de Fort Fort Lointain. D’autant que le roi est mort et que Shrek, supposé héritier, préférant le confort de son marais à celui du château, est parti à la recherche de Arthur, autre héritier possible. Ce dernier se révèle être un looser réprimandé par ses collègues, en particulier Lancelot. Qui d’entre les trois gouvernera ?

Un peu comme pour le deuxième volet, Shrek cherche une échappatoire à ses responsabilités et Charmant veut s’imposer. Et comme une grande partie de l’histoire s’axe autour de la légende Arthurienne et de Kaamelott, le tout sent largement le réchauffé et ça n’est donc pas très original. Heureusement, on peut compter sur le duo exceptionnel âne/Chat Potté et un Arthur pas trop mal, quoique largement massacré. D’un point de vu graphique, aucun changement : les décors sont beaux avec quelques ratés, les animaux et humains « passent » (même si ça pique des fois) et les ogres sont repoussant de par leur modélisation. Pour ce qui est de l’humour, ça n’est pas du tout original et on replonge dans les bassesses du premier, à savoir du parodique pur passablement honteux et de mauvais goût. C’est con : alors que le deux rectifiait le tir, la saga rechute dans le gras et l’inutile…

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Shrek 2

Shrek 2
2004
Andrew Adamson, Kelly Asbury, Conrad Vernon

Après un premier volet sans saveur mais ayant tout de même engrangé un sacré paquet de billets verts, l’idée d’une suite était une évidence. Mais comment faire replonger le spectateur ?

Comme le laissait entendre la fin du précédent film, Shrek et Fiona se marient. Cette suite prend place pendant leur lune de miel. A leur retour, Fiona reçoit une demande de ses parents qui souhaitent rencontrer son fameux mari. – On notera au passage une erreur de cohérence puisque le royaume de fort fort lointain est gouverné par les parents de Fiona et semble l’être depuis longtemps. Or juste avant le mariage, c’était encore Lord Farquaad. Soit… – Arrivés au château, l’accueil ne fut pas des plus plaisant. Et pour cause, le roi et la reine découvrent que le prince charmant ayant sauvé leur princesse est en réalité un ogre. Le courant a donc du mal à passer, d’autant que le roi avait promis sa fille à Charmant, le fils de la bonne fée. Un complot se prépare ?

Le succès du premier a permis aux investisseurs de gagner en confiance et ainsi consentir à un budget plus de deux fois supérieur. Le résultat ne se fait pas attendre : les décors sont très détaillés et le tout est sublime. Reste les personnages… Si les humains s’en sortent pas trop mal, de même que les animaux poilus, on ne peut pas en dire autant des autres créatures tel que les ogres, tout simplement repoussants. – Heureusement que leur présence est revue à la baisse grâce à l’histoire. – Et les animations sont toujours aussi saccadées et peu naturelles. Côté histoire, ça reste ultra classique même si la qualité des références augmente, notamment avec Le Seigneur des Anneaux. Le film met aussi en scène un nouveau personnage : le Chat Botté. Le résultat est tellement jouissif et drôle qu’il en éclipserait presque l’âne. De manière générale, le niveau humoristique est clairement en hausse. On s’étonne de voir un résultat presque bon alors que le premier était quasi raté. Miracle !

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Shrek

Shrek
2001
Andrew Adamson, Vicky Jenson

Premier volet de la tétralogie, Shrek, qui veut dire affreux en allemand, est une sorte de parodie de conte de fée. On y retrouve donc les grands classiques tels que Blanche Neige, La belle au bois dormant, Cendrillon, Le petit chaperon rouge et bien d’autres encore.

Le film met en scène un ogre vert répugnant répondant au nom de Shrek. Mais alors qu’il coulait des jours heureux dans son marais, tout le monde féerique lui tomba dessus. En effet, Lord Farquaad s’est lancé dans la chasse aux créatures magiques et Shrek est le seul à être « tranquille ». Tous ont donc élu domicile chez lui, en particulier un âne qui parle. Bien décidé à retrouver sa sérénité, il fera alliance avec l’âne et ira voir le Lord. Ce dernier consentira à évacuer les lieux en échange de quoi Shrek devra lui ramener Fiona, une princesse prisonnière au sommet de la tour d’un château protégé par un dragon…

La première chose qui choque dans le film c’est les graphismes. Certes il ne s’agit pas d’une super-production (pour le 1 tout du moins) mais ça pique quand même sacrément les yeux. Si le vide abyssal des décors est légèrement camouflé par de jolis effets de lumières et des couleurs joyeuses, on ne peut pas en dire autant des personnages, tous plus mal fait et animés les uns que les autres. Après, côté histoire, c’est assez pauvre et plat et surtout pas original puisque parodique de contes existants. Le film vaut principalement pour son humour décalé mais le problème, c’est que c’est très gras. Du coup, si l’âne et la dragonne sont très drôle, le reste fait parfois peine à voir. Bref, il ne s’agit clairement pas d’une bonne comédie ni d’un bon film d’animation, bien au contraire. Reste qu’il divertira les plus petits.

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Max la menace

Max la menace
2008
Peter Segal

Le film est tiré de la série éponyme des années 60, qui connue d’ailleurs une ultime saison en 95, soit 26 ans après. Et comme son model, le film met en scène Max (Steve Carell), un employé de CONTROL, une agence de renseignement américaine ultra secrète. Son rêve est d’intégrer l’équipe d’agents, le statut ultime. Et suite à un accident, le service se retrouvera en manque d’effectifs et faute de mieux, Max deviendra l’agent 86. Pour mener l’enquête sur des trafiquants d’ogives nucléaires russes, il fera équipe la pointe du métier : l’agent 99 (Anne Hathaway). Mais même avec toute la meilleure volonté du monde, il est difficile d’assurer quand on est un boulet intégral…

Sorte de film d’espionnage de série B, le film joue clairement la carte de la comédie en misant sur un pilier du genre : Steve Carell. Le principe est donc de prendre un sujet d’espionnage quelconque, et donc chiant, et de faire en sorte que malgré ses efforts, Max enchaîne les ratages. C’est plutôt efficace même si ce dernier est un peu trop sérieux pour que le guignolesque prenne le dessus. Le plus drôle reste le personnage narcissique de l’agent 23 (Dwayne Johnson) qui est vraiment impayable. Le film peut aussi compter sur le charme certain de la sublime Anne Hathaway qui rajoute un peu de glamour. Le tout agrémenté de grosses scènes d’actions assez maladroites. Mais le problème c’est que le film est sans surprises et que le côté espionnage est éculé, mou, sans originalité, et est donc des plus chiants. On notera le même genre de ratages que dans Johnny English même si le niveau est ici largement au dessus. Bref, le film est intéressant, divertissant et plutôt drôle mais ses mécanismes sont datés et le côté espionnage plombe le résultat.

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Intouchables

Intouchables
2011
Eric Toledano, Olivier Nakache

Véritable phénomène de société, Intouchables a enregistré déjà plus de 13 millions d’entrées en moins de 6 semaines. Et selon toute vraisemblance, le film est très bien parti pour détrôner Titanic et ses 20.7 millions d’entrées. Le film fait d’ailleurs déjà l’objet d’un remake américain. Néanmoins, on se rappel encore du très moyen Bienvenu chez les Ch’tis qui créa un effet de moutonnerie inexpliquable. Le succès est-il pour une fois mérité ?

Inspiré d’une histoire vraie, le film raconte comment Driss (Omar Sy), un noir des banlieues, a su redonner le goût de vivre à Philippe (François Cluzet), un homme riche qui s’est retrouvé paralysé de la base du coup jusqu’aux orteils suite à un accident de deltaplane.

Le film commence très fort : alors que l’ambiance est clairement à la déprime, Omar Sy balance du lourd et nous prouve d’amblé son talent de dramaturge et de comique. Il fait d’ailleurs à lui seul tout le film de par son interprétation profonde et personnelle de quelqu’un d’incroyablement humain et gentil. Son arrivée au manoir est magistrale et la rencontre paraît évidente. François Cluzet est lui aussi bluffant tant sa paralysie semble réelle, preuve d’une grande maîtrise tant mentale que physique. Et tout deux vont nous faire vivre une aventure très belle tantôt drôle, tantôt triste. Par contre, on dénote une méchante baisse de régime et un choix douteux vers les 2/3 du film. De même, la fin est décevante et peu joyeuse. Mais bon, c’est après tout une histoire vraie et peut-être, dans un soucis de respect de leurs vies, ont-ils voulu laisser la fin telle quelle. Reste un très bon film propulsé par deux acteurs exceptionnels et qui mérite largement plus son succès que bien des autres auparavant.

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Lilo & Stitch

Lilo & Stitch
2002
Dean Deblois, Chris Sanders

Depuis près de vingt ans, Disney a rompu avec la tradition en proposant des films plus originaux mais toujours aussi colorés. Dans la continuité de ce qui se faisait, le film met en avant des extraterrestres à Hawaï. En effet, quelque part dans l’univers, un savant psychopathe a créé l’expérience 626 : un petit animal bleu aux capacités physiques extraordinaires. Mais étant conçu pour détruire, la cour pénale inter-galactique condamne à mort l’expérience en l’exilant sur un astéroïde. Mais durant le transfert, le monstre réussit à s’échapper et détourne un vaisseau qui ira s’écraser sur Terre. Une équipe, composée d’un scientifique expert de la planète et dudit créateur, est dépêchée sur place pour arrêter 626. Mais une chose inattendue arriva : Lilo, une jeune fille locale, se prit d’affection pour lui. Elle lui donna même un nom : Stitch.

On a un peu l’impression de se retrouver face à une sous-production entre une histoire au rabais et des dessins pas franchement au niveau. Heureusement, l’île possède un certain charme et la patte très colorée du film le rend tout de même agréable à regarder. Par contre, si le film est légèrement orienté science-fiction, cette appartenance est très sous-exploitée et vu le manque de profondeur et de réalisme dont il fait preuve, c’est plus une tare qu’autre chose. Et de manière générale, l’histoire est conventionnelle et sans surprises. Reste une certaine qualité émotionnelle et une ambiance plutôt festive et joyeuse. On sent clairement un prétexte pour une série Disney facile sur un univers vide qui ne demande qu’à se remplir. On verra donc plus le film comme une mise en bouche de la série que comme un véritable film Disney à part entière.

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Bienvenue à Monte-Carlo

Bienvenue à Monte-Carlo
2011
Thomas Bezucha

Voilà un fait original : le film n’a pour ainsi dire, presque pas était diffusé dans les salles françaises. Et pourtant, le film se déroule principalement à Paris et Monte-Carlo. De plus, le film met en avant des acteurs bien de chez nous tel Valérie Lemercier. Soit…

On suivra donc le périple de trois jeunes américaines : Emma (Katie Cassidy), Grace (Selena Gomez) et sa demi-soeur Meg (Leighton Meester). Toutes trois décident de partir en voyage dans la ville de l’amour : Paris. Grace en a rêvé toute sa vie et après cinq années d’économies, elle et sa meilleure amie vont enfin connaître l’idylle. Malheureusement, le constat sera bien amer entre des visites expédiées et un standing au rabais. Mais une chose va bouleverser leur aventure : alors qu’elles s’abritaient de la pluie dans un grand hôtel, Grace sera confondu avec la princesse Cordelia (Selena Gomez). Jouant le jeu, les trois filles vont se retrouver embarquées pour Monte-Carlo où luxe et frivolités les attendent.

Après un début plutôt fort et triste, le film prend un virage comédie-romantique assez facile et attendu. Et pourtant, il aura du mal à se défaire de son climat morose, donnant par la même une ambiance particulière au film. Mais il n’empêche que le film est facile, sans surprise et d’une banalité hors du commun. On se lasse de voir un collier de valeur voguer puis être perdu puis timing parfait, le tout saupoudré d’une morale classique. Et comme toujours, le film s’achèvera par un happy end. A la différence que, de par les problèmes de chacun et la dépression qui règne sur le film, on sent une vraie intensité dans chacune des histoires d’amour qui semblent donc solides et sérieuses, avec même la question du mariage jeune (20-21 ans). Qu’importe l’âge, le milieu ou la personne, si l’amour est pur et sincère, sa légitimité est totale. Bref, une romance ultra-classique mais plus riche qu’il n’y paraît.

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Le Sourire de Mona Lisa

Le Sourire de Mona Lisa
2004
Mike Newell

Si de nos jours le mouvement féministe n’a plus tellement de raison d’être, et n’est d’ailleurs aujourd’hui plus qu’un rassemblement de morues mal baisées aux cheveux cours, il fut un temps où leur actions étaient non seulement justifiées mais aussi nécessaire.

C’est donc dans ce contexte que le film prend place dans les Etats-Unis des années 50 (1953), à l’université pour femmes de Wellesley. Fraîchement diplômée de Berkeley, Katherine Watson (Julia Roberts) y est envoyée pour y enseigner les arts. Mais à son arrivée, c’est un lynchage qui lui est infligé par ses élèves. En effet, toutes avaient apprit l’intégralité du cour et répondaient donc aux questions sans son aide. Mais bien décidé à lutter, Mme Watson réorganisa son cour et créa un tout nouveau programme, obligeant les filles à penser par elles-même sans débiter leur cour. Mais très vite la réalité la rattrapa : cette école ne sert qu’à former ces filles pour le mariage. Fier de ses valeurs et de son indépendance, Mme Watson essayera de convertir ses élèves et de faire évoluer les consciences.

Le droit des femmes dans la société… Un sujet pas facile à aborder sans tomber dans le militantisme pur. Et effectivement, le film milite et nous prend à parti avec les expériences et désillusions vécues par principalement quatre filles dont Kirsten Dunst, Julia Stiles et Maggie Gyllenhaal. On aura donc la femme trompée, la femme qui abandonne ses études pour son marie ou encore la femme maîtresse. Mais le monde ne s’est pas fait en un jour et le travail réalisé ne rectifie bien sûr pas tout les problèmes. Et même si le sujet semble désuet (du moins dans les pays civilisés), le message reste d’actualité dans la mesure où aujourd’hui encore il faut savoir se battre pour faire valoir ses idées. Mais le film n’en est pas moins exempt de défaut. On notera un rythme assez mou et des prestations quelconque pour le casting féminin, surtout Kirsten Dunst qui surjoue largement. Reste une belle idée plutôt bien exploitée.

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Power of Faith – Épisode VII

Épisode VII

– C’est lamentable…

– N’est-ce pas. Et dire qu’on avait placé tellement d’espoir en lui.

– Et c’est la quatrième fois cette semaine. Et c’est même pire ce coup-ci, il a perdu ses deux jambes. Il faut pas moins de six guérisseur pour ne serai-ce que le maintenir en vie.

– Et le trou béant dans sa poitrine ?

– « Monsieur » avez du mal à respirer avec cet « organe à la con ».

– Le cœur toujours ? C’est pas bon ça pour le mettre en confiance pour demain…

– Tu crois ? Quatre crise d’aura violette moi j’appelle ça une tentative de suicide. Et son problème d’alcool n’arrange en rien les choses.

– Merde alors ! Il a recommencé ? Boire pour oublier que tout va mal c’est pas génial pour voler. Faudrait peut-être faire quelque chose…

– Comme quoi ? Genre une fille pour qu’il se sente moins seul ?

– Ça serai l’idéal mais la dernière il l’a rembarré d’une force ! Et pourtant, elle était briefée. Elle lui avait quand même sorti : « Tu savais que Antoine peut vouloir dire « inestimable », « fleur », « intelligence pure », « beauté » et « perfection » selon les origines étymologiques ? Quelque soit la définition, elle te correspond bien et si on les ajoute toutes, on obtient une description quasi parfaite de toi. ».

– Ah ouais quand même ! C’est du lourd ça comme approche. Mais elle ressemblait à quoi la fille ?

– Bah pour multiplier les chances qu’elle lui plaise, on a créé une clone de Miley Cyrus. Mais c’est le bide intégral…

– Certes… Mais faut réagir tout de même ! J’arrive même plus à me rappeler sa dernière période de non-dépression. Et puis il fait peur à voir entre ses traits durs, son regard sévère et ses cernes d’insomniaque. Et il a encore perdu du poids.

– C’est vrai que notre champion est plus un boulet qu’autre chose. J’espérais que ses visites dans notre royaume, sa mission et son statut d’élu lui redonneraient fois…

– En tout cas je peux plus me la voir son aura auto-destructrice. Elle est la preuve de notre incompétence et de sa faiblesse.

– Bon bah on fait quoi ?

– De toute façon il va bientôt devoir retourner en cour, ramenons le chez lui. Espérons que revoir ses amis lui redonnera le moral…

– Malheureusement Jean-Marc ne sera pas là et le vendredi c’est vide. N’empêche, encore une nuit sans sommeil. Donnons lui un petit coup de boost pour qu’il tienne la journée.

– Et croisons les doigts pour que son cerveau tienne, ça repousse pas ça. Et le connaissant il serai largement capable de nous pondre une tumeur et autre cancer.

– Quel déchet !

– Une véritable honte pour nous.

Samedi matin…

C’est le jour J, aujourd’hui je passe mon permis. Si son utilité ne me saute pas directement aux yeux, l’avoir marquerait ma première réussite depuis des lustres. Une telle réussite remonterait même au Bac, soit il y a près de 2 ans et demi. Une occasion exceptionnelle pour renouer avec la chance et retrouver enfin le moral après des années de dépression. N’empêche, c’est con qu’il n’y ai pas de tram le samedi matin à 7h sur la ligne 2 car du coup ma sœur s’est proposée pour m’amener à l’auto-école. A une heure pareille du moi de décembre y’a facilement moyen de voler sans se faire repérer.

L’heure avançait et mon passage de permis se retardait : alors que je devais le passer en premier, et ainsi me débarrasser rapidement de mon stress, je suis finalement quatrième… Et tranquillement assis, j’attendais mon tour à la potence, regardant défiler les candidats et sympathisant avec certains. Beaucoup étaient confiants mais presque tous furent, selon les dires de leurs moniteurs, recalés. Merde alors ! J’ai pas le droit à l’erreur, des gens comptent sur moi ! Mais heureusement, une des deux jumelles de mon auto-école qui passait juste avant moi me tenait compagnie. C’est d’ailleurs amusant de voir combien elles se ressemblaient mais chacune avait quelques spécificités : l’une avait un nez plus aplatît et une voix plus douce et l’autre plus suave. Mais toute deux avaient un autre point commun : une extrême gentillesse et un intéressement certain pour moi, dissipé après le coup de « ça serai bien que j’ai le permis pour voir plus souvent ma copine ». Puis vint le moment fatidique…

– Bonjours Monsieur.

– Asseyez vous, je vous en prie.

S’en suit la procédure classique et la fameuse question « êtes vous bien installé ? », avec cette même appréhension : « aurai-je oublier quelque chose ? ». Tout démarrait bien entre conduite souple et dynamique ainsi qu’un respect rigoureux du code et des consignes de sécurité (contrôle visuel). Arrive ensuite une manœuvre classique : le rangement en bataille. Trois coup : marche arrière, on redresse puis de nouveau marche arrière. Fier de moi, j’immobilise le véhicule comme de droit. Arrive naturellement la première question : « montrez moi la batterie sous le capot. ». Ah ah, ça c’est facile ! Il faut dire que j’ai spécifiquement réviser ce genre de choses avec la C3 de ma sœur, la même voiture que celle de l’auto-école et donc celle de l’examen. Et pourtant, après avoir baissé la main sous le volant pour ouvrir le capot, rien : impossible de retrouver ledit levier rouge. Le stress monte, c’est la fin, j’ai perdu !

– Je comprend pas monsieur, ma sœur a une C3 et la commande d’ouverture se trouve sous le volant. Parce que sinon y’a pas de problème, j’ouvre le capot et vous montre la batterie qui se trouve en plein milieu-droite avec le logo dessus. Sinon vous me l’ouvrez et ça fera la moitié des points ?

– C’est pas grave, le permis ne se joue pas sur un point.

– (de quoi ?! Je l’ai déjà raté ???)

– Dites moi plutôt comment on recharge une batterie vide.

– Avec une autre voiture et on connecte les batteries avec des câbles qu’on branche aux pinces crocodiles reliés aux bornes rouges et noires. (Ouf !)

– Eh bah voilà. Surtout ne stresser pas monsieur, on repart.

Le reste du parcours se déroula sans encombre avec l’examinateur cherchant à me déstresser en balançant des petites blagues du genre « ça a dû lui faire bizarre au gars de se faire dépasser par une voiture d’auto-école » ou encore « vous auriez dû vous arrêter pour laisser passer les poubelles ». Puis vint ensuite le moment de retourner au centre d’examen. Et après m’être garé, la fameuse deuxième question : « comment changer la position du dossier ». Comme c’est dur ! Mdr

– Bon bah voilà, ça s’est plutôt bien passé non ?

– Je pense… En tout cas merci. Mais du coup je l’ai le permis ?

– Pour savoir il faudra attendre, la réponse est en différé.

Miracle or not miracle ? La réponse sera en tout cas au courrier de lundi mais mon accompagnateur semblait plus que confiant quand à mon obtention du papier rose. Et lundi midi, mon portable sonnera pour mettre fin au suspense, me délivrer de cette pression. Quand serai-ce ? Pendant le TP de base de donné ? Au resto U ? Chez Kim ? Une chose est sûre, mes nuits ne seront tranquille qu’une fois la bonne nouvelle confirmée. Et si je ne l’avais pas ?

L’instinct est-il meilleur que la réflexion ? En tout cas, la nuit du samedi au dimanche fut paisible et je me réveilla d’instinct vers 7h45, complétement reposé après seulement sept heures de sommeil. Bon par contre, le miracle n’eut pas cour le lundi matin, c’est toujours dur à 6h30.

Je me suis donc levé, je suis allé dans la cuisine, j’ai regardé le chien, le chien m’a regardé, je lui ai donné à manger. Après avoir fini de me préparer, je suis allé en cour. C’était base de donné. Ça avait l’air chiant. Je me suis fait chier. Heureusement, y’avait Maryan. Il m’a dit bonjour, j’ai entendu « comment ça c’est passé ton permis ? ». Pas mal écoute, j’attends justement la réponse. Et après avoir fait chier tout le monde avec mon permis, je suis allé manger avec Maryan au U. Il m’a demandé ce que je pensais du menu, j’ai pas su répondre, on a mangé steak-riz, c’était pas génial. Après avoir mangé on s’est rendu compte qu’il restait trois heures avant l’algo du coup on est allé chez Kim. Comme d’habitude elle avait la télé allumé sur Tout le monde veut prendre sa place. J’aime pas Nagui. Après mon téléphone a sonné, c’était Alina. Elle m’a demandé si j’avais la réponse , je l’avais pas. Du coup j’ai téléphoné chez moi, des fois qu’on m’aie oublié. Mais non, c’était pas au courrier. Du coup le soir je suis allé à l’auto-école mais ils avaient pas la réponse.

Bref, j’ai pas eu le résultat.

Le lendemain je me lève et regarde le réveil : 7h28. Il a huit minutes d’avance ce qui veut dire qu’il est 7h20. 7h20 ? Merde mais je doit partir à 7h15 ! Je suis donc arrivé à 8h30 soit demi-heure en retard. Mauvais présage ? En y réfléchissant bien, tout ce suspense et ce stress était une vaste connerie car il n’y avait strictement aucune raison qu’on me refuse le permis alors que j’ai non seulement fait aucune erreurs mais en plus j’ai géré pour les à-côté. Le problème c’est que depuis toujours je suis le seul à avoir une confiance absolue en moi. Du coup dès que les choses me dépasse je doute. Sans aucun motif puisqu’effectivement mon permis fut obtenu largement avec un score plus qu’honorable de 25/31 (soit 5 point au dessus de la limite). Alina fut bien évidemment « heureuse » de l’apprendre. Mais 90% des gens s’en foutent. Après tout, on fini tous par l’avoir alors à quoi bon se réjouir ?

Mais la plus grande de mes désillusion vint d’Alina. Alors qu’un week-end de rêve s’orchestrait, la terrible nouvelle tomba : seulement le samedi (comprendre trois/quatre heures en famille), donc pas de copine pour mon anniversaire la veille. Bref, comme toujours des promesses et rien à la sortie. La décision tomba alors : alcool. Après deux bouteilles de rouge, je sortis de chez moi, déployai mes ailes fatiguées, et m’envolai direction l’Aube Rouge et son rayon alcool. L’atterrissage fut des plus violents : je m’écrasa contre l’édifice et ravagea une partie du mur, faisant s’écraser le toit. Je ressorti avec deux litres de vodka. La direction que je prit ensuite était programmée depuis longtemps, l’ultime instant avant ma probable mort : l’Himalaya. 8848 mètres de chute. Enfin plutôt quelques 6000 car même avec un vent favorable, le mont Everest est entouré par de très grandes montagnes. Sachant que le vitesse de chute libre est à 9,8 mètres par seconde, la chute durera près de 11 minutes, en comptant le temps d’accélération.

Me voilà maintenant complétement bourré et au sommet du plus haut point géographique, une bouteille de vodka dans chaque main. Et alors que je suffoque de par le manque d’oxygène, je m’élance dans un dernier saut. Le vent fouette mon visage, je sens mes poumons comme écrasés. Je repense alors à ma vie, à ce que j’ai fait. Le constat est bien amère : j’ai raté tout ce que j’ai entreprit d’ambitieux, j’ai galéré là où tous réussissaient, et je n’est jamais connu le grand amour. Une vie de merde en somme. Mourir est-il la solution ? Et s’il n’y avait rien après la vie, même pas la conscience de soi ? On m’a offert un cadeau exceptionnel, un don digne des dieux. Je pense que lorsque mon corps percutera le sol, je survivrai. Mais peut-être que ma mémoire se dissipera, me laissant une seconde chance, un nouveau départ. Une chose est sûr, quand tout va mal, la résignation n’est pas une option…

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