Bird Box

Bird Box
2018
Susanne Bier

Bougre que ce film me faisait peur. Si Netflix a réussi à s’imposer comme l’un des meilleurs créateurs de séries, son bilan cinématographique est déjà bien plus discutable, comptant largement plus de navets que de grands films à son actif. Donc quand l’un de leurs films fait sensation, je reste méfiant, d’autant quand on parle de film post-apo où des créatures se servent d’un sens bien précis pour nous mettre à mort. Dans Sans un bruit, qui ne m’a pas passionné outre mesure, il s’agissait du son, ici place à la vue.

Retraçant en parallèle une expédition à haut risque avec deux enfants et l’arrivée de la tragédie qui a frappé la Terre cinq ans plus tôt, le film nous glisse dans la peau de Malorie (Sandra Bullock), alors enceinte au moment du drame. D’abord simple épidémie énigmatique frappant la Russie, en quelques jours le phénomène va se propager dans ce qui semble être une folie spontanée et violente, donnant à une personne contaminée une irrépressible envie de se suicider. Avant même de réaliser ce qu’il se passait, elle va trouver refuge avec plusieurs autres personnes (dont Trevante Rhodes) chez Douglas (John Malkovich). C’est alors qu’ils vont réaliser que la source de ce carnage n’est pas d’ordre bactériologique mais physiologique : ce sont des créatures aux capacités hypnotiques qui poussent les gens à mettre fin à leurs jours, et ce d’un simple regard.

Avant d’expliquer le comment du pourquoi, puisque apparemment beaucoup de gens n’ont aucune culture et peinent à comprendre des notions aussi basiques, parlons un peu du film en général. Pour l’être humain, la vue est assurément le sens le plus développé et important qui soit, devant l’ouïe et dans une moindre mesure le touché (les deux autres sont plus la pour décorer limite), donc comme pour Sans un bruit c’est une assez bonne idée de baser une menace dessus. Là aussi le film se montre assez ingénieux pour exploiter cette idée, la sortie en voiture opaque utilisant uniquement le GPS et les avertisseurs d’obstacles est une vraie trouvaille. La grande différence c’est que le film ne nous frustre pas en esquivant l’attaque initiale, car si on suit d’un côté une expédition en barque, de l’autre la double narration nous explique comment on en est arrivé là depuis les premiers instants. L’aspect communautaire est bien traité avec des personnages intéressants, et niveau angoisse et suspense le film marche très bien, l’énigme de la menace étant plutôt bonne. La réalisation est excellente, les acteurs très bons et l’histoire solide, donc je vous encourage clairement à voir le film.

/!\ Attention, spoilers en masse pour « décoder » le message du film /!\

Ceux qui ont lu la bible, ou ont un minimum de bases de culture chrétienne, auront bien évidemment compris que le film est une référence à la bible et au jugement divin. En effet, dans l’évangile selon Matthieu, il est dit  : « Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux ! ». Les créatures, capables de prendre l’apparence qu’ils souhaitent, mettent les hommes face à leurs péchés, et seuls ceux qui sont dignes du paradis n’auront rien à craindre et auront la vie sauve. C’est donc pourquoi les échappés de l’asile, simples d’esprit, voient la sanction divine comme magnifique et n’y succombent pas, car selon la bible les fous ne sont pas responsables de leurs actes et iront de toutes façons au paradis. De même, il est dit, toujours dans le même évangile : « Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu ! ». De base, on se dirait que tous les enfants ont le cœur pure, et c’est pourquoi Malorie hésite à laisser les enfants voir, car elle a peur que ses propres péchés -comme son interdiction de les aimer de peur de les perdre (d’où l’absence de prénoms) ou le mensonge concernant la fille – ne se reflètent sur eux et que Dieu ne les juge pas dignes. Il n’y a donc pas d’interprétation à faire, juste à comprendre les références.

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Pokémon le film

Pokémon le film
2000
Kunihiko Yuyama, Michael Haigney

Sorti en 1998 au Japon, le film est arrivé au sommet de la gloire de la franchise. La première génération de jeux sur Gameboy (rouge, bleu, vert, jaune) s’était écoulée à plus de 46 millions d’exemplaires, alors que par la suite la seconde génération peina à atteindre la barre des 30, et les suivantes oscillèrent autours des 20 millions d’exemplaires avec selon les générations trois ou quatre jeux (seuls X et Y n’ont pas eu de suite ou de best off derrière). Côté cinéma, l’essoufflement fut encore plus violent, car si les deux premiers ont atteint les 160 M$ dans le monde, le troisième n’en fit même pas la moitié, et depuis le quatrième, à l’exception du 20ème Je te choisis (reboot célébrant les 20 ans de la franchise) qui a fait grosso modo 40 M$, les 17 autres films ont tous rapporté entre 15 et 30 M$ selon les cuvées, soit à peine de quoi amortir le budget. Il faut dire que très vite les films n’ont été que des tremplins pour présenter des pokémons légendaires des prochaines ou actuelles générations, soit des gros coups de pubs plus destinés à faire vendre des produits dérivés que le film en lui-même. Et vu comment je m’étais rué sur la VHS du film à l’époque pour avoir ma carte collector Mewtwo, c’est ce qu’on appelle du marketing efficace.

Avant de devenir une grosse blague où chaque génération possède une douzaine de pokémons légendaires dont moins du tiers sont disponibles dans le jeu (il fallait donc tricher ou se rendre dans un endroit spécial avec du matos spécial pour envoyer des données événements dans sa cartouche), il fut un temps où ils n’étaient qu’une poignée, même si tous les avoir était impossible. Dès le premier jeu, Mew était l’objet de toutes les rumeurs et personne n’arrivait à mettre la main dessus, tandis que dans la seconde génération Célébi n’était même pas trouvable dans les versions non japonaises. Ce premier film fait donc la part belle à Mew et Mewtwo, deux des cinq légendaires des 151 premiers pokémons (les trois autres étant les oiseaux mythiques). Fait caché dans la VF censurée, l’origine du film provient de la volonté d’un chercheur voulant ramener sa fille disparue à la vie grâce au clonage, et pour financer ses recherches il va faire équipe avec le terrifiant Giovanni, chef de la Team Rocket, à qui il va promettre Mewtwo, clone du plus puissants de tous les pokémons, Mew. Incapable de trouver un sens à sa vie, Mewtwo va se retourner contre ses créateurs et s’isoler sur une île perdue, celle sur laquelle il a été créé, et pour pallier à son ennui et se prouver à lui même sa supériorité, il va y convier les meilleurs dresseurs, dont Sasha.

Passons vite fait sur la censure, une excellente piste ne menant nulle part. Lors de son enfance dans la cuve, Mewtwo va communiquer par télépathie avec trois autres sujets en cuve : le clone de la fille disparue, ainsi qu’un salamèche, un carapuce et un bulbizarre. Seulement contrairement à lui, ses quatre camarades ne vont pas survivre aux phases de test, le plongeant dans une profonde tristesse. Or pour le calmer, les scientifiques vont lui effacer la mémoire et il ne sera plus jamais fait mention de ces événements, tout juste se dit-on qu’il a préalablement créé des clones de dracaufeu, tortank et florizard  inconsciemment en souvenir de ses amis disparus. C’est donc du pathos complètement vide, et on comprend pourquoi la France a coupé le passage puisque cela enlève aussi un soupçon d’attachement au scientifique en chef, nous mettant donc plus en phase avec Mewtwo, donnant donc plus de légitimité au « méchant » de l’histoire. Dans son ensemble le scénario est horriblement plat, le débat philosophique est creux, et les quelques visuels sympas ne rattrapent pas assez cette histoire expédiée en 80 minutes et dont les fils conducteurs ne reposent sur vraiment pas grand chose. Dire que j’en avais un excellent souvenir et que je croyais que le niveau était bien meilleur au début… Ah qu’elle était belle cette carte collector !

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Pokémon, le film : Le pouvoir est en nous

Pokémon, le film : Le pouvoir est en nous
2018
Tetsuo Yajima

Deuxième film du reboot de la franchise, il était question de faire écho au second film d’animation historique de la licence en faisant « intervenir » le même pokémon légendaire, à savoir le meilleur de tous, Lugia. Ceux qui espéraient comme moi un long-métrage dédié à sa grandeur seront amplement déçu de ce point de vu là puisque le messie n’arrivera qu’à cinq minutes de la fin, sans avoir avoir au final la moindre importance.

De passage dans une ville côtière, Sasha va se rendre au festival des vents, une cérémonie en l’honneur de Lugia, le sauveur de la région, balayée perpétuellement par les vents grâce à sa bénédiction, leur offrant une source d’énergie éolienne continue. Marquée par le drame, la ville sera le croisement de plusieurs destins : celui d’une petite fille protégeant Zeraora, un pokémon légendaire menacé ; une sportive en devenir qui a sombré dans la dépression suite à une blessure, venue au festival pour que son frère à l’hôpital le vive par procuration ; un homme désabusé qui va tenter de se racheter une conduite pour sa nièce ; une vieille femme qui ne s’est jamais remise de la mort de son pokémon, les fuyant comme la peste de peur de revivre un jour pareil désespoir ; ainsi qu’un scientifique agoraphobe incapable de concrétiser ses rêves faute de les assumer.

Là où Je te choisis allait bien trop vite, on prend ici le temps de bien développer les nouveaux personnages, et rarement on a eu l’occasion d’en avoir des aussi bien travaillés. Certes un peu cliché, l’oncle un peu bourrin est très attachant, l’histoire de la vieille dame est très touchante, de même que la sportive est un excellent personnage. Tout est cousu de fils blancs, mais c’est un peu moins débile que d’habitude, véhiculant encore une fois de belles valeurs morales en dehors de l’abandon total de la jeunesse qui vagabonde inconsciemment à travers le monde et ses innombrables dangers. On regrettera en revanche le caractère complètement inutile de Sasha, d’autant qu’il ne se servira que de Pikachu tout du long (n’a t-il plus aucun autre pokémon ?), mais au moins il n’est pas accompagné cette fois de compagnons encore plus dispensables. La recette mignon / pathos marche un chouïa mieux de part une meilleure gestion du rythme, mais ça reste très moyen.

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Pokémon, le film : Je te choisis !

Pokémon, le film : Je te choisis !
2017
Kunihiko Yuyama

Alors que les ventes de jeux se sont peu à peu tassé malgré quelques opus de grande qualité, il faut dire de plus en plus rares et de moins en moins ambitieux, pour ce qui est du cinéma les choses se sont détériorées à une vitesse largement plus impressionnante. Si le japon est resté fidèle avec un public oscillant autour des deux millions d’entrées par film, en France à partir du quatrième opus chaque long-métrage est arrivé directement en DVD, les Etats-Unis ont suivi jusqu’au sixième, et seule une poignée de pays a continué à suivre après cela. Seulement durant l’été 2016 un événement a prit une tournure inattendue : la sortie de Pokémon Go sur téléphone, qui fut un carton phénoménal. Alors que la saga tombait en désuétude, un formidable coup de boost fit replonger les anciens nostalgiques, tout en élargissant plus que jamais le public (j’en fus, y jouant près de trois mois). Sortant un film par an tous les juillets au Japon depuis 1998, c’était là l’occasion de travailler sur un produit qui se destinerait justement aux nostalgiques et aux nouveaux venus : un reboot de la franchise.

Vous connaissez tous l’histoire de Sasha du Bourg Palette ? Arrivé trop tard au laboratoire du professeur Chen, il se retrouva de ce fait obligé de prendre le dernier Pokémon disponible, un Pikachu incontrôlable et qui refuse d’aller dans sa pokéball. Seulement point d’Ondine ou de Pierre dans cette version alternative puisqu’ici Sasha, dans sa quête pour devenir maître Pokémon et rencontrer le grand Ho-Oh, sera épaulé par le hasard des choses par Justine et Honoré.

Pure copié collé de la série pour son premier quart d’heure, le film s’en éloigne un peu par la suite, tout en y incluant tous les arcs narratifs concernant son chenipan (de sa capture jusqu’au moment tire-larme où il part déglinguer la femelle shiny) et son salamèche (la aussi tire-larme avec le vilain dresseur qui l’a abandonné et que Sasha va sauver in-extremis de la mort). On a du mal à comprendre la démarche, le film s’éloignant pour proposer autre chose, et ce qu’il inclus de la série ne marche pas. Quand Pikachu devient docile après deux épisodes (40 minutes), ça a plus d’impact qu’au bout de dix minutes où il n’a été présent que trois ; voir papillusion partir à mi-parcours alors qu’on ne l’a vu que cinq minutes en tout, ça ne fonctionne pas ; et résumer la détresse d’un salamèche près à se laisser mourir pour un maître qui ne reviendra pas en une poignée de minutes, c’est là aussi contre-productif tant l’attachement n’a pas le temps de se faire. C’est en réalité juste là pour rappeler la boule à la gorge qu’on a eu à ces moments précis dans la série, et ça n’est pas très glorieux de vouloir se les réapproprier aussi facilement. De même, ce qui marque dans une évolution de pokémon c’est le chemin accompli, l’expérience qui est récompensée. Quand on enchaîne quatre évolutions durant la seconde moitié, c’est juste du grand n’importe quoi en mode « jean-michel pas le temps ».

Le film trace comme un porc, désamorçant tous ses effets et n’arrivant à aucun moment à créer un attachement aux nouveaux personnages. La Team Rocket fait de la peine, se faisant latter la gueule en arrière plan sans jamais entrer en contact avec la « grande » histoire. Pire, le film verse sans arrêt dans le pathos facile, mais avec son statut de reboot, ça n’a pas le même impact que dans le premier film de 1998 qui avait tout une saison sur laquelle reposer, et encore une fois, vouloir rebooter tout en gardant l’affecte originel est malhonnête. Et que dire du « chouette » de Sasha après l’histoire de la mort d’un pokémon, désamorçant tous les enjeux dramatiques en passant direct à autre chose… On repassera aussi sur les éternels problèmes liés au concept même de Pokémon (qui laisse un gamin de 10 ans parcourir seul le monde bordel !!!), mais globalement si les thèmes sur l’amitié et la persévérance sont bons, tout va bien trop vite pour que le développement soit correct. Côté animation les dessins sont plutôt beaux, mais je reste pour ma part dubitatif à propos de cette idée de repartir de zéro. En dehors du premier film de 1998, le seul bon à mes yeux restera le huitième sur Lucario, plus sombre et à l’histoire bien plus solide. Quitte à rebooter il aurait été ambitieux de prendre de nouveaux personnages, quitte à faire revenir les anciens en tant que mentor par exemple. Et pour le coup, Sasha sur la tombe de Pikachu aurait été un effet dramatique bien plus puissant. Mais bon… La suite étant dédiée à Lugia, plus classe de tous les pokémons et qui n’a eu droit qu’à une suite décevante il y a presque deux décennies, je tenterais l’aventure, mais sans grande conviction.

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Lady Bird

 

Lady Bird
2018
Greta Gerwig

La séance de rattrapages continue avec ce qui pouvait potentiellement être les meilleurs films de l’année à mes yeux, ou alors un film que j’avais de toute façon prévu de voir et que j’étais passé à côté au moment de sa sortie. Grand challenger des derniers Oscars avec tout de même deux prix d’envergure aux Golden Globes (meilleur film et meilleure actrice), le film attisait ma curiosité, et avant de dévoiler à la fin du mois mon top annuel, il fallait que je m’assure qu’il en fasse ou non parti. Eh bien non.

Se déroulant en 2002, le film nous raconte la difficile adolescence de Christine McPherson (Saoirse Ronan). En dernière année d’un lycée catholique de Sacramento, elle est énervée contre à peu tout et tout le monde. Son lycée ultra conservateur lui sort par les oreilles, elle crache sur sa ville et rêve d’aller faire ses études ailleurs, elle dénigre la situation sociale de ses prolétaires de parents, a une relation conflictuelle avec sa mère, sa seule amie est une obèse asociale et elle rejette même son propre prénom, préférant se faire appeler « Lady Bird ». Bref, le cliché ambulant de l’ado chiante…

Même si le genre a tendance à se perdre, les Etats-Unis aiment produire régulièrement des productions pour montrer leur épanouissant milieu scolaire, pourtant si décrié où en moyenne les gens s’endettent sur 10 ans pour les études (avec jusqu’à 40 ans pour certaines universités hors de prix avec plus du quart des étudiants qui se retrouvent en prison faute de pouvoir rembourser). Ah les joies de démarrer sa vie professionnelle avec près de deux-cent mille dollars de dettes ! Enfin bref, on suit les conflits classiques de ce genre d’histoire entre le frère baba cool qui va probablement finir en prison faute de pouvoir rembourser ses études ; un père dépressif qui a perdu son emploi et qui perdra vraisemblablement sa maison au moment de la crise du subprime ; une mère qui n’atteindra jamais l’âge de la retraite à force de faire des heures supp de partout ; une meilleure amie qui s’effondrera du diabète ou d’une crise cardiaque avant 40 ans ; le coup du premier premier petit copain (Lucas Hedges) qui va déraper ; et bien évidemment le fameux connard méta ténébreux qui croit tout savoir sur le monde, qui a tout compris et qui regarde les gens de haut, assurément incarné par cette bonne tête à claque de Timothée Chalamet. Tous les clichés les plus éculés y sont, la fameuse « Lady Bird » est une petite conne insupportable, et fatalement avec le style « cinéma d’auteur qui pète plus haut que son cul », on se fait royalement chier. Non pas que le film n’ait aucun intérêt ou que les acteurs soient mauvais, mais à quoi bon ? On a déjà vu cette histoire mille fois, le film n’est pas drôle et n’a pas de réelle intensité dramatique, donc voilà. Si j’avais su, je me serais abstenu.

 

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Mary Poppins

Mary Poppins
1965
Robert Stevenson

Alors que défiant toutes probabilités une suite vient de débarquer au cinéma 53 après l’original, il était temps de revoir ce grand classique de Disney (un des plus gros succès de l’histoire puisque compte tenu de l’inflation, sur le seul territoire américain lors de ses sorties en 1964, 66 et 80, le film y a rapporté l’équivalent actuel de un milliard !), le dernier sorti du vivant du créateur du studio aux grandes oreilles et dont l’histoire derrière la création du film avait été raconté dans le très bon Dans l’ombre de Mary, qui valait d’ailleurs bien plus pour son histoire dans l’histoire que pour la démarche en elle-même. Malheureusement, le résultat final n’a plus grand chose à voir avec la touchante histoire vraie qui a inspiré le film.

Le film nous plonge dans la famille Banks, une riche famille d’une banlieue tranquille où le mari travaille à la banque pendant que sa femme joue les suffragettes et ses deux enfants terrorisent tour à tour toutes les nounous des environs. Fée dotée de pouvoirs magiques, Mary Poppins (Julie Andrews) va se donner pour mission de remettre les enfants sur le droit chemin, ainsi que leurs parents qui ont peu à peu perdu leur flamme. Pour l’aider dans sa mission, elle sera accompagné par Bert (Dick Van Dyke), un artiste saltimbanque qui n’a jamais cessé d’entretenir son âme d’enfant.

Un des plus gros succès de toute l’histoire du cinéma, le film fut largement acclamé à sa sortie avec une pléthore de récompenses, notamment pour son actrice principale qui décrocha le prix d’interprétation dans toutes les cérémonies, notamment aux Oscars. Il faut dire que les comédies musicales avaient le vent en poupe à cette époque, et le film était à bien des égares un sacré prodige. Bien sûr, la séquence de la chambre qui se range tout seule n’avait de rien de spécial pour l’époque, Ma Sorcière bien aimée ayant débarqué la même année, de même que l’usage des fonds verts pour faire des incrustations, y compris de dessins animés, était déjà utilisé pour des effets spéciaux dès les années 30, mais si la technique existait déjà la pratique était ici particulièrement réussie. Le style peut rebuter un peu aujourd’hui, mais le principe étant de faire travailler l’imaginaire et d’y donner vie, on accorde plus facilement notre suspension d’incrédulité. Si comme d’habitude les enfants sont atroces, ils sont heureusement secondaires, le duo Mary / Bert fonctionne très bien et les acteurs sont formidables. En revanche, l’histoire n’a aucun sens et paraît des plus décousues entre des personnages en roue libre, une absence de but réel et une finalité douteuse. Les innombrables chansons, à la qualité très discutable (musique minimaliste, paroles fades et qui se répètent très vite), semblent servir de bouche trou à une histoire pourtant inexistante, donnant au film des airs de show improvisé pas très inspiré. Bien sûr, si on est petit le charme de Mary, la magie et le côté entraînant des chansons suffiront largement à nous combler, mais passé un certain âge on constate amèrement une absence totale de fond.

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Secret of Mana

Secret of Mana
2018
PC / PS4

Ô tendre souvenir de ma jeunesse… Qu’il est loin le temps où la saga Seiken Dentestu brillait ! Après l’échec du dernier épisode numéroté sorti dans un état embryonnaire sur Playstation 2, quelques spin-off ont vu le jour sur téléphones ou consoles portables, sans jamais égaler de près ou de loin Sword of Mana, qui n’était déjà que poudre aux yeux, à supposer que la saga ait proposé à un moment donné plus que du simple divertissement aux qualités purement techniques et graphiques. Le joueur nostalgique hésitait alors vouloir que la franchise repose en paix et l’espoir d’un nouvel opus réconciliant tout le monde. Finalement, un vague fantasme d’antan a resurgi début 2018 : le « remake » du plus mythique de tous les épisodes, Secret of Mana. Alors même que le studio n’avait aucune ambition pour le titre, de toute évidence développé en marge de leurs gros titres avec une équipe très réduite, les fans de la première heure se sont rués en masse pour déplorer une catastrophe annoncée. Oui, nous aurions aimé un remake ambitieux, alors qu’au final le jeu est une pure copie plus proche du remaster que du remake, mais est-ce une raison pour bouder l’occasion de redécouvrir ce titre mythique sous un nouveau jour ?

Graphismes : 12/20

À moins d’en faire un triple A au budget faramineux pour faire un véritable remake sous par exemple Unreal Ungine 4, compte tenu des enjeux on pouvait difficilement espérer mieux dans l’optique d’un simple remaster. L’angle de vue est inchangé et tout en terme de design et de direction artistique est extrêmement fidèle à l’original. Le choix du self shalding est très pertinent, trouvant là un excellent compromis dans le passage à la 3D. Et c’est peut-être le plus gros soucis du jeu en terme de graphismes. En dehors de la scène d’introduction magnifique qui laisse un peu trop espérer, tout le reste est irrévocablement plat. La narration ne s’offre pratiquement aucune mise en scène, et quand on affiche un rendu à peine supérieur à la Playstation il est honteux de voir une absence totale d’innovation, alors même que les sorts et surtout les boss auraient pu gagner en grandiose. Concernant ces derniers, même si la plupart sont fidèles, voir légèrement mieux, certains font peine à voir comme le rachitique serpent et le piaf court-sur-pattes. De même, les animations des attaques chargées auraient pu profiter d’une refonte tant à part les poings lvl 8, ressemblant à une boule d’énergie, rien n’était mémorable, et comme par hasard c’est cette dernière qui est modifiée pour quelque chose de plus sobre. Le matériau de base n’était pas parfait et il y avait là moult occasions d’y remédier, mais malheureusement le jeu va se cantonner au modèle sur tous les points…

Jouabilité : 8/20

Ce qui est excusable en 1993 ne l’est plus une seule seconde en 2018. Certes, le principe des sphères par arme, la diversité de ces dernières ainsi que les magies propres à leurs deux utilisateurs (offensives pour l’elfe et défensives pour la fille) contribuent à une belle richesse, mais le système de jeu a fait son temps. Devoir attendre que la jauge charge à 100% puis rester trois plombes pour charger une attaque dont la précision laisse à désirer est une frustration sans pareille. Déjà atroce dans l’original, l’esquive des monstres reste toujours un problème, certes moindre, mais pour peu qu’on ait déjà joué à quelques jeux du genre, rater pratiquement une attaque sur deux est une aberration. L’équilibrage est toujours aux fraises, les petits monstres étant bien plus puissants que les boss (!) et la montée en niveau des armes et magies est infernal. Mention à la dryade pour la fille qui demande d’emblée deux fois plus d’expérience que les autres magies, alors même que la montée se calcule par utilisation, et non par PM dépensés, et cette magie est atrocement cher. Un coût aberrant qu’on retrouve un peu pour tout, le gain de PO normal (tuer tous les monstres que l’on voit en avançant) ne permettant pas un instant de s’acheter les différentes armures, et encore moins forger chacune des armes. Le seul ajout consiste en deux raccourcis programmables, que ce soit pour un objet ou de la magie, mais ça ne fera pas oublier le bordel que représente le menu en anneau. Techniquement le jeu est donc très similaire à l’original, voir un chouia supérieur, mais le résultat est indigne des 25 ans qui séparent les deux titres.

Durée de vie : 10/20

Rien de spécial à dire sur le sujet, si ce n’est que le jeu de base est déjà court (à peine 10h quand on connaît, pas plus de 15h même en montant tout à fond). Il aurait été bienvenu de proposer un minimum de contenu supplémentaire, ne serait-ce que pour surprendre le joueur en enrichissant une histoire qui ne demandait qu’à l’être. On aurait aussi pu proposer plus de challenge avec un nouveau lieu rempli de boss inédits avec, comme dans la plupart des autres RPG, des monstres plus puissants que le boss de fin (et ça n’aurait pas été dur à justifier tant le passé aurait pu receler des créatures terrifiantes). Mais bon, au lieu de ça on se tape des dialogues ennuyeux lors des passages à l’auberge…

Bande son : 15/20

Alors qu’on se le dise tout de suite, si le jeu propose des choix, ils n’en sont pas vraiment. Alors même que Square-Enix a fait un travail extraordinaire de réorchestration pour ses remakes ambitieux et réussis de Final Fantasy X HD et Final Fantasy XII TZA, c’est ici un supplice de chaque instant, et choisir les musiques originales est une question de survie. De même, le jeu ayant choisit de doubler ses dialogues, pour coller au style très coloré et atypique du jeu, celui des acteurs ne se fait pas dans la dentelle, et à ce niveau là le japonais passe bien mieux que l’anglais.

Scénario : 6/20

Quoi, qu’entend-je ? Quel est cet affront ?! Non, le scénario du jeu reste inchangé et on a même tendance à pouvoir mieux l’apprécier puisque la localisation française de l’époque, faite sous le manteau avec un sens du ridicule implacable (vive Rambo et compagnie… ), laisse place à quelque chose de plus respectueux du matériau d’origine, et les phases de dialogue sont un peu plus soignées. Reste que l’éternel coup du héros prophétique qui sauve le monde avec une princesse et un lutin, face à des méchants très vilains qui veulent simplement dominer le monde en faisant des conneries que le passé nous a montré vouées à l’échec, c’est de plus en plus grotesque avec le temps. C’est d’autant plus rageant que le passé en question semble passionnant, et les ruines de l’ancien monde auraient dû être plus creusées. Le jeu survole son sujet sans la moindre intensité dramatique, les héros n’ont aucune conviction et pas d’autres enjeux que la pression du reste du monde, et les méchants défilent en arrière-plan dans l’indifférence la plus totale. Quand on est petit, un peu de magie, de poésie, un bon esprit de camaraderie et c’est parti. Une fois adulte, il en faut plus pour nous faire rêver, et les décennies d’évolution techniques ont permis de mettre en scène des histoires autrement plus ambitieuses. Eh bien ici il n’y a que trop peu d’effort d’adaptation.

Note Globale : 11/20

Ressortant tout juste de deux rushs du jeu (l’original plié en une soirée et une matinée et celui-ci fini en 12h), il m’est honnêtement impossible de dire que ce remake / remaster est moins bon que l’original pour la simple et bonne raison que le système de jeu, les musiques, l’histoire et son déroulement sont identiques, et même les graphismes sont au plus près de ce que proposait son modèle. L’ambiance est conservée et manette en main le plaisir de jeu est peu ou prou le même. Et pourtant, si c’était à refaire je referais une partie sur Super Nintendo plus que sur ce jolie lissage. Mais alors, pourquoi diantre hypocrite de mes deux ?! Eh bien tout simplement parce que si je veux retrouver le plaisir d’antan, autant s’y replonger, car au fond la légère mise à jour graphique, indigne d’une PS2, n’efface pas l’amertume de certains changements. À trop en montrer, certains boss perdent en crédibilité, pratiquement aucun changement n’est profitable et les anciens comme moi passeront le plus clair de leur temps à se faire la réflexion que le design original était plus probant. 25 ont passé et ce qu’on était enclin à pardonner devient une hérésie. Si une communauté s’était formée autour de ce remaster, peut-être qu’à force d’être modé de partout le jeu aurait pu considérablement s’enrichir pour devenir ce qu’on attendait de lui, mais il semblerait que sa mort soit déjà actée, et il n’y aura personne pour y verser une larme.

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Searching – Portée disparue

Searching – Portée disparue
2018
Aneesh Chaganty

Voilà la preuve ultime que dans la vie il y a l’art et la manière. Concept qui s’est révélé complètement bancal dans Unfriended, le film reprend ici l’idée d’un film entier montré via l’interface d’un ordinateur. Sauf que là où il n’y avait que Skype d’un seul point de vue avec quelques interactions avec la messagerie ou autre, on nous démontre qu’il y avait tellement plus à faire. Il peut y avoir plusieurs ordinateurs dans une pièce, le téléphone peut aussi faire des appels vidéo, et on peut à peu près afficher ce qu’on veut sur un ordinateur, allant de caméras annexes à des dizaines de programmes et sites, sans compter la possibilité d’y voir la télé, et donc les informations. En exploitant correctement ses outils, on peut ainsi pallier au caractère fermé de la machine et ainsi offrir un vrai travail de réalisation. Véritable succès d’estime sorti du festival de Sundance, le film s’est progressivement imposé grâce au bouche-à-oreille, arrivant à atteindre les 75 M$ dans le monde, un succès immense pour ce genre de production.

Introduction digne de Là-Haut, montrant au passage de façon remarquable l’évolution de la technologie, le film nous présente la famille Kim du point de vue de Margot, leur fille unique qui a grandi dans la douleur d’une mère malade qu’elle n’aura connu que 13 ans (ayant deux de plus au moment des faits). La suite se déroulera du point de vue de David (John Cho), son père. Inquiet de ne pas avoir vu sa fille rentrer et ayant raté trois de ses appels durant la nuit, il va tomber des nues en apprenant qu’elle n’est pas allée au lycée et qu’elle ne va plus à ses cours de piano depuis six mois. Après avoir essayé de contacter ses amis, il va devoir se rendre à l’évidence : sa fille a disparu.

Brillantissime. Non, c’est bien trop faible. Pour comprendre l’ampleur du film il faut bien comprendre une chose : il s’agit d’un des scénarios les plus intelligents jamais écrit, et c’est tout simplement le meilleur thriller de l’histoire. Le concept de l’immersion technologique est ahurissante et son utilisation bluffante, jouant sur le déplacement du curseur ou sur la vitesse de frappe pour témoigner de l’état d’esprit du protagoniste avec une rare subtilité. Bien sûr la plupart du temps une webcam ou autre nous montre David, un de ses proches ou l’enquêtrice, mais même sans personne devant l’écran le film retranscrit admirablement les émotions et le suspense. Les acteurs sont excellents et les reproductions sonores et visuelles de nos outils usuels forcent le respect, mais ce qui vous marquera profondément et irrémédiablement est la complexité, la richesse, la force et pourtant la clarté du scénario. Le père, et par extension le scénariste, redouble en permanence d’ingéniosité en trouvant toujours une nouvelle piste à explorer de par la surexposition de notre vie privée due aux réseaux sociaux. Les retournements de situation sont dantesques entre les surprises, les révélations, les moments de paranoïa et les coups de pressions à couper le souffle. Le film va loin, extrêmement loin, plus loin que n’importe quel film avant lui. Une fois que le dénouement se dessine et que tout se recoupe, on se rend alors compte du degré d’élaboration sans précédent de l’ensemble, où aucune information n’est donnée à la légère. Éreinté par un marathon d’investigation où l’on ne cesse de retenir son souffle, perpétuellement abasourdi par la qualité d’écriture, on en ressort transcendé tant le film s’impose comme l’une des œuvres les plus abouties de tous les temps.

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Mission Impossible – Fallout

Mission Impossible – Fallout
2018
Christopher McQuarrie

Plus une saga dure et plus le risque d’essoufflement est important. Il est en effet difficile de faire toujours plus grand ou plus fort, le public se lasse ou craint de ne rien comprendre en prenant l’histoire en route, faisant de chaque film un risque plus grand. Le cachet des acteurs a tendance à toujours monter un peu, le coût de la vie et les frais marketing explosent continuellement et il est pour ainsi dire impossible de faire une suite sans un budget supérieur, à moins d’avoir explosé les plafonds sans raison auparavant ou alors en revoyant les exigences techniques à la baisse. Pour le sixième film, et alors que l’inflation n’avait pas permis au précédent de se maintenir (faisant 12 M$ de moins pour un budget légèrement supérieur), l’ambition était là avec 178 M$ de budget. Entre une campagne marketing plus agressive que jamais, des critiques excellentes et une Chine en pleine expansion (récoltant 180 M$ sur place, avec à la clé une augmentation de 50 M$ !) le film a réussi l’impensable à une époque où pratiquement chaque suite est un naufrage : établir un record avec près de 800 M$ dans le monde, soit une différence budget / recettes équivalente au dernier James Bond, montrant que quand la qualité parle, l’allégeance du spectateur peut changer.

Plus grande menace humaine ayant pesée sur elle-même, que se passerait-il si l’arme atomique devenait à portée de main du premier terroriste venu ? Trois charges de plutonium prêt-à-emploi ont été fabriquées, et pour les différents gouvernements mondiaux il est impératif de mettre au plus vite la main dessus. Suite à un premier échec, Ethan Hunt (Tom Cruise) va devoir faire équipe avec August Walker (Henry Cavill), membre d’une CIA qui souhaite couvrir ses arrières. Ils vont devoir infiltrer une agence appelée « les apôtres », composée d’anciens agents gouvernementaux déçus par le système.

Faisons simple : allez voir le film. Ne regardez surtout pas les bandes-annonces qui vous dévoilent un retournement de situation qui n’est amorcé qu’au bout de 50 minutes et dévoilé véritablement qu’au bout de 1h30, sans oublier le fait que certaines scènes montrées se déroulent durant le dernier quart d’heure ! Souvent les bande-annonce en montrent trop mais là on atteint des sommets. La saga Mission Impossible a toujours été une valeur sûre pour les amateurs d’espionnage plus ou moins bourrin en fonction des épisodes, sans pour autant réussir à pleinement convaincre dans chaque domaine. Le meilleur compromis à ce jour était Protocole fantôme, le quatrième opus, mais ça restait assez gentillet et le scénario ne volait pas très haut. Ici sans pour autant impressionner outre mesure, l’histoire est très solide, bien amenée, claire et directe. On voyage un peu à travers le monde et il y a une foultitude de personnages entre les anciens de retour (Alec Baldwin, Simon Pegg, Rebecca Ferguson, Michelle Monaghan) et certains nouveaux (Vanessa Kirby) mais les objectifs sont bien expliqués et l’enquête progresse vite. Les enjeux sont de taille et le film s’offre quelques retournements de situation d’envergure, comme au début avec la scène de l’hôpital, l’une des plus inventives de toute la saga. Côté action malgré les 55 ans au compteur durant le tournage, Tom Cruise est au sommet de sa forme, ne reculant devant aucun défis entre des sauts et acrobaties dans le vide à haute altitude, du pilotage d’hélicoptère, de l’escalade extrême à mains nues ou encore de la course sur toits en mode yamakazi, le tout sans la moindre protection. Dans une ère du numérique où les fonds verts sont légions, offrir un tel spectacle sans le moindre effet spécial est une prouesse à saluer chaleureusement. Les fans de la saga trouveront là une suite d’envergure, ne reniant rien des précédents tout en apportant une grandeur jamais vue, et pour les nouveaux arrivés l’histoire est très accessible, donc pas de quoi bouder un spectacle pareil. Tout simplement le meilleur de la saga, et de très loin.

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La Nuit au musée : Le Secret des Pharaons

La Nuit au musée : Le Secret des Pharaons
2015
Shawn Levy

Alors oui, et je l’avais oublié, mais mon visionnage des deux premiers opus de la saga remonte à avant la création de mon site en décembre 2010, et ayant à l’époque modérément apprécié le premier et détesté le second, je ne pense pas m’y replonger de sitôt. Peut-être dans une dizaine d’années si j’ai des enfants ? Enfin bref. Encore est-il que la franchise a plutôt bien marché avec pratiquement un milliard en deux films, et ce troisième opus, bien que déclinant encore après un second déjà en retrait, a tout de même bien amorti son budget avec plus de 360 M$ dans le monde. Devant à priori conclure cette lucrative saga, le film poursuit-il la lente agonie amorcée par le 2 ou redresse t-il la barre pour un final honorable ? Bof…

Source du principe même des films où tout prend vie à minuit dans le musée, on met cette fois toute cette magie en danger. La tablette d’Akhmenrah (Rami Malek) perd peu à peu son pouvoir et il va falloir trouver vite une solution sans quoi elle perdra sa magie pour toujours. Gardien du secret et veilleur de nuit du musée, Larry (Ben Stiller) va devoir se rendre au British Museum de Londres pour retrouver les créateurs de ladite tablette.

Alors non, mais parfois oui. Le scénario tient sur un timbre poste, les gags sont éculés et lourds pour l’écrasante majorité, variant entre le soupir et l’exaspération, mais tout n’est pas à jeter. Même si les prestations sont plutôt mauvaises, le casting n’en reste pas moins complètement dingue avec Robin WilliamsOwen WilsonSteve CooganRicky GervaisRebel WilsonBen KingsleyDan Stevens en Lancelot – excellent personnage qui part malheureusement en vrille par la suite – et Alice Eve et Hugh Jackman jouant leurs propres rôles pour l’une des meilleures scènes du film pulvérisant le quatrième mur. La scène du combat contre l’hydre marche très bien et on aura même droit à une séquence psychédélique se déroulant dans un tableau renversant. Plus encore, le film se veut comme une vraie conclusion à la saga et réussi à démontrer que derrière les pitreries un attachement aux personnages s’est créé, ce qui n’avait rien d’une évidence. Le film vole toujours assez bas et la franchise n’aura jamais su exploiter correctement son potentiel, mais au moins on évite le naufrage complet, et c’est déjà un petit miracle en soi.

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