KPop Demon Hunters


KPop Demon Hunters
2025
Chris Appelhans, Maggie Kang

Nous y voilà, l’un des plus gros phénomène de l’année, pour ne pas dire de la décennie. En seulement sept semaines, le film a battu le record du film le plus vu de tous les temps pour Netflix, affichant alors 236 millions de vues pour près de 300 millions d’heure de visionnage. Avec une durée de 1h39, autant dire que pas grand monde n’aura raté le générique de fin. Six mois plus tard jour pour jour, le succès ne désempli pas un instant, le titre Golden étant toujours bombardé à la radio, vient d’être nommé aux Golden Globes et ira sans nulle doute aux Oscars, et sur YouTube le clip est en passe d’atteindre le milliard. Malgré un investissement conséquent de 80 M$, Sony ne croyait tellement pas au projet qu’il l’a bazardé à Netflix, et visiblement il y a de quoi s’en mordre les doigts quand on voit qu’une version karaoké en trois dates uniques plusieurs mois après la sortie sur la plateforme a généré près de 25 M$ sur le seul sol américain.

Comme le titre le laisse présager, il va y avoir de la KPop (musique pop sud coréenne) et de la chasse aux démons. On suivra ainsi le girls band Huntrix, composé de Rumi, Mira et Zoey, qui ont été désignées par un ordre secret de protéger la Terre des démons grâce à la musique. En effet, leur chant permet de créer le Honmoon, une barrière protectrice qui va bientôt atteindre sa pleine puissance. Seulement le chef des démons Gui Ma a encore une dernière carte dans sa manche : les Saja Boys, un boys band composé de démons, qui vont partir à la conquête de ce que les Huntrix ont de plus précieux, leurs fans.

C’est un grand oui, mais à modérer. Musicalement, c’est plutôt très bon, assez oubliable pour le boys band, mais les fameuses Huntrix sont au top, carrément ma came. Outre Golden que j’ai déjà écouté des dizaines de fois, le titre de fin « What it sounds like » et celui accrocheur du début « How it’s done » sont punchys et entraînants. Visuellement, c’est plus tiédasse, pas très original au niveau design mais pas non plus mal modélisé, clairement pas de l’animation au rabais, mais par contre la fluidité n’est pas là, où du moins sur l’animation des personnages et notamment leurs expressions de visage. Côté scénario, c’est là que je resterais le plus dubitatif : du archi classique sur la peur de l’acceptation, cherchant à briser une pensée manichéenne, alors que justement le principe est d’opposer le bien contre le mal, les femmes contre les hommes. En vrai le fond est bon, le personnage de Rumi est attachante et il y a un gros potentiel, mais pour les enfants. La forme est édulcorée au possible, du tout public où rien ne dépasse, sans réel traitement ni profondeur, de quoi frustrer ceux à la recherche d’une certaine exigence. Une suite a été programmée pour 2029 (en gros mise en chantier dans l’urgence face au succès totalement imprévu), en espérant qu’elle sera un peu plus qu’une chouette compilation musicale avec une légère toile de fond.

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Avatar : de Feu et de Cendres


Avatar : de Feu et de Cendres
2025
James Cameron

Dans une réalité alternative où il n’y aurait eu aucun souci d’écriture, de tournage ou autre, ce troisième opus serait sorti il y a dix ans déjà. Et dire que le tournage s’est finalement terminé en 2020 et que lors de la sortie du second, Avatar : la voie de l’eau, il y a trois ans, une sortie était encore programmée pour 2024. Autant dire que les sorties des opus 4 et 5 pour 2029 et 2031 n’ont rien de gravé dans le marbre, et fut une époque où ils étaient datés pour 2017 et 2018, c’est dire. Une saga hors norme qui a le mérite de prendre son temps, et pour l’instant le résultat est là : trois films très bien accueillis, tous dépassant les deux milliards au box office (même si je m’avance un peu pour le 3ème). Mais passé la claque colossale du premier Avatar, seul film que j’ai vu trois fois au cinéma, cette saga va-t-elle enfin dépasser le statut de simple vitrine technologique ?

On reprend l’histoire tout juste après la voie de l’eau, alors que la famille Sully tente de faire face à la perte de leur fils aîné, tué par l’un des soldats des hommes du ciel. Aveuglée par la rage, Ney’tiri (Zoe Saldana) va exiger que Spider (Jack Champion) retourne « auprès des siens » (chez les hommes), lui qu’ils avaient élevé comme leur fils avec Jake (Sam Worthington). Ils vont alors quitter le peuple de l’eau (dirigés par Kate Winslet et Cliff Curtis), au grand dam de leurs enfants, notamment Kiri (Sigourney Weaver) qui s’est beaucoup attachée à Spider. Pendant ce temps, le colonel Quaritch (Stephen Lang) est plus que jamais déterminé à capturer le traître Jake, alors qu’une autre menace se profile : le peuple des cendres, dirigé par Varang (Oona Chaplin).

Cette fois, j’ai enfin pu voir le film dans d’excellentes conditions : Imax 3D, dans une grande salle sans le moindre souci (pas de personne devant, pas de bruit, juste une terrible envie de pisser en sortant après les quasi 5h entre le transport, l’attente, les publicités puis les 3h17 de métrage). Et oui, passons rapidement sur l’évidence, c’est encore et toujours une claque technique ahurissante, un spectacle plus grandiose et épique que jamais. Enfin ça c’est si on est objectif. Subjectivement, je suis certes moins resté sur ma faim que pour le second – j’ai d’ailleurs eu ironiquement exactement la fin que je voulais pour le précédent en termes d’ampleur – mais ça reste la même chose avec plus de bateaux et de poiscaille, et surtout jamais aucune des deux suites n’a su me procurer les mêmes frissons que lors de ma découverte de Pandora. D’ailleurs, pour une saga qui s’appelle « Avatar », le concept de base est désormais totalement absent… Bref, c’est magnifique, surtout ce qui entoure le peuple des cendres, mais ça reste assez limité.

Place maintenant à l’éléphant au milieu de la pièce qui dérange de plus en plus : le scénario. Déjà pas si incroyable dans le premier, s’appropriant pas mal de thématiques déjà connues en restant beaucoup à la surface mais avec néanmoins un côté mère nature très travaillé, les suites n’ont rien su en faire, si ce n’est des incohérences. Le peuple Na’vi était censé représenté un modèle d’idéal, mais visiblement ils ne valent pas mieux que les humains, voir pire : ils sont xénophobes envers les humains et n’ont aucune cohésion d’ensemble. Comme nous, ils ont des cultes différents (Eowa la forêt, l’esprit de l’eau et celui du feu, et semble t-il aussi les marchands du vent), vivent en communautés séparées, et se font même la guerre entre eux. Amer constat que de voir que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs…

Outre ce point, tout n’est que constat d’échec : Quaritch reste (et restera ?) éternellement le même méchant, son arc de rédemption est laissé en suspend et aucun autre vrai antagoniste ne pointe le bout de son nez ; Ney’tiri est devenue une raciste incohérente avec la princesse tombée amoureuse du premier film ; Jake est un terrible père obnubilé par sa révolution et traite ses enfants comme des soldats, dénué de toute once d’amour, même envers sa femme malgré ses dires ; leur voyage de départ est stupide et son déroulé encore pire (il suffit d’un rien pour convaincre une famille d’aller jeter l’un des leurs ou un marchand pour se peindre une cible sur le front) ; et au final les enjeux sont strictement les mêmes que dans le second : sauver les machins baleine et repousser les humains. D’ailleurs, on en parle des baleines ? Une espèce pacifique qu’il faut convaincre de rentrer en guerre, ça ne vous rappelle rien ? On dépasse un peu trop la simple « inspiration » des Deux Tours. Le seul point positif du scénario est cette gourou du feu, Varang, dont la romance avec Quaritch est aussi malsaine qu’amusante. On pourrait aussi citer celle de Spider et Kiri, les deux piliers du film qui remplacent Jake et Ney’tiri pour les rôles de l’humain tombant amoureux d’une autre vie et la princesse à la grande spiritualité, mais elle n’est qu’à peine introduite.

Nous y voilà donc, la fin de ce premier arc sur Pandora, assez poussif il faut l’avouer. L’aventure fut palpitante, une découverte colossale suivie d’un nouveau bond technique avec tout un univers aquatique (encore que pas très original), mais ce troisième opus n’apporte quasiment rien à cet édifice, prolongeant une histoire qui commence à s’embourber. Il serait grand temps de prendre un nouvel envol, de retourner sur Terre peut-être ? Visiter d’autres planètes, aller dans l’espace ? Il était question des lunes de Pandora également, un peu de diversité pitié ! On ne peut pas tout miser sur les visuels, d’autant que les humains et tout ce qui les entoure est en net recul, décuplant une impression devenu réalité : c’est tout simplement du cinéma d’animation, à la différence que les curseurs du réalisme sont poussés au maximum et que chaque personnage bénéficie de motion capture. Le rêve des Créatures de l’esprit est devenu réalité, mais quel dommage que le fond ne suive pas. Espérons que les suites trouvent une ambition nouvelle, sans quoi le public risque de se lasser.

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Train Dreams


Train Dreams
2025
Clint Bentley

Succès surprise de cette fin d’année, ce petit film Netflix très style « cinéma indépendant / film d’auteur » a non seulement su conquérir le public, mais également les critiques puisqu’à la surprise générale le film a passé une tête dans la prestigieuse liste des nominations aux Golden Globes, saluant son personnage principal et la musique. Un beau parcours, mais à réserver aux plus patients.

Le film va nous faire revivre une part de l’histoire des Etats-Unis (du début du XXème siècle jusqu’en 1968) à travers les yeux de Robert Grainier (Joel Edgerton), un bucheron de métier ayant notamment pas mal travaillé sur la construction des voies de chemin de fer (avec William H. Macy d’ailleurs). Une vie de dur labeur, l’éloignant souvent de sa femme (Felicity Jones) et de sa fille.

Difficile de ne pas penser à W. Anderson face à ce film, composé de plans fixes 4:3 à la composition millimétrée d’une froideur clinique. On pourrait citer aussi T. Malick dans les inspirations évidentes tant la contemplation est centrale à l’œuvre. Si ce style ne vous rebute pas complètement, on aura alors une épopée américaine prenante, mais souffrant de deux problèmes majeurs : déjà le ton est très très sombre, même si rien – on l’espère – ne sera jamais plus sombre que Die Krabat ; et ensuite le poids des modèles du genre, une ombre écrasante. Car oui, sur ce même thème les chefs-d’œuvre sont nombreux, que ce soit The Revenant ou Gangs of New York pour le cinéma, ou Assassin’s Creed III pour une plongée plus profonde et interactive, pour ne citer que ceux qui m’ont le plus marqué. Et si en termes d’ambiance (musiques, performances et mise en scène) le film est très réussi, il se montre assez limité sur son histoire, ne racontant pas grand chose de la grande Histoire avec un virage découverte trop brusque et trop tardif pour en faire une vraie thématique principale. Une expérience émotionnelle touchante, mais pas un grand film.

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L’Incroyable aventure de Bella


L’Incroyable aventure de Bella
2019
Charles Martin Smith

Connaissez-vous L’Incroyable voyage ? Eh bien de deux choses l’une, soit les producteurs jouent sur la nostalgie du film, soit ils partent du principe que les gens l’ont oublié et qu’un remake pas vraiment assumé peut le repomper allégrement. Si les spectateurs semblent l’avoir beaucoup apprécié, l’idée avait visiblement ses limites tant l’échec fut retentissant, peinant à amortir la moitié du budget hors promo (81 M$ bruts pour 61 M$ de budget). Mais en vrai, le film a suffisamment d’originalité pour renouveler la formule.

Une loi injuste, un agent véreux et paf : la pauvre chienne Bella va se voir priver de sa famille (Ashley Judd, Jonah Hauer-King et Alexandra Shipp), obligée de partir à 650 km de là. Loin de se douter qu’en réalité sa dite famille mettait tout en œuvre pour pouvoir l’accueillir à nouveau et qu’elle était sur le point de rentrer à la maison, elle va décider d’entreprendre elle-même ce voyage de retour.

Le concept est peu ou prou le même que L’Incroyable voyage : un retour raté de peu, et un immense voyage à travers les Etats-Unis pour retourner à la maison. La mise en contexte est ici plus développée, notamment ce qui entoure la complicité avec les maîtres, bien plus mis en avant, et pour ce qui est du voyage il y a du pour et du contre. Plus d’émotion, de rencontres marquantes, mais le voyage en lui-même est moins impressionnant, moins centré sur les immenses paysages américains, et on passe d’un groupe attachant avec une belle complicité, à une aventure plus solitaire. Chacun des deux films a donc de solides arguments faisant pencher la balance de leur côté, mais l’aîné a forcément la primeur de son âge et l’aura nostalgique l’entourant. De plus, il est dommage qu’à certains moments la production ait choisi des doublures numériques, voir carrément ne faire que des effets spéciaux pour les animaux dits dangereux, ce qui nous sort régulièrement du film tant la différence est flagrante. Chapeau pour l’intégration et les interactions, mais au niveau de la modélisation on repassera. Du pur film familial comme on en fait que trop rarement, et si le concept est un peu trop proche d’un classique qui lui reste supérieur, on passe tout de même un très bon moment.

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Misery


Misery
1991
Rob Reiner

Classique parmi les classiques, Misery est à la fois un classique de la littérature, adapté de l’auteur le plus prolifique de tous les temps, Stephen King, mais cette adaptation cinématographique est elle-même devenue un classique, notamment saluée pour son infirmière folle qui a raflé l’Oscar de la meilleure actrice pour ce rôle. Plus de trois décennies plus tard, est-il encore aussi ce monument du septième art ?

Ecrivain de seconde zone embourbé depuis longtemps dans sa série sur la famille Misery, Paul Sheldon (James Caan) rentrait de son gîte habituel où il écrit chaque nouveau livre, avec cette fois la volonté de mettre fin à sa saga à succès où son livre à paraître allait tuer son héroïne. Seulement voilà, un accident de voiture sur le retour en décidera autrement, puisqu’il sera « secouru » par Annie Wilkes (Kathy Bates), sa plus grande fan. Un sauvetage qui va en fait être une séquestration où Paul devra réécrire son nouveau roman pour correspondre aux attentes de sa ravisseuse, et attention à ne pas la contrarier.

Un concept fort qu’est celui de la détention où la prison devient ici un chalet isolé, entouré par un désert de neige, et où le prisonnier est lourdement handicapé de part les blessures de son accident, le privant d’un bras et de ses deux jambes. Le malaise laisse vite place à l’inquiétude, puis à la terreur de se dire que ce sauvetage n’en est clairement pas un, et qu’il va devoir se plier à la volonté de la maîtresse des lieux pour rester en vie. Simple mais efficace, dans une mise en abîme de la toxicité de certains fans, message peu anodin puisque adapté d’un roman, donc un écrivain qui se met directement en scène. Le suspens quant à la folie de l’hôte des lieux n’est pas là, tout étant d’une évidence claire dès le début, mais on est plutôt sur un suspens entourant la possibilité ou non pour l’écrivain de s’en sortir, et de voir les stratagèmes qu’il utilisera pour essayer d’y parvenir. Globalement c’est plutôt une autoroute manquant de subtilité avec des fusils de Tchékhov bien trop évidents, mais on passe un bon moment avec effectivement une prestation remarquable concernant madame Wilkes. De là à parler de monument du genre, on en est loin, mais même aujourd’hui ça reste très efficace.

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Pokémon Legends Arceus


Pokémon Legends Arceus
2022
Nintendo Switch

Quelle erreur ! Alors que j’avais beaucoup trop de temps à l’époque, j’avais carrément zappé le jeu pour deux raisons : je croyais en avoir déjà trop vu en me gâchant l’expérience à travers moult let’s play sur twitch, et surtout je ressortais tout juste du « remake » 4G qui était sorti trois mois plus tôt dans un état lamentable (au point de ne même pas en écrire la critique), remaster fainéant bourré de bugs à peine croyables et faisant l’impasse sur le contenu de Platine. Comme pour punir Pokémon Compagny, j’avais donc esquivé ce qui s’annonçait comme un spin-off peu important à la Breath of the wild, un Zelda que j’ai très peu apprécié et que j’ai mis trois ans à enfin terminer tellement la formule m’étais passée au dessus. Et pourtant, c’est de loin l’épisode le plus ambitieux et intéressant depuis pour ainsi dire la création de la licence, habituée à évoluer le moins possible depuis trente ans.

Graphismes : 12/20 (05/20 la technique, 17/20 la direction artistique)

Diantre que les gens ont gueulé ! Distance d’affichage atroce, clipping ahurissant, quasi absence de texture, que ce soit au sol, sur les rochers ou les bâtiments, et quand le jeu tourne autour du fait de capturer des créatures sauvages, ne pas les voir de loin, voir se faire surprendre par un contact avec l’un d’eux même pas affiché à l’écran, c’est une tannée. De plus, si le jeu tourne très bien sur Switch 2, apparemment il tournait à un lamentable 15-25 fps sur Switch première du nom, ce qui est pratiquement injouable. De la part du studio le plus lucratif de l’histoire (coûts de développement moindres, recettes ahurissantes), c’est une honte absolue. Oui mais.

Ayant prit Héricendre en starter, je dois bien avoué avoir prit une sacrée claque face aux animations de flammes, absolument magnifiques. Et globalement, le jeu est de très loin le plus abouti de toute la saga, tant au niveau de la direction artistique que de la mise en scène. Les animations sont magnifiques, le rapport d’échelle est bien plus impressionnant avec des Pokémons qui font enfin plusieurs mètres de haut, notamment avec les barons et dominants, et au niveau de l’ambiance générale, le style est à la fois proche d’un Breath of the wild mais en plus tranché, plus stylisé. Oui, la technique est indigne, mais j’ai réussi à passer totalement outre car pour une fois la licence a laissé son côté cartoon pour un rendu plus mature embrassant le style japon féodal, et c’est une franche réussite.

Jouabilité : 14/20 (16/20 sur Switch 2)

On en rêvait depuis l’annonce de l’arrivée de la licence Pokémon sur la console Nintendo Switch, capable de faire tourner des jeux ambitieux : un open-world Pokémon où l’on se promènerait au milieu des pokémons, qu’on pourrait attraper en temps réel. Si le jeu est tout de même découpé en zones, avec d’ailleurs un système de hub catastrophique où il faut retourner en ville pour changer de zone, le rêve est enfin réalité, pouvant lancer des pokéballs à tour de bras pour capturer le plus de monstres possibles. Le système n’est pas parfait, le lag sur Switch étant infernal, mais c’est grisant et on souffle fort quand on se trouve à devoir capturer l’un d’eux à l’ancienne en l’affaiblissant dans un combat. Clairement, ce style de capture est exactement ce dont la licence avait besoin. Après, on retrouve les combats tour par tour classiques, mais à la fois avec une mise en scène plus belle que jamais, mais avec également un ajout sympathique avec les modes rapides et puissants qui permettent de se sauver de certaines situations, car le jeu est dur. Enfin une vraie difficulté, avec notamment un « boss de fin » (en réalité boss de seconde fin) des plus retors car l’ordre des tours continue à chaque changement de pokémon, ce qui fait que l’adversaire peut systématiquement mettre une réponse efficace après chaque mort et potentiellement faire un mort à son tour, alors même qu’il faut enchaîner une team de 6 puis deux boss sans aucun soin, chose qui m’a obligé à monter une équipe lvl 75 et faire une dizaine d’essais.
Parlons aussi brièvement des combats de boss, difficiles également, avec une belle mise en scène puisque certains font littéralement la taille d’une montagne ! Pokémon Ecarlate et Violet reprendront un peu de ce principe avec leurs propres dominants, mais sans l’originalité ni la démesure. Et entre deux missions principales, le joueur pourra s’occuper à remplir son Pokédex ou les missions qui y sont liées, sympathique, mais redondant, et c’est d’autant plus dommage que les niveaux de membre Galaxie sont long à débloquer et qu’on se retrouve bloquer dans l’aventure à cause de ça, même en prenant le temps de bien se balader et capturer le plus de créatures possibles. Là encore, l’équilibrage est décevant, empêchant le titre de prétendre aux plus hautes cimes, puisque le farm et le crafting (récupérer des ressources pour créer notamment les pokéballs pour capturer les monstres) sont trop limités, faisant que le joueur sera constamment à cours de tout, et surtout d’argent. Je n’ai personnellement jamais dépensé un centime pour autre chose que augmenter la réserve du sac (une tannée qui oblige à constamment aller tout déposer), et je ne suis même pas arriver au bout des possibilités. Il reste pas mal de points perfectibles à revoir, à peaufiner, mais c’est clairement le genre de jeu auquel j’aspirais et j’ai prit un plaisir immense.

Durée de vie : 14/20 

Ca aurait pu être un équilibre dantesque, mais non. Trop de légendaires sont inclus dans la quête principale, alors que ça aurait été un post-game incroyable, et à l’inverse la quête principale nécessite trop de temps à faire des missions annexes pour compléter le Pokédex et ainsi gagner des niveaux de team Galaxie. De plus, deux points sont dommageables : il reste deux missions principales une fois le générique de fin passé (pardon ?), et pas des moindres puisque la dernière est ni plus ni moins que la rencontre avec Arceus, alors même que le jeu lui est dédié. Pire, il faut avoir complété à 100% le Pokédex pour avoir accès à ce dernier combat, chose qui dépassera de loin la patience de la plupart des joueurs, dont moi. En ligne droite, j’ai pu voir le générique en 20h, puis il m’a fallut cinq heures de plus pour venir à bout du dresseur ultime, mais je n’ose imaginer le temps qu’il faudrait pour atteindre les quasi 250 pokémons du Pokédex régional puisque j’ai terminé ma course à moins de 190 alors que j’ai écumé chaque zone. Et le souci, c’est que beaucoup dépendent de failles aléatoires, et la redondance du système atteint déjà largement ses limites au bout de 25h. Et le problème, c’est que toutes les missions annexes sont axées autour de la complétion du Pokédex, sans zone de combat ou autre, décuplant la redondance d’un post game peu encourageant.

Bande son : 17/20

Déjà que la bande originale de la quatrième génération est un banger, ce retour dans le passé en livre des arrangements d’antan incroyables, arrivant même à intégrer de façon ingénieuse les quelques notes de flute de l’écran titre du jeu d’origine pour en faire un élément de l’histoire. Plus que des réorchestrations et des hommages, c’est une véritable réinvention de la quatrième génération. Reste ces personnages qui semblent vouloir parler, mais qui n’ont pas bénéficié de doublage, une évolution naturelle que même la licence Zelda a fini par sauter. A quand le tour de Pokémon ?

Scénario : 09/20

Annoncé comme un jeu plus mature qui explorerait en profondeur les légendes de Sinnoh, à l’époque où la région s’appelait Hisui, c’est une petite déception. Difficile d’espérer honnêtement le niveau d’un Final Fantasy pour la licence Pokémon, il n’empêche que cette plongée temporelle est très timide. Pas grand chose à se mettre sous la dent en dehors de clin d’œil faciles et un peu vides, alors même qu’on croise des temples anciens où l’on aurait aimé se perdre, voir découvrir un tout nouveau lore. L’ambiance est réussie, mais le fond est très léger.

Note Globale : 14/20

On en rêvait, il est là : le grand Pokémon en monde ouvert ! Enfin on peut réellement capturer des pokémons comme dans l’anime, l’appel de l’aventure est dantesque et cette plongée dans le Sinnoh d’antan est une franche réussite tant la mise en scène est aboutie et que la direction artistique est magnifique. Que demander de plus ? Que la note d’intention aille avec une réelle ambition, largement plombée par une technique catastrophique et divers soucis de redondance et d’équilibrage qui semblent indiquer que les phases de test n’ont peut-être même pas eu lieu. Et on ne le dira jamais assez, quand on est la licence la plus rentable de tous les temps et qu’on a vendu plus d’un demi milliard de jeux, ne pas plus soigner ses œuvres est une honte absolue. Un vent de fraicheur salvateur, qui malgré tous ses défauts est probablement l’expérience Pokémon la plus aboutie à ce jour.

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Le Murder Club du jeudi


Le Murder Club du jeudi
2025
Chris Columbus

Visiblement très satisfaits des scores de leur nouvelle franchise d’enquête « who done it ? » dont le troisième A couteaux tirés sort très bientôt, Netflix est allé chercher un réalisateur de renom dont la carrière n’a plus aucun sens depuis deux décennies, Chris Columbus, pour transposer le principe dans un cadre assez cocasse : une maison de retraite. Le genre se faisant rare et le casting faisant très envie, ma curiosité était donc piquée au vif.

Dans un domaine pour riches retraités dans le Yorkshire, tous les jeudis un petit groupe d’entre eux (Helen Mirren, Ben Kingsley et Pierce Brosnan) se réunissent pour s’amuser à enquêter sur des meurtres. Une occupation comme une autre, avec l’arrivée d’une ancienne infirmière pour apporter un regard neuf sur une disparition non élucidée datant de près d’un demi siècle. Seulement voilà, cette théorie va devoir faire place à la pratique quand le propriétaire du domaine va être brutalement assassiné.

Tous ceux qui ont poncé les jeux Unlock le savent très bien, il peut être tellement grisant de se prendre pour un enquêteur, surtout quand le suspens est bien récompensé avec une histoire solide où tout se recoupe. Sans révolutionner la formule, le film l’exécute très bien, avec moult rebondissements, fausses pistes et impasses, mais où finalement tout amène de manière utile à une conclusion intelligente. Un classicisme qui pourra en rebuter certains, y voyant là un léger manque d’imagination, mais c’est diablement efficace. Avec en prime un casting cinq étoiles (incluant également David Tennant, Richard E. Grant et Jonathan Price), le tout dans un cadre très Downton Abbey, j’y ai prit un plaisir indéniable. Un film léger, amusant et abouti.

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La Faille


La Faille
2007
Gregory Hoblit

La justice est un sujet fascinant, et le genre du film de procès est un thème qui me tient souvent en haleine, d’autant que les grandes réussites y sont légion comme avec les très bons Le Juge et Anatomie d’une chute, mais surtout les immenses claques Les Sept de Chicago ou Le Procès Goldman. J’avais déjà vu ce film peu après sa sortie, mais c’était donc il y a près de deux décennies, de quoi l’avoir quelque peu perdu dans les limbes des souvenirs vaporeux.

Spécialiste en aéronautique, Ted Crawford (Anthony Hopkins) va un jour surprendre sa femme (Embeth Davidtz) entrain de le tromper avec un policier (Billy Burke). Pour se venger, il va carrément décider de la tuer, mais pas sans réfléchir à un plan pour s’en sortir sans la moindre conséquence. Certain que l’affaire est pliée et que le procès n’est qu’une simple formalité, un jeune procureur (Ryan Gosling) va s’y casser les dents, loin de se douter de la fourberie qu’avait préparé Crawford.

Bon dieu que c’est rageant ! On est vraiment passé à un cheveux d’un excellent film, une référence du genre, mais qui va s’avérer hautement imparfaite, voir décevante. On a l’impression d’y retrouver un Hannibal au meilleur de sa forme, préparant méticuleusement son plan avec un calme glaçant, et tout le début du film est d’une tension incroyable, dévoilant au passage un casting assez fou (on retrouvera également Cliff Curtis, Zoe Kazan et Rosamund Pike). On pourrait croire à un plan si fourbe qu’il en profite pour faire accuser – voir condamner – l’amant, ce qui aurait été logique et grisant d’un point de vue machiavélique, mais non, il s’agit simplement de chercher cyniquement une faille dans le système juridique. Ce n’est plus du génie criminel, mais simplement de la lâcheté vicieuse, ce qui personnellement m’intéresse beaucoup moins. Si quelques idées sont réussies, comme le jeune arrogant remis à sa place, ou encore la conclusion un peu plus maligne, ce formidable vivier se meurt sur toute sa moitié passé la première demi-heure. Un ventre mou des plus terribles comme j’en ai rarement vu. En résulte une version petits bras et frustrante de Hannibal, vouée à redevenir très vite un vague souvenir pas bien important.

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Caramelo


Caramelo
2025
Diego Freitas

C’est presque devenu une norme sur Netflix : régulièrement des productions de pays dont on entend peu voir jamais parler cinématographiquement, en l’occurrence le Brésil, se met d’un coup à truster le top des films les plus vus avec un bel engouement populaire. L’art des algorithmes, d’autant que l’originalité du film s’arrête là.

Jeune sous-chef dans un grand restaurant, Pedro va voir se réaliser la chance de sa vie : gagner la place de chef et pouvoir imposer son propre menu et des spécialités qui lui tiennent à cœur. Mais sa vie va se trouver encore plus bouleversée quand un chien fougueux va débarquer, détectant en lui une nouvelle encore plus dévastatrice : un cancer.

Entre film de cuisine, film sur la maladie et comédie romantique, le film se laisse regarder sans déplaisir, mais pêche à se démarquer sur l’un des tableaux. Le côté nourriture ne fait pas autant saliver qu’un #Chef par exemple (revu juste après, et bien plus abouti il faut bien l’avouer), la romance est assez expéditive, sur une autoroute de l’amour, et le traitement de la maladie est aussi très classique. Non pas que le film fasse mal l’un des points précédemment cité, mais il est juste trop tiède, souffrant de la comparaison avec des films comme Marley & moi ou Nos étoiles contraires, et globalement tout est d’un niveau de prévisibilité digne d’une IA qui aurait pondu le scénario. Est-ce déjà le cas ? Netflix a t-il profiter de laxismes brésiliens sur ce point précis pour expérimenter ? Probablement pas, mais le doute reste permis. Ca reste sympathique, mais il ne faut clairement pas en espérer plus que du téléfilm qu’on regarde d’un œil distrait.

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Identity


Identity
2003
James Mangold

Souvent cité parmi les films ayant un plus gros twist (retournement de situation inattendu), le film m’avait laissé un vague souvenir qu’il était tentant de raviver, d’autant que depuis son réalisateur James Mangold a eu une belle carrière, bien que responsable de ce qui est peut-être le plus gros échec commercial de l’histoire avec la dernière aventure d’Indiana Jones qui a perdu potentiellement 300 M$ d’après les dernières rumeurs.

Que s’est-il réellement passé dans ce motel ? Alors que dix ans plus tard un procès pour meurtre est en cours, on suivra cette nuit sordide où en pleine tempête dix inconnus (incluant John Cusack, Ray Liotta, Amanda Peet ou encore Clea DuVall) se sont retrouvé bloqués dans un même motel où les disparitions inquiétantes vont laisser place à de violents meurtres.

Voici l’exemple parfait de la fausse bonne idée, où quand le scénariste – les en l’occurrence – se croit super original alors qu’il a juste pondu une bonne grosse bouse. Tout le concept du film est un thriller / slasher où des gens meurent les uns après les autres, cherchant donc qui est le tueur, pourquoi et tout le tintouin, avec en prime une double narration (avec Alfred Molina) qui pose les enjeux sur les conséquences judiciaires de tout ça. Problème, le retournement de situation est d’une bêtise sans nom, qui non seulement invalide totalement la double narration, qui n’a juridiquement aucun sens (quelles sont les charges bordel ???), mais qui surtout annihile tout l’intérêt même du film. C’est comme si une histoire se terminait par « en fait c’était un rêve », où clairement tout ce que l’on a suivi était faux et sans aucune importance. On esquive de peu un niveau aussi bas de conclusion, mais ça reste hautement décevant et surtout ça rend 90% du film bon à jeter à la poubelle, car vide d’enjeux. Bien tenté, et le film n’est pas mal fait ou quoi, mais son histoire est juste ratée.

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