La Taverne de l’Irlandais

La Taverne de l’Irlandais
1963
John Ford

Semble t-il en repérages, l’équipe du film a dû poser ses valises aux Philippines un peu au hasard, happée par la beauté des lieux. Seulement voilà, au jour du tournage il n’y avait qu’un seul acteur et pas le moindre scripte à l’horizon, et ils se sont débrouillé comme ils ont pu. C’est la seule explication qui rationaliserai cet étron scénaristique et artistique.

Nous voilà donc plongé au cœur d’une de ces petites îles qui compose l’archipel des Philippines, alors que les lieux s’apprêtent à recevoir une invitée de marque : Ameilia, la fille du riche docteur dont la dote s’élève à 18 millions de dollars, attisant la convoitise d’un duc, qui n’en a que le nom. Jeune femme aussi arrogante que dédaigneuse, elle va bien sûr regarder d’un mauvais œil Donovan (John Wayne), un rustre d’Irlandais aux manières peu châtiées, mais derrière la brute se cache un pauvre père veuf au cœur tendre.

Rarement il m’aura été donné de voir une histoire à ce point affligeante. Le cliché de la femme avec un ballet dans le cul qui aimerai en fait se dévergonder, le gros dur décérébré qui cache un grand « romantique », le type au bars qui veut juste boire ou se battre, le vieux vicelard calculateur, les locaux avec un accent parodique : rien dans le film n’arrive à sortir des sentiers battus et on s’ennui ferme. Tous les acteurs sans exception sont mauvais, même si le fameux Donovan s’en sort légèrement mieux, et l’histoire est à tous points de vu anémique de par son postulat de base fainéant (une fille vient rendre visite à son père et découvre les habitants de l’île) et son développement qui se résume en une avalanche de clichés. On pouvait espérer un légers mieux avec l’évolution de la romance (bien qu’elle arrive brusquement comme un cheveux sur la soupe), mais finalement le film nous achève avec un troisième acte invraisemblable, inutile et interminable. À noter aussi le travail lamentable autour du son, qui tourne à la cacophonie assourdissante lors des scènes de foule, une masse bruyante et désagréable, comme le film dans son ensemble d’ailleurs. Un résultat amateur tout simplement indigne d’une diffusion.

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Bliss

Réitération de l’expérience musicale avec une nouvelle composition :
https://www.youtube.com/watch?v=vPrftJBQebQ


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Sabotage

Sabotage
2014
David Ayer

Bide de classe maximum pour ce nouveau gros film d’action (17 M$ de recettes mondiales pour plus du double de budget) qui confirme le rejet massif de ces tentatives de renouer avec les années 80 où ce genre de film étaient le fer de lance du cinéma. Et avec la claque Expendables 3, bien que la Chine pourrait sauver à elle seule la franchise si le maintient est à la hauteur de son démarrage record, il est probable que ce genre de projet disparaisse définitivement de nos écrans.

La ville d’Atlanta est gangrenée par la drogue, et face au problème la police locale y a mit les moyens : une dizaines de militaires (incluant Sam Worthington, Terrence Howard, Joe Manganiello et Josh Holloway), véritables machines de guerre, dirigée par un John Wharton (Arnold Schwarzenegger) qui n’a plus rien à perdre, ou du moins le croyait-il. Pensant s’enrichir salement sur le dos de la pègre, ils pensaient s’être mit dix millions de côté pour ses gars durant une descente, mais l’argent ni y était plus. Depuis, les membres de l’escouade tombent les uns après les autres.

Le film commence pas mal du tout : un gros tank, une villa mafieuse, des guns et des mitraillettes, des murs qui deviennent de la poudre à force de perforation, un casting musclé avec des noms intéressants, et des morts bien gores. Bref, ça envoi du très très lourd. Puis plus rien, ou presque. Des discutions ultra stéréotypées, de l’alcool, des femmes, du sexe et plein de substances illicites : voilà ensuite à quoi se résume le film. Les personnages n’ont pas vraiment le temps de nous convaincre que déjà la boucherie commence avec une pseudo enquête bien molle. Des meurtres en série, bien mit en scène contrairement aux séquences explosives maladroites, intéressants de par le côté sanglant mais inconsistant niveau histoire. Le suspense ne se sent pas vraiment, et difficile de se sentir concerné quand même leur chef semble indifférent au sort des siens. Trop peu de scènes retiennent notre attention, et un effet Game of Thrones pèse sur le film, nous lassant de voir ainsi tous les personnages importants crever de façon minable. On aurait même presque tendance à s’ennuyer. Heureusement, la fin donne un dernier coup de fouet salvateur, mais globalement ce défilé de gros bras sanguinaires est assez quelconque.

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Garden Man

Oh qu’il est difficile d’intéresser les enfants au jardinage. Pour les motiver à planter des graines dans le sol, voici l’histoire que j’ai tenté de leur raconté. Malheureusement, l’effet ne fut pas concluant. Taux de réussite > 30%.

Garden Man

Hubert Marcheciel n’est pas ce qu’on appelle un intellectuel, il n’est pas grand, il n’est pas fort, pas non plus spécialement habile de ses mains, mais il a une force sans commune mesure : son esprit. Quand il contemple un coucher de Soleil, ce n’est pas le raccourcissement des ondes émises par le Soleil aboutissant à un ciel si singulier qu’il regarde, non, lui regarde au loin, plus loin que le plus performant télescope au monde : il voit cet homme sur une planète insondable, essuyant des rafales ennemies et échafaudant un plan pour renverser la reine tyrannique du royaume de cristal. Il vit parmi nous, mais son esprit vagabonde souvent ailleurs, se rêvant d’une vie aventureuse aux bras d’une jeune femme à la chevelure éclatante, presque infinie et aux boucles parfaites, une femme forte qui saurait s’occuper de lui, mais c’était bien là un rêve des plus inaccessibles tant le pauvre Hubert est paralysé à l’idée d’aborder une femme, de peur que cette dernière soit déjà promise à un autre homme, une hantise qu’il ne dépasse pour ainsi dire jamais.
Qu’importe, la solitude n’est pas un si lourd fardeau pour lui, prompt à réquisitionner ses amis pour des soirées dynamiques où le jeu de cartes de l’ascenseur-belote est une valeur des plus sûres. Et si certains pourraient le prendre en pitié, ils se méprennent : c’est un homme heureux, fier de son métier. En effet, il est jardinier. Plus encore, il peut être considéré comme un véritable architecte, un décorateur de génie qui embellit votre vie. Dans la petite ville de Saint-Ronald-des-Monts, il se trouve un parc, de belle taille qui plus est, entièrement gazonné et où l’herbe est fraîche, entretenue avec le même soin qu’un green. Les arbres y sont majestueux, chaque buisson est une œuvre d’art représentant la grâce d’un animal, et une rivière d’une pureté arrogante traverse le parc de part en part, les rives se rejoignant par trois ponts sculptés en bois d’osier, un ravissement extraordinaire qui a valu de nombreux prix à la ville. Et cette fierté n’est l’œuvre de nul autre qu’Hubert Marcheciel. D’ailleurs, le parc fut nommé en son honneur : Le chemin des cieux.
Les gens font le tour du monde pour avoir l’immense privilège de flâner dans ce parc, et Hubert est quelqu’un de très convoité professionnellement, mais malgré son modeste salaire rien ne le fera renoncer à Saint-Ronald-des-Monts, rien si ce n’est un amour plus fort que celui qui l’anime à chaque fois qu’il se rend sur son lieu de travail, ou son petit « atelier d’art » comme il aime l’appeler. Mais s’il y a une chose qu’il affectionne par dessus tout, c’est son petit coin de paradis, caché par une végétation dense au sein même du parc, au bord de la rivière cristalline où il va s’asseoir sur son banc, ancré dans un sublime kiosque jonché de fleurs. Bien sûr, avec les premières années de folie avec l’engouement autour de sa création, ce petit lieu était constamment pris d’assaut, mais depuis quelques mois l’endroit avait retrouvé sa sérénité d’antan. Ou du moins le croyait t-il.

Il s’en souvient très bien, ce jour là allait marquer un changement majeur dans sa vie, le bouleversement sans précédent, un événement qui serait ancré définitivement dans l’histoire. C’était une douce matinée d’automne, période calme qu’on pourrait presque qualifier de jachère. D’un pas tremblant dénotant de son éternelle fragilité, il se rendait comme à son habitude à son lieu de repos, mais il croisa ce jour là une vieille dame, ce qui ne manqua pas de l’irriter, pestant contre le principe de retraite qui accorde un tel temps libre aux personnes âgées qui, de par le fait, venaient empiéter sur son territoire. Tellement enragé de ne pouvoir jouir de sa liberté, il rebroussa chemin. Mais le lendemain, rebelote, la vieille dame était là. Le surlendemain également, une présence irrévocable. Lassé d’attendre un créneau qui tardait à arriver, il décida en ce jour mémorable du 13 octobre 2018 de partager son banc avec elle. Et à la seconde où elle l’aperçu, elle eut comme un sursaut dans la voix, un soubresaut dans la gorge, puis très vite son œil s’humidifia et une délicate larme s’écoula sur sa joue. Presque en état de choc, notre pauvre jardinier était plus qu’intrigué, comme ayant le pressentiment qu’elle allait lui dire une information qui allait bouleverser le reste de sa vie, et il ne pouvait voir plus juste.

Réussissant non sans un certain effort à contenir ses émotions, elle articula péniblement
– Oh, Hubert, comme tu m’as manqué ! C’est moi, Jen… ny. Non, suis-je bête, tu ne me connais pas encore. J’espère que tu comprendras tes propres paroles qui scelleront l’avenir de l’humanité : « François Manard a la clef qui mène à Ummo ».
Abasourdi par cette déclaration, il n’eut le temps de comprendre ce qu’il lui arrivait que Jenny disparu sous ses yeux, se volatilisant sans crier gare tel un troublant tour de magie où l’artifice semble impossible à percer. Qui était-elle ? Comment le connaissait-elle ? Mais plus important encore, sa dernière phrase et son contexte résonnèrent dans sa tête des jours durant, puis il se décida à prendre les choses en main et d’aller voir personnellement ce fameux François, connaissance de longue date qui venait tout juste de finir un doctorat en physique biomoléculaire et qui enseignait désormais non loin d’ici, dans l’université de Genève. Lui rendre visite était déjà une sacrée aventure en soit puisqu’Hubert devait pour ce faire aller chercher sa voiture, qu’il avait laissé dans un garage pour changer l’ampoule avant gauche il y a de ça trois ans, récupérer son permis de conduire qui était resté dans son ancien portefeuille qu’il avait prêté à un ami encapuchonné un soir dans le bus, et peut être, qui sait, réviser ses leçons de conduite. Il est vrai que la dernière fois où il a touché à un volant remonte à quasiment cinq ans, soit le jour de son examen où, voulant aider le pauvre examinateur quelque peu blessé à la tête suite à un de ces malencontreux carambolage dont Hubert a le secret, il avait lui-même rempli sa feuille d’examen, favorablement s’entend bien.
Une aventure qui sembla prendre fin dès la première étape quand le garagiste lui présenta la facture, le mettant dans une telle rage que, frappant la table du poing, il souhaita lui laisser sa voiture, mais faisant preuve d’un éclair de génie, il fit un chèque de bonne foi, astucieusement daté de plusieurs années dans le futur, rendant normalement son encaissement impossible avant ladite date. C’était en revanche sans compter sur l’absence totale de professionnalisme de la petite Jenny Studerbäckerstein, employée à la banque de Saint-Ronald-des-Monts, qui valida le jour même la transaction, vidant presque la totalité du compte d’Hubert. Mais pendant ce temps, il travaillait déjà à récupérer son ancien portefeuille avec normalement son permis, une mission étrangement facile. En effet, chose qu’il avait oubliée, ce dernier le lui avait déjà rapporté d’après ses propres dires et que s’il lui confiait son nouveau, il en aurait la preuve. Homme étourdi, Hubert n’a malheureusement, par la suite, jamais retrouvé l’objet en question, et serésolut à voyager sans, espérant ne pas avoir à expliquer sa situation aux forces de l’ordre. Et voilà, après une bonne partie de Need for Speed, Hubert était prêt à prendre la route.

Après huit bonnes heures de route, en effet, quasiment douze kilomètres le séparait de l’université de son ami, il arriva à destination. Là encore, il lui fallut près de cinq heures pour trouver la salle de son ami. Peut-être aurait-il dû attendre le lendemain pour partir, peu d’universités étant ouvertes à trois heures du matin. Mais voilà, c’était chose faite : il se trouvait nez-à-nez avec son vieil ami François.
– Salut François, comment ça va ?
– Holà, mais n’est-ce point ce bon vieux Hubert ? Une sacrée paye que je ne t’avais pas vu, quel bon vent t’amène ?
– Eh bien figures-toi que j’ai reçu une visite étrange : une vieille dame qui semblait me connaître m’a parlé de toi et d’une clef pour un certain Ummo.
– Ummo dis-tu ? Serait-ce possible ? Ne sais-tu dont rien en dehors de tes plantes ?
Pourquoi François, tu m’intrigue, parle !
– L’un de mes éminents collègues, Jean-Pierre Petit, a fait une découverte de taille : située à douze années-lumière, une planète baptisée Ummo serait peuplée par une race alien supérieure, capable de voyager dans l’antimatière et à une vitesse 20 fois plus grande que celle de la lumière !
– Mais comment est-ce possible que je n’en ai pas entendu parler ?
– Le gouvernement bien sûr : ils censurent tout, discréditent notre travail et nous tournent en ridicule, mais la vérité est là. Comment crois-tu que les pyramides ont pu voir le jour ? Comment les Atlantes ont pu disparaître de la surface du globe si ce n’est qu’il s’agissait de visiteurs venus d’une autre galaxie ?
Tombant des nues, Hubert fit alors le point sur sa vie, la potentielle importance galactique de sa mission, et il se remit à penser avec émotion de cette maladroite employée de banque de Saint-Ronald-des-Monts, cette singulière Jenny Studerbäckerstein dont il avait le pressentiment qu’elle hanterait à jamais ses rêves. François reprit alors.
– Et tu me parlais d’une clef, c’est cela même Hubert ?
– Absolument, liée à Ummo.
– C’est trop gros pour être une coïncidence, regarde par toi-même.
François tendit alors une étrange boîte métallique à Hubert, ornée d’une inscription qui semblait venir d’un autre monde. Intrigué, il lui demanda son origine et sa nature. Il lui répondit simplement que c’était là une découverte faite sur la face cachée de la Lune, et qu’il n’avait qu’à l’ouvrir et que tout lui semblera alors clair. Les mains tremblantes, le front luisant et le regard apeuré, il se décida à ouvrir la boîte, et qu’elle ne fut pas sa surprise lorsqu’il s’aperçut qu’elle contenait des graines. François lui expliqua alors que malgré toutes ses tentatives, jamais une seule graine n’a germé, mais peut-être que le savoir-fairemondialement reconnu d’Hubert Marcheciel pourrait venir à bout de ce mystère…

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Libre et assoupi

Libre et assoupi
2014
Benjamin Guedj

Campagne publicitaire inexistante, titre et affiche peu engageantes, œuvre littéraire ayant servi de base inconnue (Libre, seul et assoupi de Romain Monnery), acteur principal pas vraiment habitué au cinéma, et surtout histoire qui laissait supposer un résultat plutôt chiant, le film nous proposant de suivre un homme qui a décidé de ne rien de faire de sa vie. Et pourtant, le film s’inscrit comme l’une des meilleures comédies de l’année.

Il a 29 ans, possède trois masters, deux doctorats, mais n’a jamais travaillé de sa vie. Sébastien (Baptiste Lecaplain) a en effet une vision singulière des choses : la meilleure occupation du monde est selon lui de ne rien faire. Glander, s’ennuyer, attendre, dormir. C’est bien là ses seuls plaisirs dans la vie, mais poussé par ses parents, il n’eu de choix que de déménager pour s’installer avec Anna (Charlotte Le Bon), une vieille amie de fac, et Bruno (Félix Moati), déjà colocataire. Pour assumer sa part du loyer, il aurait dû se ranger lui aussi dans la vie professionnelle, mais grâce à un généreux responsable des versements du RSA (Denis Podalydès), sa vie de flemmard va pouvoir continuer pénard.

La présentation d’introduction ne laisse aucune place au doute : le film est très drôle. Imaginatif, percutant, intelligent et incroyablement bien écrit, un exploit vu les précédents étrons pondus par le réalisateur qui signe habituellement les scénarios et dialogues de ses films. Des explications claires, d’une logique implacable et qui fait réfléchir : voilà ce que représente l’art de vivre de Sébastien, incarné par un Baptiste Lecaplain surprenant qui arrive à rendre extrêmement sympathique et cohérent son personnage. Les autres acteurs, sans arriver totalement à son niveau, ne détonnent pas, et l’ambiance est vraiment très réussie. Tout s’enchaîne à la perfection, alors même que le film est une succession de séquences parfois très drôles, parfois lourdes (dans le sens important) voir dramatique, notamment par le biais d’une scène avec Anna où elle se livre. Une fois n’est pas coutume, on a vraiment là un sujet novateur, pleinement dans l’air du temps (pas forcément une bonne chose pour la postérité, mais bon… ) et surtout extrêmement efficace. Belle surprise qui prouve définitivement que la France est devenue le meilleur pays au monde en terme de comédie, il est vrai que leur principal concurrent s’étant noyé dans leurs déjections.

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Nos pires voisins

Nos pires voisins
2014
Nicholas Stoller

Après avoir été l’une des comédies phares de l’été aux Etats-Unis, le film s’est ensuite transformé en succès planétaire, culminant à plus de 270 M$ dans le monde grâce notamment à de sacrées performances dans les pays anglophones et en Allemagne. Une comédie qui se voulait comme une bonne grosse joute entre voisins, mais le résultat compte parmi les pires films du genre jamais vu.

Quand on voit que certaines personnes deviennent parents, il y a de quoi avoir peur. Aussi décérébrés l’un que l’autre, Mac (Seth Rogen) et Kelly (Rose Byrne) viennent d’emménager dans un beau quartier pour y élever leur fille, mais là, c’est le drame : une confrérie vient elle aussi d’emménager à côté. Ils auraient dû sympathiser avec leur responsable Teddy (Zac Efron), mais au lieu de ça, dès le lendemain, pour ne pas avoir l’air « pas cool » en allant leur demander de baisser le son, ils vont appeler la police, déclenchant toute une série de représailles.

C’est impressionnant : dès que cette montagne de graisse de Seth Rogen apparaît dans un film, on peut être sûr que la vulgarité prendra une tournure inédite, et ce film – chose quasi impensable – arrive à s’aligner sur le niveau de décadence de C’est la fin. D’emblée on commence par des scènes pornographiques, puis on enchaîne sur une discussion honteuse sur le fait d’être branché, début de notre fulgurante mais pourtant interminable agonie. Que les acteurs soient atrocement mauvais (avec Dave Franco, Christopher Mintz-Plasse et Lisa Kudrow participants à cette boucherie), c’est une chose, mais qu’ils nous infligent des dialogues pareils, c’est juste ignoble. C’est invraisemblable : 99% des minables gags/discussions du film se passent en dessous de la ceinture. Difficile de ne pas avoir envie de vomir en voyant une femme avec une prothèse dégueulasse se faire traire, ou quand on assiste à une sorte de Human Centiped vivant. Pire encore, cette déviance affecte aussi le lamentable scénario du film par le biais d’ignominies comme la « vente de saucisses » qui se révèle être, comme c’est pratique, la meilleure affaire du siècle. Autre chose aussi d’alarmant : la bisexualité généralisée. Pas une seule personne hétéro de tout le film avec encore une fois des passages à l’acte explicites et intégralement montrés. Sodome et Gomore ont été brûlées pour moins que ça… Pas un rire, pas un sourire, juste du dégoût. Les comédies américaines ont prit un tournant tellement trash ces dernières années que presque plus aucun de leurs films n’est soutenable. La déchéance à son paroxysme.

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Brick Mansions

Brick Mansions
2014
Camille Delamarre

Malgré le fait qu’aucun des deux Banlieue 13 n’ait été rentable et que les critiques étaient plutôt mauvaises (bien que l’invention de la discipline acrobatique du « Parkour » fut saluée), voilà qu’un remake américain a vu le jour. Dernier film achevé par Paul Walker, il n’a malheureusement pas fait salle comble, et il aurait été un quasi bide sans le succès colossal qu’il a connu en Chine (presque 30 M$, pour un cumul de 72 M$).

Après Robocop, Détroit se retrouve à nouveau pointé du doigt côté violence, tablant même sur une séparation militaire entre la banlieue difficile, appelée « Brick Mansions », et le reste de la ville d’ici à 2018. Lui même habitant de cette zone sinistrée, Lino (David Belle) essaye de lutter à son échelle contre Tremaine (RZA), figure locale de la drogue, mais la situation semble irrémédiablement s’empirer. Flic spécialisé dans l’infiltration, Damien (Paul Walker) va devoir coopérer avec Lino pour s’introduire dans les locaux de Tremaine, ce dernier ayant dérobé une bombe très dangereuse qui s’est malencontreusement activée, et Damien doit la désamorcer.

Le film commence extrêmement bien : un générique original qui fait preuve d’un grand travail de réalisation, suivit d’emblée par une grosse séquence d’acrobaties sur les toits des immeubles. Un résultat dynamique et très classe, magnifiquement chorégraphié et doté d’une bande-son qui pulse. Tout s’enchaîne très vite et les idées de mise-en-scène se multiplient pour une dose d’action optimale. En revanche, dès qu’on entre dans le cœur de l’intrigue, le masque tombe : c’est affligeant. Vu, revu et re-revu. Une avalanche de clichés pour une banale affaire de police qui veut interférer, et bien qu’un élément vienne secouer un peu ce prémisse, le bilan est lourd. Et cette indigestion scénaristique frappe ensuite le principe même de la purge d’action ininterrompue, nous amenant à une overdose méritée tant le flux n’est pas maîtrisé. Mais donc l’intérêt revient sur la fin, retrouvant une part d’ingéniosité dans les pirouettes, mais dévoilant surtout l’unique ambition scénaristique du film. Du divertissement efficace majoritairement, mais le fond est carrément mauvais.

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Nebraska

Nebraska
2014
Alexander Payne

Voilà incontestablement le film le plus étrange et donc potentiellement original des derniers Oscars, où le film était nominé dans une demi-douzaine de catégories dont les plus prestigieuses. Ne possédant aucun acteur connu (mise à part vite fait Bob Odenkirk, le fameux Saul de Breaking Bad), le film est en plus en noir et blanc, un choix audacieux de nos jours, trop peut-être : pauvre en récompenses, le film ne récolta que 23 M$ dans le monde. Un destin peu surprenant malgré quelques qualités indéniables.

Le film raconte la déchéance d’un vieil homme du Nebraska, Woody Grant. Pauvre, alcoolique, mari dépressif et père indigne, il perd peu à peu la boule et devient complètement sénile. Un calvaire pour son entourage, surtout depuis quelques jours, s’étant mit dans la tête qu’il était devenu millionnaire et qu’il devait au plus vite aller chercher son chèque à quelques 1500 bornes de là, tout ça parce qu’il a reçu une pub bidon qui demande de s’inscrire à des magasines pour récupérer son prix. Un naufrage que son jeune fils va décider d’accompagner en l’emmenant jusqu’à destination, l’occasion de retourner dans sa ville d’enfance qui se trouve sur le chemin.

En théorie, l’idée du film est ennuyeuse. En pratique aussi. Néanmoins, le film arrive à contrebalancer le vide abyssal de son histoire par des personnages forts et attachants, notamment le jeune fils d’une dévotion et d’une compréhension touchantes, surtout avec cette fin sublime, symboliquement très forte. On alterne efficacement entre des moments très drôles d’absurdité totale et des séquences chargées en émotion, décrivant la détresse humaine dans la campagne profonde américaine, haut lieu de perdition. En revanche, le rythme est passablement atroce, perdant régulièrement le spectateur dans des scènes de figuration pas très utiles et surtout assommantes. La réalisation n’aide pas non plus, le choix stylistique bicolore étant passablement raté, rendant régulièrement l’image illisible faute de lumière. On ne décroche heureusement jamais vraiment, le talent des acteurs n’y étant assurément pas étranger, mais malgré quelques fulgurances et un beau message, le film n’est certainement pas une œuvre bouleversante. Un film atypique et réussi à bien des égares, mais qui ne fera pas date.

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Dallas Buyers Club

Dallas Buyers Club
2014
Jean-Marc Vallée

Projet vieux de plus de 20 ans, ce film qui n’a pourtant coûté que cinq petits millions de dollars a eu tout le mal du monde à voir le jour, peut être à cause de pressions gouvernementales, l’état étant probablement peu enclin à reconnaître sa corruption et son implication dans un traitement mortel administré à grande échelle malgré les contre-indications médicales. Film engagé donc, qui ne manqua pas de faire parler de lui pour la prestation de ses acteurs, largement récompensés dans presque tous les festivals, incluant les deux prix d’interprétation masculine aux Oscars.

Le film retrace le combat de Ron Woodroof (Matthew McConaughey), texan pur hétéro amateur de coke, bière, rodéos et puttes, qui va un jour tomber des nues quand il va apprendre qu’il a contracté la maladie des pédales : le sida. D’abord incrédule face à ce mal qu’il pensait exclusifs à ces grosses folles qui lui donnent envie de vomir, il va décider de se battre en se procurant un traitement expérimental : l’AZT. Un traitement qui permet de regagner des lymphocytes détruits par la maladie, mais au prix de son système immunitaire, rendant le premier rhume venu mortel. Une merde délivrée par l’état qui donne à peu près un mois d’espérance de vie, mais lui va trouver au Mexique un traitement vitaminée annihilant presque tous les effets de la maladie. Conscient du potentiel commercial de cette formule, certes illégale, et du nombre de vies qu’il pourrait significativement prolonger, il va décider avec son ami trans Rayon (Jared Leto) de monter le Dallas Buyers Club, centre d’aide pour les malades du sida.

Il aura fallut attendre un hétéro pour que ce mal qui touchait principalement les homos trouve un digne représentant pour s’y opposer et tenter d’en endiguer les effets. Bien sûr, s’il n’a fondamentalement pas révolutionné à lui seul la lutte contre la maladie (le traitement qu’il a proposé était connu, il s’agissait uniquement d’un embargo de la part de l’industrie pharmaceutique qui avait un pacte avec le gouvernement pour refiler son AZT), il a en revanche grandement fait avancer les choses aux Etats-Unis où son action a permit l’accélération de ce processus inévitable. Une histoire intéressante de par le personnage de Ron, effectivement formidablement interprété et dont l’évolution est particulièrement réussie. Son collègue de travail est lui aussi bluffant en terme de jeu, mais son personnage est une telle abomination qu’on a du mal à le prendre en sympathie, contrairement à Jennifer Garner qui campe une doctoresse qui se retrouve prise au piège d’une juridiction qu’elle méprise. Mieux encore, le rythme du film est maîtrisé et les événement s’enchaînent bien. Un très bon film donc, qui malgré une histoire qui pouvait laisser craindre le pire, nous emporte avec une large adhésion.

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L’Appât

L’Appât
1953
Anthony Mann

Petit succès de la belle époque de James Stewart, le film se voulait comme une petite révolution dans le milieu surexploité des westerns, y incorporant le style polar habituel du réalisateur. Un film qui se voulait comme psychologique, brutal et dénotant de la faiblesse de l’homme face à l’immensité et la violence de la nature. Au moins tout ça…

Tout ce qu’il y a de plus classique, le film est un « revenge-movie » où le héros, Howard Kemp (James Stewart), traque une vieille connaissance qui a commit quelques crimes et, voulant profiter de la récompense de 5000 $ promise à qui le ramènerai, joindra l’utile à l’agréable. Un avis de recherche « mort ou vif » où il pensait choisir la première option, mais une fois débusqué grâce à deux compagnon de route, il va découvrir qu’une femme accompagne sa cible, et ne voulant la choquer, il va choisir de l’escorter jusqu’à son peloton d’exécution. Une aubaine pour le condamné à mort, qui se voit déjà semer la zizanie dans le groupe pour s’offrir une chance de s’échapper, d’autant plus avec son amie qui ne laisse pas l’assemblée indifférente.

Malgré tout le talent de son interprète, on aura rarement vu un héros aussi faible. Il n’a jamais le courage de prendre les décisions qu’il faut, se montre incapable de gérer la responsabilité de plusieurs hommes, peine à escalader une falaise alors que son sous-fifre y arrive sans forcer, vise très mal et se bat comme une lavette. Il est aussi facilement manipulable et craque dès la première femme venue, même si cette dernière est particulièrement androgyne. Mais il reste malgré tout le personnage le plus intéressant du film, les autres étant tous de froids calculateurs passablement corrompus. L’histoire n’a rien de bien passionnante, et le pseudo suspense sur le moment où le prisonnier tentera de s’évader ne fait que moyennement tenir en haleine. Heureusement, même si les gros plans sont horriblement cadrés, la réalisation permet de rehausser le niveau en montrant toute la splendeur des décors, bien que le thème de la force de la nature soit raté de par la nullité extrême des personnages qu’une simple bourrasque pourrait désintégrer. Le rythme relativement maîtrisé et les quelques enjeux de chacun permettent de ne pas sombrer totalement, mais le travail reste très fainéant.

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