21 & Over

21 & Over
2013
Jon Lucas, Scott Moore

Fraîchement débarqué directement en DVD en France plus d’un an après sa sortie dans les salles américaines, le film vient faire écho au succès colossal de Projet X, délire jubilatoire sur une fête qui prend des propensions dantesques. C’est du moins ce que mettait en avant la campagne de marketing, reprenant en plus pour l’un des trois rôles principaux Miles Teller, justement présent dans le fameux projet. Mais même si on reprend effectivement la thématique de jeunes faisant la fête, les films n’ont pas grand chose à voir.

La majorité aux Etats-Unis, c’est 21 ans. Une véritable aberration tant l’alcool fait parti intégrante des fêtes lycéennes, et encore plus à la fac où pourtant bon nombre d’étudiants n’ont donc pas l’âge requis. Mais alors quand arrive l’heure, toute la frustration de l’illégalité se libère pour le meilleur comme pour le pire. Futur étudiant en médecine peu habitué des soirées arrosées, Jeff Chang qui fêtait justement ses 21 ans ce soir là a reçu la visite de ses anciens meilleurs potes du secondaire. Il doit passer un entretien de la plus haute importance le lendemain matin, mais qu’importe, il se laissera entraîner et saouler pour une soirée mémorable. Mais seulement voilà, au beau milieu de la nuit, ses deux complices portant son corps imbibé et inconscient vont se rendre compte d’une chose de taille : ils ne se rappellent plus où habite leur copain. Le début des emmerdes…

Un pervers bien con qui n’a jamais fait d’études, un juif super intelligent et riche, et un asiate peu extraverti mais qui cache en fait bien son jeu. Bref, trois clichés ambulants qui partant pour se mettre minable dans un style non sans rappeler les pseudos American Pie sortis en DVD. Rien de très ragoûtant à première vu, même si l’ambiance nous emporte un peu. Au moins, on se réjouira qu’en dehors de l’alcool, les autres drogues soient assez discrètes, et que la nudité soit elle aussi peu présente. Heureusement, on ne tombera jamais dans les sous-production du genre, même si la réalisation nous rassure d’emblée à ce niveau là tant beaucoup d’effort y ont été consentis. On trouvera même quelques pistes intéressantes, comme la tour des épreuves ou la découverte de la vraie vie de Chang, mais il est vrai que globalement le film n’innove en rien et que côté humoristique on soit au raz des pâquerettes trop souvent. Un petit moment de détente sympathique malgré tout, mais pas très passionnant.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Harry Potter

Et huit critiques pour le prix d’une ! Une saga certes visionnée et critiquée il y a de ça trois ans, mais une revisite peut parfois être utile, ne serait-ce pour approfondir le point de vu et mettre en avant des arguments plus probants grâce aux années d’expérience supplémentaire. Voici donc sans plus attendre l’intégralité des analyses de la saga remises au goût du jour :

Harry Potter à l’école des sorciers
Harry Potter et la chambre des secrets
Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban
Harry Potter et la Coupe de Feu
Harry Potter et l’Ordre du Phénix
Harry Potter et le Prince de sang mêlé
Harry Potter et les reliques de la mort – partie 1
Harry Potter et les reliques de la mort – partie 2

Rappelons au passage qu’en plus de jouir d’une popularité sans précédents (7,7 milliards récoltés sur la seule sortie ciné), la saga a aussi connu un immense succès critique (des notes comprises entre 7,3 et 8,1 sur IMDb et entre 78 et 96% de satisfaction sur rottentomatoes). Et comme il serait dommage de ne pas prolonger une telle réussite, l’univers s’étendra bientôt avec la trilogie des Créatures Fantastiques, un film centré sur le Quidditch et même une potentielle suite des aventures de Harry Potter. Un préquel sur la scolarité de James, Sirius, Lupin, Lily, Rogue et bien d’autres personnalités de l’époque pourrait aussi voir le jour, ce qui serait assurément un captivant projet. Preuve s’il en fallait que l’univers est vaste et les possibilités infinies, et on a hâte de voir ce que tout ça pourrait donner.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Harcelés

Harcelés
2008
Neil LaBute

La plupart des gens ne voient jamais leurs voisins, certains boycottent même les réunions de quartier / d’immeuble, mais d’autres nouent une vraie relation d’amitié. Et dans d’autres cas plus rares, on préférerai l’indifférence tant l’envie de s’entre-tuer est grande. C’est exactement ce qu’il va arriver à Chris (Patrick Wilson) et Lisa (Kerry Washington), jeune couple fraîchement marié et installé dans une grande maison d’un quartier chic de Hollywood. Un cadre idyllique pour commencer une nouvelle vie, à un détail près : leur voisin, Abel (Samuel L. Jackson). Nuisances sonores, visuelles et divers incidents semblent être de son fait, mais seulement voilà, toute riposte est impossible : le fameux Abel est un policier, soutenu par l’ensemble des effectifs locaux. Quelques erreurs d’interprétation, des problèmes de communication, une situation qui s’envenime et c’est une guerre qui se déclare.

Ah ouais, tu veux jouer à ça ? Tu va voir qui est le plus con et le plus raciste ! Une bataille entre voisins, une succession de coups bas et de sabotages : un programme d’autant plus alléchant avec l’immunité de l’un des deux partis. Le principe marche en effet très bien, surtout avec un casting pas si mauvais, du moins au début. À force on fini par laisser tomber les coups tordus pour se donner en spectacle avec des menaces, des insultes. Alors que le potentiel comique était énorme, le film bascule dans un drame psychotique entre deux hommes qui doivent faire face à de nombreux problèmes personnels et qui trouvent là l’occasion d’expulser toute leur colère. On perd ainsi le fil conducteur pour se focaliser sur la violence au détriment du scénario. Un angle certes intéressant, mais pas forcément le plus perspicace. Du coup, si le film reste plutôt bon, on regrette un peu ce qu’il aurait pu être.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Mille millièmes, fantaisie immobilière

Mille millièmes, fantaisie immobilière
2002
Rémy Waterhouse

Dans ce film typiquement français respectant la règle du non scénario (c’est-à-dire qu’on suit simplement une tranche de vie sans raison, ni but, ni début, ni fin), on s’intéressera à une chose passée de mode ou qui n’atteint du moins jamais un tel niveau : la réunion de copropriété. Toutes les semaines, que dis-je, tous les jours, les habitants d’un immeuble parisien se rassemblent pour débattre des problèmes de chacun. Si certains ne se sentent pas vraiment concernés par tout ça (Patrick Chesnais, Guillaume Canet), d’autres nourrissent de grands espoirs dans ces réunions, comme Mr. Bertil (Jean-Pierre Darroussin), pour qui le vote général est primordial pour pouvoir réunir son appartement et celui de sa nouvelle femme, habitant un logement pile au dessus et qu’il rêve de transformer en duplex. Mais faire adopter un décret n’est pas aisé…

Des réunions de copropriété qui prennent une place aussi importante dans la vie de gens, ça n’existe pas, donc difficile de se sentir concerné. Et puis avec des vies aussi monotones que banales, difficile de rêver aussi. Il y a bien quelques situations cocasses, un brin de comique de répétition efficace, mais tout cela est noyé dans un océan de paresse qui démontre inlassablement la faiblesse de l’histoire, ou tout du moins des situations censées faire office de scénario. Le casting n’est clairement pas suffisant pour espérer convaincre à lui seul, et rien dans le ton ou l’image ne viendra apporter un soupçon d’originalité. Et avec une fin aussi lamentablement balancée, on se sent immanquablement lésé. Ennui quand tu nous tiens !

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Under the Skin

Under the Skin
2014
Jonathan Glazer

En voilà un film qui a su faire parler de lui. Annoncé comme un ambitieux projet du cinéma indépendant, le film avait presque uniquement fait parlé de lui pour une unique raison : la présence à l’écran de Scarlett Johansson en tenue d’Eve, soit l’un des fantasmes les plus absolus de la gente masculine. Mais quand les premiers échos tonitruants de la presse retentirent, ce fut le monde entier des cinéphiles qui retrouva sa curiosité attisée.

Officiellement, le film raconte l’histoire de Laura (Scarlett Johansson), une extraterrestre qui vient tout juste d’entrer en possession d’un corps humain. Elle va alors se servir de sa nouvelle apparence corporelle pour attirer dans sa toile une foultitude d’hommes dans le but de leur récupérer la peau pour que ses congénères de l’espace s’y glissent, remplaçant ainsi peu à peu la population. Une mission des plus aisées tant son corps semble être l’objet de toutes les convoitises. Les émotions humaines vont alors commencer à lui parvenir et changer sa vision des choses.

Cause toujours tu m’intéresse. Si il y avait effectivement un scénariste dans le film et qu’il avait pensé à tant de choses, il est dommage qu’il  n’ait pas cherché à les y incorporer. On dit souvent que l’interprétation est subjective, mais à ce point jamais. C’est bien simple, rien n’indique une quelconque origine extraterrestre (une courte séquence de générique esthétique sur l’espace n’est pas suffisant), on pourrait très bien imaginer un monstre de laboratoire à la place, ou tout simplement une nymphomane psychotique dont la vision du monde est passablement déformée. Cette dernière optique aurait d’ailleurs plus de sens, mais qu’importe. Chacun voit midi à sa porte, mais l’idée de se glisser dans une peau est de toute façon absurde, comme ceux qui pensent à une propagande féministe sur la « femme objet » alors que l’inverse est tout autant vrai. Et si on pourrait polémiquer longuement sur ce qu’est ou non le film, rien n’enlève le fait qu’on s’ennui. L’appartenance à 2001 : l’odyssée de l’espace apparaît comme une évidence : outre l’aspect psychédélique rappelant la scène finale absurde de ce grand classique, on retrouve ces interminables plans et ce rythme atroce qui ont la prétention de vouloir montrer plus que ce qu’il y a. Si les efforts artistiques sont indéniables (surtout lors des rituels), que l’actrice principale se donne vraiment du mal, on est quand même éreinté par le vide scénaristique et la mollesse de son déroulement. Les défenseurs du film se bercent d’illusions, mais grand bien leur fasse de ne pas avoir souffert de la vision logique du film.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Fruitvale Station

Fruitvale Station
2014
Ryan Coogler

Alerte, piège à con ! Il est vrai que chaque année le festival de Sundance nous réserve de belles surprises parmi le cinéma d’auteur américain, de même dans une moindre mesure celui Deauville, alors quand on voit un film qui en ressort avec le premier prix, la curiosité est piquée au vif. Succès surprise aux Etats-Unis, le film y avait obtenu une sortie nationale en un temps record, obtenant au final 16 M$, très rare pour ce genre de productions. Bref, une perle annoncée, en plus tirée d’une histoire vraie. Mais malheureusement, la réalité politique et manipulatrice du film contrastent de façon incompréhensible.

Dans la nuit du jour de l’an au passage en 2009, il y eu une altercation entre des jeunes et les forces de polices. Le film revient sur la vie du principal concerné, Oscar Grant (Michael B. Jordan), un afro américain de 22 ans, jeune père qui avait passé un peu de temps en prison deux ans auparavant pour trafic de drogue. Il essayait alors de reconstruire sa vie, se focalisant sur sa famille, et peut être sortir de son chômage.

Foutage de gueule. Non de dieu, c’est tiré d’une histoire vraie ? Énorme, il va forcément se passer quelque chose de fou ! Alors on attend, bassiné par l’histoire d’un ex dealer de merde qui trompe sa femme, est un père exécrable, et vit aux crochets de la société sans l’ombre d’un remord. Incapable même de sauver un pauvre chien froidement abattu par un connard qui ne sera même pas inquiété par une quelconque forme de justice (gageons qu’il brûle en enfer). Voilà, c’est une ancienne petite frappe aujourd’hui insignifiante, et le voir rendre visite à sa famille, discuter et traîner est un véritable supplice. Les minutes passent et toujours rien à l’horizon, et il faudra attendre une heure entière pour que « l’événement » survienne (insupportable pour un film d’à peine 1h25), tout ça pour un banal cas de racisme et d’excès de zèle. Les acteurs ne sont pas bons, la réalisation est affreuse, le rythme aberrant et l’histoire est donc d’une médiocrité absolue, dénuée de toute forme d’émotion, à supposer qu’on en ait quelque chose à foutre. Lamentable…

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Avis de mistral

Avis de mistral
2014
Rose Bosch

Alors que l’été bat son plein et que l’humeur est au beau fixe, l’envie d’évasion cinématographique est sans doute moins forte, mais son effet n’en est que multiplié. Sorti en avril dernier dans un certain anonymat, le film fait parti de ses trop rares productions à l’ancienne, le style provençal qui n’est que de la détente, un été ensoleillé dans la veine de La Gloire de mon Père.

On posera donc nos sacs dans la campagne environnante de Marseille pour les quelques semaines des grandes vacances scolaires chez Paul (Jean Reno), qui reçoit pour la toute première fois ses trois petits-enfants, qu’il n’avait que peu vu, étant brouillé avec sa fille depuis une vingtaine d’années. Pas très au fait du style « moderne » des jeunes de nos jours, la cohabitation ne se fera pas sans heurt, mais la magie du midi possède bien des vertus fédératrices, et ce séjour pourrait bien être bénéfique pour tous.

Difficile de résister au charme de la garrigue, de ses oliviers et de l’architecture chaleureuse des maisons campagnardes. Les cigales chantent, le soleil brille, le pastis coule à flot et les filles sont affriolantes (mention spéciale à Aure Atika, très désirable). Un cadre enchanteur qui balaye peu à peu les à priori sur le film, car il faut bien reconnaître que le premier contact est rude. Des trois enfants, aucun n’attise la sympathie de prime à bord : l’handicapé qui joue la carte de l’attendrissement est un procédé racoleur d’apparence abjecte, la fille est certes mignonne, mais est surtout une peste finie qui se contrefout des règles élémentaires de savoir-vivre, et son grand frère insipide ne fait pas preuve d’une meilleure éducation. Pire encore, les acteurs les incarnant sont très mauvais. Heureusement, on peut s’appuyer sur la figure paternelle de l’immense Jean Reno, mais on l’a connu plus en forme. Le scénario est quant à lui inexistant, n’étant qu’une découverte du midi. Heureusement, la réalisation met parfaitement en valeur les décors, et l’ambiance est festive, chaleureuse et la vie s’écoule avec douceur. Un repos salvateur, même si le film est dans le fond assez mauvais, et on préférera le voir comme une belle balade agrémenté d’une BO d’exception.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

La Planète des singes : l’affrontement

La Planète des singes : l’affrontement
2014
Matt Reeves

Malgré une belle tentative de faire revivre la saga en 2001, pas grand monde ne croyait en un second reboot, malgré son approche novatrice puisque retraçant les événements de La Conquête (quatrième épisode) sans l’intervention du futur, mais prenant quelques libertés (exit le virus ayant tué les chiens et chats, l’évolution n’est ici pas naturelle mais est le fruit de travaux sur la régénérescence cellulaire du cerveau). Mais grâce à une qualité scénariste indéniable et un visuel impressionnant éclipsant les tentatives de maquillage passées, La Planète des singes : les origines fut un énorme succès (482 M$ dans le monde) et voilà la saga repartant de plus belle. Suite logique, l’action retracera la guerre qui a suivit, mais on s’éloignera forcément de La Bataille de la planète des singes, là encore à cause des interférences du futur.

C’était une question laissée en suspend, mais la réponse dépasse les pires craintes. Éveilleur de conscience prodigieux pour les sujets simiesques, la souche modifiée appelée ALZ113 est incompatible avec le système immunitaire humain, et le bilan fut désastreux. Le film se déroule dix ans après la révolte des singes, et seul 0,2% de la population mondiale a survécu au virus (soit une dizaine de millions d’immunisés miraculeusement). Les derniers survivants de San Francisco se sont regroupé sous la houlette d’un certain Dreyfus (Gary Oldman), mais sans électricité leur sort serait scellé, et l’essence qui alimente le générateur va manquer. Chargé de mener une opération de remise en route d’une centrale hydraulique, Malcom (Jason Clarke) va faire une rencontre surprenante : les singes enfuis de la ville il y a une décennie se sont regroupé et font preuve d’une intelligence presque supérieure à l’homme. Chef de ce nouvel ordre primate, César (Andy Serkis) va décider de venir en aide aux humains pour assurer la paix, mais certains dissidents pensent que l’homme est une menace qu’il faut exterminer.

On continu donc notre aventure à la « découverte » de ce qui a amené les singes à dominer le monde, et ainsi renommer la planète à leur nom. Un affrontement logique et imparable, un peu trop d’ailleurs. Difficile de feindre la surprise étant donné que la trame est connue, mais cela n’empêche pas de l’apprécier, malgré quelques incohérences, à moins que… En effet, ce qui est censé avoir considérablement réduit l’espèce humaine est la contre-offensive nucléaire en réponse à l’attaque des singes, et qui a conduit à rendre les derniers humains des villes transformés. Des réponses qui viendront surement pour le prochain opus déjà programmé pour juillet 2016. Le film se partage entre une première partie sur la découverte de ce monde post-apocalyptique et une seconde sur la bataille inévitable entre les espèces. Deux parties qui ont chacune leurs cartes à jouer, la première plus psychologique et intéressante, la deuxième brutale et divertissante. Ainsi, tout le monde y trouve son compte pour un spectacle grandiose, le budget passant en effet de 93 à 170 M$, soit l’une des plus grosses augmentations de l’histoire pour une suite. Les singes occupent désormais une place majeure dans le film, reléguant au second plan les préoccupations humaines dont les dignitaires ne déméritent pas, mais qui ne s’imposent pas autant que leurs homologues anciennement apparentés à des animaux, origine pas encore reniée entre une vie précaire et une civilisation balbutiante. La qualité est toujours là, le potentiel toujours aussi grand, mais on serait tenté d’attendre le prochain film avec appréhension, s’annonçant comme très similaire à celui-ci, reprenant surement les mêmes situations mais en plus grand. Et dans tout ça qu’est devenue la mission pour Mars ? Un rendez-vous qui sera attendu au tournant si la franchise compte aller aussi loin.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Les Trois frères, le retour

Les Trois frères, le retour
2014
Didier Bourdon, Bernard Campan, Pascal Légitimus

On attendait ça depuis 13 ans et un certain Les Rois Mages, amère déception tant le niveau était bas. Mais connaissant la force comique du trio des Inconnus, l’espoir était toujours permis, même si l’idée d’une suite aux Trois Frères, certes succès commercial énorme, n’était pas forcément la meilleure nouvelle possible vu la qualité discutable du film.

19 ans ont passé mais rien n’a changé : Bernard (Bernard Campan) est toujours un acteur raté aux innombrables projets imaginaires, Didier (Didier Bourdon) quant à lui tente irrémédiablement de faire un beau mariage en rêvant à l’héritage de sa promise, et Pascal (Pascal Légitimus) est resté le même arriviste qui ne peut se complaire que dans le luxe, quitte à devoir se taper une vieille et grosse bourgeoise. Une fois de plus, les trois frères vont être réunis par leur mère dont les cendres ont été rapatriées en France, et à nouveau les emmerdes vont se mettre à pleuvoir.

On prend les mêmes et on recommence. On aurait pu croire que la paternité aurait rendu Didier plus sage, et sans doute beaucoup espéraient une union avec la mère de Michael, ou peut-être mieux encore avec la ravissante Marie, mais ni l’une ni l’autre ne sera de la partie, un choix regrettable. Seul personnage secondaire de retour : Michael, présent furtivement sur la fin. À la place, on se focalisera sur la fille de Bernard, sortie de nulle part avec une triple romance elle aussi complètement artificielle. Les situations sentent le redit et la trame principale n’a que peu d’attrait, d’autant que plombée par une crédibilité atroce. L’humour est très présent, un peu lourd par moments, mais sensiblement dans la même veine que Les trois frères. Comparé à un retour comme Les Bronzés 3, on s’en sort pas si mal, mais la déception reste immense. Qu’importe, avec leur ancien producteur de mort, lui qui rendait un rassemblement impossible, et un score plus qu’honorable au box-office (2,2 millions d’entrées), le trio est reformé et on espère le voir retenter prochainement sa chance.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Les trois frères

Les trois frères
1995
Bernard Campan, Didier Bourdon

Véritables génies de l’humour, les Inconnus ont fait la gloire de la France dans les années 90 au travers de sketchs tous plus cultes les uns que les autres, et les voir débarquer au cinéma était donc un événement majeur. Toute première réalisation du trio de choc, le film fut un succès monumental avec presque 6,7 millions d’entrées. Une générosité complètement disproportionnée malheureusement.

On peut parfois avoir de grosses surprises à la lecture d’un testament. Ils ne se connaissaient pas et pourtant, Didier (Didier Bourdon), Bernard (Bernard Campan) et Pascal (Pascal Légitimus) ont la même mère, même si celle-ci les a tour à tour abandonné. Mais ce qui les intéressait le plus n’était pas, de prime à bord, la découverte d’une grande famille, mais plutôt l’héritage : trois millions de francs, soit cent patates par personne. Seulement voilà, le notaire a fait traîner les choses et l’argent est perdu. Ils pensaient se sortir la tête de l’eau, mais ça n’était là que le début des emmerdes.

Une caricature d’acteur raté, un hipsters parodique : seul Didier a un personnage qui sort un peu du lot avec le faux-cul qui essaye de gagner une place chez des riches mais qui est en fait une crevure internationale. Le début est un peu bébête avec une histoire de notaire peu réaliste, et il faudra attendre d’avoir touché le fond du trou pour commencer vraiment à déconner à plein tube pour un délire optimal, mais ensuite le film va prendre une vilaine tournure. Plagiat total et bancal des Fugitifs, déjà pas bien inspiré, le film payera ses blagues fainéantes par une cohérence risible, finissant par nous faire décrocher. La fin tente de redonner un coup de boost mais sans grande originalité, allant même jusqu’à recycler des gags de leurs sketchs. L’ambiance est bonne enfant et on se marre de temps à autre, mais l’écriture est bien trop faible pour vraiment convaincre, et autant de talent pour si peu est une réelle déception.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire