3 Days to Kill

3 Days to Kill
2014
McG

Dernière production en date du studio EuropaCorp dirigé par Luc Besson, qui signe ici le scénario, le film est en toute logique dans la même veine que la quasi totalité des films du studio, à savoir un gros film d’action. Et avec un grand acteur qui n’a plus trop l’âge, traquant une personne dans les rues de Paris, on pense immédiatement à Taken, mais la comparaison s’arrête là malheureusement.

Agent secret travaillant pour la CIA, Ethan (Kevin Costner) a dû récemment quitter ses fonctions : atteint d’un grave cancer généralisé qui commence à toucher ses poumons, il n’est plus capable de mener à bien ses missions, comme en atteste son échec lors de l’arrestation du « loup », mafieux allemand activement recherché mais dont l’identité reste un mystère. Ethan, ayant tout de même vu de près son bras droit, pourrait être un atout de poids, et une branche secrète des services secrets américains (dirigée par Amber Heard) souhaite lui proposer un marché : s’il accepte de passer les trois prochains jours à bosser pour eux, il recevrait un traitement expérimental censé le guérir. Ainsi, alors qu’il venait tout juste de renouer le contact avec sa fille (Hailee Steinfeld), le voilà menant de nouveau une double vie.

Il serait vraiment temps que Luc Besson prenne sa retraite. Ses scénario sont de plus en plus mauvais, et il devient ridiculement maladroit avec les nationalités, enchaînant des clichés plus embarrassant les uns les autres. Pire encore, d’une scène à l’autre il hésite quant à la langue parlée (français / anglais). Mais le plus gros problème vient du fond : une banale histoire invraisemblable d’agent secret traquant un criminel avec en toile de fond un homme essayant de devenir père. D’habitude on se rend moins compte du vide extrême de ses films, mais le dosage d’action est mauvais, ne retrouvant que peu de scènes dynamiques, et toutes sont oubliables. Les acteurs sont globalement inconsistants, et rien ne saura sauver ce film, que ce soit sa réalisation bateau ou son scénario risible. Même pour les moins exigeants cherchant juste un bon gros film comme en savait le faire EuropaCorp, ils ne pourront qu’être déçu par cette dernière production bien fade.

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L’Echelle de Jacob

L’Echelle de Jacob
1991
Adrian Lyne

Considéré comme un grand classique de l’épouvante qui aurait notamment inspiré la saga vidéo-ludique Silent Hill (un fait qui saute aux yeux) – et par extension son adaptation cinématographique – et sans doute bien d’autres, le film a donc marqué pas mal de gens à l’époque. Mais avec le temps, la primeur et l’innovation d’un film s’effacent, et donner un coup de pelle dans le passé peut être décevant…

La guerre ça vous change un homme. Depuis qu’il est revenu du Vietnam, Jacob (Tim Robbins) a comme des angoisses à répétition, des douleurs inexplicables. Bien sûr, avoir dû se séparer de sa femme et avoir perdu un garçon (Macaulay Culkin) si jeune est traumatisant, sans compter l’armée, mais récemment les choses ont commencé à pas mal empirer. Son simple mal de dos a prit beaucoup d’importance, et les hallucinations se multiplient. Son sens de la réalité est constamment brouillé par des apparitions démoniaques, des visions du Vietnam lui reviennent de façon intempestives, et la folie semble le gagner inexorablement.

Oui, il est facile de comprendre en quoi le film peut être considéré comme culte. L’acteur principal est très charismatique, l’ambiance est stressante, la réalité continuellement changeante, et le scénario est à la fois couillu dans sa dénonciation des dérives du gouvernement américain, et intéressant dans son développement et sa structure. Plein de bonnes pistes, mais au résultat assez faible. On ne ressent strictement aucune menace de la part des apparitions cauchemardesques, et son ambiance générale est même bancale. L’enchevêtrement d’idées paraît plus brouillon qu’autre chose, et la narration semble bien plate. On ne croit jamais vraiment à ce que l’on voit tant les réalités se mêlent, amorçant grandement la fin, pourtant totalement incohérente. C’est bien là l’énorme problème du film qui rend tout ce qui précède vide de sens : l’explication des tenants et des aboutissants de l’histoire sur la drogue illégalement inoculée par l’armée américaine est impossible du fait du point de vue appartenant à un Jacob ignorant. Un twist qui ôte donc tout intérêt au film tant il repose sur une erreur. Belle idée très prometteuse mais complètement ratée.

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The Fountain

The Fountain
2006
Darren Aronofsky

Alors que le réalisateur de Black Swan divise les foules avec sa revisite de la célèbre histoire de Noé et de son arche dans la bible, on aurait presque tendance à oublier qu’il ne s’agissait pas là de sa première adaptation biblique (merci au Fossoyeur de Films pour nous rappeler ou faire découvrir des films passés complètement inaperçu ou injustement boudés). En effet, il y a huit ans Darren Aronofsky nous proposait sa vision du mythe de Adam et Ève, et le résultat est pour le moins singulier.

Si la vie est un cadeau, la mort en est sa malédiction. Mais peut-elle être perçue comme une maladie ? Ainsi, peut-on guérir de la mort ? Tom (Hugh Jackman) est un homme brisé, désemparé face à la maladie qui gagne inexorablement du terrain sur sa femme Izzi (Rachel Weisz), condamnée par une tumeur cérébrale inopérable. Chirurgien et chercheur, il se bat chaque jour contre le temps pour trouver une solution pour Izzi, mais peut-être la solution ne se trouve t-elle pas dans le crâne d’un singe, mais dans un roman qu’elle écrit : The Fountain. Dans le jardin d’Eden se trouvait deux arbres : l’arbre de la sagesse bien sûr, et celui de la vie. Qu’est devenu ce second ?

Le film nous propose, par le biais de trois temporalités différentes (le présent avec le problème de la tumeur, le passé avec la quête de l’arbre, et la fin des temps au jardin d’Eden), de suivre trois différents stades de réincarnation d’Adam et Ève. Un amour intemporel, mais constamment brisé par la mort. Un cycle qui semble sans fin, dont le chaos de la vie se répète entre Big-Bang et Big-Crunch. Une histoire très forte symboliquement, beaucoup moins scénaristiquement : comparé à un Cloud Atlas, voguer sur seulement trois époques, même si bien plus entremêlées, paraît petit joueur. De même, il manque à cette romance quelques temps plus joyeux pour pleinement convaincre. L’accumulation de douleur est brillante, mais sans césure elle perd en force. L’œuvre se veut de toute évidence beaucoup plus visuelle, renforçant le côté symbolique et métaphorique, et c’est une franche réussite. Appuyée par une réalisation quasi spirituelle, l’image est pleinement onirique, transcendée par l’espace et son atmosphère, donnant une portée considérable à la couleur jaune. Et pour sublimer cette ambiance incroyable, une magnifique musique épique ponctue les moments forts. Si bien sûr le fond du film est assez léger et sa romance pas suffisamment intelligemment creusée, l’image nous subjugue et le talent des acteurs fait le reste. Un film unique qui vaut le détour, ne serait-ce que pour son approche complètement hallucinée.

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Godzilla


Godzilla
1998
Roland Emmerich

Tout le monde connait cet immense dinosaure qu’est Godzilla. Il a été créé en 1954 et a connu la gloire en 1962 dans le célèbre King Kong contre Godzilla mais aussi la déchéance en 1969 avec Bambi meets Godzilla. C’est alors qu’en 1993, un certain Jurassic Park déchaîne le box-office en ramenant à la vie des dinosaures plus vrai que nature. Et 5 ans plus tard, le tout fraîchement propulsé par Independance Day, Roland Emmerich, se charge d’adapter le monstre au cinéma avec un budget faramineux de 130M$ accompagné d’une série animé sur le personnage de Godzilla.

Comment justifier l’apparition d’un énorme dinosaure sur Terre du jour au lendemain ? Eh bien il y a eu des tests nucléaires dans le pacifique et paf, des décennies plus tard ça fait Godzilla ! Vilaine bébête qui détruit tout sur son passage, l’armée américaine, qui, c’est bien connue, est la seule au monde, va alors recruter un biologiste (Matthew Broderick) pour le retrouver et l’arrêter. Alors oui mais pourquoi ? Chut, t’occupe.

Comme monsieur Emmerich ne sait faire que ça, on retrouvera une approche apocalyptique d’un monde menacé d’extinction (ici par le reptile) mais heureusement sauvé par des soldats vachement patriotes. L’humanité entière se rassemble autour d’une même menace avec au début des asiatiques et après, une coalition américano-française. L’occasion de balancer pleins de clichés français, comme se plaindre et s’appeler Jean quelque chose (jean-François, Jean-Claude) sauf Jean Reno, saint patron des français, qui se prénomme Philippe. On trouvera aussi un message de tolérance envers la connerie des soldats américains, qui même s’il sont cons, ont grand cœur, à l’image du sergent campé par Doug Savant (Tom Scavo dans Desperate Housewives). Du côté du monstre de Godzilla, on pourra lui reprocher le même genre de problème qu’à Jurassic Park, c’est-à-dire des dinosaures à la gestuelle robotique et à l’aspect plastique, mais en bien pire. De plus, les œufs pondus par ce dernier sont extraordinaires car non seulement ils éclosent en un jour, mais en plus, les nouveaux nés ont déjà leur mâchoire de même que la capacité de courir, balèze ! Mais ça n’et pas une surprise quand on voit des acteurs catastrophiques déclarer que la bestiole est un génie, qu’elle a choisit New-York parce qu’elle sait qu’elle pourra facilement s’y cacher alors que deux secondes avant cet espèce de gros machin informe en plastique gesticulait comme un con en détruisant tout sur son passage histoire de se faire remarquer à tel point que forcément des milliers de personnes savent en permanence où elle se trouve, à moins d’être une autruche. Et que dire de cette réalisation saccadée et proprement indigne ? C’est bien simple : tous les défauts d’Independance Day sont multipliés, à savoir le style hyper patriotique, le côté film catastrophe où les gens crient de partout et les gros plans d’explosion. Heureusement, malgré une très bonne rentabilité et la présence d’un clifhanger à la fin, les critiques furent tellement assassines que tout projet de suite fut avorté. Tant mieux !

Critique remastérisée

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Happythankyoumoreplease

Happythankyoumoreplease
2011
Josh Radnor

Après Afternoon Delight, le processus de deuil continu pour How I Met Your Mother dont la vedette signe ici – en plus de tenir le rôle principal – le scénario, et a assuré la réalisation. Un tout premier film à la sortie confidentielle puisque n’ayant connu que des sorties limitées dans la poignée de pays l’ayant accueilli, et il reste aujourd’hui encore, trois ans après sa sortie, inédit en France. Mais de toute façon, pour tout fan qui se respecte, voir son héros dépossédé de sa voix originale serait un crime.

New-York, la vie avec les potes, on en sort jamais vraiment. Écrivain dont l’inspiration ne dépasse jamais la nouvelle, Sam (Josh Radnor) vie pourtant tant bien que mal de son art, mais son dernier entretien s’est très mal passé. Pas évident de rester concentré quand on doit s’occuper d’un petit orphelin, séparé de sa mère d’accueil et qui préfère rester avec lui. Mais d’un autre côté, lui qui est si seul, l’arrivée de ce petit garçon pourrait lui être salvatrice. Un ami très spécial qui lui donne envie de se dépasser, et peut-être même rencontrer l’amour en la personne de Mississipi (Kate Mara), cette sublime femme qui travaille au bar et qui chante. Pour Mary (Zoe Kazan), l’amour a déjà été trouvé, mais face aux incertitudes professionnelles, l’arrivée d’un bébé pourrait tout chambouler. Meilleure amie de Sam, Annie (Malin Akerman) ne croit plus en l’amour ni en elle même depuis la découverte de sa maladie de l’alopécie (perte des cheveux / poils). Mais dans la vie, même si rien de bien n’arrive, il ne faut jamais perdre espoir, toujours dire merci et continuer à espérer davantage.

Ah ce spectre qui plane ! Neuf glorieuses saisons, ça laisse des marques. Et quand on voit les histoires sentimentales de plusieurs couples au sein d’un groupe d’amis, difficile ne pas y voir un signe. New-York est un peu notre équivalent de Paris : beaucoup trop de films y sont tournés, et entendre des discours sur ses qualités sonne redondant, pour ne pas dire ennuyeux. L’aspect de cette romance est elle aussi très classique, à un point quasi exacerbant : la structure se construit sur une rencontre, qui évoluera en amour, mais un événement va briser cet amour naissant peu avant la fin, pour finalement rentrer dans l’ordre parce que dans la vie il faut se bouger le cul. Mais classique ne veut pas dire foncièrement mauvais, surtout que ce film ne manque pas de personnalité. Optant pour un style nonchalant et volontairement négligé, le film s’inscrit dans la tradition des films d’auteur, très surréaliste et à l’ambiance presque glauque. Malheureusement, toutes les histoires ne se valent pas. Celle de Mary qui est terrorisée à l’idée de déménager de New-York est assez plate, celle de Sam et son fils adoptif, avec son amour en toile de fond, est elle sympathique, surtout grâce au talent d’acteur de Josh Radnor, mais le véritable coup de cœur du film est à mettre au crédit de Annie. Touchante et poétique, son histoire est de loin la plus profonde de toutes, et Malin Akerman est franchement irrésistible malgré son physique de cancéreuse. Classique sur la forme mais singulier sur le fond, le film risque d’en laisser plus d’un circonspect, mais il s’agit là d’une première réalisation très prometteuse.

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Yves Saint-Laurent

Yves Saint-Laurent
2014
Jalil Lespert

Beau succès de ce début d’année, ce biopic retraçant l’histoire du célèbre couturier-styliste Yves Saint-Laurent (Pierre Niney) avait réuni un peu plus de 1,6 millions de spectateurs. Véritable icône de la mode qui nous a quitté en 2008 (stupéfiant d’atteindre 71 ans avec la vie qu’il a eu), il n’en restait pas moins un odieux personnage aux dérapages intempestifs, et le film les mettra en lumière.

Le film retrace donc une partie de la vie de YSL, celle de 1957 jusqu’à la fin des années 70. À tout juste 21 ans, déjà repéré par la maison de haute couture Dior dont le fondateur venait de mourir, il fut choisit pour en reprendre les rênes. Une période charnière de sa vie, exaltée par ses défilés avec son amie Victoire (Charlotte Le Bon) et subjuguée par sa rencontre avec Pierre Bergé (Guillaume Gallienne), celui qui sera l’amour de sa vie. Mais emporté par le tourbillon médiatique de la gloire, continuellement miné par sa paranoïa et jeté comme un malpropre par Dior, une inexorable descente aux enfers va s’amorcer…

Tous les couturier sont pédé, c’est un fait. Voilà grosso modo à quoi se résume la vision de bon nombre d’entre nous quant à ce genre d’individu. Le monde de la mode peut-être intéressant, Le Destin de Lisa l’a bien prouvé, et en découvrir un peu plus sur ce grand nom du milieu était gageure. Brillamment porté par des talents confirmés, avec même un Pierre Niney si bluffant qu’une future nomination aux Césars est probable, le film avait en effet bon nombre d’atout dans sa manche, sans compter une réalisation de qualité. Malheureusement, le film est miné par deux points d’envergure. L’art du biopic n’est pas évident et presque tous s’y cassent les dents, celui-ci n’y fera pas exception : le rythme du film est tout simplement affreux, avec même une seconde moitié terriblement redondante et interminable. Autre point ennuyeux : la personnalité du héros. Certains diront bravo pour tant d’honnêteté, mais une mauvaise idée reste une mauvaise idée : sa vie est aussi insupportable que lui. Petit enfant roi arrogant, suffisant et manipulateur, il n’aura de cesse que de voir le monde couché à ses pieds. Colérique, alcoolique, junkie, dépressif et tête-à-claque, ses qualité semblent tout juste professionnelles. Sans doute s’agit-il là d’un biopic troublant de vérité et superbement interprété, sauvant grandement les meubles, mais toute histoire n’est visiblement pas bonne à raconter.

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Les Brasiers de la Colère

Les Brasiers de la Colère
2014
Scott Cooper

Dans une petite ville sinistrée de l’ex « Manufacturing Belt » qui a subit de plein fouet la crise de l’industrie où les usines, victimes de la concurrence asiatique, ont toutes fermé. Toutes ou presque : à Braddock une scierie résiste tant bien que mal. Une vie ouvrière très difficile, mais dont Russel Baze (Christian Bale) s’en contente très bien. Pour son frère Rodney (Casey Affleck), ancien militaire rendu fou par ses missions en Irak, se battre pour le dealer du coin (Willem Dafoe) est peut-être une option moins dégradante, surtout avec son père victime d’un accident de travail à l’usine. Mais en allant se battre pour DeGroat (Woody Harrelson), le fou des montagnes, il y laissera la vie. Persuadé que l’incapable de policier (Forest Whitaker) qui lui a volé sa femme (Zoe Saldana) ne pourra rien contre les assassins de son frère, il va décider de rendre justice lui-même.

Connaissant la fureur de l’acteur censé péter un câble, on pouvait s’attendre à quelque chose de sacrément explosif et rageur, mais il n’en sera rien. Prenant un temps infini à mettre en place l’histoire, le film ne sera jamais un véritable règlement de compte, tout juste assisterons nous à une risible chasse à l’homme tardive qui achèvera la crédulité d’un scénario globalement ennuyeux et incohérent. Entre la traque finale et le comportement du fameux DeGroat, la logique du film laisse vraiment perplexe. Et de toute façon, le synopsis de départ est vraiment très léger. Rythme affreux et histoire décevante. Reste heureusement les acteurs, surtout les deux frères, très bons et convaincant dans leurs rôles. Malheureusement, si cela permet un début prometteur et de ne jamais complètement décrocher, ça ne suffit pas pour en faire un bon film.

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La Main au collet

La Main au collet
1955
Alfred Hitchcock

Diffusé hier sur Paris Première, cette programmation n’est certainement pas le fruit du hasard, un biopic sur la célèbre princesse de Monaco (qui obtint son titre de noblesse grâce à une rencontre due à ce film), vedette d’Hollywood, débarquant aujourd’hui même au cinéma. Encensé à l’époque comme la totalité des films de Hitchcock, le film a t-il résisté au poids des ans ? Certes pas aussi débile qu’un Complot de famille, le film sera malheureusement très loin de Le Crime était presque parfait, preuve qu’on ne peux pas faire deux bons films la même année (et encore moins trois).

Dans la province cannoise, Georges Robert (Cary Grant) pensait couler des jours heureux dans sa villa luxueuse en bord de mer, mais son passé va alors le rattraper. Dans sa jeunesse, il a été le Chat, célèbre voleur de bijoux mais qui a aujourd’hui payé sa dette à la société. Seulement quand à deux pas de chez lui des vols portants sa marque vont être commit, la police va alors immédiatement le soupçonner. Peu confiant en la justice, il va alors fuir et partir à la recherche du vrai voleur. Sur sa route, il croisera Frances Stevens (Grace Kelly), une potiche inutile mais très agréable à regarder.

Voilà un film qui démontre bien tous les problèmes du cinéma à cette époque. Plus que jamais, on assiste au machisme dans toute sa splendeur, le principal rôle féminin consistant en une pauvre cruche éperdument amoureuse du méchant repenti. Et que dire dudit héros, véritable caricature du mâle dominant ? Pire encore, lui qui innovait régulièrement au niveau des scénarios, surtout en matière de rebondissements qui lui valurent le titre de « maître du suspense », Hitchcock se confond ici dans une histoire pauvre et d’un classicisme à toute épreuve, embrayant même sur des coups de théâtres prévisibles à souhait. On soulignera aussi la réalisation catastrophique, peinant à afficher un plan réaliste avec des incrustions à l’écran incroyablement maladroites. Un film d’une platitude sans nom, pas complètement raté mais fondamentalement inintéressant.

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Afternoon Delight

Afternoon Delight
2013
Jill Soloway

Étrangement cité parmi les meilleurs films de l’année par le réalisateur de Django Unchained, le film n’a pourtant pas connu le succès, que ce soit en salle ou au niveau des critiques. Et il est vrai que son sujet ne paye pas de mine : on y suit les problèmes conjugaux d’un couple usé par le poids des ans, Rachel (Kathryn Hahn) et Jeff (Josh Radnor). Ils n’ont plus fait l’amour depuis six mois à cause d’elle, et elle rechigne même à s’occuper de son fils, gardant la rancœur de sa période nourrisson où elle n’arrivait pas à l’allaiter. Unique responsable de la lassitude de leur couple, elle décide de tenter avec lui l’expérience d’une boîte de streap-tease, où elle recevra une dance privée avec McKenna (Juno Temple). Elle pensait remettre un peu de piment dans leur vie, mais en sympathisant avec McKenna et en lui proposant de l’aider et de l’héberger, elle va semer le chaos.

Un couple qui ne s’exprime plus au lit est un couple fini. À moins bien sûr d’y remédier fissa, seconde option autour de laquelle gravite le film. Mais est-ce vraiment le cas ? Quand on la voit s’accrocher à ce point à cette jeune streap-teaseuse – qui s’avérera même être un peu plus pour certains clients – on doute de ses réelles motivations d’âme charitable, et on s’imagine très vite des pulsions lesbiennes refoulées. S’installe alors une multitude de tensions : sexuelle entre Rachel et sa protégée, gênée entre son mari et McKenna, et aussi de l’animosité par rapport à cette nouvelle venue pour les amies de Rachel. Cela dynamise une histoire sinon très pauvre et classique, se limitant à des déboires conjugaux. La plupart des pistes sont traitées et le film nous nargue en feintant de partir dans la direction attirante, quitte à faire dans la demi-mesure. Mise à part ça le film est original et plutôt léger dans son ambiance malgré son histoire d’apparence assez lourde, et puis retrouver Ted Mosby est un atout d’envergure. Pas de quoi pavoiser mais c’est bien fait et ça se regarde tout seul.

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How I Met Your Mother

How I Met Your Mother
2005 – 2014
Carter Bays, Craig Thomas

Déjà plus de huit ans se sont écoulés depuis les débuts de la série le 19 septembre 2005 sur CBS devant 10,9 millions de téléspectateurs, un score honorable mais pas extra. Heureusement, le bon bouche à oreille a permis à la série de ne jamais tomber en dessous des 7 millions, mais avec des moyennes de saisons comprises entre 8,2 et 10,1 la série n’a jamais vraiment décollé. Qu’importe, mondialement populaire et dynamique en DVD, la série aura aussi raflé un certain nombre de prix et sa fin programmée pour le 31 mars sera à n’en pas douter un événement majeur (et elle l’a été avec quasiment 13 millions de spectateurs, le record de la série).

Le principe du show est assez simple : un père raconte à ses enfants (David Henrie et Lyndsy Fonseca) comment il a rencontré leur mère, d’où le titre. Mais au lieu de leur dire directement comment ça s’est passé, il choisit de remonter quelques années auparavant pour leur conter son cheminement, disséminant au fil des épisodes quelques trop rares renseignements. Ainsi, on suit deux temporalités différentes : celle de 2030 où Ted raconte sa vie à ses enfants, et celle de 2005, qui suit elle une progression temporelle similaire à celle effective. À l’époque, Ted (Josh Radnor) vivait en collocation avec son meilleur ami Marshall (Jason Segel), fiancé à sa copine de fac Lily (Alyson Hannigan). Marshall et Lily étaient un modèle d’amour, le genre d’amour que Ted aimerait croquer à pleine dents, mais difficile de trouver l’âme sœur. S’il était comme son autre meilleur ami Barney (Neil Patrick Harris), ça ne serait pas un problème : tel Jésus qui multipliait les petits pains, il ramène presque chaque soir une nouvelle conquête, la jetant directement après utilisation. Dès le premier épisode, le cinquième membre du club fait son apparition : Robin Sherbatsky (Cobie Smulders), de qui Ted tombe immédiatement amoureux. Mais ça n’est pas tout à fait la chose à dire à un premier rendez-vous, étouffant dans l’œuf cet amour naissant. Il faudra attendre le treizième épisode pour voir une lueur d’espoir renaître, mais la synchronisation n’étant pas au top, c’est justement à ce moment précis que Ted se mettra en couple avec Victoria, une pâtissière qui aura son importance. Petite relation déjà finie à l’épisode 18, mais il faudra attendre le dernier épisode de la saison pour enfin les voir ensemble.

Au programme de cette première saison, de bonnes bases déjà installées, comme Marshall travaillant dans la boîte de Barney dès le 17° épisode, donnant lieu au premier « oh please » concernant la nature de son travail, un running gag classique (même si ça n’en est pas vraiment un, cf dernière saison). Les prémisses du « Legendary » sont là, mais pas encore l’expression culte avec le « wait for it ». De même, les pulsions lesbiennes de Lily envers Robin sont évoquées lors du 20° épisode. Côté mythologie de la série, on retiendra le passé hippie de Barney (où il laisse déjà entendre son dépucelage après la vingtaine), le mystère de l’ananas, mais surtout la première information de taille concernant la mère : elle se prénomme Tracy. Un premier contact excellent donc, l’humour étant de qualité et les personnages tous intéressants à leur manière : Marshall le gros nounours adorable, Lily la castratrice au caractère bien trempé, Robin la déesse qui nous fait fantasmer, Barney le gars qui a tout compris à la vie et qui est une légende vivante, et enfin Ted, le gars normal qui essaye de nous communier sa joie d’être si bien entouré, malgré bien sûr les peines inévitables de la vie. Seul regret : la rupture en fin de saison du couple inséparable par excellence : Lily et Marshall. On le sentait depuis quelques épisodes, mais cette rupture fait mal, et même si on sent qu’elle ne sera que temporaire, on ne tiendra désormais plus rien pour acquis.

Saison 1 : 

La seconde saison devra donc assumer ce choix final désagréable sur la rupture entre Lily et Marshall. Pour donner plus d’importance à cet événement et rendre d’autant plus détestable Lily, son interprète sera lourdement enlaidie cette saison ci, sa sublime chevelure cuivrée naturelle prenant une teinte ocre disgracieuse faisant ressortir ses rides et autres défauts du visage. À quelques détails près comme la découverte du luxueux appartement de Barney (épisode 5) ou le tournant dans la carrière de Ted avec sa maquette choisie pour devenir un gratte-ciel de New-York (épisode 6), les huit premiers épisodes tourneront autour de ce couple brisé, décidant même de se marier à Atlantique City, avant de se raviser pour un mariage classique (épisodes 21 et 22). Une romance qui occupera ainsi une très grande place dans l’intrigue de cette saison, et le bilan sera en demi-teinte tant l’incident du départ semble vide de sens. Heureusement, les personnages sont toujours aussi magiques et la formule marche toujours aussi bien, mais simplement les événements de cette année précise furent un peu moins intéressants que ceux précédents. Néanmoins, cette saison possède son lot de grand moments, comme la révélation du passé pop star pour ado de Robin (épisode 9) avec à la clef le mythique « slap giving » (un pari gagné par Marshall qui lui donne le droit le donner à tous moments cinq baffes à Barney) avec déjà deux consommation (épisodes 9 et 16). Cette saison est aussi marquée par la relation entre Ted et Robin qu’on sait un minimum durable puisqu’au dixième épisode on apprend qu’un an plus tard les tourtereaux seront encore ensemble. Deux épisodes plus tard les choses deviennent sérieuses avec un mutuel « I Love You » de prononcé, mais un déménagement qui ne se fait pas et le doute reprend. Finalement, en toute incohérence (sauf si retournement de situation sous peu) le denier épisode marquera la fin de leur relation, leurs points de vu sur leur avenir divergeant trop. Barney aura aussi ses moments de gloire, découvrant tour à tour son frère homosexuel noir, une ébauche de son mythique « it’s gonna be legend… wait for it… dary ! », ou encore sa perte de virginité à 23 ans (Ep 10 à 12). Des anecdotes sympathiques, prolongeant la bonne ambiance instaurée, mais l’histoire n’avancera pas beaucoup, tout juste apprendrons-nous que la mère est brune (Ep 15). Mais la curiosité nous pique encore au grain : avec le mariage de James dont on attend l’acheminement et un anniversaire avec une chèvre, sans compter une mère toujours aussi mystérieuse, tout reste possible.

Saison 2 : 

Peut-être à cause du manque d’événements marquant de la précédente saison et d’une inspiration pas tellement plus prononcée, cette troisième saison fut de loin la moins suivie de toute, avec une moyenne de 8,2 millions de spectateurs par épisodes. Il est vrai que le principe même de la série n’est plus vraiment respecté : on n’essaye même plus de nous raconter la rencontre avec la mère mais plus le chemin que Ted a fait pour la rencontrer. Un chemin qui s’annonce très long puisque de toute la saison, aucune anecdote ne sera dévoilée concernant Tracy (la mère) mise à part un parapluie jaune. Côté histoire, deux pistes sont abordées voir effleurées : la future romance entre Barney et Robin avec un unique passage à l’acte lors de l’épisode 16, mais Barney souhaiterait en faire une vraie histoire (dernier épisode), et la romance entre Ted et Stella (Sarah Chalke), démarrant à l’épisode 13 et nous laissant tout à la fin en suspend avec une demande en mariage qu’on présume vaine puisque qu’à l’occasion de l’épisode spéciale chèvre (épisode 17) annoncé dès la saison 1, on apprend que finalement cet événement c’était déroulé une année plus tard, alors que Robin vivait là bas (dans l’appartement de Ted, Lily et Marshall). Quelques événements notables sont aussi présent, comme la certitude rassurante que Lily et Marshall seront ensemble en 2029, ce dernier recevant d’ailleurs son diplôme d’avocat. Une saison placée sous le signe de l’humour avec quelques passages en semi-teinte, et on retiendra surtout le fameux Tricycle (épisode 3), le remplacement des joins par des sandwichs dans les flash-back (épisode 5), slapsgiving (épisode 9, avec un compteur passant à 3), Britney Spears (épisode 13 et 19) ou encore l’apparition du « bro code » en livre. La mise en bouche est un peu longue, et certains personnages, Lily et Robin (et un peu Barney par moments), en pâtissent, souffrant d’un manque d’implication flagrant, bien que Robin semble promise à une place de choix dans la prochaine saison, corroborant ainsi avec le 10° épisode de la saison 2 où Ted et Robin sont ensemble, bien que tout cela contredise la fin de cette saison laissant à penser que les prochaines romances seront vouées à l’échec, nous faisant déjà redouter des ruptures inévitables qu’il faudra dûment accompagner.

Saison 3 :  

Après un second épisode qui donne la fringale du burger, l’épisode suivant nous fait craindre le pire : Robin quitte Metro News 1 et part au Japon, heureusement pour une poignée d’épisodes seulement. Comme on pouvait s’en douter, le mariage avec Stella ne durera pas : dès le cinquième épisode, cette dernière le quittera sur l’autel au profit du père de sa fille, redémarrant la romance Ted / Robin pour quelques épisodes, Barney ayant un raté un créneau magnifique, même si cela lui a permis un tricycle magnifique. Mise à part la découverte d’une seconde sœur de Ted, Heather (épisode 11), et un nouveau job pour Robin à la matinale de Channel 12 (épisode 14), il faudra attendre la fin de la saison pour avoir de vrais « bouleversements » dans l’histoire. Ainsi, lors de l’épisode 17, Ted et Robin se jurèrent de se marier ensemble à 40 ans faute de mieux, une hypothèse qu’on s’imagine déjà appliquée. Côté travail, les choses seront mouvementées pour Ted, d’abord renvoyé de son cabinet, puis échouant à monter sa propre compagnie architecturale (épisode 20), il finira par accepter ce qu’il jugeait comme être la déchéance suprême : un poste de professeur d’architecture, qu’il qualifiera par la suite de « meilleur job au monde ». Pas d’événements particulièrement marquants cette saison donc, et tout ce que l’on apprendra au sujet de la mère c’est qu’elle sera présente, sans qu’il l’ai su à l’époque, une fois dans sa classe (s’étant trompé de salle). Une fois de plus, l’accent est mit sur l’humour, avec quelques grands moments avec les séances d’interventions (épisode 4 – même si le procédé de parler de quelque chose de nouveau comme si ça avait toujours été devient usant à la longue), le coup du « naked man » (épisode 9), mais aussi une grosse déception : le coup de la chèvre, trop de fois annoncé pour un résultat assez ennuyeux. Tout ça pour ça… Heureusement, cela permettra une vraie confrontation pour Robin et Barney dont la fin de saison laisse entendre un début d’histoire pour les deux éternels célibataires et fiers de l’être. Le niveau reste globalement équivalent, mais les choses auraient intérêt à bouger rapidement sans quoi l’ennui du quotidien pourrait s’installer.

Saison 4 :

On s’en était douté avec la fin de la dernière saison, mais dès le premier épisode les choses se clarifient : Barney et Robin sortent ensemble ! Malheureusement, à peine entamée et déjà finie : leur union pas très sentimentale prendra fin lors de l’épisode 7, enchaînant directement avec un retour aux conquêtes pour Barney dévoilant pour la première fois son « Playbook » (recueil de tous ses meilleurs coups et astuces pour filles d’un soir). Une véritable déception mais peu surprenante : Robin a beaucoup perdu en charme au cours des saisons et on ne croit plus en ses romances. Ainsi, lorsqu’elle se mit en couple avec son collègue de travail Don, on n’est guère surprit de voir leur histoire finir rapidement (de l’épisode 17 à 24, soit tout de même plus long qu’avec Barney), malgré le pseudo engagement du déménagement. Côté romance cette saison est donc plutôt vide, car mise à part une bonne évolution du couple Marshall / Lily avec la décision de faire un enfant (il serait temps à cet âge là !), Ted ne fera que multiplier les conquêtes d’un soir à l’image de Barney, même si cela permettra de croiser quelques têtes connues comme Rachel Bilson, Judy Greer ou encore Jennifer Lopez. Le plus grand engagement pour celui censé nous raconter sa rencontre avec sa futur femme (tout juste croisé ici chez sa colocataire) sera l’achat de sa maison d’où il raconte l’histoire à ses enfants. Sinon côté humour marquant on retiendra cette fois ci les doppelgänger (épisodes 2, 22 et 24), Slapsgiving 2 avec la 4° baffe sur 5 (épisode 9), ou encore le film mensonger sur Stella qui avait quitté Ted à l’autel (épisode 23). Ça ronronne, ça se traîne. Pas de grandes révélations (sauf si on prend au sérieux le coup du voyage dans le temps possible en 2039), pas de moment épique ni de barre de rire inoubliable : quelques bons crus disséminés, sans plus. Premier coup de mou pour la série qui semble définitivement perdre sa directive et un resserrage serait vital pour relancer la machine pour un dernier tour de piste.

Saison 5 :

Pour la première fois, la dernière saison ne nous avait pas laissé sur un tournant dans l’histoire et on commence même avec du recyclé : le projet de QG pour la GNB où Ted devait être l’architecte. Eh bien c’est reparti, mais cette fois ci semble être la bonne, malgré les tentatives de la très énervante et néfaste Zoey (Jennifer Morrison), qui militera pour la sauvegarde du lieu censé être détruit pour devenir le nouveau centre de la Goliath National Bank (épisode 5). Une nouvelle conquête relativement sérieuse pour le tableau de chasse de Ted, romance qui durera de l’épisode 15 à 23, soit autant de temps perdu, excepté quelques passages un peu drôles avec le Capitaine (Kyle MacLachlan). Pas vraiment de trame de fond pour cette saison, juste quelques anecdotes amusantes ou non sur cette année. Ainsi, on notera la découverte de la série canadienne de Robin (épisode 9), le coup de la malédiction avec Jorge Garcia (Hugo dans Lost), ou encore la cousine de Zoey (Katy Perry – épisode 15). Mais finalement, cette saison sera plus marquée par le drame avec notamment la tragique et inutile mort du père de Marshall (épisode 13), pourrissant l’ambiance pour une poignée d’épisodes et retardant la grossesse de Lily qui n’arrivera finalement qu’au tout dernier épisode de la saison. Une saison pas très joyeuse pour Barney non plus, non content de découvrir l’immense déception qu’est devenu son père (John Lithgow) et les douleurs passées qui resurgissent, il perdra en plus une partie de sa complicité avec Marshall qui quitte la GNB, et il perdra aussi une fille à laquelle il tenait beaucoup. Mais ça n’est que partie remise : on apprend que Ted va finalement rencontrer la mère au mariage de Barney où il est son témoin, mariage qui n’implique donc forcément pas la pauvre Robin qui montre pourtant toujours des sentiments pour lui étant donné l’épisode 12 où Ted promet d’être le témoin à son hypothétique mariage. Comme quoi… Mais quoi qu’il arrive, on peut malheureusement déjà se douter de l’échec de se mariage annoncé : une blague en 2021 permet de voir que Barney sera toujours célibataire et dans le même appartement. Triste. Au moins maintenant la série possède deux lignes directrices : la grossesse de Lily et l’imminence d’un mariage avec la rencontre avec la mère qu’on commence à attendre depuis bien trop longtemps. Difficile en revanche de croire désormais en le personnage de la mère qui n’existera probablement jamais et qu’on ne découvrira sans doute pas autant que ce qu’on aurait souhaité.

Saison 6 :

La septième saison est quant à elle placée sous le signe du jeu du chat et de la souris au sein d’une multitudes de triangles amoureux. En effet, Barney devient cette saison ci l’amant le plus sérieux de tous, sortant avec Nora, tandis que Ted continu inlassablement d’enchaîner les conquêtes, même si l’une d’elles le mènera à la fameuse Citrouille cochonne (Katie Holmes, dans l’épisode 8). Désespérément amoureuse de Barney, Robin va alors se réfugier dans les bras de Kevin (Kal Penn), son psychologue (épisode 4). Mais comme Barney n’a jamais cessé de l’aimer elle aussi, il quittera Nora pour elle (épisode 10), mais elle restera finalement avec Kevin, qui l’abandonnera finalement six épisodes plus tard pour cause de stérilité, alors mêmes que des fiançailles avaient été prononcées. En effet, lors d’un douzième épisode des plus tristes, on apprendra que Robin est stérile, mais après son rejet Ted va immédiatement se jeter sur elle, lui aussi éternellement amoureux d’elle, mais il essuiera un non définitif mettant aussi un terme à leur arrangement du mariage de secours à 40 ans. La fin d’une époque… Bilan : Robin déménage, Ted aussi, et l’installation de Marshall et Lily à Long Island n’aura duré que quatre épisodes puisque ces derniers vont reprendre l’emblématique appartement au dessus du McClaren Pub. Puis c’est à son tour Robin qui essuiera les plâtres avec Barney, sortant avec Quinn la strip-teaseuse, allant même jusqu’à la demander en mariage, et on voudrait y croire, mais à peine la demande acquiescé que une révélation condamne leur union : le mariage où Ted va rencontrer la mère sera celui de Barney et Robin. Les choses tendent à se préciser donc, surtout qu’on apprend (épisode 20) que Ted sera papa en 2015. Mais le premier à être père sera Marshall, heureux papa d’un petit Marvin, wait for it, Erickson, clôturant ainsi la saison avec le meilleur second prénom de l’histoire, alors que pendant ce temps là Ted trace la route, volant Victoria (la pâtissière partie en Allemagne en toute première saison) qui devait se marier. Mais difficile de nous faire croire à quoique ce soit puisque la mère ne sera pas connue avant la mariage, et ce dernier n’aura peut-être même pas lieu puisque le pauvre Barney sera célibataire en 2021. L’avenir s’annonce sombre et l’absence de suspense commence sérieusement à peser sur une série qui peine à retrouver son souffle comique où la principale attraction est ici le coup de la cravate-canard, remettant au passage le compteur de baffes à 6/8, Marshall ayant gagné trois baffes supplémentaires en échange du retrait de ladite cravate, usant deux coups au passage.

Saison 7 :

Jusqu’à quand va t-on être baladé par les scénaristes ? On nous annonce durant le même épisode les fiançailles de Barney et Quinn et son mariage avec Robin, qui sera de toute façon foutu. Pour cette avant-dernière ligne droite, il semblerait pourtant que les choses se bougent puisqu’il suffira de deux épisodes pour que l’histoire avec Quinn s’achève, rapidement suivit par les ruptures de Ted et Victoria, et Robin et son musclor, pour finalement laisser le terrain dégagé pour Barney et Robin. On assistera ainsi à l’un des meilleurs épisodes de toute la série avec le douzième, jouant le dernier acte du Playbook : le Robin, donnant enfin une vraie chance au couple furtivement formé en saison 4. Un beau mariage en perspective avec le consentement de Ted ? Pas si simple, le bourge est toujours éperdument amoureux d’elle, mais la mère se précise plus que jamais. Ainsi, on apprend lors du treizième épisode qu’elle sera dans le groupe qui sera engagé lors du fameux mariage. Malheureusement, cette idylle qu’on nous vend depuis le tout premier épisode semble condamnée : l’épisode 20 nous dit implicitement que la pauvre ne vivra pas longtemps… Sinon pourquoi regretter de ne pas avoir pu passer plus de temps avec elle ? Dans ces conditions, à quoi bon nous présenter quelqu’un d’aussi important si on ne nous laisse pas le temps de s’attacher ? Mais bon, avec la toute dernière séquence de la saison, on est tout de même content de pouvoir mettre un visage sur cette personne : celui de Cristin Milioti, plutôt mignonne et effectivement beaucoup plus jeune. À à peine quelques heures du mariage et la rencontre avec la mère étant imminente, il est clair que la série entre dans sa dernière phase, donnant enfin au spectateur de quoi frémir d’impatience après quelques saisons pas très utiles. Regain d’intérêt aussi avec des grands changements en perspectives : Ted souhaite vendre sa maison et partir à Chicago (mais aucune chance qu’il le fasse), et Lily souhaite déménager en Italie pour un an pour suivre le capitaine dont elle est la consultante en art, mais peu de chance que cela se fasse aussi vu la proposition du poste de juge pour Marshall. Ainsi, la série renoue son humour si efficace avec sa trame de fond, disparue depuis pas mal de saisons, de quoi redonner de l’espoir pour le tout dernier tour de piste, en espérant une sortie à la hauteur.

Saison 8 :

Nous y voilà donc enfin, la dernière saison, celle qui nous dira montrera quelle a été la courte histoire de Ted et Tracy qui donna naissance à Penny et Luke (noms qu’on découvrira aux épisodes 15 et 24). Teasé depuis déjà trois saisons, le mariage entre Barney et Robin sera d’ampleur : la quasi intégralité de la saison se composera du week-end de trois jours qui constitue leur union. On gardera bien sûr un œil sur New-York et les lieux emblématiques de la série, mais ces derniers instants se passeront dans un lieu rafraîchissant et très beau : l’hôtel Farhampton. Ainsi, cette saison, en plus de nous présenter le personnage de Tracy, la mère éphémère, on suivra tout un tas de péripéties au sein de cet hôtel où nos personnages mythiques vont vivre des heures historiquement mouvementées. Le tout premier épisode y met le paquet et se montre à la hauteur de l’événement : la rencontre Lily / Tracy est magique, drôle et touchante, et rend immédiatement la mère sympathique. On aurait envie d’y croire, mais son sort semble bien sombre tant chacune de ses apparition donne l’impression de voir un fantôme. Sans doute le point de vu de Ted, le narrateur, influence beaucoup son récit, preuve aussi du travail réalisé. Mais il faudra attendre le huitième épisode pour la retrouver dans un flash-back plus récent (l’été 2015), revoyant la demande en mariage de Ted, après la naissance de leur petite fille. Brillante idée, on découvrira ensuite comment tout le monde a rencontré la mère avant Ted : à l’épisode 8 on apprend que c’est elle qui a convaincu Barney de se battre pour Robin et d’écrire le dernier acte du Playbook, et lors de l’épisode 13 elle ramène Marshall qui faisait du stop, et grâce à qui elle a choisit d’aller au mariage malgré des soucis de groupe dont le chanteur posait problème. Un Marshall prêt à devenir juge, mais qui choisira de privilégier Lily et de partir à Rome, d’ailleurs enceinte d’une petite Daisy. Mais ça n’est que partie remise, puisqu’il le deviendra en 2018 avant de faire carrière en politique.
Après un compteur de baffe qui passa à 7/8 (épisode  14, puis la dernière sera donnée lors du mariage, libérant définitivement Barney), les deux épisodes suivants feront la part belle à la mère où on apprendra la mise au monde de Luke, leur deuxième enfant, en 2017. Une pauvre femme à la vie bien triste, cernée par la mort puisqu’en plus de la sienne, elle a perdu l’amour de sa vie dans sa jeunesse, remplacé une seule fois depuis, mais qu’elle quitta la veille du mariage de Barney et Robin suite à sa propre demande en mariage. Une fin qui s’annonce bien triste, confirmée par un dernier séjour à Farhampton en 2024 où Ted semble désemparé à l’idée que l’un d’eux ne connaisse pas tout au sujet de l’autre, à un cheveux de fondre en larme et la regardant comme si c’était le dernier jour de sa vie. Et le voyant au bord des larmes devant Robin en robe de mariée, elle aussi à deux doigts de sangloter, tenant dans ses mains le médaillon que Ted a récupéré en risquant sa vie, on a du mal à comprendre pourquoi elle a tout de même choisi Barney, tout ça pour que le divorce soit prononcé trois ans plus tard et qu’elle se sente obligée de prendre ses distances à cause de son amour pour Ted. Tant de temps perdu… Un amour qui aurait pu naître en 2005, mais qui dû attendre 2030 pour que Ted, racontant son histoire à ses enfants, obtienne la permission, après six années de deuil, d’enfin rejoindre son âme sœur, son « blue french horn » à la main.
Alors que penser de cette fin ? Après un tour d’horizon magnifique remontrant tous les personnages intervenus durant la série, on apprend que malgré les drames la vie continue, que malgré une amitié fragilisée par les ans la bande ne s’est jamais vraiment dissoute, que Barney, même s’il ne sera jamais heureux, continue de faire croire le contraire, s’acharnant à être un bon père, même si cela est arrivé par accident avec une inconnue, que Marshall et Lily, même s’ils ont connu de grandes difficultés n’ont jamais flanché, et que si Ted n’a jamais été aussi amoureux de Tracy que de Robin, il s’y est accroché malgré les souffrances de cette fin prématurée, et peut-être que malgré les ans cette union tant attendue sera aussi heureuse que promit. Une fin très triste donc, même si faute de représentation de l »enterrement de Tracy et de développement plus approfondi de la fin, on en restera à une petite boule à la gorge, à l’image de l’épisode 20 de la saison 8 et du 19° de celle-ci qui faisaient part de la douleur de Ted face à la mort de Tracy à tout juste 35 ans. Pas vraiment d’happy end et on espérait forcément mieux pour la joyeuse bande, sans compter le fait que le dénouement soit plié trop rapidement, mais c’est au moins cohérent avec tout ce qui a été fait, aucune question n’est restée en suspend, et que Ted et Robin finissent ensemble était essentiel. Cette dernière saison, sans briller spécialement ou faire preuve d’un génie extraordinaire, se clôture sans heurt et négocie plutôt bien la phase finale, et aura surtout réussi en peu de temps à imposer la fameuse mère malgré son caractère fantomatique. Point de dernier acte légendaire, mais une fin qui reste honorable.

Saison 9 :

Adieu How I Met Your Mother, tu fut une belle et grande série ! Ted, Barney, Robin, Lily et Marshall : une belle bande d’amis plus forte encore que celle de Friends ou autre Big Bang Theory. Loin de toutes ces séries uniquement humoristiques, celle-ci, il est vrai parfois un peu faible de ce point de vu là, possède en revanche un véritable fond et n’hésite pas à aller du côté sombre, dans la douleur et le désarrois. Bien sûr, la série a un peu trop duré et on aurait volontiers troqué les saisons 3, 4 ,5, 6 et 7 contre une dixième, onzième voir douzième qui nous auraient mit en proie avec la mère, car elle méritait sans doute sa chance, plus que de simples flash-back larmoyants. On pestera aussi contre le temps perdu pour Ted et Robin alors qu’un simple médaillon rend les choses si évidentes. Mais Barney méritait lui aussi son rayon de soleil et son bonheur éternel. La fin est globalement très bonne et les choses n’auraient pu que très difficilement prendre une tournure différente, et on ne peu que saluer la stabilité de la série dont la clairvoyance a permit de tourner toutes les scènes avec les enfants (David Henrie et Lyndsy Fonseca) dès la première saison, preuve que la trame est restée incroyablement proche du film Un jour, peut-être où la mère n’était pas l’âme sœur du narrateur, bien que le film soit postérieur au début de la série. Saluons aussi le talent de certains acteurs de la série, notamment Neil Patrick Harris qui a réussi à imposer avec brio son personnage légendaire de dragueur de génie, tombeur de femme, alors même que l’acteur est un homosexuel. De même, Josh Radnor est la grande révélation de la série, capable d’être le mec normal auquel on s’identifie, ou bien l’amoureux transi qui sait nous émouvoir d’un simple regard. Si la série survie aux années, ça sera grâce à leurs talents et aux deux dernières saisons, salvatrices tant elles ont réussi à ré-insuffler la finesse et la captation des débuts. Un pseudo spin-off au casting inédit débarquera à la télé à la rentrée prochaine (How I met Your Dad), mais nul doute que l’indifférence l’emportera sans la force de l’équipe originale, contrairement à cette série qui reposera au panthéon des plus grandes séries de l’histoire.

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