Moi, moche et méchant

Moi, moche et méchant
2010
Chris Renaud, Pierre Coffin

Joyeux Noël à tous ! Certes, il ne s’agit pas d’un film sur Noël, mais la fête reste avant tout pour les enfants, de même que ce film, et puis j’avait pas plus approprié en stock. Pour en revenir au film, il se trouve être l’un des plus gros succès surprise de ses dernières années. Produit pour très peu (69 M$) et développé dans un studio français, le film s’est largement imposé avec 543 M$ dans le monde, dont un excellent 3 millions d’entrées en France. Un carton qui a même prit des propensions incroyables avec la suite sortie cet été.

Quand on est moche – surtout dans les films d’animation -, on a une sacrée tendance à la méchanceté. Pour Gru (Gad Elmaleh), c’est devenu plus qu’une habitude : c’est une passion, un art de vivre. Il se croyait jusqu’alors le meilleur du genre, mais quand Vector, un petit jeune binoclard arrogant, vola la pyramide de Khéops, il se retrouva relégué au rang de simple moucheron insignifiant. Pour reprendre sa place de maître absolu, il ambitionna un plan machiavélique : voler la Lune ! Mais seulement voilà : pour ce faire il a besoin d’une machine réductrice, dérobée par Vector. Pour la lui reprendre, il va adopter trois filles qui ont l’habitude de lui apporter des cookies : Margo, Edith et Agnès. Mais son plan ne se passera pas sans accrocs…

Le moins que l’on puisse dire c’est que le film est très loin de faire preuve d’originalité. Son personnage principal, un vilain pas beau qui joue les méchants, est un exemple de prévisibilité flagrante. On sent direct qu’il n’a aucune motivation et que son plan d’adopter les trois filles va se transformer en paternité assumée et salvatrice. Et mise à part la querelle entre les vilains en herbe pour savoir qui volera la Lune, il n’y a pas tellement d’autre élément scénaristique. On retrouve un peu de Megamind, des Indestructibles avec un peu des situations à la Tom et Jerry, donc rien de neuf. Pire encore, le design des personnages est vraiment laid pour la plupart, surtout le principal et son rival (heureusement, pour ce qui est des environnements, c’est déjà plus réjouissant). On doit même supporter un vieux scientifique antipathique et inutile. Mais le film est il mauvais pour autant ? Non, loin s’en faut : notre comique national Gad Elmaleh fait du bon boulot pour rendre plus supportable Gru, les trois filles, surtout la plus jeune, sont agréables, et il y a surtout les Minons, mascottes du film. Petites créatures jaunes de laboratoires, elles installent un comique de répétition efficace et elles se révèlent aussi drôles qu’attachantes. Un point fort assurément bien exploité, mais qui du coup rend le reste encore plus limite. Un film d’animation pas mal drôle donc, mais aussi très vide et passablement illogique (certes, peu le sont dans l’espace, mais on atteint des niveaux risibles). Un divertissement qui conviendra mieux aux plus petits.

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Another Earth

Another Earth
2011
Mike Cahill (II)

Mondes parallèles, réalités alternatives : on en revient toujours au complexe de Dieu où l’homme rêve de pouvoir choisir un destin tout autre en modifiant le cours de sa vie passée. Que ce serait-il passé si j’avais choisit telle ou telle opportunité ? Existe t-il un moi alternatif au quotidien plus exaltant, un double à l’accomplissement démesuré ? Bref, plein de questions existentielles qui ne trouveront aucune réponse dans ce film.

Il y a des jours qui vous changent la vie. Ce soir là, le monde retint son souffle face à une annonce d’envergure : une planète a été découverte, non loin de chez nous, aux caractéristiques très proches de la Terre. Comme apparue du jour au lendemain, elle se trouvait là, près de l’étoile polaire. Levant les yeux au ciel pour apercevoir cette étrange planète, cette nuit là Rhoda (Brit Marling) perdit le contrôle de son véhicule, heurtant de plein fouet une voiture, tuant les deux passagers à bord, la mère et son fils. Quatre ans plus tard, ressortant de prison, elle se mit en tête d’aider à sa manière l’homme à qui elle a ôté sa famille. S’étant considérablement rapprochée au fil des ans, la mystérieuse planète se révéla être une copie parfaite de la Terre, possédant les mêmes continent, les mêmes édifices et plus inquiétant encore, les mêmes personnes…

Comment on fait quand on veut faire un truc énorme mais qu’on a pas de budget ? Facile : on fait croire pendant tout le film au spectateur que ça va se passer, alors qu’en fait non. Le pouvoir de la suggestion fait parfois des miracles, mais cela ne dure pas… Voilà ce qui aurait put être un préquel à Upside Down, mais on a pas forcément les moyens de ses ambitions. Partant d’un principe fort et troublant qu’une deuxième Terre se dévoile, le film va se révéler être une immense frustration : il ne fait que poser les questions qu’on se pose, sans jamais tenter d’y répondre. Le mystère s’épaissi puis nous laisse dans une brume des plus totales. En fait, c’est comme si on avait un prélude de une heure et demi et qu’au final il n’y ait rien derrière. Ça n’est donc pas que le film est long à démarrer, c’est simplement qu’il ne démarre jamais. Une ébauche d’idée, au cas où un gros studio décide d’en faire un remake, ou plutôt un développement. Et alors là oui, il y aurait matière à un must de science-fiction très psychologique, mais en l’état ça n’est rien de plus que des fous inconscients de la collision inévitable entre les deux planètes, dissimulé sous une histoire de drame humain mollasson.

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Lancelot, le premier chevalier

Lancelot, le premier chevalier
1995
Jerry Zucker

Entre tous les films et toutes les séries qui ont raconté l’histoire de Arthur et ses chevaliers de la table ronde, difficile de ne pas tout savoir dessus, mais revoir cette légende sous un autre jour peut être intéressant, d’autant que cette superproduction de l’époque reposait sur un beau casting et surtout des moyens considérables : 75 M$, du lourd. Malheureusement, cela était sans prendre en considération le talent inégalable des américains pour se torcher avec l’histoire.

Souvent les productions centrées sur ce thème se concentrent sur Merlin ou le roi Arthur, mais ici on la revit de par les yeux de Lancelot (Richard Gere), alors simple mercenaire aventureux. Vagabondant dans les forêts de Brocéliande, il tombera un jour sur une charmante créature répondant au doux nom de Guenièvre (Julia Ormond), dont il tomba immédiatement sous le charme après l’avoir sauvé d’un terrible guet-apens. Malheureusement, cette dernière, non dénuée de sentiments à son égard, doit respecter la parole qu’elle avait donné : elle est promise au roi Arthur (Sean Connery). Pendant ce temps, le malfaisant Méléagant fomente une révolution.

Oh le choc ! Le saviez-vous, Guenièvre et le roi Arthur n’ont jamais été marié ? Le saviez-vous, Lancelot est devenu roi après la défaite de Méléagant ? Et la liste est longue : pas de Merlin, pas de T à Camelot (à la prononciation, et ça fait saigner les oreilles), pas d’Excalibur, pas de dame du lac ou autre forme de magie. Pas de doubleur officiel non plus, les deux grandes têtes d’affiche n’ont pas leur voix françaises normales. Des faits qui passent mal, mais ça n’indique pas vraiment la qualité du film. Car une fois passé le choc du bouleversement historique, il faut reconnaître que cette romance épique entre Lancelot et Guenièvre a ses bons moments, le preux chevalier étant pas mal charismatique. On appréciera tout particulièrement les démonstrations de force, comme le sauvetage du début, le jeu d’adresse ou l’évasion maline. Le début est de manière générale intéressant, mais les choses se gâtent par la suite. On s’enlise avec l’histoire de Méléagant, Arthur est une déception continue, et on voit le film s’éterniser avec une dernière heure poussive qui n’arrive jamais vraiment à nous faire vibrer lors des batailles. Globalement le film est bien fait voir très bon au début, mais il ne tient pas la longueur et l’ennui se fait pesant par moments.

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Percy Jackson : La mer des monstres

Percy Jackson : La mer des monstres
2013
Thor Freudenthal

Après le semi-échec de Percy Jackson : le voleur de foudre, on ne pensait plus jamais revoir les aventures du demi-dieu Percy, fils de Poséidon, mais comparativement aux récents bides des productions du même genre, Percy n’avait finalement pas si mal marché et il restait encore quatre volumes de la saga de Rick Riordan à adapter, sans compter les spin-off. Mais les résultats furent encore une fois décevants, du moins aux Etats-Unis où le film a fait 20 M$ de moins que le premier, même si les résultats internationaux restent proches, surtout si le film marche bien en Chine (pour l’instant 200 M$ Vs 226 M$).

Comme pour La Colère des Titans, ce second opus nous confrontera à une terrible menace : le possible réveil de Chronos, qui mettrait non seulement fin aux Dieux de l’Olympe, mais aussi au monde entier. Il y a une dizaine d’années, à l’endroit même où se trouve le camp qui abrite désormais les demi-dieux (camp dirigé par Stanley Tucci), quatre jeunes furent attaqués par des cyclopes. Parmi eux, Annabeth (Alexandra Daddario) et Grover (Brandon T. Jackson), à l’époque accompagnés par une camarade qui n’a malheureusement par survécu à l’attaque. Mais son père, Zeus, transforma son corps en arbre, dorénavant protecteur du camp qui les abrite tous. Quatrième membre de ce groupe, Luke, le voleur de foudre, revient aujourd’hui pour mettre un terme à l’existence futile de son ancienne amie, exposant les locataires du camp à une mort inévitable. Mais il ne compte pas s’arrêter là : en quête de la Toison d’Or, il compte ramener à la vie Chronos. La mission de subtiliser la Toison avant lui pour sauver l’arbre fut confiée à la championne du camp, Clarisse (Leven Rambin), mais une prophétie désigne Percy Jackson (Logan Lerman) comme le possible sauveur du monde, à moins qu’il n’en soit l’instrument de sa destruction. Une chose est sûre, il ne peut rester impassible face à la menace, et épaulé par ses amis et son demi-frère cyclope, il compte bien partir pour la mer des monstres, lieu où reposerait la Toison.

Clairement le premier film fut une déception : certes divertissant et sympa, il reposait sur une histoire faiblarde et un univers incohérent face au monde d’aujourd’hui. Et malheureusement, ces deux points faibles n’évolueront que peu, mais il y a du mieux. Une fois mit de côté le taxi qui sonne comme un énorme plagiat du bus de Harry Potter 3, on remarquera l’effort fait pour mettre l’histoire en dehors du cadre de vie humain, les lieux étant ou magiques ou en pleine mer. De même, pour ce qui est du scénario à proprement parler, il fait montre d’un peu plus d’ambition et de logique, se servant à la fois plus en profondeur de la mythologie et l’amenant avec plus de pertinence. Les personnages sont toujours un brin superficiels et leurs réactions sont parfois peu rationnelles, mais rien d’alarmant. En revanche, le principal point d’évolution potentiel n’est pas là : l’armée des demi-dieux fait toujours autant pitié, seul Percy fait preuve de pouvoirs impressionnants (à condition qu’il y pense). Un point a tout de même significativement progressé : le visuel. Disposant pourtant d’un budget en baisse (90 M$), le film nous régale de temps à autre de plans aquatiques somptueux, notamment avec l’hippocampe, et les divers monstres sont très réussis. En bonne voix donc, surtout que le tome qui suit est censé être le plus abouti de tous. Réponse en octobre 2015, date du prochain rendez-vous cinématographique.

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Le Hobbit : la Désolation de Smaug

Le Hobbit : la Désolation de Smaug
2013
Peter Jackson

Il est difficile de succéder à une trilogie aussi mythique que Le Seigneur des Anneaux, même quand il s’agit d’une auto-succession de la part de Peter Jackson. Pour son premier essai avec Un Voyage inattendu, première partie de la nouvelle trilogie basée sur les écrits de J.R.R. Tolkien, le réalisateur a une fois de plus prouvé la valeur de l’univers d’héroïque-fantaisie qu’il dépeint, sublimé par une décennie de progrès technologiques, toujours réalisée avec talent (malgré une diffusion déplorable avec le HFR). La qualité fut au rendez-vous et le score du film au box-office fut très honorable (1,017 milliard de dollars), mais la base littéraire de cette nouvelle trilogie étant plus faible, une certaine déception fut perceptible d’un point de vu scénaristique, et il est possible que cette suite, certes plus appréciée, rate le seuil du milliard…

Il y a un an tout juste, nous avions laissé Gandalf (Ian McKellen), Bilbon (Martin Freeman), le prince nain Thorïn (Richard Armitage) et ses douze apôtres non loin de la montagne où repose leur ancienne cité, prisonnière du terrible dragon Smaug. Seule les en sépare une forêt avant paisible, mais désormais empoisonnée par le mal, perturbant les sens et lâchant sur eux des créatures aussi sournoises que répugnantes. Une tribut elfique y vit, mais la dureté de leur environnement les a rendu austères, et nul aide ne leur viendra, exceptés Tauriel (Evangeline Lilly), touchée par le sort de l’un des nains, et Legolas (Orlando Bloom), venant prêter main forte à sa semblable. Mais que sont une poignée d’homme face à une armée d’orques répondant au pire démon qui soit ? Obnubilés par un trésor et le dragon qui le protège, ils ne voient pas la véritable menace qui pèse sur eux.

Le second opus d’une trilogie possède toujours le risque d’être le moins intéressant des trois. Le premier a la primeur, le dernier délivre la conclusion. Pour l’épisode des Deux Tours, ça n’avait pas du tout été le cas : la puissance du combat du gouffre de Elbe fut d’une telle ampleur qu’il restera à jamais dans les mémoires. Or rien de comparable ici, mais on retrouve suffisamment des qualités de la première partie pour se hisser au même niveau, à quelques détails près. Là où le film pêche clairement, en plus de ne pas proposer de guerre grandiose, c’est du côté de l’histoire. Pas grand chose à se mettre sous la dent : la partie de Gandalf n’est qu’à peine abordée et la quête principale a tout juste progressé. Le pire, c’est qu’on avait à peu près tout dans la bande-annonce puisque le film se fini brutalement en queue-de-poisson peu après le réveil de Smaug. Mise à part quelques clin d’œil, on retiendra surtout l’arrivée de Tauriel, premier rôle féminin important de cette nouvelle aventure (et quelle femme !), et aussi l’humain incarné par Luke Evans, dont on se doute de la futur importance. Pas non plus bourré de scènes d’action, le film n’en reste pas moins dynamique et il possède des passages très bons, comme tout ce qui entoure l’évasion. Un peu moins épique et ambitieux que la première partie, cette Désolation possède néanmoins une grande partie de ses qualités, et on rentre plus rapidement dans le sujet. De plus, le format de l’image n’est plus ici un problème, et malgré la noirceur gênante de la 3D, on profite mieux de la réalisation qui affiche toujours des beaux paysages, quoique moins nombreux, et surtout un dragon majestueux et très réussi, à défaut d’être original. Par contre, le fait de le faire parler comme un humain (avec sa gueule) sonne étrange. Ni spécialement mauvaise ou bonne surprise donc, on reste dans la continuité en espérant que le final fasse montre d’un peu plus de recherche scénaristique et offre enfin un combat épique inoubliable. La première impression du Hobbit se confirme malgré tout : on a là un digne successeur.

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Malena

Malena
2001
Giuseppe Tornatore

Si l’adolescence c’est déjà pas facile entre un corps en pleine mutation et des besoins primaires grondant, alors en temps de guerre… Prenant place au printemps 1940 en Italie, le film nous narre les balbutiements de Renato Amoroso en tant qu’homme, s’éveillant à la vie du haut de ses quinze ans. Les affres de la seconde Guerre Mondiale n’ayant pas encore touché son pays, il vagabonde gaiement avec son nouveau vélo, rejoignant un groupe de camarades cyclistes à la passion dévorante : Malena (Monica Bellucci). Tous les hommes du village, jeunes ou vieux, seuls ou mariés, tous se décrochent la mâchoire devant ce spectacle sans commune mesure. Son interminable chevelure ondulée, ses yeux aguicheurs, son fessier généreux, ses longues jambes gracieuses, ses voûtes charnelles : tout chez elle est sujet à fantasme. Peu de femmes marquent vraiment dans une vie, mais pour Renato, Malena restera pour toujours la plus belle de toutes.

Pour parler des fantasmes masculins, et plus particulièrement des premiers désirs sexuels, le choix de l’actrice qui interprète Malena est tout particulièrement bien choisi. Possédant à la fois un charme fou et une beauté renversante, elle représente la féminité avec naturel et classe. Mais elle ne se résume pas qu’à un objet de convoitise, elle est aussi une femme brisée aux malheurs incommensurables et dont la pureté et l’intégrité seront bafoués par la jalousie des unes et la frustration des autres. Et au final elle restera un mystère dont on n’aura été que le témoin. Le personnage principal profite lui aussi d’un certain soin, se posant comme un jeune homme troublé par une réalité qu’il rejette. Mais le film va au delà de cette alchimie en proposant un contexte historique fort mais complètement éclipsé par le style et le mode de vie local très écrasant à l’image, donnant presque tout son sens à l’ensemble. Le film est donc une franche réussite sur tous les tableaux entre une idée rondement menée et une patte très personnelle, nous happant totalement dans cette histoire à la fois simple et dramatique.

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Zathura : une aventure spatiale

Zathura : une aventure spatiale
2006
Jon Favreau

Trouver une bonne idée, c’est suffisamment compliqué comme ça pour na pas se priver d’une réutilisation frauduleuse. Ce fut le cas de l’écrivain Chris Van Allsburg, à qui l’on doit l’excellent Jumanji (donc à la base un livre), film fantastique qui faisait sortir d’une jungle terrifiante d’une autre dimension des créatures féroces et autres dangers tout aussi mortels, et tout cela se déchaînait sur les pauvres joueurs sans défense du jeu de société Jumanji. Une brillante idée de transposition de l’imaginaire dans le réel via un jeu qu’il va auto-plagier avec son roman Zathura, dont l’adaptation cinématographique ne fait pas honneur à son prédécesseur.

Après la jungle, l’espace. Suite au divorce de leur père (Tim Robbins), Danny et Walter (Josh Hutcherson) passent leur temps à se disputer, se battant systématiquement pour avoir le privilège de jouer avec leur père. Envoyé dans la cave par son frère qui souhaitait lui faire passer l’envie de l’importuner, Danny va tomber sur une étrange boîte : un jeu d’aventure spatiale intitulé « Zathura ». D’apparence banal, il cru même à un canular quand il lut sur la première carte « protégez-vous des météorites ». Mais quand il réalisa que la maison se trouvait à présent dans l’espace, il comprit que le jeu n’a rien de commun. S’il veut s’en sortir, lui et son frère devront faire la paix et coopérer pour finir le jeu.

Oui, il y a comme un air de déjà vu. Mais attention, les deux films sont très différent, si si : les lieux et les épreuves ne sont pas les mêmes ! Donc pour l’originalité, on repassera, même s’il faut bien avouer que s’il n’y avait pas eu Jumanji, on aurait pu dire que le film partait d’une bonne idée, aussi mal exploitée soit-elle. Car oui, qualitativement, les films n’ont rien de comparable. Déjà d’un point de vu des acteurs, les deux enfants ne sont pas terribles, et on est loin d’avoir l’un des meilleurs acteurs de l’histoire pour venir jouer les mentors. Il y a bien Kristen Stewart, mais son rôle étant quasiment inexistant… Côté histoire c’est navrant entre un jeu fait à l’arrache, des épreuves ridicules et des personnages pas très intéressants. Pire encore, côté effets spéciaux on regrette presque l’atroce modélisation du lion ou des singes : les Zorgons sont tout simplement hideux, de même que la plupart des autres effets numériques. Et pourtant, le film est censé avoir un budget de 65 M$. Les bases étant tout de même similaires, on a là un divertissement familial pas non plus mauvais, mais l’écart de niveau passe très mal.

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Hollywoo

Hollywoo
2011
Frédéric Berthe, Pascal Serieis

Gros carton de Noël 2011, le film a tout de même réuni plus de 2,3 millions de spectateurs, et pourtant… Des critiques assassines, le casting, le scénario : il y a des signes qui ne trompent pas. Que c’est traître un journal télé vide avec TF1 qui balance ses films populaires ! Mais mine de rien, il y avait un certain potentiel à un moment donné.

Intégrer le milieu du show-biz est très dur en France, et il est difficile de s’intercaler entre deux fils / filles « de » (artiste célèbre). Recalée dans tous les castings, Jeanne (Florence Foresti) croyait avoir déniché le bon plan : elle est la doubleuse d’une célèbre actrice de série américaine. Mais un beau jour, son monde fragile va s’écrouler : de par sa rupture avec son partenaire à l’écran, la star à qui elle prête sa voix va claquer la porte du studio et mettre fin à son rôle dans le show, mettant par extension un terme au travail de Jeanne. Complètement perdue et ne sachant que faire d’autre, elle va prendre un avion direction Hollywood, espérant pouvoir la faire changer d’avis.

Au chômage technique et aux finances au plus bas, elle décide de prendre un vol passablement hors de prix pour ce qui sonnait comme un coup d’épée dans l’eau. Elle qui n’est personne en France, comment pourrait-elle entrer en contact avec l’une des plus grandes stars de la planète ? Donc déjà, l’idée première paraît stupide, et en plus son application va se révéler cabotine. Une histoire, on a besoin d’y croire un minimum, alors constater qu’il n’y a strictement aucune star d’Hollywood, c’est désarmant. On ne pouvait pas espérer retrouver les plus grands noms qui soient, mais de là à n’avoir personne, c’est triste. On essaye de passer outre, mais régulièrement cette réalité nous revient de plein fouet. C’est dommage car à par ça, le casting est plutôt bon, à ceci près que Jamel Debbouze ne sert à rien et que son humour est encore plus lourd que sa partenaire. Malgré quelques passages relativement drôles, on notera tout de même un niveau si raz des pâquerettes que la honte prédomine, et les situations ne font pas dans la demi-mesure. Il y avait pourtant deux pistes intéressantes et par moment bien exploitées, le fait de s’incruster dans les soirées mondaines et l’humanité de ces icônes, mais globalement le film patauge et on rit jaune.

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Killing Fields

Killing Fields
2011
Ami Canaan Mann

Adapté d’une histoire vraie et reposant sur un casting des plus solides, le film n’a pourtant pas connu de sortie nationale, devant se contenter d’un petit million de dollar dans le monde. S’il est vrai que son histoire sombre ne fait pas de lui un film familial, il n’a malheureusement pas que ce seul défaut.

L’histoire, qui se déroula il y a quelques années à Texas City, débuta par un meurtre, celui d’une jeune prostituée de 15 ans retrouvée sans vie des suites de nombreux coups. Mike (Sam Worthington) et Brian (Jeffrey Dean Morgan), deux flics du coin, sont chargés d’élucider l’affaire. Planchant sur une série de meurtres de jeunes filles elles aussi violentées, une flic (Jessica Chastain) d’un autre conté demandera de l’aide à Brian, du coup moins concentré sur sa propre affaire, et qui ne verra pas ce qu’il avait sous le nez depuis le début…

Rarement un film n’aura été aussi réaliste. Fini les policiers de talent qui attrapent les criminels à tour de bras, fini les sauvetages à la seconde près : ici ce sont des hommes, des mous, des blaireaux ! Si quelqu’un appelle à l’aide, il devra prendre son mal en patience ou claquer bien gentiment, car mollo mollo, on conduit prudemment et on attend d’être sûr qu’il se passe bien quelque chose avant de bouger. De même, un policier ça ôte plus de vie que ça n’en sauve, c’est normal. Ainsi, on est pas étonné de voir avec quel dédain est traitée Chloë Grace Moretz, la « sûre et certaine prochaine victime » mais que tout le monde envoie paître. Pareillement, le ou les coupables sont connus depuis le début, les indices sont flagrant, il y a même des témoignages corroborant, mais rien à faire, un flic américain, c’est con. Alors oui bravo, c’est incroyablement réaliste voir drôle par moments, mais on parle quand même de jeunes mineures violées et torturées. Alors devant tant d’incompétence, on se lasse, d’autant que le rythme du film est assez mauvais. En plus, à croire que la réalité est prévisible, la fin est exactement celle qu’on attendait depuis quasiment la première seconde. Pas inintéressant, le film reste malgré tout bancal.

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Percy Jackson : le voleur de foudre

Percy Jackson : le voleur de foudre
2010
Chris Columbus

Si les adaptations de saga littéraires pour ados ont du mal à trouver leur public depuis quelques temps (Hunger Games est le dernier représentant du genre), il fut une époque où les projets se multipliaient et connaissaient un engouement certain. Ayant prouvé son talent avec les deux premiers Harry Potter, Chris Columbus avait lancé il y a trois ans le phénomène Percy Jackson, mais le succès littéraire étant moindre que sa précédente expérience, les résultats furent eux aussi plus modestes : 226 M$ dans le monde, clairement insuffisant pour un film de cette envergure, qui reprend la mythologie de l’olympe en plein XXI° siècle.

Il arrive des fois que les dieux descendent sur Terre et s’amourachent d’une humaine, et c’est ce qui est arrivée pour Percy Jackson (Logan Lerman), fils de Poséidon et d’une humaine (Catherine Keener). Il vivait jusqu’alors à peu près comme un lycéen normal, mais rien de ce qui l’entourait n’était vrai. Son meilleur ami Grover (Brandon T. Jackson) est en réalité un satyre, son professeur d’histoire (Pierce Brosnan) un centaure, et même sa professeur de littérature est une harpie. Mais le jour où l’éclair de Zeus (Sean Bean) fut volé et que les soupçons furent posés sur Percy, ce monde lui fut révélé. Faire face à cette accusation calomnieuse ne sera pas son seul problème : sa mère ayant été enlevée par Hadès (Steve Coogan), il doit trouver un moyen de pénétrer son antre. Épaulé par Grover et Annabeth (Alexandra Daddario) fille d’Athéna, il se mettra en quête des perles de Perséphone (Rosario Dawson), son ticket de sortie des enfers.

Le principe même du film sonne faux : le cadre des dieux et du monde de l’olympe ne colle pas à notre temps, et le mélange passe mal. Déjà la qualité discutable des effets spéciaux nuit à la crédibilité, mais pas autant que le camp des demi-dieux : une espèce de joute de gamins qui font mu-muse et qui n’ont -pour la plupart – pas le moindre pouvoir. Et de toute façon, pourquoi les entraîner ? Et puis au temps d’internet et de Youtube, cacher un endroit pareil ne se justifierait que par la magie, tout comme les démonstrations publiques. Même Narnia avait un univers plus cohérent… Et de toutes façons, l’histoire est plutôt faible, elle ne fait que se reposer sur son univers et le sauvetage de la mère ou le vol de l’éclair ne changent rien à la donne. Ajouté à des incrustations datées et des monstres pas géniaux tant en terme d’originalité que de graphismes – le taureau, Méduse (Uma Thurman) & l’Hydre -, cela rend le film vraiment limite. Heureusement, il a quelques atouts autres que son casting dantesque. Frais et dynamique, le film soigne plutôt bien son image entre une bande son de qualité et une réalisation de haute volée. On a même droit à des passages sympathiques comme l’excursion à Vegas ou le combat final. Le résultat est malgré tout très enfantin et d’un intérêt limité, mais le potentiel peut être là en s’éloignant de la mythologie pour se concentrer sur le neuf, à savoir une armée de demi-dieu qui, s’ils font montre de pouvoirs comparables à Percy, pourraient donner le change. Un bilan mitigé mais prometteur.

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