Jason Bourne – l’héritage

Jason Bourne - l'héritage
2012
Tony Gilroy

Cela faisait cinq ans que le célèbre agent secret amnésique avait retrouvé ses employeurs et fait justice. Une trilogie de qualité qui alliait suspense pesant, personnage mystérieux et charismatique, scénario réfléchit et intenses scènes d’actions. Une histoire finie, mais avec près d’un milliard en trois films, l’envie de recapitaliser dessus s’est fait pesante.

Suite à la prise de conscience de Jason Bourne et à sa vendetta, l’agence gouvernementale Treadstone se retrouve menacée et une divulgation dans la presse de leurs affaires serait inenvisageable. De ce fait, le chef des opérations (Edward Norton) décréta la fin des tests et par là même la mise à mort de tous les participants au projet d’armes humaines. Soldat d’élite formé dans cette optique, Aaron Cross (Jeremy Renner) a heureusement pour lui put réagir face à sa tentative de meurtre, réussissant à disparaître par la mise en scène de sa mort. Mais il lui reste un problème de taille : rendu plus fort et plus intelligent par médication, il risque des effets secondaires de manque terribles si il n’est pas réapprovisionné au plus vite. Survivante en sursit, la doctoresse Marta Shearing (Rachel Weisz) pourrait bien être sa dernière chance de salut.

Qu’on se le dise d’emblée, le lien avec la saga Jason Bourne est complètement artificielle, voir inexistante. La société responsable de la situation est certes la même, mais on ne retrouvera aucunes des personnes précédemment impliquées, et les clin d’œil au personnage de Bourne ne servent à rien et semblent disséminés au hasard. « Tiens, là ça semble pas trop hors sujet ». Et même en dehors de ça, le scénario est faiblard : il ne s’agit ni plus ni moins qu’un camé parcourant la planète pour sa dose. En même temps, prenant place entre les deux premiers volets, ce film ne pouvait clairement pas résoudre tous les problèmes, sans quoi il entrerait en contradiction avec les événements. Reste alors l’aspect action, reprenant la force de son modèle en proposant des plans intelligents et précis, donnant lieux à de vraies bonnes situations. Le début à la neige est franchement bon, et certaines séquences, comme l’escalade de la maison de la fille ou la sortie de l’usine aux Philippines, ont vraiment de l’impact. Mais bien sûr, face à une grande faiblesse scénaristique et à une évidente facilité dans la formule, difficile de prétendre au niveau de son illustre prédécesseur. L’héritage est là, certes, mais ça reste un peu trop léger pour se hisser au delà du simple bon film d’action.

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Wrong

Wrong
2012
Quentin Dupieux

Quand le réalisateur de l’étrange et boiteux Steak part à l’assaut des States avec « un film incroyablement surréaliste », on comprend pourquoi de base personne n’a encouragé son projet sur « un homme qui a perdu son chien ». Effectivement, seuls 49 cinémas ont tenté l’expérience en France, et 16 outre Atlantique, une représentation pour le moins inexistante.

Comme promis, l’histoire est complètement délurée : se réveillant un matin, Dolph Springer (Jack Plotnick) se rend compte que son chien n’est pas là. Déjà abasourdi par cette nouvelle, la suite de sa journée va bouleversée sa vie. Tout commença par des faits très étranges entre son voisin qui déménage, ou encore son jardinier (Eric Judor) qui a perdu son palmier, remplacé dans la nuit par un sapin. Par la suite, il croisa une voiture incendiée, chose inédite dans le coin. Pire encore, on lui reprocha sa présence au bureau. Certes il a été renvoyé il y a trois mois mais il ne dérange pourtant personne ! C’est alors qu’une nouvelle plus terrible encore va lui être révélée : Maître Chang (William Fichtner) a kidnappé son chien pour lui faire prendre conscience de sa valeur, avant de lui ramener quelques jours plus tard. Mais seulement voilà, il s’est échappé…

Un film tout au second degré qui joue sur les situations, créant un décalage total entre la réalité et la vision de Dolph, donnant lieu à de grand moments de folie. Ses pensées étant focalisées sur la perte dévastatrice de son chien, le reste se retrouve déformé par son chagrin et son désarrois. Presque excellent sur papier, hypothétiquement hilarant même, le film va s’avérer n’être qu’une immense déception, source de beaucoup d’ennui. Le décalage est massacré par le jeu des acteurs, car mise à part le personnage principal – heureusement qu’il est là -, les autres sont cabotins, surtout l’exécrable Eric Judor, faisant honte à notre pays. Plus grave encore, les comiques de situations sont étirés à l’extrême et leur surexploitation épuise le filon. Le coup du bureau sous l’eau saoule vite, mais largement moins que le jardinier inutile voir gênant, et surtout le « Maître Chang ». Et quelle faute de goût que la séquence « souvenir d’un excrément » ! Alors c’est sûr, le film possède indéniablement un côté surréaliste prononcé, mais l’effet est raté. Le potentiel était énorme, mais l’accumulation des tares scénaristiques et le manque total de rythme sont tels que le résultat est passablement laborieux.

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G.I. Joe – Le réveil du Cobra

G.I. Joe - Le réveil du Cobra
2009
Stephen Sommers

À l’image des très bons Transformers et Battleship, ce film s’inspire lui aussi de jouets estampillés Hasbro, aussi insignifiant cela puisse t-il sembler. Un challenge pour les scénaristes qui vont tenter de replacer ces figurines de guerre dans le milieu des services secrets américains, en proie à une terrible menace technologique.

Directeur d’une compagnie d’armement de pointe (M.A.R.S), McCullen a mit au point des puces capables de ronger n’importe quoi sur commande, tanks ou même des villes. Duke (Channing Tatum), militaire chargé du convoie transportant les ogives de cette nanotechnologie, n’arrivera malheureusement pas à destination. Attaqués par une force mystérieuse supérieurement équipée, ils vont néanmoins être sauvés par une escouade d’élite composée des meilleurs soldats des 23 plus grandes nations, les G.I. Joe. Bien décidé à faire la lumière sur cette histoire, Duke va rejoindre l’organisation et faire face à cet ennemi inconnu. En réalité, il s’agit de McCullen cherchant à se venger d’un fait datant du XVII° siècle. Pour se faire, il a recruté l’ex copine de Duke, un ninja et une vingtaine de soldat insensibles à la douleur et pleinement malléables.

Doté de son budget monstrueux de 175 M$, le film s’impose comme un gros film de guerre. Dès la première séquence de l’escorte, on sent la puissance du blockbuster entre les explosions à foison et les technologies tapageuses. Mais d’un autre côté, cet aspect n’est pas non plus parfait : le plan de survol du désert ou même la base sous-marine sont clairement des incrustations numériques perfectibles. Mais ce qui inquiète le plus dans un premier temps c’est son scénario. Entre l’histoire à Taiwan il y a quatre ans et le coup du muet qui est le frère du ninja, les coïncidences – voulues ou pas – sonnent abusives. Et puis au fond, n’est-ce qu’une quête de pouvoir et de vengeance ? Alors c’est sûr, la scène de course poursuite à Paris a de la gueule, mais est-ce suffisant ? Il faut bien dire que l’histoire est consternante tant elle combine vide abyssal et situations improbables. Rien n’est expliqué et le déballage technologique est gratuit, ne servant que l’esthétisme. Et malgré les moyens déployés, on n’y croit pas tellement, laissant même encore plus dubitatif dans les plus grosses scènes. Même côté casting on est perplexe : les noms les plus connus ne font que de la figuration (Dennis Quaid, Brendan Fraser & Joseph Gordon-Levitt). Heureusement ça reste un gros film d’action assez musclé et on évite l’ennui, mais l’intérêt est franchement limité. Une sous-production du genre.

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Evil Dead

Evil Dead
2013
Fede Alvarez

Comme il est de coutume ces derniers temps, les « grands classiques » du cinéma horrifique se voient transposés sous forme de remake. Après Freddy, Massacre à la tronçonneuse, Fright Night et bien d’autres, c’est au tour d’Evil Dead, 32 ans après l’original. Ne l’ayant jamais vu, la comparaison n’aura pas lieu d’être et le film sera jugé comme une œuvre inédite.

Bien que s’inspirant très clairement de la trilogie éponyme des années 80, le film nous conte une histoire « originale ». Cinq amis décident de passer des vacances dans une petite cabane recluse, l’occasion pour l’une d’elle d’en finir enfin avec ses problèmes de drogue. Pour en être sûr, les autres ont décidé qu’elle ne partirait pas de là tant que le sevrage ne sera pas effectif. Malheureusement, ce choix leur coûtera très cher. Alertés par une odeur moribonde, ils vont découvrir une pièce secrète dans la cave, recelant des dizaines de cadavres de chat pendus au plafond, et un étrange livre. Le lire scellera leurs destins à tous.

Après une scène d’introduction presque risible, les clichés les plus gros du genre s’accumulent : une bande de jeunes, principalement des couples où chaque archétype de style est représenté (le BG, le meuble, la « c’est la copine de l’autre ? », le binoclard et la paumée junkie), et bien évidemment tout ce petit monde s’est convié dans une cabane bien cachée en pleine forêt, territoire idéal pour se faire tuer dans d’atroces souffrances. Pire, comment peut-on être aussi débile que « tient, et si j’ouvrais ce livre enveloppé dans du barbelé qu’on a trouvé dans le sous-sol dans cette pièce secrète pleine de cadavres de chats » ? Fallait-il y ajouter en plus « danger de mort certaine » ? Ah mais c’est vrai, ça y était ! Petit con… Tout ne sera alors qu’une suite de « comme par hasard » où les situations enchaînent les évidences du genre, comme le miroir qui, une fois refermé, montrera bien évidemment une vision d’horreur. Du coup, les effets de surprise sont inexistants, de même que le sursaut de peur, car malgré une réalisation efficace, les codes du genres nous donnent des dizaines de coups d’avances, annihilant tout stress. Au moins, dans un film comme La Cabane dans les bois, l’avalanche de clichés était voulue. Ici, c’est juste ennuyeux. En fait, le seul intérêt relatif qu’on peut trouver au film, c’est son côté gore poussé à l’extrême, rappelant les passages les plus ensanglantés de la saga Saw, c’est dire. Mauvais héritage ou pas, il est clair que ce cru est un immense ratage tant il échoue à nous faire ne serait-ce que frémir.

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Comme des frères

Comme des frères
2012
Hugo Gélin

Jolie succès critique de l’an passé, le film n’a pas pourtant pas rencontré un franc succès dans les salles. La faute à une concurrence trop rude ? Peut-être, à moins que le sujet fut jugé trop sensible. Difficile de rire de pauvres âmes égarées dont le phare s’est brisé, emporté dans le tourment de la mort.

Elle est apparue dans leur vie comme un doux rayon de lumière, elle est partie dans la douleur et le chagrin. Chacun d’eux se souviendra avec tendresse et nostalgie de la radieuse Charlie (Mélanie Thierry) qui illumina à tous leurs journées bien maussades, avant d’être emportée par un terrible cancer. Se retrouvant à ses funérailles, Boris (François-Xavier Demaison), Elie (Nicolas Duvauchelle) et Maxime (Pierre Niney) décidèrent de respecter les dernières volontés de Charlie en partant faire ce voyage en Corse qu’ils n’ont jamais pu faire tous les quatre. Minés par la tristesse et querelleurs de cet amour partagé, ces trois hommes de trois décennies différentes (20, 30 et 40 ans) vont tenter de surmonter le deuil ensemble, comme des frères partageant cette même âme sœur.

Trois hommes aimant secrètement la même femme, se suffisant de son amitié, mais qui voient leurs mondes s’écrouler lorsque ce bonheur hypothétique disparaît définitivement, emportant aussi ce qui est devenu au fil du temps leur meilleure amie. Ils n’ont rien en commun à par elle, mais vont quand même fraterniser. Un beau film sur l’amitié, dominé par le thème de la mort injuste et destructrice, ponctué par de grands moments d’émotion où le souvenir de l’être aimé fait terriblement souffrir. Fait avec beaucoup de professionnalisme, le film manie avec habileté l’art du flashback, y mettant ce qu’il faut de nostalgie et de tendresse, allant crescendo dans l’empathie, nous tirant presque les larmes. Les changements de réalisation renforce le côté mystique de leur relation avec Charlie, nous aidant à ressentir leur attachement si fort. Le trio marche lui aussi très fort, chaque personnage étant intéressant et sympathique, et leur proximité explosive donne lieu à des situations aussi dramatiques que drôles, car le film est aussi une comédie grinçante assez efficace et percutante, jouant beaucoup sur la naïveté du petit jeune. Drôle et touchant, le film est une très bonne surprise qui traite avec modestie et retenue d’un sujet pourtant difficile et triste.

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Stoker

Stoker
2013
Park Chan-wook

Chaque année apporte son lot de scénarios blacklistés, c’est-à-dire jugés intéressants mais incertains quand à la réaction du public. Quasiment pas diffusé en dehors de la Corée du Sud, pays natif du réalisateur, le film est en effet assez spécial.

Réservée et marginale, India Stoker (Mia Wasikowska) va voir sa vie bouleversée par la mort de son père (Dermot Mulroney). Vivant recluse avec sa mère (Nicole Kidman) dans un petit château isolé, elle va faire la rencontre de son oncle Charles (Matthew Goode) lors des obsèques de son père. Jusqu’alors inconnu, cet étranger va aller jusqu’à s’installer avec elles. Qui est-il et pourquoi se manifester maintenant ? D’abord méfiante, India va peu à peu le voir sous un autre angle, installant une attirance malsaine entre eux.

Si on constate d’emblée une recherche d’esthétisme certain, soignant chaque plan et faisant ressortir une atmosphère singulière, la première moitié du film est tout simplement soporifique. Il ne se passe absolument rien, la situation dépeinte est anémique et le fond du film n’est qu’une suite affligeante de discutions plates et insipides. D’une mollesse alarmante, le film essaye d’installer un faux suspense ridicule, ne masquant aucunement le vide abyssal l’entourant. Puis après une grosse demi-heure fatigante, le film se dévoile enfin, se posant comme une sorte de Dexter où la pulsion du meurtre se manifeste, partant aussi sur des dérives fusionnelles troublantes. L’intérêt se fait alors beaucoup plus présent, faisant dans le dérangeant comme avec la scène de la douche ou du château de sable. Mais cela ne suffit pas à rattraper la première partie d’un ennui mortel, et même si le scénario réserve quelques surprises sur la fin, il reste particulièrement faiblard. Le potentiel est évident, la série Dexter ayant bâtit sa notoriété dessus, mais on ne retrouve ni la puissance stressante ni la force de conviction, n’aboutissant qu’à une étrangeté inachevée.

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Août 2013

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Sous surveillance

Sous surveillance
2013
Robert Redford

Après le très bon La Conspiration, Robert Redford vient une fois de plus pointer du doigt le système américain avec cette adaptation du livre de Neil Gordon. Voulant dénoncer les dérives militaires et d’espionnages de Big Brother, il va mettre en avant des anciens membres activistes de « Weather Underground ».

En 1969, alors que la population restait dubitative face à la guerre du Vietnam, un groupe activiste a mené quelques actes de représailles. Si certains ont été condamnés, d’autres ont réussi à disparaître. Une trentaine d’année plus tard, la couverture de Sharon Solarz (Susan Sarandon) était sur le point d’être percée, mais elle n’eu pas le temps de se rendre. Coupable du meurtre d’un vigile dans une banque à l’époque, elle fut appréhendée par le FBI (Terrence Howard). Enquêtant sur cette affaire, le journaliste Ben Shepard (Shia LaBeouf) va mettre le doigt sur une affaire énorme, perçant la couverture du chauffeur de l’opération : Jim Grant (Robert Redford). Devenu l’ennemi public numéro un, il est bien décidé à retrouver une ancienne amie pour témoigner de sa non-présence le jour du braquage. Piégé dans le tourbillon qu’il a créé, Ben ne pourra que constater l’ampleur des dégâts causés, ne pouvant plus arrêter la machine.

Moins complexe qui n’y paraît, cette histoire n’est ni un complot ni l’aboutissement d’un plan grandiose. Tout est exactement ce qu’il paraît, personne n’a vraiment de plan et cette improvisation ambiante déçoit fortement à mesure que le film se dévoile. Pas de tweest ending, pas de rebondissements éclatants. Juste une histoire de convictions et de militantisme, heureusement assez bien structurée. La mise en scène est très bonne, mais reposant sur un suspense inexistant, elle n’est pas très pertinente. Là où le film impressionne vraiment, c’est au niveau du casting. Si les performances sont correctes, on peut féliciter le réalisateur d’avoir réuni, outre ceux précédemment cités, Stanley Tucci, Anna Kendrick et Brendan Gleeson. Du beau travail de forme donc, mais le fond manque d’originalité et le sujet n’est pas aussi intéressant qu’il aurait pu être.

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Mud – Sur les rives du Mississippi

Mud - Sur les rives du Mississippi
2013
Jeff Nichols

Gros succès surprise, et même plus grand succès de tous les temps pour son distributeur, ce film indépendant vient faire écho au précédent succès de son réalisateur : Take Shelter, carrément acclamé par la presse. Reparti bredouille de Cannes, Mud a néanmoins mieux convaincu son public, surtout en France qui représente son second plus gros pays en terme d’entrées.

Prenant place sur les eaux troubles du Mississippi, le film nous compte l’aventure de deux jeunes garçons de 14 ans, partis en exploration sur cet immense fleuve. Au détour d’une petite île, ils vont faire la découverte d’un bateau perché au sommet d’un arbre, cabane de rêve. Mais il se trouve que cet endroit constitue l’abri de Mud (Matthew McConaughey), un pauvre homme recherché par la police pour le meurtre accidentel de l’ancien compagnon violent de son amour de toujours, Juniper (Reese Witherspoon). Y voyant là une pauvre âme égarée soumise à l’injustice, les deux garçons vont n’écouter que leur cœur et décider de lui venir en aide.

Un peu déroutant par sa nonchalance et sa simplicité, le film se pose plus comme une réflexion sur le bonheur, l’amour, la philosophie de vie. Vivant sur des maisons flottantes où l’eau sous leurs pieds grouillent de dangereux prédateurs mortels (pour ne citer que les alligators et les serpents), souffrant de la misère et d’un isolement important, ils sont néanmoins content de leur choix de vie, y trouvant là une forme de sérénité. Au delà de ça, dans cette aventure où la naïveté est omniprésente, la dure réalité de la vie est représentée par la femme, monstre de méchanceté brisant sec les rêves romantiques et ayant une pierre à la place du cœur. On retrouve beaucoup de poésie dans la narration et la réalisation, d’assez bonne facture et qui retransmet bien les lumières et les couleurs locales. Un très beau film qui ne peut malheureusement pas prétendre au chef d’œuvre, son histoire trop légère étant bien trop mise en évidence par la longueur du film, nuisant à sa fluidité. On peut néanmoins compter sur beaucoup de professionnalisme artistique, tant au niveau de l’image que du jeu des acteurs, très prometteur en ce qui concerne Tye Sheridan, pierre angulaire du film. Petit film d’auteur certes, mais assez remarquable.

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Gambit, arnaque à l’anglaise

Gambit, arnaque à l’anglaise
2013
Michael Hoffman

Après son oscar du meilleur acteur dans Le Discours d’un roi, on aurait supposé la carrière de Colin Firth plus florissante et glorieuse, mais le voici à la tête d’une petite production anglaise, même pas sortie aux USA. Un film dont l’histoire n’est d’ailleurs pas originale : il s’agit d’un remake d’Un Hold-Up extraordinaire datant de 1966, pourtant déjà loin d’être un plébiscite.

Probablement remise au goût du jour, l’histoire n’est pas exactement un modèle d’originalité et de complexité. Le principe est simple : Harry (Colin Firth) ne supporte pas son patron (Alan Rickman) et veut lui le faire payer. Pour se faire, en tant que consultant en art à son cabinet, il prévoyait de lui mettre sous le nez la toile qu’il désire le plus au monde (Meules soleil couchant, de Monet), qui serait en fait une reproduction de faussaire, et de la lui faire payer plein pot en l’expertisant comme authentique, lui extorquant optimalement 12 millions £. En plus, ayant fait quelques recherches, le dernier possesseur de la toile était un certain Puznowsky qui aurait subtilisé la toile à un général allemand pendant la seconde guerre mondiale. Pour son plan, débaucher sa petite fille (Cameron Diaz) était juste parfait, mais rien ne va se passer comme prévu.

Souvent, on assimile l’humour anglais à la finesse, l’élégance. Quand on a une texane qui en fait des caisses, quand on nous fait le coup de l’exhibitionniste plusieurs fois, l’éternel téléphone arabe avec le traducteur, ou même du carrément scatophile, on oublie très vite ce genre de considérations. De même, le raffinement dans le jeu des acteurs est absent (ne parlons surtout pas de Cameron Diaz, juste lamentable), comme les scénaristes, ne prenant rien en compte. Quand quelqu’un parle fort dans une pièce mitoyenne, on peine à croire les autres personnes sourdes. Et que c’est interminable ce running gag de l’hôtel ! Pire encore, le coup du lion fini de nous achever, sombrant inexorablement. S’il y avait un certain potentiel de départ, le bilan fait peine à voir, malgré la petite pirouette finale.

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