Amour

Amour
2012
Michael Haneke

Le film a fait une véritable razzia lors des cérémonies. Quasiment nominé dans toutes les catégories, le film a remporté aux Césars le prix du meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur / actrice, et aussi meilleur scénario original. Mais l’exploit ne s’arrête pas là : le film a aussi reçu dans presque tout les festivals le prix du meilleur film étranger (ou parfois appelé « meilleur film en langue étrangère »), incluant ceux des Oscars et des BAFTA. Et pourtant, le film est très loin de faire l’unanimité, provoquant étonnement et mécontentement pour certaines attributions.

Contrairement à ce que le titre laissait entrevoir, le film ne parlera pas d’amour : le film met en avant deux octa-génères, George (Jean-Louis Trintignant) et Anne (Emmanuelle Riva), mariés depuis très longtemps, mais qui aujourd’hui ne vivent ensemble qu’en l’honneur de leur bons souvenirs, partageant difficilement deux trois phrases durant des repas tendus, s’occupant chacun dans un coin de leur lugubre appartement, avant de finalement s’endormir, certes dans la même pièce, mais sur deux lits séparés. Et péniblement, tout les 36 du mois, ils sortent un peu. Mais un matin, Anne ne répondit pas, figée sur sa chaise le regard vide. Une absence qui sera expliqué par un caillot dans la carotide, mais l’opération rata, et Anne en ressortie à moitié paralysée. Le début d’une lente agonie qui détruira leurs vies…

Avec un tel sujet on pouvait s’en douter, surtout avec la présence du peu glorieux – et le mot est faible – Michael Haneke à la réalisation, d’ailleurs très mauvaise (plans parfois illisibles, mouvements saccadés, accompagnement désastreux, …), le temps paraît bien long. La première moitié sur un mari dévoué, qui aide sa femme et prend soin d’elle, est plutôt intéressant, bien que d’une lenteur atroce, mais la suite ne vaut pas grand chose. Partant vers de mauvaises idées, le film répète beaucoup trop les éternels questionnements entre George et sa fille (Isabelle Huppert) sur ce qu’il doit être fait au sujet d’Anne, donnant aussi un sacré sentiment de redondance. Heureusement, l’intensité émotionnelle et la présence de Jean-Louis Trintignant permet de tenir tant bien que mal – mieux vaut ne pas citer les autres pour ne pas être trop désagréable avec notamment une récompensée incompréhensible -, mais cinématographiquement le film ne vaut pas autant que ce que le suggère sa réputation, et question intérêt il ne pèse pas lourd, plombé par une histoire morbide et pas assez travaillée, et surtout un rythme quasi rédhibitoire. La presse a parfois des goûts particulièrement discutables…

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Basic

Basic
2003
John McTiernan

Thriller militaire, le film est réalisé par une légende du film d’action : John McTiernan, alias le réalisateur de Piège de cristal. De plus, le film réuni deux légendes du cinéma qui avait formé un duo légendaire dans Pulp Fiction : John Travolta et Samuel L. Jackson. De bien belles bases que voilà pour cette enquête au sein du huitième régiment de l’armée américaine, qui ne reviendra pas complet de sa mission d’entraînement dans la jungle du Panama.

Appelé en renfort, l’ex ranger Tom Hardy (John Travolta) est chargé de mener avec le lieutenant Julia Osborne une enquête sur les évènements qui sont survenus durant les exercices de terrains, d’où seuls deux membres du huitième régiment sont revenus vivants, l’un blessé. Qu’est-il advenu des quatre autres recrues et de leur sergent instructeur West (Samuel L. Jackson) ? Qui est responsable de la mort de qui ? Pour démêler le vrai du faux et faire la lumière sur cette histoire, ils devront étudier les témoignages des rescapés : Kendall (Giovanni Ribisi) et Dunbar. Et ils n’ont que six heures, sans quoi l’affaire tombera entre les mains des hautes autorités.

Pas bien original mais véritablement passionnant, on suit petit bout par petit bout l’expédition chaotique de ce groupe militaire en pleine tempête au cœur de la jungle : des conditions parfaites pour faire souffrir des jeunes recrues psychologiquement faibles. Après une petite introduction de cette histoire, nos deux enquêteurs feront la navette entre l’hôpital et la caserne pour écouter les versions des deux survivants. Un principe vu à bien des reprises, mais l’histoire est tellement bien ficelée et possède tellement de rebondissements qu’on y adhère complètement. Les personnages sont charismatiques, les situations tantôt drôles, tantôt intenses, faisait qu’on suit tout cela avec beaucoup d’attention. Mieux encore, après nous avoir trimbaler dans toutes les directions et surpris à de nombreuses reprises, le film se paye le luxe de nous offrir un très intéressant twist-ending, pas grandiose mais qui renforce la profondeur du scénario. Les films militaires sont souvent lourds et pesant, mais ici le cadre ne sert que d’intrigue, et on voit plus loin que la simple condition de soldat. On aimerait en voir plus souvent des histoires d’un tel degré de finition !

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Le Parrain

Le Parrain
1972
Francis Ford Coppola

Monument du septième art et référence absolue du film de mafieux, ce film de Francis Ford Coppola avait fait grand bruit à l’époque. En plus d’avoir fait plus de 243 M$ de recettes à l’époque, soit l’équivalant actuel de 1.15 milliard, le film avait raflé quelques prix dont les très prestigieux Oscars du meilleur film et du meilleur acteur pour Marlon Brando, immense star des années 50 à 80. Un plébiscite total qui aura aussi été l’occasion pour un certain Al Pacino de faire ses premiers pas au cinéma. La suite on la connait. Reste à savoir si le film a su resté imperméable aux quatre décennies qui se sont écoulées.

Le film prend place en 1945 à New York, une ville où cinq familles siciliennes se partagent les affaires. L’histoire est centrée autour de la famille Corleone, où tout le monde écoute et respecte Le Parrain, Don Vito (Marlon Brando). Mais les temps changent, et l’âge d’or des casinos et autres petits business semble terminé. Des affaires beaucoup plus sombres et dangereuses planent sur la ville : la drogue. Un marché que Le Parrain désapprouve, ce qui lui vaudra d’être prit pour cible et envoyé à l’hôpital avec cinq balles dans le corps, tandis que son bras droit sera lâchement refroidi. La famille va devoir laver son honneur, même si cela doit déclencher une guerre entre les familles.

Emblème indissociable de la mafia italienne, le film aura inspiré des générations de films, et même de jeux vidéo avec les célèbres GTA qui lui rend hommage à chacun de ses jeux. Nombreux sont les codes que le film aura imposé au genre, comme la scène du Parrain qui caresse son chat. L’image du Parrain aussi est devenu une référence : il doit avoir le visage grimé, la voix roque, un costume trois pièces très classe, les cheveux impeccablement plaqués, et sortir de beaux discours sur l’importance de la famille et du respect (parfois en italien). Le film, c’est donc un code de conduite, un langage spécifique, une mentalité, mais c’est aussi une esthétique, s’appuyant sur des couleurs sombres, teintées par le jaune du soleil. L’ambiance repose aussi sur la singularité des musiques, désormais célèbres et ancrées dans nos mémoires. Pour ce qui est du film en lui même, il retransmet donc à la perfection ce monde de la délinquance « digne », s’appuyant sur des personnages forts et un beau panel d’acteurs. On retrouvera d’ailleurs parmi les rôles secondaires Robert Duvall et Diane Keaton. J’aimerais pouvoir parler de chef d’œuvre absolu, mais le film possède tout de même un défaut très handicapant : il dure près de trois heures, une longueur terrible pour ce genre de film, plutôt lent de nature. Mais bon, le résultat s’avère excellent. Reste maintenant à savoir si ses deux suites arrivent à maintenir le niveau, car le problème de la longueur leur incombera aussi.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Manhattan

Manhattan
1979
Woody Allen

Grand classique du cinéaste Woody Allen, le film est resté pendant longtemps son plus grand succès aux Etats-Unis avec près de 40 M$, depuis largement détrôné par son Minuit à Paris. De plus, le film avait connu un beau succès auprès des institutions cérémonials, raflant principalement l’Oscar du meilleur film étranger et le BAFTA du meilleur film. Une belle consécration pour le huitième film de son réalisateur.

Ode à la ville de New-York, et plus précisément à l’île de Manhattan, le film s’axe autour de la petite vie de Isaac Davis (Woody Allen). Pseudo écrivain prostituant ce qu’il croit être du talent à la télévision pour des shows comiques, il aime se plaindre de la continuelle déception de sa vie, entre un premier mariage inexistant, un second qui fit partir sa femme (Meryl Streep) avec une autre femme, et sa nouvelle relation qu’il voit vouée à l’échec de par les 17 ans de sa conquête. – Qui a dit pédophilie ? – Mais sa rencontre avec Mary (Diane Keaton), maîtresse de son meilleur ami, va lui redonner espoir, et il s’imagine alors voguant avec elle sur le flot de la vie.

Dès les premières minutes on comprend pourquoi le film est le préféré de Hank Moody (de la série Californication) : le héros a le même genre de mentalité. Il idéalise sa ville, se rêve écrivain et se dit en panne d’inspiration en dehors de sa ville, aime picoler et fumer pour le style, est nostalgique d’une époque qu’il n’a pas connu, porte un regard dédaigneux sur la jeunesse mais se sent attiré par elle. D’une nature calme et solitaire, il ne peut malgré tout s’empêcher de vivre auprès d’une femme, mais jamais la bonne. De sa vision pessimiste et auto-destructrice du monde, en passant par un langage un peu cru et l’humour qui va avec, on retrouve tout de lui. L’inspiration va beaucoup plus loin que le simple clin d’œil (on y retrouve même carrément sa fameuse Porsche). Ceci explique cela.

Pour ce qui est du film en lui-même, une question n’échappera à personne : pourquoi est-ce en noir et blanc ? Il s’agit même du contraire d’une bonne idée, car New-York est une ville colorée avec son parc verdoyant, ses publicités extravagantes, les doux rayons du soleil qui percent les nuages, le ruissellement de l’eau. Choisir de restituer la ville en si peu de couleurs n’est pas lui rendre hommage car on perd en informations visuelles. Mise à part ça, la réalisation est très belle, et les quelques musiques qui ponctuent le film desservent une atmosphère réussie. Pour ce qui est du scénario en revanche, il faudra faire avec le style habituel du réalisateur, à savoir des personnages atypiques et peu perspicaces sur les choses de la vie, à qui il arrive des péripéties romanesques tumultueuses encore une fois tournées vers l’amour et le milieu des écrivains. Un constat qui enlève encore un peu plus de crédit à ses films comme Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu, qui pourrait presque en être un remake, mais néanmoins moins abouti de par l’éparpillement des histoires et le manque d’intérêt de certaines. Ici, Woody Allen aura su canaliser son histoire pour l’optimiser au maximum, mais on n’échappera pas à son absence de fin habituelle. Le film peu éventuellement être considéré comme un grand classique de par la marque de fabrique qu’on retrouvera dans bien des films du réalisateur, mais on est loin du grand chef d’œuvre, et il a heureusement fait mieux depuis.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

The Secret

The Secret
2012
Pascal Laugier

C’est avec douleur qu’on se souvient, pour les malchanceux qui ont subi cette ignominie, l’inqualifiable Martyrs, qui en plus de proposer des scènes d’une rare atrocité, était axé sur une histoire complètement immonde sur des tortures religieuses. Alors quand on nous annonce que le réalisateur et scénariste de ce film revient avec une histoire « bluffante », la prudence est de mise.

Dans une petite ville des rocheuses, une légende raconte l’histoire du « Tall Man » (qui se trouve être le titre VO du film), un grand homme encapuchonné qui enlève les enfants le soir venu. Mais plus qu’une simple histoire, pour la ville c’est une réalité : des dizaines d’enfants ont disparu. Et un jour, c’est au tour de Julia Denning (Jessica Biel) de se retrouver confronté au problème : ce mystérieux homme lui arracha son fils sous ses yeux. Pire encore, il semblerait que toute le ville soit au courant, et lorsqu’enfin elle retrouve son fils, la personne qui le lui a prit affirme en être la mère. Mais qui est cette Julia, et pourquoi enlèverait-elle les enfants ?

Basculement, twist middle ! Après avoir rapidement amené le personnage du Tall Man, le voilà déjà entrain de s’en prendre à notre « héroïne », kidnappant son « fils ». Mieux encore, un immense complot se profile, impliquant toute la ville ! Et là carrément, on essaye de la faire passer pour folle, allant jusqu’à renier sa maternité ! Et là on attend une révélation de fou, le spectateur est en ébullition devant ce suspense insoutenable, éveillant sa curiosité quand à cette cave mystérieuse, et la fameuse identité du Tall Man. On s’en rend tout de suite compte, le film ne peut que basculer dans le fantastique, nous abreuvant de réponses insoupçonnables sur l’univers, la vie ! Mais qu’est-ce donc !? Et pourquoi se met elle à avouer avoir enlever les enfants ? C’est quoi ce témoignage désastreux à la Pi ? C’est quoi cette intrigue moisie sur la condition de vie des enfants pauvres ? C’est quoi cette morale répréhensible ? Alors qu’on s’attendait à un pur chef d’œuvre de mise en scène et de suspense sur une affaire incroyable, on tombe des nues. Rien d’autre qu’une petite histoire de secte. La déception est immense…

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Beaucoup de bruit pour rien

Beaucoup de bruit pour rien
1993
Kenneth Branagh

Alors oui, le film est tiré d’une pièce de Shakespeare, auteur médiocre coupable de comédies grotesques ou autres drames nauséeux, à supposé déjà qu’il ai existé. Mais quand on sait que Kenneth Branagh est aux commandes, on se dit que ça ne sera pas si mal. D’autant que le film détient probablement le record du casting le plus impressionnant de l’histoire.

Pour ce bon gros méli-mélo amoureux, l’histoire commence alors que les hommes rentrent au village après être ressortis victorieux de la guerre. – Quelle guerre ? On ne le saura pas. Mais une chose est sûr, si tout le monde rentre tout guilleret sans une égratignure chez lui, la guerre devait ressembler plus à une virée entre potes qu’à un champ de bataille. – Don Pedro d’Aragon (Denzel Washington) et ses hommes (dont Michael Keaton) se voient donc accueillis à bras le corps avec une immense réception, l’occasion pour Claudio (Robert Sean Leonard) de déclarer sa flamme à Hero (Kate Beckinsale) et Benedict (Kenneth Branagh) de raviver celle qu’il entretenait avec Beatrice (Emma Thompson). Mais cette effusion de joie ne plait guère à Don John (Keanu Reeves), qui compte bien gâcher le mariage de Claudio et Hero.

Qu’on essaye de le prendre au premier degré ou au second, il y a des choses qui ne passent pas. Même en se replaçant dans le contexte de l’époque ou en passant outre le côté ultra kitch, il n’existe aucune approche possible qui ne qualifierait pas les interprétations de surjouées à outrance. Quand des gens qui vous ont vu y’a pas deux secondes vous cacher derrière une haie puis se mettent à parler d’un amour pour vous en haussant horriblement la voix, il faut vraiment être le derniers des ânes (vanne du film !) pour ne pas s’en rendre compte. De plus, les monologues interminables et ridicules font carrément pitié. Et en dessous de tout, on retrouve le scénario mortellement prévisible et rapidement ennuyeux. Et côté cohérence il faudra repasser. Sans faire mon gros raciste, un noir qui se balade comme ça, d’ascendance noble et frère d’un blanc qui plus est, ça devrait choquer tout le monde à l’époque. On se consolera avec le casting incroyable, quelques passages drôles, et une belle image soignée dans un cadre agréable, mais ça ne fait pas lourd. Le film porte malheureusement bien son nom…

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Blade Runner

Blade Runner
1982
Ridley Scott

Le film était le prototype même de l’immense succès programmé. Adaptation de la nouvelle « Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques » de l’un des plus grands auteurs de science-fiction de l’histoire, Philip K. Dick, le film pouvait aussi compter sur les phénomènes Alien et Star Wars, qui ont fait exploser les carrières de Ridley Scott et Harrison Ford, réalisateur et acteur principal du film, pour happer les gens dans les salles. Mais malgré un excellent accueil auprès des spectateurs, le scepticisme de la presse prit le pas, faisant ouvrir les yeux sur le manque de consistance du scénario. L’échec du film fut expliqué par des conflits de montages, soit-disant que la Warner a fait n’importe quoi. Mais aujourd’hui avec la version director cut du film, sorti en 2007, il est l’heure de trancher.

Le film est sensé se passer en 2019 – on reviendra plus tard sur la vision complètement incohérente de ce futur -, dans un monde post apocalyptique. Les guerres nucléaires ont ravagé une grande partie de notre monde, détruisant peu à peu la vie par une pollution croissante. Pour coloniser les autres planètes sans se préoccuper de problèmes comme respirer ou se nourrir, des androïdes d’une grande complexité ont été créé : les Nexus 6. D’une intelligence presque égale à celle de leurs créateurs, ces répliques humaines, aussi appelés « Répliquants », ont peu à peu prit conscience de leur esclavagisme, et se sont rebellé. De par leur ressemblance quasi indiscernable et leur animosité, ils ont été déclarés mortellement dangereux, et des escouades policières appelées « Blade Runner » ont ainsi été formées. Normalement retiré du milieu, Rick Deckard (Harrison Ford) est appelé en renfort pour une affaire grave : cinq robots Nexus 6 ont débarqué en ville, menaçant la sécurité de ses habitants. Mais le danger est-il réel ou illusoire ?

La base du film est mine de rien assez solide, se forgeant sur sa propre mythologie. On s’imagine donc une sorte de pré-Prometheus, d’autant que les films seraient liés, se passant sur Terre et dissertant de manière philosophique sur la condition humaine et quel peut-être le degré d’humanisme d’un robot. Feraient-ils de meilleurs hommes que nous ? Mais très vite on comprend que la question n’est pas là, le héros du film ne se remettra pas beaucoup en question, et l’aspect psychologique est à peine esquissé. Le spectateur devra faire tout le travail lui-même dans son fort intérieur. Mais le réel problème du film vient sans doute du fait qu’en dehors de la traque des cinq robots, il n’y a vraiment rien en dehors de l’univers, d’ailleurs loin d’être parfait. Vision triste et cynique de notre civilisation, le film n’aura pas su se projeter correctement dans le futur. Si aujourd’hui l’idée de voitures volantes semble ridicule de par les coûts astronomiques et l’intérêt négligeable d’un tel véhicule, on voit mal comment ce genre de prouesse, allié à des aérocargos publicitaires gigantesques, une évolution robotique hallucinante et une conquête spatiale et coloniale, pourraient aller de pair avec des interfaces technologiques aussi risibles. Mais bon, le film n’ayant pas encore connu le boom des ordinateurs et se projetant de près 40 ans dans le futur, chacun sera juge de la qualité de la projection temporelle. Mais de manière générale, on s’ennuiera plus qu’autre chose face à une intrigue aussi légère, malgré son univers prometteur. L’annonce d’une suite au film après tant d’années est une mauvaise idée, le cinéaste ferait mieux de se concentrer sur les suites de Prometheus.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Saw 3D

Saw 3D
2010
Kevin Greutert

En voilà une saga qui n’a que trop durée ! Mais cette fois c’est sûr, Saw 3D sera bien le dernier de la franchise. En revanche il est dommage que son utilisation à priori inutile de la 3D ai modifié son titre qu’on attendait avec impatience : Saw VII. Et oui, après saucisse (Saw VI) le chaussette (ah ah ah !). Et donc comme cette histoire sera la dernière, le film se devait de répondre aux dernières questions en suspend, notamment une qu’on attend depuis le tout premier Saw : qu’est devenu le docteur Gordon ?

Pour ce dernier volet donc, Hoffman a été trahis par Jigsaw (Tobin Bell) qui, le jugeant trop dangereux et allant à l’encontre de ses principes, à demander à Jill d’en finir avec lui. Mais malheureusement, il a pu déjouer son mécanisme de mort et a désormais bien l’intention de se venger. Entre temps, il a mit en place son prochain jeu, mettant en scène Bobby Dagen, un faux-survivant du tueur au puzzle ayant battit son succès sur ce mensonge. Aujourd’hui, il devra prouver qu’il a réellement ce qu’il faut pour survivre.

La scène d’ouverture du film est sans aucun doute le passage le plus original qu’on ai vu depuis longtemps : un jeu public. S’il y a bien une constance dans tous les films, c’est bien le lieu des pièges : un endroit sombre et sordide. Et là paf, en plein jour et devant des centaines de personnes. Mais très vite le film retombe dans ses travers habituels : scénario inexistant, personnages inutiles, candidats débiles et pièges abusivement sanglants. De plus, la fin – pourtant extrêmement importante puisqu’elle n’est pas uniquement celle du film, mais aussi celle de la saga – ferait se retourner John Kramer dans sa tombe. Pire encore, le verdict du jeu est ridicule, et pour boucler la boucle on tente de nous faire croire à un énième complice, rajoutant des rencontres dans des passages clefs déjà surchargés et surpeuplés. À force de trop tirer sur la même corde, elle fini par lâcher. Une bonne chose que la saga soit finie, le cinéma horrifique ne peut que mieux s’en porter.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Saw VI

Saw VI
2009
Kevin Greutert

Peu à peu les idées se sont estompées, et Saw V a fait preuve d’une incompétence désastreuse en n’arrivant pas à étoffer l’histoire, préférant la noyer dans un bain de sang grotesque. C’est dire si ce sixième film inspirait la confiance… D’ailleurs, le désamour fut assez violent puisque les recettes du films furent tout juste de 68 M$, contre 113 pour le cinquième, déjà en déclin depuis le pic du III.

Pour ce nouveau chapitre, on découvre enfin quelle était la mystérieuse boîte qu’à laissé John Kramer (Tobin Bell) à sa femme : une liste de six personnes. Alors qu’il était encore en vie, John avait l’espoir de guérir grâce à une thérapie norvégienne, mais la Umbrella Health lui refusa sa demande de soutien, jugée trop risquée pour l’agence d’assurance. Avec Hoffman, débarrassé du gêneur, elle est donc chargé faire passer un test à son directeur pour lui faire comprendre que la vie doit être offerte aux personnes en fonction de leur détermination, et non en fonction de leurs prédispositions. Il subira donc une épreuve qui le confrontera à ses employés, mais aussi ses clients.

Après une scène d’introduction ignoble et d’une connerie sans nom, on tente tant bien que mal d’entrer dans le vif du sujet. L’histoire commence vraiment à tourner à la mascarade : outre l’épreuve, la grosse majorité du film consiste à revisiter les grands passages des précédents films pour y incruster le lieutenant Hoffman avec un soin exécrable. Le stade de l’incompétence est explosé depuis des lustres : chaque nouvelle scène est une aberration d’incohérence. Le personnage insipide, inutile et illogique de Jill Tuck prend ici un virage ridicule. Heureusement, l’histoire d’assurance santé donne lieu à une série d’épreuves pas trop mauvaises, mais la bêtise des concurrents atteint des sommets. On y retrouvera d’ailleurs Devon Bostick, mais mieux vaut l’oublier… Sans atteindre complètement le misérabilisme d’un Hostel III, cette suite de trop ébranle un peu plus l’image de la saga, alors même que le dernier film l’avait mit à terre. Le dernier film sauvera t-il l’honneur ?

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

A Dark Truth

A Dark Truth
2013
Damian Lee

Ancien agent de la CIA reconverti en chroniqueur radio, Jack Begosian (Andy Garcia) fait part chaque soir de sa vision de l’état du monde, et à quel point il part à vau-l’eau, allant jusqu’à commercialiser des ressources aussi cruciales que l’eau. Dans une telle logique, pourquoi ne pas envisager dans le futur une taxation sur l’air (ce qui n’est pas sans rappeler Total Recall) ? Et que font alors ceux qui ne peuvent payer ? Ils meurent. Une dure réalité qui rattrapera le monde quand un jeune (Devon Bostick) se suicida devant la co-dirigeante de la société responsable de la privatisation de l’eau en Equateur, après avoir perdu toute sa famille et vu le peuple se faire fusiller par l’armée. Alarmée par ce geste désespéré, elle demandera à Jack de s’y rendre pour extrader le révolutionnaire Francisco Francis (Forest Whitaker, accompagné par Eva Longoria) et le faire témoigner. Mais la tâche ne sera pas facile face à une armée virulente servant les intérêts financiers de l’entreprise.

Thriller politico-écolo, le film nous présente la misère personnifiée par le biais de l’Equateur, affublé ici d’une pénurie d’eau à cause des installations visant à interdire même les récoltes de pluies, faisant ressortir les égouts pour cause d’inondations. Des conditions terribles ramenant même des maladies comme le typhus. Une situation chaotique qui aurait pu nuire gravement à l’image de la société qui en est responsable si l’armée grassement payée ne s’en était pas occupé en éliminant les preuves, mêmes humaines. Un film coup de poing qui dénonce les dérives de notre société consumériste, n’hésitant pas à s’attaquer aux sujets qui font mal, allant même jusqu’au viol collectif opportuniste au sein des forces militaires. La première partie du film manque quelque peu de rythme, mais il suffit d’une belle séquence d’envolée lyrique radiophonique pour s’y replonger. Il faut dire que le charisme de Andy Garcia n’y est pas étranger, bien que le reste du casting force le respect, avec en plus de ceux susnommés Kevin Durand, l’éternel Keamy Martin de Lost. Le sujet ne parlera peut-être pas à tous le monde, mais son traitement est très bon et le professionnalisme prend le pas sur le flot de bons sentiments qui découle de ce genre de production.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire