Lost Destination

Lost Destination
2012
Eduardo Chapero-Jackson

Souvent de bon conseil, l’émission Direct 2 DVD d’Allociné s’était attardée cette semaine sur cette production espagnole, fraîchement débarquée chez nous. Présentée comme une œuvre de science-fiction, le film y était qualifié de mélange des genres particulièrement réussi. Que nous réserve cet énigmatique film ?

Le film met en avant une jeune fille de 15 ans mal dans sa peau. Entre des parents jamais là et des camarades moqueurs, chaque jour qui passe déprécie sa vie. Son unique passion qui l’anime réside dans Verbo (qui est d’ailleurs le titre original du film), l’énigmatique peintre des rues qui répand des messages cachés aux quatre coins de la ville. Mais quand enfin elle découvrit son repaire, elle apprit que son père allait être responsable de sa futur destruction. Perdant ainsi sa dernière lueur de joie, elle décida de se suicider en se jetant par la fenêtre. C’est alors que Verbo va lui apparaître dans l’entre deux mondes. Si elle veut survivre, elle devra prouver la force de sa volonté.

Sorte de métaphore de la vie et de la mort façon hip-hop, le film est un ratage. Le début n’est pourtant pas trop mauvais quand le mystère du véritable sujet plane encore, parlant de divers axes comme celui religieux ou mystique. Il n’en sera rien. Au final rien de plus que l’esprit dérangé et solitaire d’une ado en crise identitaire dépassant de loin le stade de la dépression. C’est dommage car on perdra progressivement tout l’attrait des peintures très stylisées et esthétiques, chose suffisamment rare dans l’art du tag pour être souligné. De manière générale, le film est esthétiquement irréprochable, mais son scénario est vraiment trop bancale, de même que son traitement puéril détruit toute crédibilité. De nombreuses scènes sont tout bonnement atroces avec le clip hip-hop désespérément vide de paroles (débile à souhait), ou surtout toute la dernière séquence : le summum du ridicule et de l’absurde. Tant de soin apporté à une connerie existentialiste d’ado sentimentale, s’en est presque écœurant…

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La Cellule de Fermat

La Cellule de Fermat
2007
Luis Piedrahita, Rodrigo Sopeña

Alors qu’en France on balance à outrance les éternelles comédies et daubes policières, qu’aux Etats-Unis on ne fait plus que des suites et des remake, un pays résiste encore et toujours à la facilité : l’Espagne. C’est vrai, qui d’autre est capable de changer l’homme en femme avec autant de folie (La piel que habito), de faire basculer un geek du côté obscure de la force (Le Cœur du guerrier), ou de pousser de jeunes enfants à l’aliénation (Insensibles) ?

La conjoncture de Goldbach fait partie de ces théorèmes évidents mais indémontrables : chaque nombre pair peut s’écrire sous la forme d’une addition de deux nombres premiers (ex  : 50 = 13+37 ; 1000 =521+479). Alors quand un jeune homme de 22 ans en réussi la démonstration, le monde des mathématiques est en émoi. Une prouesse qui lui vaudra une invitation à une rencontre avec les plus grands logiciens du pays. Un comité de quatre personnes, invités par un certain Fermat, pseudonyme en l’honneur d’un autre théorème dont l’infinité empêche sa démonstration. Mais il s’agit en réalité d’un piège, permettant de tester leur intelligence en les confrontant à des énigmes de logique en un temps imparti. Si le chrono tombe à zéro, un système de compression s’enclenche, rétrécissant petit à petit la pièce.

Le principe du film consiste donc en un huit clos où quatre personnes vont tenter de résoudre des énigmes ensemble. On assiste donc à un thriller assez classique où « les choses ne sont pas ce qu’on croit », et où des gens qui n’avait à priori rien en commun vont se rendre compte de leur connexion au milieu de tout ça. La structure du scénario est plutôt bonne puisqu’au final tout se recoupe intelligemment, sans pour autant bouleverser les pronostiques. Pour ce qui est du fond en lui-même, on regrettera la faiblesse des énigmes, à commencer par celle de la lettre. En se concentrant deux minutes, n’importe qui serait capable d’en trouver la réponse, et les questions feraient bien rire les challengers de Newbiecontest. Reste une idée de départ intéressante, pas mal exploitée et qui change de l’ordinaire, bien qu’on pourra reprocher au film un certain manque de folie.

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Conan

Conan
2011
Marcus Nispel

Grand icône de l’héroïque-fantaisie, Conan sortit de l’imagination de Robert Ervin Howard, à qui l’on doit notamment Solomon Kane, en 1932. Barbare ayant vécu durant l’âge hyborien, à peu près en -15000 avant JC, Conan avait eu droit à une première adaptation cinématographique pour célébrer ses 50 ans. Un beau succès (69 M$, soit l’équivalant de 189 M$ aujourd’hui) qui eu droit à une suite en 1984, et qui a donc été l’objet d’un reboot en 2011. La légende peut-elle renaître de ses cendres ?

Né sur un champ de bataille, Conan (Jason Momoa) s’est voué dès son plus jeune âge à l’art du combat, abattant à lui seul cinq hommes à tout juste dix ans. Mais un jour, Khalar Sing (Stephen Lang) et son armée attaquèrent le village et tuèrent tous ses habitants, cherchant la dernière pièce d’un artéfact qui fera de lui un dieu. Ce jour là, le père de Conan (Ron Perlman) sera tué sous ses yeux, et depuis il n’a de cesse que de se venger. Mais de terribles ennemis se dresseront sur sa route, dont la sorcière de fille de Khalar (Rose McGowan) !

Le film fut un bide retentissant : 90 millions de budget et à peine plus de 48 M$ de recettes dans le monde. Pourquoi un tel ratage alors que de sombres daubes comme Le Choc des Titans et sa suite, dans une moindre mesure, ont cartonné ? Simple : le casting et le marketing. Ici, le film ne peut se cacher derrière aucune star (ni gros monstre emblématique non plus d’ailleurs), Ron n’étant pas un personnage principal, et son héros est navrant : le stéréotype du bourru décérébré. Mais comparé à un film comme les Titans, celui-ci ne s’en sort pas plus mal, voir mieux, pas grâce à un scénario tout aussi insipide, mais plutôt grâce à son univers et son ambiance plus riche et réussie, soignant joliment les décors et les effets spéciaux. À ceci près que lors des plans rapprochés, la réalisation saccade et devient rapidement illisible. Certains passages entiers peuvent s’en retrouver plombés. Heureusement, l’introduction est presque bonne, et le rythme suffisamment soutenu pour ne pas trop sombrer dans des moments qui rappellent Sa Majesté Minor. C’est pour dire le niveau… Il n’y donc plus de doutes, les péplums sont une plaie qui n’a plus sa place aujourd’hui. Le projet d’un nouveau Conan vieux et roi, avec son interprète originel, a toutes ses chances de connaître une violente débâcle.

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Dredd

Dredd
2012
Pete Travis

Il y a 17 ans sortait une première adaptation cinématographique du célèbre Comics qui a vu le jour en 1977, Judge Dredd. Le film fut un assez gros échec avec 113 M$ pour un investissement de 90, mais son plus gros revers lui vint des critiques, majoritairement assassines à cause d’une absence totale de respect envers l’œuvre. Heureusement, aujourd’hui presque tout le monde a oublié le film et la licence peut repartir sur de bonnes bases.

Dans un monde futuriste post-apocalyptique, l’anarchie règne en maître, et il n’existe plus qu’une seule force pour appliquer la loi : les Juges. À la fois policiers, juges, jurés et bourreaux, ils n’ont de comptes à rendre à personne et symbolisent le dernier rempart de la civilisation. Dans la ville de Méga-City One, anciennement baptisé New-York où désormais 800 millions de personnes s’entassent dans les ruines de l’ancien monde, il n’y a plus qu’un seul recours pour faire régner l’ordre dans ce chaos : le palais de justice. Fraîchement recrutée comme juge, Cassandra Anderson (Olivia Thirlby), mutante télépathe, fera ses premières classes et son test d’évaluation avec la légende du milieu, le meilleur de tous : le juge Dredd (Karl Urban). En repérage pour un triple homicide, ils apprennent l’existence d’un immense réseau de drogues intégralement dirigé par Madeline Madrigal (Leana Headey) dit « Ma-Ma », un nom qui fait même trembler le palais de justice. Mais pour Dredd la décision est prise, le verdict doit tomber : peine de mort.

Le film commence par une intro très classe, conciliant texte fort et image imprégnée. Les environnements sont à la fois réalistes et impressionnants, et le film affiche d’emblée une personnalité prononcée. Les éléments futuristes s’intègrent parfaitement aux ruines, et le design des juges est à la fois un bel hommage au comics et un dépoussiérage nécessaire pour éviter le côté kitch d’avant. Côté histoire on a préféré jouer la carte de la simplicité et de l’unicité : Dredd est coincé dans un gigantesque immeuble avec sa nouvelle recrue. Dur de mener à bien sa mission quand le ciel vont tombe sur la tête. Une ascension de quelques 215 étages qui a un but précis, autre que de nous servir un excellent films d’action : nous faire découvrir ses personnages. Une belle réussite puisque outre la très belle acolyte, on découvrira un juge énigmatique bourré de charisme dont chacune des interventions, orales ou physiques, est à saluer. La réalisation est elle aussi une grande réussite de par son model de survoltage et la clarté de ses plans. On regrettera juste la surexploitation des effets de ralentis (à cause de la drogue Slow-Mo) des premières scènes. Un retour en force donc pour Dredd, largement acclamé par les fans du comics, trouvant là une adaptation d’une fidélité rare, certes logique car co-écrite par le propre scénariste du comics. Le cuisant échec du film en salle (35 M$ pour 50 de budget, et même pas de sortie ciné en France) n’en est que d’autant plus regrettable. Il est vrai que l’extrême violence du film et la boucherie humaine qu’il représente n’en font pas vraiment une œuvre tout public, mais on ne peut qu’en regretter l’issue : une nouvelle mise à mort du héros qui risque encore une fois d’être très longue…

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Sécurité rapprochée

Sécurité rapprochée
2012
Daniel Espinosa

Après avoir enchaîné trois semi-échecs financiers avec ces derniers films d’actions, Denzel Washington a fait un retour en force l’an dernier avec ce thriller bourru, qui malgré des résultats à l’étrangers plafonnant toujours à 80 M$, a su s’imposer chez lui, surement en raison de son sujet en lien direct avec la CIA.

Pour Matt Weston (Ryan Reynolds), la vie d’agent secret n’est pas exactement celle qu’il s’imaginait : il est chargé de la surveillance d’un centre sécurisé au Cap, en Afrique du Sud. Seul dans cet immense bâtiment, et ce depuis déjà un an, sa situation va brusquement changer le jour où un certain Tobin Frost (Denzel Washington) va débarquer dans l’ambassade américaine de son pays. Ancien membre de la CIA, il a trahis son pays et a disparu il y a dix ans. Pourquoi se livrer lui-même après tant de temps ? Immédiatement transféré au centre de Matt, la CIA (dirigée par Vera Farmiga et Brendan Gleeson) le questionnera, en vain. C’est alors que l’escouade qui avait obligé Frost à se réfugier au dernier endroit imaginable, cherchant à l’abattre pour les données qu’il possède sur des agents véreux des renseignements, prit d’assaut le centre africain, obligeant Matt à fuir avec Frost. Lui qui aspirait à plus d’action dans son travail, il se retrouvera au cœur d’un immense conflit.

Après une assez longue introduction cabotine, à défaut d’entrer dans le vif du sujet, on sera plongé dans le feu de l’action. On s’en rend rapidement compte, même si on dénotera quelques rebondissements, l’histoire n’est pas à la hauteur. Un cas banal de ripoux qu’on veut mettre à terre, qu’importe les risques. De plus, le personnage énigmatique de Tobin Frost, bien que remarquablement interprété par Denzel Washington (ça fait une moyenne avec l’autre tronche de cake), n’a rien de bien compliqué : la réalité du métier l’a rendu aigri et seul l’argent l’intéresse désormais. Mais le film n’en est pas mauvais pour autant, sa qualité première étant son dynamisme et son action. Dès que le film démarre vraiment avec l’assaut puis la course poursuite, le reste gardera à peu près la même frénésie, avec tout de même la cohérence d’une histoire plus ou moins réaliste. Pas le meilleur du genre, le film reste un gros concentré d’action sympa à regarder.

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Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu

Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu
2010
Woody Allen

Mise à part quelques rares exceptions comme l’excellent Minuit à Paris, la plupart des films de Woody Allen sont dépourvus de scénario, ne s’axant que sur des personnages de composition. Choix régulièrement bancal qui lui vaut de fréquentes tannées au box-office, et les 34 M$ mondiaux de ce film s’y inscrivent assurément.

Dans ce film donc, il s’agit d’une famille londonienne dont la structure variera en fonction des rencontres. Et des rencontres, il y en aura beaucoup et à tous les étages. Retraité se voyant mourir à petit feu à côté de sa femme, Alfie (Anthony Hopkins) s’en ira chercher une seconde jeunesse aux côtés d’une minette 40 ans plus jeune, tandis que son ancienne épouse tentera de trouver du réconfort du côté des astres et de la divination. De son côté, leur fille Sally (Naomi Watts) ne supporte plus sa vie, toujours dépendante financièrement de sa mère à cause d’un mari, Roy (Josh Brolin), qui n’est l’écrivain que d’un succès modéré et qui se confond depuis dans la médiocrité, et ne veut toujours pas fonder de famille. Heureusement, elle trouve du réconfort dans son travail, où elle a le bonheur de côtoyer un patron (Antonio Banderas) aussi séduisant qu’attendrissant, mais malheureusement lui aussi coincé dans un mariage raté. Roy non plus n’est pas satisfait de sa vie, fantasmant tous les jours sur la belle et jolie voisine en rouge (Freida Pinto). Mais où le destin les conduira t-il ?

Il le valait mieux comme il n’y a guère d’autres éléments scénaristiques à se mettre sous la dent, les personnages sont plus ou moins biens travaillés, sombrant bien évidemment dans les clichés tellement chers à Woody Allen. Ainsi, on retrouve la secrétaire amoureuse du patron, l’écrivain dépressif, ou encore le vieux pervers qui se fait vider le compte en banque par une midinette. Mais qu’à cela ne tienne, on en rit de bon cœur et on se prend au jeu, suivant avec intérêt l’évolution de se grand micmac amoureux. On suivra bien évidemment plus volontiers les histoires de Roy et Sally, mais même l’escroquerie divinatoire et la bêtise du mal vieillissant sont amusantes. Mais seulement voilà, au bout d’un moment on se lasse en l’absence de rebondissements dignes de ce nom ou de liant entre les histoires autres que ceux établis. C’est d’autant plus dommage que le film n’a pas vraiment de fin, laissant presque toutes les histoires en plant, de même qu’un flou total quand à leurs devenirs. Un choix particulièrement douteux et indigeste quand on pense au potentiel de départ. Un manque total de finition qui nuis indubitablement à la qualité du film. Dommage mais peu surprenant de la part de son réalisateur.

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Girl in Progress

Girl in Progress
2012
Patricia Riggen

Les bacs à DVD en sont pleins, et pourtant, leur niveau est généralement bien supérieur aux de plus en plus rares comédies américaines débarquant dans nos salles. Pour preuve, cette année seuls Ted et Projet X (dans une moindre mesure) ont fait grand bruit. Les deux seuls autres comédies à succès de 2012 ont obtenus des résultats mitigés : 21 Jump Street a fait un carton aux USA et un bide à l’étranger, tandis que American Pie 4 a établi le record de franchise malgré un four à domicile. Les temps changent ?

Comme bon nombre de teen-movie, le film parle principalement des relations conflictuelles qu’ont les enfants avec leurs parents. Ici, Ansiedad (Cierra Ramirez) souffre d’un important manque affectif. Son père est inconnu au bataillon, et sa mère (Eva Mendes) ne lui consacre presque plus de temps, trop prise par son boulot et les innombrables hommes qui traversent sa vie. Ne le supportant plus, Anne (auto surnom de la fille) décide de prendre sa vie en main et de s’émanciper. Elle doit préparer son passage forcé à l’âge adulte, ce qui veut dire finir son enfance en surjouant le côté petite princesse, puis faire sa crise d’adolescence, pour finalement perdre sa virginité. Ou comment vouloir devenir une femme en suivant un plan puéril.

Sur le papier, ça sent carrément la mauvaise copie de LOL à la différence que la crise est ici voulue, et ça change tout. Il ne s’agit donc pas d’une fille méchante par pure connerie ricanant stupidement avec ses « friends » sur les mecs « trop beaux », mais bien une gentille fille de nature qui arrive à un moment de sa vie où n’avoir aucun repère adulte ni amour familial peut pousser à l’erreur. Se sentant comme un poids et rejeté par sa mère, elle décide de devenir une femme mure et responsable pour ne plus être une charge encombrante et aussi se libérer de la déception continuelle de sa vie. Son plan est effectivement débile, mais elle se contente de reproduire le « schéma classique » par pur esprit de logique. Le décalage n’est pas seulement très drôle, mais il donne aussi une touche de légèreté et de poésie inespérée. Le charme de sa jeune actrice prometteuse n’y est sans doute pas étranger, de même que sa mère, formant un duo attendrissant. Une belle petite comédie pas bien originale, encore que, mais qui à le mérite de bien maîtriser son sujet et d’en faire un joli film.

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The American

The American
2010
Anton Corbijn

Le principe même du film ne colle pas : il est sensé être l’adaptation d’un livre intitulé A Very Private Gentleman. Privé, oui. Gentleman, loin s’en faut. Sa phrase, au lit avec une prostituée, y coupe court instantanément : « Tu n’a pas à faire semblant avec moi. Je suis là pour prendre du plaisir, pas pour en donner. Un point c’est tout. ». L’autre problème, c’est que soit le livre fait trois pages, et j’en doute, soit le scénariste est un fumiste, pire s’ils sont plusieurs.

Tout commence par un George Clooney, sortant d’une cabane au fin fond d’une forêt enneigée, accompagné d’une sublime jeune femme. Puis d’un coup, sans que l’on ne sache jamais pourquoi au final, des suédois (ah les salauds, encore eux !) ouvrent le feux sur lui. George, qui se balade toujours avec une arme sur lui – c’est vrai, qui ne le fait pas ? – réplique aussitôt et se débarrasse de ses assaillants, avant de tuer lui-même froidement sa compagne. Là non plus, on ne saura jamais pourquoi. Peut-être était-elle chiante. Il consultera alors ensuite son ancien patron de X (faites votre choix : tueur à gage, fabriquant d’arme, espion, … ???), puis décidera de se retirer dans la campagne italienne, où entre deux passes il devra mettre au point une arme pour une mystérieuse femme.

Rarement une histoire n’aura été aussi vide. Dans ce cadre de farniente, il ne se passe que deux choses : George fabrique une arme, George se tape Clara la femme de joie. Tout un programme… Les quelques éléments extérieurs n’ont aucuns sens, et la mollesse de la réalisation n’a d’égal que celle de George Clooney, tout sauf convaincant (on dirait une auto-parodie), à l’exception des nombreuses fois où il boit son café, geste devenu naturel. Ce qu’il l’est moins en revanche, c’est la fin, puissamment mauvaise : le type se rend compte qu’il s’est prit une balle longtemps après coup, et se met à agoniser immédiatement après. Même le petit « rebondissement » final est d’un prévisible ennuyeux. Non franchement, pas grand chose à tirer de se film désespérément creux et insipide.

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Le Quatrième pouvoir

Le Quatrième pouvoir
2012
Dennis Gansel

Si le cinéma allemand s’exporte très mal, un film exceptionnel avait fait parler de lui il y a quelques années : La Vague, une brillante œuvre subversive qui transcende la vision de la politique et de l’histoire. Alors quand son scénariste et réalisateur s’attaque à la mascarade russe qui vise à légitimer sa politique de massacre tchétchène et comment les services secrets manipulent le peuple, on peut légitimement s’attendre à un nouveau grand film.

L’histoire, contemporaine, commence alors que Paul (Moritz Bleibtreu), journaliste allemand, arrive à Moscou où il s’est trouvé une place dans une presse locale, comme feu son père. Mais un soir, se promenant avec sa nouvelle copine, il sera projeté par le souffle d’une explosion survenue dans le métro. Au réveil, après deux jours inconscient, il se retrouve dans une prison, où on lui explique que sa copine – morte dans l’explosion – était en fait une terroriste tchétchène, et que nombre de photos prouvent sa complicité. Ainsi, d’un coup d’un seul, il se retrouvera prisonnier, condamné pour acte de terrorisme. Et aux vus de la population carcérale et du contexte, sa situation est sans espoirs…

Comme le titre en fait référence, le film est centré sur la presse et son pouvoir. Si la véritable partie d’investigation n’arrive que très tardivement, elle met en lumière la face cachée qui se tramait depuis le début, révélant un complot lattant (évident en théorie, moins en pratique pure) visant à promouvoir une campagne d’anti-terrorisme à l’américaine. Cette fois aussi, la menace est provoquée, mais la mise en scène est un peu plus fine que deux avions qui s’abattent sur des tours, un troisième sur le pentagone dont il ne restait presque rien sauf les passeports intactes de vilains musulmans, et un quatrième bonus qu’on ose à peine évoquer sans attraper de fou-rire. Le clin d’œil y est flagrant. Pour le reste, on aura droit à un passage carcéral poignant, et à une investigation intéressante. Les acteurs étant très bons, le résultat s’affiche solide, mais certes moins fin car plus directe que La Vague, qui offrait aussi un cadre plus reluisant. Mais après tout, l’important c’est que le message soit passé.

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Février 2013

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