Xam’d : Lost Memories

Xam'd : Lost Memories
2008 - 2009
Masayuki Miyaji

Annoné à l’E3 2008 au salon de Los Angeles, cet anime japonais fut créé par Sony dans le but de promouvoir son service clientèle dédié à ses consoles : le Plastation Network. Diffusé entre le 16 juillet 2008 et le 3 février 2009, l’anime composé de 26 épisodes prouve l’adage que nous inspirent des animes comme Evangelion, GTO ou Death Note : les séries les plus courtes sont souvent les meilleures. Si les images laissaient entendre une démo technique à couper le souffle, le résultat s’avérera infiniment supérieur aux attentes.

Dès les premiers contacts un constat tombe irrévocablement : l’aspect est irréprochable. Tout commence par un générique propre, dynamique et accompagné par une musique très sympa. Les premières images parlent d’elles mêmes : c’est beau à en pleurer. Surclassant outrageusement les plus grands maîtres du genre, même les studios Ghibli, l’image affiche un niveau de détail ahurissant, et propose un style mi manga classique, mi réaliste, lui donnant énormément de personnalité et de puissance. Ajoutez à cela des couleurs éclatantes et une lumière divine, et vous n’aurez alors qu’une vague idée de la beauté inégalée de sa réalisation. Et chaque épisode se clôturera sur un générique de fin porté par une musique mélancolique inoubliable. Mais on pourrait presque parler de détail tant ces qualités se voient éclipsées par le véritable point fort de l’anime : son histoire.

Dans un monde où la guerre fait rage entre les armées du Sud et les croyants du Nord, il persiste une île qui semblait jusqu’alors imperméable à ses aléas : l’île Sentan. Mais un jour, alors que ses élèves se rendaient tranquillement en cour, une personne qui n’aurai pas dû être là était à bord du bus, s’appétant à relâcher sur le monde l’esprit tourmenté d’un Hiruko. En partie axée autour de trois de ses écoliers et de leurs famille, Furuichi, Haru et Akiyuki, ce dernier sera choisit ce jour là par l’Hiruko, le transformant à tout jamais en Xam’d, humain détenteur de pouvoirs gigantesques mais à double tranchant : êtres désespérés, les Hiruko ont la fâcheuse à transformer leurs porteurs en pierre si la motivation les quitte. Mais ce jour là, alors que les troupes du Nord attaquèrent la ville à grand coup d’humanoïdes, sortes de Xam’d sans âmes et contrôlés par des humains, Akiyuki sera sauvé de la pierre par une mystérieuse teskienne (peuple de croyants du Nord, originaire de la ville mystique de Tessik) : Nakiami.

Divisé en deux parties, on suivra durant les douze premiers épisodes d’un côté l’initiation d’Akiyuki qui doit trouver sa voie intérieur, action qui se déroulera à bord d’un vaisseau  de transport postal aérien dirigé par Ishu, puis de l’autre côté la vie des survivants de l’île Sentan. Outre les parents de Akiyuki, on y suivra surtout l’entraînement militaire de Haru et Furuichi, tout deux ayant rejoint les troupes du Sud. On découvrira aussi quelques manigances au sein de l’armée, notamment avec son général et son scientifique de Tessik qui tentent de copier les armes humanoïdes du Nord à partir de véritables humains.

Tout basculera ensuite durant le treizième épisode, marquant la fin de la « légèreté »  de l’ambiance, avec le ratage de l’expérience militaire de Furuichi, qui succomba à l’aliénation. La guerre envahira ensuite peu à peu l’histoire, avec l’éclatement de tous : Akiyuki perdra la mémoire et se retrouvera seul face à son Hiruko ; Nakiami suivra elle aussi sa propre route vers son passé avec un jeune Xam’d perdu, Yango ; Haru tentera de se sauver de l’enfer de l’armée mais y perdra sa jeune sœur handicapée, Midori, abusée par des promesses mensongères qui feront d’elle le prochain cobaye ; et Raigo, le premier Xam’d recueilli par Nakiami, et Ishu prendront eux aussi part à la guerre en affrontant l’empereur Hiruken, responsable de la violence du Nord, directement à la Tour de Dragon, son sanctuaire.

Pour un anime d’une durée aussi courte, on ne peux que s’enthousiasmer face à la richesse infinie de son univers, de plus en plus étonnant à chaque pas, arrivant même à un stade de perfection cosmique quand l’heure des révélations sonne lors des tout derniers épisodes. Une claque monumentale qui n’est pas sans inclure une grande part de tristesse et de résignation quand à la vie en générale. Heureusement, la conclusion est quelque peu nuancée par une magnifique et poétique ode à l’espoir. Carrément déroutante et hors du commun, la série aurait probablement mérité une seconde saison pour nous révéler plus en détail le passé de ce monde fascinant, ou un saut futuriste pour voir exhausser nos vœux d’espoir. C’est ainsi qu’à l’image de nos héros, le spectateur ouvrira ses yeux sur ce nouveau monde le cœur lourd, mais le regard illuminé d’une vive lumière douce et libératrice. Le talent ça ne s’invente pas, ça se transcende.

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La Maison au bout de la rue

La Maison au bout de la rue
2012
Mark Tonderai

Comme pour La Cabane dans les bois, le film est une petite production horrifique qui s’est tournée deux ans avant sa sortie, faute de salles voulant le diffuser. Et comme pour son homologue, la situation a quelque peu changé avec la sortie d’Hunger Games, offrant un statut de super-star à son héroïne Jennifer Lawrence, déjà bien lancé avec sa nomination aux Oscars en 2011 pour Winter’s Bone. Et ce dimanche aux Etats-Unis – ou plutôt lundi dans la nuit pour les français insomniaques – l’actrice a été sacrée lors de cette même cérémonie. En revanche, le film aura dû se contenter en France d’une simple sortie DVD.

Comme bon nombre de film du genre, une petite ville de la région des lacs accueille une nouvelle famille, avec la mère et la fille (Jennifer Lawrence). Peu superstitieuses, elles s’installeront dans une maisons voisine de celle d’un meurtre : une petite fille y a tué ses parents. Chez sa tante aux moments des faits, leur fils Ryan (Max Thieriot) désormais majeur y vit seul, ou du moins en apparence. Cachée et enfermée dans son sous-sol, sa sœur démente vit encore avec lui. De nature aimable, la fraîchement débarquée Elissa croit faire une bonne action en sympathisant avec le pauvre rejeton du village, méprisé par tous. Mais la vérité est ailleurs…

Mixe entre un teen-movie classique et du plutôt bof film d’horreur, le film nous aguiche au début uniquement grâce à son actrice et le semblant de suspense. Assez long à démarrer, le film réutilise avec facilité les codes habituels du genre, mais il garde le spectateur en alerte grâce à ses pistes sentimentales et quelques éléments de flou. Puis soudain, dans la seconde moitié, le film bascule à la manière du légendaire Paranoiak et fait montre de quelques ambitions scénaristiques, relançant carrément l’intérêt. L’originalité est bien loin, mais en piochant quelques bonnes idées de ci de là, le film arrive à s’en tirer avec les honneurs, maintenant son faux suspense jusqu’à la fin. Et c’est déjà pas si mal.

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Die Hard : belle journée pour mourir

Die Hard : belle journée pour mourir
2013
John Moore

Massacré par les critiques, ce cinquième volet sera de loin le moins rentable sur le sol américain, avec approximativement 70 M$ au final en limitant la casse, alors que Die Hard 4 en comptabilisait plus de 130 six ans auparavant. Un désamour violent qui devrait néanmoins être sauvé à l’international grâce à l’expansion du marché asiatique et la réduction budgétaire consentie : 92 au lieu de 110 M$. L’épisode de trop ?

Tout juste évoqué dans les films précédents, l’action s’axera autour de Jack (Jai Courtney), le fils de John McClane (Bruce Willis). Il aurait mal tourné, et après avoir plongé dans des affaires pas très légales en Russie, il se retrouvera inculpé pour meurtre et sera jugé sous peu. John décide donc de partir pour Moscou, histoire de démêler un peu la situation. Mais ce qu’il ne savait pas, c’est qu’en réalité Jack est un espion chargé d’extrader Yuri Komorov (Sebastian Koch), et l’intervention de son père fera échouer sa mission, ratant son créneau. Père et fils devront alors travailler main dans la main pour mener à bien la mission.

Le film commence très mal, avec une première déception : Mary Elizabeth Winstead n’est pas accompagnée du pirate informatique qui jouait les coéquipiers dans le dernier volet. La suite ne volera pas tellement plus haut, nous embarquant dans une histoire pas géniale de russes véreux souhaitant récupérer des ogives nucléaires laissées à Tchernobyl. Cela a presque toujours été dans la saga, mais le niveau de clichés atteint un niveau record, surtout avec l’éternel couplet du « t’as pas été un bon père » et « sale fils ingrat ». C’est d’ailleurs presque l’unique gag, récurrent à souhait. Ça passe souvent très bien, mais plus de renouvellement aurait été souhaitable. Heureusement, certaines scènes sont là pour assurer le spectacle. On aura ainsi droit à une course-poursuite effrénée où les voitures font des pirouettes et où la taule se froisse méchamment. La dernière partie envoie aussi du lourd côté action, avec des grosses mitraillettes et un gros hélico. En fait, on retrouve tous les défauts du troisième en décuplés : de l’action pure et dure, bien qu’on dénotera de sacrés vides au milieu et une réalisation brouillonne. On passe tout de même un bon moment, bien que l’infériorité de ce cinquième volet soit indéniable. Passera t-il ou non les 300 M$ à l’international ? Un cap qui semble loin d’être acquis, alors que le dernier flirtait avec 400. Dans de telles conditions, difficile de croire en un sixième film…

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Blow Out

Blow Out
1982
Brian De Palma

Considéré comme un grand classique, le film représente la montée en force de John Travolta et la période de grâce de Brian De Palma, qui n’a pas sorti un seul bon film depuis 15 ans. Remake du film Blow Up de 1967, le film reprend le principe d’une personne témoin d’un meurtre par hasard.

Jack Terry (John Travolta) en fera les frais. Ingénieur du son dans des sous-films de frisson au rabais, il sortira un soir faire quelques enregistrements audio pour renouveler ses pistes. C’est alors que sous ses yeux une voiture creva à vive allure et fini sa course au fond d’un lac. Heureusement sur place, il arrivera à sauver une jeune femme de la noyade, mais le conducteur était déjà mort. Une fois à l’hôpital, on lui apprit que le mort n’était autre qu’un sénateur en course à la maison blanche, et que la fille qu’il avait sauvé ne devait aucunement être mentionnée, question de respect pour la famille du défunt. Mais seulement voilà, une fois rentré chez lui et réécouté l’enregistrement, un bruit de détonation précédent le crissement de pneu l’intrigua. Et si ça n’était pas un accident et qu’on ai tiré sur la roue ? Un complot se profile…

Après un petit clin d’œil amusant à Hitchcock, le film entre dans le vrai sujet du film : l’enquête sur le probable meurtre. C’est assez dommage car l’introduction sur son métier d’ingénieur du son est sans doute le meilleur moment du film. On suivra donc malgré tout un début d’enquête pas mal du  tout avec une utilisation intéressante des photos, bien que leur nombre ne devrait pas permettre un aussi bon taux d’images et que la vitesse reste constamment synchronisée avec le son semble un peu trop miraculeux. Puis dans la seconde moitié l’intérêt retombe à cause du manque d’ampleur de l’histoire et l’absence de rebondissements. Le suspense s’effondre lui aussi progressivement devant l’évidence du déroulement, malgré une fin tellement débile qu’on a du mal à y croire. C’est une grosse frustration dans la mesure où l’idée de départ était prometteuse et que son héros est particulièrement charismatique. On devra se contenter d’un plutôt bon thriller qui ne vaut que pour son acteur principal.

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Die Hard 4 – retour en enfer

Die Hard 4 - retour en enfer
2007
Len Wiseman

Malgré des résultats en salles excellents pour le troisième volet de la saga (366 M$ dans le monde et un record à l’étranger inégalé), il aura fallut attendre 12 ans pour voir émerger une nouvelle aventure. Il est vrai que le style habituel des films était jugé « old school », mais la principale raison vient avant tout de Bruce Willis, pas vraiment convaincu de l’intérêt de salir son personnage de légende avec des scénarios indignes. Puis c’est finalement en 2003 qu’une histoire a trouvé grâce à ses yeux, d’autant plus convaincu de par le style singulier des films de Len Wiseman.

Les années ont donc passé, et John McClane (Bruce Willis) a peu à peu perdu sa famille à force de se vouer à sauver le monde. Sa fille (Mary Elizabeth Winstead) ne veut d’ailleurs plus entendre parler de lui et a même prit le nom de sa mère. C’est alors qu’un appel comme il les aime va retentir : suite à un crash informatique, la police recherche les quelques rares pirates capables d’une telle prouesse, et John est chargé d’aller interpeller l’un d’eux. Mais arrivé au domicile de Matt Farrell (Justin Long), il tomba sur une escouade venu pour se débarrasser de lui. Il faisait parti des informaticiens qui ont été dénichés pour briser des pare-feux et autres sécurité, et son existence menacerait le plan. Derrière tout ça, Thomas Gabriel (Timothy Olyphant), qui planifie de lancer une Liquidation. Il s’agit d’une attaque systémique en trois étapes :
– 1 : détraquer les transports du pays ;
– 2 : paralyser les finances et les télécommunications ;
– 3 : couper les services publiques (eau, gaz, électricité, internet, satellites, nucléaire… ).
La machine est en marche, et une fois de plus le pays à besoin d’un héros.

Le messie est de retour, plus en forme que jamais. Très vite, le film pose des bases dantesques : un mythe de prise de contrôle se voit appliquer. Si bien évidemment on sait qu’un ordinateur ne peut exploser comme ça et que le piratage est loin d’être aussi performant et rapide, le principe en jette un max : une organisation qui détient toutes les clefs du monde. Face à ce flux virtuel qui déchaîne le réel, un « simple » flic de la vieille école. Dès les premières scènes le résultat explose à l’écran : panique routière et crash d’hélicoptère mythique (qui a nécessité deux mois de tournages), et la suite réserve d’autres moments plus forts encore. Et dire que le film est dépourvu d’effets spéciaux… La grande classe ! Le sens de la mise en scène est incroyablement poussé, et on en prend plein les yeux du début à la fin. Dynamisme, coéquipier énorme, méchant brillant et amusant, histoire abusée mais classe : ce quatrième film réinvente la formule avec brio et nous offre une purge d’action de qualité, pas aussi structurée et innovante que ne l’a été le tout premier, mais tout aussi réussi. La suite a t-elle aussi bien perpétué la saga ? Pas sûr…

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Dans la maison

Dans la maison
2012
François Ozon

Alors que chaque année qui passe décrédibilise un peu plus les Césars tant les attributions des récompenses sont à mourir de rire, il persiste malgré tout quelques bons films français, bien qu’on aurait tendance à en douter au vu de la propension de daubes. Voici sans contestes l’un des plus grands oubliés de la cérémonie.

Sujet souvent abordé, le rapport enseignant / élève prend une tout autre dimension ici. Professeur de français dans un lycée, Germain (Fabrice Luchini) se désespère du niveau de ses élèves et les trouve plus médiocres chaque année. Pourtant, au détour d’une copie, la perle : une belle dissertation longue et construite, dénuée de fautes d’orthographe et agrémentée en plus d’une prose très digne. Ébahi par cet écrivain lattant, Germain s’empressa de rencontrer Claude (Ernst Umhauer), l’auteur du devoir. Convaincu de son immense potentiel, il deviendra son plus fervent lecteur, lui disséminant quelques conseils de style. Et pourtant, le sujet le dérange : s’inspirant de son expérience personnelle, Claude y décrit à chaque reprise un nouveau chapitre de sa tentative d’intrusion dans une famille normale, les Rapha, et qui ne cesse pourtant de l’obséder. Sur les conseils de Germain, malgré l’appréhension de sa femme (Kristin Scott Thomas), il ira plus loin encore, devenant le meilleur ami du fils Rapha et rêvant de la douceur d’une femme au foyer lambda, Esther (Emmanuelle Seigner). Mais la situation va vite dégénérer…

Le principe du film est tout simplement excellent : un jeune écrivain en herbe raconte via des rédactions son obsession pour une famille, vivant dans une maison représentant l’idéal familial. Ne voyant que son incroyable talent, son professeur l’encouragera à tout faire pour nouer le contact avec cette maison, lui donnant sa bénédiction pour son investigation obsessionnelle proche de la psychose maladive. On voit donc évoluer crescendo cette histoire, racontée avec brio par Ernst Umhauer, assurément une grande révélation qui, infiniment plus que n’importe qui d’autre des prétendants, aurait amplement mérité le César du meilleur espoir masculin. Le reste du casting n’est d’ailleurs pas mauvais, et Fabrice Luchini fait montre d’une modération rare qui lui vaut une belle prestation. L’histoire particulièrement intelligente et bien desservie pourra aussi compter sur une mise en scène appuyant encore plus sa narration captivante, amenant le film à un niveau franchement inespéré compte tenu du passé peu glorieux de son réalisateur. Sans aucuns doutes l’un des meilleurs films français de l’année.

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Une journée en enfer

Une journée en enfer
1995
John McTiernan

Quand l’argent coule à flot, y’a pas de raison de s’en priver. Néanmoins suite à Die Hard 2, les projets se sont bousculés pour Bruce Willis, enchaînant les grands succès, dont le fameux Pulp Fiction, retardant un peu le film, qui aura dû mettre cinq ans pour aboutir. Et pour ce troisième volet, le réalisateur de Piège de cristal revient à la charge, désaxant cette fois l’histoire du 24 décembre.

À nouveau séparé de sa femme, John McClane (Bruce Willis) a sombré dans la dépression et l’alcoolisme, se faisant au passage renvoyer de la police de New-York. Mais lorsque un fou fit exploser une bombe, la police dû le réintégrer sous les ordres du terroriste. Affublé d’une pancarte « je hais les nègres », John se voit obligé de défiler dans les rues du Harlem sans quoi une autre bombe explosera. Sauvé de justesse par un certain Zeus (Samuel L. Jackson), ils seront manipulés par un dénommé Simon pour se lancer à une immense chasse à la bombe : une tonne d’explosifs chimiques sont disséminés dans une école. Mais en réalité il s’agit d’une mascarade orchestré par Simon Gruber (Jeremy Irons) – frère du « méchant » du premier film – dont le vrai but est de profiter de la panique pour s’attaquer à la réserve fédéral de Wall Street et ses 140 milliards en lingots.

Les deux principes que partageaient les premiers films ne sont plus : l’action ne prend plus place le jour du réveillon, et McClane n’est plus là par hasard, il est convoqué. Ce n’est d’ailleurs pas une mauvaise chose, la redondance aurait très vite épuisé la franchise. Malheureusement, l’histoire en elle-même n’a rien de bien originale puisqu’il s’agit encore d’un braquage, dont le montant laisse quand même perplexe. Comment peut-on laisser 140 milliards de dollars dormir sous forme de lingots dans une même pièce ? Par contre, la chasse au trésor truffée d’indices est amusante et plutôt bien venue, même si la cohérence laisse parfois à désirer. De plus, le méchant de cette histoire – malgré le talent habituel de son interprète – n’a vraiment aucun charisme, et les clichés sont une fois encore légions avec le coup des allemands qui reviennent. On pourra tout de même compter sur une bonne grosse dose d’action et d’explosions, rendant le film particulièrement dynamique, mais ce choix marque un pas de plus vers le film d’action décérébré. Reste un digne successeur, d’un niveau équivalent au second.

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Vive la France

Vive la France
2013
Michaël Youn

Un peu plus de deux ans après Fatal, reprenant, Fatal Bazooka, le personnage déjanté de ses clips musicaux, Michaël Youn revient à la réalisation, fort de son « succès » (le film n’a tout de même pas été rentables en salles, n’ayant fait que 1,3 millions d’entrées sur les 1,7 nécessaires pour amortir les 13 M€ engagés). Et donc cette fois, après avoir parodié l’univers du rap, il s’attaque aux terroristes.

Originaire du Taboulistant, véritable pays créateur de la recette du taboulé, Feruz (Michaël Youn) et Muzafar (José Garcia) se sont vus confiés une mission de la plus haute importance : faire sortir leur pays de l’anonymat. Pour se faire, ils sont chargés de se kamikazer sur la Tour Eiffel, en détournant un avion. Mais suite à un problème, l’avion devra se poser en Corse, terre plus dangereuse encore que celle qu’ils viennent de quitter. Regagnant le continent par bateau, les deux apprentis terroristes auront le malheur d’atterrir à Marseille, où une fois de plus l’accueil s’avérera hostile. Mais heureusement pour eux, après que Feruz se soit vu privé d’un rein par erreur médicale, une journaliste (Isabelle Funaro) va leur venir en aide, et leur faire découvrir à quel point la France est un pays formidable.

Face à Postal, la scène d’introduction de tentative de détournement aérien paraît bien faible,  brouillonne et invraisemblable : un vol Istanbul-Paris qui se pose en Corse, hautement improbable. La suite continue tout aussi atrocement : on frise le nanar quand à la présentation du pays du Taboulistant et « l’entrainement ». Non seulement ils parlent une langue inexistante, mais en plus elle sonne carrément approximative, et on se demandera toujours pourquoi les deux compères se parlent entre eux en français une fois en France. Mais de manière générale, le scénario ne tient pas du tout la route, partant d’idées foireuses et continuant sans véritablement de lien. Le film ne s’en donne même pas la peine, et se contente d’aligner des sketchs. L’humour est de mise puisqu’on retrouvera Pierre Diot, Anthony Joubert, tout deux issus de « On n’demande qu’à en rire », et Jérôme Commandeur. D’un point de vu purement pratique, le film est plutôt drôle malgré quelques énormes facilités et clichés saoulant comme les corses terroristes, les marseillais presque autant, et les campagnards, véritables poltrons soûlards. On rira très souvent, généralement parce que c’est con, et malgré un vide scénaristique abyssal, une réalisation cabotine, un montage brouillon et une impression d’amateurisme global, on s’amuse suffisamment pour que le film se justifie. Enfin tout de même, après Fatal la déception est grande.

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Le Monde de Charlie

Le Monde de Charlie
2012
Stephen Chbosky

Adaptation du best-seller The Perks of Being a Wallflower de Stephen Chbosky, son écrivain a décidé de porter lui même son œuvre sur grand écran pour une transposition la plus fidèle possible. Classé sur le podium des livres les plus populaires dans les bibliothèques américaines, le film n’aura pas eu une diffusion très étendue, mais grâce à un excellent bouche-à-oreille (4,4/5 par les spectateurs allocine, 8,2/10 sur IMDB et 85% sur rotten tomatoes) les recettes ont tout de même atteint près de 30 M$, une belle réussite pour une petite production indépendante.

Centré sur le secondaire 2 (le lycée) et le passage à l’âge adulte, le film tournera donc autour du monde de Charlie (Logan Lerman). C’est sa rentrée en seconde, et il y entre avec une certaine appréhension face à cette nouvelle année qui s’annonce difficile. Tendancieux dépressif, il a perdu sa tante qu’il adorait, et l’an passé son meilleur et seul ami s’est donné la mort. Socialement inadapté et totalement renfermé sur lui-même, c’est avec la peur au ventre et le mal de vivre qu’il arpente les couloirs de l’école, ne trouvant du réconfort qu’auprès des livres et des conseils bienveillants de son émérite professeur de littérature (Paul Rudd). Mais sa vie va changer le jour de sa rencontre avec Sam (Emma Watson) et Patrick (Ezra Miller), deux frères et sœurs complètement déjantés qui croquent la vie à pleines dents. Avec eux il apprendra ce qu’est être apprécié et être aimé. Mais cette amitié lui sera aussi néfaste : amoureux fou de Sam, il apprendra à ses dépends que les gentils finissent toujours seuls.

La vie à l’école : ses grands moments, et ses passages à vide. On y suivra principalement Charlie, un jeune garçon perturbé sur qui le destin s’acharne, lui accordant malgré tout quelques moments de grâce. Loin des teen-moovie américains, le film rappel déjà beaucoup plus quelques productions anglaises originales sur des grands dépressifs de la vie, comme Good Morning England ou Submarine. C’est donc amèrement qu’il découvrira les grandes désillusions de la vie, avec notamment celui de l’amour, chimère d’une brutalité infinie. C’est avec poésie et talent que le film aborde ses sujets assez classiques mais dotés d’une grande portée philosophique, avec un casting de stars montantes particulièrement brillant. L’histoire est très dense et incroyablement riche pour le genre, et le film se hisse sans mal comme l’un des meilleurs, alliant émotion et humour piquant. Un beau film touchant.

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Retour en force

Retour en force
1980
Jean-Marie Poiré

Absolument pas tiré d’une hsitoire vraie, le film raconte tout de même une sacrée affaire : « l’un des plus grands braquages de l’histoire ». Une petite bande de malfrats avait assailli une banque, la délestant de près d’un milliard (de francs). Malheureusement pour lui, Adrien Blausac (Victor Lanoux) fut trahi par ses amis, et se retrouva seul face à la police, le condamnant à sept ans de prison, une sanction limitée faute de magot personnel. Mais voilà, aujourd’hui il est libre, et mise à part un flic (Gérard Jugnot) un peu collant, il compte bien reprendre sa part du butin, et retrouver femme et enfants. Grosse désillusion à son arrivée : sa femme (Bernadette Lafont) s’est remise en couple (Pierre Mondy), et ses enfants n’ont pas connu une réussite aussi éclatante que dans ses lettres, et c’est le moins que l’on puisse dire : il se raconte que son fils vole des motos, et que sa fille serait tombée dans la prostitution. Pire encore, ses anciens « amis » n’ont aucune envie de lui reverser sa part. Une dure loi des séries qui ne fait que commencer, au grand malheur d’Adrien, qui foncera droit dans le mur.

Du bon gros film à la française. Sur fond de truand et autre voyous, on nous sert de la comédie à l’ancienne avec un « gros dur » (gros oui, dur non) qui veut contrôler son petit monde. Un personnage parfaitement antipathique et aigri, aveuglé par l’avidité et son égoïsme. C’est donc avec un plaisir sadique qu’on assiste à sa déchéance, d’autant plus forte qu’il sort tout juste de prison. Comme quoi, même quand on a touché le fond on peu encore creuser. Les gags sont faciles et éculés, mais on en rit quand même un peu, et il est vrai que le film est suffisamment court et dynamique pour que le principe ne s’érode pas trop. Alors bien sûr, le film connait quelques longueurs, mais l’ambiance bon enfant et le semblant de bon casting offrent au film un certain attrait, malgré un final quelque peu haché, voir fainéant. Un divertissement honnête.

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