Un Ange gardien pour Tess

Un Ange gardien pour Tess
1994
Hugh Wilson

Les américains aiment célébrer leurs présidents, et ils vénèrent presque autant leur entourage telle la dynastie anglaise. On citera par exemple Des étoiles plein les yeux, film idéalisant la situation de fille de président, l’assimilant à une princesse. Ici, il s’agira de la femme d’un président.

Dans le film donc, Doug Chesnic (Nicolas Cage) est un ASCM (Agent Secret Chargé de Mission), qui sortait d’une mission particulièrement ingrate et pénible : s’occuper de Tess, la veuve d’un ancien président des Etats-Unis. Il ambitionnait déjà des affaires importantes à Washington, et espérait une belle promotion. Malheureusement, la vieille Tess en a fait appel au président en place pour lui faire revenir Doug, qui lui est désormais indispensable. Frustré de se voir cantonné au rang de simple serviteur pour femme sénile, il n’est cependant pas très enclin à reprendre du service. Si ça présence est obligatoire, sa bonne volonté est par contre purement théorique, allant jusqu’à piétiner ses caprices de dictatrice. Mais c’est mal connaître son maître !

Dans un cadre services rapprochés / hautes classes présidentielles, proches de la royauté dans son approche souveraine, on assistera donc à un bras de fer entre un agent secret rabaissé et sa patronne tyrannique. Placé sous le signe de la comédie, le film marque pas mal de points avec son concept original et décalé, mais s’essouffle très vite par son manque de profondeur et d’évolution. L’humour est plutôt fin et efficace, mais beaucoup trop espacé pour être suffisamment percutant. L’ennui nous vient dans la seconde moitié à force que l’histoire stagne, puis décolle finalement sur la toute fin dans un dernier rebond, amenant un peu de lien pour finir sur une bonne note. Mais bon, ça reste assez limité…

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L’Enlèvement

L'Enlèvement
2004
Pieter Jan Brugge

Des « acteurs très bons », une histoire « passionnante », et un angle « fort et original ». Il y a donc deux possibilités : soit celui qui a écrit ça n’a pas vu le film, soit les journaux télé sont payés pour vendre n’importe quoi. Car dans tous les cas, on a rarement vu pareil foutage de gueule.

Un jour comme les autres, alors que Wayne Hayes (Robert Redford) été allé au travail, sa femme (Helen Mirren) s’inquiéta de ne pas le voir revenir. Et pour cause, il n’a jamais été au boulot. En effet, il n’aurait pas du ouvrir sa vitre ce matin là, où Arnold Mack (Willem Dafoe) l’attendait en embuscade. Apparemment un de ces anciens employés, il a pour tâche de l’amener à ses véritables ravisseurs, le traînant de force dans une forêt.

Alors oui, le casting est assez bon. Oui, le suspense monte autour de cet enlèvement et la confrontation de ses deux hommes dans cette forêt est plutôt intense, mais ça s’arrêtera là. Si l’histoire est d’apparence ultra classique avec les ravisseurs énigmatiques, cupides et dangereux, et la famille épeurée, le véritable fond du film est médiocre. C’est bien simple, aucune scène ne tient la route tant chaque passage est un non-sens. Pendant toute la première moitié on ne peux qu’être persuadé de la multiplicité des ravisseurs avec les correspondances en simultané avec la balade, mais en même temps on ne comprend pas comment le plan peut être à ce point mauvais. Franchement, qui irait se planquer au cœur d’une forêt à plusieurs jours à pied d’une route ? Et pourquoi confier quelque chose d’aussi crucial que l’escorte de la victime à une seule personne ? Et c’est là que le film dérape : il part sur un fait impossible et continue sur un autre fait contradictoire, puis rajoute petit à petit des indices débiles et complètement faux par rapport à la fin, annihilant toute crédibilité et vraisemblance. Rarement un scénario n’aura autant méprisé le spectateur. Une honte !

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My Choice Award 2013

Best Score Worst Score
Meilleur film

Pire film
The Descendants 9,52%
Hostel – Chapitre III 9,50%
John Carter 14,29%
Mince Alors ! 18,50%
Argo 4,76%
Cosmopolis 55,50%
Prometheus 38,10%
Ghost Rider : l’esprit de vengeance 7,50%
Le Hobbit : un voyage inattendu 9,52%
Recherche bad boy désespérément 9,00%
The Dark Knight Rises 23,80%
Pire réalisateur
Meilleur réalisateur

Jonathan Liebesman (La Colère des Titans) 33,33%
Ang Lee (L’Odyssée de Pi) 28,57%
Charlotte de Turkeim (Mince Alors !) 7,89%
Alexander Payne (The Descendants) 7,14%
James Mather et Stephen St. Leger (Look Out) 17,22%
Andrew Stanton (John Carter) 14,29%
David Chronenberg (Cosmopolis) 7,89%
Ridley Scott (Prometheus) 35,71%
Paul W.S. Anderson (Resident Evil : Retribution) 32,67%
Christopher Nolan (The Dark Knight Rises) 14,29%
Pire acteur
Meilleur acteur

Sam Worthington (La Colère des Titans) 17,33%
Paul Dano (For Ellen / Elle s’appelle Ruby) 9,09%
Robert Pattinson (Cosmopolis) 7,02%
George Clooney (The Descendants) 13,64%
Nicolas Cage (Ghost Rider : l’esprit de vengeance) 24,30%
Daniel Radcliffe (La Dame en noir) 9,09%
Edouard Baer (Astérix et Obélix : au service de sa majesté) 51,35%
Leonardo DiCaprio (J. Edgar) 22,73%
Pire actrice
Ben Affleck (Argo) 4,54%
Katherine Heigl (Recherche bad boy désespérément) 17,33%
Chaning Tatum (Je te promet) 9,09%
Juliette Binoche (Elles) 31,32%
Jérémie Renier (Cloclo) 13,64%
Milla Jovovich (Resident Evil : Retribution) 51,35%
Shia LaBeouf (Des hommes sans loi) 18,18%
Pire acteur dans un second rôle
Meilleure actrice

Oded Fehr (Resident Evil : Retribution) 17,50%
Noomi Rapace (Prometheus) 30,77%
Jason O’Mara (Recherche bad boy désespérément) 7,50%
Michelle Williams (My Week with Marilyn) 61,54%
Chuck Norris (Expendables 2 : unité spéciale) 42,20%
Marion Cotillard (De rouille et d’os) 7,69%
Guillaume Gallienne (Astérix et Obélix : au service de sa majesté) 32,80%
Meilleur acteur dans un second rôle

Pire actrice dans un second rôle
Michael Fassbender (Prometheus) 11,76%
Marion Cotillard (The Dark Knight Rises) 25,24%
Garrett Hedlund (Sur la route) 17,64%
Kate Beckinsale (Total Recall) 8,12%
Edward Norton (Moonrise Kingdom) 11,76%
Rihanna (Battleship) 17,50%
Joseph Gordon-Levitt (The Dark Kinght Rises) 17,64%
Michelle Rodriguez (Resident Evil : Retribution) 17,50%
Tom Hardy (Des hommes sans loi) 41,18%
Catherine Deneuve (Astérix et Obélix : au service de sa majesté) 31,62%
Meilleure actrice dans un second rôle

Pire casting
Charlize Theron (Prometheus) 15,38% Mince Alors ! 57,52%
Jessica Chastain (Des hommes sans loi) 53,85%
Cosmopolis 8,12%
Joséphine Japy (Cloclo) 7,69%
Resident Evil : Retribution 25,24%
Mia Wasikowska (Des hommes sans loi) 23,08%
Recherche bad boy désespérément 8,12%
Meilleur casting

Pire scénario
Nouveau Départ 6,67%
Hostel – Chapitre III 8,12%
Avengers 13,33%
Hunger Games 8,12%
Des hommes sans loi 46,67%
Mince Alors ! 16,80%
Moonrise Kingdom 6,67%
Cosmopolis 8,12%
Le Hobbit : un voyage inattendu 23,77%
L’Odyssée de Pi 16,80%
Prometheus 6,67%
Recherche bad boy désespérément 4,50%
Meilleur scénario

Resident Evil : Retribution 20,76%
Chronicle 17,65%
Total Recall 16,80%
Prometheus 47,06%
Pires effets spéciaux
Moonrise Kingdom 5,88%
La Colère des Titans 25,42%
Looper 17,65%
Cosmopolis 16,80%
Twillight – Chapitre 5 : Révélation partie 2 11,76%
Resident Evil : Retribution 16,80%
Meilleure musique

Astérix et Obélix : au service de sa majesté 41,98%
Sherlock Holmes 2 : Jeu d’ombres 8,18%
Pire film d’animation
Skyfall 29,41%
L’Âge de glace 4 : la dérive des continents 18,45%
Twillight – Chapitre 5 : Révélation partie 2 47,06%
Cendrillon au Far West 35,12%
Le Hobbit : un voyage inattendu 8,18%
Kirikou et les hommes et les femmes 45,43%
Cloclo 8,18%
Pire suite/remake
Meilleurs effets spéciaux

La Colère des Titans 8,12%
L’Odyssée de Pi 11,24%
Hostel – Chapitre III 24,44%
Le Hobbit : un voyage inattendu 4,90%
L’Âge de glace 4 : la dérive des continents 8,12%
Avengers 15,25%
Total Recall 25,28%
John Carter 11,24%
Resident Evil : Retribution 8,12%
Prometheus 37,22%
Ghost Rider : l’esprit de vengeance 16,80%
Blanche-Neige et le chasseur 4,90%
Astérix et Obélix : au service de sa majesté 8,12%
The Dark Knight Rises 15,25%


Meilleur film d’animation



La Colline aux Coquelicots 31,50%


Rebelle 16,35%


Les Cinq légendes 18,65%


Les Enfants Loups, Ame & Yuki 35,50%


Meilleure suite/remake



Sherlock Holmes 2 : Jeu d’ombres 4,54%


Underworld : Nouvelle ère 8,45%


Men in Black III 9,20%


Prometheus 23,12%


Expendables 2 : unité spéciale 3,21%


Twillight – Chapitre 5 : Révélation partie 2 24,64%


Le Hobbit : un voyage inattendu 10,24%


The Dark Knight Rises 14,60%


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Training Day

Training Day
2001
Antoine Fuqua

Jeune flic débutant, Jake Hoyt (Ethan Hawke) s’imagine pouvoir changer le monde. Il se voit déjà multipliant les arrestations, terrorisant la racaille et nettoyant les rues. Un flic droit et honnête qui ne boit pas, ne fume pas, est marié et a une petite fille de neuf mois. Et pour rendre nos quartiers plus sûrs, il décidera de rejoindre la brigade antidrogue, et fera équipe avec Alonzo Harris (Denzel Washington), un vétéran du genre, écumant les quartiers les plus chauds de Los Angeles depuis douze ans. Il essayera de changer sa vision des choses en le confrontant à la réalité du terrain. Pour pouvoir traquer et punir les gros trafiquants, véritable source du problème, il ne faut pas se préoccuper de la petite racaille et s’efforcer d’intégrer le milieu : savoir dealer, connaître les effets des drogues, goûter aux joies de la corruption. Mais pour Jake la violence n’est pas une solution, et faire l’impasse sur les petits délinquants serait une erreur. Malheureusement pour lui, il ne commande pas…

Un thriller sombre et violent sur l’univers sans pitié et meurtrier de la drogue. Viol sur mineur, fusillade en plein jour, assassinats froids et calculateurs : voilà le quotidien que vivent les flics. Renseigné par des professionnels  et ayant été tourné dans les endroits les plus malfamés de la ville, le film se veut presque comme un reportage, au plus proche de la réalité. Le résultat est en effet très prenant, bien que son genre reste assez hermétique et que le temps peut paraître un peu long à cause de quelques flottements au milieu de l’histoire, d’ailleurs finalement assez classique. Néanmoins, le casting est solide, avec une récompense attribuée à Denzel Washington pour l’Oscar du meilleur acteur, qui permet au film de convaincre au delà du simple exercice de style. C’est déjà pas si mal.

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Les Marches du Pouvoir

Les Marches du Pouvoir
2011
George Clooney

Adaptation de la pièce de théâtre Farragut North de Beau Willimon, le film nous montre le parcours froid et calculateur d’une élection présidentielle. Vision proclamée cynique de la politique, le titre original du film est autrement plus révélateur du ton du film : « The Ides of March », en référence à la date prophétique de l’assassinat de Jules César.

Au cœur de la campagne présidentielle décrite, on y suivra Stephen Myers (Ryan Gosling), conseiller du candidat démocrate Mike Morris (George Clooney). Pro en communication, il croit dur comme fer en la candidature de Morris, et il sait que la clef de l’élection sera l’Ohio. Et si le directeur de campagne (Philip Seymour Hoffman) certifie pouvoir obtenir le soutien du sénateur de l’état, quand son alter-ego du parti opposé (Paul Giamatti) lui proposera un rendez-vous, chose illégale, sa curiosité et son ambition vont le poussé à accepter la rencontre. À partir de là les choses vont commencer à déraper : secrétaire encombrante (Evan Rachel Wood) et chantage par la presse (Marisa Tomei). La côté sombre de la politique va alors faire surface.

Le film n’est ni plus ni moins que ce qu’il promettait : une campagne présidentielle avec le poids de toutes les magouilles et les problèmes carriéristes de chacun. Mais le film ne s’intéresse que très peu à l’aspect médiatique de l’histoire et se concentre sur l’envers du décors. Le candidat adverse est par exemple totalement absent, les allocutions télé minimes, et les discours discrets. L’axe se situe donc sur la construction de l’image du candidat et son soutien, tant en terme d’électeurs que financier. Pas extrêmement passionnant ni innovant en terme d’histoire, le film se rattrape heureusement en la personne de Ryan Gosling, dont le style soigné, silencieux, et au tempérament de marbre, scie parfaitement à celui d’un arriviste froid et impassible. Pour lui, l’ambiance et le ton sombre et réussi, le film arrive tout de même à tirer son épingle du jeu.

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Le Séminaire

Le Séminaire
2009
Charles Nemes

Quatre ans auparavant sortait la première adaptation cinématographique de la série Caméra Café, intitulé Espace Détente. Malgré un résultat médiocre, le succès de la série était tel que le film avait tout de même fait 1,7 millions d’entrées. Un score certes très décevant compte tenu du phénomène, mais excellent comparé aux autres comédies françaises. Grâce à des rediffusions régulières, la série n’a rien perdu de sa notoriété, et un second essai cinéma pouvait donc être tenté, servant en plus de tremplin pour une nouvelle série centrée sur les concurrents de Digix.

Comme le titre l’indique, nos compères Hervé (Bruno Solo) et Jean-Claude (Yvan Le Bolloc’h) iront à un séminaire d’entreprise pour remotiver les troupes après une année très pauvre en terme de chiffre d’affaire. Un petit comité de six employés sont donc de la partie, avec en plus de JC et Véver, le DRH Jean-Guy (Gerard Chaillou), l’archiviste Maeva (Armelle), le responsable informatique Philippe (Alain Bouzigues), et la secrétaire Jeanne (Jeanne Savary). Mais il se pourrait que ce séminaire ne soit en réalité qu’une façade pour évaluer en douce les employés.

Exit l’univers de la boîte Geugène, exit l’équipe au grand complet, seuls six d’entre eux sont de retour pour un séminaire à Paris, exception faite de Fred (Valérie Decobert) en toile de fond avec son bébé Marie-George (normal de la part de Hervé), et Vero, mais qui se retrouve une nouvelle fois dans la peau d’une autre actrice. Une petite déception mais qui s’accompagne par un changement d’air bénéfique, avec quelques passages plutôt drôles comme la course en Xantia, ou le stationnement « pousse toi de là que j’m’y mette ». mais force est de reconnaître qu’il y a un vide, et que le choix des quatre autres est discutable, amenant des choix douteux sur Meava et Philippe. L’humoriste Virginie Hocq essaye un temps soit peu d’apporter son charme, mais cette seconde adaptation échoue elle aussi à renouveler la puissance de la série, sans doute que le format cinéma est trop mou pour une avalanche de gag. Certes moins raté que le premier essai, cette suite n’aura trompé personne : 482 382 entrées en France. Pire encore, la nouvelle série sur Digix fut rapidement déprogrammée pour cause de massacre. Il aurait mieux valu s’en tenir uniquement à la série originale…

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Espace détente

Espace détente
2005
Bruno Solo, Yvan Le Bolloc'h

Diffusé entre 2001 et 2004, la série Caméra Café a fait les beaux jours de M6, nous régalant de plus de 34 heures de déconne et de grosses vannes avec la belle équipe de l’entreprise énigmatique Geugène, principalement Hervé (Bruno Solo) et Jean-Claude (Yvan Le Bolloc’h), le tout sous l’œil attentif de l’unique caméra de la série, sauf quelques suppléments latéraux au tout début, placée dans la machine à café de justement, leur espace détente.

Pour le film venant malheureusement clôturer la série, la lumière est faite sur l’entreprise : il s’agit d’une entreprise de musculation via impulsions électriques. Elle s’apprête à recevoir une toute nouvelle machine, mécanique cette fois : le Body-Compact. Promotion canapé oblige, Nancy (Shirley Bousquet) en récupérera la responsabilité. Mais c’était sans compter sur le déterminisme de Carole (Sylvie Loeillet, la pauvre, défigurée par sa paralysie faciale), qui n’hésitera pas à ramasser un clochard (Thierry Frémont) expert en délocalisation pour la concurrencer niveau compétitivité. Une situation terrible pour Hervé (Bruno Solo) qui ne peut plus imposer ses prix astronomiques à la direction (Gerard Chaillou), s’asseyant ainsi sur sa commission, et qui voit Fred (Valérie Decobert) s’éloigner un peu plus chaque jour. De son côté, viré par sa femme (Pascale Arbillot), Jean-Claude (Yvan Le Bolloc’h) tente de rebondir et rêve des States promis par le projet Body-Compact. Point de vue marketing, Sylvain (Alexandre Pesle), qui cherche aussi à impressionner Maeva (Armelle), assure une démonstration continue sous la caméra de Philippe (Alain Bouzigues).

C’est la moindre des choses pour une adaptation cinématographique d’une telle série évènement, l’intégralité des personnages sont de retour, malgré quelques erreurs assez terribles comme le plombier qui devient le beau-frère ou la fille de Hervé, rétrogradée en serveuse, ou encore le changement de casting pour Vero, la femme de Jean-Claude. Malheureusement les réjouissances s’arrêtent là, la suite n’étant pas à la hauteur. Briser le cadre unique était certes nécessaire, mais la révélation des affaires de la boîte est une déception, de même que le semblant de scénario pondu à l’occasion, chose dont se passait très bien la série. On subira une histoire banale de conflits sociaux avec un produit qu’on veut internationaliser : le coup des States est d’une lourdeur infâme. Pire encore, le clochard propulsé commandeur est non seulement très laid, n’aidant pas du tout la logique de l’histoire, mais en plus il se montre particulièrement antipathique. Les différentes situations de chaque indiffèrent globalement, n’arrivant pas à susciter l’intérêt qui allait avec la légèreté et le condensé des sketchs. Un gâchis pareil est presque criminel…

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Elle s’appelle Ruby

Elle s'appelle Ruby
2012
Jonathan Dayton, Valerie Faris

Inspiré du mythe de Pygmalion, tombé amoureux de sa sculpture, le film replace ce principe dans un contexte littéraire en la personne de Calvin (Paul Dano), jeune écrivain qui fut le succès d’un livre, cantonné depuis à la page blanche. C’est finalement dans ses rêves que l’inspiration lui revint, l’enchantant de la présence d’une femme aussi folle qu’attachante. Chaque nuit, il la retrouve, et chaque jour il lui imagine une histoire romancée où ils vivent un amour incroyable, et lui donne un nom : Ruby (Zoe Kazan). Mais un beau jour, l’impensable arriva : elle était là, en plein milieu de son salon. Ce n’est pas une hallucination, Ruby s’est bien manifestée en chair et en os, persuadée elle-même de sa propre existence et de la véracité de leur histoire. Un amour si fort que même la réalité ne peut les séparer, l’affichant aux yeux de tous. Mais le fait qu’elle soit le fruit de son imagination est terrifiant, et il est terriblement difficile de résister à la tentation de changer ce qui peut l’être. Et bientôt la fiction va rattraper la réalité, la transformant en la femme dans toute son imperfection. La création échappera à son maître.

Un film à double facettes. La première est celle de Zoe Kazan, aussi scénariste du film, dans un exercice d’idéalisation du couple avec son mari Paul Dano, mélangeant ainsi fiction et réalité comme avec leurs personnages. Une vision de l’amour parfait dans toute sa beauté et sa poésie, mais sans perdre de vu l’aspect surréaliste de leur histoire, laissant libre cour aux possibilités et au décalage comique qu’il peut en résulter. L’autre aspect du film est son orientation philosophique sur la vie, notre vision, et ce que l’on en fait. Pouvoir jouer au dieu est jouissif, mais est-ce légitime ? L’amour programmé est-il un amour véritable ? Quel est le plus important entre aimer et être aimé ? Tant de questions primordiales, qui trouvent ici un écho divin. Hors du commun, le film impressionne par sa portée, sa poésie, sa force. Scénario extraordinaire, acteurs irréprochables, drôle et émouvant à la fois, on assiste à une perle d’une rare finesse.

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Avant l’aube

Avant l'aube
2011
Raphaël Jacoulot

Paysages froids et austères des Pyrénées, le poids de la neige qui tombe, la solitude de la montagne : un décor pesant est planté. La période estivale n’ayant pas encore débutée, le film prend place dans un cadre hôtelier vide, dirigé par un homme sombre et renfermé (Jean-Pierre Bacri). Plus encore, un jeune délinquant en pleine réinsertion, Frédéric (Vincent Rottiers), y fait un stage. On le sent, un drame va arriver. Et en effet, rentrant par nuit noire, le fils du directeur va tamponner de plein fouet un passant avec sa voiture. Le corps sera caché, et la voiture en panne d’essence – d’où cette présence fortuite – sera reconduite à la frontière, avec la complicité du père. Mais seulement voilà : Frédéric a tout vu. Si un poste bien payé et une grande attention sont de bon ton, l’arrivée d’une enquêtrice (Sylvie Testud) fera monter la pression et pourrait faire écrouler leur monde…

Film de saison, son début est à l’image de son paysage : figé parla glace. Le cadre hôtelier de montagne est dépaysant et intéressant, mais les personnages sont faibles entre un Bacri dans son éternel rôle du râleur, et un jeune délinquant insupportable entre son manque total de politesse, de savoir-vivre, d’intelligence et d’ambition : c’est un raté doublé d’une ordure, et ça lui convient parfaitement. Une situation qui n’évoluera que trop peu pour qu’il obtienne notre sympathie. Et malgré l’accident et le secret qu’il représente, les enjeux ne semblent pas assez concrets et le fils est de toute façon antipathique, futur marié et père ou pas. Le rythme et le suspense sont là, d’autant que la mise en scène et l’ambiance sont très bonnes, mais le film n’arrive qu’à nous capter vers la toute fin. Emplie de bonnes idées, dont un angle très personnel et efficace, le film ne décollera malheureusement jamais vraiment.

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Assassin’s Creed III

Assassin’s Creed III
2012
PC

Cinq ans auparavant sortait le tout premier jeu Assassin’s Creed, sur lequel Ubisoft fondait de gros espoirs. Système de jeu d’une liberté sans égales, monde extrêmement vaste et plutôt beau, le jeu affichait même quelques ambitions scénaristiques, qui n’étaient alors qu’à leurs prémices, ne laissant pas un seul moment imaginer la puissance qu’il pouvait s’y tramer. Le second opus allait en effet beaucoup plus loin qu’un conflit philosophique entre deux ordres : une menace d’extinction pèse sur nous. Une menace qui a anéanti la civilisation qui nous avait précédé, et qui nous frappera sous peu.

Graphismes : 18/20

Depuis Brotherhood on le savait, les programmeurs avaient de la ressource sous le coude. On se souvient avec bonheur les phases du présent avec Desmond, exposant des décors affinés et d’une grande inspiration, utilisant abondamment et judicieusement la lumière de manière incroyablement artistique. Une puissance ici décuplée, et qui bénéficie d’une finition hallucinante même dans l’animus, malgré des décors plus vastes et interactifs que jamais. Bien évidemment, les phases dans le présent sont toujours un sacré cran au dessus, n’étant pas limité par le côté reproduction historique. La grotte dans laquelle la confrérie est rassemblée est bluffante, l’occasion aussi de nombreuses cinématiques impliquant Junon, une véritable claque graphique et scénaristique. Pour ce qui est de la partie dans l’animus, on retrouve des décors d’une rare beauté. Si Boston et New-York sont des villes banales voir moche (du moins dans le contexte de 1755 à 1783), surtout comparé à la magnificence de Florence, Rome ou Constantinople, les environs sont beaucoup plus réjouissants. Des bois, des montagnes, des grottes, la mer des Caraïbes : et tout cela regorge de détails et prend une dimension supplémentaire quand la neige tombe et recouvre le sol de son doux manteau blanc. De manière générale, le jeu est très inspiré et fait techniquement très fort. Mais attention à avoir le PC qu’il convient.

Jouabilité : 15/20

Depuis le début, la saga tient les bases de ce qui pourrait être l’un des meilleurs système de jeu de l’histoire, mais continue immanquablement de se planter sur les changements à apporter. Le principe est excellent : incarner un Assassin qui lutte contre l’ordre des Templiers. On contrôle donc un guerrier équipé de diverses armes (lames secrètes, épées, couteaux, haches, arc, pistolets, …) qui se faufile pour récupérer des objets ou commettre des meurtres nécessaires au bien de l’humanité. Des principes bien établis comme la course sur les toits, les points de synchronisation et autre interactions parfaitement huilés. Révélations avait d’ailleurs amené le système à un très bon niveau, qui ne manquait qu’un peu de renouveau. Ici, on fait un bond en arrière, perdant beaucoup d’acquis. Est-ce le personnage qui est largement plus faible que Eizo au corps à corps ou est-ce la difficulté du jeu qui fut décuplée ? Fini le temps des doubles assassinats tranquilles, les gardes ont des oreilles et peuvent même vous entendre arriver. En combat singulier, certains gardes de haut niveau peuvent vous battre sans difficulté, et les grandes mêlées sont désormais forcément mortelles. Même un simple deux contre un peut rapidement mal tourner. Un comble pour un maître assassin ! Pour ce qui est du reste, on notera une interface ratée et des bugs à répétition, surtout en ce qui concerne l’escalade, désormais proscrite en ville. En effet, les gardes pullulent sur les toits, vous repèrant immédiatement, et lançant l’alerte dans la seconde, lâchant des dizaines de soldats sanguinaires. Les prises de forts virent souvent au carnage, nous obligeant à recommencer un certain nombre de fois certains passages. Pour peu qu’on ne fasse que l’aventure principale, la plupart de ses problèmes sont légers, mais les missions secondaires en deviennent encore plus ingrates. Un rééquilibrage sera à prévoir.

Durée de vie : 17/20

Comme pour tout les autres, on comptera grosso modo 15 heures en ligne droite, 20 en faisant quelques missions qu’on qualifiera plus d’exploration et de test, et 25 heures pour en faire le tour complet, incluant les phases navales particulièrement injouables, qui ne méritent pas qu’on s’y attarde. Mais devant le manque d’intérêt des missions annexes et leur difficulté abusive, on ne fera guère que celles de domaine, dont les gains ne seront malheureusement plus automatisés, et celles du Kid, géniales pour les fans de One Piece.

Bande son : 17/20

Se rapprochant de plus en plus de l’immersion cinématographique, le jeu propose des musiques toujours plus dynamiques, fortes et épiques. Des thèmes entraînants auxquels viennent s’ajouter les bruitages réalistes oh combien important comme le petit crissement de la marche qui sépare une couche de neige d’un amas de pixels, le chant d’oiseau qui s’estompe quand l’ennemi approche, ou l’écoulement de l’eau qui gronde à l’approche d’une cascade. À souligner une fois de plus l’excellence des doublages français, un gage de respect et de qualité qui honore.

Scénario : 18/20

Là où les précédents jeux ne faisaient que l’évoquer, celui-ci nous y émergera totalement : l’histoire des anciens. Minerve nous était apparue à plusieurs reprises, livrant sa vision apocalyptique du futur, mais ce jeu nous plongera au cœur de leur passé, en une base de recherche scientifique qu’avait établie une autre ancienne, Junon. Est-ce un hologramme ou un résidu conscient de son esprit ? Seule la suite nous le dira. À travers Desmond elle s’exprimera sur leur passé, la façon dont ils ont lutté contre la menace du soleil destructeur, et le moyen qu’il nous ont légué pour éviter que le fléau s’abatte une nouvelle fois sur la Terre. Mais seulement voilà, l’œuvre de Junon a été scellé, et Desmond doit en trouvé la clef via l’animus. Le début du jeu nous fera vivre l’arrivée en Amérique de Haytam Kenway, chef des Templiers et ancêtre de Desmond, qui donnera naissance à un fils : Ratohnhakéton. On suivra ensuite cet enfant indien, rebaptisé ensuite Connor, de sa naissance en 1756 jusqu’à la fin de cette aventure, en 1783. En pleine révolution et guerre d’indépendance, il y fera la rencontre de certains personnages historiques tels Paul Rever, George Washongton, ou encore Benjamin Franklin, tous plus vils et lâches les uns que les autres.

Note Globale : 17/20

Après deux semi-suites, la saga Assassin’s Creed revient en force avec une histoire de qualité, qui répond enfin à bien des questions, mais il na s’agit pas de la fin du voyage, contrairement à ce qui était annoncé au début. Si une solution possible sera trouvée à la fin du jeu, la menace de fin du monde n’est pas encore écartée et l’ancien peuple a encore bien des mystères à nous dévoiler, attisant notre curiosité,  et terminant une fois de plus sur une queue de poisson particulièrement insoutenable. Et avec des musiques toujours plus inspirées et des graphismes impressionnants, le jeu se dote d’un revêtement qui laisse sur la paille toute concurrence en la matière. En revanche, le jeu perdra en fun et dynamique ce qu’il gagne en difficulté : une IA atrocement corsée pour des interactions immanquablement imprécises. De plus, Connor a bien du mal à égaler Eizo en charisme, et son histoire ultra patriotique  version américaine lasse, heureusement rehaussée par une mise en scène spécialement soignée. Reste maintenant à savoir ce qu’il adviendra de la franchise, qui espérons le, fleurira à nouveau très prochainement.

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