Casino Royale

Casino Royale
2006
Martin Campbell

Après avoir rempli d’innombrables salles au cour de ses 20 films, cette nouvelle adaptation des romans de Ian Fleming sur le fameux agent 007 est un retour aux sources. Avec les derniers films en date jugés trop clinquant et tape-à-l’œil, un vent de fraîcheur fut accordé à l’agent secret pour qui l’aventure repart de zéro, en adaptant sa toute première histoire, alors qu’il vient tout juste d’être promu agent double zéro.

Pour sa toute première mission en tant qu’agent secret de la couronne britannique, James Bond (Daniel Craig) est chargé d’enquêter sur un réseau terroriste. Mais alors qu’il devait interroger le fabriquant de bombes, il détruit par inadvertance une ambassade et tua son suspect. M (Judi Dench), chef du service d’espionnage, le mit immédiatement aux arrêts pour sa conduite irresponsable et tapageuse qui met en péril la couverture du service. Mais ayant trouvé un message sur le portable de sa cible, James pu mettre en évidence l’implication financière dans ce terrorisme d’un certain « Le Chiffre » (Mads Mikkelsen), expert comptable et gestionnaire des comptes de ce système. Ses vacances imposées vont finalement lui servir puisque lui et ses associés se trouvent aux Bahamas.

Si avant sa sortie des doutes ont été émit quand au nouvel interprète de Bond, l’idée d’un reboot était pour sa part plus que nécessaire, une fois la date fatidique arrivée, tout le monde s’est mit d’accord : un chef d’œuvre largement au dessus de tout ce qui a été fait, le meilleur de la saga et le meilleur interprète de James Bond, avec un total de recettes record de 594 millions $. – Bien que les premiers échos de Skyfall semblent indiquer un nouveau pallier dans le génie et le talent, acclamé avec conviction à l’unanimité. – Si d’instinct ce 007 apparaît égocentrique, narcissique, impétueux et arrogant, le début est tout de même réjouissant. Ce tout juste promu agent accumule erreur sur erreur et en paie le prix. Mais d’un autre côté, il fait preuve d’une implication incroyable (l’acteur en a d’ailleurs fait les frais avec deux dents et deux bras cassés, voilà ce qu’il en coûte d’être son propre cascadeur) et surtout d’un charisme assez extraordinaire, s’imposant immédiatement comme un héros et meneur hors pair. Daniel Craig fait preuve de sang froid et s’investi à fond dans son rôle, bluffant par sa prestance. Bolibuildé et vêtit d’un couplet de grande classe, hypnotisant par son regard azure imperturbable, il éclipse clairement ses prédécesseurs. Eva Green s’en sort elle aussi très bien et son charme opère diaboliquement. Pour ce qui est de l’histoire, c’est avec joie qu’on constate que l’accent n’est pas mit uniquement sur les explosions, voitures de sport, et grosses scènes d’action. Le film se permet quelques séquences psychologiques de tranquillité, mais rempli néanmoins très bien ses 2h20 d’action. On retiendra principalement les dialogues piquant de Bond et la fameuse partie de Poker, qui malgré l’exploitation cinématographique outrancière de ce jeu, arrive à imposer une identité forte grâce aux nombreux retournements de situation qui ponctuent l’histoire. Loin d’être la moyenne du genre, on félicite l’effort de densité et d’efficacité du scénario, mêlant habilement le classicisme du roman avec un touche de fraîcheur portant haut le film. Bien plus profond et recherché que n’importe qui aurait pu espérer, ce Casino est royal et marque un excellent renouveau pour ce James Bond qui devrait rester encore longtemps l’icône de cet espion.

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Angles d’attaque

Angles d'attaque
2008
Pete Travis

Sortie pour le moins médiatisée, le film ne manqua pas sa cible et fut un véritable succès : plus de 150 millions $, soit plus de 3,5 fois son budget. Outre son casting pour le moins accrocheur, les campagnes du film ont surtout su mettre en avant l’originalité de son approche.

Prenant place à Salamanque en Espagne, le film tourne autour de la conférence de presse entre les président des Etats-Unis et celui de l’Espagne pour un traité de paix pour les pays arabes. Mais alors que le président américain allait entamer son discours, il fut victime de deux tirs en pleine poitrine. Quelques minutes plus tard, une explosion survient en dessous de l’estrade, créant un second mouvement de panique. S’en suit une seconde détonation, plus importante encore, dans un hôtel voisin. Que c’est-il passé ? Complot terroriste ou gouvernemental ? Pour faire la lumière sur cette histoire, on suivra la vision de huit personnes durant ses évènement, menant à une seule vérité. Parmi les intervenant, on retrouvera Matthew Fox, Dennis Quaid, Forest Whitaker, Sigourney Weaver, William Hurt et même Zoe Saldana.

Après Un jour sans fin,voici l’attaque sans fin. À huit reprise, le spectateur redécouvrira la même attaque sous huit angles différents, avec à chaque fois une légère avancée sur le dénouement final. Un procédé particulièrement intéressant mais à double tranchant : il y a un risque de se lasser au bout d’un moment. De plus, si chaque histoire a son importance, elle n’ont pas toutes la même ampleur et certaines sont dispensables. Mais qu’importe, le film tire le maximum de son idée et nous livre un thriller d’une rare intelligence dont chaque élément est rattaché avec un soucis du détail exemplaire et où tout se recoupe avec brio. Le travail de finition et de cohérence est franchement louable, bien que son histoire de fond ne soit pas tellement à la hauteur. Heureusement, la puissance des scènes d’action permettent de mieux faire passer une éventuelle déception quand à l’aboutissement trop classique du film. Rien que pour les efforts apportés au déroulement et à la réalisation, le film vaut clairement le coup d’œil.

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L’Ombre du mal

L'Ombre du mal
2012
James McTeigue

Edgar Allan Poe était un grand romancier et poète du XIX° siècle. Personnage sombre et mystérieux, il pouvait aussi bien écrire de magnifiques poèmes romantiques que des histoires tortueuses sur la folie des hommes et leurs penchants macabres. Pour le film, l’histoire mélangera celle de l’écrivain à celles de ses livres.

Edgar Allan Poe (John Cusack) mourut le 7 octobre 1849, retrouvé agonisant sur un banc dans un parc. Que c’est t-il passé ? Le film prend place quelques semaines avant, alors que l’inspecteur Fields (Luke Evans) enquête sur un meurtre bien étrange : une femme égorgée, sa fille dans la cheminée, un assassin qui a verrouillé la porte à l’arrivée de la police mais personne à l’intérieur. Comment a t-il put fuir de l’appartement ? À son arrivée sur place, l’inspecteur dénoue immédiatement l’affaire : la fenêtre utilise un système de ressort et n’est pas réellement clouée. Grand amateur de Poe, il a tout de suite retrouvé l’une de ses histoires. Au second meurtre, plus de doutes, il s’agit clairement d’un imitateur. Edgar se joignit alors aux opérations, mais même en sachant sa prochaine attaque, il ne put empêcher l’enlèvement de sa bien-aimée Emily (Alice Eve). Va alors débuter une chasse à l’homme entre l’écrivain et sa création.

Le film commence sur une erreur de taille : annoncer la mort imminente du personnage principal. Bien sûr, ceux qui connaissent la date de sa mort s’en serait rendu compte avec l’année de l’action, et l’annoncer met tout le monde sur un pied d’égalité, mais il n’empêche que l’histoire nous donne d’emblée l’un des aspects du dénouement, décevant d’ailleurs. Pour ce qui est de l’histoire, on ne peu que saluer sa cohérence et sa solidité tant tout se suit avec une logique indiscutable. Une enquête digne des meilleurs Sherlock Holmes. Et si on y croit autant, c’est pour beaucoup grâce au duo principal écrivain / inspecteur qui est porté par l’incroyable talent de ses interprètes. L’ambiance graphique pesante et sombre, ainsi qu’un rythme des plus effrénés aident grandement l’immersion. On regrettera juste la fin trop prévisible puisqu’historique. On aurait presque souhaité une entorse osée avec un Poe vivant sous les traits d’un nouvel homme, soyons fous : Jules Verne. Reste un excellent thriller très bien ficelé, dynamique, et avec un casting imposant.

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Astérix et Obélix : au service de sa Majesté

Astérix et Obélix : au service de sa Majesté
2012
Laurent Tirard

Si la célèbre bande-dessinée de Uderzo et Goscinny n’a rien perdu de sa gloire d’antan, ça n’est pas le cas de ses adaptations dans nos salles. Si la seconde incartade du côté de Cléopâtre fut un franc succès, les deux autres films étaient spécialement mauvais, et le dernier en date, orienté J.O, est considéré comme l’un des plus gros ratages de l’histoire. S’il est difficile d’appréhender sereinement le film, on peut néanmoins se dire qu’il est peu probable de faire pire.

Pour cette quatrième aventure, le dévolu s’est jeté sur deux des BD d’Astérix : Astérix chez les Bretons et Astérix et les Normands. Dans sa conquête du monde, Jules César (Fabrice Luchini) a décidé de prendre la Britania (actuelle Grande Bretagne) aux guignols anglais, et les attaque sans relâches. La reine (Catherine Deneuve) envoie alors Jolidurix (Guillaume Gallienne – en couple avec Charlotte Le Bon) chercher de l’aide auprès des gaulois. – C’était pas le scénario du 2 ? – En pleine éducation de Goudurix (Vincent Lacoste), Astérix (Edouard Baer) et Obélix (Gérard Depardieu) vont donc escorter un tonneau de potion magique jusqu’au village attaqué. Ou tenter du moins.

Alors que les albums d’Astérix regorgent d’aventures grandioses tels Le domaine des Dieux ou Astérix chez les Indiens, choisir un cru de seconde main, qui à l’époque ne m’avait pas tellement emballé, est discutable. Et le constat est vite fait : de tous les films, celui-ci a la moins bonne histoire. Une mission de sauvetage avec des running-gag autour d’histoires sentimentales, c’est très loin de faire un scénario. De plus, le cadre environnemental est très loin de valoir ceux de l’Egypte ou de la Grèce et la réalisation ne parvient pas du tout à créer de la magie autour des lieux. En même temps, faire des jeux de lumières quand le ciel n’est que nuages, c’est compliqué. On aurait quand même apprécier quelques efforts de présentation, et pourquoi pas, folie, utiliser les 60 millions € de budget pour de beaux effets spéciaux, au lieu de tout claquer en guest inutiles et 3D pourrie. Encore une fois, on retrouve un beau panel d’acteurs secondaires voir tertiaires : Valérie Lemercier, Gérard Jugnot, Simon Astier, Dany Boon et même Jean Rochefort. Si les acteurs sont corrects, bien que le nouveau Astérix soit une aberration (on ne prend pas un homme de 1m80 pour jouer les nains), une chose insupporte : l’accent anglais. Si on peut pardonner les innombrables anachronismes, quoique, ces caricatures anglaises sont une infamie entre le ridicule de leur comportement et ce ton snobinard dans la voix. Mais heureusement, ce nouveau film réconcilie la saga avec l’humour. Malgré quelques lourdeurs, on retiendra des passages très drôles comme la vidange de Obélix ou les déboires sentimentaux. Mais cela ne suffit pas pour sortir la tête de l’eau, et entre des contres-publicités (Gérard Depardieu qui se pisse dessus dans un avion, Edouard Baer ridicule en interview), le poids de son catastrophique prédécesseur, et des premiers résultats en salle exécrables (entre le tiers et la quart des autres), on voit mal comment le film arrivera à sauver les meubles. Probablement le dernier Astérix avant très longtemps et on s’en portera pas plus mal.

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Des étoiles plein les yeux

Des étoiles plein les yeux
2005
Forest Whitaker

Quel serait le quotidien, la vie de la fille du président des Etats-Unis ? Mène t-elle une vie normale ou n’est-elle qu’un objet de communication politique ? C’est sur ce principe très limite que s’appuie le film, partant d’emblée sur une idée pas vraiment captivante.

Dans le film, on s’intéressera au cas imaginaire de Samantha Mackenzie (Katie Holmes), fille du président américain (Michael Keaton), actuellement en pleine campagne de réélection. Après avoir voyagé et découvert le monde, elle voudrait avoir maintenant une vie normale, et souhaite se lancer dans des études « normales ». Mais entre les paparazzi, l’attention des autres élèves et ses quatre gardes du corps, difficile de passer inaperçue. Et quand enfin elle trouve une personne qui l’apprécie tel qu’elle est, son statut politique la rattrape.

Si le principe de base semble bien trop léger pour servir de scénario, à l’image de son affiche franchement vide, ça n’est rien par rapport au manque de profondeur de l’approche. Dès le début, on note un énorme problème de cohérence : on nous la présente comme la fille du président, telle une caractéristique intemporel. Ne pouvant l’être qu’à deux reprises et aux vus du contexte, la miss ne l’est que depuis trois ans. Alors pourquoi ce réveil universitaire à 26 ans ? Qu’à t-elle fait entre pendant les neuf années qui la sépare du lycée ? C’est le fait d’être un truc du genre fille de sénateur qui a dû l’empêcher de mener une vie normale ? Difficile à croire… Et quel bel exemple paternel que de laisser sa fille en vadrouille aussi longtemps ! C’est un peu là le principal problème du film : son côté fleur bleu et guimauve ne lui octroie pas le droit de se priver de scénario correcte. Une idylle entre la fille du président et un agent des services secrets ne suffit pas, du moins pas dans l’état. Pour la première moitié du film, le simple charme de Katie Holmes et l’ambiance universitaire mêlée à cette légèreté nous suffit, mais dès que l’identité de l’amoureux transit tombe, l’intérêt du film s’effrite à cause de son histoire figée et l’absence de nouveaux éléments. La fin est même carrément ennuyeuse. Passé l’amorce mignonne et son développement sympathique, le film s’embourbe et trébuche.

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Ondine

Ondine
2010
Neil Jordan

Ondine, nymphe des eaux, sirène des mers. Dans toutes les mythologies, la légende des femmes poissons est récurrente, comme avec celui de Lorelei en Allemagne, ou en l’occurrence le mythe des Selkies, humains revêtant la peau d’un phoque pour se transformer en l’un d’eux. Histoire d’origine écossaise, le film nous propose une plongée au cœur de légende.

Syracuse (Colin Farrell), pécheur irlandais, sillonnait ses eaux froides comme tous les jours, le regard vide, pensant à son passé d’alcoolique dépressif, à son ex-femme irresponsable, et surtout sa fille qu’il ne voit pas assez, souffrant de graves insuffisances rénales au point de devoir attendre sa possible greffe dans un fauteuil électrique. Mais ce jour là, ce n’est pas du poisson qui sorti de son filet, mais une femme (Alicja Bachleda-Curus / Farrell). Mystérieuse et semble t-il amnésique, elle préfère rester dissimulée et se cacher des autres. Se faisant appeler Ondine, comme dans la mythologie, son chant attire tous les poissons dans les filets, et elle semble avoir une connexion avec l’eau. À la fois fascinés et envoûté par elle, Syracuse et sa fille la regardent avec cette même étincelle dans le regard : « et si c’était une selkie ? ».

Coïncidence, chance, ou tout simplement force divine, le film fait monter le mythe autour de son Ondine. Sans jamais pouvoir être catégorique sur son caractère mystique, le film ne se montre pas non plus exclusif et nous laisse dans le doute jusqu’à la révélation finale. Bien que notre esprit sait que les sirènes n’existent pas, notre cœur a envie d’y croire, et tel un enfant rêveur, on suit cette aventure avec espoir et passion. Poétique, romantique, magique, dans une atmosphère d’une tristesse sans nom, ce personnage bienfaiteur arrive comme la providence et illumine notre regard, tandis que l’excellent Colin Farrell nous met la boule à la gorge et que sa petite Annie nous émeut au plus haut point. D’une grande poésie, cette troublante histoire joue énormément sur la métaphore avec un talent fourbe, avant un final tout en désillusions, mais pleinement maîtrisé, nous laissant sur une fin réaliste et mélancolique, mais tellement forte et féerique. L’alchimie qui se dégage est d’ailleurs sincère puisqu’après le tournage, Colin Farrell a épousé son Ondine et lui a fait un enfant. Qui a dit que le romantisme était mort ?

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Astérix aux Jeux Olympiques

Astérix aux Jeux Olympiques
2008
Thomas Langmann, Frédéric Forestier

Faisant suite au très apprécié et incroyablement populaire Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, ce troisième volet des aventures de nos petits gaulois était porté par les imposants 23 millions d’entrées françaises des deux opus, et profita aussi d’un joli buzz autour du projet pendant deux longues de préparation. Et pourtant, la sortie du film fut chaotique. Si sa première semaine en salle fut accueillie par plus de trois millions de personnes, dans la lignée des deux autres, le bouche-à-oreille réduisit le film en cendres. Presses glaciales, spectateurs assassins, le film fut traîné dans la boue plus que n’importe qu’elle autre mauvaise suite. Au final, le film mourut à tout juste 6,8 millions d’entrées, à des années lumières du succès des anciens. Et avec un budget délirant et historique de 78 millions €, et 20 de plus pour la communication, les quelques 131 millions $ que le film a arraché dans le monde couvrent à peine les frais. L’addition est bien salée. Ont-ils fait pire que la catastrophique première adaptation ? Presque, mais dans un tout autre genre.

Hasard du calendrier, cette adaptation de la bande-dessinée de Uderzo et Goscinny est sortie la même année que les Jeux Olympique, mais ratant le créneau des dits jeux. Pour cette nouvelle aventure, nos amis Astérix (Clovis Cornillac) et Obélix (Gérard Depardieu) auront la tâche d’aider Alafolix (Stéphane Rousseau) à gagner les J.O. Amoureux de la princesse Irina, c’est le seul moyen qu’il a trouvé pour gagner le droit de l’épouser, sans quoi elle aurait été promise à Brutus (Benoît Poelvoorde), fils de César (Alain Delon). Mais du coup, Brutus doit lui aussi gagner les jeux s’il veut mériter son mariage. Un vent de triche va souffler sur le Colisée…

Avant de pouvoir déceler les faiblesses décriées unanimement, le film fait montre de très grandes qualités graphiques. L’image est propre, magnifiquement colorée, sublimée par des effets de lumières maîtrisés, accompagnée par des décors somptueux, et se trouve même être réalisé avec talent. Un point assez exceptionnel sur lequel on tente de se raccrocher, avant de désespérément décrocher… Une fois passé le choc du nouvel Astérix, très mauvais d’ailleurs, on se rend compte que personne n’est au premier plan, déroutant. Les personnages d’Alafolix et Brutus semblent les plus travaillés mais c’est comme si chaque acteur effectuait sa scène sans vraiment savoir le rôle qu’il occupe dans le film. Et que dire de la profusion d’acteurs, tous plus inutiles les uns que les autres. Comme dans les deux autres, la « fine fleure » française est conviée : José Garcia, Franck Dubosc, Alexandre Astier, Jamel Debbouze, Jean-Pierre Castaldi, mais aussi Elie Semoun, et malheureusement un collectif sportif, pour une scène final ennuyeuse. Mais ça n’est pas ça le plus gros problème du film : il manque un ingrédient essentiel de la BD. Astérix, c’est l’humour, l’aventure ! Côté aventure, on a vu mieux, mais ça reste pas trop mal. Par contre, où est l’humour ? Est-on censé rire quand Delon dit « ave moi » ? Doit-on être amusé des pitreries de Poelvoorde ? Est-ce supposé être drôle ? Le jeu des acteurs n’étant pas non plus mauvais, le film ne tombe pas dans le grotesque, mais il manque clairement l’attrait humoristique pour s’intéresser vraiment au film, tout juste peut-on se satisfaire de l’histoire et de sa belle réalisation, ayant visiblement pleinement profité du budget historique. Sans être non plus un infâme navet, le film souffre indubitablement de ses dialogues insipides qui font tomber à l’eau ses effets comiques. Sa Majesté redorera t-elle le blason de cet icône culturel ?

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Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre

Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre
2002
Alain Chabat

Malgré un succès mitigé et des critiques assassines envers le premier Astérix, les choses n’ont pas traîné pour enchaîner sur un second film pour nos moustachus gaulois. Alain Chabat aura sans doute su se montrer enthousiaste pour le projet, gratifié d’une augmentation conséquente de budget (330 millions de francs contre 250, soit à peu près 50 millions €), preuve de la confiance des producteurs.

Pour cette seconde aventure, nos gaulois irons faire un tour du côté de l’Egypte, en adaptant la BD éponyme, qui fut déjà l’objet d’une transposition en film animé. Cléopâtre (Monica Bellucci), ne supportant plus l’arrogance de César (Alain Chabat), lui lança un défi : si en trois mois elle arrive à lui bâtir le plus beaux des palais, il devra reconnaître la supériorité du peuple égyptien. Pour ce faire, elle fera appel à l’architecte Numérobis (Jamel Debbouze), menacé d’être jeté aux crocodiles en cas de non respect du temps imparti. Conscient du caractère intenable de la tâche, il fera appel à la seule personne capable de l’aider : Panoramix (Claude Rich) et sa potion magique, escorté par Astérix (Christian Clavier) et Obélix (Gérard Depardieu). Mais entre un César peut enclin à la défaite et un Amonbofils (Gérard Darmon) vengeur, la construction ne se fera pas sans heurt.

Quand l’univers de Uderzo et Gossini est retranscrit avec l’humour des Nuls, ça donne un résultat presque inespéré tant c’est le jour et la nuit avec la première tentative. Bien que dénaturant un peu l’ambiance de la bande-dessinée, d’autant que la patte « Debbouze » est marquée, Alain Chabat a réussi à faire un film particulièrement drôle et efficace, multipliant les références aux films populaires et autre clin d’œil à des sketchs passés. Souvent téléphonés ou faciles, ses gags font tout de même mouche, et il a réussi le tour de force de calmer Christian Clavier et de le rendre très bon dans son rôle d’Astérix. On regrettera par contre la présence sympathique mais trop envahissante de Jamel, éclipsant un peu nos deux compères. Et comme pour le premier, le film compte dans ses rangs une pléthore de guest : Edouard Baer (d’ailleurs problématique puisqu’il reprend le rôle d’Astérix dans le quatrième volet), Dieudonné, Isabelle Nanty, Jean Benguigui, Marina Foïs, Dominique Besnehard, Zinedine Soualem, Chantal Lauby, Pierre-François Martin-Laval ou encore Jean-Paul Rouve. Un bon gros mixe qui n’affirme pas vraiment son style mais qui parvient à s’imposer sans mal. La preuve en est avec ses critiques admiratives et son score incroyable dans les salles : 14,3 millions d’entrées en France, et 111 millions $ dans le monde, soit presque 80 millions  €. Un franc succès mérité. Quel dommage que la suite changea de main…

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Astérix et Obélix contre César

Astérix et Obélix contre César
1999
Claude Zidi

Partie intégrante du patrimoine français, la célèbre bande dessinée de Uderzo et Gossini aura connu de nombreux projets d’adaptation, notamment avec de Funès qui se voyait bien en Astérix, mais il aura fallut attendre nombre de décennies pour que cela se concrétise. Son scénariste Gossini aura donc échappé à ce ratage, pourtant éprit de bonne intentions.

Sorte de mixe entre La surprise de César et Le coup du menhir, le film nous emmènera en 50 avant Jésus Christ, alors que la Gaule est aux mains de l’empire Romain. Toute ? Non, un village d’irréductibles gaulois résiste grâce aux potions magiques de son druide, qui leur donne une force herculéenne durant dix minutes. Un général romain cupide et ambitieux, Détritus (Roberto Benigni), désire se l’accaparer pour renverser César et prendre possession de Rome. Mais c’est sans compter sur les protecteurs de la ville : Astérix (Christian Clavier) et Obélix (Gérard Depardieu), toujours fidèles au poste.

Si la presse s’était montrée optimiste à propos du film, la huée des spectateurs est sans appel : énorme déception. Pourquoi le film n’a pas convaincu malgré l’inspiration des œuvres, son budget astronomique (250 millions de francs, soit près de 42 millions €), et son casting hallucinant ? En effet, outre le tandem et l’italien, on retrouve un sacré panel : Michel Galabru, Daniel Prévost, Pierre Palmade, Laetitia Casta, Arielle Dombasle ou encore Jean-Pierre Castaldi. Mais seulement voilà, personne, mise à part peut-être Obélix (il faut dire que son acteur s’est, et continue encore, à beaucoup s’investir dans le rôle, gardant coûte que coûte la ligne), ne tient la route. Entre des italiens à l’accent au couteau, avec en particulier un César minable, des acteurs qui en font des caisses et un Astérix insupportable, bien que dans l’absolu l’acteur est bien choisit, le casting n’est clairement pas un avantage. Pour ce qui est de l’histoire, elle a au moins le mérite de réunir les livres avec habileté et logique, mais il manque clairement la puissance humoristique qui s’en dégageait. Dire qu’on s’ennuie est un euphémisme tant le film est lourd et les gags indigestes. Côté décors, c’est plutôt fidèle, quoique le village fait un peu trop bouseux et pas assez coloré, mais on ne sent pas tellement la profusion financière, tout juste peut-on se réjouir des effets-spéciaux correctes. Le résultat en salle ne fut pourtant pas si mauvais, preuve de la popularité de cet univers : 8,78 millions d’entrées, une rentabilité quasi nulle mais assurée, chose que des J.O. n’ont pas eu. La déception est à la hauteur de l’évènement, faisant presque douter du potentiel de la BD. Heureusement, trois ans après, Chabat redora le blason du petit blond moustachu et de son ami enrobé.

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Jeremiah Johnson

Jeremiah Johnson
1971
Sydney Pollack

Si de nos jours plus personne n’a idée de qui est Sydney Pollack, il faut dire que son actualité n’est plus très récente, de même que Robert Redford sombre lui aussi dans l’oubli, et que la popularité des Western est en berne, la preuve en est avec le succès timide de l’excellent Lawless, alias Des Hommes sans loi, ce film fait parti des grands classique de l’époque, au même titre que ceux de Mr Clint.

Pas tellement une histoire, le film nous conte plus une aventure, celle de Jeremiah Johnson (Robert Redford), un anglais qui débarque aux États-Unis en quête d’épopée sauvage en plein cœur des montagnes froides et hostiles du Wyoming. Armé de son fusil et épaulé par deux chevaux, il partira s’isoler dans le froid, croisant le chemin d’autres pèlerins et d’indiens, principalement la tribu des Corbeaux. Mais finalement, ses pas vont l’amener à prendre soin d’un jeune garçon et partager ses jours avec la fille d’un chef de clan indien, brisant ses vœux de solitude. Mais rien n’est éternel dans ses montagnes dangereuses où les indiens massacre les étrangers à grand coup de tomahawk.

L’appel de la nature est un sujet peu prolifique mais souvent très inspiré, comme le très fort Into the Wild. Mais ici, le film veut nous imposer un héros charismatique et fort qui ne craint ni le danger ni les affres du temps. On pourrai même parler d’arrogance quand à sa présentation, accompagnée par une musique chantant ses louanges. Mais bon, le talent de son acteur étant ce qu’il est, on pardonne ce pécher de vanité. Par contre, on aurait aimé un peu plus d’effort du point de vu de l’histoire, suffisamment fournie pour ne pas trop s’ennuyer mais ça reste un peu faible, surtout que la dernière partie n’est pas très intéressante, entachée par quelques fautes de goût. Le principal intérêt du film résidera donc dans ses paysages enneigés, qui possèdent un charme indéniable. L’idée de départ est donc plutôt bonne, et est développée correctement, mais le résultat manque cruellement d’originalité et de consistance.

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