Inception

Inception
2010
Christopher Nolan

Porté aux nus avec ses deux premiers Batman et d’autres films qui ont retenu l’attention du public tels Le Prestige ou Memento, le désormais immense Christopher Nolan s’est vu déroulé le tapis rouge pour réaliser un projet qui lui tenait à cœur et avec aussi les moyens de le faire : 160 millions $. Un budget rarement égalé pour un film original qui n’est ni une adaptation ni une suite. Et après dix ans à peaufiner son scénario, il peut enfin lâcher sur le monde son film.

Basé sur le monde des rêves, le film part d’un principe simple : et si on pouvait pénétrer le rêve de quelqu’un d’autre ? Ainsi, dans le film, une technologie a été conçue autour de cette idée. Dom Cobb (Leonardo DiCaprio) est un grand habitué de cette technique et s’en sert pour dérober des informations au subconscient d’une personne. Reconnu dans le monde entier et traqué tel un terroriste, il suscitera l’intérêt de Saito (Ken Watanabe), un homme d’affaire voulant lui confier une tâche des plus compliquées : l’Inception. Il s’agit d’insuffler une idée à une personne tout en la persuadant qu’elle vient de lui. L’objectif étant de faire démanteler l’immense multinationale Fisher au fils héritier (Cillian Murphy). Mais pour mener à bien une telle mission, Cobb va devoir recruter les meilleurs : Arthur (Joseph Gordon-Levitt), un spécialiste du réveil ; Ariane (Ellen Page), l’architecte qui conçoit l’environnement des rêves ; ou encore Eames (Tom Hardy), un faussaire capable de se faire passer pour n’importe qui dans les rêves.

Le film nous lâche directement en pleine action durant un rêve imbriqué dans un autre, obligeant le spectateur à se concentrer dès le début sans quoi il se verra laissé pour compte. Cela ne demande pas un effort surhumain d’autant que sa complexité est raisonnable. Le film suit un cour logique et indiscutable jusqu’à la dernière scène dans l’avion, créant une polémique sur la fin. Les évènements se précipitant de manière abrupte et la toupie n’étant pas réellement tombée, certains y verront le signe d’un rêve inachevé, d’autre penseront plutôt que tout ça est logique et que le vacillement final de la toupie indique son arrêt proche. Mais tel un flemmard, Christopher Nolan avoue avoir laissé une fin libre de toutes interprétations. Ce manque de prise de parti est regrettable et jette sur le film un petit problème de finition. Mais cela ne remet en rien en cause la solidité du reste qui s’enchaîne intelligemment tout du long.

Outre l’histoire qui a bien sûr était le fer de lance du bouche à oreille ayant propulsé le film à quelques 825 millions $ dans le monde dont près de cinq millions d’entrées en France, le film compte sur quelques effets commerciaux primordiaux. Le casting est assez ahurissant tant il regroupe une quantité folle de stars puisqu’en plus de ceux sus-nommés, on pourra compter sur la participation de Michael Caine mais surtout de Marion Cotillard qui incarne la femme de Cobb, décédée quelques temps auparavant, et qui revient le hanter dans ses rêves. On notera d’ailleurs le regrettable doublage de Leonardo DiCaprio qui fut malheureusement privé de son doubleur officiel pour ce film. On fini certes par s’y faire mais ça fait d’autant plus mal que son doubleur officiel s’était chargé de la bande-annonce ! Qui a dit escroquerie ? Côté effets spéciaux, ou plutôt effets normaux puisque le film a surtout utilisé des truquages, c’est très impressionnant. On retiendra notamment les rues de Paris et les limbes. Il est par contre dommage que le côté onirique n’est pas été plus poussé vers le fantastique, le côté Matrix et le monde dans la neige ne faisant qu’effleurer cette optique. On retrouvera donc un énorme casting et beaucoup de maîtrise pour ce qui est du visuel et le résultat est bien évidemment aussi impressionnant qu’intéressant, surtout du point de vu philosophique, mais on émettra quelques réserves, notamment au niveau des acteurs. L’avalanche de personnages rend les prestations plus masquées et au final personne ne brille vraiment. De plus, l’histoire se limite tout de même à un simple casse de l’esprit et le principe du film n’est pas suffisamment poussé. Un film excellent mais trop retenu dont la réputation est un peu surfaite.

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Abraham Lincoln : Chasseur de Vampires

Abraham Lincoln : Chasseur de Vampires
2012
Timur Bekmambetov

L’un des plus connu et des plus populaires des hommes politique de l’histoire, Abraham Lincoln fut le 16° président des Etats-Unis et aussi le premier républicain. On se souviendra de lui pour la guerre de sécession et l’abolition de l’esclavage, mais aussi pour son triste sort : mort assassiné dans un théâtre. Histoire bien évidemment fictive, son prétendu passé de chasseur de vampires est inspiré du livre de Seth Grahame-Smith, également scénariste du film. Et aux commandes, nul autre que le réalisateur de l’excellent Wanted. Quelque soit la connerie de l’histoire, on peut tout de même espérer quelque chose d’assez solide.

Abraham Vs Vampires. Tout cela a commencé lorsqu’il avait une petite dizaine d’années où il assista à l’assassinat de sa mère. À l’âge adulte, Abraham / Abe (Benjamin Walker) retrouve enfin le meurtrier de sa mère et lui tire une balle en pleine tête. Mais il s’agissait en fait d’un vampire dont seul l’argent peut venir à bout. – Euh… C’était pas pour les loup-garou ça ? Exit le temps des pieux et autre ails ? – Un certain Henry (Dominic Cooper) lui viendra alors en aide et lui expliquera la situation. Convaincu que le mal doit être combattu et étant prêt à tout pour assouvir sa vengeance, Abe va devenir son dissiple et faire la chasse aux vampires.

C’était une évidence, l’histoire est un grand n’importe quoi en puissance mais possédant tout de même un certain talent pour caser ce règlement de compte dans le contexte historique. En résulte quelque chose de plus solide que prévu scénaristiquement. De plus, le début du film est très bon entre la formation et la vie d’Abe à Springfield où il fera notamment la rencontre de Mary Todd (Mary Elizabeth Winstead), sa future femme. Le talent du réalisateur est mit à contribution puisqu’à défaut de proposer des affrontements originaux, les combats sont plutôt dynamiques. De manière générale, outre l’indigestion d’une énième histoire vampirique, le film surpasse de très loin les attentes et se révèle jouissif, d’autant que notre héros est incroyablement charismatique. Malheureusement tout cela va s’embourber dans une seconde moitié plus politique, heureusement rattrapé par un final explosif et intelligent. On regrettera par contre la maladresse des maquillages quand il s’agit de faire vieillir les acteurs, certes excellent pour Abraham (d’ailleurs très ressemblant) mais ridicules pour les autres. Reste un film surprenant et divertissant qui démarrera en trombe, bien qu’il retombera un peu…

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Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare

Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare
2012
Lorene Scafaria

Tout le monde le sait, les mayas ont prédit la fin du monde le 21 novembre 2012, ce qu’on confirmé certains scientifiques pensant que notre soleil sera aspiré dans un trou noir et autre histoires de rayonnement solaire. Qui vivra verra… rien. Une grosse ânerie de plus. Encore est-il que, sans en évoquer la date exacte, le film nous lâche dans une époque contemporaine où la Terre serait menacée d’extinction d’ici 21 jours à cause d’une météorite de 110 kilomètres de diamètre. Et l’armée ayant échoué sa mission de sauvetage, notre fin est imminente. Qui a dit opportuniste ?

On suivra donc Dodge (Steve Carell) pour ses derniers jours sur Terre. N’ayant rien à quoi se rattacher, il continu sa vie de dépressif en allant au boulot, vide, et reste chez lui, seul. Mais finalement, un soir à 14 jours de la fin, il ouvre sa fenêtre à sa voisine en pleure, Penny (Keira Knightley). 22 ans plus jeune et complètement déjantée et dérangée, elle va néanmoins lui apporter l’espoir : une lettre de son amour de jeunesse qui était dans la mauvaise boîte. Voulant l’aider, elle décidera de l’accompagner.

L’idée de base est intéressante : voir la fin du monde du point de vu de citoyens ordinaires. Tout le monde  devient un peu fou et prend la vie à la légère et certains passages en sont drôles comme le patron démissionnaire, les parents initiant leurs jeunes enfants à l’alcool et aux drogues ou les présentateurs télévisés décontractés. Mais tout cela sera vite plombé par l’incroyable dépression de nos héros, des suicides et autre ambiance de merde. Il semblerait que seule la drogue permette de redonner le sourire, bien que forcé. Et du coup, cette morosité gagne très vite le spectateur. Mais en même temps, c’est plutôt réaliste bien que la violence et la débauche ne sont qu’à peine effleurés dans une version censurée : pas de nudité ni de meurtre en série et encore moins de viols et autres faits malheureusement incontournables dans une telle situation. Et les surprises ne seront pas nombreuse dans ce film, surtout en ce qui concerne la fin : la mort. Pas d’échappatoire, pas d’espoir. Et même ceux qui souhaiterait voir une magnifique romance seront déçus : leur amour n’a pas beaucoup de profondeur. Si le film est assez bien fait, l’intérêt de voir quelque chose d’aussi déprimant ne saute pas aux yeux. Sauf peut-être aux fabriquants de Prosac…

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D-War : La guerre des dragons

D-War : La guerre des dragons
2007
Shim Hyung-rae

Le marché asiatique cinématographique est en pleine expansion, en particulier la Chine et la Corée du Sud dont la part internationale ne cesse de croître. C’est justement à la Corée qu’on doit ce film au budget s’élevant tout de même à quelques 32 millions $. Le jour où l’Asie concurrencera sérieusement Hollywood est proche !

Le film se base sur une légende inventée pour l’occasion : tout les 500 ans, deux serpents se battent pour avoir les faveurs du Yun-Shu, un esprit incarné dans le corps d’une humaine qui sera marquée du signe du dragon de façon immaculée. Un protecteur lui est assigné jusqu’à ses 20 ans lors desquels elle peut s’offrir à une divinité serpent pour l’aider à devenir dragon. Mais à la dernière tentative, la Yun-Shu s’était tuée dans sa fuite amoureuse avec son protecteur. Mais aujourd’hui, un journaliste appelé Ethan se trouve être la réincarnation du protecteur et il se doit de protéger Sarah, la réincarnation du Yun-Shu, qui s’apprête à fêter ses 20 ans. Mais l’armée d’Imoogi est bien décidée à débarquer à Los Angeles pour se l’approprier.

Assez déroutant, le film nous embarque dans une histoire abracadabrante assez complexe qui nous submerge de détails entre le présent, l’histoire du héros et le passé de la légende. Le conte d’il y a 500 ans est d’ailleurs l’occasion de constater l’ambition du film qui affiche de bons effets spéciaux reptilien à l’animation cependant pas très fluide mais cela est rattrapé par une quantité folle d’explosions et autres artifices. Puis finalement cette histoire plutôt bien structurée mais surréaliste prend place et se laisse suivre malgré les piètres acteurs. Mais heureusement, pour que le spectateur ne se pose pas trop de questions, l’immense serpent vient harceler nos héros toute les deux secondes, excellent moyen d’inclure des explosions et autre tôles froissées. Puis le dernier tiers balance la sauce et détruit les immeubles par dizaines et envoie toute sa panoplie de monstres. Et pour le coup, on en prend plein les yeux. On pourrait toujours pester contre les animations très années 90 mais il faut quand même reconnaître au film une certaine qualité graphique. Et avec un peu plus de 75 millions dans le monde, dont 55 en Corée, l’équipe peu se féliciter du résultat. Alors oui, on frôle le nanar, mais c’est original et divertissant.

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Quelque part dans le temps

Quelque part dans le temps
1980
Jeannot Szwarc

Immense acteur des années 80 – 90, Christopher Reeve a connu la gloire grâce à son légendaire rôle de Superman en 1978. L’avenir semblait brillant pour lui puisqu’entre deux films sur son super-héros, il tournait de nombreux films dont celui-ci. Cette romance dramatique est d’ailleurs considérée comme son meilleur rôle. Mais sa carrière fut toute autre à cause de son accident qui entraîna probablement sa mort neuf ans plus tard…

Plus tragique encore que la vie de son acteur, le film démarre en 1972 alors que Richard Collier (Christopher Reeve) donne une représentation de sa pièce dans le Grand Hôtel qui sera bientôt disponible à Brodway. Une énigmatique femme âgée lui donne alors une ancienne montre à gousset en or en lui disant « reviens-moi », puis disparaît. Huit ans plus tard, alors que Richard est devenu un immense créateur de pièce de théâtre, il décide de prendre des vacances. Sa route le conduira justement au Grand Hôtel où il y trouvera le portrait d’une femme magnifique. Après avoir longuement rêvé d’elle, il se renseigna et apprit qu’elle n’est autre que Elise McKenna (Jane Seymour), une ancienne actrice vedette qui est aussi cette même vieille femme qui lui a offert la montre, morte la nuit qui a suivit ce jour. Ses pas le mèneront dans son ancienne maison où il y trouvera un livre rédigé par un de ses ex professeur parlant de voyage temporel par hypnose. Et grâce à cette méthode, il franchira les 68 ans qui le sépare de son amour.

Effectivement, le pellicule crépite encore et certains passages gardent en fond des dialogues en anglais. Le film accuse indéniablement son âge mais une chose nous touche au fond du cœur et nous ramène à une nostalgie intemporel : la musique. Le son est certes digne d’une vielle boîte à musique mais son charme n’en est que plus grandiose. On pourrai se demander pourquoi faire tant d’effort pour la voir, après tout, les femmes belles sont nombreuses. Non, c’est elle, c’est le destin. Le film fait d’ailleurs incroyablement fort puisqu’il nous prouve que tout ça n’est que le fruit de leur volonté de par la motivation sincère qui les anime, mais il y a plus. La structure du film est irréprochable et chaque détail a une importance cruciale et tout est connecté. Il ne pouvait pas en être différemment. On gardera tout de même quelques questions en suspend comme d’où sort cette montre puisqu’ils se la transmettent mutuellement et il réside une certaine ambiguïté sur le personnage de William Robinson (Christopher Plummer), le manager de Elise. Viendrait-il lui aussi du futur ? Plusieurs faits en attestent. Nombreux sont les mystères qui entourent le film… Pour ce qui est de la fin, on ne peut qu’être impressionné par tant de talent et de poésie. On assimile souvent une fin triste par une fin mauvaise, mais pas ici. Il n’y avait de toute façon pas le choix : Elise étant morte seule, leur bonheur aurait été un paradoxe temporel. Il n’a d’autre choix que de se laisser mourir pour la rejoindre dans l’au-delà. C’est bien évidemment une fin horrible et bouleversante mais quand la musique résonne une dernière fois sur leur âmes se retrouvant enfin et pour toujours, seul un monstre n’aurait pas au moins une boule à la gorge. La force des acteurs y fait pour beaucoup, la musique encore plus. Une œuvre inoubliable qui nous rappelle que les plus belles histoires ne sont pas forcément les plus heureuses.

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Rétrospective sur Desperate Housewives

Desperate Housewives
2004-2012

Apparue la même année que Dr House, la série a elle aussi livré son dernier épisode cette année. Pour ABC, cette incroyable aventure débuta le 3 octobre 2004 sous les yeux de 21,64 millions d’américain, un lancé en fanfare. Mettant en scène le quotidien mouvementé de femmes au foyer, la série fut un carton colossal auprès des femmes y trouvant une série sur elles. Et pour les hommes, quel plaisir de pouvoir ainsi admirer des femmes magnifiques. Marqué par le suicide de leur amie Mary Alice Young (Brenda Strong), on suivra principalement quatre femmes : Bree (Marcia Cross), la sainte avec un balais dans le cul dont le mari Rex (Steven Culp) va gaîment voir ailleurs ; Susan (Teri Hatcher), la divorcée élevant seule sa fille Julie (Andrea Bowen) ; Lynette (Felicity Huffman), la mère de famille nombreuse spécialisée dans la ponte de roux, et qui représente le couple pilier avec son mari Tom (Doug Savant) ; et enfin Gabrielle / Gaby (Eva Langoria), la grosse salope qui trompe à tour de bras son riche mari Carlos (Ricardo Chavira), qui se tue pourtant à la tâche pour qu’elle puisse claquer des centaines de milliers de dollars en fringues et autres bijoux, avec John, son jardinier pourtant mineur. Et pour pimenter leur quotidien, Wisteria Lane accueillera aussi le beau gosse plombier Mike (James Denton), prêt à faire chavirer les cœurs, et Edie (Nicollette Sheridan), la grosse pute qui veut se taper le premier venu. Et comme cela en deviendra la recette, cette saison se structurera autour d’une enquête sur la famille Young, et plus précisément Paul (Mark Moses), le mari. Et avec une moyenne de 24,13 millions de spectateurs et tout de même 30,62 pour le dernier épisode, on peut dire que le succès est ahurissant. Et c’est mérité puisque la saison est très drôle et les personnages, sans être tous très bien interprété, sont intéressant et c’est très bien structuré.

La saison 2 sera quand à elle tout simplement l’une des meilleures : l’histoire de la famille Young prend de l’ampleur, une famille afro-américaine arrive avec son lot de secrets, Carlos passe par la case prison, Susan et Mike se trouvent, Bree se remarie fissa avec son dentiste George (Roger Bart) qui se révélera être un gros psychopathe ayant tué Max, et rencontrera aussi à la fin de la saison Orson (Kyle MacLachlan) qui prendra une importante place par la suite. La pauvre devra aussi faire avec deux enfants difficile (ils se volatiliseront d’ailleurs de la série par la suite avec infiniment peu de réapparitions). Cela a donc permit à la série de définitivement s’installer comme l’un des plus grands piliers de la télévision américaine avec une moyenne de 23,99 millions de spectateurs.

La saison 3 sera pour sa part une saison assez chiante. Orson ayant foutu Mike dans le coma, Susan va voir ailleurs : Ian (Dougray Scott). Edie en profite pour retenter sa chance auprès de lui mais fini par se rabattre sur Carlos pour qui les choses semblent mortes avec Gaby. La famille Young fait son retour et se sera la seule petite histoire réellement intéressante. Ce méli-mélo / tournante n’a trompé personne : les audiences se sont effondré en dessous de 19 millions.

Pour la 4° saison, la grève des scénaristes frappait et le résultat en est une Lynette avec un cancer, une Gaby et un Carlos qui se cherchent et une nouvelle menace pèse sur le couple Mike / Susan : Katherine Mayfair (Dana Delany), une nouvelle voisine. La suite logique et fainéante d’une troisième saison déjà plus très glorieuse… Grâce à la grève la saison n’a duré que 17 épisodes et l’hémorragie n’a pas entamé les 18 millions de spectateurs mais le danger rôde !

La 5° saison avait tout de même pour elle un sacré atout : changement de temps. L’action se déroule ici cinq ans après les évènements précédents et les révélations fusent : Carlos est aveugle et est co-responsable des deux monstres pondus par Gaby et suite à leur accident de voiture, Susan et Mike se sont séparés et il va se remarier avec Katherine. Mais cela cachait aussi un autre fait : les actrices vieillissent et il devient impossible de les faire paraître 35 ans. Et avec le nouveau voisin complètement fou qu’est Dave Williams (Neal McDonough), cette saison se dote de sacrés attraits. Et bien qu’il y est quelques flottements, la recette reprend pas mal. Mais la mort de Edie pour des raisons obscures fut senti comme une trahison pour les fans et cette saison n’aura attiré plus que 15 millions de spectateur de moyenne…

On pouvait le sentir, la fin de la série avançait très vite et que pouvait-on espérer ? Et contre toutes attentes, la sixième saison sera peut-être la meilleure pour certains entre l’idylle de tout les couples et la nouvelle histoire assez passionnante de la énième voisine : Angie (Drea de Matteo). Aussi charismatique qu’envoûtante, cette beauté gitane amènera une histoire recherchée et poussée qui commençait à sérieusement manquer à la série. Mieux encore, la relation entre Bree et Karl (Richard Burgi), l’ex mari de Susan, donne une fougue rafraîchissante. Mais cela n’a pas suffit et les audience descendent en dessous de 13 millions.

Pour l’avant dernière saison, Paul Young revient à nouveau, innocenté et bien décidé à se venger de son lynchage au sein de Wisteria Lane. Pour se faire, il veut y ouvrir un centre pour multi-récidiviste ! Côté voisins, on accueillera Renee (Vanessa Williams), une amie de Lynette. Pour ce qui est des couples, Bree est à nouveau célibataire tendit que les Scavo et les Delphino subissent la crise de pleine face. Un vent de morosité souffle sur la ville et si la saison est pleine de bonne idées, les audiences tombent dramatiquement à 11 millions avec des sous-pointes en dessous de 10, ne laissant d’autre choix à son créateur que de faire une dernière saison pour leur dire adieu.

Pour la dernière saison de la série, Marc Cherry, le créateur du show, n’aura pas tenu sa promesse faite dès la saison une qui stipule que s’il reste plus de sept ans à l’antenne, il ferait venir des extraterrestres à Wisteria Lane. Pas de nouveaux voisins non plus, excepté Ben (Charles Mesure), le futur grand amour de Renee. À la place, la saison s’axera autour du meurtre d’Alejendro (le beau-père de Gaby qui la violait quand elle était petite), tué d’un coup de chandelier par Carlos. Et tout le monde y participe que se soit pour cacher le corps et autre. Il s’agira donc d’un bras de fer entre les enquêteurs de police et nos quatre femmes. Le tout s’achèvera dans un procès mené d’une main de maître, Trip (Scott Bakula), qui deviendra le nouveau copain de Bree, principale accusée. Et alors que la fin approche et qu’on croyait à un happy end, la série se termine par un tour d’horizon des familles qu’on a suivit depuis le début, tous dispatchés aux quatre coins du pays et qui ne se retrouveront plus jamais ensemble et encore moins à Wisteria Lane. Une fin qui est carrément un bras d’honneur à la série tant celle-ci est représentée par toutes ces personnes vivant ensemble à Wisteria Lane. Mais la plus grosse connerie survint bien avant avec la mort la plus inutile et irrespectueuse qui soit : la mort de Mike. D’une bêtise affligeante, ce passage est douloureux tant il n’apporte que du désespoir. On gardera aussi en travers de la gorge la séparation, heureusement passagère, du seul vrai couple de la série : Lynette et Tom.

La série a t-elle trop durée ? Non, l’intérêt y était toujours important. Le principal problème de la série réside dans les passages mélodramatiques et la gestion des acteurs. La série était infiniment meilleure lors des conneries des petits Scavo, des déboires sexuels de Bree, des dérives de ses enfants et autre situations cocasse avec un jardinier. Alors pourquoi nous refiler la crise, le cancer et la mort en pleine face ? Mais cela est aussi dû aux hallucinants caprices des actrices, toutes plus cupides les unes que les autres, entraînant des coûts ahurissant, d’autant que la fabrication d’une ville entière n’est pas donnée. Bref, cette excellente série incroyablement divertissante et rafraîchissante est tombée peu à peu dans la morosité et la sympathie de ses personnages aurait pu suffire s’ils n’étaient pas ainsi malmenés. C’est indéniablement un poids lourd de l’audiovisuel qui s’est arrêter le 13 mai dernier et c’est d’autant plus regrettable que cette fin restera pour toujours en travers de la gorge de millions de personnes…

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No Limit

No Limit
2010
Gregor Jordan

Depuis les attentats du 11 septembre 2001, les Etats-Unis sont plus que méfiant envers les étrangers. Si par mégarde un arabe ose porté une barbe, toutes les personnes croisant son chemin le dévisagent et se disant quel dangereux terroriste il est. L’armée a d’ailleurs une règle à leur encontre : ne jamais négocier avec un terroriste. Mais alors comment lui soutirer des réponses ?

Dans le film, le terroriste sera Steven Arthur Younger (Michael Sheen), un américain se faisant appelé Youssef et s’étant converti musulman. Et comme si ça ne suffisait pas, il a envoyé aux autorités une vidéo où il menace de faire exploser trois grandes villes des Etats-Unis à l’aide de bombes nucléaires de son invention, et ce le vendredi à 12h00. Ayant participé activement dans l’armée et étant soupçonné de vol d’ogives nucléaire à la Russie, sa menace est prise très au sérieux. N’ayant que quatre jours pour localiser et désamorcer les trois bombes, l’armée fait appel à l’agent Helen (Carrie-Anne Moss) du FBI et Henry Harold dit H (Samuel L. Jackson), un spécialiste de la torture. Steven / Youssef s’étant rendu, ils doivent le faire parler coûte que coûte pour sauver toutes ces vies qu’il menace.

Film à suspense, il nous plonge au cœur d’un bras de fer entre l’équipe d’investigation et ce mystérieux terroriste venu de son plein grès. Question à priori évidente, il a néanmoins une certaine ambiguïté sur l’efficacité des dits explosifs. Helen et H expérimentent sur lui la technique du bon flics et du mauvais flics, lui le torturant, elle le réconfortant. Mais comment croire à ce qu’il dit ? Le suspense est assez maîtrisé et cela donne du rythme au film mais il n’aura malheureusement pas l’honneur de nous surprendre : toutes les réponses sont les plus évidentes. Dommage… On se rattrapera un peu grâce au casting plutôt bon. L’idée de base n’étant pas extraordinaire, le résultat convient bien. Un petit divertissement optionnel.

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Dangereuse séduction

Dangereuse séduction
2007
James Foley

Les gens sont t-ils ceux qu’il prétendent être sur les sites de chat et de rencontre ? Se croyant innovante, l’équipe du film y immisce ce sujet dans son film d’espionnage sur un meurtre.

Ainsi, on suivra Rowena Price (Halle Berry), une journaliste en quête d’un nouveau sujet fort suite à l’étouffement de sa dernière affaire. Une de ses amie la pistonna alors sur un cas d’infidélité, mais elle déclina.  Elle revint finalement sur sa décision lorsqu’elle constata la mort de cette même amie. De ce fait, avec l’aide de son meilleur ami Miles (Giovanni Ribisi), elle va partir à la chasse à Harrison Hill (Bruce Willis) en se faisant passer pour une stagiaire. Son but ? Faire le lien entre ADAX, le pseudo d’une personne probablement impliquée dans la mort de son ami, et Harrison, le patron infidèle.

Après une petite introduction journalistique intéressante, le film va immédiatement connaître un passage à vide long de bien 15 minutes correspondant au flottement entre les deux affaires. Puis vient enfin notre Bruce Willis rendant le casting vraiment colossal, mais uniquement en apparence. Le constat est alarmant : tout les acteurs sont vides, comme blasés par leur propre prestation. Tout sonne faux et le pseudo twist-ending est à moitié attendu et à moitié tiré par les cheveux. Souffrant d’un rythme lamentable, le film accumule les tares et le prouve dans son dernier délire. Il y avait quelques idées, un gros casting, mais rien de bien passionnant au final.

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Le Sang des Templiers

Le Sang des Templiers
2011
Jonathan English

Très loin de l’autre film au titre fort ressemblant, Le Dernier des Templiers, cette nouvelle quête religieuse n’est pas une fable où créatures magiques se mêlent aux guerres. Ici, rien de moins que la vérité : celle de l’Angleterre au XIII° siècle.

Le film s’intéressera donc à la période bien précise du règne du roi Jean (Paul Giamatti), terrible tyran oppressant son peuple et crachant sur Dieu. Dans une immense révolte où les armées s’entre-tuèrent, les guerriers de Dieu, aussi appelés Templiers, sont intervenus et ont mit un terme à sa folie et l’ont obligé à signer un traité de paix. Mais très vite, il se remit à appliquer ses méthodes destructrices et chassa même des Templiers. Thomas Marshall (James Purefoy), Templier ayant été témoin de cette folie, a prévenu l’église de ses actes. Pour mettre fin à ses agissements, le maître de guerre Albany (Brian Cox) va monter une équipe et se dépêcher sur la forteresse de Rochester, point stratégique et névralgique de la puissance royale. Que la guerre commence.

Après une introduction magnifique tant de part la portée historique que part sa mise en scène épique. L’intrigue avance et on découvre une pléthore d’acteurs connus, bien que souvent relégués dans des seconds rôles. On notera d’ailleurs la présence de Kate Mara, certes dispensable, mais une femme dans ce monde de brute, ça apaise. Puis vient le premier affrontement : très violent mais assez illisible, déstabilisant et trop rapide. Puis très rapidement on arrive à la partie cruciale et centrale du film : la bataille de Rochester. Pour les besoins du film, la forteresse a été recréée pour mieux lui faire subir les affres de la guerre. Et dans cet affrontement très similaire au Seigneur des Anneaux : Les deux tours, on remarque très vite un fait si rare et pourtant primordial : le réalisme. Jamais de l’histoire du septième art un bras n’aura été aussi bien fracassé et broyé par une hache et autre arme de corps à corps. On fini par se faire à cette réalisation originale grâce à son impact et son dynamisme impressionnant. Les deux camps sont aussi motivés les uns que les autres et chaque parti se montrera hautement ingénieux et le courage sera de mise au sein des remparts. Grand habitué des combattants de Dieu, James Purefoy sera une nouvelle fois bluffant et son charisme porte loin et haut ce film happant et particulièrement puissant. Sans avoir le budget d’Hollywood ni des acteurs particulièrement connus, le film nous bluff de bout en bout de par sa force et le caractère authentique de cette guerre.

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Rebelle

Rebelle
2012
Mark Andrews, Brenda Chapman

Après WALL-E et plus récemment Là-haut, Disney et Pixar font de nouveau équipe pour nous livrer leur dernier film d’animation. Quatre ans de recherches et deux ans de réalisations ont été nécessaire pour concevoir le film. La faute a une ambition démesurée : la chevelure de son héroïne. Explosant tout les records, l’équipe a réuni 111 700 cheveux sur son crâne. Le même soin a t-il été prodigué sur l’ensemble du film ?

Vu l’inventivité de leur derniers films d’animations, cette histoire écossaise semble à côté des plus classiques : Merida (Bérénice Bejo), jeune et fougueuse princesse du royaume d’Ecosse, se voit obligée par sa mère d’assister à une cérémonie visant à élire son futur mari parmi les trois princes aînés prétendants. Abasourdi par tant de nullités, elle décide de fuguer. Suivant des feux-follets, elle arrivera à la cabane d’une sorcière, lui offrant un sortilège qui la rendra maîtresse de son destin : un gâteau. Mais le résultat ne fut pas celui escompté : il changea la reine en ours…

Après un cour-métrage inquiétant, le film commence enfin. Sans avoir la magnificence d’un Raiponce, le film est indéniablement l’un des plus beaux du genre. Les paysages sont colorés et extrêmement  détaillés et les personnages sont très réussis, surtout la fameuse Merida dont la chevelure impressionne de par sa modélisation à toute épreuves. Les jeux de lumière sont rares mais plutôt bien fait. Et tout cela est sublimé par une 3D de bonne facture. Mais le point dérangeant, c’est bien le scénario : ultra classique. Une banale histoire de princesse refusant un mariage arrangé suivit d’une histoire mère-fille. Certes c’est assez intéressant et on comptera quelques scènes émotives mais tout est incroyablement cliché et donc prévisible. Pire, on déplorera un petit manque pour la fin. A mi-chemin entre Raiponce et Dragons, le film n’égalera malheureusement pas les graphismes et l’humour du premier ni la poésie, l’ambiance et la musique du second. Le résultat est bien évidemment très solide et le travail graphique est prodigieux et on passera un très agréable moment mais la petite déception est bien là…

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