Ricky

Ricky
2009
François Ozon

Quand François Ozon est aux commandes d’un film, il y a de quoi trembler quand on se rappel de la qualité de ses autres films et du fait que le heureusement mort Eric Rohmer était son professeur ! Quand tant de médiocrité se rassemblent, il ne peut en sortir rien de bon…

L’histoire est elle aussi on ne peut plus inquiétante : Katie (Alexandra Lamy) fait un enfant avec Paco (Sergi López) : Ricky, un petit garçon doté d’ailes de poulet. Et c’est à peu près tout ce qu’il y a à dire sur l’intrigue de ce film… A ceci près qu’à la fin les parents « laissent » le bébé vagabonder et vivre sa vie tout seul.

D’après le réalisateur, il existe deux interprétations possibles : soit tout ceci n’est qu’un rêve, soit il s’agit d’une métaphore de la maladie (sous-entendu que l’enfant est mort et à rejoint les anges). Ou sinon, il existe une troisième vision assez majoritairement partagée : tout est au premier degré et c’est du grand n’importe quoi. Si on accepte le fait que des ailes de poulet poussent dans le dos d’une personne (il faut dire que X-Men nous y avait bien préparé avec Angel), il est plus difficile de tolérer certains comportements qui rendrait Ribery intelligent et sein d’esprit en comparaison. On pardonnera aussi difficilement l’absence de rythme et une histoire qui fera semblant de démarrer après une introduction lente et pénible. Mais il n’en est rien ! Ajoutez à cela des acteurs mous et sans saveurs et vous obtiendrait un film parfaitement chiant. Si le film se voulait psychologique, c’est un ratage. On rappellera que l’usage de produits illicites nuit gravement à la santé.

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John Carter

John Carter
2012
Andrew Stanton

John Carter est ce que l’on pourrait qualifier de plus grosse production du siècle voir de l’histoire du cinéma. En plus d’être la seconde plus grosse production de Disney en terme de budget (250 millions $), le film se trouve être l’adaptation du très célèbre cycle de Mars de Edgar Rice Burroughs (qui est aussi l’inventeur de Tarzan) qui compte plus de 20 livres et une centaine de publications dans des magasines parus entre 1912 et 1941, bien que John Carter ne soit pas le héros de chaque tome. Plus qu’un pionnier et grand maître de la science-fiction ayant inspiré des générations de films de Star Wars à Avatar, John Carter est aussi considéré comme le héros le plus emblématique du genre. Le film est-il digne de son héritage ?

Le film commence en 1878 (13 ans plus tard en fait mais ne spolions pas l’histoire) alors que la guerre de sécession prenait fin. John Carter (Taylor Kitsch) fait parti des rescapés mais son tribu fut élevé : son fils et sa femme furent tués… Depuis, il aire dans les bars et cherche sans cesse une mine d’or pour ainsi devenir riche. Mais alors qu’il trouva enfin une mine abondante, il tomba sur un homme étrange doté de pouvoirs extraordinaires qui tenta de le tuer mais John eu le dessus. Ses derniers mots activèrent un talisman et transporta John sur Mars. Sur place, après avoir été recueillit par des thark (humanoïdes verts de trois mètres possédant quatre bras et deux défenses), John se retrouve mêlé à une guerre entre deux clans rivaux « humains » après avoir sauvé la princesse Dejah (Lynn Collins). Sa condition humaine lui donne sur la planète une force surhumaine de par le changement d’attraction terrestre. Mais avec des Thers (sortes de divinités surpuissantes dont fait parti Mark Strong) comme ennemis, la tâche sera difficile pour John Carter…

Quand le très grand spectacle s’allie à l’une des plus emblématiques œuvres de science-fiction, les espoirs les plus fou sont permis. Mais si bon nombre de spectateur ignore jusqu’à l’existence même des livres, les fans de l’œuvre originale redoutent, comme pour toutes les adaptations, de voir des passages modifiés, supprimés ou massacrés. D’après des recherches personnelles approfondies, je peux dors-et-déjà les rassurer : le film, orchestré par des grands passionnés, est l’un des plus respectueux de l’histoire et son niveau de perfection est à peine croyable ! Et il y a de quoi se réjouir grandement quand on constate toute l’ampleur, la complexité, la classe et la force de cet univers d’une richesse hallucinante. En plus d’une aventure martienne épique, le film (et le livre) s’offre une introduction et une conclusion originale, forte et intense. Sans être spécialement surprenant, le film nous émerveille à chaque instant entre son histoire exceptionnelle et ses images oniriques qui comptent parmi les plus belles du septième art. Seule la 3D décevra par sa manque de profondeur. Et pour finir de glorifier ce tableau idyllique, le film compte des très bons acteurs dont le très prometteur Taylor Kitsch qui possède à la fois un pouvoir comique énorme (on notera un excellent humour omniprésent rendant immédiatement attachant certains personnages) et un talent étonnant quand l’heure est plus sombre. Le potentiel du film était infini et le résultat s’avère pour une fois à la hauteur de l’espoir suscité. Plus qu’une aventure légendaire, John Carter est une expérience inoubliable.

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Contagion

Contagion
2011
Steven Soderbergh

Contagion, c’est, comme son titre l’indique, l’histoire de la propagation d’un virus. Comment est-il apparu ? Comment se transmet t-il ? Comment lutter contre ? Et avec une approche ultra réaliste le film nous montre tout ce qui se passe que ce soit du côté des médecins, des patients et aussi l’influence de la peur quand la population mondiale risque l’extinction (ou c’est du moins ce que certains craignent). Et pour représenter tout ce monde, les plus grandes figures d’Hollywood ont répondu présent : Marion Cotillard, Matt Damon, Laurence Fishburne, Jude Law, Kate Winslet ou encore Gwyneth Paltrow. On voit direct où est parti le budget du film…

Quand on a un pareil casting, on redoute souvent le phénomène de cache-misère ou comment faire oublier que son film est mauvais en balançant des têtes connues et appréciées. Mais finalement, c’est exactement l’inverse qui se passe : l’histoire est passionnante et les acteurs sont inexistants. On fini presque par oublier leurs notoriétés tant leurs prestations sont molles, vides et tout sauf convaincantes. Pour ce qui est de l’histoire, sans être révolutionnaire, elle a le mérite d’être parfaitement structurée et de répondre de façon intelligente et scientifique aux différentes questions. La psychologie tient aussi un rôle primordial dans le bon fonctionnement du film car les attitudes individuelles sont cohérentes et les phénomène de masses logiques. Mais c’est aussi le revers de médaille pour un film aussi réaliste et réussi : rien ne nous surprend. Reste un film intéressant qui traite de façon inédite les maladies virales.

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Comme un chef

Comme un chef
2012
Daniel Cohen

Principale sortie made in France de la semaine, le film ressemblait à une grosse blague de produit commercial infect et sans saveur, contrairement aux plats présentés dans le film. Mais finalement, le film se montrera largement mieux que ce qu’on pouvait espérer.

L’histoire est, aux premiers abords, somme toute assez banale : Jacky Bonnot (Michaël Youn) est un grand cuisinier dans l’âme et a un talent fou. Le problème c’est que personne ne l’apprécie à sa juste valeur. De son côté, Alexandre Lagarde (Jean Reno), immense chef étoilé mondialement connu, est en panne d’inspiration et sombre peu à peu à tel point que le directeur de l’établissement (Julien Boisselier) cherche à le mettre aux arrêts. Puis finalement le destin mettra ces deux hommes sur le même chemin et peut être qu’ensemble ils régleront leurs problèmes respectifs ?

Certes, l’histoire est classique et son déroulement manque cruellement de rebondissements inattendus et son suspense frise le zéro. Mais pourtant, le film possède une puissance émotionnelle insoupçonnée grâce au talent surprenant de Michaël Youn qui surclasse largement le pourtant indémodable Jean Reno qui accuse une petite bouée. Les personnages du film ont une réelle profondeur et on y croit. De toute façon, la chose la plus importante dans une comédie, c’est de rire. Sans aller jusqu’à rire aux éclats, le film se montre spirituel et intelligent dans ses codes humoristiques et le résultat est plus que bon. Un petit film sympathique, bien interprété et qui met l’eau à la bouche !

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Yes Man

Yes Man
2009
Peyton Reed

On croyais que Jim Carrey sur la piste descendante et que sa carrière était derrière lui mais il avait réussi à nous « surprendre » une fois de plus dans un genre qui tourne bien souvent en rond : les comédies. Petite rétrospective sur ce qui a était un quasi évènement.

Dans ce film, le spécialiste des grimaces et autre mimiques faciales, Jim Carrey, incarne Carl, un minable banquier dévasté par son divorce pourtant vieux de trois ans. Véritable loque humaine, Carl enchaîne les journées boulot-DVD-dodo, au grand damne de ses amis (Bradley Cooper). Mais un jour, une de ses anciennes connaissances va chambouler son quotidien en lui présentant un concept qui changera sa vie à jamais : Oui. Le principe est simple : dire oui à chaque occasion et vivre à fond sa vie. Septique mais plus encore désespéré, Carl va tenter l’aventure. Et dès sa première tentative, l’essai est concluant : il rencontrera la charmante Allison (Zooey Deschanel). Que l’aventure commence !

A priori, il n’y a pas de quoi crier au génie vu que le film ne fait que se reposer sur la force comique de Jim Carrey et sur le charme absolu de Zooey Deschanel, puis enchaîne tranquillement des scènes faciles sur ce qui se passe quand on dit oui à tout. Mais force est de reconnaître que c’est bigrement efficace et que même si Jim se fait vieux et que les grimaces ne sont plus de son âge, son talent d’acteur est mit plus à contribution que d’habitude grâce à une profondeur psychologique intéressante. Un phrase lourde de sens résume parfaitement l’esprit du film : « dire oui à tout c’est dire oui à la vie ». Alors ne nous arrêtons pas à l’apparente facilité du film et disons lui oui !

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Veuve mais pas trop

Veuve mais pas trop
1988
Jonathan Demme

Les années 80 fut une période compliquée à bien des égards : le monde change ! Le mouvement hippie agonise mais la mode a du mal à s’adapter et les vêtements flaches restent de même que les coupes extravagantes et la musique rock vieille école. Le quasi incontournable film policier devient encombrant et mal assumé : cette période a accueillis un nombre hallucinant de daubes avec des gros durs qui se tapent des bombes et conduisent des grosses cylindrées. Si certains comme Retour vers le futur ou Terminator ont très bien su exploiter la richesse de l’époque, la majorité étant dans de tels bas-fond qu’on peux difficilement espérer quelque chose de correcte ici…

Le film raconte « l’histoire » de Angela (Michelle Pfeiffer) qui se retrouve un jour veuve car son mari (Alec Baldwin) a eu la mauvaise idée de coucher avec une des maîtresses du chef de la mafia, ce qui lui a valu un aller direct pour l’enfer (bah oui, comme il est un tueur à gage). Et Tony, le chef de la mafia qui a refroidi le mari, est très attiré par Angela et est prêt à tout pour avoir ses faveurs. Du coup, elle déménage. Mais hou ! Ça marche pas…

Dire que des gens ont été payé pour faire le scénario… La seule chose intéressante est le taux de substances illicites ingurgitées vu le niveau de connerie. Sorti de nul part, on trouvera un château/boîte de nuit comprenant des effets spéciaux incroyables ; un sosie de Chuck Norris qui teste joyeusement son sniper sur les automobilistes ; des répliques philosophiques : « y’a pas à dire, ça vaut tout les meilleurs champagnes ! » (en parlant de Schwepps) ; ou encore une Angela stone de bout en bout et n’hésitant pas à sortir des conneries aussi massives que sa coupe de cheveux. Bref, le niveau de connerie du film est à un tel high level qu’il fera bien rire par moment même si majoritairement, cela reste assez pathétique…

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Un balcon sur la mer

Un balcon sur la mer
2010
Nicole Garcia

Grand habitué des comédies et autres rôles commerciaux, Jean Dujardin continu de s’affirmer dans des rôles plus mature et tragique comme avec le très bon Contre-enquête ou le décevant Bruit des glaçons, avant bien sûr de connaître gloire et reconnaissance avec The Artist.

Le film se passe dans les années 80 alors que Marc (Jean Dujardin) mène paisiblement sa vie dans l’agence de son beau-père et se satisfait de sa femme (Sandrine Kiberlain), sa fille et sa maison. Mais sa vie bascula le jour où il fit la visite d’une maison et reconnu son amour de jeunesse : Cathy (Marie-Josée Croze). Du temps où il vivait en Algérie, jusqu’à ses 12 ans, ils s’aimaient et étaient inséparables. Mais avec la guerre et la fuite de sa famille, Marc avait perdu sa trace. Et comme si les années n’étaient pas passées, ils se remémorèrent le bon temps et la flamme de leur amour rejaillit. Infiniment heureux d’avoir renouer avec l’amour, Marc reste tout de même suspicieux et ses doutes s’avérèrent fondés : Cathy est morte durant la guerre plus de 20 ans auparavant. Mais qui est alors cette usurpatrice ?

Que c’est beau, l’amour triomphe toujours et quel coup du destin d’avoir réuni ces deux âmes-sœurs ! Non ? Ah bah non, c’est pas elle… Tel un coup de massue, le film est un dur rappel à la réalité dans tout ce qu’elle a d’horrible et de triste. Le passé est douloureux et quand il refait surface il faut s’attendre à de grandes déceptions. Quasi dépressif, le film fait naître des espoirs puis les change en craintes et fini par les anéantir. Mais pour éviter de trop perdre le spectateur dans la noirceur de la vérité, la fin passera rapidement de la pommade avant de nous lâcher avec cette furieuse envie de dormir plusieurs semaines. Malgré ses qualités et son histoire travaillée et soignée, le film se piège lui-même dans sa spirale dépressive et fini par contaminer le spectateur qui en ressortira plus mal qu’avant. En ces temps de crise et de morosité, est-ce bien raisonnable ?

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A bout portant

A bout portant
2010
Fred Cavayé

Le genre policier est sans contestes le plus pauvre de l’histoire du cinéma et les français sont passés maître dans l’art d’en faire des navets. Il est donc difficile, malgré un casting prometteur, de partir complètement serein…

L’histoire ne surprendra personne et est comme bien souvent famélique : Hugo (Roschdy Zem) se retrouve à l’hôpital suite à une course poursuite visant à s’échapper d’un traquenard orchestré par un flic véreux, Werner (Gérard Lanvin). Samuel (Gilles Lellouche) est quand à lui apprenti infirmier et sauve Hugo alors que ses assaillants cherchaient à le débrancher. Par mesure de représailles, l’escouade de Werner kidnappe la femme de Samuel, pourtant enceinte de plus de sept mois. Samuel se retrouve embarqué malgré lui dans ce complot policier mais avec l’aide d’Hugo, il compte bien sauver sa femme.

Sur le papier, il s’agit immanquablement d’un énième film policier classique (= très mauvais). Mais finalement, le film saura se démarquer assez largement grâce à une mise en scène explosive, des scènes brutales et violentes non-censurées, et un Gilles Lellouche motivé et inarrêtable. Le film est survitaminé, dynamique et immersif. Mieux encore, le film surprend par sa violence et son réalisme tellement inattendu par moment que cela donne un coup de fouet à cette histoire simpliste. On est très loin de Taken mais comme la concurrence est lamentable, force est de reconnaître que le film se classe parmi les meilleurs de sa catégorie.

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The Artist

The Artist
2011
Michel Hazanavicius

Le film connu d’abord une sortie en 2011 relativement bonne (1,4 millions d’entrées). Puis le film reçu une multitude de nominations dont 10 aux oscars, lui faisant connaître un succès sans précédent aux Etats-Unis. Du coup, après quasiment 1 mois d’arrêt, le film ressorti timidement en France. Puis vint les innombrables récompenses à travers le monde dont le César et l’Oscar du meilleur film et meilleur réalisateur pour Michel Hazanavicius, le César de la meilleure actrice pour Bérénice Bejo et l’Oscar du meilleur acteur pour Jean Dujardin. Le film est tout simplement le plus récompensé de l’histoire du cinéma et son succès devient fracassant dans les salles avec 50 millions $ en ligne de mire aux USA et peut-être le triple dans le monde entier. En tant que très grand cinéphile et critique, je ne pouvais décemment plus ignorer un tel évènement.

Comme pour Hugo Cabret, le film rend hommage au cinéma d’antan, celui du cinéma-muet. Du coup, le film est muet (sauf la dernière scène) et est tourné intégralement en noir et blanc. – C’est-à-dire que les acteurs miment leurs mots et on ne comprend ce qu’ils disent que par leurs mimiques faciales ou des écriteaux noirs. – L’histoire commence en 1927 alors que George Valentin (Jean Dujardin) fait une promo de son énième succès muet, jour marqué par sa rencontre avec Peppy Miller (Bérénice Bejo) qui deviendra la nouvelle coqueluche d’Hollywood. Entre eux, c’est le coup de foudre. Mais le cinéma évolue et le son fit son apparition. Une chance pour Peppy qui voit là une chance de s’épanouir mais George n’y survivra pas et il se raccrochera à un art agonisant ce qui provoquera sa faillite et mettra fin à sa carrière…

Entre Sin City, The Spirit ou Memento, voir un film en noir et blanc n’a rien de tellement choquant. Par contre, le côté muet est plus inhabituel déjà car même si de très belles musiques accompagnent le film, d’ailleurs récompensées de nombreuses fois, il y a quelques temps de silence où strictement aucun son ne sort. Les petites interludes où il est écrit sur un tableau noir ce que disent les personnages sont parfois déstabilisantes, au début tout du moins. L’esprit est finalement plus souple que ce que l’on s’imagine car le film s’appréhende quasi instantanément. Au début, et de manière générale, le film opte pour une approche humoristique avec un comique de situation et les pitreries de ses acteurs. La seconde partie avec la chute de son héros est résolument plus sombre et dramaturgique, l’occasion pour certains acteurs secondaires comme James Cromwell ou John Goodman de se distinguer. Et bien évidemment, tout le film durant, le duo de tête nous ébloui, nous émeut et nous fait rire. Jean Dujardin est absolument parfait, prodigieux, bouleversant. Mais cela n’est en rien une surprise quand on se rappelle le talent dont il a fait preuve durant toutes ces années. En revanche, Bérénice Bejo est LA révélation du film. Habituée à de petits rôles loin d’être inoubliables, elle faisait partie de ces actrices interchangeables et jetables. Ce temps est bien fini quand on voit toute la grâce, la beauté, l’élégance et la force dont elle fait preuve. Son talent n’a d’égal que son charme. Il faut aussi rendre hommage à Uggie, le chien du film. Son dressage force le respect et ses interventions pourront vous donner à plusieurs reprises une boule à la gorge. Surprenant de bout en bout, le film est une œuvre d’art, une merveille, un incontournable. On s’indigne souvent de voir certains films quelconques recevoir trop de prix mais ici, rarement un film n’aura autant mérité sa réputation. Une performance qui fera date !

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Time Out

Time Out
2011
Andrew Niccol

Parler de la mort n’est pas un sujet facile… Si de nos jours les principales causes de mortalité sont de plus en plus le cancer et la maladie, le temps joue aussi un très grand rôle dans ce processus à l’heure actuelle inévitable et inhérent à notre condition humaine. Le film opte pour une approche futuriste de ce fléau où seul le temps serait un frein à l’immortalité. Par un procédé complètement inconnu, injustifié et irrationnel, la vision d’avenir présentée montre un monde libéré des maladies, de la mort et de la vieillesse. Chaque personne vie normalement jusqu’à ses 25 ans puis sa mort est activée : toute personne possède un compteur de temps (initialisé à un an le jour de ses 25) qui s’amenuise pour chaque seconde qui passe et chaque achat (car le temps fait aussi office de monnaie). Et si le compteur affiche 0, la personne meurt d’une crise cardiaque. Après 25 ans, le corps ne subit plus le passage du temps et reste jeune. Et bien évidemment, les pauvres n’arrivent pas à travailler suffisamment pour survivre très longtemps. Du coup, certains riches ont carrément la possibilité de vivre éternellement…

Le film prend place dans un ghetto avec Will Salas (Justin Timberlake) et sa mère (Olivia Wilde), vivant au jour le jour et se réveillent le matin avec moins de 24 heures au compteur. Mais un jour Will va croiser un homme étrange avec plus d’un siècle de vie ! – En fait ça peut sembler énorme comme ça mais cela permet tout juste de vivre chez les riches, et encore, pas éternellement. – Bien décidé à s’en servir à bon escient, Will va aller chez les riches pour jouer les robins-des-bois et redonner aux pauvres les richesses. Et avec Sylvia (Amanda Seyfried), le fille du directeur des banques de temps, il va tenter de mettre à exécution son plan. Mais les agents du temps (Cillian Murphy) veillent…

Pour un film de science-fiction, le moins que l’on puisse dire c’est que malgré une histoire assez travaillée, la cohérence et la science semblent être les derniers de leurs soucis. On est plongé dans un monde qui n’a que son système de futuriste et toutes les raisons de cette situation sont un mystère absolu. « Heureusement », la simplicité générale du film évite que l’on ne se pose trop de questions. C’est dommage car contrairement à l’intrigue, les personnages et l’ambiance ont une véritable profondeur artistique. On se consolera avec l’impressionnant casting, le soupçon de suspense et la dynamique du film. Mais il n’empêche que le film rate aussi un point crucial : la mort. Son approche est alarmante, sombre et démoralisante. Le film avait tout pour être un must du genre mais son manque de réflexion l’entrave au simple rang de film sympathique et divertissant.

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