Miss Pettigrew

Miss Pettigrew
2009
Bharat Nalluri

Si le livre de Winifred Watson est quelque peu connue, son adaptation est passée particulièrement inaperçue, la faute à une diffusion anecdotique.

On y suivra, comme le titre l’indique, l’histoire de Guinevere Pettigrew (Frances McDormand), vieille femme vivant dans Londres de petit travaux de domestiques. Le problème, c’est que non seulement elle se fait jeter de chez tout les particuliers, mais son agence refuse de lui donner de nouveaux clients. Entendant des histoires sur une personne cherchant du personnel, elle se précipite de répondre à l’offre en se rendant chez la personne concernée. Elle trouve là Delysia Lafosse (Amy Adams), une jeune femme enjouée et dévergondée vivant dans un monde luxueux de strasses et paillettes. Un nouveau monde va s’ouvrir à elle.

Le cadre seconde guerre mondiale ni changera rien, le film est un classicisme de comédie romantique, un peu dans le genre Cendrillon. Malgré ses mécanismes vus des dizaine de fois et est donc prévisible, ça reste assez eficace, notamment grâce au talent des actrices principales. Guinevere est attendrissante et Delysia, exacerbante aux premiers abord, finie par nous transmettre sa joie de vivre et en devient supportable. En résulte une comédie sympathique qui divertira le temps d’une soiré.

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L’Agence tous risques

L'Agence tous risques
2010
Joe Carnahan

Comme pour le Frelon Vert, il s’agit ici d’une adaptation d’une célèbre série télé des années 80. Le problème de ce genre d’adaptation, c’est qu’il faut non seulement être fidèle à l’original pour faire plaisir aux fans, mais aussi  dépoussiérer le concept pour éviter d’en faire un film trop kitch.

Pour ne pas perdre immédiatement une part de clientèle, le début reprend les origines du quatuor composé de Hannibal (Liam Neeson), Futé (Bradley Cooper), Baracuda (Quinton Rampage Jackson) et Looping (Sharlto Copley). Hannibal est le boss qui a toujours un plan, Futé est un fonceur, Baracuda fracasse ses ennemis et Looping est pilote complètement malade mentale.
Le reste du film se passe quelques années après, alors que l’équipe se voit confier une mission top secrète sur des planches à billet volées. Une fois la mission finie « sans accroc », un imprévu arrive et les planches sont à nouveau volées et le chef de la base assassiné. Il s’agit en fait d’un plan orchestré par la CIA, représenté par Lynch (Patrick Wilson), pour obtenir leurs propres planches. L’armée est elle aussi sur l’affaire et tente de mettre la main sur les quatre, récemment évadés. La personne en charge n’est autre que l’ex de Futé : Charissa Sosa (Jessica Biel).

On sent que les créateurs du film se sont fait plaisir niveau explosions. Grâce à un budget conséquent, il n’y a aucunes limites et ça donne lieux à des scènes impressionnantes qui resteront dans les annales comme quand l’avion explose et qu’ils sortent en tank parachuté et qu’ils le font voler jusque dans un lac. Mais plus que toute cette action, le film peut compter sur une bonne dose d’humour ravageur, notamment avec le personnage de Looping complètement déjanté. On se souviendra aussi d’une phrase mémorable : « piouf, j’ai suer comme une pute à l’église ! ». Le tout accompagné d’un casting énorme pour un film décidément très commerciale. Mais on notera un phénomène inexpliquable de non adhérence totale. Le scénario est assez bon, pas trop compliqué mais on décroche de temps à autre. Le film est très bon mais on remarquera par moment un manque d’ambiance qui nous empêche d’être pleinement happé par le film.

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Insidious

Insidious
2011
James Wan

« Par les créateurs de Saw et Paranormal activity« ,  ça n’incite pas vraiment à voir le film. Mise à part les deux premiers, la saga Saw est l’une des pires saga d’horreur qui confond peur et gore. Paranormal activity ne s’en tire guerre mieux car même si l’accent est mis sur le psychologisme, l’absence de phénomènes concret est frustrant. Comment un tel mélange pourrait-il être favorable ?

L’histoire commence classiquement : une famille américaine déménage. Sur place, la mère (Rose Byrne) constate différents phénomènes hautement perturbant tels des inconnus qui la terrifie de jour comme de nuit ainsi que d’étranges sons. Pire encore, leur enfant Dalton tombe dans un coma inexpliquable. Le père (Patrick Wilson) accepte de re-déménager en ville, quittant cette maison supposément hantée. Mais alors que le problème aurai du disparaître, les visions se manifestent de plus en plus et de façon plus violente que jamais. Ça n’était pas la maison mais Dalton qui est hanté…

Malgré un début classique, on sent une césure nette se profiler : les victimes de ses manifestations maléfiques sont intelligentes ! Non seulement ils allument chaque pièce la nuit tombée, mais en plus ils veillent à établir une sécurité en fermant les portes à clef et en installant une alarme. Plus encore, ils ne mettent que deux nuits pour se décider à partir de la maison, chose qui semble alors une décision exemplaire. Et c’est là que le film dévoile sa vraie nature : ça calme ! En plus de compter sur une mise en scène très efficace faisant suer à grosse gouttes, le scénario est original et évite tout les pièges et raccourcis du genre. Avec le recule, on se rend compte du travail de cohérence scénaristique tant chaque scène dévoile des indices sur une partie du dénouement qui à chaque pas se révèle surprenant et terrible. Malgré une quasi absence de budget, certaines séquences sont impressionnantes et rarement un film n’aura su autant provoquer la peur et l’angoisse. Le tout aboutissant à une fin horrible. L’épouvante trouvera là son maître incontestable !

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Beau fixe

Beau fixe
1992
Christian Vincent

Devenir médecin a toujours été ardu, même il y a 20 ans. Pour réviser leurs partiels de fin de deuxième année, quatre filles vont passer quelques jours dans une maison de campagne inhabitée, au bord de la plage, appartenant à la grand-mère de l’une d’elles. Parmi ses quatre, on retrouvera deux jeunes actrices désormais célèbres : Isabelle Carré et Elsa Zylberstein. S’en suit une comédie plutôt faiblarde et inintéressante…
Puis d’un coup, le cousin débarque ! Il est envoyé par la grand-mère (apparemment sénile et qui a oublier les quatre filles) pour effectuer quelques menus travaux d’entretien et réparation. La cohabitation sera rude.

Immédiatement avec l’arrivée du cousin, le film prend une autre dimension : fini les quatre pauvres filles chiantes qui ne font que s’engueuler sur le choix de la matière à réviser. A la place, on suivra les tentatives désespérés et débiles du cousin pour se taper l’une des quatre, sa cousine aussi s’il le faut. Ses travaux font chier les filles comme pas permis, de par le bruit, et elles décident d’une mutinerie. Le personnage du cousin est hilarant tellement il est con, moche et réagi de la pire façon possible. Mais le temps passe et le rythme se casse la figure et l’ennui reprend ses droit avec un dernier tiers au ralenti. A réservé aux fans des actrices susnommées.

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Arrête-moi si tu peux

Arrête-moi si tu peux
2003
Steven Spielberg

Chaque film de Spielberg est un évènement, particulièrement quand les deux personnages principaux sont campés par Leonardo DiCaprio et Tom Hanks.

Le film raconte l’histoire vraie de Frank Abagnale Jr. (Leonardo DiCaprio). Alors qu’âgé de 16 ans il vivait des jours heureux avec ses parents (Christopher Walken et Nathalie Baye). Mais l’entreprise de son père, victime de contrôles fiscaux, conduisit à sa ruine. La situation ne faisant que  s’aggraver, Paula, la mère, décida de prononcer son divorce. Et alors que Frank devait choisir qui des deux devaient avoir sa charge, il prit la fuite, montant dans le premier train qu’il trouva. Pour subsister, Frank alla de villes en villes en fraudant avec des faux chèques. Puis un jour, en voyant un pilote sortir d’un taxi, il eu l’idée de se faire passer pour un pilote de la Panam, falsifiant des chèques de salaires de différentes compagnie aériennes. Durant des années, Frank va escroquer pas moins de quatre millions. Mais le FBI le surveille avec une unité anti-fraude mené par Carl Hanratty (Tom Hanks).

Outre le fait que l’acteur de Frank est 15 ans trop vieux, le film restitue avec cohérence et réalisme cette histoire si incroyable grâce à des acteurs forts et convaincants. On notera au passage la présence de Amy Adams qui trouvait là l’un de ses premiers vrais rôles. Malgré quelques erreurs de parcours, Frank est un héros assez classe et impressionnant de par son aptitude à prévoir ce qui va se passer. Le film joue aussi habilement entre la comédie (sentiment de toute puissance de Frank et provocation) et le drame (solitude, désespoir et abandon). La structure du film est intéressante car même si on nous donne une partie du dénouement, on nous réserve la surprise de la fin heureuse. Reste un beau film au sujet fort, aux bons acteurs et à la réalisation intéressante.

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Winter’s Bone

Winter's Bone
2011
Debra Granik

Entre True Grit, The Social Network, The Fighter, Black Swan et Le discours d’un roi, le palmarès des oscars fut lourdement chargé et le pauvre quadruplement nominé Winter’s Bone ; notamment pour meilleur film, meilleur scénario adapté (tiré du livre de Daniel Woodrell) et meilleure actrice ; n’a pas pu y trouver sa place. Et si il n’y avait pas eu ses mastodontes, aurait-il pu obtenir la gloire ?

Pour ôter tout doutes possibles sur la nature du film, on nous présente la famille Dolly : le père est en prison pour trafic de drogue, la mère est un légume tout juste capable de marcher et du coup, Ree (Jennifer Lawrence), seulement âgée de 17 ans, doit s’occuper seule de ses petit frère et soeur de 12 et 6 ans. Ils vivent dans une misère totale, dépendant du bon vouloir des autres. Et comme si ça ne suffisait pas, son père est sorti de prison en mettant la maison sous cossions et s’il n’est pas de retour pour son procès, la maison sera saisie et la famille se retrouvera à la rue. Ree n’aura de choix que de retrouver son père et passer outre la loi du silence qui règne entre les grandes familles des alentours.

La nomination pour le scénario n’est absolument pas mérité tant l’histoire est convenue et prévisible. Il s’agit plus d’un film/reportage sur la misère d’une famille et la souveraineté des clans dans les petits hameaux reculés des Etats-Unis. En revanche, la jeune actrice qui prête ses traits à Ree est vraiment excellente même si moins impressionnante que Natalie Portman. Reste un très beau film à l’ambiance originale qui change des productions habituelles.

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Girl Next Door

Girl Next Door
2004
Luke Greenfield

Le genre comédie-romantique de jeunes est plutôt mal desservi et en trouver un bon, c’est encore plus rare. En trouver un très bon, c’est exclusivement ici que ça se passe.

Matthew Kidman (Emile Hirsch) est en terminal et se prépare à faire son entrée à la très prestigieuse fac de Georgetown. Le seul problème, c’est qu’il ne se passe jamais rien dans sa vie qui se résume au travail et à ses deux amis Eli (Chris Marquette) et Klitz (Paul Dano), tout deux aussi pommés que lui. Mais sa vie va prendre un tournant lorsqu’une magnifique voisine, Danielle (Elisha Cuthbert), va faire irruption dans sa vie. Mais alors que tout se passait pour le mieux, Eli va lui montrer une vidéo pour le moins surprenante, mettant en lumière une facette inconnu de Danielle. Pire encore, l’arrivée de Kelly (Timothy Olyphant), un producteur de films, risque fort de bousculer les plans de Matthew.

L’histoire est mine de rien plutôt originale et son déroulement compte quelques rebondissements inattendus. Le casting est assez mastoc pour se genre de film et malgré le grand nombre de personnages important, tout les acteurs en tirent parti et livre le meilleur d’eux même. Les personnages ont des caractères biens trempés et chacun est sujet à une scène ou une phrase culte. Plus encore, l ‘ambiance du film est vraiment excellente avec une B.O composée par The Verve. Une bonne surprise comme on aimerait en voir plus souvent.

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Une pure affaire

Une pure affaire
2011
Alexandre Coffre

François Damiens n’est pas très actif au cinéma, pour l’instant, et avec un rôle principal, c’est une première. Retrouvera t-on son pouvoir comique de François L’Embrouille ?

Le film nous présente la famille Pelam avec le père, David (François Damiens), avocat raté, la mère Christine (Pascal Arbillot), récemment licenciée et leurs deux enfants. Ils mènent leur petite vie sans intérêt, jusqu’au jours où David, sortant son chien, tombe sur un sac de cocaïne. Il décide de monter une affaire familiale pour revendre la marchandise et amasser l’argent comme jamais. Mais lorsque le propriétaire du sac les retrouves, l’affaire va virer au cauchemar….

On ne peut pas dire que le scénario soit très poussé… Si la plupart des acteurs sont corrects, on subira le regard débile (probablement parce qu’il en est un client) de Laurent Lafitte qui est de retour pour nous jouer un mauvais tour. Même si le rythme est faible, le début annonce beaucoup de rire mais qui ne viennent finalement pas ou très peu. Si l’idée de départ n’était pas géniale, son traitement l’est encore moins. Voilà un film qui ne fera certainement pas date ni pour les cinéphiles, ni pour les fans de François Damiens.

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Limitless

Limitless
2011
Neil Burger

Partant du principe que l’être humain ne peut utiliser qu’au mieux 20% de son cerveaux, que se passerait-il si l’on avait accès à la totalité de ses capacités ?

Eddie Mora (Bradley Cooper) est un raté : il vit dans un appartement insalubre dont il ne peut même plus payer le loyer ; sa copine, la seule personne qui le soutient encore, le largue ; et depuis des mois, il bloque et n’a pas réussi à écrire une ligne de son roman.
Mais un beau jour, il va croisé son ex-beau-frère. Ce dernier, pour l’aider un peu, lui offre une pilule de NZT censé lui ouvrir la porte de son cerveau. De retour chez lui, il décide de tester la pilule et les résultats sont stupéfiant : sa capacité de raisonnement est infini et  instantanée et mieux encore, il a écrit un chef d’eouvre en une nuit. Mais au réveil, le génie avait laissé place au vrai Eddie. Tel un drogué en manque, il retourne voir son beau-frère pour se procurer d’autres NZT. Grâce à elle, il peut devenir qui il veut, il est sans limites.

Le principe de l’anti-héros boosté par une drogue est amusant et très bien exploité avec les sensations, les effets secondaires et de manque et le problème pour s’en procurer. C’est avec intérêt et anxiété que le spectateur suivra Eddie dans sa montée en puissance, attirant le regard de tous, agrandissant sa liste d’ennemis. Très vite, on comprend qu’il ne peut y avoir que deux fins possibles. Heureusement, même si elle n’est pas très morale, celle choisie entretient la classe du personnage. Et si le film est si bon, c’est aussi grâce à une réalisation dynamique et surtout la prestance de Bradley Cooper, épaulé par Robert De Niro dans la seconde partie. Un très bon film qui vous fait dire, j’en veux !

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Le Rite

Le Rite
2011
Mikaël Hafstrom

De temps à autre débarquent dans nos salles obscures des films dans le genre de l’Exorciste se vantant d’être tiré d’une histoire vraie. N’existant ni preuve de Dieu ni preuve de cas de possession, il est aisé de démêler le vrai du romancé.

L’histoire s’axe autour d’un américain, Michael Kovak, qui décide de quitter les pompes funèbres familiales pour se lancer dans des études de prêtre. Au bout de quelques années, il n’a toujours pas la foie. Son directeur décide, pour le motiver, de l’envoyer à Rome pour y suivre un stage sur l’exorcisme. Toujours aussi septique, le responsable sur place le confiera à un maître de l’exorcisme : le père Lucas (Anthony Hopkins). A ses côtés, Michael risque bien de changer d’opinion…

La réalisation est excellente, les acteurs assez convaincant et le principe du film semble intéressant : « Dieu existe t-il ? ». De même, tout le début est hautement prometteur puisque les deux idées subsistes entre ceux qui veulent y croire et ceux qui en analysant la situation se dise que le comportement est scientifiquement expliquable. Mais maintenir un équilibre entre le rationnel et le religieux était visiblement trop dur pour l’équipe qui prend le parti de la religion, tombant dans l’excès et l’irrationalité totale au delà de la limite de la folie. Reste un film bien fait mais dont la prise de parti nuit gravement à la liberté d’opinion et par la même, annihilant tout suspense. Dommage…

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