Assassin’s Creed IV : Black Flag

Assassin’s Creed IV : Black Flag
2013
PC

Alors que l’aventure d’Assassin’s Creed III se terminait par un énorme retournement de situation avec une entité de l’ancien monde réveillée qu’on supposait en possession du corps de Desmond Miles, la suite de la saga semblait tracée : il y avait fort à parier que le prochain jeu nous fasse terminer l’histoire avec l’ancêtre Connor Kenway, tout en le revivant à travers l’esprit habité de Desmond. C’est alors qu’Ubisoft a annoncé non pas une pseudo-suite spin-off du troisième jeu, mais bien un quatrième, avec ce que cela implique : un nouvel ancêtre avec un nouvel univers à visiter. Donc un soin au moins équivalent avec en prime une plongée au cœur de la piraterie du XVIII°, un cadre potentiellement meilleur que celui de la guerre d’indépendance qui avait souffert de son côté trop historique. Un jeu porteur d’espoir, mais le résultat sera l’un des plus décevants de l’histoire du jeu vidéo.

Graphismes : 16/20

Après la claque monstrueuse du dernier jeu, on ne pouvait que s’enthousiasmer de parcourir des environnements bien plus riches et foisonnants, mais le jeu va commettre l’erreur suprême : le open world sans chargements. Autrement dit une unique mappe d’une taille considérable à charger en une fois, au lieu des diverses zones étendues séparées des derniers jeux. Le bilan est tout simplement catastrophique : pour la même puissance de machine, le résultat est significativement moins bon, et les performances maximales demandées sont ahurissantes. On peut théoriquement atteindre un résultat avoisinant son prédécesseur, mais l’affichage pur n’est pas le seul problème du jeu. En effet, on déplore une quantité de bugs alarmant : des ennemis visibles sur la carte mais pas à l’écran, une distance d’affichage gênante de par sa faible portée, des textures souvent grossières, des baisses de framerate (taux d’images par seconde) insupportables lors de la pluie ou autre surenchère trop lourde, et surtout une redondance terrible en ce qui concerne les environnements. La technique pure n’ayant que peu changé, elle reste très bonne, mais malgré des visages plus fins, le jeu est en net recul en terme de performance physique.

Jouabilité :
Hors Animus : 02/20

Dans le jeu, on incarne donc un personnage mystère, employé de Abstergo Enterprise dont le nouveau projet est l’idée de commercialiser l’Animus. Grâce à une technique nouvellement développée, n’importe qui peut revivre les souvenirs de n’importe qui via le sang de la personne, et c’est ce que notre personnage énigmatique fait, revivant les souvenirs d’un ancêtre de Desmond. Pour protéger l’anonymat du héros, le jeu adopte une vue à la première personne, et c’est l’une des choses les plus vomitives jamais vues. Interface encombrante, déplacements chaotiques, gestion de la caméra saoulante : se balader dans les locaux est un calvaire. Pire encore, les mini-jeux proposés sont ou trop faciles, ou super chiants, et le résultat est au mieux inutile, au pire inquiétant quant au scénario et la tournure des événements. 

Dans l’Animus (sur terre) : 13/20

Heureusement, cette partie correspond aux trois quart du jeu, et on reprend grosso modo ce qui faisait le succès des Assassin’s Creed. Mais visiblement l’inspiration n’est plus là. Sur la terre ferme, rien de neuf à l’horizon et une redondance à toute épreuve : des forts à prendre, des personnes à suivre puis tuer, des bâtiments à infiltrer pour prendre un objet ou une vie, des contrats d’assassinats et point barre. Sachant que seules les deuxièmes et troisièmes ne provient pas de missions annexes, cela montre toute l’étendue des missions proposées. La gestion de son île est une perte de temps et d’argent, et seule la récompense des « missions assassins » en vaut la peine. En plus de ça, les bugs innombrables nuisent gravement au plaisir de jeu, aboutissant à des passages d’une difficulté rageante et on bute souvent parce qu’on ne trouve pas la technique à adopter, alors même que le principe de la saga est qu’on peut généralement gérer les choses comme on veut. La précision est aussi à la ramasse, et on peste de ne plus pouvoir escalader les rochers. On reste dans du système de jeu dynamique et efficace, mais il serait temps de se renouveler.

En mer : 05/20

Atroce, tout simplement atroce. Aucun moyen de transport dans aucun autre jeu au monde n’aura connu une maniabilité aussi lourde et absurde. Non seulement d’une lenteur colossale, le navire nécessite en plus une manipulation indigeste pour tourner : pousser le joystick à fond vers la direction souhaitée, puis quand la barre du navire se bloque, tout relâcher et répéter l’opération jusqu’à avoir le bon cap. En pleine mer calme, tout va bien, mais quand les éléments s’agitent, ou qu’on se retrouve prit dans une bataille navale, difficile de garder à la fois les yeux sur l’ennemi et sur son gouvernail. Plus grave encore, si la terre est proche, il devient carrément impossible de jongler en plus avec la carte pour ne pas se manger un rocher, surtout que notre vassal nous préviens vraiment une seconde avant l’impact. Il y a aussi les explorations sous-marines, grotesques entre le niveau d’oxygène et les requins qui s’y massent, mais il y a pire : les abordages. Si déjà il faut mettre l’intégralité de ses revenus dans l’amélioration de son navire pour espérer toucher le gros lot, une fois en plein abordage commence la partie la plus délicate et généralement meurtrière. Pour espérer ne pas crever sous les coups simultanés de dizaines de pirates ou corsaires, le canon-sur-pivot est une arme non négligeable, mais les 2/3 des navires ennemis sont trop haut pour atteindre le sommet de la coque, tirant ainsi dans le vide. Et pour peu qu’on soit à la bonne hauteur, le mouvement des vagues et des grappins font que 95% des tirs seront manqués. Ajoutez à cela un décrochage de mat majoritairement fatal et vous obtiendrez un taux de réussite avoisinant les 2%, s’améliorant progressivement jusqu’à un maxi de 35%, ce qui reste une entreprise folle. Quant à la pêche, elle aussi hasardeuse qu’inexistante (une seule découverte prise en 30 heures).

Durée de vie : 14/20

En ligne droite le jeu se boucle en 25-30 heures, et plus proche de 50 pour approcher les 100% de synchronisation. C’est évidemment énorme, mais c’est un chiffre artificiellement gonflé par des missions sans intérêt, des passages à vide et des séquences régulièrement recommencées pour cause d’échec. Donc non seulement l’envie de s’attarder sur l’aventure principale est faible, mais les à côtés sont presque handicapant. Donc oui, le jeu dure beaucoup, mais à quel prix ?

Bande son : 15/20

On y est habitué depuis le temps, mais ça fait toujours plaisir de le voir être confirmé d’épisodes en épisodes : les castings vocaux sont toujours aussi réjouissants. Des voix des plus connues se donnent la réplique, et on est content de constater que le héros pirate dont on revit l’histoire soit doublé par nul autre que Thor (du moins pour la version française). On regrette par contre que certains passages connaissent des décalages entre le son et l’image, mais rien de récurrent. En revanche, si quelques musiques sonnent divinement, le jeu est encore une fois que peu inspiré globalement, et on dénote de nombreux chants de pirates pour le navire qu’on apprécie de pouvoir zapper.

Scénario : 04/20

Voilà clairement le point qu’on attendait le plus au tournant : on ne sait pas trop ce qu’il est advenu de Desmond Miles, mais on sait que Junon est désormais libre et on s’attendait à voir le monde sous son joug. De plus, à force de constater que les passages avec Desmond étaient largement supérieurs à tout le reste, un boulevard était tracé, mais non. À la place on se retrouve plongé au cœur d’Abstergo l’air de rien, bossant sur un projet de film interactif où le spectateur revivrait sur demande les moments les plus intenses des personnages les plus intéressant de l’histoire, et tout cela via l’Animus. Une façade en réalité pour en apprendre plus sur un lieu des Anciens appelé « l’Observatoire », lieu qui abrite une technologie capable de surveiller n’importe qui pour peu qu’on ait son sang. Pendant tout le jeu on s’attend à avoir une révélation colossale, comme Desmond qui serait amnésique et qu’on incarnerait en réalité toujours lui, même si on soupçonne au début quelqu’un comme Shaun, mais lui et Rebecca y bossent déjà sous couverture. On ne veut pas croire en ces vidéos « post-mortem » et en la déclaration d’un fou qui fait clairement référence à une apparence féminine, mais face à une absence quasi totale d’éléments faisant avancer la vraie histoire, le doute n’est pas tellement permis : Desmond est mort et on incarne une cruchasse lambda. Donc mise à part découvrir que les Anciens étaient épiés et que leur sang se balade quelque part dans un lieu tenu secret par Junon, c’est désespérément vide et l’histoire de Edward Kenway (oh surprise père de Etham et grand-père de Connor) n’est qu’une insulte aux histoires légendaires de pirates, Barbe-noire étant montré comme une lavette, le Kid est une fille et son histoire entre en contradiction avec le précédent jeu, et les autres acolytes ne valent pas mieux.

Note Globale : 11/20

Voilà une douche des plus froides. Alors qu’on avait atteint des sommets et que ce jeu s’annonçait épique et grandiose, il commet la trahison ultime, bafouant tout ce qui faisait la force de la franchise. Après avoir dévoilé une quantité de choses terrifiantes, on sombre quasiment dans le degré zéro du scénario, le jeu se limitant presque à faire mu-muse chez les pirates. D’un bout à l’autre les déceptions se multiplient et on se lasse très vite de cet univers nautique. Moins grave mais tout aussi injurieux, le jeu nous inflige une jouabilité horrible, perdant en précision, en efficacité, et nous assommant avec des phases en bateau cataclysmiques. Les graphismes perdent en finesse, la musique en inspiration, et le plaisir n’y est plus. On retrouve bien notre base fétiche, mais l’âme est corrompue. Reste t-il un avenir pour la licence ? À moins de prévoir du costaud sur le personnage mystère (ressusciter Desmond ?) et sur les Anciens, de mettre le paquet sur le présent et d’arrêter ces folies maritimes, l’avenir d’Assassin’s Creed risque d’être très sombre.

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Joséphine

Joséphine
2013
Agnes Obadia

Parmi les 90% de films déficitaires de l’année, celui-ci fut un de ceux qui a presque réussi à sauver les meubles, mais on est loin du succès de Vilaine sur lequel le film comptait très certainement surfer. Il est vrai que la bande-dessinée dont est tiré le film n’a pas connu une gloire tonitruante et le contraire n’aurait pas été de toute façon un gage de qualité, il n’y a qu’à voir Lucky Luke et les derniers Astérix. Et malheureusement, ça ne volera pas plus haut ici.

Le film part déjà très mal : comédie-romantique parisienne, un groupe d’ami stéréotypé (mais comptant l’un des points forts du film : Bérengère Krief), le coup classique du gars qui passe inaperçu et qui sera évidemment le prince charmant, et bien sûr l’héroïne pas très princesse : Joséphine (Marilou Berry). Elle a 30 ans, un gros cul, un sale caractère, un boulot pas génial, vit chez sa grand-mère, n’a pas de mec et jalouse maladivement sa petite sœur qui réussi tout mieux qu’elle. Le jour où elle annonça ses fiançailles, Joséphine péta un câble et annonça à son tour son mariage imminent. Mais pas n’importe lequel : elle est promise à un riche chirurgien américain et ils partent au Brésil s’occuper des enfants pauvres des favelas. Bien sûr, tout n’est que mensonges, et elle va vite se retrouver piégée quand, après s’être fait « généreusement licencié pour un meilleur départ », elle se retrouvera à l’aéroport en partance pour Rio.

Outre le fait qu’on ne croit pas deux secondes à la taille de son postérieur et que ses mensonges sont beaucoup trop gros pour passer aussi facilement, le film aurait pu réellement décoller avec un changement de perspectives, une réelle prise de risque en essayant de coller au mensonge en partant chercher l’amour au Brésil, mais non. Au lieu de ça, le film partira sur la piste de l’espionnage, squattant son propre appart, pourtant occupé par un collègue. Bon, le fait qu’il y ait deux chambres et qu’il ne cherche pas à savoir pourquoi celle de Joséphine est fermée, soit. Mais la cohabitation secrète est franchement ridicule : quelqu’un d’aussi peu attentif aux bruits ou aux disparitions alimentaires, ça n’existe pas. Et comme par hasard, alors qu’elle continue à fréquenter les mêmes endroits que d’habitude, elle ne croise aucune connaissance ? Il y a bien quelques bonnes idées parsi par là, et voir l’envers du décors, ce que pense réellement les gens de nous, c’est une piste intéressante, mais on y croit pas un instant. De même, les rebondissements sont d’une platitude désarmante, comme cherchant à reproduire les plus gros clichés au monde. On s’en amuse par moments, mais au final difficile d’y trouver son compte.

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Lincoln

Lincoln
2013
Steven Spielberg

Nominé dans douze catégories aux Oscars, soit presque toutes, le film était l’un des grands présent de la dernière cérémonie, même s’il n’est sorti que durant l’année 2013 en France. Il y aura tout de même récolté un Oscar particulièrement prestigieux, celui du meilleur acteur pour justement son Lincoln, un prix accordé dans tous les autres festivals, donc unanime. Centré sur le dernier acte de la vie de l’un des plus célèbres président de l’histoire, le film fut un triomphe aux Etats-Unis avec 182 M$, mais on pourrait presque parler de bide à l’étranger qui pesa à peine pour un tiers des recettes (93 M$, pour un total de 275 M$). Un non-événement pour tous sauf un, et ça n’est pas un hasard.

Le film prend place en janvier 1865, alors que le président Lincoln (Daniel Day-Lewis) venait d’obtenir un second mandat et que la guerre civile faisait rage depuis déjà quatre ans. Une guerre qui n’a que trop duré et qu’il souhaite voir prendre fin, et la pierre angulaire de son projet serait une loi visant à abolir l’esclavage. Bon nombre sont contre, y compris dans son propre parti, mais si le 13° amendement passe, les sudistes déposeront les armes et cette loi dont il rêve, il ne pourra la faire passer qu’avec ses pouvoirs de guerre, et le temps presse car une rémission est imminente. Le 31 janvier, date du vote du nouvel amendement, scellera l’avenir du pays.

Lincoln est l’un des plus grands présidents américain de l’histoire qui s’est affranchi de ses prédécesseurs francs-maçons et a montré par le biais de son combat pour l’égalité des races et l’abolition de l’esclavage qu’un juif n’est pas forcément impliqué dans les complots sionistes et que par extensions tous les juifs ne sont pas des maîtres-esclaves comme Manuel Valls. On doute même de son appartenance aux Républicains tant il est plus ouvert que les Démocrates de l’époque, impensablement contre l’abolition de l’esclavage alors que les conservateurs sont pour. Le président est même représenté comme un vieil homme faible et las, trop gentil pour ce monde féroce, et qui se complet à raconter ses histoires au coin du feu comme un grand-père. On nous impose son personnage de grand homme déjà légendaire, de même que cette guerre, et une petite explication sur ce qui a conduit à cette situation aurait été souhaitable. Le film en devient même un peu prétentieux, se posant lui aussi comme celui retraçant l’événement le plus important de l’histoire, nous éblouissant de discours enflammés, de décors somptueux et d’acteurs extraordinaires (Daniel Day-Lewis est effectivement imposant, mais Tommy Lee Jones impressionne presque plus encore, et d’autres noms font plaisir à voir : Sally Field, Joseph Gordon-Levitt et Jackie Earle Haley). Mais à côté de ça, outre le procès en lui-même (quoiqu’un peu romancé), le film n’a rien de mémorable : les temps-mort sont légion, les discours interminables, l’histoire un peu faible, et la fin est particulièrement ratée. Un film qui présente donc admirablement bien, mais dont le fond trop léger empêche de prétendre à plus qu’une recomposition historique ennuyeuse par moments.

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Hannah Arendt

Hannah Arendt
2013
Margarethe Von Trotta

Pourra t-on un jour parler sans tabous de la seconde guerre mondiale ? Pas en France en tous cas, la liberté d’expression étant désormais abolie, du moins sur ce thème précis et tout ce qui en découle. Mais de temps à autre, outre les insupportables « devoirs de mémoire » à l’intégrité douteuse, certaines perles cinématographiques viennent tenter d’expliquer en quoi le mouvement de départ était une franche réussite, et aussi pourquoi tant de gens y ont adhéré. Ce fut le cas de La Vague, qui montrait toute la force et les possibilités engendrées par l’autocratie. Présenté comme lui aussi « révisionniste », ce film ne sera malheureusement qu’une infâme blague.

Tiré d’une histoire vraie, le film nous replace en 1961 alors que va avoir lieu le « procès » de Adolf Eichmann, ancien administrateur du troisième Reich kidnappé par un groupuscule israélien pour un lynchage à Jérusalem. Pseudo philosophe qui a fuit aux Etats-Unis durant la guerre, Hannah Ardent va assister au procès pour un magasine, espérant y voir ce monstre sanguinaire et sans âme qu’est le Nazi décrit dans les livres. Seulement voilà, même si sa nature juive la pousse à vouloir sa mort comme tout son peuple, elle ne vit qu’un pauvre homme jadis fier de sa nation et qui n’a été qu’un bureaucrate minable, victime du système. Tout en lui crachant à la gueule, elle eu le malheur de publier une série d’articles sur la façon de voir les choses d’Adolf Eichmann, lui attirant ainsi les foudres des juifs du monde entier ainsi que leurs adeptes.

Navrant, indigeste, minable. Les qualificatifs pour traduire les sentiments qu’exulte le film ne manquent pas, mais tous sont extrêmement péjoratifs. Comment est-ce possible ? Il faut espérer que le film n’est que mensonges et calomnies, sans quoi on aurait tendance à croire que la seconde guerre mondiale soit la meilleure chose qui soit arrivée au peuple juif. En voyant le film, la fourberie israélienne, sa façon de contrôler l’opinion politique et les médiats, son racisme extrémiste envers les autres races jugées inférieures et tout le méprit qu’ils dégagent, c’est à se demander s’il reste encore un responsable politique intègre dans ce monde corrompu. C’est proprement hallucinant : le film veut nous faire croire que le peuple juif s’est hautement indigné de lire un article disant que les Nazi étaient peut-être des humains normaux à la base. Non sans blague, et ils respiraient le même air que nous en plus ? Oh les monstres ! Mais gageons que le texte fut largement censuré, et que les réactions hostiles énormément exagérées. En l’état, cette histoire n’est qu’une vaste supercherie.

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Les Miller, une famille en herbe

Les Miller, une famille en herbe
2013
Rawson Marshall Thurber

L’année fut très riche en comédies fructueuses aux Etats-Unis, et si Les Flingueuses (The Heat) occupe la première place à domicile, Les Miller furent la comédie numéro 1 dans le monde cette année avec 270 M$ au total. Un joli succès surprise qui s’est fait sur la durée, preuve que si le public réclame des comédies, il n’est pas très regardant sur la qualité, même si on a déjà vu bien pire récolter bien plus.

Le principe du film est un peu tiré par les cheveux mais pas complètement improbable : petit dealer de quartier, David (Jason Sudeikis) s’est fait voler son stock d’herbe, et son patron mécontent (Ed Helms) l’oblige à aller chercher un peu d’herbe au Mexique en contrepartie. Mais un homme seul, ça attire l’attention. Pour brouiller les pistes, il va recruter son jeune voisin attardé (Will Poulter), une SDF (Emma Roberts) et une Strip-teaseuse (Jennifer Aniston) pour jouer sa femme et ses deux enfants. L’aller se passa sans problèmes, mais face à la quantité colossale de drogue, David resta perplexe, continuant malgré tout son périple. Ce qu’il ignorait, c’est qu’il venait tout juste de dérober le stock d’un dangereux mafieux : Pablo Chacon (Tomer Sisley).

Oubliez cette histoire de mafia et de drogue, elle n’est que prétexte au vrai fond du film et qui donne le grain à moudre pour blaguer : la fausse famille qui sert de couverture à cette acte de contrebande. Quatre personnalités très éloignées mais on le sent d’emblée : cette famille va peu à peu prendre forme. Une histoire donc convenue et au développement facile et peu inspiré. Pour ce qui est de la qualité de l’humour, c’est déjà plus réjouissant, même si on n’échappera pas à quelques bassesses. Le sexe tient une place importante dans l’histoire, et le strip-tease qui ne sert à rien passe sans heurt, de même que le coup du pictionnary, mais quand s’en vient l’échangisme ou carrément des images crues, la limite est franchie. De même, le running-gag du bébé est honteux, mais le reste se défend assez bien. Plus écrit que visuel, c’est rare, l’humour du film n’est pas très fin mais plus que d’habitude, et le rythme soutenu permet de mieux faire passer les lourdeurs. Au final on se marre pas mal et on passe un bon moment, mais ça n’est clairement pas la meilleure comédie de l’année.

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Bilan sur les pronostiques

Oui, je me suis planté dans les grandes largeurs. Des bides annoncés qui se sont avéré être des énormes succès, et à l’inverse des possibles cartons qui ont finalement fait très mal à leurs studios. Une bonne bande-annonce qui cache un mauvais film et inversement. Problème de marketing ou simple oubli, les facteurs sont multiples et l’heure est au bilan, mais on se concentrera sur l’international, les pronostiques français soumis aux folies des distributeurs accordant les salles avec un hasard déconcertant étant presque tous très loin de la réalité.

Semaine du 20 septembre :
Estimations :
Prisoners140 M$ (USA) et 350 M$ (monde)
Battle of the Year30 M$ (USA) et 110 M$ (monde)
Rush20 M$ (USA) et 65 M$ (monde)
Réalité :
Prisoners : 61 M$ (USA) et 122 M$ (monde)
Battle of the Year : 8,9 M$ (USA) et 16,5 M$ (monde)
Rush : 26,9 M$ (USA) et 90,2 M$ (monde)
Enough Said : 17,6 M$ (USA) et 25,3 M$ (monde)
Les conclusions sont ici faciles à tirer : Prisoners n’a pas été la perle annoncé, au contraire de Rush qui figure parmi les meilleurs de l’année, Enough Said a finalement eu droit après quelques semaines à une sortie nationale, et l’énième « dance movie » qu’est Battle of the Year a lassé et après l’échec du films aux Etats-Unis, les distributeurs internationaux n’ont plus suivit.

Semaine du 27 septembre :
Estimations :
Cloudy with a Chance of Meatballs 2145 M$ (USA) et 380 M$ (monde)
Metallica Through the Never25 M$ (USA) et 40 M$ (monde)
Don Juan20 M$ (USA) et 30 M$ (monde)
Baggage Claim18 M$ (USA) et 20 M$ (monde)
Réalité :
Cloudy 2120 M$ (USA) et 274 M$ (monde)
Metallica Through the Never3,4 M$ (USA) et 8 M$ (monde)
Don Juan24 M$ (USA) et 30 M$ (monde)
Baggage Claim21 M$ (USA) et 22 M$ (monde)
Des estimations plutôt bonnes à deux détails près : il n’y a finalement pas eu de vraie sortie pour Metallica et dès la seconde semaine, il perdait déjà presque toutes ses salles Imax à cause de Gravity. Quant à Cloudy 2, le boum international n’a pas eu lieu, affichant tout de même une belle hausse par rapport au premier, sauf à domicile où le démarrage fut plus modeste que prévu.

Semaine du 04 octobre :
Estimations :
Players110 M$ (USA) et 250 M$ (monde)
Gravity190 M$ (USA) et 475 M$ (monde)
Réalité :
Players19 M$ (USA) et 63 M$ (monde)
Gravity274 M$ (USA) et 716 M$ (monde)
Encore une fois, tout est une question de qualité. Sympa sur papier, Players a malheureusement eu des retours catastrophiques, et Ben Affleck n’a apparemment rien de bankable. Pour Gravity, le succès fut encore plus grand que prévu, et c’est largement mérité.

Semaine du 11 octobre :
Estimations :
Capitaine Philips45 M$ (USA) et 110 M$ (monde)
Machete Kills28 M$ (USA) et 55 M$ (monde)
Réalité :
Capitaine Philips107 M$ (USA) et 219 M$ (monde)
Machete Kills8 M$ (USA) et 17 M$ (monde)
Euh, comment dire… Une semaine douloureuse pour les pronostiques. Après un gros bide, le réalisateur Paul Greengrass renoue brillamment avec le public, signant un thriller intense et nerveux avec un Tom Hanks au top avec une probable nomination aux Oscars. En revanche, le délire nanar du tueur mexicain a chuté lourdement, signant presque un bide sans précédents. Le tiers du premier film, aie…

Semaine du 18 octobre :
Estimations :
Evasion65 M$ (USA) et 190 M$ (monde)
Carrie70 M$ (USA) et 150 M$ (monde)
Le Cinquième pouvoir25 M$ (USA) et 70 M$ (monde)
Kill Your Darlings15 M$ (USA) et 25 M$ (monde)
Réalité :
Evasion : 25 M$ (USA) et 137 M$ (monde)
Carrie35 M$ (USA) et 85 M$ (monde)
Le Cinquième pouvoir3,3 M$ (USA) et 8,6 M$ (monde)
Kill Your Darlings1 M$ (USA) et 1,8 M$ (monde)
12 Years a Slave : 57 M$ (USA) et 188 M$ (monde)
Nouvelle semaine bien difficiles en termes de prévisions. C’est officiel, les gros films d’actions n’ont plus la côte aux Etats-Unis, et le remake de Carrie n’était pas si attendu. Pour Le Cinquième pouvoir, le marketing fut médiocre puisque le film se classe 5° pire démarrage de l’histoire par rapport au nombre de salles alors même que les critiques était correctes, annulant au passage bon nombre de sorties dans les autres pays. Le cas de Kill Your Darlings est simple : avec 78 salles à domicile au plus fort, difficile de se faire entendre. Grosse surprise pour 12 Years a Slave, même pas censé sortir au cinéma et qui a suscité un tel engouement qu’on en parle même pour les Oscars, lui offrant au passage une sortie mondiale tardive (courant février).

Semaine du 25 octobre :
Estimations :
Cartel55 M$ (USA) et 100 M$ (monde)
Bad Grandpa50 M$ (USA) et 70 M$ (monde)
Réalité :
Cartel17 M$ (USA) et 71 M$ (monde)
Bad Grandpa102 M$ (USA) et 152 M$ (monde)
La dépendance des américains aux comédies a joué en la faveur du spin-off de Jackass, amenant même le distributeur français à annuler la sortie DVD pour une sortie ciné, un cas rare. Pour Cartel l’avalanche de stars n’aura pas suffit à sauver le film : les retours assassins ont eu raison du film, mort né aux US mais pas si mauvais à l’extérieur.

Semaine du 01 novembre :
Estimations :
La Stratégie Ender85 M$ (USA) et 270 M$ (monde)
Free Birds35 M$ (USA) et 60 M$ (monde)
Last Vegas25 M$ (USA) et 40 M$ (monde)
Il était temps15 M$ (USA) et 35 M$ (monde)
Réalité :
La Stratégie Ender62 M$ (USA) et 126 M$ (monde)
Free Birds56 M$ (USA) et 110 M$ (monde)
Last Vegas64 M$ (USA) et 134 M$ (monde)
Il était temps15 M$ (USA) et 87 M$ (monde)
Dallas Buyers Club : 27 M$ (USA) et 33 M$ (monde)
S’il ne faisait aucun doute sur la faible qualité du film de science-fiction Ender, son bide est encore plus violent que prévu, mais plus encore, c’est à l’étranger qu’il s’est le plus ramassé, alors même que les production similaires y cartonnent avec outrance. Un fait inexplicable. Les dindes de Free Birds ont grassement profité de l’absence de film d’animation depuis Cloudy, tandis que Last Vegas et Il était temps ont fait le plein grâce à des retours enthousiastes, surtout pour la romance anglaise qui a largement fait recette en Corée du Sud où il récolta le tiers de ses ventes. Joli succès du cinéma indépendant, Dallas Buyers Club prouve que Mud a donné ses lettres de noblesses à Matthew McConaughey.

Semaine du 08 novembre :
Estimations :
Thor – Le monde des ténèbres310 M$ (USA) et 1 030 M$ (monde)
Réalité :
Thor – Le monde des ténèbres206 M$ (USA) et 645 M$ (monde)
Il faut croire que l’effet Avengers est déjà mort. Certes aidé par une qualité surprenante, Iron Man 3 avait fait l’exploit de doubler le score de ses prédécesseurs, atteignant le score hallucinant de 1,2 milliard $. On attendait Thor 2 au tournant, espérant qu’il prouve la tendance, mais le souffle est carrément retombé et le film n’enregistre qu’une hausse modeste par rapport au premier, mais il est vrai que le résultat fut un peu décevant.

Semaine du 15 novembre :
Normalement devait sortir Les Loups de Wall Street, mais il fut décalé à Noël. Sorti de nulle part, la suite d’un vieux film afro-américain, The Best Man Holiday, a récolté 71 M$, un gros score.

Semaine du 22 novembre :
Estimations :
Hunger Games – L’embrasement340 M$ (USA) et 700 M$ (monde)
Delivery Man40 M$ (USA) et 70 M$ (monde)
Réalité :
Hunger Games – L’embrasement425 M$ (USA) et 865 M$ (monde)
Delivery Man : 31 M$ (USA) et 51 M$ (monde)
On aurait pu croire qu’après avoir plagié Battle Royal pour le premier film, la suite montrerait ses limites, mais cet Embrasement a impressionné de par sa force et son approche révolutionnaire latente, et montrant une ambition énorme. Encore plus fort que le premier pourtant déjà très haut à domicile, cette suite a surtout progressé et a carrément doublé ses gains dans certains pays comme la France. Le remake américain de Starbuck n’a donc pas trouvé sa place, broyé par le mastodonte, malgré un bon maintient grâce à un bouche à oreille solide.

Semaine du 27 novembre :
Estimations :
La Reine des Neiges280 M$ (USA) et 750 M$ (monde)
Homefront30 M$ (USA) et 65 M$ (monde)
Réalité :
La Reine des Neiges401 M$ (USA) et 1 274 M$ (monde)
Homefront : 20 M$ (USA) et 43 M$ (monde)
Pour ce qui a été l’un des plus gros week-end de l’histoire entre les maintient et le bulldozer Frozen (La Reine des Neiges), très proche de mes prédictions (pour une fois) grâce à une qualité saluée par tous, il ne resta que des miettes pour Jason Statham qui malgré un gros casting, ne fit qu’un score classique dans la lignée de ses dernières productions.

Semaine du 06 décembre :
Estimations :
Out of the Furnace70 M$ (USA) et 120 M$ (monde)
Réalité :
Out of the Furnace11 M$ (USA) et 15 M$ (monde)
L’icône de Batman ne fait pas vendre, loin s’en faut. Film noir un peu trop violent, il bénéficia pourtant d’une grosse diffusion et de retours très bons, mais rien à faire : le public ne s’y est pas intéressé. Quant sera t-il du reste du monde ? Beaucoup ont déjà choisit de le déprogrammer.

Semaine du 13 décembre :
Estimations :
Le Hobbit – La Désolation de Smaug290 M$ (USA) et 1 020 M$ (monde)
A Madea Christmas48 M$ (USA)
Réalité :
Le Hobbit 2258 M$ (USA) et 960 M$ (monde)
A Madea Christmas53 M$ (USA)
Grosse fut la déception, lourde a été la chute. La saga Hobbit est excellente, mais pas forcément autant que le Seigneur des Anneaux au niveau scénario. Les fans l’ont senti et cette suite en a subit le contrecoup. La baisse reste raisonnable mais il est probable que le milliard soit perdu à cause du territoire américain où il devrait terminer en dessous de 270 M$ tandis que le premier dépassait les 300 M$. Tyler Perry réussi quant à lui une performance plutôt bonne après une série de semi-échecs.

Semaine du 20 décembre :
Estimations :
Sur la terre des dinosaures160 M$ (USA) et 410 M$ (monde)
Anchorman 275 M$ (USA) et 95 M$ (monde)
Saving Mr. Banks45 M$ (USA) et 80 M$ (monde)
The Monuments Men : 35 M$ (USA) et 75 M$ (monde)
American Hustle45 M$ (USA) et 105 M$ (monde)
Estimations :
Sur la terre des dinosaures36 M$ (USA) et 127 M$ (monde)
Anchorman 2127 M$ (USA) et 174 M$ (monde)
Saving Mr. Banks : 83 M$ (USA) et 113 M$ (monde)
American Hustle150 M$ (USA) et 251 M$ (monde)
The Monuments Men a été décalé de quelques semaines, tendis que American Hustle en a été avancé d’une. Mais cela n’excuse pas des tendances à l’opposé de la réalité. Anchroman a cartonné en DVD et une décennie plus tard le phénomène a semble t-il prit une ampleur considérable, multipliant par 20 les résultats à l’étranger ! Pour les trois autres, tout est affaire de qualité. Doté d’une 3D indigne, d’une image saccadée et d’une histoire faible, le film d’animation préhistorique s’est vu se faire cracher à la gueule. Les deux autres, Dans l’ombre de Mary (Saving Mr. Banks) et American Hustle, furent porté par des critiques sans appel et on parle de chef d’oeuvre. Deux films à surveiller de près aux Oscars et même avant aux Golden Globes.

Semaine du 25 décembre :
Estimations :
La vie rêvée de Walter Mitty210 M$ (USA) et 440 M$ (monde)
Jack Ryan115 M$ (USA) et 270 M$ (monde)
47 Ronin25 M$ (USA) et 75 M$ (monde)
Grudge Match30 M$ (USA) et 45 M$ (monde)
Le Loup de Wall Street120 M$ (USA) et 260 M$ (monde)
Estimations :
La vie rêvée de Walter Mitty : 58 M$ (USA) et 188 M$ (monde)
47 Ronin38 M$ (USA) et 151 M$ (monde)
Grudge Match30 M$ (USA) et 45 M$ (monde)
Le Loup de Wall Street117 M$ (USA) et 392 M$ (monde)
Jack Ryan décalé et Le Loup de Wall Street qui vient prendre sa place. Sa durée de trois heure et sa classification R (interdit aux mineurs non accompagnés) a fait du mal aux Etats-Unis mais le bouche à oreille devrait peu à peu porter le film aux portes des 100 M$ voir plus. En revanche, le film s’annonce très fort à l’international et les futurs nominations aux Oscars lui feront du bien. Par contre, Walter Mitty n’a pas eu le soutien escompté et les résultats déçoivent et son bon maintient est largement inférieur à celui des traders de Wall Street. Le combat senior de Grudge Match a comme prévu semi-bidé, mais en revanche un point aurait dû être prit en compte pour l’analyse de 47 Ronin : ses 175 M$ de budget. Un gouffre colossal avec plus d’un an de retard en tournage, une 3D en post-prod et des scènes continuellement retournées, aboutissant à ce qui sera sans retours possibles une faillite financière terrible car à cela s’ajoute les frais marketing, supérieurs à n’en pas douter à 50 M$.  Une douleur qui a été minimisé au mieux, d’où l’erreur monstrueuse d’appréciation.

Des pronostiques donc majoritairement défaillants malgré quelques estimations excellentes et j’espère arriver à un résultat plus probant pour les prochaines, mais qui se limiteront aux plus gros succès des mois à venir. L’année 2013 a marqué l’histoire avec des recettes records : 10,9 milliards de dollars aux Etats-Unis, même si l’inflation est passée par là et que le nombre de tickets vendu est tout juste à la 13° place. Mais l’année 2014 sera à n’en pas douter un cru exceptionnel.

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Identité Secrète

Identité Secrète
2011
John Singleton

Depuis qu’il a fait la démonstration de sa musculature exubérante dans Twilight, le bodybuildé Taylor Lautner fait rêver les filles du monde entier, et l’idée d’en tirer parti était une évidence. Malgré le four retentissant du pourtant très bon Alex Rider, le film reprend cette idée du fantasme d’ado : devenir une espèce de James Bond Jr. qui sauve le monde. Mais les 82 M$ affichés au compteur ne démontreront qu’une chose : l’acteur fait vendre n’importe quoi.

Certains ne savent pas se contenter de ce qu’ils ont. Il avait des parents aimants, un cadre privilégié et une popularité certaine, mais un simple devoir de sociologie va changer la vie de Nathan Harper (Taylor Lautner). Cherchant une idée pour son projet, il va tomber sur un site retraçant toutes les disparitions d’enfants avec une image représentant leurs visages aujourd’hui, à condition qu’ils soient encore en vie. Mais ce qu’il ignorait en se penchant sur l’une d’elles qui montrait une réplique exacte de lui-même au même âge avec le même t-shirt qu’il a gardé avec une tâche similaire sur l’épaule, c’est que cela activa un plan contre lui visant à faire tomber son vrai père, un agent gouvernemental disposant d’une liste de valeur. Du jour au lendemain, il va perdre ses parents, apprendre que tout son entourage était des agents, et se retrouver en fuite avec sa voisine (Lily Collins).

Ouais donc en fait ses parents c’est des agents secrets sous couverture, son psy (Sigourney Weaver) aussi, et puis y’a des vilains qui veulent une liste pour faire chier la CIA car leur chef (Alfred Molina) a son nom d’inscrit dessus, du coup y’a la voiture qui explose, mais en fait c’est le père biologique qui l’a, sauf que son fils et la voisine en fuite vont la lui voler sans le savoir alors du coup boum dans le train, sauf qu’en fait le vilain on sait pas qui c’est et paf grosse cascade. What ? Voilà ce qui est sans doutes l’un des scénarios les plus fouillis de l’histoire. On ne comprend rien à cette histoire de liste ni qui sont les méchants, le héros ne comprend rien à ce qui se passe non plus et on ne lui explique rien sur ces histoires d’agents secrets infiltrés ni sur ses parents, et on se tape la tête contre les murs à force d’assister à tant d’incompétence et de bêtises. La pire cavale de tous les temps, ou la plus naïve du moins. Et pour un film d’action, si le rythme passe à peu près, les moments censés être plus intenses sont bidons entre des explosions sorties de nulle part, des combats en mousse, et des cascades ratées (oh zut je me suis cassé la cheville…). Pire encore, la romance téléphonée entre les deux jeunes est tellement mièvre et superficielle que s’en est affligeant. Heureusement, la réalisation n’est pas mauvaise, deux trois paysages sont beaux et les acteurs ne sont pas trop catastrophique, mais ça reste ultra limite. Une petite production arriviste bâclée qui ne trompera personne.

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À l’aveugle

À l’aveugle
2012
Xavier Palud

Difficile de ne pas se rappeler de ce film, tant sa campagne de promotion fut intense. Des affiches de partout, des interview sur tous les plateaux possibles, et surtout une bande-annonce tapageuse qui annonçait ni plus ni moins qu’une confrontation haletante entre deux légendes du cinéma. Un thriller angoissant un peu trop présomptueux de sa qualité et qui faisait dire au possible spectateur que « de toutes façons ça va être un coup à la Michel Strogoff où en fait le gars n’est pas aveugle ». Et effectivement, les retours furent mitigé et les entrées faibles : 230 441.

Comme tous les films policiers français, l’histoire s’axe autour d’une affaire sordide à Paris. Malgré une garde à son domicile, une jeune femme sera sauvagement assassinée, son corps ayant été retrouvé découpé en quinze morceaux. Un travail de professionnel tant aucun indices n’a été laissé, ni même une trace d’effraction. Chargé de cette enquête, le commandant Lassalle (Jacques Gamblin) va très vite suspecter Marvik (Lambert Wilson). Ce dernier est certes aveugle, mais avec l’explosion d’un milliardaire, toujours sans la moindre preuves d’un quelconque coupable, une intuition va naître. Infirmes pour les autres, il va voir en lui un terrible meurtrier.

Non, le film n’est pas un simple polar insupportable de plus dans le paysage cinématographique français. On pouvait effectivement craindre beaucoup tant en terme de jeu que d’ambiance et même de scénario, mais finalement deux des trois points vont s’avérer plutôt bons. En effet, le duel au sommet annoncé est presque là : les dialogues sont percutants, l’atmosphère pesante et cynique mais sans la gratuité habituelle, et les acteurs sont charismatiques. Habituellement tête-à-claque, le style sombre adopté par Jacques Gamblin est salvateur, et il trouve là l’un de ses meilleurs rôles en terme d’interprétation. Son partenaire, plus sur ton mystérieux et inquiétant, promettait encore plus, mais il sera rattrapé par le gros point faible du film : son scénario. Loin d’être d’un niveau d’un Sherlock Holmes ou même d’un Hercule Poirot, on nous assomme avec un complot politique sur la guerre en Irak. Alors qu’on s’enthousiasmait sur cette histoire d’aveugle fourbe et ingénieux, on sombre dans une facilité dérangeante qui nous laisse sur une fin bâclée. Du potentiel assurément, mais l’écriture du film s’est arrêtée aux personnages.

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Welcome to the Punch

Welcome to the Punch
2013
Eran Creevy

Tout juste sorti dans quelques cinémas (principalement au Royaume-Uni, en Chine et en Russie pour un total inférieur à 4 M$), le film n’a pas eu cette chance en France, malgré un casting énorme mais certes pas très bankable, James McAvoy ayant fait le plus gros de sa carrière dans des petits films indépendants d’époque. Mais de toutes façons, sa seule présence ne sera pas suffisante, et le manque d’envergure se paye dans le cinéma d’action.

Le cours d’une vie peut basculer en quelques instants. Cette nuit-là, le destin de beaucoup sera scellé. Voulant stopper un casse, Max Lewinsky (James McAvoy), policier de Londres, se lancera à la poursuite des malfaiteurs, malgré son manque de protections et l’absence d’arme à feu. Le bilan sera médiocre : le chef criminel Jacob Sternwood (Mark Strong) lui infligera une blessure au genou qui laissera des séquelles, et aucun complice ne sera appréhendé. Pire encore, le fils de Sternwood subira une bavure conduisant à son décès. Une affaire très floue et que Max ne souhaite pas laisser filer, impliquant avec lui sa collègue et amie Sarah (Andrea Riseborough). La ville va alors se transformer en terrain de chasse entre les magouilles policières et Sternwood, en quête de vengeance.

Grand classique de séquence d’ouverture, le film nous lâche en pleine mission dans une certaine confusion, assortie d’une grosse séquence de course-poursuite. On alternera ensuite les phases d’enquête et les règlements de comptes, globalement dans un rythme assez soutenu, malgré quelques passages à vide. Malheureusement, ni l’enquête ni les scènes d’action ne savent convaincre. Le scénario est plutôt convenu et pas très original, les rebondissements attendus, les réflexions pas très poussées, et on manque clairement de visibilité au niveau de la réalisation. L’obscurité nocturne est mal maîtrisée, et les guns-fight, bien que pêchus, sont trop saccadés. Le film est suffisamment court pour ne pas trop s’ennuyer, mais si on fait l’effort de s’y intéresser ça n’est dut qu’exclusivement aux acteurs, sans quoi le film n’aurait que peu d’intérêt. De l’action de seconde main très classique et mal filmé qui ne vaut que pour son héros.

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Conjuring : Les dossiers Warren

Conjuring : Les dossiers Warren
2013
James Wan

Après avoir révolutionné le gore avec Saw puis surprit avec le terrifiant Insidious qui faisait fi des règles du genre horrifique, celui qu’on qualifie déjà de maître du frisson, James Wan, nous revient avec l’un des plus gros succès de tous les temps dans ce domaine : 318 M$ dans le monde, assorti avec des critiques excellentes. Et pourtant, après Sinister, on pourrait douter de la légitimité du film : l’histoire de cette maison hantée ayant déjà été traité.

Histoire vraie s’étant déroulée au début des années 70, le film nous plonge au cœur d’une maison reculée où vie un couple et leur cinq filles. Une maison rustique de campagne qui offrait bien des avantages, mais très rapidement une présence se fera sentir. Des animaux morts, des portes qui bougent toute seules, des tableaux qui tombent : les premiers signes étaient inquiétants, mais quand des apparitions humaines sortirent des ténèbres, la peur envahit chaque personne de la maison. Incapables de faire face, les Perron feront appel à un couple de médium / exorciste de renom : les Warren (Patrick Wilson et Vera Farmiga).

Voilà qui est étrange : après deux films particulièrement originaux qui ont fait sa renommée, le réalisateur nous revient avec un film terriblement classique. Cela fait presque depuis l’invention du cinéma que les films de maisons hantées pullulent, et l’histoire de celui ci ne se démarquera que très peu. Tous les codes du genres sont respectés avec une évolution exponentielle des manifestations, jouant inlassablement avec les miroirs, les portes qui bougent, les ombres mouvantes et les objets mystérieusement animés. Point d’excentricité ou d’ingéniosité au niveau de l’histoire ou de la mise en scène donc, mais malgré tout l’utilisation des artifices est redoutable et l’efficacité du film est optimale. On sent venir les mauvais tours à des kilomètres mais on flippe tout de même intensément. Et compte tenu de la médiocrité habituelle du cinéma d’horreur, le film se pose comme une valeur sûre. Par contre, son succès est un peu disproportionné et annoncer direct un préquel et une suite semble abusé.

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