Miracle en Alaska

Miracle en Alaska
2012
Ken Kwapis

Tiré d’une historie vraie, ce film qu’on croirait tout droit sorti des studios Disney (mais non, il s’agit d’Universal) reprend la tentative de sauvetage pour frayer un chemin vers le large pour trois baleines piégées par les glaces en Alaska. L’histoire se déroula en octobre 1988 et le film en retrace le parcours, du petit reportage de chaîne régionale fait par un inconnu, jusqu’à ce qu’il devienne un phénomène quasi planétaire, en passant par quelques passages clefs. Principal acteur de la cause, Greenpeace (représenté par Drew Barrymore) aura été le fer de lance du mouvement, au même titre que les journalistes qui auront su susciter l’intérêt du peuple. S’en suivra un immense élan de générosité et de soutient à travers tout le globe. Youpie !

Après Sauver Willy ou encore Winter le Dauphin, voici la nouvelle péripétie estampillée cétacé. Bon, il est vrai que au mieux, tout le monde se contrefout de Greenpeace, au pire, ils sont perçus comme de dangereux terroristes-écolos. L’histoire est vieille de plus de vingt ans et elle n’a « marqué » au final que les américains. En plus, son casting n’est pas folichon : les deux autres « vedettes » étant Kristen Bell et Dermot Mulroney. Il n’est donc pas étonnant de voir que le film n’a pas trouvé son public (sur 25 M$ dans le monde, 20 viennent d’USA, et son budget était de 40 M$). Mais bon, le film n’est pas si nunuche que ça, même si les scénaristes sont des sacrés fumistes. Non seulement les températures annoncées sont absurdes, mais en plus les acteurs n’en tiennent pas compte, de même que les maquilleurs, le réalisateur, et tout le staff : pas tellement de buées, des acteurs qui ne grelottent même pas, pas de lèvres gercées, pas de cristaux de glace sur les cils et paupières, et pas non plus de visages tout rouge. C’est dommage car si il est clair que les décors et les baleines sont produits en studio, l’illusion n’est pas mauvaise et on aurait presque tendance à y croire. Le rythme n’est pas au top mais ça passe, les acteurs sont écrasés par l’histoire mais ils restent sympathiques, et on suit cette aventure nonchalamment mais surement. Léger mais ça fait passer le temps.

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Very Bad Trip 3

Very Bad Trip 3
2013
Todd Phillips

Immense succès surprise, le phénomène Very Bad Trip avait fait plus que des vagues avec ses 467 M$. Et entre ses critiques enthousiastes et son carton en DVD, Very Bad Trip 2 fut encore plus prolifique en s’envolant à 587 M$. Mais seulement voilà : quasi remake du premier film, le second délire sonna comme une énorme escroquerie qui refroidi largement les fans pour le troisième et dernier film de la saga : avec tout juste 351 M$, la chute fut rude. Une douche froide imputable à la mauvaise blague du second opus ou à la qualité de ce film ?

Donc pour cet ultime volet, la « meute » (Bradley CooperEd Helms, Justin Bartha et Zach Galifianakis) est chargée de ramener Alan à la raison, sa grossièreté et son irrespect devenant un poison pour son entourage. Mais sur le chemin du centre salvateur, nos quatre fêtards tombèrent sur Marshall (John Goodman), un mafieux de Las Vegas peu content d’avoir été dépouillé par Chow (l’asiatique) de quelques 21 millions de dollars. Ce dernier n’ayant été en contact qu’avec Alan depuis ces dernières années, il juge le groupe coresponsable de sa perte. S’ils ne lui ramènent pas l’argent au plus vite, Doug, prit en otage, sera exécuté.

On se doutait que la perle comique ne serait pas au rendez-vous, mais on avait envie d’y croire. Mais dès le début, l’accent est mit sur le personnage de Zach Galifianakis, drôle à petite dose, puis vite ennuyeux et insupportable. Ça rame, on ne sait pas trop où l’histoire veut aller, puis Doug se fait prendre en otage, provoquant un ras-le-bol d’indignation : encore ? Sérieux !? Pire, le cliché ambulant de l’asiatique est mauvais, très loin de nous titiller un sourire. Mais alors qu’on abandonnait le film, il nous surprend avec un braquage à la finalité pas banale et pour le coup très drôle, puis tout retombe aussi sec. Une blague d’Alan bien grasse, un jeu de séduction avec une obèse : on n’en peux déjà plus. Puis à nouveau, le film livre deux trois passages très bons, comme le coup du deltaplane (comme quoi, ça n’est pas qu’une ignominie). Le vrai problème du film, c’est que les personnages y sont vraiment inconsistants, surtout Bradley Cooper, jouant les figurants beaux-gosses, et que l’humour fait le yo-yo entre de grands moments délirants et des ratages honteux. La fin avec le mariage est expédiée, et le réveil est vraiment de mauvais goût et prouve une fois de plus la flemme criminelle des scénaristes. Le résultat n’est pas non plus si mauvais, mais l’intérêt n’y est plus.

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Légendes d’automne

Légendes d'automne
1995
Edward Zwick

Thème très populaire, qui à l’exception notable du Nouveau Monde (version live de l’histoire de Pocahontas), n’a pas été représenté depuis longtemps, l’épopée « sauvage » en terres indiennes a tenu une part importante dans le paysage cinématographique américain. Mais ici, l’histoire prend place à la fin de cette époque, alors que les réserves indiennes ont presque toutes disparues et que la première Guerre Mondiale sonne le glas.

Dans une petite famille de modestes fermiers du Montana, le frère aîné croyait revenir chez lui dans un halo de bonheur, souhaitant partager avec les siens sa joie de son union imminente avec la belle Susannah (Julia Ormond), attirant la convoitise de ses frères isolés de pareilles créatures. Mais le destin voulu qu’il s’engage pour la guerre, et il n’en revint pas… Déjà très attirée par Tristan (Brad Pitt), le cadet de feu son promis, le deuil de Susannah aurait dû lui permettre de se rapprocher de lui, et ce fut le cas pendant un temps, mais le sentiment de responsabilité quant à la mort de son frère va pousser Tristan à partir, au bonheur d’Alfred, le troisième frère, lui aussi amoureux d’elle.

Il est difficile de tellement se rater avec un thème aussi bon (voir Assassin’s Creed III), mais il n’est pas non plus évident d’imposer une histoire quand l’environnement est aussi envahissant et cloisonnant. Il n’y a qu’à voir : la présence du film aux Oscars se résume aux décors, à l’image (où il fut récompensé), et au son (la musique étant signé par le génie James Horner). Car oui, le film possède une image particulièrement soignée, appuyée par la poésie et la grandeur des paysages. Mieux encore, la casting est réellement excellent, mention spéciale à Brad Pitt, toujours d’une classe folle (soulignons aussi la présence du patriarche Anthony Hopkins). Mise à part ça, on retrouve une histoire assez complète avec la guerre, la prohibition, la ségrégation des indiens, l’amour et la mort. C’est plutôt bien amené et le développement n’est pas mauvais, mais la gratuité de certaines morts passent mal, et le pessimisme ambiant gâche un peu l’aventure. De plus, le tout manque un peu de rythme, mais rien de bien grave. Ainsi, le film ne va pas tellement au delà de la carte postale mélodramatique, même si ça reste une belle œuvre soignée.

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Mr. Nobody

Mr. Nobody
2010
Jaco van Dormael

Chaque choix fait dans la vie peut ouvrir ou fermer une infinité de possibilités, certaines plus réjouissantes que d’autres. Mais comment savoir lesquels sont les meilleurs et lesquels aboutiront à une fin tragique ? Quand une âme vient au monde, la personne entrevoit l’infinité de ses vies, avant que l’ange du silence ne vienne déposer son doigt sur notre bouche, laissant sa marque au dessus des lèvres et nous condamnant à l’amnésie. Mais ce jour là, Nemo fut oublié…

Nous somme aujourd’hui en 2092, Nemo a 118 ans, et il est sur le point de mourir, le dernier homme à mourir de cause naturelle. Nous somme en 2009, Nemo (Jared Leto) est marié à Anna (Diane Kruger), à Jeanne, à Elise. Nous somme en 2000 Nemo (Toby Regbo) est amoureux fou de Anna (Juno Temple), il vient de rencontrer Elise, il vient de danser pour la première fois avec Jeanne. Nous somme en 1993, Nemo est à la gare, il a choisit de partir avec sa mère, il est resté avec son père (Rhys Ifans). Toutes ces réalités sont vraies, elles se sont toutes produites et Nemo se souvient de chacune d’entre elles.

Sans nuls doutes la production européenne (franco-belge-britannique) la plus ambitieuse de ces dernières années, le film est une véritable claque scénaristique, remballant les références du genre comme L’Effet Papillon ou Cloud Atlas, bien que pas assez équilibré par ailleurs. Son confortable budget de 33 M€ lui permet les moyens de son ambition, mais ça n’est clairement pas une de ses qualités principales. D’une rare complexité, le film arrive à mener de front des dizaines d’histoires différentes à travers diverses versions de diverses époques (principalement trois : l’enfance, l’adolescence et l’âge adulte, avec une sorte de narration via la dernière époque, celle du denier soupir). Toutes ces réalités alternatives ont comme point de départ le choix du parent quant au divorce : celui de suivre une mère absente ou d’assumer un père sombrant chaque jour d’avantage, dévasté par la perte de sa femme. Les diverses histoires mettent surtout en avant l’amour qu’il éprouvera envers trois femmes : Anna, Elise et Jeanne, toutes trois présentes dès sa plus tendre enfance mais qui ne resteront qu’à certaines conditions. Néanmoins – et c’est fait exprès -, une seule des trois romances a un vrai fond, une sincérité éclatante et une magie émouvante : celle avec Anna. D’ailleurs, en dehors des présentations scientifiques bluffantes, la période de l’adolescence avec l’amour flamboyant entre Nemo et Anna est de loin le meilleur moment du film, montrant là ce qui est et sera le moment le plus heureux de toutes ses vies. On regrettera simplement le fait que Diane Kruger n’arrive pas à la cheville de Juno Temple, que ce soit en terme de jeu ou de charme. Mais là où le film fait vraiment très fort, c’est que le spectateur ne se sentira pas tellement perdu malgré la multiplicité des histoires, le tout se recoupant avec aisance et justesse. Un très beau film donc, alternant passages poétiques et émouvants. Malgré tout le chef d’œuvre n’est pas complètement là, la morosité prédominant et le soin apporté à l’alchimie des premiers instants avec Anna est telle que le reste paraît à côté beaucoup trop vide de sens, renforçant le désespoir ambiant. Mais ne boudons pas ce film, l’expérience reste bouleversante et d’un degré de complexité rarement atteint.

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Six Bullets

Six Bullets
2012
Ernie Barbarash

Cantonné à des films d’action de seconde main depuis les années 80, Jean-Claude Van Damme s’éloigne un peu plus chaque année des salles de cinéma, malgré un rôle dans Expendables 2. Et à l’image de ce film, ces dernières productions en restent aux simple direct-to-DVD. Une carrière qui n’a jamais atteint des sommets (son plus gros succès est Timecop avec 101 M$ dans le monde) et qui semble aujourd’hui bien morne…

Ancien mercenaire repenti, Samson Gaul (Jean-Claude Van Damme) est hanté par le souvenir de deux jeunes filles, mortes dans une explosion qu’il avait provoqué en sauvant un jeune garçon des griffes d’un réseau de prostitution pédophile. Mais aujourd’hui, il va être obligé de revenir à l’attaque : un couple d’américains s’est fait kidnapper leur fille de 14 ans par ce même groupe mafieux, et leur désespoir va avoir gain de cause sur lui. Ils ont prit leur fille, lui va leur prendre leur vie.

Mais attends une seconde, ça me dit vachement quelque chose cette histoire. Un père qui se fait voler sa fille dans un pays étranger, un réseau de prostitution qui raffole des vierges américaines, un bourrin qui va les butter… Mais oui, c’est Taken ! Ah mais alors c’est du plagiat ? Complètement. À partir de là, on ne peux que le comparer avec son modèle, et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est vraiment le jour et la nuit. Si de base JCVD est loin d’avoir le charisme de son prédécesseur, le film est à des années lumières de la puissance de dynamisme de l’original. Exit le déferlement d’adrénaline, les courses poursuites effrénées et les bastonnades hallucinantes : on n’aura ici que deux séquences explosives de courte durée, filmées de manière atroce et saccadée. Les combats sont illisibles, l’enquête poussive et les réactions stupides. Un film d’action plus plat que bourrin et au casting aussi faible que la réalisation, doublé d’un plagiat honteux. Tout est dit.

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Mon pire cauchemar

Mon pire cauchemar
2011
Anne Fontaine

Faire s’opposer deux contraires, ça n’est pas nouveau, du tout. La belle intelligente, le moche con. Le fils de bobos peu malin, le fils d’ivrogne génie : tout cela rappelle La vie est un long fleuve tranquille et bien d’autres films. Un pitch qui semblait déjà condamner le film, surtout en prenant en compte les mauvaises critiques. Mais bon, on sait jamais…

Elle directrice d’une galerie d’art, lui homme à tout faire, la rencontre entre Agathe (Isabelle Huppert) et Patrick (Benoît Poelvoorde) lors de la rentrée des professeurs (Quoi ?) aurait dû rester un simple souvenir désagréable, mais par malchance leurs garçons respectifs sont amis. Un fait amenant Patrick à côtoyer François (André Dussollier), le mari d’Agathe. Leurs styles de vie sont diamétralement opposés : Patrick ne se fait guère d’illusions quant à sa capacité à séduire et ne fourre que du boudin, tandis que François n’a pas fait l’amour à sa compagne depuis de longues années, coexistant avec la femme la plus austère du monde. Puis l’un va se mettre à rêver de la liberté de l’autre, qui lui aspirera au confort et à la stabilité qui lui font défaut.

Donc oui, le scénario est aussi recyclé que prévisible : la haine va devenir de l’amour, et le vieux va se faire Virginie Efira, qui ne se révélera pas aussi bien que ça (horreur d’écolo). Les contraires s’attirent, c’est bien connu. Et oui, le film connaît quelques longueurs sur la fin et les acteurs sont loin d’être géniaux. Mais on s’amuse : Benoît Poelvoorde possède quelques tirades très juteuses, globalement pas nouvelles (« ça sert à rien de se torcher le cul avant d’avoir chié ») et assez grossières, mais ce franc parlé déroutant et sans tabous est amusant, voir très drôle à plusieurs reprises. Pas une grande comédie, certes, mais on se marre pas trop mal grâce à un alcoolique inspiré et travaillé.

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Septembre 2013

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Le Capital

Le Capital
2012
Costa-Gavras

L’économie part à vau-l’eau, les syndicalistes mettent à terre des entreprises diabolisées, on monte les pauvres contre les riches en les insultant de tous les noms, et les riches sont assaillit d’impôts de sorte qu’il ne le reste pas et haïssent le système. Un monde de sales mentalités que vient confirmer cette adaptation communiste de livre-propagande de Stéphane Osmont, crachant son venin sur le capitalisme, principe qui rend des entreprises en faillite plus viables, sauf bien sûr pour certaines trop faibles pour survivre à la spéculation.

Celui qui sera accusé de tous les maux, ce sera Marc Tourneil (Gad Elmaleh), catapulté directeur de Phenix Banque suite à l’hospitalisation de l’ancien patron. Jeune et malléable, un fond financier américain négociant avec l’entreprise est bien décidé à se servir de lui comme marionnette, la boîte étant de toute façon au plus mal et sa marge de manœuvre quasi  nulle. Piégé et se sentant sur un siège éjectable des plus inconfortables, il préférera se plier aux volontés des américains, quitte à mettre en place quelques plans de relances austères. Toute la question est de savoir comment en profiter un maximum.

Tout le débat du film est résumé en une phrase : « vaut-il mieux licencier quelques employés pour sauver toute une entreprise ou la laisser couler et tous les mettre au chômage ? ». Donc les discours profondément stupides de ses ordures de communistes n’ont pas lieu d’être. D’autant que les chiffres de primes annoncés dans le film sont grotesques, à des années lumières des plus gros salaires français de PDG. Mais de toute façon, l’aspect financier du film, que ce soit de l’entreprise ou de la bourse, tout est aberrent. Le plus comique est sans doute la gestion des comptes bancaires, une pure folie. Au delà de ça l’ambiance est plutôt intéressante, mais même si l’usage abusif de l’anglais n’est pas hors-sujet, ça reste gênant et stéréotypé. Le discours de fin illustre totalement l’état d’esprit médiocre du film : « prendre aux pauvres pour donner aux riches ». C’est à vomir tant c’est bas et déplacé, surtout que le film donnait jusqu’alors raison au capitalisme. Tout ça est bien dommage, le film était bien fait et assez bien joué, rappelant presque le très bon biopic sur Sarkozy (La Conquête – où on retrouve également Bernard Le Coq), largement plus élogieux. Une histoire qui aurait pu être intéressante si elle n’avait pas été racontée avec tant de mauvaise fois.

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Love is all you need

Love is all you need
2012
Susanne Bier

Une comédie-romantique danoise, ça n’est pas exactement le genre de film qui s’exporte, déjà que mise à part de rares cas comme Royal Affair, les œuvres de ce pays nous sont étrangères. Mais quand une star américaine (natif d’Irlande il est vrai) s’y invite, on est tout de suite plus intrigué.

Nous voici donc conviés à un mariage en Italie, cérémonie qui fera se croiser deux âmes perdues à qui la vie n’a pas fait de cadeaux. Mère de la mariée, Ida (Trine Dyrholm) est en pleine réminiscence d’un cancer du sein, et elle a trouvé son mari en pleine fornication avec sa jeune comptable, accusant presque son cancer de lui avoir gâché la vie et trouvant là un peu de réconfort. De son côté, Philip (Pierce Brosnan), père du marié, a perdu sa femme dans un accident de voiture et ne s’en est jamais vraiment remit, compensant par un acharnement au travail maladif. Leur rencontre sera chaotique (accrochage dans un parking et gros sanglots), mais l’amour a sa façon bien à lui d’entrer dans nos vies.

Le film avait tout du joli film doux et coloré qui fait rêver, et il n’en est d’ailleurs pas passé loin. Très belle photographie, décors enchantés bercés par une chaleureuse lumière, deux grands acteurs qui forment un duo attendrissant. Même l’histoire aurait pu nous suffire. C’est bien sûr cliché et romancé à outrance, et chaque pressentiment se confirme inlassablement, mais ce qui empêche le film de vraiment convaincre est ailleurs. En plus de nous gaver par des discours stupides et interminables, le film repose sur des personnages secondaires inexistants, et le mariage auquel on est supposé assister  n’inspire que de l’indifférence. On rage même devant la belle sœur bruyante ou le père obèse et abjecte. La multiplicité d’histoires nuit terriblement, et nuls doutes que le film aurait dû se concentrer exclusivement sur l’alchimie des parents des mariés, Philip et Ida. Ça reste un joli film très poétique, mais rien de bien marquant.

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Treize à la douzaine 2

Treize à la douzaine 2
2006
Adam Shankman

Seulement 40 M$ de budget et des recettes de 190 M$, clairement le succès de Treize à la douzaine ne demandait qu’à être réitérer. Seule ombre au tableau, étant adapté d’un livre, il aurait été logique d’adapter la suite littéraire, Six filles à marier, mais son ton sombre et dramatique aurait trop tranché avec le style enfantin du premier film. Comment faire ? Simple : aux oubliettes les livres et faisons n’importe quoi !

Douze enfants, c’est compliqué à gérer, mais quant est-il des vacances ? Cette fois-ci, les Baker nous emmèneront au bord d’un lac pour les vacances d’été, ce même lac qui leurs a procuré tant de bonheur quelques années auparavant. Mais le paysage a bien changé : exit le bel endroit dépaysant et proche de la nature. Son concurrent de toujours, Jimmy Murtaugh (Eugene Levy), en a fait un lieu privilégié pour bobos où les hors-bord ont remplacé les barques, et où les cabanes ont été réaménagées en palaces. Depuis toujours une compétition malsaine anime Jimmy Murtaugh et Tom Baker (Steve Martin) – l’un a huit enfants, l’autre douze – et cette année Tom est bien décidé à l’écraser lui et son arrogance. Un duel qui laisse perplexes leurs femmes (Bonnie Hunt et Carmen Electra) et qui divise leurs enfants (incluant Tom WellingHilary Duff et Taylor Lautner).

Si le premier film ne volait pas très haut, il restait sympathique et comportait quelques bonnes idées. Eh bien ici on se rend encore mieux compte des qualités du premier, tant celui-ci échoue à les égaler. Point d’équilibre entre les enfants ici, la plupart ne faisant que de la figuration en dehors de Sarah, entrant dans l’adolescence avec une première amourette. Pire encore, certains ont tellement peu de dialogues qu’on sent certaines scènes rajoutées artificiellement pour combler le vide de leur personnage. Et que dire de la famille d’en face ? Mise à part celle qui aguiche Superman, et Jacob (Twilight) le Lover, on est même pas sûr d’avoir entendu le son de leurs voix. Mais des fois, il ne vaudrait mieux pas : le doubleur français de Steve Martin est ici changé par rapport au premier film, et c’est une catastrophe totale. Déjà très mauvais acteur, surtout là, il est en plus affublé d’une voix de canard souffreteux, dégageant carrément de l’antipathie pour son personnage. Et entre des gags plus gras que jamais et une histoire de compétition anorexique, on s’ennui à outrance. On a déjà vu comédie plus lourde, mais pas souvent.

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