Marley & moi

Marley & moi
2009
David Frankel

Le chien est le meilleur ami de l’homme. Un dicton particulièrement vrai et qui nous sera démontré une fois encore. Adaptation du roman éponyme autobiographique de John Grogan, l’histoire s’axera donc autour de Marley, son petit chien d’amour dont le trop cour passage sur Terre aura marqué sa vie.

L’histoire prend place un peu avant son arrivée, alors que John (Owen Wilson) et Jennifer (Jennifer Aniston) viennent tout juste de se marier et d’emménager sur la côte. Ne voulant pas faire d’enfant tout de suite et souhaitant combler le vide, John aura l’idée d’adopter un chiot : un labrador, plus facile à dresser selon un ami. Grosse erreur : le monstre insatiable n’aura de cesse que de dévorer tout ce qu’il voit, de courir jusqu’à plus pattes, et ne répond bien évidemment pas aux ordres, bien trop occupé à faire le fou. « Le pire chien du monde ». Et quand une famille émerge au milieu de ça et que le boulot s’en mêle, la situation devient vite incontrôlable. Mais un chien c’est surtout de la tendresse et de l’amour, quel que soit son maître. Et avoir la chance d’être bercé par une affection inconditionnelle ça n’a pas de prix.

La première partie du film parle de la période joviale du jeune couple, avec la dynamique du travail, l’enthousiasme d’un chiot fou, et l’arrivée du premier bébé. Malgré quelques désagréments de la vie, cette première partie est clairement sous le signe de la bonne grosse comédie canine à la Beethoven, avec de grands moments de rigolade (passage accéléré) et de tendresse (câlin mon toutou). Puis vient quelques problèmes existentiels, le train-train, les enfants, les responsabilités. Même le chien vieillissant n’a d’autre choix que de s’assagir, cassant tout de même occasionnellement le mobilier. Plus sombre et redoutée, la fin était inévitable : la mort de Marley. Sans avoir la puissance dévastatrice des cascades de larmes d’un Hatchi, le film nous met quand même sacrément la boule à la gorge, allant jusqu’aux yeux humides pour les plus sensibles. Un passage annoncé et triste, mais qui arrive à rendre un bel hommage aux canidés, qui seront nombreux à s’y reconnaître. La transition entre humour et émotion passe bien, et le film réussi très bien sur les deux tableaux. Il n’aurait manqué qu’un petit générique larmoyant, en hommage aux chiens disparus, pour atteindre l’excellence.

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A.I. Intelligence artificielle

A.I. Intelligence artificielle
2001
Steven Spielberg

Alors que la fin du monde approche inexorablement, nous frappant même le 21 décembre prochain à 0h30 selon certains, voici tout de même une vision de ce que pourrait être notre Terre dans cent ans. Adaptation d’une nouvelle de Brian Aldiss, réalisé par l’un des rares à pouvoir mettre 100M$ dans une œuvre de science-fiction – Steven Spielberg -, le film se déroule dans un contexte de crise majeur. Malgré l’arrivée imminente de la prochaine aire glacière, notre géographie s’est retrouvée bouleversée par la fonte des glaces aux pôles, due aux modifications thermiques propres à la glaciation, recouvrant de ce fait certaines grandes villes trop proches du niveau de l’eau tels New-York ou les Pays-Bas en général. Et l’amélioration de la médecine prolongeant la durée de vie, notre planète croule sous sa sur-population, obligeant le contrôle des naissances, nécessitant dorénavant un permis.

Dans cette optique de réduction de population, le professeur Hobby (William Hurt), grand contributeur de l’évolution du domaine de la robotique, s’apprête à enrichir son monde d’une toute nouvelle évolution : les sentiments. Désormais, sa nouvelle gamme de robot est programmée pour aimer, ressentir les choses bien au delà de la simple connaissance de l’interaction, et même de rêver et d’avoir sa propre liberté intellectuelle. Pour toucher le plus pertinemment possible le public, son nouveau robot David (Haley Joel Osment) sera un enfant, palliant ainsi à l’interdiction de reproduction. C’est ainsi que la famille Swinton a décidé d’adopter le tout premier David, le liant éternellement à sa mère par amour programmé et ineffaçable. Mais son rôle était de remplacer leur fils malade. Et à son retour, son caractère inhumain terrifiant refit surface, le rendant indésirable. Pour ne pas avoir à le faire démolir, sa mère préférera l’abandonner en pleine nature, le laissant seul avec les autres rejetés, comme Gigolo Joe (Jude Law), robot à plaisir fuyant la justice.

Certes, le dynamisme n’est pas la marque de fabrique de Spielberg, mais il faut dire que ce film peut paraître ennuyeux. Le début est même très étrange et décalé avec cette connexion surréaliste entre David et sa mère, dans une ambiance malsaine quasi téléfilm avec le cadre restreint et la pauvreté des décors. D’ailleurs, le budget ne fait mine de se montrer qu’au bout de 80 minutes avec la ville rouge, mais de manière général la patte graphique n’est pas très bonne et la vision futuriste n’est ni travaillée, ni originale. Mise à part la vision de Manhattan sous les eaux, le design du film fait kitch et impersonnel. Pire encore, le déroulement du film est sans surprises, du moins jusqu’à son final grotesque tiré par les cheveux. De bout en bout un problème se pose et dérange : d’où sort l’énergie des robots ? Le genre de détail qui ôte toute crédibilité, à supposer que cette transposition robotique de Pinocchio puisse en avoir. Car oui, malgré sa prestation dans Sixième Sens, Haley Joel Osment est très loin de porter autant le film, la faute à son personnage prêt à dire « je veux jouer, on va bien s’amuser » (cf X-Files) et qui nous fera peur tout du long. Donc comment s’attacher dans pareil cas ? Il n’y à guère que Jude Law qui soit un vrai bon personnage, en mode auto-parodique. Le film est-il pour autant à jeter ? Non, n’abusons pas. On sent tout de même la main du maître et il faut reconnaître au film une dimension poétique touchante, et que l’idée de départ est franchement bonne. En fait, le film aurait pu être un chef-d’œuvre si un plus grand travail de cohérence ai était fait, le style futuriste plus tranché, et les relations hommes / robots mieux évoquées. L’Homme Bicentenaire offrait déjà une vision plus pertinente de l’évolution robotique, et une approche beaucoup plus percutante et émouvante. Un film qui en restera donc au niveau des attentions, et qui ne touchera probablement que les plus jeunes. Une belle déception de la part de l’un des génies de la science-fiction.

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Pokémon Noir 2

Pokémon Noir 2
2012
Nintendo DS

Cela a toujours été la politique de Nintendo, soucieuse d’amasser le plus d’argent possible, de sortir juste après chaque nouvelle génération, déjà disponible en deux versions, un troisième jeu quasi identique aux deux autres, histoire de rappeler aux caisses les consommateurs ayant raté la génération ou qui sont des fans invétérés. Généralement agrémenté de quelques nouveautés dispensables et d’un « best of » des deux versions, la version deluxe a au moins la décence de ne pas prétendre à autre chose qu’une séance de rattrapage. Ici, le produit était clairement annoncé comme une suite, ce qui s’avérera bien pire…

Graphismes : 15/20

Depuis ses premiers pas sur DS, les Pokémon n’ont pas fondamentalement évolué, recyclant le même vieux moteur graphique 2D parsemé d’effets 3D à grand coup de pixels, brulant atrocement la rétine dans les combats, certes plus vivants, mais souffrant indéniablement de la résolution ridicule des monstres. Se déroulant dans la même région que Pokémon Noir et Blanc, Unys, on retrouvera une même diversité dans les paysages : sympathique mais classique. La nouvelle génération est toujours aussi peu inspirée, et notre héros est plus laid que jamais, mais on a au moins le plaisir de retrouver nos petits monstres des autres générations, avec un Pokédex régional passant de 157 à 297 espèces. En revanche, les arènes sont moins belles, le bateau volant moins classe que le château, et même la mise en scène est moins convaincante, malgré l’augmentation du nombre des cinématiques. Une technique bonne, colorée et chaleureuse, mais dont l’inspiration est en berne.

Jouabilité : 16/20

Un système qui n’a pour ainsi dire pas bougé d’un iota depuis sa création il y a de ça presque 17 ans. Mise à part des fonctionnalités en ligne toujours plus nombreuses, des mini-jeux dispensables et les combats duo, triple et tournant, rien n’a réellement changé. Les commandes, les menus, les objets sont irrémédiablement les mêmes, ne surprenant de ce fait jamais. Tout repose donc une nouvelle fois sur le potentiel addictif du jeu : voir grandir, évoluer ses bébêtes, gagner des badges et avoir sa Pokéball sur chaque coin de la carte, indiquant la connaissance et la capture des Pokémon existants. On regrettera par contre toujours autant les gains décroissants d’expérience, tuant le principe du level-up et augmentant drastiquement la difficulté. On appréciera pas non plus la simple figuration de notre rival, au contraire du précédent nous défiait fréquemment. Mais dans l’ensemble le jeu se joue exactement de la même façon.

Durée de vie : 15/20

On visite la même région, à deux trois variantes près, et l’obtention des badges / péripéties avec la team plasma se déroule plus ou moins dans un même laps de temps avoisinant les 20 heures très larges en cherchant un peu les Pokémon rares (bien que certains semblent être des bugs du jeu tant tomber dessus n’arrive jamais, même après une heure d’essai). Une fois vaincu la ligue, vous pouvez ranger votre cartouche : les zones à découvrir sont inintéressantes (voir débile : herbes figées en Hiver – comme par hasard en ce moment -donc Polédex bloqué) et dénuées de scénario, bien que le reste n’en soit pas réellement doté.

Bande son : 15/20

On retrouve bien évidemment les principaux thèmes du dernier jeu, majoritairement pas mal, mais déjà hérités d’autres jeux emblématiques par un procédé qu’on appel le plagiat. Et encore, certaines sont encodées sur quelques notes passées en boucle, les rendant encore plus répétitives. On retiendra aussi la tentative de mettre des paroles sur certains thème, mais la qualité sonore ne permet pas d’en comprendre toutes les subtilités.

Scénario : 6/20

Il faudrait revoir la définition du mot suite. Aventure sensée se passer deux ans après, on nous re-balance les principaux personnages en mode débiles profond et avec des équipes amoindries, tout en éclipsant les plus charismatiques : N et Ghetis, tout juste aperçu avant la fin. Tel Sarkozi, on nous parle de N comme le messie qui vas venir résoudre les problèmes et à quel point c’était mieux sous son règne, même si tout le monde se plaignait à cette époque. Et alors que Ghetis joue les Jupé, tout le monde se déclare chef de la team. Une histoire incroyablement plate, d’autant que notre héros est inexpressif et inutile. Comparé aux efforts consentis dans les anciennes versions, on se sent clairement floué.

Note Globale : 14/20

Alors que Pokémon Noir nous laissait clairement entrevoir une évolution bénéfique de la série, cette pseudo suite retombe dans les pires travers. Trois gros problèmes entachaient méchamment la dernière aventure : des combats horriblement pixelisés, une nouvelle génération globalement laide, et surtout le fait qu’elle nous soit imposée comme unique source du Pokédex régional. Or les combats sont toujours aussi laids, et ce qui est fait est fait quand à cette (dé)génération. Mais il est regrettable de voir que cette soit-disant suite n’a même pas un semblant de scénario, et qu’aucune once d’originalité ne viendra égayer l’aventure. Le principe ultra addictif du jeu est toujours aussi bon, et son efficacité n’est plus à démontrer, mais on était clairement en droit d’attendre plus de la part de la « suite » des meilleurs épisodes de la saga. Donc bien évidemment, on passera notre tour, quitte à se refaire une partie de Noir et Blanc.

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Appel d’urgence

Appel d'urgence
1989
Steve De Jarnatt

Le film commence tranquillement, dans un mode comédie romantique guimauve. On retrouve deux jeunes adultes, Harry et Julie, pas très bien fait de leurs personnes, qui arpentent gaiement les coins mignons et festifs de Los Angeles, pauvres amoureux transit qu’ils sont. C’est mièvre, incroyablement vieillot, et les acteurs sont terriblement mauvais. Mais soudain, Harry va décrocher le téléphone…

« Hallo, c’est bien toi ? C’est horrible, ils l’ont envoyé ces fous ! Tout va exploser ! Dans 50 minutes la guerre nucléaire va débuter ! ». Bien évidemment pas adressé à lui, ce coup de téléphone va le chambouler. Une femme se trouvant là au restaurant, ayant plusieurs connaissances bien placées, lui confirmera la terrible nouvelle : leurs minutes sont comptées ! Vite, pas une minute à perdre : il faut foncer à l’aéroport et mettre les voiles le plus loin possible. Mais pour Harry, pas question de partir sans sa Julie, aussi moche soit-elle. Et malheureusement pour eux, le neurone est une denrée rare par ici…

Comment, on ne va pas chercher Julie ? Bon bah je saute de la voiture, puis ensuite je me tape un petit somme sur le bitume, même si le compte à rebours est lancé. Ah, enfin ma chérie ! Tu dors ? Mais laissons la dormir voyons ! Trop fun, et si on y aller en hélicoptère ? Comment, personne ne sait le piloter ? Prendre la voiture j’ai plus envie, allons chercher un pilote à 4 heure du mat ! Chérie, reste là. Bah chérie, qu’est ce que tu fout là ? On approche de la fin ? Et si on oubliait l’hélico et qu’on foutait plus rien ? Tiens, ce gros con de pilote revient pour mourir avec nous ? Ah mince, on coule pas bien et il suffit de passer par les vitres cassées pour s’en sortir… Bon bah noyade !

Le film est l’une des plus grosses conneries qui m’ai été donné de voir. L’instinct de survie, ça fait peur ! Visualisez un comportement rationnel face à une menace que seul vous et une poignée de gens connaissez, et prenez l’exact opposé, mêlé à de la démence anarchiste. Les protagonistes du film sont tous d’une bêtise affligeante et hors norme, surtout la grosse cruche de morue qui n’arrivera pas une seule fois à faire quelque chose de sensé ou de logique, complètement démunie face à son vide cérébral abyssal. Le Harry n’est pas mal non plus : de débile binoclard ultra coincé, il passera à prophète suicidaire trisomique. Exténué et groggy, le spectateur subira cette démonstration de « tout ce qu’il ne faut pas faire en cas de catastrophe imminente » tel un calvaire, espérant à chaque instant que quelqu’un fasse preuve d’intelligence, en vain. Le potentiel nanar n’y est même pas : on ne ressent que de la lassitude, et le second degré n’existe pas. Donc à moins de vouloir rager face à cette débâcle par pur masochisme, mieux vaut brûler toutes les reproductions de ce massacre neuronal.

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Un poison violent

Un poison violent
2010
Katell Quillévéré

Premier film pour sa réalisatrice, tout juste sorti en catimini, mais fortement appuyé par les festivals où le film était particulièrement présent, bien que peu victorieux. Un film qui propose de traiter de l’entre deux âges, là où on n’est plus un enfant et pas encore un adulte, et toutes les douleurs que cela comporte. Donc originalité zéro.

On suivra donc l’éveil sexuelle d’une jeune fille de 14 ans particulièrement charnue et désirable : Anna (Clara Augarde). Sa vie n’est pas facile entre son père absent, sa mère dépressive, son grand-père (Michel Galabru) mourant, et son éducation dans une école religieuse pour filles. Jeune adolescente névrosée et angoissée, elle doute de sa fois, de sa famille (dont le grand-père est sacrément vicelard) et de son charme. Et avec son jeune ami Pierre, une nouvelle passion l’animera.

Prendre une fille de 14 ans avec un corps de 18 est passe-partout : de 7 à 77 ans serait-on tenté de dire. Belle comme le jour, pulpeuse et aguicheuse, elle attise le désir chez toutes les générations du village. Un film qui dit « laissez vous séduire, même si c’est mal ». La jeune actrice y trouve là son premier rôle et le résultat est prometteur tant l’exercice est difficile. Une alchimie voulue qui retient le spectateur, mais il n’y a pas grand chose d’autre. Scénario vide, rythme affreux, personnages secondaires trop effacés : l’ennui n’est pas loin. Pas totalement dénué d’intérêt, le film reste néanmoins pas très abouti et manque atrocement d’originalité.

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Evan tout-puissant

Evan tout-puissant
2007
Tom Shadyac

Immense succès au boxe-office, et comme tout bon producteur avide qui se respecte, ils se devaient de faire une suite au célèbre Bruce tout-puissant, engraissé de ses 484 M$. Etant donné que les acteurs principaux ont refusé de rempiler, bien que le revirement soit en cours, la production a jeté leur dévolu sur le personnage de Evan Baxter (Steve Carell), le présentateur de télévision arriviste. Et à son tour, il recevra une visite qui bouleversera sa vie.

Evan est désormais ancré dans la politique, quittant son siège de présentateur télé. Récemment élu en tant que député, il a promis à ses électeurs de changer le monde. Malheureusement, son pouvoir l’aveugle et il ne voit pas les magouilles de ses soit-disant amis (John Goodman). Pour lui donner l’occasion de changer le monde, Dieu (Morgan Freeman) lui donnera la chance de prouver sa dévotion en le mettant à l’épreuve : faire un acte remarquable de charité. Comme Noé en son temps, Evan va devoir construire avec sa femme (Lauren Graham) et ses trois fils (dont Johnny Simmons) une arche pour recueillir deux membres de chaque espèce animal dans son immense bateau avant la tempête. Mais comment faire quand tout le monde vous prend pour un fou et que même votre famille vous renie ?

Voilà ce qu’on appel un échec cuisant. Doté d’un budget biblique de 175 M$, et même 250 en comptant les frais de marketing, le film n’a rapporté que 173 M$, en grande raison à cause d’un four monstrueux hors Etats-Unis, déjà pas bien heureux. Et cela s’explique en grande partie par les retours : majoritairement des critiques assassines. Et pourquoi ? La moindre des choses pour la suite d’une comédie qui basait la quasi intégralité de sa sympathie sur son humour, c’est que ce spin-off en tire un minimum parti. Il n’en est rien, sauf vite fait la référence « Marie, 40 ans toujours pucelle ». Catégorisé comme comédie par défaut, ce film n’en est pas une : pas de blagues, pas de gags. Donc bien évidemment, ne déclencher ni rires ni sourires serait rédhibitoire pour certain, mais c’est un tord. Comme la bible, le film véhicule des messages de morale au travers de cette construction, qui symbolise le courage, l’abnégation, la confiance, et bien d’autres notions de valeurs. Un sujet fort pour des acteurs qui ne le sont pas moins, en particulier Morgan Freeman toujours parfait dans son rôle divin, nous enrichissants de tirades savoureuses et intelligentes. Une histoire qui obtient une grande crédibilité grâce à son budget illimité, permettant la reconstitution intégrale de l’arche, la rendait vraie et palpable. Le dressage des animaux force lui aussi le respect, à tel point que s’en est surréaliste tant seule une force divine pourrait provoquer une telle osmose, bien qu’en réalité tous les animaux n’ont pas été filmés en même temps pour des raisons de cohabitation difficile. Toute la dernière partie du film est véritablement bluffante de réalisme et l’image est colossale : on sent que l’argent a été judicieusement utilisé. Alors certes, on ne rit pas, on ne pleure pas, on n’est pas particulièrement ému, mais l’histoire est passionnante, la mise en scène grandiose, et le message est beau sans être trop envahissant. Un film finalement tous publics, et qui vaut carrément le détour pour son approche pertinente et poétique de la bible.

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Ip Man 2

Ip Man 2
2010
Wilson Yip

Deux ans après l’immense succès chinois de Ip Man, bien que les chiffres natifs sont inconnus, la légende du maître du Kung-Fu Wing Chun se prolonge avec la suite et fin – probable – de son parcours. Une très bonne nouvelle pour les fans du premier film, qui trouvaient là un film d’art-martiaux à la hauteur de son héros. Cette fois ci, ses coups ne le mèneront pas vers le démon japonais, mais vers une autre menace abjecte : les anglais.

Comme annoncé avec la fin du premier film, dans le générique, Ip Man (Donnie Yen) est donc parti à Hong-Kong ouvrir une école de Wing Chun. Mais la misère fait toujours rage et s’implanter dans un nouvel endroit n’est pas aisé, d’autant que les anglais ont fait main basse sur la ville et ont assouvit les maîtres locaux, entièrement corrompus. Véhiculant des messages de fair-play, de respect et de sagesse, son arrivée est tel un canular pour les brutes du coin, septiques des résultats. Mais les querelles de maîtres n’est que bien peu de choses face à l’arrogance et le méprit anglais, personnifié par leur champion de boxe. Là où tous ont chuté, Ip Man devra sauver l’honneur de sa nation.

Il est bien loin le temps de l’aristocratie chinoise, et Ip Man se retrouve une fois de plus dans une misère totale, devant en plus faire face à la grossesse de sa femme. Pire encore, son école est un bide et quand enfin les élèves arrivent, leur misère viendra s’additionné à la sienne. Et comme si cela ne suffisait pas, les maîtres locaux le voit comme une menace à leur équilibre, pourtant déjà dans la balance anglaise. Une teneur certes légèrement moins sombre que dans le premier film, mais les temps sont durs et l’ambiance pesante. Au moins, on se retrouve directement dans l’action et le charisme des personnages nous emporte plus rapidement. Musique très belle, image soignée, le film peut aussi compter sur une histoire intéressante à la limite du Roky, certes, mais qui le fait avec son style propre. Une suite particulièrement réussie donc, et qui fait honneur à son prédécesseur, misant plus que jamais sur le talent de son héros, la force de l’histoire, et la précision et la classe des chorégraphies. Un accident, ça arrive, mais deux fois en deux films, ça n’est plus un hasard : le film d’art-martiaux vient de se trouver un second souffle.

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Bruce tout-puissant

Bruce tout-puissant
2003
Tom Shadyac

Qui ne se rappelle pas la bande-annonce du film, qui poussa tout le monde dans les salles, aussi jubilatoire qu’ingénieuse, montrant toute la classe et la puissance comique de son histoire. Un très bonne campagne marketing qui contribua indubitablement à l’immense succès du film (484 M$ dans le monde). Car il faut bien le dire, le potentiel de l’histoire est loin d’avoir été pleinement exploité…

Une histoire au potentiel pourtant infini : Bruce (Jim Carrey) se considère comme maudit. Tous les jours, son chien pisse en plein milieu de son salon, un embouteillage le met systématiquement en retard au travail, et quoiqu’il fasse son collègue Evan (Steve Carell) fera toujours mieux que lui. Une situation d’autant moins viable que sa copine (Jennifer Aniston) ne compatit pas à ses rêves carriéristes non-assouvis. Et le jour où Evan lui vola le poste de présentateur qu’il convoitait, il craqua, rejetant la faute sur ce bon à rien de Dieu aveugle. Entendant son appel à l’aide, Dieu (Morgan Freeman) lui propose de lui donner ses pouvoirs une semaine entière et voir ce qu’il en fait. Entre les mains d’un tel égoïste, l’apocalypse n’est pas loin.

Le film commence tranquillement par du Jim Carrey faisait le pitre : du grand classique. Et là arrive la passation de pouvoirs : un pur bonheur. Une référence biblique, une jupe qui se soulève, un singe, une voiture de sport, une lune : le spectateur a ce qu’il cherchait et est heureux. Mais le test des facultés se tasse très vite, n’effleurant qu’à peine les possibilités, et le film s’embourbe dans des problèmes moraux et sentimentaux. Rupture facile, reconquête expédiée, passages télé pas assez nombreux, quasi omission des prières, le film se poursuit dans la bonne humeur et la folie, nous gratifiant tout de même de scènes très drôles comme justement les magouilles télés et la reconquête de son amour, mais tout ça est largement sous-exploité. Autrement dit, n’arriver à faire qu’un bon film avec un sujet en or massif et un tel casting, c’est carrément scandaleux. Outre le spin-off sur Evan, une suite est toujours à l’ordre du jour, et espérons que le résultat tire réellement parti du potentiel hallucinant de la situation.

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L’An 1 : des débuts difficiles

L'An 1 : des débuts difficiles
2009
Harold Ramis

Il y a des indices qui ne trompent pas : gros bide en salle, quasi absence de diffusion en France, produit par un spécialiste de l’humour gras, et interprété notamment par Jack Black, lui aussi spécialiste des navets décérébrés. Certains films sont orientés pour une génération spécifique, d’autres pour une population définie, ici les américains.

Jouant sur les référence historiques avec une précision de demeuré, le film nous lâche dans un camp d’hommes de cro-magnon scindé entre les chasseurs et les glaneurs. L’un comme l’autre, Zed (Jack Black) et Oh (Michael Cera) sont des poids morts pour le clan, qui les tolère tout juste. Mais le jour où Zed mangea le fruit défendu, il fut banni, accompagné par Oh. Et pour la première fois de leur vie, ils vont découvrir qu’un monde se cache au delà des montagnes : la civilisation.

Voilà donc le magnifique synopsis du film : deux bouseux archaïques qui se retrouvent dans un monde beaucoup plus évolué. C’est peu, mais on imagine sans mal un certain potentiel comique, d’autant que le personnage de Zed est un obsédé et qu’il se retrouve à Sodome, lieu ultime de débauche. Mais après le petit passage à la tribu, très long et sans le moindre intérêt, à part quelques blagues inventives mais présentées maladroitement, on subit la première rencontre : dialogues interminables et d’une lourdeur infâme côté humour. Quelques passages drôles puis patatras, une série de pets. De bout en bout on alternera de bons moments amusants à fort potentiel, surtout avec la victimisation de Oh, mais le film est continuellement parsemé d’humour scatophile et indigeste. Le bal des stars tente d’apporter du punch (Christopher Mintz-Plasse, Hank Azaria, Juno Temple, Olivia Wilde), mais le film s’auto-plombe par sa bêtise. L’An 1 ? Des débuts, un milieu, et une fin difficiles.

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Le Coup du parapluie

Le Coup du parapluie
1980
Gérard Oury

Les années 80 appartenaient clairement à Pierre Richard pour ce qui est de la comédie. Beaucoup de bons films très sympa, avec même quelques perles (Le Jumeau, La Chèvre), mais aussi du moins bon. Ici, ça sent clairement le film opportuniste sans grand effort…

On retrouvera donc Pierre Richard dans son rôle le plus classique : grand gamin maladroit complètement foireux sur le plan professionnel (acteur raté, managé par Gérard Jugnot) et coureur de jupons invétéré, avec l’arrogance qui en découle. Cette fois ci, sa maladresse et sa simplesse d’esprit le mèneront à être confondu avec un tueur sur gage, tandis que lui est persuadé d’avoir été engagé en tant que comédien et que ces histoires d’assassinat en sont le scénario. Et pour mener à bien le meurtre de la Baleine, mafieux allemand, il sera armé d’un parapluie équipé d’une lame empoisonnée.

L’idée du film, pas bien heureuse, est en plus inspiré par un fait réel sur un double assassinat à Londres au parapluie meurtriers. Une histoire bien plate qui suivra un fil épais et gras, incapable de toute forme de surprise. Entre des gags téléphonés et des situations vues milles fois, difficile de feinter l’étonnement. Et quand on pense que l’idée de départ n’est même pas la leur… Mais le pire vient sans doute des caricatures et autre stéréotypes ambulant : noirs à l’accent ultra typé, indien barbu en costume traditionnel, ou encore le grand classique du vilain allemand. Même notre grand blond n’est pas à la hauteur, enchaînant laborieusement de piètres pitreries et clowneries. Son pouvoir comique est bien là, et on rira – honteusement – à deux ou trois reprises, mais rien de suffisant pour permettre au film de nous emporter. Une comédie facile, pas très fine (voir carrément vulgaire avec la Sylvette), et sans aucune originalité. Un beau gâchis qu’il vaut mieux oublier.

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