Captives

Captives
2015
Atom Egoyan

Une chute de cheval, un voyage à Paris, un vilain voisin, une leucémie ou un accident de voiture : les occasions ne manquent pas pour perdre l’être aimé. Matthew (Ryan Reynolds) ramenait simplement ce jour là sa fille de la patinoire, faisant néanmoins un petit arrêt pour acheter une tarte. Il l’avait laissé cinq minutes à l’arrière de la voiture, et il doit désormais vivre avec le poids de son incompétence sur la conscience, ayant disparu pendant ce laps de temps. Un choc d’autant plus terrible que sa femme lui reproche à juste titre l’enlèvement de sa fille, et de surcroît la police (Rosario Dawson et Scott Speedman) le suspecte d’y être lié à cause de ses problèmes d’argent et d’un délit recensé dans sa jeunesse, perdant de vu l’objectif principal et faisant ainsi preuve d’une incapacité lamentable. Sept ans plus tard, les recherches reprennent : elle pourrait être devenue l’appât d’un réseau de pédophilie sur internet.

Quand on est québécois et qu’on ne s’appelle pas Dolan, difficile de se faire entendre. Malgré quelques visages bien connus (incluant Bruce Greenwood et Kevin Durand, plus sympathique que jamais), le film n’a pour ainsi dire pas connu de sortie cinéma. Pourtant, le film est loin d’avoir des airs de téléfilm et se trouve même être un plutôt bon thriller. L’histoire est extrêmement classique, mais sa forme change pas mal. En effet, on donne aux spectateurs pratiquement toutes les clefs d’emblée : on sait qui est le ravisseur, ce qu’il est advenu de la fille, et les plus importantes graines concernant le dénouement sont déjà semées. De plus, le fait que la police soit une bande d’incapables change la donne en renforçant le désespoir des parents, soumit à une torture psychologique vraiment intéressante. L’empathie marche formidablement bien, pas spécialement grâce au talent des acteurs, mais plus grâce à la construction et à la mise en scènes maîtrisées. Rien de surprenant ni d’innovant, mais le sujet est traité avec justesse, et c’est donc assez efficace.

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Autant en emporte le vent

Autant en emporte le vent
1939 (1950 en France)
Victor Fleming

On peut le dire, 1939 fut une année plutôt bonne pour Victor Fleming. Alors certes, il s’est écroulé et a dû être hospitalisé suite au tournage éprouvant de ce film, mais lors de cette année il a signé deux œuvres majeures du cinéma. La première, sortie en août de cette année là, Le Magicien d’Oz, est censé être le film le plus vu de l’histoire (en comptant les visionnages maison) et est particulièrement ancré dans la culture américaine, et celui-ci, carrément le plus grand succès de tous les temps en terme d’entrées : près de 400 millions d’entrées (correspondant aux 400 M$ de recettes, ramenées à 3,3 milliards avec l’inflation), soit significativement plus qu’Avatar (2,7 milliards). Un succès aussi magistral lui fut accordé aux Oscars cette année là, récoltants dix statuettes, dont meilleur film, meilleur réalisateur, actrices principales et secondaires pour Vivien Leigh et Hattie Mc Daniel (première noire nominée de l’histoire, et qui fut aussi la première récompensée), meilleur scénario, et bien d’autres prix pour ses qualités artistiques (surtout en terme d’image). Le grand perdant de l’histoire étant Clark Gable, même s’il a pu se réconforter en repensant à sa victoire de 1935 pour New York-Miami. Un film de légende donc, qui a fait date à plus d’un titre, et il est grand temps de se poser la question de son intemporalité.

Adaptation du roman de Margaret Mitchell, le film nous conte durant 3h58 la vie de la jeune Scarlett O’Hara (Vivien Leigh), immigrée écossaise dont la famille a fait fortune dans l’exploitation de coton dans le Sud des Etats-Unis. Bien entourée par son aimante famille, une armée de prétendants et une armada de domestiques, elle ne connaissait rien des dures réalités de la vie, voguant à de futiles occupations. Mais un beau jour, son monde va s’écrouler quand elle va apprendre les fiançailles de Ashley Wilkes (Leslie Howard), qu’elle pensait destiné pour elle, avec cette cruche coincée de Melanie Hamilton (Olivia de Havilland). Pire encore, une guerre contre les Yankee, détraqués à la botte de ce connard de Lincoln (forcément, le film étant pro-sudiste, et donc favorable à l’esclavagisme), va éclater, mobilisant ainsi tous les hommes, y compris Ashley et Charles, le mari de Scarlett qu’elle a choisit pour rendre Ashley jaloux. Et comme tout le monde le sait, le Sud a perdu la guerre de Sécession, et le bilan fut lourd, très lourd. Et la pauvre Scarlett ne sera pas épargnée, loin s’en faut.

Voilà donc un film des plus massifs, se déroulant sur près de vingt ans entre 1860 et 1880, racontant l’avant, pendant et l’après guerre qui opposa le Nord et le Sud des Etats-Unis. Une plongée progressive dans l’horreur de la guerre, avec ensuite un retour à la réalité au goût de cendre tant le passé a été balayé et que seule la misère persiste (d’où le titre : le vent emportant tout sur son passage). On pourrait croire ensuite à un retour, arraché à la sueur des mains, mais rien n’est facile dans ce film résolument sombre et dramatique. Les gens meurent, les couples se déchirent, les enfants sont arrachés à leur famille, rien ne va et les quelques rescapés ont perdu toute once d’humanité. N’espérez pas y trouver l’amour non plus, le malheur guette chacun à tout instant. Point de violence inouïe, simplement la face la plus sombre de l’homme et la mise en lumière de toutes ses faiblesses, même les plus infimes. Une puissance dramatique certaine, d’autant que le casting est effectivement surprenant une fois passé le choc générationnel, et même si le travail de maquillage est perfectible pour montrer l’avancement de l’âge des protagonistes, leurs codes vestimentaires, leur fatigue et leur comportement suffisent pour faire illusion, et l’évolution est indéniable.

Bien moins important de nos jours et pourtant, c’est aussi d’un point de vu technique que le film impressionne tant. Si déjà l’utilisation de la Technicolor est remarquable, avec des jeux de lumière saisissants lors des séquences à Tara (la terre de la famille de Scarlett, personnage à part entière dans le film), le film dans son ensemble montre toute l’étendue de l’ambition de l’équipe. Des plans séquences avec près de 1600 figurants, tout simplement dantesque, des éclairages à la bougie stupéfiants avec l’ombre des personnages sur les murs, une ville en feu presque crédible en terme d’effets spéciaux, des paysages dignes de Westerns, et une fascination communicante pour le regard surnaturel de Vivien Leigh, peste insupportable, mais dont on ne peut pourtant pas détourner le regard. Entre la force de son histoire, l’extraordinaire casting et le talent artistique qui en émane, le succès du film est clairement justifié, mais il n’en reste pas moins surprenant. L’Amérique a découvert le film en pleine second guerre mondiale, et le reste du monde peu après, alors convalescent. C’est stupéfiant d’avoir réussi à fédérer le monde entier autour d’un drame aussi triste et sans espoir, et d’une durée aussi phénoménale (même si certains films de « l’époque » dépassaient aussi les trois heures trente – genre Ben-Hur et Les Dix Commandements), alors que lui même devait faire face à une crise aussi terrible. Le pouvoir de la compassion ? Probable, et le film continuera à n’en pas douter de traverser les âges avec le même enthousiasme.

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22 minutes

22 minutes
2015
Vasily Serikov

Les américains l’ont fait alors nous aussi, merde ! Après Capitaine Phillips qui racontait l’histoire vraie d’un cargo américain prit d’assaut par des pirates somaliens, puis secouru par l’armée américaine, voici la même chose mais en mode soviétique. Sacré coup de bol que d’avoir eux aussi une histoire vraie similaire sous la main ! Par contre il faut faire avec un budget divisé par dix et tout une équipe de bras cassés découvrant le métier sur le tas. Et c’est grave ? Bah quand on aime le cinéma oui pas mal. Et c’est parti pour un assaut de 22 minutes en mousse avec une amorce de pélican.

Alors oui, il y a eu cet ovni cinématographique complètement déluré et jouissif de film de super-héros russe : L’Éclair noir. Mais sinon non, je n’ai pas d’autre exemple positif de cette région du monde. Et quand on sort un torchon pareil sans vergogne, le glaire remonte de lui même dans la gorge avec une envie irrépressible d’aller s’étaler sur le visage de son interlocuteur. Non mais sans déconner, ne serait-ce que se relire avant le tournage aurait été potentiellement salvateur, permettant de mettre en évidence une incohérence de chaque instant. Le héros est le plus grand trisomique de l’histoire, les méchants sont des vilains pas beaux estampillés Al-Qaïda, avec forcément le seul gentil qui crève en mode frère d’arme avec scène pseudo émouvante, et les soldats russes sont des dégénérés alcooliques qui se tabassent entre eux parce que c’est marrant. Mais qu’est-ce qu’on se marre ! Reste après les problèmes de forme : des acteurs d’un amateurisme flagrant, un doublage français fait à l’arrache, et des cadreurs qui se cassent la gueule au beau milieu d’une scène. Pourtant, il ne s’agit probablement pas d’une sous-production de série Z en mode film qui se passe sous le manteau : le film se paye de vrais bateaux de belle taille. J’aurai tendance à dire « à oublier de toute urgence » si ça n’était pas déjà fait.

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Final Fantasy XIII-2

Final Fantasy XIII-2
2014 (2012 sur consoles)
PC

Vous avez pas honte de perdre votre temps à bosser sur la suite d’un jeu aussi mal aimé que FFXIII alors que tous les regards sont braqués sur Versus XIII (devenu FFXV) ? Donc forcément, étant la suite d’un des plus mauvais épisode numéroté et ayant des allures de bouche-trou, les à priori étaient très nombreux autour de ce jeu, malgré les promesses de Square-Enix qui aurait « entendu les critiques des fans », et les attentes étaient donc pour ainsi dire inexistantes. Juste pas faire encore pire si c’est possible. Et paf, coup de théâtre, l’éditeur nous donne exactement ce qu’on voulait depuis le début, et le résultat est loin d’être dégueulasse.

Graphismes : 15/20

Alors oui, forcément, avec un temps de développement inférieur de moitié par rapport à l’original, on ne pouvait pas espérer une nouvelle prouesse de ce côté là, mais tout de même, avec le recyclage du moteur graphique, on était en droit d’escompter des graphismes similaires. Mais non, les décors et les personnages sont beaucoup moins travaillés, il y a de ci de là quelques bugs, des ralentissements violents même à Academia (map trop grande), moins de cinématiques et un sens de la mise en scène amoindri, avec carrément une intro bien crade qui dépeint salement. Enfin bon, le moteur reste excellent et l’inspiration artistique est toujours aussi bonne, bien qu’un peu moins grandiloquente. Les lieux sont nombreux et variés malgré les relectures, et si l’éblouissement est hors de propos, le voyage est agréable pour la rétine.

Jouabilité : 14/20

Mauvaise nouvelle : le système de jeu d’assistés passifs est de retour. Néanmoins, de sacrés progrès ont été apportés. On retrouve les mêmes six jobs permutables (attaquant, ravageur, défenseur, saboteur, tacticien et soigneur), les mêmes attaques et tout le système in-game identique, mais les combats sont un peu plus dynamiques et la préparation en aval a radicalement changé. Déjà il n’y a plus de stade évolutif, chaque job est juste limité à 99 niveaux, mais on peut choisir de monter directement sans restriction celui de son choix, permettant d’arriver à la moitié du jeu avec trois jobs au max sur les deux héros, octroyant une bien meilleure liberté et une stratégie mieux établie dans un premier temps (car dans l’absolu avoir tous les jobs au max ne prend pas plus de 50 heures). Mais là où le jeu « innove » beaucoup plus, c’est dans le choix du troisième accompagnateur : un monstre. En effet, chaque monstre abattu est susceptible de rejoindre vos rang (avec une limite d’un exemplaire par espèce et trois monstres par combat entre lesquels on jongle, ne pouvant en utiliser qu’un à la fois). Ils ne possèdent qu’un seul job, donc le choix est doublement stratégique, et leur évolution se fait par catalyseurs, ramassés après les combats (potentiellement achetés, mais la vendeuse ne propose les trois derniers stades de catalyseurs que juste avant le boss de fin, voir après pour le tout dernier stade). Il faut donc bien choisir ses compagnons, d’autant que certains mettent plus de temps à révéler leur potentiel, et les catalyseurs étant rare, se tromper de monstre peut avoir de graves conséquences. De plus, on peut les fusionner entre eux pour renforcer le premier avec les aptitudes transférables du second. Dommage en revanche que l’opération ne puisse aboutir à un hybride. Donc pour ce qui est des combats, l’évolution est intéressante.
En dehors, le gain est aussi notable. Si de base l’idée de voyager dans le temps en parcourant une dizaine de lieux dans diverses temporalités est génial, son application marche pas mal avec un système de portail et un Cœur du Temps bien géré, séparant les voyages principaux des annexes par un système d’artefacts, primitif s’il n’est pas indispensable à l’histoire, ce qui n’empêche pas ces lieux de réserver quelques surprises de qualité. Plus encore, un mog nous accompagne durant l’aventure, créature aux pouvoirs magiques fourbes qui mettent en lumière les innombrables trésors et secrets cachés, certains même totalement indécelable et faisant appel à la chance et à la paranoïa qui nous gagne quand on balance le mog au hasard et qu’il nous rapporte l’un des 160 fragments du jeu. Autre avantage non négligeable de cette suite : sa grande liberté offerte dans l’exploration. En revanche pas la peine de s’attarder sur le système de choix de discutions et des combats cinématiques, veines tentatives de pompages de principes populaires.

Durée de vie : 16/20

Avec des fragments disséminés de partout, des dizaines de monstres et des missions annexes de partout, on aurait tendance à croire que le jeu est interminable, mais loin s’en faut. On est en deçà du niveau de contenu de son prédécesseur, même en comptant l’ajout des DLC de cette version PC qui compte le Colisée, le passage au casino et le combat de Lightning. Les aficionados du 100% obtiendront satisfaction en une soixantaine d’heures. Les autres, essayant tout de même d’explorer tous les lieux sans chercher forcément à avoir les meilleurs familiers ou obtenir les 160 fragments auront leur compte en à peu près 40-45 heures, bon compromit pour éviter de tomber dans le piège de la surenchère de puissance et de difficulté ahurissante du Colisée par exemple. Surtout que franchement, la scène secrète débloquée après avoir passé des heures à jongler avec la soluce pour trouver les derniers fragments n’en vaut vraiment pas la peine, n’apportant strictement rien à l’histoire, contrairement au DLC sur Lightning (très chiant au passage par son principe de résurrection améliorée qui oblige à passer une heure à crever en boucle pour enfin devenir assez fort).

Bande son : 16/20

On a toujours affaire aux meilleurs du genre, qui livrent une fois de plus un travail remarquable, d’autant qu’on ose de plus en plus les vraies chansons avec des paroles, mais rien d’inoubliable, d’éternel et de transcendant comme dans les anciens jeux. Bravo pour le style, mais ça ne va pas plus loin, d’autant que le doublage est invariablement caricatural avec les mêmes dialogues cul-cul. Au moins pas de trahison avec des changements de doubleur : l’équipe revient au complet, un soulagement pas si évident.

Scénario : 14/20

L’univers du jeu n’est pas bon, donc on ne pouvait pas espérer de miracle. L’introduction nous affole d’emblée en nous disant que non seulement Lightning n’est plus l’héroïne, mais qu’on doit en plus se coltiner un type sorti de nulle part avec un nom à la con, Noel, faisant équipe avec la pauvre chose toute fragile qu’est Serah, la sœur de Lightning. Et paf, gros méchant ultra stéréotypé, une quête qui ne repose sur rien (« oh Serah, vient voir ta sœur stp » « ok, elle est où ? » « par delà l’espace et le temps » – nom de Dieu…) et c’est parti en mode bases moisies, ramenant au passage l’escouade Nora, bande de trublions insupportables. Et pourtant…
On ne se doute de rien, mais tout s’installe au fur et à mesure. On ne sait pas grand chose de ces futurs qu’on découvre, certains passages tiennent plus de l’anecdote, mais le fil conducteur se met en place, se laisse deviner, rendant de plus en plus intéressant les personnages qui avaient finalement plus d’une raison pour partir à l’aventure. L’exemple le plus flagrant de la puissance latente de l’histoire est Yeul, qui en viendrait presque à nous tirer les larmes lors du grand moment de Noel, finalement bouleversant et possédant une vraie stature de héros de légende. La fin est grandiose et promet énormément pour la suite, qui devrait sortir en mai sur PC, qui je l’espère ne décevra pas tant l’attente est remontée net (mais entre une exploration d’une liberté inédite, des action contextuelles avec les décors, une orientation action-RPG et des phases d’infiltration, la conclusion s’annonce exceptionnelle).

Note Globale : 15/20

Final Fantasy XIII n’était pas un mauvais jeu, et c’est même l’un des plus ambitieux qu’il m’ait été donné de voir. Mais seulement voilà, entre sa trop grande linéarité dans ses premières heures de jeu, le côté assisté et passif de son système de combat et la faiblesse de son histoire pas aussi grandiose que la mise en scène ne le laissait escompter, la déception fut immense, quasi insurmontable. Alors oui, plus personne n’attendait rien de cet univers. Et voilà que Square-Enix réussi le tour de force de ne pas renier son passé en améliorant ce qui était déjà présent dans le premier, tout en apportant son lot d’amélioration indispensables et offrant une histoire magnifique, émouvante (Yeul on t’aime !), et jouissive à découvrir par le biais de voyages temporels, pas super innovants mais sympathiques. Comme piqué dans son orgueil par le désamour de leur jeu, le studio s’est retroussé les manches pour nous prouver leur savoir-faire et que l’avis des joueurs est primordial. Pas non plus un chef d’œuvre du genre, le jeu marque une évolution intéressante et on en demandait pas plus. Je ne pensais clairement pas dire ça, mais vivement que le dernier volet de la trilogie débarque sur PC !

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N’importe qui

N’importe qui
2014
Raphaël Frydman

Comment peut-on faire plus d’un milliard de vues sur internet et peiner à dépasser les cent-mille entrées au cinéma ? Même Norman avait réussi à faire un peu mieux alors que moins populaire et proposant une parodie pas très heureuse. La réponse est simple : ceci n’est pas du cinéma, et le public ne s’y est pas trompé.

En mode flemmard total, il nous propose simplement une compilation de ses sketchs avec un semblant de trame infâme. Ainsi, on nous montre Rémi Gaillard comme un fou furieux qui tyrannise ses amis (incluant Alban Ivanov), n’en pouvant plus de faire les cons à presque quarante piges. Et avec sa petite amie (Nicole Ferroni) qui le menace de le quitter s’il ne se range pas, le célèbre Youtuber va tenter de ne plus être n’importe qui. Mais il va bien sûr inévitablement craquer et se remettre à faire n’importe quoi.

La démarche initiale n’était pas totalement mauvaise, et il y avait effectivement matière à faire quelque chose, mais en l’état c’est juste pas possible. Du foutage de gueule pareil ne peut être cautionné. On a pour ainsi dire trouvé le pire scénario de l’histoire, celui recelant le plus d’incohérences, possédant les personnages les moins crédibles vus à ce jour, et au montage le plus bâclé et inconsistant qu’il m’ait été donné de voir. Déjà de base demander à une personne qui fait parti des 0.1% de la population qui gagne le plus de trouver un « vrai métier » est une hérésie pure et dure, mais le reste est presque encore pire. Un jeu d’acteur lamentable, un retour à la « réalité » stupide à souhait, et surtout une utilisation honteuse des caméras cachées de l’humoriste, survenant de façon complètement aléatoire et illogique, comme pour combler les innombrables vides et faire rire à moindre coût. Enfin ça c’est en théorie, car le changement de cadre n’incite pas à la clémence : le potentiel comique de ses vidéos, dans un contexte aussi défavorable, s’en retrouve largement amoindri. Et puis surtout, si la découverte de ses vidéos avait un quelconque intérêt au moment de la sortie du film, à cause des 11 mois d’attente pour la sortie DVD on a déjà pu les voir gratuitement sur sa chaîne, achevant le semblant d’intérêt restant. L’humoriste est très drôle et ses vidéos sont excellentes, mais cet ersatz de film indigne ne mérite pas notre considération.

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Fury

Fury
2014
David Ayer

Relativement passé inaperçu en France avec un peu moins de huit-cent mille entrées, le film a néanmoins gagné une certaine réputation à travers le monde, terminant sa course avec 212 M$ glanés grâce à un excellent bouche à oreille (77% et 7,7 sur Rotten Tomatos et IMDb). Pour un énième film de guerre sur la seconde Guerre Mondial, c’est un exploit qui titille la curiosité, mais après le catastrophique Monuments Men, la prudence est de mise. Mais pour une fois, le film n’est pas dégoulinant de patriotisme.

L’action se déroule en avril 1945 alors que la guerre touche à sa fin, que les nazis sont en déroute mais que les forces alliés sont elles aussi au plus mal entre des effectifs réduits et une infériorité technologique et stratégique face aux génies allemands. En plein sur la ligne de front en deutch territoire, Don (Brad Pitt) et son équipe (Shia LaBeouf, Michael Peña) à la tête du tank « Fury » luttent contre les forces SS. Ils sont là pour massacrer du nazi sans autre pensée, et avoir un petit nouveau dans l’équipe (Logan Lerman) rongé par les scrupules pourrait leur coûter cher…

Prétendre détenir la vérité universel ne serait que folie, mais au moins on a là l’un des films les plus honnêtes sur cette guerre. Pour une fois on reconnaît la supériorité de l’armée allemande, pour une fois on reconnaît que les soldats américains étaient encore moins humains que les soldats nazis, que la plupart d’entre eux étaient des dégénérés psychopathes, qu’ils violaient les femmes à tour de bras, massacraient femmes et enfants sans distinction, et n’hésitaient pas une seconde à cribler de balle le corps d’un prisonnier s’il était suspecté de nazisme, nourrissant contre eux une haine sans borne. Une violence inouï un peu relativisée à l’occasion, car certains possèdent tout de même une once de civilité, mais la vraie clémence est à chercher du côté allemand avec une scène qui tient de la pure leçon de vie. On reste malgré tout du côté américain, il faut pas déconner, mais un peu de remise en cause des deux côtés ça fait plaisir. Après que vaut le film pour le reste ? Certes on dénote un grave problème de rythme avec une première moitié qui aurait mérité de larges coupes (sur les 2h15 on aurait facilement pu en enlever plus de demi-heure), mais globalement le film s’en sort pas mal du tout. Les personnages ne sont que trop rarement attachants mais ils arrivent à nous faire nous sentir concerné à l’occasion, mais c’est surtout lors des combats que le film marque des points. En mode go-pro sur mon tank chéri, le film nous sert quelques séquences de guerre épiques, avec un troisième acte exclusivement dédié à l’art de la boucherie. Un peu maigre pour prétendre avoir complètement prit son pied, mais l’expérience proposée est concluante.

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Gone Girl

Gone Girl
2014
David Fincher

Si le livre de Gillian Flynn fut une consécration, le film n’a rien à lui envier côté popularité. Réalisé par l’un des plus grands maîtres du genre, David Fincher, le film est désormais son plus gros succès commercial avec 368 M$ dans le monde, et les critiques sont exceptionnelles, même si cela n’a pour l’instant pas suffit pour rapporter un prix au film. On parle d’un tour de force majeur en matière de suspens, de prestations bluffantes, et les éloges ne tarissent pas. À ce point ? Pas tellement…

Cinq ans c’est parfois trop pour certains couples. Cela faisait près de deux ans que Nick (Ben Affleck) et Amy (Rosamund Pike) s’étaient éloignés, et ils en étaient au point de rupture. Des disputes, ils en avaient toujours eu, mais jamais autant que ces derniers temps. Et puis un jour, en rentrant chez lui, Nick découvre une table en verre cassée, des éléments étranges, et surtout la disparition de sa femme. Un avis de disparition est alors lancé, mais tous les regards sont tournés vers Nick, coupable tout désigné. Un mari violent qui n’aurait pas su se retenir ou est-il l’objet d’un vaste complot ?

Qu’on se le dise, le film est très bon. Le sens de la mise en scène est incroyable, la réalisation est quasi parfaite (un chouïa trop statique) et les acteurs sont en effet très convaincants, bien que pas transcendant, surtout Emily Ratajkowski dont la grande première se résume à un déballage de ses charmes. L’histoire est un modèle de construction, millimétrée et indiscutable d’un point de vu cohérence, jouant même sur nos attentes (le film frustre le spectateur en ne lui montrant pas une interview cruciale dans un premier temps, mais seulement pour qu’on la découvre comme les autres au moment de la diffusion, décalée). Du boulot de perfectionniste qui ne laisse rien au hasard et maîtrise chaque aspect avec un talent rare. Les personnages sont intéressants (notamment les secondaires comme l’avocat incarné par Tyler Perry, comme quoi pas uniquement comique, et surtout Carrie Coon qui joue la sœur jumelle, véritable révélation du film), torturés comme il faut, et on découvre certains aspects inquiétants et d’un machiavélisme atroce. Mais seulement voilà, le film est surtout confondant de banalité. Une histoire comme celle-ci, on en a vu des centaines, et souvent plus originales. Pour un film basé sur le suspense, il en est malheureusement totalement dépourvu. Tout est tellement calibré et classique que seul un novice pourrait se faire berner. Du coup on suit un peu passivement le déroulement des choses sans vraiment sentir un frisson à la mesure des enjeux. Donc malgré un savoir-faire d’exception, le résultat déçoit par son manque de portée. Un film largement surestimé.

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Invincible

Invincible
2015
Angelina Jolie

Après un premier film jamais sorti et un second tout juste furtivement passé, Angelina Jolie connaît enfin la gloire avec son troisième long-métrage en tant que réalisatrice, même si après son démarrage record, son maintient aux États-Unis déçoit, et les premiers chiffres internationaux semblent indiquer qu’atteindre la barre des 200 M$ sera difficile. Évidemment, un film de guerre pro américain marche souvent anormalement mieux à domicile, mais un problème de fond est peut-être aussi à déplorer.

Histoire vraie mais ô combien romancée, le film est un biopic autour de l’expérience militaire du champion olympique Louis Zamperini (Jack O’Connell), ancien coureur reconnu qui a dû prendre les armes durant la seconde guerre mondiale, devenant bombardier. Ressortant tout juste d’un raid violent, son escouade aérienne s’était alors vu confier une mission de sauvetage, mais l’avion étant encore endommagé, le projet avorta, se terminant par trois rescapés perdu au milieu du Pacifique. Le début d’un calvaire qui verra Louis passer par des camps japonais, subissant jour après jour les pires tortures possibles.

Je n’ai personnellement pas eu tellement de problèmes avec les scènes aériennes, même si le faux raccord du début est flagrant, j’ai trouvé les flash-back plutôt bons (surtout grâce au jeune acteur qui possède une ressemblance troublante avec son incarnation futur), et j’ai même trouvé le personnage principal attachant, intéressant et formidablement interprété. Et revanche, nombre de griefs peuvent être adressées au film. Premièrement ses personnages, compagnons d’armes sans véritable importance, et le fait de ne rien savoir sur eux les rend encore plus insipides. Des bouches-trous pour faire semblant que le film élargie un peu sa vision, mais non, Louis est le seul et unique. Dommage, car quelques noms parmi les acteurs étaient connus : Domhnall Gleeson, Garrett Hedlund et Jai Courtney. De plus, sans compter quelques longueurs désagréables, on peut pas mal avoir à redire sur l’histoire. En admettant qu’on passe sur l’étrange pousse de la barbe, sur le fait qu’une mouette annonce normalement une terre proche et que l’eau est anormalement rare vu la durée, la prise de partie passe en revanche beaucoup plus mal. Louis Zamperini a t-il vraiment était ce héros irréprochable ? On peut en douter : il a ensuite sombré dans l’alcoolisme et n’a probablement jamais rien pardonné, ayant même cherché à retourner là bas pour tuer son geôlier. Mais bon, le film reste malgré tout passionnant et très bien réalisé, bien que le rythme ne soit pas bien géré et que l’originalité de l’histoire soit complètement passée à la trappe dans la seconde moitié.

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Avant d’aller dormir

Avant d’aller dormir
2014
Rowan Joffe

Il y a des choses qu’on tient pour acquises et qui pourtant pourraient nous faire défaut et nous faire perdre tout ce que l’on est : nos souvenirs. Bien sûr, il y a le spectre de la sénilité qui rôde passé un certain âge, et même une possibilité d’Alzheimer, amenant cette lassitude qui nous permet de partir l’esprit plus léger. Mais quand la perte de l’essence de notre être survient de bonne heure, le désespoir n’en est que plus grand.

Chaque matin au réveil, la jeune et ravissante étudiante Christine (Nicole Kidman) de 26 ans avec toute la vie devant elle se retrouve dans un corps de quadragénaire, aux côtés de Ben (Colin Firth) son mari, sans même savoir qui il est. Et tous les jours il doit lui expliquer que suite à un accident, elle perd tous les souvenirs emmagasinés au cours de la journée pendant la nuit. Une situation très difficile à vivre, d’autant que plongée dans une solitude totale, mais le docteur Nash (Mark Strong) va tenter de l’aider face à son handicap, car pour lui la surprotection de son mari n’est pas la bonne solution, quitte à outrepasser les règles et suivre cette thérapie sans son aval.

Que ça fait du bien un scénariste qui fiat son boulot ! Certes, tout est tiré d’un roman, mais ça ne change rien au fait que l’histoire est un modèle de construction, un puzzle complexe et captivant. Tout comme l’héroïne, on découvre les coulisses de sa vie au fur et à mesure, ouvrant nombre de voies, nous emmenant constamment sur de fausses pistes pour mieux nous embrouiller et nous empêcher de voir le fond du problème, ce qui saute le plus aux yeux. Comme quoi décidément rien n’est acquis, et il faut toujours tout remettre en cause. Le casting y est excellent à plus d’un titre, jouant là aussi avec le spectateur pour mieux le berner. Même si l’histoire en elle même n’est pas follement originale, la structure de son récit l’est déjà beaucoup plus, et le ménagement du suspens est brillant. La conclusion n’est pas aussi convaincante que le chemin qui nous y amène, mais on tient là un thriller de grande qualité, notamment au niveau psychologique avec un sacré twist à l’arrivée.

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Jupiter : Le destin de l’Univers

Jupiter : Le destin de l’Univers
2015
Andy Wachowski, Lana Wachowski

La filmographie des Wachowski est brillante par bien des points entre L’exceptionnel Matrix et le non moins extraordinaire Cloud Atlas, d’une rare ambition. Mais il y a aussi eu les deux suites décevantes de leur chef d’oeuvre de science-fiction et l’accident Speed Racer, ovni cinématographique passablement raté. Malheureusement celui-ci s’annonçait comme une nouvelle déception, nous proposant un Space Opéra dantesque mais profondément creux comme le laissait craindre la bande-annonce, axée sur une histoire d’apparence ultra cliché et des effets-spéciaux tapageurs. De plus, il n’est jamais bon signe de voir la sortie d’un film repoussée au dernier moment, comme ce fut le cas ici. Comme quoi, c’est malheureux d’avoir une campagne marketing aussi indigne.

Nous ne somme pas seuls dans l’univers, et seuls des aveugles ne s’en rendraient pas compte (à moins que ?). Pourtant, Jupiter (Mila Kunis) était loin de se douter de ce qui allait arriver du haut de sa petite vie médiocre d’immigrée femme de ménage.
L’univers est contrôlé par la fratrie Abrasax, exploiteurs de populations qui moissonnent des planètes pour en extraire un élixir de vie, offrant immortalité à qui peut se le permettre. Ayant fraîchement accueilli des colons humains, la Terre est une planète des plus prometteuses, propriété de Balem Abrasax (Eddie Redmayne), qui constate avec joie la prolifération des autochtones de millénaires en millénaires, bientôt prête pour la moisson. Pourtant, la légitimité de son droit sur la planète pourrait être remise en cause si une réincarnation de sa mère était identifiée, ce que Caine (Channing Tatum) a réussi à faire en trouvant Jupiter, copie génétique exacte. Un destin de reine de l’univers l’attend, mais nombreux sont ceux ne souhaitant pas son retour.

Donc non, le film n’est pas mauvais, loin s’en faut même. Il ne s’agit pas simplement d’un gros film de SF bourré d’effets spéciaux et nous contant une banale histoire d’élue. Oui, le film est une déferlante visuelle qui fait péter les compteurs (176 M$ de budget), ça envoie du lourd et tout, mais ça n’est pas totalement décérébré, sans non plus se prendre trop au sérieux. De l’ambition démesurée mais décomplexée. Le film essaye de répondre à presque toutes les questions possibles et imaginables, en apportant systématiquement une solution pertinente, tout en dispersant judicieusement les informations pour ne pas assommer le spectateur et lui laisser tout découvrir subtilement au fur et à mesure. Mais pour encore mieux faire passer le tout, en sachant en plus conserver une cohérence presque sans failles et un style particulièrement mature, une grosse dose d’humour a été rajoutée, mais largement supérieure à des films du genre comme Les Gardiens de la Galaxie. En effets, en plus de proposer du percutant comme le coup du « je suis plus proche du chien que de l’homme », le film ose faire des petits clin d’oeil aux croyances populaires, comme le coup des petits hommes verts qui nous manipulent, et ça passe formidablement bien. L’histoire est solide, faisant passer énormément de messages, abordant moult thèmes, et tout fonctionne très bien. Seuls regrets à ce niveau là : l’éternel problème de la gestion de l’espace. Combien de fois faudra t-il le répéter ? Il fait -270°C dans l’espace, et retenir sa respiration n’est pas suffisant, d’autant que ça n’enlève rien au soucis de la scène du mariage. Mais par rapport aux épopées galactiques classiques, on s’en sort quand même très bien.

Reste ensuite l’aspect visuel, largement mit en avant lors de la campagne publicitaire. Est-ce si spectaculaire ? Oui et non. De nos jours il devient de plus en plus difficile d’impressionner un spectateur lassé par la surenchère, mais quitte à comparer, on est encore une fois largement au dessus des Gardiens de la Galaxie. Le design est plutôt original, classe, et le bestiaire, sans non plus faire sensation, colle bien avec l’univers. La modélisation des personnages en CGI n’est pas sans failles, mais ça passe bien. Graphiquement le film convainc, tirant beaucoup sur les teintes jaunes, avec des personnages néo-gothiques à la Matrix, mais avec une once de renouveau. Le personnage de Cain est très réussi, que ce soit au niveau de l’écriture, de la performance et du style. Ses bottes qui lui permettent de surfer dans les airs est une réelle bonne idée, permettant de chorégraphier superbement les affrontements dantesques qui nous sont proposés. D’ailleurs, en parlant de ça, le film se révèle aussi être un grand film d’action, millimétré dans son rythme, terriblement dynamique et cohérent. La gestion du temps est très intéressante dans ce film, nous plongeant rapidement dans l’action, et n’attendant pas la seconde moitié pour balancer ces moments les plus épiques, bousculant un peu nos habitudes, et ce n’est pas un mal. Le coup du bouclier permet en plus au héros de foncer dans le tas et s’en tirer sans que cela soit grotesque de chance, et on sent réellement la force du personnage. À noter d’ailleurs la présence dans des rôles très secondaires de Gugu Mbatha-Raw (du très bon Belle) et Doona Bae (déjà présente dans leur dernier film), mais surtout Sean Bean, mentor de Cain, bien que pas forcément indispensable. En revanche, il est dommage que le personnage de Jupiter ne soit pas plus percutant, éclipsée au final par Cain, mais c’est probablement fait exprès.

Ainsi donc, oubliez tous vos à priori sur ce film, car il sait exactement ce que le spectateur attend et s’en joue. Vous croyiez qu’il ne s’agissait que d’une banale histoire prévisible ? Oui, mais pas si facile que ça. Vous êtes complètement folle de Channing Tatum ? Eh bien on vous offre presque demi-heure de lui torse nu. Mais d’un autre côté, son personnage de brute attendrissante est légitime, expliquée, et il représente à lui seul tout le film : on le voit et on croit d’emblée tout savoir de lui, mais rien n’est si évident ici. Vous aimez l’action ? On vous en met puissance mille, tout en s’en servant au passage pour casser les codes du genre. Amateurs d’effets spéciaux tapageurs ? Vous allez être gavés, mais on en profite pour inventer un style visuel incroyable. La surprise est donc de taille, et les retours très mitigés prouvent que les spectateurs réagissent mal aux changements. Il serait dommage que le film bide sous prétexte qu’il est à contre-pied des blockbuster classiques, car c’est justement en ça qu’il fait autant de bien. Donc si vous aussi vous éprouvez une certaine lassitude face aux productions du genre, foncez. Et pour les autres, sachez que le film est beaucoup plus intéressant et réfléchit qu’il n’en a l’air.

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